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  • Faire face à la faim en 2025 : à Avignon, la quête d’un nouveau local mise à mal

    Faire face à la faim en 2025 : à Avignon, la quête d’un nouveau local mise à mal

    « On vient de connaître un grand coup de reculoir », se désole Pascale Hémard, présidente de la Banque alimentaire de Vaucluse. Le sujet en question est le projet de relocalisation de l’association. Locataire d’un hangar agricole en ceinture verte depuis 2008, la structure est à la fois à l’étroit et difficilement accessible aux gros camions sur les voies agricoles.

    Pour faire face à la demande croissante, qui a presque doublé en 3 ans (de 30 000 à 55 000 bénéficiaires, soit un Vauclusien sur dix), la Banque alimentaire aurait besoin d’un stockage de 1 500 palettes contre 500 actuellement. Elle offre un support logistique et des denrées alimentaires ou produits à quelque 70 autres associations de proximité.

    Cet été, l’ex-directeur Patrick Munsch -en poste grâce à un contrat de mécénat SNCF- confiait que le dossier de relocalisation connaissait, cette année, « un gros coup d’accélérateur ». Quatre mois plus tard, la présidente constate que « nous repartons de zéro ». Des discussions avancées avec la Ville avaient lieu pour une implantation non loin de là, sur le MIN (marché d’intérêt national) à Saint-Chamand, mais le projet a capoté dans le cadre de la nouvelle délégation de service public du MIN, qui sera votée ce samedi, en conseil municipal. « C’était parfait car il y avait des locaux prêts et équipés, c’était un gain de temps et d’argent », regrette Pascale Hémard. De locataire, la Banque alimentaire aimerait devenir propriétaire, mais n’a pas les reins financiers solides pour se lancer dans la construction ou lourde réhabilitation d’un bâtiment.

    Un appel à l’aide

    au Département

    L’association cherche à se relocaliser dans le périmètre actuel jusqu’à Agroparc, voire en Courtine désormais. « Pour le moment, la municipalité n’a rien à nous proposer qui convienne et le Département n’a pas de solution. Nous allons mettre la pression, il serait le partenaire le plus logique car nous servons tout le Vaucluse », note la présidente de la Banque alimentaire. En octobre dernier, le conseil départemental avait voté 20 000 euros de subvention pour participer à une étude fixant le cahier des charges de la relocalisation.

    De son côté, l’État -qui ne subventionne que l’activité mais pas l’investissement- « accompagne depuis le début avec des réunions pour le diagnostic des éventuels locaux », indique Sébastien Maggi, sous-préfet chargé de la politique de la ville. Un comité de pilotage est en place avec les différents acteurs publics et économiques.

  • Pour la majorité à Avignon, place aux ultimes tours de pistes budgétaires

    Pour la majorité à Avignon, place aux ultimes tours de pistes budgétaires

    Après un conseil municipal de rentrée express en septembre et avant, dans trois semaines, le vote du budget et une séance qui devrait être la dernière de la mandature, les élus ont rendez-vous ce samedi (9h, salle polyvalente de Montfavet) pour plancher sur 39 rapports. Alors qu’en prélude, le comité pour le retour de la semaine à quatre jours dans les écoles appelle à un rassemblement avec une pétition signée par plus de 3 000 personnes – sujet qui sera sur la table du prochain maire, le gros de la séance sera consacré aux orientations budgétaires.

    Habituellement, la majorité tenait un point presse dans les jours précédant le conseil. Mais le brûlant contexte électoral, avec des élus-candidats, aura eu raison de ce rendez-vous. À l’instar de Joël Peyre, élu (PRG) en charge des finances, qui, en présentant le rapport d’orientations budgétaires (ROB), se projettera peut-être dans un peu plus de quatre mois en amendant le futur budget. Rappelons que cette cuvée 2026 ne portera pas encore la marque de la majorité issue des urnes le 22 mars. Elle pourra ajuster certaines dépenses par des décisions modificatives, mais l’ossature générale restera celle préparée par Cécile Helle (PS) et son équipe.

    « Préparer la future transition municipale »

    Sans surprise, le ROB 2026 ressemble au précédent, un soupçon de crise en moins, avec comme leitmotiv « prudence et responsabilité », « dans une dynamique de continuité ». Le tout sans hausse de la fiscalité, comme depuis 2014. « Les choix financiers et budgétaires de ces dernières années ont permis à la collectivité de confirmer la sortie de crise, tout en préservant ses marges de manœuvre, autorisant une confiance raisonnée pour 2026, peut-on lire dans le ROB. Le budget devra aussi préparer la transition municipale et garantir à la future majorité la latitude financière nécessaire pour mettre en œuvre son programme. » Même si, pour l’heure, les objectifs affichés restent ceux de la mandature actuelle : enfance, culture, solidarité, sport, « service public communal de proximité »…

    Le tout en continuant de contenir fortement les dépenses de personnel, dont la part dans le budget de fonctionnement recule (59,6% à 57,7%), « malgré la hausse mécanique ». Ce qui signifie que la Ville tend à diminuer le nombre de ses agents. Toutefois, prévient déjà le ROB, « les dépenses de personnel subiront une augmentation sensible, au regard à la fois des nouveaux services de proximité et de l’augmentation des charges patronales ». Un maintien du niveau des investissements est annoncé (38 millions d’euros), sans fuite en avant, car il est prévu une légère diminution de la dette, passée en un an de 197,9 à 196,6 millions d’euros.

  • Bories repart pour un tour sans éluder le Grand Avignon

    Bories repart pour un tour sans éluder le Grand Avignon

    C’était attendu, c’est désormais officiel : Pascale Bories brigue un deuxième mandat. La maire (LR) de Villeneuve-les-Avignon a levé le faux suspense, ce mardi soir devant la presse. « J’ai la passion et l’énergie pour repartir pour un second mandat », annonce-t-elle dans un pub de la commune gardoise, entourée de plusieurs membres de sa majorité. Se sentant « soutenue » par son équipe, celle qui avant d’être maire était première adjointe de 2001 à 2020 ne s’est pas vraiment épanchée sur son bilan et encore moins les projets à venir, remettant cela à la rentrée de janvier. Son équipe souffle toutefois « les pistes cyclables » ou « le nouveau réfectoire ».

    Troisième commune la plus importante du Grand Avignon, Villeneuve a forcément une place prépondérante dans l’agglo. Est-ce que comme son prédécesseur à la mairie, Jean-Marc Roubaud, vise-t-elle aussi la présidence ? « La question n’est pas du tout à l’ordre du jour, ce qui m’importe c’est le projet de territoire mais mon rôle sera de peser sur les projets du mandat », soutient Pascale Bories, élue au 1er tour en 2020 (60% des voix) face à deux listes. La conseillère départementale veut que « le territoire parle d’une même voix », soulignant son travail à la présidence du Scot (schéma de cohérence territoriale) « voté à l’unanimité ». « Il faut cesser d’opposer les Gardois et les Vauclusiens, je l’ai trop entendu sur ce mandat de la part d’élus vauclusiens », déplore-t-elle. Villeneuve avait pourtant donné le bâton pour se faire battre car lors d’une consultation de la population fin 2022, la crainte « d’afflux d’indésirables » [venus d’Avignon] avait suscité l’indignation de la majorité municipale avignonnaise.

  • Les dessous viciés du départ de la procureure d’Avignon

    Les dessous viciés du départ de la procureure d’Avignon

    L’expression « années de labeur », parue chez des confrères pour désigner les presque 4 ans de présence de Florence Galtier comme procureure de la République d’Avignon, a fait rire jaune dans les couloirs du tribunal judiciaire. Nommée avocate générale à la cour d’appel de Montpellier, elle quitte le parquet d’Avignon ce vendredi. Ce qui pourrait s’apparenter à un avancement de carrière ordinaire entre juridictions semble traduire, au contraire, une autre réalité. « C’est lié à sa gestion délétère du parquet », nous indique-t-on sans fard au sein de cette juridiction, qui compte 10 magistrats.

    « Notre boulot, tous les jours, est de lutter contre les gens harcelants et on le subit pourtant », poursuit-on au parquet. Depuis plusieurs mois, un climat de défiance s’était installé entre la procureure* et son équipe, s’estimant trop livrée à elle-même, sans cap ni soutien. Éprouvé par les quatre mois du procès Pelicot fin 2024, ayant monopolisé à temps plein deux magistrats, le parquet lance une première alerte en mars dernier. Dans une note adressée à la psychologue du travail, consultée par La Marseillaise, et co-signée par 8 des 10 membres du parquet, les agents pointent les risques psychosociaux. Preuve ainsi d’un malaise unanimement partagé.

    « Accroissement du

    mal-être et épuisement »

    La missive ne cite pas directement Florence Galtier mais, entre les lignes, c’est bien sa gestion qui est épinglée. « Le parquet du tribunal judiciaire d’Avignon fonctionne en mode particulièrement dégradé depuis plusieurs mois, en ce qu’il est en sous-effectifs notoire », est-il écrit d’entrée. À cela s’ajoutait une « vacance de poste, arrêt maladie puis mi-temps thérapeutique » non compensés.

    « Cette situation a pour conséquence d’entraîner une désorganisation certaine, un accroissement du mal-être et l’épuisement des parquetiers, régulièrement amenés à enchaîner 12 jours de travail consécutifs, dont 7 nuits, sans période de repos ou de récupération lorsque les permanences de week-end et de nuit sont assurés », déplorent les magistrats au bord du burn-out.

    « En dépit d’alertes manifestées verbalement, la situation perdure et ne permet plus de tendre vers une justice sereine et de qualité », conclut la note. À sa lecture, « la proc’ est tombée de sa chaise », confie-t-on chez les parquetiers. Une alerte remontée jusqu’au procureur général de Nîmes, qui a déclenché une inspection. Un contrôle de fonctionnement dans le jargon, qui s’est tenu sur trois jours en avril et où chacun a pu exposer ses griefs en matière de gestion et management. Depuis les relations entre la procureure et son parquet étaient réduites à la portion congrue.

    « On s’organise entre nous », lâche-t-on. Si le parquet n’a pas été avisé des conclusions de l’inspection, beaucoup sont persuadés que « son départ est lié à ça ». Pour preuve, dans les mutations internes où habituellement figurent une trentaine de mouvements, celle actant le départ de Florence Galtier ne contenait que deux noms. Le sien et celui de sa remplaçante, Stéphanie Loreau-Aouine, en provenance du parquet d’Angoulême. Celle-ci ne prendra ses fonctions que le 5 janvier, entraînant un intérim interne pour pallier la vacance de poste d’un mois. Une de plus.

    * Sollicitée à plusieurs reprises, elle n’a pas donné suite.

  • Place publique propose un tunnel pour maintenir la LEO à Avignon

    Place publique propose un tunnel pour maintenir la LEO à Avignon

    Ce n’est « pas un ultimatum », mais Benoît Belvalette avait un message à faire passer, ce lundi matin, à ses possibles alliés à gauche en vue des municipales. En introduction d’un point presse sur les mobilités, thématique qui donnera lieu à une réunion publique ce jeudi (18h30, salle du Rouge-Gorge), le candidat Place publique a exhorté David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG) voire Paul-Roger Gontard (La Convention) a parlé programme plutôt que leadership. « Je veux bien qu’on fasse un bout de chemin ensemble, qu’on nous dise qu’on est le petit Poucet mais nous sommes les seuls dans cette campagne à porter des projets et propositions concrètes », plaide Benoît Belvalette.

    Après la sécurité ou la jeunesse, l’ex-directeur de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) a exposé sa vision des transports. Une compétence qui relève surtout du Grand Avignon, dont selon lui la présidence doit revenir à la ville-centre mais pas au maire. Sur le fond de la thématique, Benoît Belvalette compte enterrer à sa manière le dossier brûlant et lancinant de la liaison Est-Ouest (LEO). « Il faut conserver le même tracé [de la phase 2 à l’arrêt et dont les crédits ont été alloués ailleurs] mais créer un tunnel au lieu d’un pont sur la Durance qui traverse aussi de manière souterraine la ceinture verte », expose Philippe Smith, référent transport de la campagne. Un projet « au coût similaire » d’environ 600 à 800m qui pourrait toutefois être payant selon le modèle de financement.

    Benoît Belvalette est « en phase », en revanche, avec la position de la Ville concernant l’arrêté anti poids lourds sur la Rocade, retoqué par la préfecture. « La santé publique est l’argument numéro un », défend-il, en piquant toutefois la « méthode trop verticale » de la maire Cécile Helle sur le sujet. Sur les sujets structurants, le candidat de Place publique plaide pour développer plutôt les bus à haut niveau de service sur voies réservées plutôt que le tramway, « hormis vers Agroparc ». Quant au plan faubourgs, sans renier la philosophie de cette refonte des sens de circulation insaturée il y a près de 4 ans, « on apportera quelques mesures correctives en lien avec les conseils de quartiers ».

  • Sanction réduite pour Badji sur le terrain du foot

    Sanction réduite pour Badji sur le terrain du foot

    On n’est pas sur un partout, balle au centre, mais Sabah Badji remonte en partie le terrain. En appel devant la Ligue Méditerranée de football, la cheffe de file des Écologistes pour les municipales a vu sa suspension être réduite de trois à cinq ans, et les motifs de corruption et faux et usage de faux disparaître. Des faits qui, rappelons-le, s’inscrivent dans un cadre sportif lié à l’engagement associatif au sein du district de foot du Grand Vaucluse et non sur le terrain judiciaire.

    En septembre, La Marseillaise révélait que Sabah Badji avait été sanctionnée pour avoir appuyé une tentative -avortée- de révocation du comité directeur du district. En employant donc des méthodes hors des clous, comme la falsification de signatures de présidents d’autres clubs. « Aucun élément matériel, aucun témoignage direct, aucune pièce à valeur probante ne vient corroborer une implication de Mme Badji », estime la commission d’appel.

    Pas de décision politique le temps du recours

    En revanche, la commission d’appel ne déjuge pas certains « faits de fraude et tentative de fraude ». Sur la base de 4 présidents prétendant avoir été trompés par Sabah Badji sur la nature du projet de révocation, la Ligue parle d’un « ensemble d’actions coordonnées, répétées et méthodiquement mises en place ». Des « manœuvres frauduleuses » dont « Sabah Badji doit être tenue responsable ». Jointe par La Marseillaise, la cheffe de file conteste toujours avec vigueur l’ensemble des faits et annonce déposer un recours devant le CNOSF (Comité national olympique et sportif français), un nouvel appel qui est suspensif. « Je n’ai rien fait du tout dans l’affaire », continue de plaider Sabah Badji, qui espère être blanchie. « Tout ce qui a été utilisé pour me salir s’est effondré », note-t-elle, tout de même insistant sur le fait que « les accusations les plus graves aient volé en éclat », comme la corruption et l’usage de faux.

    Un dossier qui a des répercussions politiques au sein des Écologistes, tiraillé par de lourds antagonismes locaux à tel point que le parti a été mis sous tutelle du national. Confiance est maintenue à Sabah Badji tant que les recours ne sont pas tous épuisés. « On attend la décision de l’appel et on se positionnera en fonction », expose François Thiollet, membre du bureau national, qui n’a pas prévu « d’audition » de la cheffe de file. Fin octobre, une alliance prioritaire a été actée auprès de David Fournier (PS). « L’enjeu c’est de permettre un large rassemblement autour de lui et que ce ne soit pas des sujets connexes qui pénalisent l’unité de la gauche », assure François Thiollet.

  • Narcotrafic : déjà sept dossiers en cours pour l’expulsion d’HLM en Vaucluse

    Narcotrafic : déjà sept dossiers en cours pour l’expulsion d’HLM en Vaucluse

    C’est une déclaration qui résonne tristement d’actualité. « Alors, on aurait expulsé ma mère, moi et ma sœur à cause de mon frère ? », s’indignait cet été (notre édition du 2 août) Amine Kessaci, au moment où son association Conscience déposait au tribunal de Marseille un référé contre la décision du préfet de région d’expulser des familles de leur logement social. Une disposition née de la loi narcotrafic permettant de faire perdre son HLM à tout un foyer si une personne qui y vit est liée au narcotrafic.

    Une mesure qui « punit des innocents », selon Amine Kessaci et globalise une peine. Elle « présente le risque majeur d’étendre de manière disproportionnée, et sans limites claires, le champ des motifs d’expulsions locatives, mêlant injustement et de manière disproportionnée ordre public et droit à la vie privée et familiale », alertait, avant le vote de la loi, 40 structures réunies dans le collectif des associations pour le logement dont la Ligue des droits de l’homme, Droit au logement, Emmaüs, la Confédération nationale du logement.

    Qu’importe, le texte était voté le 13 juin. En Vaucluse, on n’a pas attendu l’été pour expulser des occupants de logements sociaux impliqués dans le narcotrafic. Il y a dix jours, lors du salon des maires du département, le préfet indiquait devant les élus : « Six occupants de logements sociaux ont été expulsés en raison de leurs liens avec le narcotrafic, sept dossiers sont en cours », chiffrait Thierry Suquet en insistant : « Il est inacceptable que des individus liés au narcotrafic bénéficient de la solidarité nationale, en occupant des logements sociaux », soulignant « l’emprise extrêmement forte du narcotrafic dans certains quartiers » avec « une prise en otage des habitants ».

    Il faut cependant distinguer deux catégories dans les chiffres fournis par le préfet. Les six occupants effectivement expulsés ne l’ont pas été dans le cadre de la loi contre le narcotrafic. « Ce sont des personnes, titulaires du bail locatif, qui ont participé à du trafic de drogue et ont été condamnées pour cela, mais ce n’était pas le motif de base de leur expulsion », précise, à La Marseillaise, le directeur de cabinet du préfet, Thibault de Cacqueray.

    Une convention déjà signée au printemps

    En revanche, les sept autres en cours, initiés depuis septembre, s’inscrivent bien dans le cadre des nouvelles dispositions législatives. « Il y a trois injonctions du préfet faites au bailleur Grand delta habitat (GDH) pour qu’il demande l’expulsion au juge et si le bailleur n’a pas suivi l’injonction au bout d’un mois, le préfet peut se substituer et donc porter lui-même le dossier », confie le directeur de cabinet, également sous-préfet particulièrement chargé de la lutte contre la délinquance. Le cas d’un appartement nourrice à Orange est cité, où le locataire n’y vivait même plus. Les quatre autres dossiers n’ont pas encore déclenché d’injonction mais le travail est en cours pour réclamer l’expulsion auprès du tribunal.

    Ce qui change avec la loi, c’est que l’expulsion peut être prononcée même sans condamnation. « On va solliciter l’expulsion sur la base d’éléments de police prouvant que ces appartements sont utilisés pour le trafic », fait valoir Thibault de Cacqueray. Pour l’heure, trêve hivernale oblige (jusqu’au 31 mars), aucun des dossiers évoqués n’a encore abouti à une expulsion. « Le juge, dans le cadre de son appréciation, évalue la composition de la famille et peut donner des sursis à statuer pour permettre à la famille de se reloger. Le bailleur a lui-même une responsabilité de proposer un relogement, évidemment pas dans le même quartier », assure le directeur de cabinet du préfet. À noter que la préfecture, la justice et GDH -qui n’a pas donné suite à notre sollicitation- étaient déjà proactifs sur le sujet. Au printemps, une convention avec les parquets d’Avignon et de Carpentras avaient déjà été signés pour un meilleur partage d’informations lors de condamnation. « Je tenais à remercier GDH pour son appui à cette politique », saluait le préfet devant les maires.

  • Le Département de Vaucluse a encore de la chair budgétaire autour de l’os

    Le Département de Vaucluse a encore de la chair budgétaire autour de l’os

    La Gironde qui frise la mise sous tutelle avec un budget déséquilibré de 112 millions d’euros, la dette des Bouches-du-Rhône qui a explosé en dix ans (+244%), la litanie des conseils départementaux « en grande difficulté » est longue. « Le modèle économique des départements se désagrège là où la gestion n’a pas été solide », constate Dominique Santoni, présidente (LR) du département de Vaucluse, au moment ce vendredi, d’ouvrir la séance plénière largement consacrée au rapport d’orientations budgétaires.

    Un sombre tableau global qui permet, à l’inverse, de mettre en lumière que « le Vaucluse n’est pas dans cette situation, nos indicateurs financiers restent globalement positifs et solides ». « Nous avons un endettement et une capacité de désendettement inférieure à la moyenne et un investissement par habitant supérieur », se targue Jean-Baptiste Blanc, vice-président LR en charge des finances. Et la majorité de droite compte bien maintenir un « faible endettement ». C’est d’ailleurs l’un des trois piliers des orientations 2026.

    La gauche dubitative

    sur le RSA

    Un « pôle de stabilité » proclamé qui passe par la contraction des dépenses de fonctionnement, et donc une baisse du nombre d’agents. Pan sanctuarisé, celui de l’investissement à 132 millions d’euros dont l’aide aux communes (28,4 millions d’euros). « Nous maintiendrons nos subventions », insiste aussi Dominique Santoni. Histoire de ne pas rester sur une sensation de légère rigueur, la présidente annonce augmenter les dépenses sociales « de 12 millions d’euros pour atteindre 258 millions d’euros ». Attaquée ces derniers mois sur l’aide sociale à l’enfance (ASE) avec, en toile de fond, la réorganisation au sein du centre départemental enfance famille, la présidente érige le dossier en priorité. « Protéger les enfants, ce n’est pas une ligne budgétaire, c’est une responsabilité morale : j’ai décidé de reprendre personnellement la délégation de l’ASE », s’enorgueillit-elle, au moment où devant l’Hôtel du département, la CGT manifestait sur le sujet (lire ci-contre).

    Deux types d’interventions ont ensuite animé ce ROB. Des propos plutôt d’ordre général sur la politique nationale et le rôle même des départements : « On fait perdre beaucoup d’influence aux départements, on voudrait les tuer que l’on ne s’y prendrait pas autrement », estime Anthony Zilio, maire (SE) de Bollène. Jean-François Lovisolo, macroniste repenti, aura une intervention du même acabit. « On ne peut être que très inquiet sur le devenir de la collectivité », pense l’ex-député. À gauche, c’est le social qui domine : marotte de l’opposition, le RSA a été soulevé par Samir Allel (EELV) et Rémy Blanc (PCF). Alors que Dominique Santoni se targue d’un « succès sur le taux de retour à l’emploi de 60% après un an », les deux élus de gauche émettent de forts doutes. « Je ne peux pas croire que dans le contexte actuel de grande précarité, autant d’allocataires retrouvent un emploi », se montre sceptique Samir Allel. Rémy Blanc aussi soulève ce « paradoxe » entre « niveau de pauvreté, faible dynamisme d’emploi et remontées du terrains », se demandant si cette baisse n’est pas liée « à des radiations arbitraires ».

  • Bollène : Zilio, candidat avec un caillou dans la chaussure gauche

    Bollène : Zilio, candidat avec un caillou dans la chaussure gauche

    On ne sait pas encore si la campagne d’Anthony Zilio fera des étincelles mais c’est dans un ancien atelier d’électricité que le maire-candidat (SE) va installer son local de campagne des municipales (15-22 mars). Et ce à deux pas de l’Hôtel de ville, dans le centre-ville. Symbole selon lui « d’une équipe qui a refait battre le cœur de ville », étape indispensable pour irriguer positivement le reste de la cité. Une semaine après avoir laconiquement annoncé sur ses réseaux sociaux sa volonté de briguer un second mandat, Anthony Zilio a reçu la presse ce vendredi.

    Sans encore dévoiler de grandes annonces de campagne, l’édile regarde surtout dans le rétroviseur même si tout « n’a pas été parfait ». « On a embelli, réparé, renforcé la sécurité et maîtrisé le développement de Bollène », synthétise Anthony Zilio. « On a diminué l’endettement de 18 millions à 11,5, augmenté le nombre de policiers municipaux et de caméras (respectivement +5 et +28), entrepris les travaux contre les inondations, regagné des habitants et des médecins », égraine celui qui est aussi conseiller départemental. Le scrutin de 2026 ne serait « qu’un bilan d’étape dans le développement de Bollène à 2030 et 2050 ». Pour y parvenir, le maire compte reprendre les mêmes ingrédients qu’en 2020, à savoir une liste large de rassemblement qui a permis de battre Marie-Claude Bompard (Ligue du sud) avec 51,81%. « Je ne suis candidat contre personne ni dans un esprit de revanche, mon équipe sera renouvelée et élargie », promet-il. Issu du centre gauche, sa majorité a plusieurs sensibilités allant de la droite à des proches du PCF. « Dans une ville de 14 000 habitants, il ne s’agit pas d’être de gauche ou de droite mais de bon sens, ne nous dispersons pas sur les sujets nationaux quand les solutions sont locales, professe Anthony Zilio. On a vécu 56 jours sans gouvernement, je ne crois pas qu’on pourrait vivre 56 jours sans service public local. »

    Une politique « pas assez

    à gauche »

    Côté extrême droite, trois candidats sont sur les rangs : Marie-Claude Bompard, Franck Marest (RN) et Sophie Lorenzo, actuelle élue RN d’un village en Ardèche. Et, comme en 2020, une liste de gauche portée par le communiste Daniel Barrière devrait être en lice. Lors des précédentes municipales, avec 10,5% des voix, il s’était désisté au second tour appelant « à battre l’extrême droite ». « On relance Bollène à gauche », annonce Daniel Barrière. Monter une propre liste n’était pourtant pas au départ l’idée initiale. « On a travaillé depuis février pour une liste d’union républicaine mais cela a abouti à un échec », confie-t-il. Quatre places aurait été évoquées mais, au-delà du chiffre, la politique menée « est insuffisante pour suffisamment pousser à gauche », estime Daniel Barrière, qui s’est rapproché du PS et de LFI.

    Selon le communiste, Anthony Zilio a été « timide sur le plan social » et trop zélé « sur la sécurité ». « On aurait aimé la gratuité de la cantine, davantage de logements sociaux ou lancer un débat sur la gestion publie de l’eau », regrette Daniel Barrière. « La démocratie doit s’exprimer », juge Anthony Zilio qui ne cache pas quelques « désaccords » et préfère la clarification « à la tambouille, qui fait fuir le citoyen, pour mettre tout le monde sur la photo ».

  • Vaucluse : une petite éclaircie financière en vue dans le budget du Département

    Vaucluse : une petite éclaircie financière en vue dans le budget du Département

    L’an dernier, au moment d’aborder l’exercice du rapport d’orientations budgétaires (ROB), Dominique Santoni évoquait « l’art difficile de gouverner, encore plus pour construire un ROB quand tant d’informations divergentes ajoutent encore à l’incertitude… ». La présidente LR du Département tablait sur 15 millions d’euros d’économies, actés finalement en janvier lors du vote du budget.

    Ce vendredi matin, lors d’une séance plénière consacrée en ouverture au ROB, le ton sera certainement plus adouci qu’il y a un an. Le climat est loin d’être au beau fixe non plus. « L’exercice 2026 semble à ce jour extrêmement incertain notamment en raison du contexte parlementaire qui complique l’adoption d’une loi de finances avant fin décembre », lit-on dans le document. Si le Département redoute toujours une ponction de l’État sur ses recettes de fonctionnement [baptisée Dilico], le discours, la semaine passée, du Premier ministre lors de l’assemblée des Départements de France, a plutôt rassuré. Sébastien Lecornu a ainsi confié que le Dilico ne concernerait que les Départements les plus riches.

    « Les notes de conjoncture laissent augurer une tendance pour les finances locales 2025 plus favorable qu’espérée en début d’exercice », relève le ROB. Pour 2026, le conseil départemental table sur des recettes en hausse à 791 millions d’euros contre 776 l’an dernier, quand elles n’avaient progressé que de 10 millions entre 2024 et 2025. Le Vaucluse s’en sort mieux que la moyenne « grâce à la discipline budgétaire ». Les divers indicateurs en termes d’en-cours de dette ou de capacité de désendettement [1,9 an contre 6,7 en moyenne pour les départements] restent largement en dessous des ratios nationaux. Reste à connaître ensuite les choix politiques qui en découleront, le ROB restant très flou en la matière.

    La CGT encore sur le pont

    Cela devient une habitude. Depuis plusieurs séances, le syndicat CGT des territoriaux installe un barnum revendicatif devant l’hôtel du Département pour inviter les agents à faire part de leurs doléances et poser une heure de grève. Un nouveau rendez-vous est fixé ce vendredi (10h30). Dans un communiqué, le syndicat relaie également une lettre ouverte adressée à la présidente Dominique Santoni (LR) « à la suite du retrait abusif d’un agrément d’assistant familial ». Une décision, retoquée par la justice, mais qui selon la CGT est le symbole « de choix arbitraires et inhumains, contraires à l’intérêt supérieur des enfants ». Et de réclamer plus de « dignité dans la protection de l’enfance ».