Tag: 84

  • À Avignon, la marche des fiertés veut continuer à aller de l’avant

    À Avignon, la marche des fiertés veut continuer à aller de l’avant

    « Toujours là, parce que c’est encore nécessaire. » Plus d’un demi-siècle après les émeutes de Stonewall aux États-Unis, qui ont lancé dans le monde les luttes pour les droits des homosexuels, bisexuelles et transgenres, le combat reste d’actualité. « Cela va l’être encore un moment car quand les idées d’extrême droite poussent et arrivent au pouvoir, les droits des minorités et des femmes sont attaqués en premier », constate Aurélie Créa, coordinatrice de la marche des fiertés pour le pôle LGBT de Vaucluse.

    Ce samedi 30 mai, la structure organise la 4e édition de la marche des fiertés à Avignon. « Elle est organisée à 100% par une quinzaine d’associations, cette année un gros travail a été mené sur les chars et tous les artistes sont nouveaux sur notre manifestation », synthétise la coordinatrice. Fini aussi les concerts dans l’espace public, direction le tiers-lieu la Scierie. Le démarrage est prévu à 15h avec les stands associatifs sur la place Pie avant la grande marche à 17h qui traversera les rues Carnot et Carreterie jusqu’à la place Saint-Lazare. Suivra donc la soirée, en entrée libre, à la Scierie jusqu’à 1h, où des stands seront également installés.

    Un moment festif et militant « pour diffuser le message à ceux qui n’ont pas conscience de l’impact de la poussée de l’extrême droite ». Tout dernièrement, suite à l’élection du RN ou de la droite extrême aux municipales à Faches-Thumesnil (Nord) et Elne (Pyrénées-Orientales), les maires ont fait enlever les drapeaux arc-en-ciel de l’Hôtel de ville, repeint en blanc un passage piéton arc-en-ciel, voire carrément annuler la marche des fiertés. « Cette levée des symboles pousse à légitimer ceux qui sont là pour casser du PD », déplore Aurélie Créa.

    À deux jours d’un procès attendu

    Les militants sont déterminés « à garder leurs droits » alors qu’en décembre le pôle LGBT avait une nouvelle fois été tagué sans, à ce stade, d’avancée d’enquête malgré un dépôt de plainte. Les associations suivront de près le procès aux assises d’Avignon, qui s’ouvre pour une semaine ce lundi 1er juin, de six individus soupçonnés d’avoir agressé des homosexuels dont l’un avait été tué, en mars 2023 à Sorgues. Mi-avril, deux frères avaient été condamnés à de la prison ferme à Avignon pour avoir organisé des guets-apens homophobes.

    LES RENDEZ-VOUS EN RÉGION

    Aix-en-Provence

    La marche des fiertés de l’association Aix Vanguard se déroulera samedi 6 juin. Le départ est prévu sur la place de l’Hôtel de Ville à 14h30.

    La Ciotat

    C’est à 19h que la marche organisée par l’association collégiale l’Éventail débutera. Départ prévu à la Chaudronnerie samedi 6 juin.

    Toulon

    La marche du collectif Fiertés Toulon se déroulera samedi 13 juin. Le départ est prévu pour 17h, à la place d’armes. L’itinéraire au cœur du centre-ville reste le même que l’année précédente. Le cortège comptera 3 chars dont deux avec DJ sets. Un arrêt avec un sitting et une minute de silence se fera devant la mairie en mémoire à toutes les victimes des LGBT phobies.

    Marseille

    Fierté Marseille Organisation prévoit, samedi 4 juillet, sa marche LGBTQIA+ intitulée « Aucune marche arrière ». Le circuit débutera à 16h30, Place Castellane, et se poursuivra sur la rue de Rome jusqu’à la Canebière. Le cortège continuera ensuite vers le Quai de la fraternité, puis sur le Quai du Port, pour enfin, se terminer devant l’Hôtel de Ville.

    Calypso Sadousty

  • Avec Memento, le Vaucluse met en valeur sa mémoire

    Avec Memento, le Vaucluse met en valeur sa mémoire

    C’est l’aboutissement d’un projet de dix ans, quand, en mars 2016, le Conseil départemental de Vaucluse a voté le principe d’un nouveau bâtiment afin d’abriter les archives départementales. Une décennie plus tard, voici Memento, un pôle des patrimoines présenté comme une maison commune, abritant donc les archives départementales de Vaucluse, le service départemental d’archéologie (notre édition du 18/04), le centre de conservation et d’étude de l’État, les réserves des musées départementaux, le service de valorisation patrimoniale et culturelle, mais aussi les archives du Grand Avignon.

    Un bâtiment de 11 000 m2 -sur 80m de long et 70m de large- situé à Agroparc et qui a été inauguré ce jeudi après-midi devant 600 personnes. Dès ce vendredi, le public est invité à découvrir ce site. Un week-end festif d’ouverture * est prévu, avec visites guidées, ambiance musicale et découverte d’une exposition, Mon trésor, qui présente une cinquantaine d’objets significatifs de l’histoire vauclusienne. « Memento est plus qu’un bâtiment public, c’est l’un des équipements patrimoniaux les plus ambitieux réalisés en France », applaudit Dominique Santoni, présidente LR du Département, qui a rendu hommage à son prédécesseur, Maurice Chabert, présent jeudi et instigateur du projet.

    « Coffre-fort ouvert à tous »

    De couleur ocre, en tuiles inversées, ce pôle des patrimoines est « un coffre-fort ouvert à tous, car l’ambition de Memento n’est pas seulement de conserver et restaurer la mémoire, mais de la montrer », rappelle Dominique Santoni. Depuis près d’un an, les services des archives et de l’archéologie ont investi les lieux. Si côté archives le palais des Papes, où étaient stockés quelque 26km linéaires de documents, pouvait avoir un côté majestueux, les conditions de conservation -et de travail des agents- étaient loin d’être optimales. « C’est une réussite, on dispose d’une réserve de 40 km », relève Cédric Lelièvre, chef du bureau des publics.

    Un chantier à près de 33 millions d’euros, financé pour moitié par le Département mais aussi l’État, la Région et le Grand Avignon. Que ce soit le préfet Thierry Suquet, la vice-présidente DVD de la Région Bénédicte Martin, ou le maire et président (DVD) du Grand Avignon Olivier Galzi, tous ont eu peu ou prou la même formule : « Une société n’a un avenir que si elle connaît son passé ».

    * Réservation au 04.90.86.16.18 ou à valorisation.memento
    @vaucluse.fr.

  • En Vaucluse, la Banque alimentaire croule sous les demandes

    En Vaucluse, la Banque alimentaire croule sous les demandes

    Face à l’épuisement des stocks, la banque alimentaire des Bouches-du-Rhône lance, ce vendredi et samedi, une collecte d’urgence (lire ci-dessous). Chez son homologue vauclusienne, la situation n’est pas aussi alarmante, du moins côté denrées. Mais elle organise aussi de son côté, une collecte ciblée de produits d’hygiène. « Ce sera uniquement dans les hypermarchés Leclerc, mais pas ceux d’Avignon et Morières », regrette Pascale Hémard, présidente de la banque alimentaire de Vaucluse (BA 84). Les bénévoles donnent rendez-vous à Carpentras, Bollène et Valréas. « Celui d’Apt était partant, mais nous n’avons pas assez de bénévoles », confie-t-elle, lançant un appel aux bonnes volontés.

    Car les coups de main, même épisodiques, ne sont jamais de trop pour faire face aux besoins criants de la population. « En 2025, nous avons distribué 1 680 tonnes de denrées, soit l’équivalent de 3 millions de repas à destination de 63 500 bénéficiaires », chiffre Pascale Hémard, alors que l’association tenait mardi son assemblée générale à Cavaillon, au sein du Village, une des 70 associations partenaires. La Banque alimentaire sert de plateforme logistique dans l’aide alimentaire, achetant ou collectant des denrées, distribuées ensuite aux épiceries sociales ou centres communaux d’action sociale. La traduction humaine de ces chiffres, c’est un doublement du nombre de bénéficiaires depuis le Covid. Plus d’un Vauclusien sur dix bénéficie de la Banque alimentaire : « On progresse de 10% chaque année, c’est énorme », s’alarme la présidente.

    Bientôt une épicerie mobile pour les étudiants

    D’autant que les écueils s’additionnent, entre coût des denrées qui grimpe et baisse des dons des grandes surfaces. « C’est en chute libre, -50% en deux ans, car elles vendent de plus en plus leurs produits en antigaspi », constate Pascale Hémard. Lors de l’AG, un fort accent a été mis sur la nécessité d’avoir un soutien fort et pérenne des collectivités. « On a calculé qu’on reçoit 4 euros par bénéficiaire quand cela va de 10 à 15 euros pour les autres départements de la région », souligne la présidente, qui attend davantage aussi des municipalités comme Avignon (8 000 euros d’aides pour 32 000 habitants aidés) et Carpentras (1 000 euros de subsides pour 6 200 habitants).

    « Les pouvoirs publics doivent comprendre que nous apportons une sorte de paix sociale, nous sommes un levier d’inclusion : comment voulez-vous retrouver un travail, réussir à l’école ou ses études, bien vieillir quand la faim vous tenaille », fait valoir la présidente pour (r)éveiller la conscience des décideurs politiques. Le Département octroie 40 000 euros par an, or « il en faudrait le double », estime-t-elle, sachant que le Vaucluse figure parmi les dix départements les plus pauvres de France. Cette année, le Grand Avignon va verser 10 000 euros (somme habituellement consacrée à la cérémonie de vœux que l’agglo n’organise plus). « On est très content mais on ne peut pas se contenter que de one shot, cela n’offre pas de visibilité », poursuit Pascale Hémard.

    Parmi les projets en cours, la mise en place d’une épicerie mobile, à la rentrée, à destination des étudiants, cinq soirs par semaine. « En complémentarité d’autres associations, on a ciblé les étudiants de BTS et de soins infirmiers », précise-t-elle. Reste toutefois encore en friche, l’impérieuse quête de nouveaux locaux. À l’étroit, et difficilement accessible pour les poids lourds, dans son hangar agricole de la ceinture verte, la Banque alimentaire espère tripler sa capacité de stockage (notre édition du 29 novembre). Le Conseil départemental a voté une subvention de 20 000 euros spécifique pour ce projet de relocalisation. Des pistes sur l’emprise du Marché d’intérêt national ou au parc des expositions avaient été mises sur la table mais n’ont pu aboutir. « Il faut tout repenser, on attend que M. Galzi [maire DVD] puisse nous recevoir », conclut Pascale Hémard.

  • Contre les rodéos urbains, l’État met « un coup de projecteur »

    Contre les rodéos urbains, l’État met « un coup de projecteur »

    Le 8 mai dernier, Ahmed, 79 ans, perdait la vie en traversant la Rocade, fauché sur un passage piéton par un motard-chauffard en roue arrière. Un accident tragique, qui a suscité colère et émotion, lors notamment d’une marche blanche organisée par la famille d’Ahmed, une semaine après le drame. « Les rodéos tuent. Agissons maintenant ! », implorait la banderole en tête de cortège. Un message dont essayent de s’emparer les autorités. Ce mardi soir se tenait une opération anti-rodéos, à l’angle de la Rocade et de l’avenue de la Barbière, menée par la police nationale, en lien avec la préfecture et la Ville.

    « Le problème du rodéo, c’est le refus d’obtempérer, pose Emmanuel Desjars, directeur interdépartemental de la police nationale (DIPN). On essaie de les arrêter, mais à un moment, il faut s’arrêter, parce qu’il ne faut pas créer d’accident pour le motard, pour la population ou pour les policiers, pour eux, leur sécurité juridique et leur sécurité personnelle. » Ce mardi, l’opération consiste en un banal contrôle routier. « La plupart du temps, on agit discrètement parce qu’évidemment, on a assez peu de chances aujourd’hui de tomber sur quelqu’un qui fasse un rodéo juste devant nous », reconnaît le patron des policiers vauclusiens, confronté chaque soir à Avignon « à 1 ou 2 refus d’obtempérer ».

    Un appel à libérer la parole des habitants

    Au moment de démarrer le point presse, un habitant interrompt le préfet. « J’habite là et c’est la première fois que je vois un contrôle, il y a des rodéos souvent, on les voit passer, on les connaît, là c’est de la com’ », dénonce, posément, le riverain. « C’est exactement ça l’enjeu, mettre un coup de projecteur sur ce fléau alors que d’habitude on agit discrètement à des heures plus tardives », répond Thierry Suquet. Depuis le début de l’année, 20 motos ont ainsi été saisies à Avignon. L’État espère que le projet de loi Ripost, adopté ce mardi soir au Sénat, soit rapidement mis en place. Il prévoit notamment de renforcer les sanctions contre ces rodéos.

    Invité lors de la marche blanche en hommage à Ahmed, Olivier Galzi était aussi présent mardi. Des actions de sensibilisation ? Pas vraiment au goût du maire. « On est presque face à un homicide volontaire, avec un multirécidiviste qui fuit des voitures de police, ce n’est pas de la sensibilisation qu’il faut faire mais de la répression », estime le maire (DVD), pour qui ce type d’opération est « une forme de sensibilisation ». Si le levier municipal est minime (veiller à l’éclairage public, marquage au sol), Olivier Galzi appelle la population à collaborer malgré l’omerta : « Beaucoup de gens savent, ce serait intéressant qu’ils nous parlent et aident à retrouver ceux qui commettent ces délits. »

  • Le Vaucluse récompense ses sportifs

    Le Vaucluse récompense ses sportifs

    « L’objectif était
    de récompenser l’engagement de tous ceux qui œuvrent au développement de la pratique sportive et de ses valeurs positives
     », indique
    la collectivité, qui avait confié la co-animation à Éric Di Meco, ex-footballeur international
    et vauclusien. Au total, 74 lauréats dans 6 catégories, dont 59 bénévoles, ont été récompensés. Les premiers prix ont été remis à Arnaud Gamaleri, tir sportif pistolet, club de tir de Pertuis, meilleur sportif ; Union sportive Valréas (rugby), meilleure équipe ; Union treiziste rugby XIII U19, Union Treiziste Vauclusienne, à Avignon et Carpentras, meilleur espoir ; Sylvain Giannotti (haltérophilie) à EEAR Haltérophilie Monteux, meilleur entraîneur ; Cloé Corbin (200 mètres et saut en longueur) au Club Handisport Comtat Venaissin, à Carpentras, parasport.

  • [Sénatoriales] Vers un chamboulement des forces politiques en Vaucluse?

    [Sénatoriales] Vers un chamboulement des forces politiques en Vaucluse?

    Le 27 septembre, quelque 1 300 grands électeurs vauclusiens sont appelés à élire les trois sénateurs auquel le Vaucluse a droit. Pour être élu, entre 280 et 300 voix sont nécessaires. Il y a presque six ans, la droite, qui avait conduit deux listes distinctes, avait obtenu deux sièges : Jean-Baptiste Blanc (LR) et Alain Milon (LR). À la tête d’une liste d’union de la gauche, Lucien Stanzione (PS) avait glané le 3e siège.

    Dans quatre mois, un chamboulement des forces politiques de la Haute assemblée reste plausible à la lecture du résultat des municipales. Avec plusieurs données : la droite est ressortie confortée voire en progrès, la gauche en net retrait et l’extrême droite en hausse. Reste l’inconnue Olivier Galzi. Le nouveau maire (DVD) d’Avignon a déjà assuré qu’il faudrait compter sur lui et plus largement son « mouvement large sans étiquette, qui s’est levé pour faire bouger les lignes ». « Nous devons continuer à avoir notre mot à dire d’une manière ou une autre dans les échéances qui arriveront », précisait-il il y a deux semaines.

    À gauche, Stanzione repart

    Entre les lignes, on devine que rien n’est encore acté : liste autonome ou bien volonté d’être représenté en bonne position sur une autre liste. L’hypothèse qu’Anaïs Hausmann incarne ce mouvement pour les sénatoriales est une option sérieuse. L’adjointe au maire et compagne d’Olivier Galzi, a assuré une présence remarquée à l’assemblée générale des maires de Vaucluse en début de mois.

    Si chez les sénateurs sortants à droite Alain Milon est encore dans l’expectative, Jean-Baptiste Blanc est lui officiellement candidat. « Je suis pour une liste d’union la plus totale et parfaite, qui pourrait rêver de plusieurs sièges car si on multiplie les listes, on va favoriser le RN », prophétise-t-il. Le sénateur sortant devait rencontrer en fin de semaine Olivier Galzi pour mettre sur la table ses sujets là. En attendant, il s’est lancé dans une campagne active défendant son bilan et rencontrant de nombreux maires, dont quelques-uns de 50 nouveaux élus lors des municipales. Toujours à droite, la présidente du Département Dominique Santoni suit de près les tractations. Seconde de la liste Blanc en 2020, une candidature n’est pas à exclure bien qu’elle reste très attachée à l’ancrage local.

    À gauche, un espoir de conserver un sénateur existe même si arithmétiquement, Lucien Stanzione est en difficulté par rapport à 2020, avec les pertes à gauche d’Avignon et de Carpentras. Le sénateur pourrait avoir le soutien de l’ensemble de la gauche -sauf LFI qui songe aussi à monter une liste- et compte sur son bilan et le réseau tissé auprès des maires au-delà des étiquettes politiques pour rempiler. Ce 3e siège sera aussi disputé par l’extrême droite. En termes de grands électeurs, le RN, avec a priori son délégué départemental Thierry D’Aigrement en tête de liste, n’aurait pas l’étiage suffisant pour être assuré d’un poste. Mais la théorie ne se traduit pas toujours dans la pratique.

  • Vibrant hommage à Roger Martin

    Vibrant hommage à Roger Martin

    Prof de français à Pernes, militant communiste
    et écrivain, il est brutalement décédé en janvier
    . « Une perte énorme loin d’être cicatrisée », s’émeut Antoine Blocier, lui aussi auteur, tout comme Philippe Pivion
    et Philippe Paternolli, témoins de cet hommage. « Nous poursuivrons
    aussi son combat contre l’extrême droite
     », promet Philippe Pivion.

  • Le numérique, un impact tout sauf neutre pour le débat démocratique

    Le numérique, un impact tout sauf neutre pour le débat démocratique

    Impossible d’y échapper. Que ce soit les réseaux sociaux, la vidéosurveillance ou encore l’accès dématérialisé aux services publics, le numérique a bouleversé notre quotidien. « Un adulte passe en moyenne 32 heures par semaine devant un écran », campe Alexandre Basquin, sénateur PCF du Nord et participant au débat, aux côtés de Pierre-Yves Cadalen (député LFI du Finistère), Thomas Dossus (sénateur écologiste du Rhône) et Patrick Blanès (secrétaire fédéral du PS de Vaucluse). « Les plateformes numériques créent des contenus clivants et émotionnels, le débat est polarisé et une partie de l’espace démocratique est aujourd’hui structurée par des entreprises privées », rappelle, en introduction, Sabrina Royer, animatrice du débat.

    Pendant 1h30, les propos ont fait le procès du numérique, du moins l’usage généralisé qui en est fait sans réel garde-fou. « Sans les réseaux sociaux, on n’aurait pas battu Aulas à Lyon », souligne quand même Thomas Dossus quand Patrick Blanès relève leur « utilité pour structurer certains mouvements ». « Oui, mais par exemple, Facebook a banni toute référence à la Palestine », nuance Alexandre Basquin, rétif aux réseaux sociaux. « Je dois être l’un des seuls parlementaires à ne pas y être car on cherche plus à convaincre à l’extérieur que la personne face à soi, c’est mortifère car il faut être excessif pour être viral », déplore le sénateur nordiste.

    Manière d’aborder les logiques d’algorithmes qui confortent chacun dans ses biais tout en clivant encore plus les contenus. « On zappe d’une info à l’autre, c’est l’économie de l’attention », resitue Patrick Blanès, alarmé aussi par l’irruption de l’intelligence artificielle, « qui pourrait bientôt rendre des décisions de justice ». « Mais ce capitalisme de l’attention doit avoir ses limites et être régulé au niveau européen », plaide Thomas Dossus, pour qui « les grandes plateformes doivent être tenues pour responsables ». Si le sujet n’a pas été abordé, on a vu des récents déferlements de haine et de racisme en ligne sur des pages Facebook de nos confrères. Le tout avec un sentiment d’impunité. Au début du mois, 16 familles ont aussi porté plainte contre TikTok pour abus de faiblesse, accusant le réseau social de pousser des jeunes au suicide.

    Instaurer une vraie régulation publique

    À l’instar des « règles déontologiques pour la presse créées au XIXe siècle », le sénateur écologiste souhaite « un modèle de contrôle public » vis-à-vis des plateformes numériques et « le risque de bulle de désinformation ». Pierre-Yves Cadalen milite, lui, pour la mise en place d’un « pôle public du numérique » pour sortir les médias des « concentrations capitalistiques ». Car derrière les Gafam (acronyme des géants du numérique), « il y a un projet politique de technofascisme, des nouveaux réactionnaires qui veulent abolir la démocratie et supprimer les libertés individuelles », estime le député insoumis. Une idée de pôle public qui ne séduit pas Thomas Dossus, « pas fan car si la gauche peut en faire un outil d’émancipation, je crains que ce ne soit pas le cas si la droite est au pouvoir ».

    Brièvement abordée aussi, l’impact sur la jeunesse, fortement « informée » par les réseaux sociaux, et l’omniprésence dans le cercle scolaire. « Il faut dénumériser nos écoles », conclut Thomas Dossus.

  • Avignon : « Roulant et touristique », le parcours dévoilé

    Avignon : « Roulant et touristique », le parcours dévoilé

    Dans quatre mois, le 27 septembre, se courra
    le premier marathon d’Avignon. Une course, accompagnée d’un semi-marathon, dont les 3 500 dossards se sont arrachés en quelques heures (semi) et jours (marathon) début novembre. Si en fin année dernière, le parcours du semi-marathon avait été dévoilé, les organisateurs ont levé le voile mercredi dernier sur le tracé des 42,195km.

    Un temps de latence pour affiner le parcours mais aussi et surtout laisser passer le temps des élections et que la nouvelle municipalité donne quitus. « Il n’y avait pas d’obstacle, personne n’arrête un marathonien, confie le maire Olivier Galzi (DVD) lors du point presse à l’hôtel de ville. Le projet est sérieux, organisé par des passionnés et s’inscrit dans notre ambition d’avoir de grands événements sportifs qui comptent et font rayonner Avignon. »

    « Nous sommes heureux de voir que le projet est attendu », apprécie Bertrand Delhomme, co-organisateur avec Christophe De Cecco, tous deux déjà à la manœuvre du semi-marathon du Ventoux. Et alors que les inscrits sont sur les rangs depuis 6 mois, Bertrand Delhomme reconnaît l’impatience grandissante des coureurs dans l’attente du parcours. « Il sera roulant et touristique », promet Christophe De Cecco qui, « depuis un an », étudie toutes les options possibles. « On a dû faire des concessions mais on a trouvé un bon compromis », juge-t-il.

    Une seconde édition

    pour fin février

    Comme déjà annoncé, les coureurs s’élanceront depuis la gare centre pour un tour des remparts jusqu’à la porte Saint-Lazare et plusieurs kilomètres dans l’intra muros (rues Carreterie, Guillaume-Puy, place des Corps Saints, passages devant le palais des papes et l’hôtel de ville) avant d’en ressortir vers Saint-Roch pour rejoindre le pont d’Avignon puis ensuite l’île de la Barthelasse. Un gros quart du parcours sera donc urbain puis le reste très nature mais « 100% bitume » dans le poumon vert et fluvial avignonnais. « Il fallait des routes larges, il y aura quelques lignes droites et allers-retours », admet Christophe De Cecco, tout en promettant lors de ces points de rencontres « une ambiance musicale et beaucoup d’encouragements ».

    Si les organisateurs ont, en vain, essayé de se diriger vers l’île de l’Oiselet, « la Barthelasse est une vraie plus-value », estiment-ils. Comme pour le semi marathon -dont les 13 premiers kilomètres seront communs avec le marathon-, l’arrivée sera jugée le long du Rhône sur les allées Marie-Josée-Roig. Quelque 15 nationalités différentes seront représentées ainsi que 90 départements français. Pour l’heure, un tiers des inscrits sont Vauclusiens. La donne pourrait évoluer puisque 500 nouveaux dossards (300 pour le semi et 200 pour le marathon) ont été remis à la vente vendredi.

    Sans attendre la tenue du premier marathon, les organisateurs ont confirmé avoir déjà acté une seconde édition dès fin février 2027. « L’idée est d’en faire l’un des premiers marathons de l’année et concurrencer ceux d’Espagne, tout en positionnant ce rendez-vous dans une période assez creuse pour la ville », fait valoir Christophe De Cecco, déjà « convaincu que cette 2e édition attirera encore plus de monde ». Notons aussi que la course se veut solidaire : mercredi un chèque de 10 580 euros a été remis au fonds de dotation Av’ence, qui finance « des projets améliorant l’accueil, le confort et le bien-être » à l’hôpital d’Avignon.

  • Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif

    Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif

    Poser la question, c’est déjà y répondre. Il y a deux ans et demi, la fédération des centres sociaux de Vaucluse avait organisé une table ronde en mode alerte face aux risques de disparition de structures, au nombre de 30 en Vaucluse (centres sociaux et espaces de vie sociale confondus). Est-ce que cela a été suivi d’effets ? Silence gêné et partagé chez Salima Ezzahri et Benoît Leroyer, tous deux co-délégués de la fédération, questionnés au lendemain de l’assemblée générale de la structure, tenue mardi dernier. « On développe la résilience », commente dans une litote Benoît Leroyer.

    Manière polie de dire que la situation globale ne s’est pas améliorée. En juillet dernier par exemple, la fédération s’était émue d’une baisse de dotations de 400 000 euros de la part du conseil départemental. Et « l’environnement socio-économique, l’instabilité politique suite aux municipales » drainent plus d’inconnues que de certitudes. Sans procès d’intention, la fédération attend de voir quelle va être la position de la nouvelle majorité RN à Carpentras, où sont installés 4 centres sociaux. Restrictions budgétaires, précarité croissante des publics et tension permanente des équipes ont été ciblées lors de l’AG par Elsie Guillaume, présidente de la fédération. « Ce qui nous tient, c’est l’intelligence collective, de faire ensemble », a-t-elle prévenu.

    « Le premier réseau social »

    Un message qui a pu être délivré l’été dernier lors de la venue de l’ancienne ministre de la Ville, Juliette Méadel, qui s’était rendue au centre social de la Croix-des-Oiseaux. « Il est indispensable de réfléchir nos alliances et nos partenariats entre structures de l’animation de la vie sociale car nous ne trouverons pas les réponses en étant seuls, campe Salima Ezzahri. Il devient urgent de construire une stratégie pour prévenir les risques de crises. » La fédération veut aussi faire de la pédagogie. « Le centre social est la pierre angulaire sur son territoire et joue un rôle central entre plusieurs acteurs associatifs ou institutionnels. Souvent on nous regarde comme un centre de loisirs où on fait du tricot pour les mamies, mais c’est vraiment plus large que ça, on est des acteurs clés de la cohésion sociale, de l’inclusion et de la démocratie locale », développe la co-déléguée.

    « On accompagne de manière globale les habitants en leur donnant une place première, abonde Benoît Leroyer. Ça nécessite une agilité qui n’est pas connue et, avec les difficultés évoquées, met les équipes en tension. » Les centres sociaux sont quasiment tous situés en quartiers prioritaires. « À part deux, tous sont à moins de 200 mètres d’un point de deal », souligne le co-délégué, entraînant, de fait, des questions de sécurité pour les quelque 420 salariés et 1 400 bénévoles œuvrant à l’année dans ces structures. Pour autant, pas question de lâcher le terrain. « Par rapport à la précarité grandissante, le repli généré par une société en fragmentation, les centres sociaux sont plus que jamais utiles : ce sont encore des lieux où il fait bon vivre, où les gens se croisent, où on réfléchit ensemble, où on est d’accord de ne pas être d’accord, bref le premier réseau social », conclut Benoît Leroyer.