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  • Cécile Helle à Avignon : « Il faut être courageux pour être maire »

    Cécile Helle à Avignon : « Il faut être courageux pour être maire »

    Dans un mois et demi, Cécile Helle aura rendu son mandat de maire et a assuré mettre un terme à sa vie politique. « J’en suis à presque 30 ans de mandats électifs sans discontinuer », relate la première magistrate (PS), au moment de recevoir, ce lundi matin à l’hôtel de ville, la médaille du Sénat. Députée puis conseillère régionale et enfin maire depuis 2014, Cécile Helle considère qu’être « maire, c’est le plus beau des mandats ». Et « il faut être courageux pour l’être », soutient-elle, soulignant « la force et l’exigence » que le rôle nécessite.

    Au moment de recevoir sa médaille, Cécile Helle y voit « la reconnaissance de l’action des maires en général » mais adresse plusieurs alertes en ce sens, comme « la fragilisation de l’autonomie financière des communes, il n’y a rien de plus difficile de ne pas mener à bien un projet à cause d’un problème financier » mais aussi la « mesure et la raison » parfois dure à trouver « dans la relation avec les citoyens ou les réseaux sociaux ». Bref, être maire « ce n’est pas un long fleuve tranquille ».

    D’où « l’émotion » de se voir distinguer par cette distinction du Sénat, au cours d’une cérémonie à laquelle Cécile Helle avait convié ses parents mais aussi ses proches collaborateurs (cabinet, direction des services) et élus (le premier adjoint Claude Nahoum, David Fournier qu’elle soutient) ou représentants des autres collectivités (seul Michel Bissière pour la Région était présent). « Il était important de reconnaître l’aboutissement d’un engagement public et politique de nombreuses années, d’une personne qui, avec son équipe, a marqué l’histoire d’Avignon », salue le sénateur Lucien Stanzione (PS), aux côtés de ses deux autres homologues vauclusiens, Jean-Baptiste Blanc (LR) et Alain Milon (LR). Et, en s’adressant aux parents de Cécile Helle, « votre fille est très méritante, elle peut passer la tête haute dans les rues ».

  • À Avignon, faute d’offre satisfaisante, Michel Bissière ne sera sur aucune liste

    À Avignon, faute d’offre satisfaisante, Michel Bissière ne sera sur aucune liste

    Mi-novembre, on avait laissé Michel Bissière « dans l’expectative » quant à son positionnement pour les municipales à Avignon. La tête de liste LR en 2020 (9,02%, 2 élus), désormais DVD, passe son tour cette fois-ci. « Je ne serai pas candidat et ne soutiendrai personne », nous annonce-t-il, ce lundi.

    À l’inverse de Cécile Helle, maire (PS) sortante qui a fait le choix de ne pas se représenter, la décision de Michel Bissière se fait à contrecœur. « J’avais envie [d’être candidat] mais ça ne s’est pas présenté, je ne vais pas être plus royaliste que le roi et resterai un spectateur attentif de l’élection et du devenir d’Avignon tout en restant impliqué sur mon mandat de conseiller régional [délégué à la vie artistique et culturelle] », détaille-t-il.

    Élu sous Marie-Josée Roig (1995-2014) puis depuis 2020 [en 2014, il revendiquait la succession mais la droite lui avait préféré alors Bernard Chaussegros], Michel Bissière n’avait pas l’intention de conduire une liste. Ses possibilités s’appelaient Olivier Galzi (DVD) ou Joël Peyre (PRG), élu aux finances sortant qui a finalement renoncé à concourir début janvier. « On a échangé avec Joël sans aller plus loin, c’est quelqu’un que je respecte et qui aurait fait un bon maire », estime Michel Bissière, qui a mené une opposition très bienveillante. Quant à Olivier Galzi ? « Il n’y a pas vraiment eu discussions », répond-il, beaucoup moins amène. Rappelons que l’ex-journaliste TV a déjà éconduit Julien Paudoie (Renaissance), mettant à mal le centre droit local.

  • À Orange, Yann Bompard s’accroche à son poste de maire

    À Orange, Yann Bompard s’accroche à son poste de maire

    C’est l’histoire sans fin. Ou comment la famille Bompard use de tous les moyens pour que le nom ne soit pas effacé, même ponctuellement, de la liste des maires d’Orange depuis 1995. Il y a deux semaines, Yann Bompard, maire (Ligue du sud) depuis novembre 2021, a été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille pour détournement de fonds publics. Une décision dont il a fait appel, assortie de cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat.

    Conséquence, deux jours plus tard, le préfet * prenait un arrêté « le déclarant d’office démissionnaire de son mandat de maire ». Charge ensuite au 1er adjoint de gérer les affaires courantes et de convoquer un conseil municipal sous deux semaines pour élire un nouveau maire. Sauf que, comme l’a noté Vaucluse matin, Yann Bompard est depuis resté actif en mairie, s’affichant sur le terrain. « Il a contesté l’arrêté du préfet auprès du tribunal administratif, ce qui fait qu’il reste maire tant que le tribunal n’a pas statué », indique-t-on dans l’entourage du maire. Ce recours sera finalement étudié le 6 mars, une semaine avant le 1er tour des municipales et donc la fin, quoi qu’il arrive, du mandat de Yann Bompard qui ne pourra pas concourir.

    En mairie, on assume cette stratégie du pourrissement : « Compte tenu de la proximité des élections, la question de la continuité des services, du fonctionnement de la collectivité, se fait de manière plus aisée ». Et de citer en exemple le fait que « beaucoup de choses se signent de manière informatique, avec une clé attachée au nom du maire, il faudrait donc que les services de l’État attribuent de nouveaux codes, cela entraînerait une latence des services qui serait préjudiciable », justifie-t-on à l’Hôtel de ville. Yann Bompard reste donc en poste au moins jusqu’au 6 mars.

    Côté opposition, la résignation domine. « On avait déjà imaginé qu’il ferait tout pour finir son mandat, mais on était interloqué de le voir encore partout, commente Fabienne Haloui (PCF). De toute façon, avec les Bompard, c’est tout le temps de l’inédit. » Yann Bompard cumule donc encore son rôle de maire avec celui de directeur de campagne de son père, Jacques, ex-maire (1995-2021), qui aspire à le redevenir, la justice ayant mis fin à son inéligibilité.

    * Contactée, la préfecture n’a pu donner suite dans l’immédiat.

  • LFI prône un projet « plus humain » sur la tranquillité publique à Avignon

    LFI prône un projet « plus humain » sur la tranquillité publique à Avignon

    Ne pas laisser le sujet de la sécurité à la droite et à son extrême. Un enjeu présenté, vendredi soir, par la liste insoumise de Mathilde Louvain, qui tenait une réunion publique sur la tranquillité publique au centre social Saint-Jean. Une thématique forte de campagne sur laquelle « on ne vient pas en réaction mais qui est une attente des habitants », souligne la tête de liste. Pour l’occasion, le député LFI de l’Essonne, Antoine Léaument, engagé dans un tour de France de la sécurité, était présent.

    Le parlementaire, qui avait rencontré les douaniers avignonnais l’après-midi, est venu casser de nombreux clichés « véhiculés par les médias d’extrême droite » et renverser les paradigmes : absence de travail, de logement, racisme sont autant « d’insécurités dont on ne parle pas ». Il pondère aussi les chiffres de la délinquance avec « une stabilité des homicides ». Antoine Léaument tape sur les politiques sécuritaires en place depuis des années : « Mettre du bleu dans les rues se fait au détriment des enquêtes et de la police judiciaire, on ne retrouve le meurtrier que dans 2 cas sur 3 ». Mais ce contexte posé ne fait pas un programme municipal. Mathilde Louvain promet « un travail de fond, coordonné, loin des paillettes, par de la présence humaine avec des médiateurs et des éducateurs, former les policiers sur les violences sexistes et sexuelles ». Pas question de céder à la course à l’échalote de celui qui promet le plus de policiers municipaux ou de caméras. « On souhaite revoir les missions de la police municipale qui doit être en proximité, cela peut passer par une augmentation des effectifs », assume la candidate qui veut s’opposer « au modèle du tout répressif ». « Alors que l’État se désengage, une loi envisage d’octroyer des pouvoirs judiciaires à la police municipale, on prend le problème à l’envers », se désole-t-elle. Loin de tout angélisme, Mathilde Louvain refuse « de fermer les yeux sur le narcotrafic », appelant surtout l’État à mettre des moyens pour faire tomber les réseaux, « ceux qui s’enrichissent vraiment et sont sur des yachts à Dubaï et pas les 8 victimes à Avignon l’an dernier », pointe Farida Mebarek (Génération.s), pour qui les « vraies victimes du narcotrafic sont les habitants ». Adjointe (DVG) aux sports, Zinèbe Haddaoui concède porter « une vision sur du temps long et pas très quantifiable avec le rôle des médiateurs ». « Quand on apporte aussi du beau, comme à la Plaine des sports, ça marche », ajoute-t-elle. Le sport, un remède à la prévention de la délinquance.

    LFI et ses alliés entendent aussi réclamer plus de moyens pour la santé mentale, « une question aveugle » de la tranquillité publique selon Julien De Benito, adjoint au maire et secrétaire départemental du PCF. « Au cours du mandat, j’ai été marqué par le fait que beaucoup de troubles à l’ordre public sont liés à des malades psy ou aux addictions, dont le suivi n’est pas à la hauteur, il faut plus de moyens pour l’hôpital psychiatrique », enjoint-il en piquant Olivier Galzi (DVD). « Avec des arrêtés anti mendicité, ce monsieur ne résoudra rien », conclut-il.

    Hervé de Lépinau candidat RN à Carpentras

    Le député RN Hervé de Lépinau remplace en urgence Christian Richaud Simoni comme tête de liste aux municipales à Carpentras. Ce dernier a été écarté par son parti pour des tweets racistes révélés mardi dernier par Libération. La priorité de Hervé de Lépinau ? « Nettoyer » la ville, selon des propos rapportés par la radio Ici Vaucluse.

  • À Avignon, Gontard avec Fournier, l’ultime inconnue

    À Avignon, Gontard avec Fournier, l’ultime inconnue

    Ce lundi 9 février donne le coup d’envoi des déclarations de candidatures aux municipales. Les postulants ont jusqu’au 26 février, 18 heures, pour s’enregistrer. Un délai que pourraient exploiter jusqu’au bout Paul-Roger Gontard (La Convention) et David Fournier (PS). La candidature en son nom du premier reste l’ultime inconnue du casting à Avignon. Les deux actuels adjoints de la majorité de Cécile Helle, qui soutient David Fournier, n’ont eu de cesse de discuter depuis des mois.

    Depuis début janvier et le renoncement de Joël Peyre (PRG) puis le ralliement de Benoît Belvalette (Place publique) à David Fournier – qui a fortement exhorté Paul-Roger Gontard à en faire autant -, les deux élus ont intensifié leurs discussions. « Je ne peux pas en dire plus pour le moment, un point sera fait très prochainement », nous a répondu, ce vendredi, Paul-Roger Gontard. Même tonalité chez David Fournier : « Je ne souhaite pas encore m’exprimer sur le sujet, patience… »

    Si la raison pousse à s’entendre afin de peser le plus à gauche, face notamment à la concurrence de la liste LFI de Mathilde Louvain, soutenue par le PCF, Génération.s et Avignon collectif, ce n’est pas à n’importe quel prix. « Personne ne peut gagner seul », martelait encore Paul-Roger Gontard en début de semaine dans un communiqué, ajoutant que « si des convergences de vues existent, des espaces de compromis sur les priorités du programme et sur la façon d’agir au mieux sont encore à trouver », afin d’envisager « une coalition pour le bien d’Avignon et du Grand Avignon ».

    LFI, Grand Avignon

    dans la balance

    « Il y a encore un espace pour trouver une coopération dans un contrat de gouvernance, mais cette clarification doit arriver aujourd’hui », disait-il, il y a déjà deux semaines. En creux, la clarification repose sur une alliance avec LFI au second tour, récusée par Paul-Roger Gontard, et même Place publique qui parle de « ligne rouge ». David Fournier temporise sur le sujet renvoyant à « une décision collégiale », à l’issue du premier tour.

    Autre sujet central, l’agglomération. Adepte des circonvolutions, Paul-Roger Gontard n’a jamais clamé frontalement son envie d’accéder à la présidence du Grand Avignon, même si tout laisse à penser qu’il y songe, parlant d’Avignon en grand et projet de territoire. « Avignon doit reprendre le capitanat », assume-t-il. Un deal que ne peut lui promettre en l’état David Fournier, devant aussi jauger le bénéfice/risque de voir un concurrent interne prendre la lumière et les puissants leviers du Grand Avignon.

  • Les pompiers encore mieux équipés pour porter des soins d’urgence

    Les pompiers encore mieux équipés pour porter des soins d’urgence

    C’est une première en Europe dont bénéficient les pompiers vauclusiens : « LP 35 ». Derrière ce nom de code, se cache un précieux outil capable de sauver des vies en péril. Le service départemental d’incendie et de secours (Sdis 84) vient de se doter de 59 appareils multiparamétriques pour équiper l’ensemble des véhicules de secours et d’assistance aux victimes.

    « Cet équipement constitue une avancée majeure dans la distribution des secours sur notre territoire, et va permettre à chaque citoyen, où qu’il se trouve, de pouvoir bénéficier d’un égal accès aux secours », se félicite Thierry Lagneau. Le président du Sdis 84 intervenait ce jeudi lors de la présentation de cet équipement. Car depuis une loi de 2022, les pompiers sont autorisés à pratiquer certains actes de soins d’urgence. Un équipement d’autant plus important que le secours à personne représentant 82% de l’activité. Ces appareils permettent de mesurer à la fois l’activité électrique du cœur, la tension artérielle, le pouls, la saturation en oxygène, et font fonction de défibrillateur. « Ces différentes données enrichissent ainsi le bilan médico secouriste dématérialisé, aussitôt transmis à un médecin », précise le Sdis, qui a pu bénéficier d’un soutien de fonds européens et de la Région pour financer l’opération de 750 000 euros.

  • Plongée dans le chantier de rénovation de la piscine Reyne à Avignon

    Plongée dans le chantier de rénovation de la piscine Reyne à Avignon

    Ce n’est pas tout à fait les ultimes longueurs mais disons que la Ville a achevé 90% d’une course de longue haleine démarrée en septembre 2021 par le lancement du plan Avignon ambition piscines, d’un montant de près de 20 millions d’euros. Une opération visant à rénover puis entretenir les quatre piscines dites de proximité de la Ville. Et ce en dehors du stade nautique, vaisseau amiral des activités aquatiques rouvert en 2019 après 10 ans d’abandon.

    Ainsi, après Jean-Clément à Montfavet à l’été 2023, Chevalier-de-Folard à Nord Rocade au printemps dernier et un lifting à Stuart-Mill à Saint-Jean, la municipalité s’attelle à rénover Peirre-Reyne dans l’intra-muros. Mitoyen de la cité scolaire Mistral, l’équipement a été fermé en avril dernier. Il doit être livré cet été pour une réouverture au public et aux scolaires à la rentrée de septembre. Une visite de chantier y était organisée, ce jeudi. Entre les palettes remplies de matériaux isolants ou les bruits de perceuse, difficile encore d’imaginer qu’une petite extension verra le jour à l’entrée de la piscine, qui se fera désormais en rez-de-chaussée et non plus par un escalier extérieur.

    Un héritage piscine désormais à faire tourner

    « Pour ceux qui connaissent, ce sera la transformation la plus visible », observe la maire Cécile Helle (PS), aux côtés de son adjointe aux sports, Zinèbe Haddaoui. Au rez-de-chaussée, des vestiaires seront aménagés ainsi qu’une nouvelle salle de sport. « Le bassin est en train d’être reconsolidé », expose Nicolas Chicouras, directeur de l’agence Girard, qui supervise le chantier. Renforcement du plafond extérieur avec isolation de la charpente, quelques reprises structurelles des murs, des brise-soleil sur les vitres mais aussi et surtout de lourds travaux sur les installations (chaudière, filtration, pompe à chaleur, ventilation) sont au menu. La rénovation permettra de diviser par quatre les volumes d’eaux consommés et de diminuer de 35% les besoins en chaleur.

    « À la différence des autres piscines, il a fallu dialoguer et négocier avec l’architecte des bâtiments de France car nous sommes en zone classée, d’où les couleurs neutres, blanc cassé et beige, qui rappellent la pierre présente », fait valoir Cécile Helle. Ouverte en 1968, elle avait été partiellement rénovée en 2002, ce qui n’empêche pas la facture de grimper à 2,5 millions d’euros, dont plus de la moitié financée par des subventions du Grand Avignon, du Département et de la Région. Une fois livrée, « nous aurons quatre piscines performantes de proximité et un stade nautique, loin de la situation que nous avons trouvée en 2014 avec des équipements en bout de vie et un stade nautique fermé », dresse, en guise de bilan, Cécile Helle. Et d’adresser un message à « l’équipe qui arrivera, qui j’espère sera dans la même gestion que nous, même si cela nécessitera un haut fonctionnement soutenable ».

  • [Entretien] Manon Julian : « Valréas à gauche veut redonner vie à la ville »

    [Entretien] Manon Julian : « Valréas à gauche veut redonner vie à la ville »

    La Marseillaise : Quel est le sens de votre candidature, la gauche ayant été hors course en 2020 ?

    Manon Julian : Je suis née à Valréas il y a presque 40 ans et j’ai grandi à Rousset-les-Vignes. Après des études de littérature, je suis revenue à Valréas il y a 4 ans où j’enseigne le français depuis la rentrée au collège public Vallis Aeria. Je n’avais jamais fait de politique jusque-là. J’ai rencontré un groupe d’habitants, réuni dans un comité citoyen fondé en 2018. Par le passé, ils ont été force de propositions auprès de la mairie [de Patrick Adrien, DVD], sur des thèmes que l’on reprend dans notre campagne, notamment la végétalisation et les mobilités douces. Mais cette expérience a été malheureuse pour le comité citoyen, écouté mais pas entendu par la mairie. C’est cela qui a lancé le mouvement de la liste avec l’envie aussi de montrer que la gauche est force de propositions locales et permettre aux électeurs d’avoir d’autres choix que la droite et l’extrême droite [pour l’heure, le RN n’a pas investi de candidat face au maire sortant et Jean-Marie Roussin, autre candidat venu de la majorité]. Avec Valréas à gauche, on travaille collectivement, je n’avais pas l’ambition première de conduire la liste. C’est quelque chose qui nous démarque des autres candidats qui ont créé leurs listes autour d’eux.

    Comment présentez-vous votre liste aux habitants ?

    M.J. : Comme celle de l’union à gauche dans toutes ses diversités, même si nous n’avons pas l’appui officiel des partis. On est très fiers d’avoir réussi localement, ce qui paraît impossible nationalement.

    Quels sont vos priorités et projets ?

    M.J. : Notre programme s’appelle Valréas en vie, car la ville souffre d’une image négative. S’il y a une mesure phare à retenir, ce serait la création d’un espace de baignade, avec un lac artificiel et aire de pique-nique. Cela résume notre philosophie de vouloir récréer du lien avec les habitants, rendre l’espace public plus accueillant et chaleureux. Cette volonté de vivre ensemble se décline aussi sur le projet d’une médiathèque ou d’un espace, type MJC, pour les jeunes. Il manque aussi d’activités sportives : il n’y a plus de club de foot par exemple alors que nous sommes une ville de 10 000 habitants. Qui plus est, avec 30% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. On souhaite réhabiliter un CCAS digne de ce nom. Nous voulons développer les mobilités douces. Avec des pistes cyclables, garage à vélo… La question de mettre en sens unique le tour de ville reste à débattre. Enfin, il faut réinjecter de la vitalité démocratique car beaucoup de décisions sont prises dans l’opacité.

  • La Chambre de commerce de Vaucluse mise sous tutelle par la Préfecture

    La Chambre de commerce de Vaucluse mise sous tutelle par la Préfecture

    Finalement, c’était loin d’être « un non événement ». Un terme employé, fin août, par Gilbert Marcelli, président de la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), lorsque la préfecture de Région avait placé sous tutelle provisoire l’institution consulaire. À l’époque, 4 des 7 membres du bureau avaient démissionné mais le président avait sauvé sa peau en étant réélu confortablement un mois plus tard. Le répit a été de très courte durée.

    Vendredi dernier, le préfet de Région a pris un nouvel arrêté, bien plus lourd de conséquences que celui d’il y a plus de cinq mois : la dissolution de l’assemblée générale et du bureau de la CCI 84 et la nomination d’une commission provisoire, consécutifs aux « dysfonctionnements dans la gouvernance ». En cause encore, « la démission de 22 de ses membres [sur 33] entre le 10 décembre et le 7 janvier », peut-on lire dans l’arrêté. « Dans l’attente de l’installation de la nouvelle assemblée générale et d’un nouveau bureau, résultant d’élections qui seront prévues sous six mois, il est créé une commission provisoire chargée d’expédier les affaires courantes », précise le texte.

    Celle-ci est composée de quatre membres : Stéphane Paglia, président de la CCI du Pays d’Arles et membre de la CCI Paca qui est désigné président et ordonnateur. Mais aussi de Daniel Margot, président de la CCI Paca. Et enfin de deux frais ex-membres de la CCI 84, Richard Hémin et Cédric Ribeiro, celui-ci officiant comme trésorier. « Il faut que ce mauvais chapitre du livre de la CCI de Vaucluse se referme car il n’y a que des perdants », se désolait Daniel Margot, dans La Provence il y a dix jours. Un chapitre qui se répète pourtant puisqu’une tutelle s’est déjà éternisée 30 mois entre 2018 et 2020 pour des problèmes de gouvernance. Mais à l’époque, les élus venaient de listes opposées. Or, aujourd’hui tous les démissionnaires sont issus du même projet né de l’élection de 2021.

    Friture sur la ligne entre président et directeur

    Comme au cœur de l’été, les griefs à l’encontre du président Gilbert Marcelli restent d’actualité. Notamment deux dossiers de fond sur lesquels la CCI s’est impliquée et mouillée financièrement : le rachat du centre de formation Nextech à la barre du tribunal en novembre 2024 pour 3,9 millions d’euros et l’ouverture du restaurant Le Quai des saveurs sur le parvis de la gare centre d’Avignon. Ouvert il y a un peu plus d’un an, le restaurant accuse un lourd déficit (-600 000 euros la première année). Des orientations qui ont pourtant toutes été validées majoritairement par la CCI.

    Mais au-delà de ces sujets, c’est la gouvernance Marcelli qui est en cause, où son management est perçu comme autoritaire et brutal. Nos confrères de La Provence et de l’Echo du Mardi ont documenté une fronde interne contre le président, aujourd’hui en conflit avec son directeur Tomas Redondo alors que les deux étaient jusqu’ici très proches. Selon L’Écho du Mardi, une procédure de licenciement est en cours contre le directeur général pour motif disciplinaire. « La mise sous tutelle, c’est contre productif et déstabilisant pour le département », constatait Gilbert Marcelli dans La Provence. À l’heure où entre autres la CCI risque de perdre la gestion de l’aéroport d’Avignon -la délégation de service public confiée par la Région arrive à terme fin 2026-, cette crise est un mauvais signal pour les acteurs économiques locaux. Sans oublier la centaine de salariés plongés dans le flou.

  • Renoncement de Cécile Helle : retour sur une année de péripéties à Avignon

    Renoncement de Cécile Helle : retour sur une année de péripéties à Avignon

    Il y a tout juste un an, le 3 février 2025, la maire (PS) Cécile Helle faisait une annonce qui allait marquer la vie politique locale et son camp à gauche : renoncer à briguer un 3e mandat. Une décision, mue par « l’engagement » pris en 2014 de « ne faire que deux mandats », mais qui a été une véritable déflagration. Outre le timing, à plus d’un an des municipales, aucun signe ne laissait paraître sa volonté d’arrêter. « Être maire, c’est aussi cela : savoir passer le témoin au bon moment et dans les meilleures conditions possibles », écrivait la première magistrate en conclusion de sa lettre aux habitants.

    Un an plus tard, au vu des péripéties, pas sûr que « les meilleures conditions possibles » aient été réunies. Si Cécile Helle a fini par apporter son soutien, il y a dix jours à David Fournier (PS), adjoint à l’administration municipale, c’est au bout d’un long processus à gauche où sa majorité n’en ressort pas plus soudée. Pendant presqu’un an, la maire a brandi son mantra : le choix de son successeur devait « se faire sur deux choses : la capacité à porter un projet et une personnalité qui arrive à faire un rassemblement le plus large possible ». Cécile Helle s’est trouvée « marrie », glissait-elle début janvier, devant l’incapacité de ses élus à s’entendre alors que sur le fond « pas grand-chose ne les sépare ».

    L’année a donc été dense en tractations, sans éclat d’animosité publique entre prétendants. Après une petite période de sidération, Joël Peyre, élu (PRG) aux finances, a été le premier à se manifester pour prendre la relève, début avril. Très vite suivi par David Fournier, désigné premier des socialistes par un vote interne au sein duquel il a devancé Zinèbe Haddaoui, adjointe aux sports et alors fraîche adhérente au PS. Paul-Roger Gontard, adjoint (La Convention) à l’urbanisme, s’est ensuite positionné, début juin.

    Pendant ce temps-là, dans d’autres partis de la majorité, à l’instar du parti communiste et de Génération.s, le maître mot reste la construction de l’union, par les idées et le projet d’abord avant de réfléchir à qui pour l’incarner. Hors majorité, à gauche, les Écologistes font le choix de désigner en juin Sabah Badji comme tête de liste. À la même période, la France insoumise se choisit Mathilde Louvain et Farid Faryssy comme co-chefs de file. Benoît Belvalette et Place publique se lancent aussi en campagne en juin sans perdre de vue la nécessité d’un rassemblement.

    Si c’était à refaire ? Cécile Helle persiste et signe

    S’opère alors un match à trois au sein de la majorité. Fin août, lassé de ne pas voir l’union poindre, Claude Nahoum, Premier adjoint (DVG) annonce soutenir Benoît Belvalette. « Je pensais que l’été serait propice à se rassembler », commence à se désoler Cécile Helle, à la rentrée. Fidèle à sa stratégie de rassembler les partis, David Fournier voit, fin septembre, Génération écologie se ranger derrière lui. Puis les Écologistes – malgré le ralliement récent de sa cheffe de file à LFI –, l’Après, l’ex-insoumis éconduit Farid Faryssy, le parti animaliste et, enfin, début janvier Place publique.

    L’hiver glace un peu les relations avec le PCF et Génération.s, investis dans le mouvement citoyen Avignon collectif dont Zinèbe Haddaoui est l’une des chevilles ouvrières. Tous reprochent la méthode à marche forcée pour tendre vers l’unité de David Fournier, au détriment du fond. Fin décembre, le sondage paru dans La Provence donnant David Fournier loin devant à gauche (18%) va rebattre les cartes. L’enquête d’opinion contraint Joël Peyre à renoncer à concourir. Dix jours après, le PCF, G.s et Avignon collectif font le choix plus radical de se tourner vers la liste insoumise de Mathilde Louvain. Reste le cas Paul-Roger Gontard, qui martèle que « personne ne pourra gagner seul ». L’adjoint est toujours en discussion avec David Fournier. « Si des convergences de vues existent, des espaces de compromis sur les priorités du programme et sur la façon d’agir au mieux sont encore à trouver », indique-t-il, ce lundi encore dans un communiqué. Un an plus tard, avec un peu de recul, Cécile Helle assure qu’elle referait la même chose : « Quel intérêt [de choisir un héritier], sauf à fragiliser celui qui va être finalement désigné ? Il y a un contexte politique suffisamment compliqué pour ne pas venir rajouter du bordel au bordel. »