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  • Les communistes satisfaits d’avoir joué les traits d’union à Avignon

    Les communistes satisfaits d’avoir joué les traits d’union à Avignon

    Début janvier, en avalisant un accord avec la liste insoumise de Mathilde Louvain, la section avignonnaise du Parti communiste avait fait grincer des dents à gauche et au sein de la direction nationale. Une décision allant à rebours de la présence du PCF au sein de la majorité sortante, dont le candidat naturel était David Fournier (PS). « De manière générale dans la section il y a un clivage historique entre une gauche réformiste et une gauche révolutionnaire, cette fois le choix s’est porté sur la seconde », décrypte Julien De Benito, secrétaire départemental du PCF 84. Avec la fusion des listes à gauche, les communistes présentent trois colistiers, dont le conseiller départemental Rémy Blanc et l’actuelle élue à l’action sociale, Anne-Catherine Lepage amenée, en cas de victoire, à prendre une délégation élargie sur le sujet.

    « On est fiers du chemin pris, l’histoire nous donne raison, livre Rémy Blanc. On peut se satisfaire d’avoir été un peu ce trait d’union, d’avoir rendu les choses possibles pour ce second tour. » Même tonalité pour Julien De Benito, adjoint au maire sortant, qui ne se représente pas. « Il fallait garantir une fusion entre les deux tours, un rapprochement des deux gauches », estime-t-il. Avoir mené « une campagne propre », qui a ménagé les uns les autres ainsi que les personnalités peu clivantes de Mathilde Louvain et de David Fournier ont contribué à s’entendre. Mais pas que. « On a travaillé toute la campagne à relocaliser le débat, à lui donner du contenu par les dossiers avignonnais, Mathilde a su très bien s’en saisir, et ça aussi, c’est un facteur d’union, ça passe toujours mieux quand tu parles de dossiers qu’à coups de slogans. » Assez affligés par la tournure de la campagne prise par Olivier Galzi (DVD) accusant la gauche de « violence », Rémy Blanc et Julien De Benito répondent par le fond : « On doit rassurer par rapport à toute cette instrumentalisation de notre union, il n’y a rien de violent à vouloir des bas tarifs à la cantine, des logements dignes, des transports en commun gratuits ou une régie publique de l’eau. »

    En cette fin de campagne, le PCF insiste sur les « questions de solidarité, de justice sociale au regard des difficultés dans les quartiers populaires », conclut Rémy Blanc.

  • PS et LFI en rempart à la violence sociale à Avignon

    PS et LFI en rempart à la violence sociale à Avignon

    « Bonjour, monsieur le maire ! », lance un passant sans s’arrêter à David Fournier, ce mercredi sur le marché de la Rocade. Le candidat PS, qui a fusionné sa liste lundi avec celle de l’insoumise Mathilde Louvain, sourit et ne semble pas superstitieux. « Attendons, dimanche », répond-il, avant de confier « l’enthousiasme débordant » qu’il rencontrerait au sujet de cette fin de campagne. « C’est du jamais vu », se plaît à dire l’actuel adjoint de Cécile Helle, qui espère que l’alliance à gauche sera suffisante pour conserver la mairie.

    Mais ce qui « est jamais vu » aussi, c’est « une telle violence dans la campagne ». David Fournier vise là Olivier Galzi (DVD). Arrivé en tête dimanche, l’ex-journaliste TV organise ce jeudi un rassemblement devant la mairie contre « l’alliance de la honte » et n’a pas hésité à accuser le PS de légitimer la violence et « d’avoir du sang sur les mains ». Olivier Galzi déambule aussi sur le marché et croise Mathilde Louvain. L’échange est bref et tendu. « Bonjour Mme Louvain, ça va bien ? Vous ne me serrez pas la main ? Vous n’êtes pas républicaine ? Pas de haine et pas de violence en politique », dégaine-t-il. L’intéressée le salue et lui serre timidement la main. « Je croyais que je vous faisais peur », répond-elle.

    Un petit débrief de la séquence s’organise, Mathilde Louvain sortant l’humour comme meilleure arme et pirouette. « Je suis tellement infréquentable, avec un casier judiciaire énorme, complice d’assassinat », ironise-t-elle. « Je ne la connais pas mais ça se voit qu’elle est gentille comme tout », vole à son secours un témoin. Un peu plus tard, à ses côtés, David Fournier cajole sa nouvelle colistière. « J’apprends à connaître Mathilde, c’est vraiment une belle personne. »

    Les néo-alliés font front commun contre les « amalgames » d’Olivier Galzi, se réservant le droit de poursuites en justice. « Dans l’adversité, il perd son sang-froid, cela démontre qu’il n’a pas les épaules pour le costume, observe David Fournier. On ne peut pas tout se permettre, cela dessert la démocratie. » « On est clairement sur une campagne de déstabilisation avec les mêmes ressorts qui renvoient au complotisme. M. Galzi mène la même campagne que le RN », analyse Mathilde Louvain.

    Une autonomie LFI mais « pas du tout d’obstruction »

    Dans la cohue du marché, les deux candidats sont happés et peinent vraiment à tracter. Le mot d’ordre pour convaincre ? Justice sociale. « On est les seuls à avoir un programme là-dessus, quand 70% de la population est éligible à un logement social et que d’autres n’ont pas un mot dessus, c’est qu’on ne connaît pas sa ville », pique David Fournier. Mathilde Louvain joue les pédagogues : « On ne pense pas à nous mais aux gens pour qui on a construit le programme, c’est eux qui seront impactés [s’il y a victoire de la droite ou du RN] par des programmes qui montent les gens les uns contre les autres alors que nous voulons fabriquer des communs. » Preuve un peu plus tard, lorsqu’une discussion s’engage, une dame confie « avoir pu se laisser influencer par Olivier Galzi et ses vidéos anti-squats, mais il faut réussir à aller au-delà et regarder le reste ».

    Le reste, « c’est l’urgence sociale », martèlent David Fournier et Mathilde Louvain, déroulant un discours commun déjà bien rodé sur la Sécurité sociale de l’alimentation, la surveillance des locations saisonnières ou la gratuité des transports. Pour autant, en revendiquant un groupe autonome LFI de 9 élus en cas de victoire sans vouloir de délégations, Mathilde Louvain s’interdit de les porter concrètement. Pourquoi ce refus de gouverner ? « Non, la Nouvelle Avignon Populaire [nom de la liste initiale] est vraiment très bien pourvue en délégations fortes [via d’autres partenaires comme le PCF ou Génération.s] sur la question du social, du logement ou de la démocratie », répond l’ex-tête de liste, reconnaissant que « la démarche est assez rare » mais ne se posant « pas du tout dans une posture obstructive ». Elle confirme qu’en cas de victoire dimanche, les insoumis voteront bien David Fournier le jour de l’installation du maire. Ça va toujours mieux en le disant.

  • Olivier Galzi accuse la gauche « d’avoir du sang sur les mains »

    Olivier Galzi accuse la gauche « d’avoir du sang sur les mains »

    Changement de cap radical, ce mardi, pour Olivier Galzi. Dimanche soir, le candidat DVD arrivé en tête du 1er tour (27,04%) assurait ne « jamais se positionner par rapport aux autres ». Le ton est différent dans son local de campagne. Une affiche, avec son visage sombre en noir et blanc, appelle à « la mobilisation générale ». Un rassemblement citoyen est annoncé ce jeudi (18h, place de l’Horloge) adressé à tous « ceux qui refusent l’alliance de la honte entre le PS et LFI ». Arrivées quasi à égalité David Fournier (19,89%) et Mathilde Louvain (19,03%) ont annoncé lundi leur fusion, permettant à la gauche d’espérer conserver la Ville.

    « On assiste à une tambouille politicienne, le PS trahit ses valeurs et donne les pleins pouvoirs à un parti antisémite qui soutient le principe de violence en politique », vitupère l’ex-journaliste TV. Et tant pis s’il use de raccourcis, car Mathilde Louvain a précisé que les insoumis ne revendiquent aucune délégation ni poste d’adjoint et auront un groupe autonome pour faire vivre la majorité. « La ville va devenir ingouvernable, c’est une annulation de leur alliance », estime Olivier Galzi, bien que ce groupe autonome ne concernerait que LFI. Qu’importe, Olivier Galzi ne mâche pas ses mots : « Mathilde Louvain est comptable de Raphaël Arnault [député LFI], en photo sur ses affiches, dont les plus proches collaborateurs sont impliqués dans le meurtre de Quentin Deranque, donc ils [Mathilde Louvain et David Fournier] ont du sang sur les mains par complicité morale et politique. »

    Jouant son va-tout, l’ex-journaliste TV hystérise les débats : « On est dans une atmosphère pré séditieuse, là où certains en appellent aux armes et à la violence, nous on en appelle aux urnes », n’hésite-t-il pas à soulever. Il se pose même en rempart et, sans parler d’union des droites, fait un appel du pied à ceux qui ont voté Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%) : « Le RN ne prendra jamais Avignon, ce n’est pas l’âme de la ville. Donc voter RN, c’est voter Fournier-LFI. Ceux qui ne seraient pas nécessairement dans une adhésion à mon programme, mais qui ne veulent surtout pas de LFI, c’est chez nous que ça se passe », exhorte-t-il. À voir si cette stratégie de la peur et du vote utile sera payante dans les urnes.

  • À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    Certains diront que c’était cousu de fil blanc. Voir, ce lundi soir, David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) sceller un accord en vue du second tour ne relève pas de la surprise tant les candidats, à l’inverse des anathèmes nationaux entre leurs partis respectifs ou de la situation voisine à Marseille, ne se sont jamais invectivés. À gauche depuis deux mandats, une fusion des listes était impérative pour prendre la relève de Cécile Helle (PS), qui ne se représentait pas. Car dimanche, David Fournier (19,89%) a devancé Mathilde Louvain (19,03%) d’un cheveu (234 voix). Mais le binôme est assez en retrait du duo de tête, Olivier Galzi (DVD, 27,04%) et Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%).

    « On a tremblé jusqu’au bout mais ces tremblements seront utiles aux forces de gauche », se satisfait David Fournier, ce lundi soir lors d’un point presse commun. L’adjoint PS reste tête de liste qui garde son nom, Ensemble et solidaires, quand Mathilde Louvain en sera 4e. Rémy Blanc, conseiller départemental PCF, second de liste initial avec LFI, sera 3e. « Nous avons fonctionné équitablement », assure David Fournier, qui a eu quitus d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, pour cet accord. Mathilde Louvain, à sa demande, ne sera pas adjointe en cas de victoire comme l’ensemble des colistiers insoumis. « Nous voulons avoir un groupe autonome dans une majorité qui soit fonctionnelle et garder une cohérence de vote en toute loyauté », défend-elle.

    Place publique

    et le PRG en retrait

    Avec une acuité sur les marqueurs de son programme, comme le logement social, le contrôle des locations saisonnières ou délégation élargie sur l’action sociale. « Nous faisons front commun contre la droite extrême et l’extrême droite pour plus de justice sociale », souligne l’insoumise.

    Si côté Mathilde Louvain, soutenue aussi par Génération.s membre actuel de la majorité, la volonté de tendre la main à l’autre liste de gauche a toujours été claire pendant la campagne, David Fournier renvoyait la question à « une décision collégiale » au soir du second tour. Seuls une dizaine de colistiers se sont désolidarisés de l’alliance. Fidèles à la ligne rouge récusant tout accord avec LFI, Place publique et le PRG ont respectivement rapidement acté lundi leur retrait. Sympathisant de Place publique, Claude Nahoum, 1er adjoint sortant, un temps maintenu sort finalement bien de la liste.

    Cette fusion promet en tout cas de chaudes retrouvailles entre plusieurs candidats. « L’enjeu et l’intérêt politique sont tels que chacun avalera des couleuvres », sait bien Jean-Pierre Cervantès, élu écologiste d’opposition, retiré de la liste de David Fournier. Son parti va retrouver Sabah Badji, ex-cheffe de file écologiste puis suspendue pour avoir soutenu Mathilde Louvain. Farid Faryssy, ex-insoumis désavoué par le national pour les municipales au profit de Mathilde Louvain, est aussi maintenu (13e), malgré son départ fracassant de LFI. Dans l’autre sens, David Fournier retrouvera Zinèbe Haddaoui, cheville ouvrière du mouvement Avignon collectif. L’adjointe aux sports a été une encartée éphémère au PS, battue il y a près d’un an lors d’un vote interne qui avait mis sur orbite David Fournier pour les municipales. « On a travaillé ensemble pendant deux mandats, ce n’est pas parce qu’on prend une orientation différente que nous perdons les mêmes valeurs », estime la tête de liste. Il assure n’avoir mis aucun veto de noms et inversement. « Au-delà des personnes, ce qui compte c’est les devoirs que nous devons à la population », prévient David Fournier. « On sera là pour le rappeler », embraye Mathilde Louvain dans un sourire. « Il n’y en aura pas besoin », conclut David Fournier.

  • À Carpentras, la gauche prête à discuter pour éviter l’extrême droite

    À Carpentras, la gauche prête à discuter pour éviter l’extrême droite

    Alors que l’extrême droite est aux portes de l’Hôtel de ville à l’issue du 1er tour, la stratégie des deux listes de gauche est scrutée de près. Pour rappel, le député RN Hervé de Lépinau est arrivé en tête (26,71%) et va compter sur l’appui de Bertrand de la Chesnais (div extrême droite, 14,33%) et de Christian Richaud-Simoni (9,51%), le 1er candidat RN désinvesti ensuite suite à la polémique sur ses tweets racistes. « Toutes les forces patriotes doivent se positionner derrière lui [de Lépinau] », intime ce dernier lundi.

    En face, le maire sortant DVG Serge Andrieu (25,17%) a devancé de peu son prédécesseur, Francis Adolphe (24,29%), qui avait du quitter son poste en 2018 après avoir été condamné pour violences conjugales. Dimanche, Serge Andrieu demandait le retrait de Francis Adolphe. Fin de non recevoir ce lundi de ce dernier qui, dans un communiqué, appelle à la fusion. « En se rassemblant nous pouvons convaincre encore plus, la conscience collective est plus forte que les égos », invite Francis Adolphe, appelant à la discussion.

    En réponse, Serge Andrieu entrouvre la porte : « Je suis prêt à discuter de nos propositions et à échanger pour trouver un consensus capable de rassembler tous les Carpentrassiens qui ne veulent pas voir notre ville tomber entre les mains de l’extrême droite», expose-t-il.

    En ce début d’après-midi, aucune heure de rencontre n’avait été fixée entre les deux hommes. Dans le détail cumulé du 1er tout, l’extrême droite a une mini avance de 100 voix sur les deux listes de gauche sur les 11 000 exprimées. Les 46 % abstentionnistes seront aussi à mobiliser pour faire pencher le scrutin.

  • En Vaucluse, l’extrême droite confirme son implantation

    En Vaucluse, l’extrême droite confirme son implantation

    Dans le Vaucluse, l’extrême droite gère déjà 4 communes et en aura au moins tout autant dans une semaine à l’issue du second tour. Trois maires ont déjà été réélus au premier tour ce dimanche soir : ceux du Pontet, Morières et Camaret-sur-Aigues. À Orange, l’extrême droite restera aussi au pouvoir, cela se jouera entre Jacques Bompard (Ligue du sud) et Jean-Dominique Artaud (RN), tous deux étant largement devant face à trois autres candidats.

    Élu en 2014, Joris Hébrard est ainsi réélu encore au premier tour au Pontet avec 60,79% des voix. Il affrontait pourtant son ex-premier adjoint, Patrick Suisse (divers extrême droite), 3e avec 16,2% des voix. Intercalé, la liste de large rassemblement républicain du chef de file de l’opposition, Jean-Firmin Bardisa recueille 22,51%. Toujours dans le Grand Avignon à Morières, Grégoire Souque (RN) est réélu et obtient 66% face à Annick Dubois (PS), qui menait une liste d’union de la gauche. Autre premier magistrat RN réélu au 1er tour, Philippe de Beauregard qui rempile pour un 3e mandat à Camaret-sur-Aigues avec 73% des voix face à la liste DVG de Françoise Virlouvet. En 2020, il avait obtenu 70%. Enfin, à Orange, Jacques Bompard (Ligue du sud) a de bonnes chances de reprendre son fauteuil, laissé en 2021 à son fils Yann après avoir été rendu inéligible. À 83 ans, il brigue un 6e mandat et obtient 32,8% des voix, près de 5 points devant Jean-Dominique Artaud (RN, 28,15%). C’est moins que lors des précédents scrutins où Jacques Bompard était réélu au 1er tour ou presque… Derrière, l’éparpillement de candidatures divers centre ou DVG n’aura pas permis de stopper l’hégémonie de l’extrême droite.

    Mais si le RN et ses associés ont ou vont conserver leurs mairies, rien ne dit qu’ils pourront en conquérir d’autres. Monteux semble la cible la plus prenable. Alors que le sortant Christian Gros (DVG) ne se représentait pas et que 4 listes étaient en lice, Patrice de Camaret (RN) totalise 47%, très loin devant la seconde liste (DVC) à 21,62%. À Cavaillon aussi, la députée RN Bénédicte Auzanot est en mesure de faire vaciller Gérard Daudet (LR) qu’elle devance de 6 points (lire page suivante). Bédarrides pourrait aussi officiellement basculer RN, en tête de 3 points face à une liste DVD. À Carpentras, le député RN Hervé de Lépinau est devant de peu face aux deux listes de gauche.

  • À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    Depuis le début de la campagne, une des certitudes partagées résidait dans le fait que le scrutin serait serré. Cela s’est vérifié, ce dimanche à l’issue du premier tour où il est délicat de prédire qui prendra la succession de Cécile Helle, maire (PS) sortante qui ne se représente pas. D’une courte tête avec 27,04%, Olivier Galzi (DVD) arrive en tête devançant de 1,5% la candidate d’extrême droite Anne-Sophie Rigault (25,52%). Ce duo profite d’un âpre duel à gauche où finalement David Fournier (PS), issu de la majorité sortante, coiffe d’une courte tête (19,89%) l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%). Soit 234 voix d’écart sur plus de 5 000 chacun.

    Derrière, l’entrepreneur Stéphan Fiori (DVD) qui caressait l’espoir d’accéder au second tour, reprendra le chemin de son cabinet d’assurances ce lundi matin puisqu’il n’obtient que 7,39%. Candidature de témoignage, Stéphane Geslin (parti des travailleurs) émarge à 1,23%. Côté participation, moins d’un électeur sur 2 s’est déplacé (52,34% d’abstention) avec de fortes disparités selon les quartiers, parfois avec seulement 25% de participation dans le quartier populaire des Olivades.

    Une alliance en bonne voie à gauche ?

    À gauche, le scénario tant redouté des deux listes au coude-à-coude est donc arrivé. Sur le pur papier arithmétique, elle est en mesure de conserver la ville à gauche. « Cet aspect est inédit et incroyable », se réjouit Mathilde Louvain, « fière d’avoir quadruplé » le score de 2020 porté à l’époque par Farid Faryssy, aujourd’hui candidat avec David Fournier. « On va avoir des discussions », promet la candidate insoumise, soutenue notamment par le PCF et Génération.s. Du côté de David Fournier, qui n’a jamais fermé la porte, ce dimanche soir l’heure était encore à la réflexion entre colistiers quant à une alliance. Rappelons que Place publique ou le PRG, soutiens de David Fournier, ont fait un casus belli de ce rapprochement. « Je pense qu’il y aura une majorité pour une alliance, on est confronté à principe de réalité si on ne le fait pas, c’est la défaite assurée face à la droite et l’extrême droite », confiait-on dans l’entourage du candidat peu après 23h30. Avec la perspective d’une très longue nuit quant à la mise en place d’une nouvelle liste devant respecter les équilibres de chacun. Dimanche soir, Olivier Faure, patron des socialistes, a récusé tout « accord national » avec LFI mais a laissé la place à des ententes au cas par cas.

    Loin de ces maux de tête, Olivier Galzi savoure. « Ils feront bien ce qu’ils veulent, je ne me suis jamais positionné par rapport aux autres mais dans l’intérêt des habitants qui, dans tous les quartiers m’ont placé en tête, constate l’ex-journaliste TV. Mettre en tête un mouvement qui n’existait pas il y a six mois et sans étiquette politique est inédit et prouve qu’il y a une volonté de renouveau. » Quant à Anne-Sophie Rigault, elle semble une nouvelle fois vouer à jouer les opposantes lors du prochain mandat.

  • [Vaucluse] L’extrême droite veut s’enraciner

    [Vaucluse] L’extrême droite veut s’enraciner

    Avec 4 députés vauclusiens RN sur 5 ou Jordan Bardella qui réalise 40% lors des dernières européennes, le Vaucluse a sa préférence nationale. Localement, l’implantation est plus complexe mais, municipales après municipales, des mairies sont glanées et jamais perdues, à l’exception notable de Bollène, gérée par Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud) de 2008 à 2020 avant qu’Anthony Zilio, à la tête d’une liste allant du centre gauche à la droite, ne reprenne la mairie.

    Jusqu’à trois listes à Bollène

    et Carpentras

    Après Orange en 1995, Camaret et Le Pontet en 2014, puis Morières en 2020, l’extrême droite entend conquérir d’autres communes. Pour ce faire, 25 listes ont été déposées, contre 17 il y a six ans. Les principales villes (Avignon, Apt, Carpentras, Orange, Cavaillon, L’Isle-sur-la-Sorgue) sont pourvues, de même que plusieurs du Grand Avignon (Morières, Le Pontet, Entraigues, Vedène) mais aussi nouveauté, des communes plus petites comme Pernes-les-Fontaines, Le Thor ou Châteauneuf-de-Gadagne, qui compte 3 500 habitants. Avec, en toile de fond, la quête de grands électeurs pour peser au Sénat où l’extrême droite ne compte que 4 élus.

    Fait saillant, à Orange avec 2 listes, puis Bollène et Carpentras avec 3 candidats, l’extrême droite est divisée. On pourrait être tenté de se satisfaire de ses dissensions mais cela prouve surtout la notabilisation d’un parti qui il n’y a pas si longtemps peinait à monter des listes aux municipales faute de colistiers suffisants. Dont certains affichent toujours des profils racistes, à l’instar de Christian Richaud à Carpentras, désinvesti après la polémique sur ses tweets, mais toujours candidat. Ou frayant avec les royalistes et l’Action française comme à Avignon ou Morières. « Le RN est scruté par ce que j’appelle les proctologues de la presse d’opinion d’extrême gauche », réagit Hervé de Lépineau, interrogé par La Provence, sur ces profils. Dénigrer l’accusateur pour éviter de parler du fond, une stratégie en vogue au sein de l’extrême droite.

  • [Vaucluse] La droite espère conserver ses derniers bastions

    [Vaucluse] La droite espère conserver ses derniers bastions

    Satellisée à Avignon (lire page précédente), disparue de l’Assemblée nationale, la droite vauclusienne conserve toutefois plusieurs villes d’importance. À Cavaillon, sous giron de la droite depuis 1989, le maire Gérard Daudet se représente. Et comme il y a six ans, il affrontera Bénédicte Auzanot (RN) en principale opposante qu’il avait largement battue au second tour avec 65% des voix. Sauf qu’entre-temps, la représentante d’extrême droite a été élue par deux fois députée. Dans ce duel annoncé, Patrick Blanès (PS, union de la gauche) tentera de bien figurer.

    La sous-préfecture d’Apt, 25 ans de droite au compteur, est aussi scrutée de près. Maire en 2020, Dominique Santoni (LR) a été contrainte de laisser la mairie un an plus tard, une fois élue présidente du Département. Sa successeure Véronique Arnaud-Deloy ne se représentant pas, c’est Jean Aillaud, 1er adjoint, qui a été désigné pour prendre la suite dans la majorité. Une décision longue à maturer où Dominique Santoni sera 2e de liste. Là aussi, l’extrême droite a monté une liste au dernier moment et risque d’affaiblir la droite classique qui a, en face, deux listes DVG. Ce vendredi, dans une vidéo, Dominique Santoni, s’est dite « révoltée, triste, désabusée » face « aux attaques personnelles, mensonges, documents manipulés, tracts anonymes » qui proviendraient de l’extrême droite.

    Une domination sénatoriale

    à garder

    Du côté de L’Isle-sur-la-Sorgue, Pierre Gonzalvez (LR) vise un 4e mandat consécutif. Le président de l’Association des maires de Vaucluse a trois adversaires face à lui, dont le RN et une liste d’union de gauche. Enfin, à Vaison-la-Romaine, les électeurs auront le même choix qu’en 2020 entre le maire sortant Jean-François Périlhou, président des LR 84, et la conseillère départementale Sophie Rigaut (PS). De ces résultats dans les communes donneront le La pour les sénatoriales de septembre, où la droite a deux sénateurs sur trois.