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  • À Avignon, la gauche entend rester papesse en son palais

    À Avignon, la gauche entend rester papesse en son palais

    Depuis les années 80 et la fin de l’époque Henri Duffaut -maire PS de 1958 à 1983-, Avignon aime bien pratiquer l’alternance. Un coup à gauche, un coup à droite avec parfois plusieurs mandats, comme les trois de Marie-Josée Roig (UMP) ou les deux de Cécile Helle, maire PS sortante qui ne se représente pas. Si l’on s’en réfère à l’histoire politique, David Fournier devra déjouer les statistiques. Actuel adjoint (PS) à l’administration municipale, il s’inscrit dans le sillage de Cécile Helle. Mais chaque maire élu pour la première fois a remplacé un maire d’un autre camp politique.

    David Fournier est le dernier rescapé des prétendants internes à la succession de Cécile Helle. Il y a plus d’un an, à la surprise générale, la maire avait annoncé ne pas briguer de 3e mandat, laissant le champ libre aux ambitions de sa majorité. Une très longue séquence, qui s’est décantée il y a un mois lorsque Paul-Roger Gontard s’est retiré de la course. David Fournier a compilé les soutiens de partis (les Écologistes, Génération écologie, l’Après, PRG, Place publique, Parti animaliste). Pourtant pas son favori initial, Cécile Helle a fini par apporter son soutien à David Fournier, acté notamment par sa présence à deux meetings, dont le dernier ce jeudi. « Il incarne la continuité politique mais c’est à David d’écrire la 2e étape de l’histoire », a-t-elle fait valoir. Tout en assumant le bilan, David Fournier promet des pas de côté, misant sur la proximité et une gestion plus concertée et transversale.

    Une autre partie du terrain à gauche est occupée par Mathilde Louvain (LFI), qui a aussi reçu le soutien de partis de la majorité (PCF, Génération.s) ou d’un mouvement citoyen, Avignon collectif. Encore inconnue il y a six mois, cette jeune salariée d’une structure culturelle a su se faire une place dans la campagne, malgré les tensions internes initiales sur sa désignation (son concurrent et insoumis historique Farid Faryssy ayant ensuite rallié David Fournier) et l’impact du drame de Lyon, impliquant des collaborateurs du député Raphaël Arnault (LFI), fort soutien de Mathilde Louvain. Avec un programme « de rupture », elle compte capitaliser sur la mobilisation née des législatives de juin 2024.

    Toutefois, pour que la ville reste à gauche, l’option la plus crédible reste une entente entre les deux listes au second tour. Comme Cécile Helle l’avait fait en 2014 avec le Front de gauche. Ce jeudi en meeting, Mathilde Louvain a posé l’alliance sur la table, récusant tout désistement en cas de seconde place. David Fournier, lui, louvoie à dessein sachant que certains sur sa liste (PRG, Place publique) sont fermement opposés à un tel rapprochement. Notons enfin, la candidature de dernière minute de Stéphane Geslin pour le Parti des travailleurs.

    En face, difficile de dire que la droite est en reconquête tant le cadre classique a évolué. Ni LR, ni Renaissance ne sont officiellement engagés dans la campagne qu’Olivier Galzi a largement préemptée. L’ex-journaliste TV, qui a passé sa jeunesse à Avignon et se retrouve continuellement taxé de parisianisme, s’est lancé, souhaitant mettre « aux vestiaires » les étiquettes politiques mais incarnant la droite locale. En tête d’un dernier sondage serré, il se pose en apôtre du « bon sens ». Il appelle au « vote utile », concurrencé par Stéphan Fiori, lui aussi DVD, un entrepreneur avec des colistiers sans passé politique. S’il dépasse les 10%, il martèle son intention de se maintenir et refuse toute alliance. Enfin, Anne-Sophie Rigault (RN) est la dernière rescapée du scrutin de 2020 où elle était déjà tête de liste. La conseillère régionale, qui a mené un mandat d’opposition de dénigrement permanent, aime à se montrer en reine du quotidien. Preuve d’une absence de totale confiance, le parachutage d’un cadre national du RN avait été envisagé.

  • Quand l’aéroport d’Avignon atterrit dans le débat

    Quand l’aéroport d’Avignon atterrit dans le débat

    Actuellement, les services de la Région sont en pleine réflexion quant à l’avenir de l’aéroport. Le site est actuellement confié à une société satellite de la chambre de commerce et d’industrie, dont la délégation de service public s’achève à la fin de l’année. Sans se projeter vers le futur lauréat, la CCI semble définitivement hors jeu depuis sa mise sous tutelle et, avant cela, les remontrances de Renaud Muselier, président (Ren.) de Région.

    Structurellement déficitaire, sans vols commerciaux depuis 4 ans, l’aéroport questionne sur son utilité. Si la Ville n’a pas la main à 100%, elle a toutefois son mot à dire lors de comités de site ou via les règles d’urbanisme. Dans le sillage du député Raphaël Arnault (LFI) qui y voit un « non-sens écologique et social » et avait interpellé l’an dernier le ministre des transports, Mathilde Louvain est la seule candidate à souhaiter la fermeture de la structure. Pollution atmosphérique, gouffre financier d’argent public sont pointés du doigt par l’insoumise qui veut transformer le foncier existant en agriculture.

    Côté David Fournier (PS), son programme indique vouloir « réduire les nuisances sonores et améliorer la qualité de l’air avec des études environnementales ». Dans son entourage, on récuse tout développement de vols commerciaux et d’aviation privée, qui serviront les intérêts du Luberon ou des Alpilles. Il y a une semaine, David Fournier s’est rendu sur site en compagnie de Raquel Garrido et Alexis Corbière, du parti l’Après. Bien aiguillés par leurs responsables locaux, Yves Marie-Cardine et Frédérique Boyer, également responsables de l’Un-Adrac, association de riverains de l’aéroport. Dans un communiqué, l’Un-Adrac attend de la période « un débat démocratique sérieux sur l’utilité réelle de cette infrastructure, son coût pour les finances publiques et ses impacts environnementaux ».

    À droite, le candidat Olivier Galzi est soupçonné d’entrisme par son récent passé professionnel chez Edeis, qui l’a amené « à avoir géré 17 aéroports de territoire », confie-t-il à La Marseillaise. Sans surprise, « ces infrastructures constituent un véritable atout pour l’avenir ». Non pas en « développant des vols commerciaux vers des villes balnéaires ou vers Paris, mais d’imaginer des infrastructures tournées vers l’avenir, par exemple autour de l’économie des drones », détaille Olivier Galzi, qui croit beaucoup en « l’aviation verte décarbonée, hybride, voire totalement électrique qui pourrait devenir le mode de transport le plus écologique qui existe ».

  • À Avignon, les insoumis tendent la main à l’autre liste de gauche

    À Avignon, les insoumis tendent la main à l’autre liste de gauche

    Au lendemain de David Fournier (PS), l’autre candidate de gauche à Avignon, Mathilde Louvain (LFI) tenait, ce jeudi soir, son ultime grande réunion publique à la salle de Montfavet. Deux salles, deux ambiances, mais un objectif commun affiché : être en tête de la gauche dimanche soir. « La ville est à un tournant, il va falloir tourner à gauche, très à gauche », campe Mathilde Louvain, en maîtresse de cérémonie, donnant la parole à plusieurs colistiers – venus du PCF, Génération.s ou Avignon collectif -, lançant clips de campagne et même un intermède musical avant de laisser conclure Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise.

    « Nous sommes la gauche la plus proche de l’esprit du Nouveau front populaire, qui tient bon ses promesses, car on ne peut localement se mobiliser contre le logement insalubre et pour l’école et accepter les budgets à l’Assemblée nationale », pique Manuel Bompard à l’endroit, sans le citer, du PS. Le député marseillais s’est attelé aussi à déconstruire « l’extrémisme » dont on affuble son parti. « Est-ce violent que de réclamer des repas de qualité gratuits à la cantine ou du logement social de qualité ? », questionne-t-il. Juste avant, Mathilde Louvain a décliné la même idée. « Notre radicalité fait peur ? Peur des cantines bio et gratuites, de la régie publique de l’eau, de la gratuité des transports », abonde la tête de liste qui a oscillé entre mantras programmatiques (fabrique des communs, démocratie) et punchlines : « L’écologie sans les besoins sociaux, c’est du jardinage » ou Olivier Galzi (DVD), qualifié de « technocrate fascisant ».

    Fusion oui, désistement non

    Mathilde Louvain s’est aussi revendiquée de Louis Gros, ancien maire bâtisseur et député qui avait refusé les pleins pouvoirs à Pétain. La veille, David Fournier, l’a aussi cité en exemple. « Nous travaillerons à une liste unique à gauche, dans le respect de nos marqueurs », annonce Mathilde Louvain quand son concurrent réserve sa réponse après le premier tour. Si côté David Fournier on serine l’idée d’un vote utile, Manuel Bompard répond « vote efficace » pour Mathilde Louvain, car « elle tendra la main pour rassembler la gauche au second tour et battre la droite et son extrême ». « Si on n’est pas en tête à gauche, on sera disponible pour une fusion technique pour constituer un front antiraciste et antifasciste », assure Manuel Bompard déclinant tout désistement, comme certains le réclament. « Pas au programme », certifie aussi Mathilde Louvain.

  • À Avignon, David Fournier joue la rengaine du vote utile

    À Avignon, David Fournier joue la rengaine du vote utile

    À quatre jours d’un premier tour plus incertain que jamais, David Fournier (PS) et ses soutiens jettent leurs dernières forces dans la bataille. Illustration, ce mercredi soir, par une ultime réunion publique dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville. Avec comme principal enjeu : arriver largement en tête de la gauche pour s’éviter des nœuds à la tête au soir du 1er tour en vue ou pas d’un éventuel rapprochement avec Mathilde Louvain (LFI). Adjoint au maire sortant, David Fournier conduit une liste, ayant le soutien des principaux partis de gauche, hors PCF et Génération.s, appuyant Mathilde Louvain.

    Parmi les présents, la venue remarquée de Joël Guin, maire (DVD) de Vedène et surtout président du Grand Avignon. « Je souhaite que David gagne », glisse-t-il, se disant déjà prêt à s’opposer à la présidence d’Olivier Galzi (DVD) qui s’il est élu maire d’Avignon souhaite aussi prendre les rênes de l’agglo. Un appui local qui tranche avec les soutiens nationaux qui ont défilé ces dernières semaines. Et ce mercredi soir encore, avec Raphaël Glucksmann (Place publique), qui dans un message vidéo, a appelé à voter David Fournier.

    Social et solidarité en étendards

    Question vote justement, « les élections ne seront pas une formalité », sait bien David Fournier. D’où les appels successifs au « vote utile ». Dans la foulée, vendredi dernier, du militant écologiste et antinarcotrafic, Amine Kessaci, Amin Mbarki, numéro 3 du PS et Cécile Helle ont claironné « le vote utile, dès le premier, c’est nous », insiste la maire, chaudement ovationnée. « Nous n’avons pas de leçon à recevoir dans le combat contre le fascisme, en 2014 et en 2020, c’est nous qui avons battu l’extrême droite », rappelle-t-elle. « Toute dispersion au 1er tour sera en faveur de la droite et de l’extrême droite », prévient Amin Mbarki tout en louant les qualités de fin connaisseur de terrain de David Fournier, « quelqu’un dans l’hyper proximité, pas vu à la TV ».

    Le procès en « imposture » avignonnaise s’est poursuivi à l’encontre d’Olivier Galzi (DVD). « Quand on aime sa ville, on y vit pleinement », glisse Cécile Helle. « Olivier Galzi est un candidat hautain, parachuté, c’est le Pascal Praud de la campagne », tance David Fournier. Le candidat de la majorité sortante veut s’inscrire dans la lignée des maires avignonnais de gauche. Il se pose en véritable acteur social de la campagne, regrettant que la solidarité soit un impensé des autres programmes. « Pour les plus fragiles, nous avons un devoir impérieux de victoire », enjoint-il. « Un printemps humain de proximité arrive », conclut-il, extatique.

  • À Morières, le RN utilise les ficelles les plus grossières

    À Morières, le RN utilise les ficelles les plus grossières

    Avec seulement deux listes, on saura dès dimanche soir si Morières renouvelle son bail à l’extrême droite et son maire RN sortant Grégoire Souque ou referme la parenthèse pour élire Annick Dubois, conseillère municipale d’opposition (PS), à la tête d’une liste d’union de la gauche. En attendant, les deux candidats livrent une âpre fin de campagne. En fin de semaine dernière, Annick Dubois a diffusé un tract et communiqué de presse listant les promesses oubliées de Grégoire Souque : « Six ans de mandat, six ans d’inaction », pointant six principales thématiques (démocratie, sécurité, éducation ou encore culture/sport). « Face à ce bilan fragile, le maire sortant tente aujourd’hui de relancer sa campagne par de nouvelles promesses, parfois en revenant sur ses propres décisions », cingle la tête de liste. « Bien conscient de son bilan pauvre, le candidat d’extrême droite a choisi une campagne basée sur l’intimidation : instrumentalisation d’événements tragiques sans aucun recul, attaques personnelles, accusations mensongères et grotesques », déplore celle qui est aussi conseillère départementale.

    En réponse, le maire s’est fendu d’un tract grossier, distribué dans les boîtes aux lettres, avec les visages sur fond noir de Jean-Luc Mélenchon et du député de la circonscription Raphaël Arnault (LFI). « Les Moriérois doivent savoir pour qui ils votent ! » tente de faire frissonner le document. Manquerait presque l’invasion de chars russes sur la place de la Liberté. Le RN reproche à Annick Dubois son soutien au Nouveau front populaire (NFP) lors des dernières législatives et sa satisfaction après la victoire de Raphaël Arnault face notamment à Grégoire Souque, candidat suppléant de Catherine Jaouen (RN). Autre attaque : le maire-candidat vilipende Annick Dubois sur sa participation à la marche, dimanche, en soutien aux droits des femmes car « parasitée par l’extrême gauche ». Sur une des photos, on y voit en arrière-plan un drapeau LFI…

    Problème, la publication de Grégoire Souque au sujet de son tract, a été « likée » par le compte officiel de la Ville de Morières. Une erreur rapidement réparée après que la liste d’Annick Dubois s’en est émue : « C’est à la fois interdit et grotesque : ce soutien officiel déguisé est une violation flagrante du Code électoral. On sent un maire en pleine panique qui multiplie les erreurs. En une seule journée, il réussit l’exploit de ne pas respecter la loi électorale et d’insulter la manifestation du 8 mars ! ».

  • À Avignon, les familles verront-elles la facture augmenter ?

    À Avignon, les familles verront-elles la facture augmenter ?

    Si son choix est délicat, Cécile Helle nous confiait, mi-décembre à l’heure de tirer un trait sur le conseil municipal, que la remunicipalisation des cantines scolaires est la délibération dont elle est la plus fière. Un projet lancé au tout début du premier mandat de la maire (PS), contre vents et marées. Une décision qui a ensuite permis, lors de ce second mandat, de baisser par trois fois les prix de la cantine. Ainsi, plus de la moitié des élèves déjeunent pour moins d’un euro (80% d’entre eux fréquentent la cantine) avec un tarif maximal de 2,85 euros. Un véritable choix politique – pour lequel le RN et sa candidate Anne-Sophie Rigault avait voté contre en séance – quand on sait que le prix de revient d’un repas est de 12 euros. Joël Peyre, élu aux finances, rappelle souvent que malgré l’augmentation du prix des denrées, cumulée à la baisse des tarifs, le budget cantines restait moins élevé que lors de la privatisation.

    Dans la même veine, Avignon est l’une des rares communes à avoir maintenu les rythmes scolaires sur 4,5 jours (notre édition de ce mercredi), en proposant des activités périscolaires gratuites. Dont l’engagement financier (1,8 million d’euros annuels) est à la charge exclusive désormais de la commune. Les familles ne sont pas non plus mises à contribution lors de l’accueil du matin et la garderie du soir. Toujours côté pouvoir d’achat scolaire, la Ville a mis en place un kit de rentrée, offrant à chaque enfant un nécessaire de fournitures.

    Un héritage, visible aussi à travers la gratuité des musées et des bibliothèques, que Cécile Helle interroge régulièrement ces dernières semaines. Sera-t-il dilapidé, remis en cause, ajusté ? Pour l’heure, aucun candidat ne s’est aventuré à dire qu’il rendrait au privé la gestion des cantines. La plupart comptent revenir à la semaine des 4 jours, remodelant ainsi l’organisation du mercredi. Olivier Galzi (DVD) souhaite « créer un plan mercredi de qualité, structuré avec les associations » et « expérimenter l’élargissement des horaires d’accueil et d’aide aux devoirs notamment pour les travailleurs en horaires décalés ». Une mesure qui resterait gratuite pour les familles, précise le candidat qui compte, en revanche, refaire payer les musées aux touristes.

  • À Avignon, Olivier Galzi reçoit les critiques adverses

    À Avignon, Olivier Galzi reçoit les critiques adverses

    En descendant de tribune, jeudi dernier, à l’issue de la présentation de sa liste, Olivier Galzi souffle. Et note l’âpreté d’une fin de campagne. Si le candidat (DVD) n’est pas avare de critiques sur ses adversaires, l’ex-journaliste TV concentre, ces derniers jours, de vives critiques. Le fait que le dernier sondage le place légèrement en tête n’y est certainement pas étranger.

    À l’issue du débat de mercredi dernier, Anne-Sophie Rigault (RN) s’est fendue d’un post sur les réseaux sociaux, le qualifiant de « méprisant », dénonçant « les petites phrases et les attaques personnelles » d’Olivier Galzi. Dans le week-end, par deux vidéos distinctes, Stéphan Fiori (DVD) a, lui, ciblé, la composition de la liste de son rival à droite. « Pas moins de 20 de ses colistiers sur 53 ont un passé politique, il affirme le contraire avec une assurance déconcertante », analyse le candidat, égrenant le pedigree de la plupart d’entre eux. Olivier Galzi se targue d’incarner pourtant un « renouveau des pratiques et des visages ».

    À gauche, si les sujets de divergences et débats enflammés entre soutiens sur les réseaux sociaux sont légion avec les équipes de David Fournier (notre édition du 28/02), Mathilde Louvain (LFI) a, dans un communiqué lundi, épinglé Olivier Galzi au sujet de son passé professionnel, « dont il a vanté le bilan », chez Edeis, entreprise de conseil et gestion auprès des collectivités. Notamment les monuments et aéroport de Nîmes, déficitaires. « Il est à craindre qu’Olivier Galzi avance au service de ses anciens camarades d’Edeis », redoute Mathilde Louvain, alors que l’aéroport d’Avignon, géré par la Région, cherche son futur délégataire. Sentant peut-être la pression monter, Olivier Galzi a republié, lundi, un message de Dominique Santoni, présidente LR du Département. Il est écrit : « Le courage politique n’est pas d’attaquer l’adversaire, mais d’élever le débat et de proposer pour l’avenir. »

  • À Avignon, les enfants iront-ils encore à l’école le mercredi ?

    À Avignon, les enfants iront-ils encore à l’école le mercredi ?

    Cela reste un marqueur de la politique municipale conduite par Cécile Helle (PS) : être l’une des dernières villes à ne pas avoir abrogé la réforme des rythmes scolaires installée en 2014. Les enfants avignonnais fréquentent les écoles pendant 4,5 jours, mercredi matin inclus, permettant de dégager du temps pour des activités périscolaires. Un point dont s’enorgueillit régulièrement la première magistrate. « Je vois peu de questions sur l’école et la jeunesse dans cette campagne, interrogeait Cécile Helle lors d’un meeting de soutien à David Fournier avec Olivier Faure. L’accueil du matin et du soir restera-t-il gratuit, va-t-on supprimer les activités périscolaires, comment garantir aux enfants l’accès au sport, à la culture, à la citoyenneté? »

    Un sujet qui revient en filigrane dans cette campagne bien que depuis plusieurs années, un comité s’est créé militant pour le retour à 4 jours, soutenu notamment par FO Éducation. Un rassemblement en ce sens s’est d’ailleurs tenu samedi dernier. La majorité sortante est jusque-là restée inflexible, citant, dans un communiqué de novembre, le fait que les scientifiques et chronobiologistes s’accordent à dire que « l’organisation actuelle du temps scolaire ne correspond pas aux besoins biologiques et cognitifs des enfants ».

    Dès septembre ou à la rentrée 2027 ?

    Parmi les candidats, sans trop de surprise, David Fournier est le seul à défendre la mesure, martelant son utilité pour l’accès au panel de larges activités. L’adjoint au maire sortant souhaite toutefois « mener une large consultation avec les enseignants, parents d’élèves et enfants », alertant aussi sur les « incidences d’une suppression envers les animateurs ». Toujours à gauche, Mathilde Louvain (LFI) en fait un « premier acte de mandat » : « Mettre en place une vaste concertation concernant les rythmes scolaires ». Mais les éventuelles « évolutions ou alternatives » n’entreraient en vigueur qu’à la rentrée 2027 au vu du timing.

    À droite, Olivier Galzi attendra aussi la rentrée 2027 pour modifier les rythmes. Mais il compte bien revenir à 4 jours, « pour harmoniser Avignon, alléger l’emploi du temps des enfants et faciliter l’organisation des familles ». En parallèle, il entend « construire un plan mercredi de qualité, structuré avec les associations, les acteurs culturels, sportifs et scientifiques ». Toujours à droite, en plus d’imposer « une tenue scolaire unique », Stéphan Fiori veut aussi revenir à la semaine à 4 jours. En 2027 était-il annoncé dans son programme mais, tout dernièrement 2026, a surgi. Anne-Sophie Rigault (RN) est aussi sur ce credo-là.

  • À Avignon, le port fluvial navigue à vue

    À Avignon, le port fluvial navigue à vue

    Actuellement, aucun bateau ne marque un arrêt au port fluvial d’Avignon – Le Pontet. Pas de lien avec les déboires en cours à la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), qui gère le site mais a été mise sous tutelle fin janvier (lire aussi page 22). Jusqu’au 19 mars, la navigation sur le Rhône est interrompue entre Lyon et la Méditerranée, sur décision de la Compagnie nationale du Rhône, pour un entretien des écluses à grand gabarit.

    Outre cette parenthèse, le port fluvial est installé sur un domaine de 8,5 hectares accueillant quelque 150 bateaux par an pour 200 000 tonnes de marchandises, issues du transport de produits vracs (céréales, engrais, sable, gravier, etc.). Un sujet très loin de polariser les débats dans la campagne, le port, déjà caché par essence, reste absent des programmes. Il y a un peu plus d’un an, la CCI qui a la main sur le site depuis 1961, avait initié une grande étude (notre édition du 3/02/25) « pour imaginer le port de demain » alors qu’aucun gros investissement n’a été réalisé depuis plus de 15 ans. Mais la crise de gouvernance n’a pas encore permis de prendre une orientation sur le dossier, alors que l’étude d’opportunité était encore en cours en novembre dernier. Une seconde étude de faisabilité est ensuite programmée, visant à un plan d’actions et un calendrier opérationnel.

    La philosophie du projet ne change pas. Face à la baisse du principal marché actuel (béton, granulats), le port doit trouver de nouveaux débouchés, en misant sur la logistique du dernier kilomètre et l’exploration de nouvelles énergies décarbonées (hydrogène notamment). « Le fluvial apparaît comme une solution de transport décarboné et complémentaire au transport routier, nécessaire au pré et post-acheminement », listait la CCI dans la commande de son étude, louant le « rôle de plateforme logistique » du port.

  • À Cavaillon, la gauche compte se faufiler entre les gouttes

    À Cavaillon, la gauche compte se faufiler entre les gouttes

    « Campagne pluvieuse, campagne radieuse », philosophe-t-on, ce lundi, au local de campagne de Patrick Blanès (PS), tête de liste de l’Élan citoyen pour Cavaillon. En ce jour de marché dans le centre-ville, la météo n’est guère propice à engager les discussions. « On arrive en fin de campagne, les gens nous connaissent déjà », assure Jean-Pierre Reneleau, secrétaire de la section PCF et 3e sur la liste qui, en dehors du climat électoral, « tracte une fois par mois sur le marché ». « On vous voit souvent, vous », a bien remarqué un forain, remballant ses montres et bijoux entre deux gouttes.

    Cavaillonnais pur jus, cadre chez Airbus helicopters, Patrick Blanès mène sa 5e campagne des municipales, la première comme tête de liste, après avoir été directeur de campagne de Christian Morand en 1995, bref conseiller municipal entre juin 1999 et 2001, et sur la liste d’Olivier Florens (DVG) en 2014 puis sur celle de Benoît Mathieu, estampillée macroniste, en 2020. « La tête de liste était LREM, mais il y avait plusieurs sensibilités », justifie celui qui fut candidat NFP aux dernières législatives, battue par la sortante RN Bénédicte Auzanot (57% – 43%). La liste de gauche compte neuf encartés sur 37, venus du PS, PCF ou Génération.s. « On n’a pas le soutien de LFI, je ne participe pas à la curée actuelle contre les insoumis, mais lors de la campagne 2024, j’avais déjà dit que je préférais François Ruffin à Jean-Luc Mélenchon », rappelle la tête de liste.

    « Il y a un réel besoin d’être écouté »

    Parmi ses colistiers, on retrouve notamment Vérane Nieto, que La Marseillaise avait suivie il y a trois ans, lors d’une grève de la faim pour que sa fille, en situation de handicap, obtienne une place en foyer. « Elle est précieuse et dévouée dans cette campagne », salue Patrick Blanès. Maire depuis 2017, Gérard Daudet (LR) compte bien rempiler. Et aura aussi fort à faire avec Bénédicte Auzanot qui, rappelons le, élue députée a préféré quitter le conseil municipal pour rester à la Région et les indemnités qui vont avec. Dans ce contexte, la gauche unie, absente sous ce format-là il y a six ans, espère déjouer les pronostics. Le RN accuse déjà la liste de préparer un retrait, largement rejeté au sein des équipes. « Laissons se passer le premier tour », tempère Patrick Blanès, dont la campagne des législatives, il y a moins de deux ans, a permis de renouer et entretenir le fil entre militants de gauche. « Les gens sont en attente, sont contents de revoir la gauche », apprécie Jean-Pierre Reneleau.

    « Ce qu’il ressort des attentes, c’est un réel besoin d’être écouté, d’être associé aux décisions », campe la tête de liste, qui a co-construit un projet de 100 mesures. Sur le marché, les militants passent devant le local de campagne de Gérard Daudet. Patrick Blanès salue de loin quelques connaissances. « Je parle avec tout le monde », dit-il. Même au curé, croisé sur le marché. « Il n’a qu’un bulletin, c’est le paroissial », sourit la tête de liste. « Patrick est quelqu’un de sérieux, j’ai confiance, il y arrivera », lâche une dame, qui fut la compagne du dernier maire de gauche de la commune, François Lombard (PS).

    Sous les bâches de devantures, de brefs échanges s’installent parfois. « De toute façon, avec la guerre, les problèmes de climat, que le RN arrive ou pas, il ne pourra rien faire », confie un homme désabusé. Patrick Blanès s’efforce de recentrer le débat sur des décisions d’impact local comme justement le déplacement du marché ou les problèmes d’urbanisme. « On veut dynamiser l’agriculture locale avec des magasins de producteurs et en préservant une ceinture maraîchère », prône-t-il. En quittant le marché, un tract de Bénédicte Auzanot dépasse d’une poubelle. Personne ne se risque à y voir un signe.