Qu’il semble loin le temps, pourtant pas si éloigné, où Julien Paudoie jugeait qu’Olivier Galzi avait « un profil très intéressant ». Pilote Renaissance à Avignon en vue des municipales, il cherche encore la piste d’atterrissage. Car malgré des discussions avec Olivier Galzi (DVD), aucun terrain d’entente n’a été trouvé. « Je ne suis pas soutenu par Renaissance et je ne demande pas ce soutien. Leur chef de file n’est pas dans mes équipes et il ne sera pas sur ma liste… Je ne saurais être plus clair », a cinglé jeudi dernier Olivier Galzi en présentant son programme. Un projet qu’applaudit pourtant Malika Di Fraja, présidente de Renaissance Vaucluse jusqu’à il y a peu. En creux, on devine surtout un problème de personnes… La preuve, ce samedi, la publication sur Facebook de Julien Paudoie : « En intra-muros, cette semaine, en salle, j’ai vu un gourou. Un personnage charismatique, un récit parfaitement huilé, des certitudes capables d’embarquer tout un public… Le cinéma fait vraiment dans le réalisme ces temps-ci. » Évidemment, il ne parlait pas que du film Gourou, avec Pierre Niney. Sollicité, Julien Paudoie n’a pas « souhaité en dire plus pour le moment ». Engagé dans le collectif Voix d’Avignon, qui regroupait les partis du bloc macroniste – dont beaucoup ont rejoint depuis Olivier Galzi –, Renaissance risque donc de rester en rade pour ces élections.
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Vaucluse : dans « une crise sans précédent », l’agriculture croit en son avenir
L’intitulé de l’invitation presse de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, ce vendredi matin, sur « les perspectives 2026 pour l’agriculture vauclusienne » n’incitait guère aux réjouissances. Il a effectivement fallu attendre les dernières minutes pour distiller un peu « d’espérance et d’optimisme et pas que la sinistrose », livre Christian Mounier. Le vice-président (DVD) du Département, en charge de l’eau et de l’agriculture, était associé à son homologue à la Région, Bénédicte Martin, mais aussi Sophie Vache, présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, et Thierry Vaute, président du syndicat des vignerons indépendants de Vaucluse.
« L’agriculture a toujours connu des crises et a rebondi, on espère que le soleil reviendra rapidement », poursuit Christian Mounier. Bénédicte Martin a déjà en ligne de mire la vitrine des JO d’hiver 2030, dans les Alpes, et s’attelle déjà à faire en sorte que les produits locaux s’exportent dans les Alpes aussi bien auprès des athlètes que du reste du public attendu. Mais quatre ans, c’est long, surtout quand « le sujet de crise du moment, c’est la viticulture, je crois que personne ne mesure vraiment ce qui est en train de se passer », alerte la vice-présidente de la Région. Il y a à peine dix jours encore, une mobilisation de viticulteurs s’est tenue à Orange contre des grossistes et négociants, accusés de tirer les prix vers le bas pour les viticulteurs. « Déconsommation, baisse des exportations, la crise est sans précédent et multifactorielle. Le point commun, c’est le partage de la valeur et le prix de revient pour le viticulteur », constate Sophie Vache.
56% de l’agriculture concerne la vigneIl est bon d’avoir en tête que 56% de la surface agricole en Vaucluse concerne la viticulture, soit 47 500 hectares cultivés par 2 500 exploitations. Une surface vouée à se réduire avec les campagnes d’arrachages de vignes. De 1 000 hectares en moins il y a deux ans, on est passé à 2 000 ha l’an dernier et les projections sont de 5 000 ha à arracher cette année. Le tout dans le cadre d’un plan national du gouvernement doté de 130 millions, dont les principales aides iront aux viticulteurs qui mettent leur activité totalement à l’arrêt. « La génération de boomers qui boit à tous les repas disparaît et les nouvelles générations ne boivent qu’occasionnellement. Si on ne veut pas des territoires en friche, mais des cultures pérennes, il faut une diversification structurée avec des filières en aval pour ne pas envoyer les gens au casse-pipe et dans une impasse », avertit Thierry Vaute.
Amandes, olives, pistache, grenades, kiwis… Autant de secteurs qui auraient aujourd’hui le vent en poupe, sans non plus incarner la panacée. « On vient d’embaucher une chargée de mission qui va auditionner les viticulteurs pour évaluer et recenser les besoins », fait valoir Thierry Vaute, qui ne veut pas baisser les bras : « Il faut retenir que 80% d’entre eux veulent rebondir avec un nouveau projet. »
« Si la viticulture tombe, le château de cartes s’écroule »La Chambre d’agriculture met aussi en place des ateliers dédiés à la diversification. En décembre, le Département a acté la création d’une aide de 100 000 euros pour aider aussi à la diversification (notre édition du 5 janvier). Un dispositif qui devrait être opérationnel d’ici à cet été et destiné aux Jeunes agriculteurs, « pour que ce soit significatif, sinon chacun aurait des miettes », précise Christian Mounier.
Sauf que cette transformation met plusieurs années à maturer et que les viticulteurs sont dans une situation d’urgence. « On souhaite des aides et accompagnement de l’État, de nos mutuelles sociales agricoles pour soulager nos entreprises, si on passe à la trappe, c’est toute l’économie de Vaucluse qui sera touchée car le département vit par l’agriculture et le tourisme qui en découle, si la viticulture tombe, le château de cartes s’écroule aussi », prévient Thierry Vaute.
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Avignon, leur film de fin d’études est en lice aux Oscars de l’animation
C’est la meilleure publicité à la fois pour leur CV, comme pour la promotion d’un écosystème que les collectivités aiment mettre en avant : la filière animation. Alors que plusieurs studios ont posé leurs décors à Avignon ces dernières années et que le Grand Avignon a candidaté pour devenir un pôle d’excellence des industries culturelles et créatives, six jeunes diplômés de l’École des nouvelles images sont en lice aux « Annie Awards ». « C’est le plus gros festival d’animation au monde, que l’on surnomme les Oscars de l’animation », se réjouit Loïc Étienne, directeur du studio Circus et intervenant à l’École des nouvelles images.
Le court-métrage en question, visible depuis cette fin de semaine sur la chaîne Youtube de l’école, s’appelle Jour de vent. « Il dure un peu plus de six minutes et a nécessité neuf mois de travail », sourit Élise Golfouse, l’une des six réalisatrices, aux côtés d’Ai-Kim Crespin, Hugo Taillez, Camille Truding, Martin Chailloux et Chloé Lab. La 5e et dernière année de leur cursus est entièrement dédiée à ce projet. « C’est inspiré du mistral d’Avignon, où plein de vent se lève dans un parc, raconte Camille Truding. Tous nos dix petits personnages, de tous âges et horizons, vont s’envoler et leur vie va être chamboulée, comme une sorte de tempête de la vie. On y a mis beaucoup de cœur et on prend encore beaucoup de plaisir à le revoir car il apporte du positif. »
Ils espèrent donc le revoir une nouvelle fois ensemble, le samedi 21 février, jour de la cérémonie à Los Angeles. Leur court-métrage est en lice dans la catégorie meilleur film étudiant. Ils seront en concurrence avec 4 autres prétendants, dont deux Français. « C’est déjà une consécration d’être nommé, admet Hugo Taillez. C’est marrant de voir les longs-métrages qui sont sélectionnés, les Disney, les Pixar, les DreamWorks… et il y a nous à côté. » Les jeunes diplômés ont appris la nouvelle en début d’année sans forcément que ce soit vécue comme une attente interminable. « Ce qui est bien avec l’école, c’est qu’ils nous mettent en relation avec un distributeur qui s’occupe de tout, d’envoyer le film en festivals, de la promo… », expose Élise Golfouse.
« Le film nous a beaucoup aidés à la sortie d’école »Depuis sa sortie en 2024, Jour de vent a déjà eu quelques récompenses, comme le Siggraph, un autre festival international dédié à l’industrie des images numériques. « C’était à Vancouver cet été, on a pu y aller car on savait déjà qu’on serait récompensé », glisse Élise Golfouse. Mais les « Annie Awards » sont d’un autre standing. « Le film va gagner en visibilité », assure Camille Truding. Et leurs réalisateurs avec, dans un contexte où le secteur de l’animation a été dans le creux de la vague (notre édition du 4 octobre), même « si on remonte la pente ».
Mais, déjà « le film nous a beaucoup aidés à la sortie d’école, où lors de la projection, beaucoup de studios étaient présents, des directeurs sont venus nous voir pour des recrutements », apprécie Ai-Kim Crespin. Trois d’entre eux travaillent d’ailleurs à la Station animation, rue de la République à Avignon. La promotion suivante de 2025 a eu davantage de facilités pour se faire embaucher et trouver des missions avec le statut d’intermittent du spectacle. « C’est rassurant », veut croire Camille Truding.
Et ce bien qu’un nouveau vent, plutôt contraire, souffle sur le secteur : l’intelligence artificielle. « C’est un film qui se démarque, avec un graphisme propre, dur à imiter pour l’instant, autant dans le point de l’image que dans le scénario », défend Hugo Taillez. « On y a mis de notre personne et ça l’IA ne pourra pas le faire, elle peut copier mais pas créer », conclut Camille Truding. Ni être nommé aux « Annie Awards ».
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Avignon : fin de morne plaine au stade nautique
En juillet 2019, puis quelques mois plus tard en décembre, la municipalité a redonné un coup d’éclat sportif à un écrin en friche de plus de 7 ha, à Saint-Chamand, quartier populaire en rénovation urbaine, à l’entrée sud d’Avignon.
D’abord en investissant 3,7 millions d’euros pour réhabiliter la plaine des sports, qui dispose de 17 équipements accessibles à tous : piste d’athlétisme, terrains de rugby et de foot, skate park, pump track, city stades, tables de ping-pong, mur d’escalade ou grande aire de jeux pour enfants. Ce n’est pas un hasard si, en juin 2024, le lieu a été choisi comme point de départ du passage de la flamme olympique, lors du parcours avignonnais.
Quelques mois après, la Ville a inauguré le stade nautique mitoyen, à l’abandon depuis presque dix ans, « avec des herbes folles dans les bassins », rappelle Cécile Helle. Près de 20 millions d’euros d’investissement pour remettre à neuf cet équipement classé patrimoine du XXe siècle, livré en 1966 et fermé en 2010. Un bassin olympique de 50 m extérieur, chauffé à 29 degrés, est aujourd’hui prisé, auquel s’ajoutent deux autres bassins de loisirs et plongeons, accessibles l’été.
À l’automne dernier, la Ville a aussi remunicipalisé un service du stade nautique : la salle de sport et centre de remise en forme avec salle de fitness, hammams, saunas, jacuzzis et solarium. Toute l’année, des activités types aquagym y sont proposées de même qu’une école de natation, avec des créneaux dédiés aux ados ne sachant pas nager. L’été, des nocturnes animées y sont programmées.
Quant aux tarifs, ils sont destinés prioritairement aux Avignonnais avec une entrée pleine à 2,50 euros contre 6 euros hors Avignon (1,60 et 3,60 euros en tarif réduit). La Ville a même créé un budget annexe dédié, « activités aquatiques », qui regroupe aussi la gestion des quatre autres piscines toutes modernisées ou en passe de l’être. En 2026, ce budget de fonctionnement s’élève à 5,1 millions d’euros, dont la moitié pour le seul stade nautique.
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Avec son programme, Olivier Galzi sécurise sa droite à Avignon
Un petit film de présentation montre une belle carte postale d’Avignon, avec du monde dans les rues, de l’activité partout. Une vidéo diffusée ce jeudi soir, en ouverture de la présentation du programme du candidat DVD Olivier Galzi, à la salle de la Scala, archi comble avec quelque 700 personnes. Pourtant, à peine monté sur scène, l’ex-journaliste TV décline son antienne du déclin : « Avignon n’est plus assez sûre, propre, fluide, ambitieuse, attractive. »
Une rhétorique déjà distillée à la mi-novembre, lors de sa première réunion publique, où il avait déjà insisté sur ce triptyque sécurité-propreté-circulation. La présentation globale du projet permet aussi de « mettre les points sur les i ». Se définissant comme le seul candidat en lice à n’avoir jamais été encarté, Olivier Galzi redit son opposition farouche à ne pas vouloir du soutien de Renaissance et de leur « chef de file [Julien Paudoie] qui ne sera pas dans mes équipes ». Il conserve toutefois le soutien de l’UDI ou d’Horizons et n’a pas démenti pencher à droite.
Il glisse aussi quelques amabilités à ses concurrents sans les nommer : « Des héritiers qui réclament le trône, mais pas le bilan » [David Fournier, PS], « les vendeurs de rêve venus de Rognonas » [Stéphan Fiori, DVD], « les extrêmes qui surfent sur les colères mais n’apportent aucune solution » [Anne-Sophie Rigault, RN et Mathilde Louvain, LFI]. Sur le volet sécurité, abordé en premier, Olivier Galzi égratigne « la volonté politique » qui aurait manqué à la majorité sortante.
Croire encore à la LEOIncognito dans la salle, venue « en observatrice mais pas en soutien », Catherine Gay a dû rire jaune. Celle qui fut adjointe à la sécurité durant ce mandat s’est vu retirer la délégation par la maire il y a quelques mois… Davantage de policiers sur le terrain et de caméras dites intelligentes, bouton d’alerte, tasers sont évoqués. Redisant sa volonté de prendre la présidence du Grand Avignon, Olivier Galzi souhaite ainsi mieux coordonner les actions de propreté entre Ville et agglo. Tout en « récompensant » les agents qui travaillent et « sanctionnant » ceux « qui nuisent au service ». Enfin, sur la circulation, le candidat veut encore croire à la liaison est-ouest (LEO) telle qu’imaginée en « mettant la pression pour récupérer les fonds ». Sans surprise, il veut revoir « massivement le plan Faubourgs », ou privilégie le bus à haut niveau de service vers Agroparc plutôt que le tramway.
Le reste des thématiques est ensuite balayé plus rapidement. Santé (bus santé dans les quartiers), attractivité (animations toute l’année comme un rendez-vous médiéval), culture (fin de la gratuité des musées pour les non-Avignonnais, mieux mailler entre eux les musées), éducation (revenir à la semaine des 4 jours à la rentrée 2027, créer 150 places en crèches), logement (aider les classes moyennes à accéder à la propriété, lutter contre la vacance). Des mesures promises sans hausse d’impôts. Le social ? Pas un mot. Le terme pauvreté n’a pas été prononcé, ni ne figure dans le programme. Curieux dans une ville où plus de 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Sans étiquette peut-être, mais pas sans boussole.
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À Orange, le maire Yann Bompard démis par le préfet
C’était une formalité juridique attendue mais d’importance. Au surlendemain de la condamnation pour détournements de fonds publics du maire (Ligue du sud) Yann Bompard, le préfet vient, ce mercredi, de le démettre de ses fonctions. La peine visant l’édile d’extrême droite étant assortie d’une inéligibilité de cinq ans, avec application immédiate, Thierry Suquet a donc pris un « arrêté le déclarant démissionnaire d’office de son mandat de maire ».
Un document qui fait perdre à Yann Bompard l’intégralité de ses mandats d’élu, malgré sa décision de faire appel. Il n’est donc à ce jour plus conseiller municipal, président de l’intercommunalité du Pays d’Orange ni conseiller départemental. Pour cette dernière fonction, son binôme suppléant Jonathan Argenson, par ailleurs adjoint à la culture, le suppléera. Pour le reste, c’est encore flou. Selon le code électoral, « en cas d’absence du maire, suspension, révocation ou toute autre cause, le maire est provisoirement remplacé dans la plénitude de ses fonctions par le 1er adjoint », précise la préfecture.
Or le titulaire du poste, Denis Sabon, a rejoint l’opposition RN et n’a pas été officiellement remplacé dans cette fonction, qui devrait échoir à Joëlle Eickmayer, adjointe aux affaires sociales. Un nouveau conseiller municipal, issu de la liste Bompard, doit aussi faire son entrée comme élu. Si l’on suit l’ordre de la liste, il s’agirait d’Odette Marie. Ironie, le suivant de liste est Jean-Baptiste Rolland, collaborateur parlementaire de la députée RN Marie-France Lorho, condamnée elle aussi lundi avec inéligibilité.
Un rôle de premier magistrat de toute manière très bref puisque, « pour élire un nouveau maire, il relève à présent du premier adjoint de convoquer le conseil municipal sous un délai de 15 jours suivant la démission d’office », stipule le code électoral. Soit avant le 11 février. En 2021, lorsque Jacques Bompard avait été déclaré inéligible, son fils avait pris la suite dix jours après. Le père, redevenu éligible mardi par la grâce de la justice, rêve de revenir à l’hôtel de ville par les urnes pour la 6e fois. En attendant, Orange devrait donc avoir un maire très éphémère issu de ce qu’il reste des rangs de la majorité pour achever le mois et demi de mandat.
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![[Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/01/3848c21fd1b84cb701f2f72e35e42f86.jpg)
[Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver
On ne peut pas dire que la régulation du marché locatif saisonnier suscite de vifs débats dans une campagne où le temps des projets n’a pas encore éclos. Seule Mathilde Louvain (LFI) a jusque-là mis la focale sur la question du logement, souhaitant encadrer les loyers et mener une « action résolue contre la spéculation immobilière ». Une thématique qui frappe principalement Avignon et son centre-ville.
D’après une étude de l’agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav), publiée en décembre dernier, 5 400 annonces de logement de courte durée étaient actives en 2024, à Avignon, dont la moitié en centre-ville. Dans l’intra-muros, sur 100 annonces de locations, 18 concernent ces meublés touristiques. Un marché qui a généré 38 millions d’euros de revenus. Sans surprise, l’été, en particulier juillet, concentre 42% de ces réservations, Festival oblige. « Le nombre de locations saisonnières avec au moins une nuit réservée a plus que doublé en l’espace de 8 ans », constate la municipalité.
La prochaine équipe aux manettes ne partira pas d’une feuille blanche. Par deux fois, en septembre 2023 puis février 2025, la majorité a mis ce sujet sur la table du conseil municipal pour réguler ce marché très prisé des investisseurs immobiliers, mais qui « créé une pénurie d’offres accessibles pour les ménages ». En six ans, la part de studios, T1 et T2, est passé de 55% à 60% en centre-ville. « La part de loueurs possédant au moins deux biens est de 39% en 2024 et a fortement progressé en 6 ans », constate l’Aurav.
La taxe sur les résidences secondaires majoréePour s’en prémunir, la Ville a d’abord majoré de 50% sa taxe sur les résidences secondaires. Il a fallu attendre que le gouvernement place la commune en zone tendue, permettant ainsi d’actionner le levier fiscal. Le gain pour les finances municipales était espéré autour d’un million d’euros. Une mesure rejetée par le RN qui parlait de « taxe punitive ». Autres actions, actées il y a un an, la limitation de la location des meublés touristiques à 90 jours par an contre 120 auparavant. Mais également l’obligation de « soumettre le changement d’usage de locaux d’habitation à une autorisation préalable ».
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La justice remet en selle le père Bompard, candidat à Orange
Les Bompard, c’est comme les trains : l’un peut en cacher un autre. Alors que lundi, on pensait que la justice avait définitivement remisé ces locomotives de l’extrême droite à Orange sur des voies de garage, voilà qu’une autre juridiction vient, ce mardi, de permettre à Jacques Bompard de se raccrocher aux wagons de la politique. La cour d’appel de Nîmes lui a en effet accordé une réduction de la peine de son inéligibilité de 5 ans, qui courait initialement jusqu’à novembre 2026.
Maire d’Orange de 1995 à 2021 -sous les étiquettes FN, MPF puis Ligue du Sud-, il avait dû quitter son poste contraint et forcé après avoir usé de tous les recours pour faire tomber sa condamnation pour prise illégale d’intérêts. Une affaire à laquelle étaient mêlés sa fille et son gendre. Le 30 novembre 2021, c’est son fils, Yann, qui avait été élu maire à sa place. Un poste en passe d’être vacant puisque ce lundi, le tribunal correctionnel de Marseille l’a condamné pour emploi fictif et détournement de fonds publics avec notamment 5 ans d’inéligibilité à effet immédiat. Ce mardi, Yann Bompard a d’ailleurs indiqué qu’il allait faire appel de la décision, qui s’applique toutefois. Le maire condamné se projette même déjà sur les municipales de 2032.
Alors que l’on pensait l’ère Bompard et ses trois décennies achevées, ce hasard de calendrier judiciaire vient à nouveau percuter le jeu des municipales. « Je suis libéré ! Le bon Dieu est intervenu aujourd’hui », s’est félicité, auprès de La Provence, Jacques Bompard, qui ne s’attendait pourtant pas à une décision favorable. L’ex-édile de presque 83 ans n’a pas traîné pour se remettre en lice en annonçant sa candidature pour les municipales. « Je suis candidat, ma popularité est intacte », jure Jacques Bompard.
Un ex-maire resté jamais loin du pouvoirÉlu maire à l’issue d’une triangulaire en 1995, il a ensuite été réélu dès le 1er tour en 2001, 2008 et 2014, mais a dû passer par un second tour en 2020 n’ayant recueilli « que » 47% au 1er tour, affaibli par la candidature RN de Xavier Magnin. Malgré sa condamnation, Jacques Bompard est resté très actif à l’hôtel de ville, se voyant même attribuer un bureau et le titre de collaborateur bénévole du maire avant que le préfet n’intervienne. « J’espère que la décision de justice ne repose pas sur la bonne conduite, car en continuant à donner des ordres au cabinet et services, il a eu une façon particulière de mettre en œuvre son inéligibilité », raille Fabienne Haloui, élue d’opposition PCF.
En attendant la probable tenue d’un conseil municipal extraordinaire pour élire un maire transitoire, la candidature de Jacques Bompard règle la question de la succession dans la majorité sortante. « C’est la démonstration que les ambitions politiques de cette famille sont de servir leurs intérêts privés avant l’intérêt général. J’en appelle à un sursaut citoyen des Orangeois devant les urnes », enjoint Fabienne Haloui, qui ne sera pas candidate. Le RN, malgré la condamnation lundi de la députée et conseillère municipale Marie-France Lorho, ambitionne de détrôner les Bompard et a pioché dans la majorité pour désigner sa tête de liste, Jean-Dominique Artaud.
Dans cette bataille à l’extrême droite, le collectif Tous Orangeois espère tirer son épingle du jeu. « La décision de ce jour n’est pas une relaxe, elle n’efface ni les faits, ni la faute, ni la question essentielle de l’exemplarité attendue d’un maire », réagit sa tête de liste Antoine Boudet, qui appelle donc la population à mettre fin à « un système marqué par des condamnations répétées et des pratiques contestables ».
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Le narcotrafic au cœur des municipales : en Vaucluse, chaque candidat a son plan
Fusillade mortelle à Avignon, qui a empêché le tramway de circuler pendant une semaine ; arrêté préfectoral pris à Orange pour interdire la distribution gracieuse de fournitures scolaires par un cartel local de drogue ; progression du trafic dans les campagnes… Le narcotrafic n’épargne pas le Vaucluse. Seule éclaircie, selon les autorités : la disparition des points de deal dans la cité du Dr Ayme à Cavaillon.
À Avignon, la sécurité est l’un des thèmes majeurs de campagne. Avant la présentation exhaustive des programmes, beaucoup de candidats ont déjà ciblé des propositions sur ce thème : Paul-Roger Gontard (La Convention) souhaite un débat, Stéphan Fiori (DVD) compte prendre la délégation sécurité, David Fournier (PS) sollicitera « le ministre de l’Intérieur toutes les semaines », Olivier Galzi (DVD) veut plus de « bleu dans les rues » et Mathilde Louvain (LFI) souhaite une police municipale de proximité tournée vers la médiation.
Du côté de Carpentras, le maire sortant et candidat Serge Andrieu (DVG) a mis en place, l’an passé, des mesures fortes et médiatiques. En avril, il a instauré un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans -voire 16 ans selon les quartiers – entre 23h et 6h « pour protéger nos jeunes et limiter leur implication dans les trafics de stupéfiants ». Une mesure prolongée, en décembre, pour six mois. En sept mois, « les mises en cause de mineurs pour des faits liés aux stupéfiants ont diminué de 78,26% et le nombre de mineurs victimes de coups et blessures a reculé de 46% », se félicite la municipalité. Autre dispositif, la création d’une brigade mobile d’intervention, à l’automne dernier. Une unité de la police municipale, unique en Vaucluse, exclusivement dédiée « au contrôle du domaine public pour prendre la place des guetteurs et ainsi éloigner les clients qui alimentent le trafic ». Fin 2022, Serge Andrieu avait porté à l’Élysée 5 000 lettres types d’habitants réclamant davantage de moyens humains en matière de police et de justice pour sa ville. Dix postes de policiers ont été créés depuis.
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La justice clôt l’ère Bompard à Orange, et après ?
À Orange, l’adage « tel père, tel fils » n’a jamais été aussi bien porté chez les Bompard. Comme son père Jacques, Yann est donc condamné par la justice et rendu inéligible alors qu’il occupe les fonctions de maire. Absent lors du jugement à Marseille, lundi, l’intéressé n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat. Peu importe s’il fait appel de la décision -il dispose de dix jours pour le faire- celle-ci s’applique immédiatement. Il est donc contraint de démissionner dès la notification de justice reçue. S’il refuse, le préfet est en mesure de prendre un arrêté pour le démettre de ses fonctions.
Malgré la forte proximité des municipales (15 et 22 mars), le conseil municipal devra se réunir pour élire un nouveau maire. En novembre 2021, il s’était passé une dizaine de jours entre la condamnation définitive de Jacques Bompard et l’élection de son fils Yann. Impossible dans l’immédiat de savoir qui, au sein de la majorité, souhaitera endosser le costume de maire ultra-transitoire. Voire de se lancer en même temps dans la campagne électorale, avec l’appui de la famille Bompard. Joëlle Eickmayer, toute nouvelle 1ère adjointe, ou l’adjoint à la culture, Jonathan Argenson, sont parmi les cités. Notons que ce dernier est le suppléant de Yann Bompard au Département et deviendra donc, sous peu, conseiller départemental, le maire déchu perdant aussi l’intégralité de ses mandats. Il faudra également élire un nouveau président à la communauté de communes du Pays d’Orange.
Du côté de Marie-France Lorho, pas de réaction non plus. La députée RN était pourtant présente à Marseille, à l’énoncé du verdict, mais s’est échappée par une porte dérobée pour éviter la presse. Si elle ne fait pas appel, son suppléant Philippe de Beauregard est appelé à lui succéder. Maire de Camaret, il ne pourra toutefois pas cumuler les deux mandats. Si, en revanche, Marie-France Lorho conteste la décision, elle peut rester députée jusqu’à l’épuisement de tous les recours. Elle ne peut cependant briguer de nouveau mandat et perd son poste de conseillère municipale d’Orange.
Le RN, qui rêve de reconquérir Orange, a déjà préparé le terrain en investissant Jean-Dominique Artaud comme tête de liste. Élu avec la majorité Bompard, il est depuis sa désignation, en novembre, passé dans l’opposition, entraînant avec lui plusieurs élus comme son beau-père et ex-premier adjoint, Denis Sabon. Sollicité, le délégué du RN 84 n’a pas donné suite. Pas plus que Carole Normani, élue d’opposition centriste et candidate aux municipales.
« Orange mérite une alternative exemplaire »À gauche en revanche, Fabienne Haloui (PCF) exprime sa « grande satisfaction » après la condamnation. « Quand on est élu, on l’est pour servir l’intérêt général et pas pour se servir », note la conseillère municipale, pour qui la décision « met fin à une baronnie familiale » entamée en 1995. « Cela va rebattre les cartes sur le plan électoral et j’espère que ce jugement sera de nature à faire réfléchir les électeurs quant à la manière de gérer par l’extrême droite », espère-t-elle. Tête de liste du collectif Tous Orangeois, Antoine Boudet estime que « la condamnation met en lumière une défaillance grave dans la manière de gérer les affaires publiques, fragilise la confiance des citoyens et appelle une réflexion collective sur l’exigence d’exemplarité que nous devons à nos concitoyens ». Le chef de file d’Orange cœur citoyen l’assure : « Plus que jamais, l’avenir d’Orange mérite une alternative sérieuse et exemplaire, résolument tournée vers l’intérêt général. »
