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  • Le collectif Tous orangeois entre vraiment en campagne

    Le collectif Tous orangeois entre vraiment en campagne

    Ils tenaient à marquer le coup avant les fêtes. Créé l’hiver dernier avec l’ambition de bâtir une large liste citoyenne et républicaine pour les municipales afin de mettre fin aux 30 ans d’extrême droite, le collectif Tous orangeois a acté son entrée en campagne ce vendredi. « C’est une période grave et historique à Orange, nous voulons apporter un peu de joie et bonne nouvelle entre le procès Bompard et les Chorégies, et prouver ensemble qu’il est possible de faire triompher une liste citoyenne représentative de tous les Orangeois », expose Gilles Taillardas, libraire et l’une des figures de proue du collectif.

    Si un vote interne a acté qui sera la tête de liste, celle-ci ne sera dévoilée que début janvier. La liste prendra le nom de « Orange cœur citoyen ». Le collectif, qui ne souhaite aucun soutien officiel de partis politiques bien qu’être encarté ne soit pas interdit pour être sur la liste, regroupe majoritairement des novices en politique mais comptera trois élus, anciens ou actuels, de gauche, à l’instar de Patrick Savignan qui siège aujourd’hui dans l’opposition. Dans l’attente du verdict du procès Bompard le 26 janvier, Tous orangeois est la 3e liste déclarée après celle du RN Jean-Dominique Artaud et de la macroniste et élue d’opposition, Carole Normani. Un temps moteur du collectif, Gilles Laroyenne (UDI) l’a depuis quitté, l’estimant trop à gauche.

    « Nous prônons la liberté idéologique, la coconstruction et l’intelligence collective », défend Gilles Taillardas. Rétablir de « la vie démocratique » est un mantra du collectif. « Il faut une politique apaisée, à l’écoute de tous », fait savoir Hinda Aït-Lalamma, souffrante vendredi mais très active dans la campagne. « Nous voulons gagner pour instaurer une action publique plus humaine, rendre Orange plus désirable et rétablir une sérénité politique », avance Antoine Boudet, ostéopathe, investi aussi dans la vie associative sportive. Difficile pour les futurs colistiers de ressortir une mesure prioritaire ou d’urgence. Valérie Féral, assistante dentaire, cible « la jeunesse mais aussi l’accès aux soins et la sécurité ». Plusieurs réunions thématiques sont prévues à partir de janvier, afin de dévoiler le programme issu d’enquêtes de terrain menées depuis 10 mois par le collectif.

  • Un trésor de 1460 fait son retour à Avignon

    Un trésor de 1460 fait son retour à Avignon

    « Livre d’heures d’Hélary-Laudun. » Sur le papier, ou plutôt le parchemin, le titre de cet ouvrage n’est pas très vendeur. Et pourtant, il s’est vendu 93 500 euros, financé à moitié par la Ville et l’État. Un prix hors norme pour un ouvrage qui l’est tout autant et qui vient d’enrichir le patrimoine avignonnais, en l’occurrence la bibliothèque Ceccano et ses 200 000 documents. Il s’agit d’un manuscrit médiéval, enluminé à Avignon autour de 1460, et dans un remarquable état de conservation. « Je suis trop contente », se réjouit Karine Klein, conservatrice des bibliothèques. « Depuis 13 ans que je suis là, c’est la plus belle acquisition », poursuit-elle. « Quand je l’ai reçu, j’ai appelé toute l’équipe pour qu’on le déballe ensemble », raconte la responsable des fonds patrimoniaux. D’une dimension de 180×127 mm, l’ouvrage de 460 pages est conservé dans un boîtier datant, lui, plutôt du XVIIIe siècle.

    Arrivé comme une lettre

    à La Poste

    Plus de 560 ans plus tard, le manuscrit retrouve donc sa terre natale et le giron public. Impossible de remonter la trace de son histoire au-delà de 1968. Le manuscrit était propriété d’une librairie spécialisée américaine à New-York. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il est arrivé à Avignon classiquement par La Poste… « On avait le stress en se disant, pourvu qu’il ne se perde pas », redoutait Karine Klein. Très régulièrement, la conservatrice scrute les catalogues de vente spécialisées ou les ventes aux enchères pour faire l’acquisition d’une dizaine de documents par an liés à l’histoire d’Avignon. « J’avais déjà fait d’autres dossiers qui n’ont pu être suivi financièrement mais la ténacité a payé », se réjouit-elle, saluant le geste du libraire : « Au départ le prix était de 120 000 dollars et il a fait un effort car le manuscrit revenait à Avignon. » Et la matière est potentiellement abondante, Avignon ayant été à partir du XVIe siècle un haut lieu d’imprimerie. Auparavant, « il y a eu tout autour de la cour pontificale des enlumineurs, des copistes qui a donné lieu à la naissance d’un courant d’enluminure, l’école d’Avignon, très peu conservé ici », retrace Karine Klein.

    Le fameux manuscrit nouvellement propriété de la Ville est un recueil « en latin de prières de dévotion féminine, on se demande si ce n’est pas la commanditaire, qui a elle-même choisi les prières et les a agencées », se questionne la responsable des fonds patrimoniaux. Les enluminures et feuilles d’or ont encore leurs couleurs éclatantes. « On est sur des pigments naturels et pas chimiques, qui se conservent très bien dans le temps », note-t-elle. Quelques rares historiens de l’art vont certainement se presser à la bibliothèque Ceccano pour enrichir les savoirs sur le rite cistercien ou l’école d’Avignon.

    Mais, reconnaît volontiers Karine Klein, « pour le grand public, ça n’a pas vraiment d’intérêt, ce qui est intéressant en revanche pour la ville d’Avignon, c’est l’histoire de l’objet plus que son contenu ». Le manuscrit pourrait être présenté au public l’an prochain au cours du rendez-vous « Admire ton patrimoine ». « Le public ne vient pas de lui même voir un manuscrit médiéval en latin, on monte des opérations de médiation pour valoriser ce patrimoine », projette Camille Espinasse, responsable de ce secteur.

  • Un dernier conseil tout sauf anodin pour la majorité

    Un dernier conseil tout sauf anodin pour la majorité

    Ce n’est pas un exercice qui manquera à Cécile Helle. La maire (PS) va tenir, ce samedi matin, son ultime conseil municipal, sans a priori d’émotion spéciale. « C’est un conseil comme un autre, je ne me projette pas sur des choses particulières », nous a-t-elle confié (notre édition de jeudi). Après deux mandats, elle laissera son fauteuil en mars prochain. La multitude de prétendants à sa succession dans la majorité ne devrait toutefois pas permettre un hommage sans dissonance. « J’ai prévu de la remercier et de la féliciter », glisse Joël Peyre, élu aux finances. Les élus, par l’entremise du premier adjoint Claude Nahoum, ont toutefois organisé une collecte afin de remettre un cadeau à Cécile Helle à l’issue de la séance.

    « Cela reste un conseil important, puisqu’il va y avoir le vote du budget », note la maire. Une délibération qui sera la première des 44 du jour, auxquelles s’ajouteront 4 questions écrites du RN. « Un budget responsable et prudent, qui prépare aussi la transition municipale et garantit à la future majorité la latitude financière nécessaire pour mettre en œuvre son programme », peut-on lire dans le rapport. Le budget, qui s’élève au global à 246 millions d’euros, garde les mêmes grands principes de la majorité sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement, la stabilité des impôts, environ 38 millions d’euros d’investissements, et une dette en très léger repli. Plusieurs traductions trouveront place dans les délibérations suivantes, comme le vote des premières subventions aux associations sportives (1,8 million) et culturelles (1,9 million d’euros) dispatchées sur une soixantaine de structures.

    +65% de capacité pour la nouvelle cuisine centrale

    « On va créer un centre de loisirs du Clos de la Murette, qui va se positionner à la place de l’école maternelle de la Murette », souligne Cécile Helle. Avec une mise en activité prévue à la rentrée scolaire 2026. La première magistrate rapportera aussi un dossier qui lui tient à cœur, l’héritage de Terre de culture 2025, avec la volonté de pérenniser certains lieux (Maisons Folie) ou événements (Explorateurs de la culture, festival Tous artistes ou l’Odyssée des petits curieux).

    Enfin, en guise de dessert avant de laisser une nouvelle équipe aux manettes, la Ville tient à lancer l’opération de construction d’une nouvelle cuisine centrale. Une première base d’un lourd projet à 18 millions d’euros qui doit permettre, toujours sur l’enceinte du MIN, de faire passer l’unité centrale de production alimentaire de 4 800 repas par jour à 7 300 repas. « L’outil actuel est vieillissant, sous-dimensionné et inadapté aux évolutions actuelles (+ de 1 000 couverts par jour en 8 ans) », indique la municipalité, qui a remis dans le giron public la restauration scolaire puis a baissé les tarifs.

  • Municipales : Joël Peyre se veut l’héritier de Cécile Helle

    Municipales : Joël Peyre se veut l’héritier de Cécile Helle

    Régulièrement, depuis qu’il s’est positionné dès le printemps dans la course aux municipales (15 et 22 mars), on entend dire que Joël Peyre n’ira pas au bout. L’actuel élu municipal en charge des finances a toujours démenti. Ce mercredi soir, il a apporté une preuve cinglante qu’il fallait bien compter sur lui en inaugurant son local de campagne, boulevard Saint-Roch. À la tête du Printemps des Avignonnais, Joël Peyre conduit un attelage un peu fourre-tout intitulé « rassemblement des citoyens de gauche, démocrates, féministes, progressistes, écologistes, humanistes et des femmes et des hommes de bonne volonté pour Avignon ». Comme une sorte de réponse à distance à son principal concurrent à gauche, David Fournier (PS), qui a reçu le soutien de plusieurs partis (Génération écologie, Les Écologistes, l’Après, le Parti animaliste).

    Une centaine de personnes était réunie mercredi soir, dont une dizaine d’élus de la majorité sortante. À trois jours du dernier conseil municipal du mandat, l’héritage de Cécile Helle a été évoqué. Nul doute que samedi en séance, au moment de présenter le budget 2026, Joël Peyre aura un mot chaleureux à l’endroit de la maire sortante qui en a fait son monsieur finances pendant douze ans. Cécile Helle, qui « a une préférence » pour prendre sa relève, devrait s’exprimer en janvier pour dévoiler vers qui va son soutien. Dans le camp de Joël Peyre, on est certain qu’il est l’élu. Sans s’avancer là-dessus, le candidat se pose dans le droit fil de la politique menée pendant deux mandats. « Je regrette que Cécile Helle s’arrête et tiens à la remercier pour sa sagesse et son courage dans la fonction de maire, son action sera une source d’inspiration », salue Joël Peyre, assumant de « s’inscrire pleinement dans la continuité ». Ce qui ne veut pas dire immobilisme », précise-t-il, sans s’appesantir sur son projet, dont il a déjà dévoilé quelques thématiques autour de la santé ou des mobilités.

    « Nous refusons

    les extrémismes »

    Joël Peyre pense tenir sa légitimité par son expérience et son sens des responsabilités, après avoir « assaini » les finances de la Ville. « Nous refusons les extrémismes affichés ou larvés et nous ne laisserons pas faire les professionnels de la parlote, ceux qui veulent accaparer Avignon au profit d’un camp par quelques petits arrangements inavouables d’arrière-boutique », prévient-il. Manière d’englober un peu tous les opposants. Autour de lui, plusieurs élus, ou l’ex-candidat DVG aux législatives Philippe Pascal, ont vanté les mérites d’un « vrai bosseur », « intelligent », « honnête et intègre », « raisonnable ».

    À moins de trois mois du premier tour, chacun a conscience à gauche de l’urgence à s’unir, mais personne ne semble prêt à s’effacer. Au local de Joël Peyre, certains misent sur une entente avec Avignon collectif, poussé par l’adjointe (PS) aux sports, Zinèbe Haddaoui, le PCF et Génération.s. La parution à venir, ce samedi dans La Provence, d’un sondage, devrait permettre à chacun de se compter.

  • Municipales : Joël Peyre se veut l’héritier de Cécile Helle

    Municipales : Joël Peyre se veut l’héritier de Cécile Helle

    Régulièrement, depuis qu’il s’est positionné dès le printemps dans la course aux municipales (15 et 22 mars), on entend dire que Joël Peyre n’ira pas au bout. L’actuel élu municipal en charge des finances a toujours démenti. Ce mercredi soir, il a apporté une preuve cinglante qu’il fallait bien compter sur lui en inaugurant son local de campagne, boulevard Saint-Roch. À la tête du Printemps des Avignonnais, Joël Peyre conduit un attelage un peu fourre-tout intitulé « rassemblement des citoyens de gauche, démocrates, féministes, progressistes, écologistes, humanistes et des femmes et des hommes de bonne volonté pour Avignon ». Comme une sorte de réponse à distance à son principal concurrent à gauche, David Fournier (PS), qui a reçu le soutien de plusieurs partis (Génération écologie, Les Écologistes, l’Après, le Parti animaliste).

    Une centaine de personnes était réunie mercredi soir, dont une dizaine d’élus de la majorité sortante. À trois jours du dernier conseil municipal du mandat, l’héritage de Cécile Helle a été évoqué. Nul doute que samedi en séance, au moment de présenter le budget 2026, Joël Peyre aura un mot chaleureux à l’endroit de la maire sortante qui en a fait son monsieur finances pendant douze ans. Cécile Helle, qui « a une préférence » pour prendre sa relève, devrait s’exprimer en janvier pour dévoiler vers qui va son soutien. Dans le camp de Joël Peyre, on est certain qu’il est l’élu. Sans s’avancer là-dessus, le candidat se pose dans le droit fil de la politique menée pendant deux mandats. « Je regrette que Cécile Helle s’arrête et tiens à la remercier pour sa sagesse et son courage dans la fonction de maire, son action sera une source d’inspiration », salue Joël Peyre, assumant de « s’inscrire pleinement dans la continuité ». Ce qui ne veut pas dire immobilisme », précise-t-il, sans s’appesantir sur son projet, dont il a déjà dévoilé quelques thématiques autour de la santé ou des mobilités.

    « Nous refusons

    les extrémismes »

    Joël Peyre pense tenir sa légitimité par son expérience et son sens des responsabilités, après avoir « assaini » les finances de la Ville. « Nous refusons les extrémismes affichés ou larvés et nous ne laisserons pas faire les professionnels de la parlote, ceux qui veulent accaparer Avignon au profit d’un camp par quelques petits arrangements inavouables d’arrière-boutique », prévient-il. Manière d’englober un peu tous les opposants. Autour de lui, plusieurs élus, ou l’ex-candidat DVG aux législatives Philippe Pascal, ont vanté les mérites d’un « vrai bosseur », « intelligent », « honnête et intègre », « raisonnable ».

    À moins de trois mois du premier tour, chacun a conscience à gauche de l’urgence à s’unir, mais personne ne semble prêt à s’effacer. Au local de Joël Peyre, certains misent sur une entente avec Avignon collectif, poussé par l’adjointe (PS) aux sports, Zinèbe Haddaoui, le PCF et Génération.s. La parution à venir, ce samedi dans La Provence, d’un sondage, devrait permettre à chacun de se compter.

  • Dialogue de sourds sur le pont de Rognonas

    Dialogue de sourds sur le pont de Rognonas

    Ce lundi, Fabrice Tocabens, adjoint (PS) aux mobilités, vidait son sac « de colère » au sujet de gros dossiers transports du territoire, accusant notamment l’État de « mentir », quant à la LEO ou l’arrêté anti poids lourds. La Ville dénonçait également l’arrêté pris « en catimini » par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, interdisant aux plus de 26 tonnes d’emprunter le pont de Rognonas qui franchit la Durance et entre dans Avignon.

    Le tout pour des raisons avancées de fragilité de l’ouvrage et dans l’attente d’études complémentaires. Furibard, Fabrice Tocabens fustigeait « un acte de mépris » sans concertation ni étude transmise. « Le Département des Bouches-du-Rhône peut la communiquer aux services qui en feraient la demande, nous répond la collectivité. Le Département de Vaucluse en a fait la demande et en a donc été destinataire. La Ville d’Avignon n’en a pas fait la demande mais nous nous tenons à sa disposition. » Du côté d’Avignon, on reconnaît qu’il n’y a pas eu peut être de « formalisme avec courrier de demande d’étude » mais des échanges sur le sujet ont eu lieu mi-novembre entre services.

    Idem, la Ville doutait de la réelle application de l’arrêté, dont un simple panneau de mise en garde a été installé sur le rond-point en amont, côté Bouches-du-Rhône uniquement. « L’arrêté est bien en vigueur et le Département des Bouches-du-Rhône n’est pas chargé du contrôle de sa bonne application, qui relève des forces de l’ordre. Au même titre que pour les autres arrêtés de ce type, les services du Département et les forces de l’ordre travaillent en étroite collaboration pour sa bonne mise en œuvre », nous répond le CD 13. Selon la Ville d’Avignon, quelque 700 poids lourds sont concernés par l’interdiction mais ne constate pas, depuis un mois et demi et l’entrée en vigueur, de baisse du trafic. « L’arrêté ne mentionne aucune déviation, si on veut qu’il fonctionne et soit réellement applicable il aurait fallu une volonté d’avancer collectivement », déplore-t-on au sein de l’Hôtel de ville qui, à ses frais, est en train d’installer des panneaux d’information côté Vaucluse.

  • Avant sa dernière séance, Cécile Helle livre ses conseils

    Avant sa dernière séance, Cécile Helle livre ses conseils

    Le der des der. Selon notre décompte, hors conseils municipaux d’installation, Cécile Helle vivra ce samedi son 94e et dernier conseil municipal en tant que maire d’Avignon. La première magistrate a reçu, ce mercredi, La Marseillaise pour un bilan de cet exercice spécifique du rôle de maire, mené pendant deux mandats.

    La préparation

    d’un conseil municipal

    « Une séance rythme l’engagement de la vue de maire. Lors du premier mandat, je m’étais calée sur les pratiques de Mme Roig [prédécesseure] avec un conseil par mois le soir à 18h. Mais le rythme était trop lourd, pour les services aussi. Là, on est à une séance tous les deux mois, c’est mieux. Le fait de les tenir le matin, on est globalement moins fatigués et les débats sont plus apaisés. A priori, le temps de préparation d’un conseil, c’est l’équivalent de la durée du conseil. C’est ma façon de travailler si vous souhaitez maîtriser tous les sujets. En général, j’analyse les rapports toujours dans la semaine qui précède, tout un après-midi ou toute une matinée pour me permettre de bien me les réapproprier, même si je connais la plupart d’entre eux. Cela me permet de bien relire, de vérifier qu’il n’y a pas d’erreurs, ou de poser des questions aux services pour me retrouver en situation, au moment de la séance, d’avoir la réponse à toutes les questions possibles. Présider un conseil, c’est aussi une épreuve physique. J’ai un tempérament de sportive. Donc la veille, j’allège le programme en soirée, je prends un bon dîner et petit déjeuner pour éviter les fringales. Je ne sors quasiment jamais de la séance. Il faut être attentive du début jusqu’à la fin, parce qu’il suffit d’un moment où vous pouvez laisser votre esprit un peu vagabonder pour que d’un seul coup, il se passe quelque chose. Au bout de 5 heures ou 6 heures, vous en sortez bien fatiguée, physiquement mais aussi intellectuellement. Ce n’est pas un exercice qui risque de me manquer. »

    L’état d’esprit pour cette dernière

    « C’est un conseil comme un autre, important avec notamment le vote du budget. Je ne me projette pas sur des choses particulières, comme ça, je serais peut-être surprise. En général, à la fin du conseil de décembre, je remercie les services pour l’ensemble du travail fait sur l’année, donc là, simplement, je dirais peut-être la même chose, mais pour les 12 ans d’exercice. »

    La délibération qui rend le plus fier

    « C’est toujours difficile de répondre à ce genre de questions, parce que ça veut dire qu’on va citer un projet plutôt qu’un autre. S’il y avait peut-être une délibération à sortir, c’est celle sur la remunicipalisation des cantines scolaires. Elle a été prise au tout début du précédent mandat, où on m’a dit clairement dans les services, que ça ne pourrait pas se faire. Donc il fallait une vraie force et conviction politique pour porter à bout de bras et à marche forcée ce projet dans un timing très court. L’objectif était qu’au 1er septembre 2015, il fallait qu’on soit en capacité de confectionner des repas pour les enfants des cantines. On a réussi à relever le défi, ce qui a permis après aussi d’enclencher la baisse des tarifs sur l’autre mandat. »

    Le moment le plus dur

    à gérer

    « Je retiendrai le contexte lié à la crise sanitaire, ce n’était pas évident. Les assemblées délibérantes ont été bousculées dans leur fonctionnement habituel. Si on m’avait dit en 2014 qu’un jour je présiderais un conseil municipal en visioconférence, je ne l’aurais pas cru. Il y avait des difficultés techniques, des questions de sécurité sur les votes… Cela a été un début de mandat particulier, c’était compliqué aussi, du coup, de créer de la cohésion de groupe. »

    Rires et émotions

    « On peut avoir des fous rires, parfois en fin de séance, lors des questions orales. Mais les conseils d’installations restent symboliquement forts. Il faut profiter de cet instant, où on est encore dans la dynamique de la campagne, du succès, souvent avec des proches dans le public. Mais l’instant est très éphémère parce qu’après, on met les mains dans le cambouis et on est vite rattrapés par la réalité de la fonction municipale. »

    Conseils au successeur

    « L’une des règles, c’est de vraiment faire vivre la démocratie locale : être respectueux de tous les élus, de faire en sorte que quand il y a du débat, y compris contradictoire, ça se fasse dans le respect dû à chacun. Je n’aime pas les attaques personnelles, ce n’est pas comme ça qu’on combat des adversaires politiques, mais sur leurs idées, sur leurs convictions. Je me suis beaucoup inspirée de l’expérience que j’avais eue en tant qu’élue municipale d’opposition, où j’ai siégé pendant 7 ans face à Mme Roig. J’ai été plusieurs fois malmenée, y compris par des attaques personnelles dures. J’ai toujours essayé de me rappeler de ces moments-là et faire en sorte de garantir un vrai débat démocratique. »

  • Avignon : Cécile Helle « inquiète » face à la désunion à gauche

    Avignon : Cécile Helle « inquiète » face à la désunion à gauche

    Dix mois après avoir renoncé à briguer un 3e mandat, Cécile Helle voit toujours sa majorité se disputer sa succession à trois mois des municipales (15 et 22 mars). Avec, à ce stade, quatre possibilités (David Fournier, Paul-Roger Gontard, Joël Peyre et Avignon collectif) voire cinq avec Benoît Belvalette (Place publique), soutenu par le premier adjoint.

    « Je suis inquiète », nous confie-t-elle. Un sujet encore abordé, lundi dernier, en réunion de majorité préparatoire au conseil municipal.

    « Je ne comprends pas la difficulté qu’on a à se rassembler. Oui, il y a des ambitions, mais fondamentalement, les projets seront les mêmes, à quelques exceptions près, et dans la continuité de ce qu’il s’est fait, en approfondissant ou en faisant différemment certaines choses. Cela empêche aussi de revendiquer le bilan, sur les écoles et les solidarités par exemple, et les valeurs auxquelles nous sommes profondément attachés », prévient la maire.

    « Une dynamique de rassemblement doit absolument se mettre en place au risque de perdre la ville », redoute-t-elle. Quant à son choix parmi les prétendants, « j’ai ma préférence », glisse-t-elle, sans vouloir se prononcer, même si plusieurs bruits se tournent vers Joël Peyre.
    « Je vais m’exprimer », assure Cécile Helle. Certainement en janvier.

    Plus d’informations sur le 94e et dernier conseil municipal en tant que maire d’Avignon de Cécile Helle, à lire ce jeudi dans La Marseillaise.

  • LEO, poids lourds, la Ville d’Avignon accuse l’État de « mentir »

    LEO, poids lourds, la Ville d’Avignon accuse l’État de « mentir »

    Habitué ces derniers mois à convier la presse pour communiquer autour de travaux de voirie et d’aménagements dans les quartiers, Fabrice Tocabens, adjoint (PS) aux mobilités, avait le ton plus grave ce lundi matin. « Je suis en colère, tout et n’importe quoi circule en ce moment sur la LEO, l’arrêté anti-poids lourds et le pont de Rognonas, il faut remettre les pendules à l’heure », annonce-t-il. S’il est le seul élu à parler, c’est bien la parole de la Ville qu’il engage et, à travers elle, la maire Cécile Helle (PS). « La véritable histoire, c’est ça », conclura-t-il plus tard au sujet de trois dossiers connexes liés aux mobilités et à la santé : la liaison Est-Ouest (LEO), l’arrêté anti-poids lourds sur la Rocade retoqué par l’État, et l’arrêté pris fin octobre par le Département des Bouches-du-Rhône, interdisant la circulation des plus de 26 tonnes sur le pont de Rognonas qui franchit la Durance pour entrer dans Avignon.

    « Je regarde avec intérêt l’arrêté pris par la présidente des Bouches-du-Rhône [Martine Vassal, DVD] qui n’a pas eu besoin de faire de concertation pour, mais je m’en réjouis car cela va diminuer le trafic sur la Rocade », glissait, fin novembre, Cécile Helle en conseil municipal. Un « arrêté politique en catimini », grince Fabrice Tocabens pris pour raisons de sécurité sur la base d’une étude « que ni les services de la Ville, ni ceux du Département de Vaucluse n’ont eu, un véritable acte de mépris ». Un simple panneau sur le rond-point d’avant a été installé. Depuis ce lundi, la Ville a déployé plusieurs panneaux d’information, « en amont pour se mettre en conformité ». Quelque 700 poids lourds seraient impactés par des détours de 24,5 km au sud et 16 km au nord. « Mme Vassal* et le préfet des Bouches-du-Rhône doivent prendre leurs responsabilités et faire appliquer cet arrêté sinon ils mettraient en danger la population », relève l’adjoint benoîtement.

    Un « mépris de classe » pour la Rocade

    Autre arrêté, cette fois concernant la Rocade et les plus de 38 tonnes que la Ville voulait interdire en journée du carrefour de l’avenue Pierre-Semard à celui de l’avenue de Tarascon. Un projet retoqué par la préfecture. « Même s’il y a un enjeu de santé publique, les enjeux de ferroutage et de desserte locale n’étaient pas résolus, les solutions de contournement et de déviations avancées par la Ville ne fonctionnaient pas », justifiait le préfet Thierry Suquet il y a 10 jours. « On a concerté pendant dix ans, l’État nous a baladés et a enfumé la galerie, à force de mentir je souhaite que la population soit au courant qu’on nous mène en bateau et que l’État ne joue plus son rôle », fulmine Fabrice Tocabens, rappelant que la réduction du nombre de poids lourds sur la Rocade est une mesure qui figure dans le plan de protection de l’atmosphère qui s’apprête à être validé en préfecture.

    Enfin, sur la LEO, l’adjoint accuse l’État de se « défausser sur la Ville ». « Les 300 millions d’euros [coût réévalué de la LEO], personne ne les as, donc si l’État pouvait arrêter de mentir, le débat serait un peu plus serein », accuse Fabrice Tocabens, qui n’exclut pas de saisir la justice pour « mise en danger des populations ». « Si la Rocade passait au pied des Alpilles ou du Luberon, le problème serait réglé depuis longtemps, il y a un mépris de classe, les pauvres on s’en fout », attaque-t-il. LEO reconfigurée le long de la Durance, réalisation du barreau de Rognonas, jonction A7/A9 à Orange ou encore gratuité de l’autoroute entre Avignon nord et sud, « il n’y a pas une solution unique mais une boîte à outils », réitère l’adjoint.

    * Contacté, le Conseil départemental n’a pu donner suite dans l’immédiat.

  • Au Département, le budget c’est argent content

    Au Département, le budget c’est argent content

    On ne sait pas si Dominique Santoni avait commandé comme cadeau anticipé que le budget du Conseil départemental passe comme une lettre à la Poste du père Noël, mais la présidente LR avait le sourire ce vendredi midi. Excepté le RN qui a voté contre, le reste de l’opposition de gauche et d’extrême droite (Ligue du sud) s’est abstenue. « Il règne dans cette assemblée beaucoup de respect et de partenariats », remercie-t-elle. Il faut dire que Dominique Santoni est obligée de créer un consensus, étant à la tête d’une courte majorité baroque où les votes ne répondent guère à une logique partisane habituelle.

    Le fait que le budget soit adopté dans une sorte de concorde est bien aidé par une situation financière à faire pâlir n’importe quelle autre collectivité (lire notre édition de vendredi) : des hausses de recettes qui progressent plus vite que les dépenses, une dette en baisse avec une capacité de désendettement de 1,9 an et des investissements en hausse. « Dans un pays qui doute, le Vaucluse doit rester un pilier de stabilité », présente Dominique Santoni. Ouverture du pôle des patrimoines Memento, travaux sur le site de Fontaine-de-Vaucluse, poursuite des travaux à Bonpas ou études sur la requalification du collège Roumanille sont cités parmi les projets de l’année.

    Alors que beaucoup ont eu des mots de remerciements pour les agents de la collectivité et que la CGT se mobilisait de nouveau à l’extérieur (lire ci-contre), « ce qui nous anime, c’est la garantie d’un service public fort qui mène une politique de protection des plus fragiles », expose Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe de gauche. Pas de critique dans son intervention mais plusieurs points de vigilance sur « la situation explosive des Ehpad où l’État nous laisse bien seul, et la protection de l’enfance où il faut tout faire pour améliorer les conditions d’accueil des enfants ». Ayant repris la délégation enfance et même la présidence du Centre départemental enfance famille, Dominique Santoni a promis des discussions transpartisanes sur le sujet. Le Département a aussi voté une hausse de 1% dans le financement des établissements sociaux et médico-sociaux.

    Samir Allel (EELV), en s’abstenant, « regrette les efforts insuffisants » sur des politiques sociales ou même non obligatoires comme le soutien aux centres sociaux « en situation de survie ». Comme lors du débat d’orientations budgétaires, au vu du système de financements, Anthony Zilio redoute « une suppression des Départements ». « Je vais essayer de m’investir davantage dans l’assemblée des Départements de France pour être au courant de tout et faire remonter les difficultés », conclut Dominique Santoni.