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  • Avignon : Claude Le Roy donne le coup d’envoi du mandat

    Avignon : Claude Le Roy donne le coup d’envoi du mandat

    À 78 ans, Claude Le Roy retrouve un banc. Les amateurs de foot pourraient être surpris de l’apprendre mais en réalité l’ancien joueur et surtout entraîneur, connu pour avoir dirigé de nombreuses sélections africaines, ne reprend pas les rênes d’une équipe. Ce samedi, il prendra place sur les bancs du conseil municipal d’Avignon, où il a été élu dimanche dernier. Ou même réélu, après avoir brièvement siégé en 2001 dans l’opposition avec l’équipe d’Élisabeth Guigou (PS). Cette fois, Claude Le Roy a été sélectionné par Olivier Galzi (DVD). « Il sait très bien que je suis un mec de gauche, on ne partage pas les mêmes opinions sur tout, mais Olivier est une chance pour cette ville, c’est un capitaine fédérateur », estime Claude Le Roy, jamais encarté, mais qui a baigné toute son enfance dans le communisme avec un père, François, plusieurs fois candidat PCF aux législatives ou cantonales d’alors dans l’Eure dans les années 60. Une des premières personnes prévenues une fois son choix de soutenir Olivier Galzi fut « Cécile Helle, une amie, qui a fait de belles choses ».

    « Rendre hommage aussi à l’opposition »

    Ce samedi, Claude Le Roy jouera pourtant les capitaines de la matinée. Comme l’impose la loi, le doyen de l’assemblée présidera l’installation du conseil municipal. « Hélas, hélas, ça me ramène à un principe de réalité sur mon âge, vous vous rendez compte j’ai 60 ans d’écart avec la benjamine [Cyrine Blanc, 18 ans, élue aussi de la liste Galzi] qui sera aussi à mes côtés », sourit-il. L’expérience de Claude Le Roy lui permet d’aborder ce rendez-vous sans appréhension. « Ça n’a rien à voir avec une finale, mais il y a tout un protocole à respecter, j’ai passé mercredi une heure et demie en mairie avec tous les services juridiques », détaille-t-il. Celui qui a joué quelques saisons à l’Olympique avignonnais dans les années 70 remettra l’écharpe à Olivier Galzi à l’issue du vote. « Il faut que l’installation se fasse de façon très républicaine, courtoise, élégante, que tout se passe bien, en rendant hommage aussi à l’opposition, parce qu’ils ont tous bossé », prévoit-il.

    Dans la future majorité, Claude Le Roy ne compte pas jouer les premiers rôles. « Au départ, je voulais être 53e de liste [dernier], je suis finalement l’avant-dernier élu, je ne serai pas adjoint, je pense être utile dans le sport ou l’attractivité », ne s’avance-t-il pas encore dans l’attente des délégations qui ne viendront qu’un peu plus tard.

  • À Avignon, Olivier Galzi se prépare à changer de costume

    À Avignon, Olivier Galzi se prépare à changer de costume

    Contrairement à dimanche, le vote prévu ce samedi matin, à l’Hôtel de ville d’Avignon, ne devrait réserver aucune surprise. C’est ce jour-là qu’Olivier Galzi deviendra officiellement maire d’Avignon, lors du conseil municipal d’installation, où les nouveaux élus voteront pour désigner le maire et ses adjoints.

    Depuis ce lundi, le désormais ex-candidat DVD s’attelle à préparer son entrée en mairie et endosser un nouveau costume. « Ma troisième vie », dit-il à Vaucluse Matin, après une carrière de journaliste, notamment sur France 2 comme présentateur du JT, puis de vice-président d’Edeis, société de conseil et ingénierie auprès des collectivités locales.

    « Il a la volonté de bien faire les choses, ne pas se précipiter », indique-t-on dans son entourage au sujet de cette semaine de tuilage au cours de laquelle il doit rencontrer, ce mercredi matin, la maire sortante Cécile Helle, pour une première présentation des rouages municipaux. La construction de son cabinet est aussi en cours, avec un directeur en passe d’être intronisé et qui n’était pas dans son équipe de campagne. Romain Lautier, qui pilotait sa campagne, ne prolongera pas l’aventure.

    Au conseil municipal, Olivier Galzi disposera d’une majorité de 38 élus, qui devront s’engager sur une charte éthique autour de l’intégrité. Doyen des conseillers municipaux et issu de sa liste, l’ex-entraîneur de foot Claude Le Roy, déjà élu lors de la mandature 2001-2008 dans l’opposition de gauche d’alors, sera chargé de présider ce premier conseil municipal. La liste de David Fournier (PS) obtient 10 élus. Il n’est pas exclu que deux groupes de gauche se montent, entre les 6 issus initialement de sa liste et les 4 venus de celle portée par Mathilde Louvain (LFI). Le RN et ses 5 conseillers compléteront le casting.

    Dans son discours d’investiture, Olivier Galzi dévoilera la liste de ses premières décisions, qui tourneront autour de son triptyque sécurité-propreté-circulation. Un audit des finances sera certainement commandé, même si la chambre régionale des comptes rendra bientôt un rapport sur la gestion de la Ville. « La tâche est immense », disait-il, dimanche soir, avec la volonté de « rassembler », aussi bien les équipes municipales – là aussi une priorité de rencontres à venir – que l’opposition, « car les Avignonnais n’ont pas besoin de logique partisane ».

  • À Avignon, trois enseignements d’un scrutin inédit

    À Avignon, trois enseignements d’un scrutin inédit

    Olivier Galzi, la stratégie payante

    Quand, au cœur de l’été dernier, le nom d’Olivier Galzi a jailli comme possible candidat à la mairie, la circonspection dominait. Que vient faire cet ancien journaliste TV, passé ensuite dans le groupe d’ingénierie auprès de collectivités locales Edeis et qui possède aussi sa propre société de conseil en relations publiques ? S’il a passé une bonne partie de sa jeunesse à Avignon, Olivier Galzi ne s’était jusque-là jamais impliqué dans la vie locale au sens large. À l’instar de Patrick de Carolis à Arles, ex-PDG de France TV devenu maire en 2020, Olivier Galzi aura donc réussi son pari.

    Novice en politique, sans soutien officiel de partis politiques, il insistait quelques minutes après s’être annoncé vainqueur sur le volet historique de sa victoire. « Le défi continue », commente-t-il, regardant dans le rétroviseur d’une demi-année, « où on est arrivé face à des partis structurés là depuis longtemps, qui avaient cultivé leurs réseaux et qui étaient persuadés de n’être jamais délogés ». Tout de même bien marqué à droite, avec une équipe de campagne ayant œuvré dans ces cercles-là et quelques colistiers aussi, Olivier Galzi a aussi profité de la défection, en novembre, de Julien Aubert (LR). Il a donc su aimanter et mobiliser l’électorat qui avait le plus envie de changement après douze ans de gestion de Cécile Helle (PS).

    Après être arrivé en tête au 1er tour sans creuser de forts écarts, la différence s’est opérée dans l’entre-deux-tours, où il a clairement donné le tempo, invisibilisant Anne-Sophie Rigault (RN), en perdition de voix (-800 en une semaine), pour se poser en alternative la plus crédible à la liste d’union à gauche. À l’image de ce que sait faire la gauche quand elle appelle au vote utile et faire barrage à l’extrême droite, Olivier Galzi a utilisé la même recette en « jouant sur les peurs », selon Anne-Sophie Rigault, pour dénoncer « l’alliance PS-LFI de la honte ». Avec un rassemblement dit citoyen, jeudi dernier, dans la plus pure tradition de la gauche. Dimanche soir, au sein de la gauche candidate, bien qu’en déplorant « une campagne dégueulasse », on ne pouvait que s’incliner face à « une stratégie de com’ qui a bien fonctionné ».

    À gauche, une fusion utile, mais sans dynamique

    Comme à Toulouse ou Limoges, où les listes PS et LFI ont fusionné, l’alliance n’a pas été couronnée de succès non plus à Avignon. Quasiment à égalité au premier tour (234 voix d’écart), David Fournier (PS, 19,89%) et l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) se sont rapidement mis d’accord pour poursuivre la campagne ensemble. Sur le papier, le cumul des voix pouvait permettre de nourrir de sérieux espoirs de victoire.

    À l’arrivée, le calcul était plutôt bon, puisqu’en une semaine, la gauche progresse de 450 voix et récolte 38,01% des suffrages. Bien, mais largement insuffisant face au boom dix fois plus important d’Olivier Galzi (+4 454 voix), alors que la participation a cru de 3,6 points. Dimanche soir, personne ne remettait en cause cette stratégie d’union, préalable indispensable pour espérer l’emporter à condition qu’une dynamique s’enclenche. « Il y a eu des réflexes réactionnaires à l’œuvre », analysait David Fournier à chaud, faisant un parallèle au national avec Toulouse, Limoges ou Poitiers. Mais au-delà de cet entre-deux-tours, une partie de la défaite réside aussi dans une ambiance fin de règne, où la course à la succession de Cécile Helle a laissé des traces, tandis que les insoumis et leurs partenaires gagnaient aussi du terrain. Durant de trop longs mois, les habitants ont assisté au bal des prétendants, la situation ne se décantant vraiment qu’un mois avant le 1er tour, avec le renoncement de Paul-Roger Gontard. Pendant ce temps-là, Olivier Galzi a pu imprimer auprès de la population.

    Une participation

    à revoir

    Avec 51,25% de participation dimanche, Avignon enregistre un léger mieux de 3,6 points, soit quelque 2 000 votants de plus. Mais on reste très loin de 65,4% des municipales de 2014 ou des 60,7% du second tour des législatives de juillet 2024. C’est là aussi que la gauche a joué une partie de sa défaite en ne mobilisant pas assez les quartiers dits populaires. Par exemple, au groupe scolaire Louis-Gros, bureau le plus faible en votants (32,53%), David Fournier réalise 58,39%. Son plus gros score est à Saint-Chamand (65,95%), là où seulement 33,15% des inscrits se sont déplacés. Lors des législatives, la participation était presque de 54% dans ce bureau, qui avait alors très massivement voté pour Raphaël Arnault. À l’inverse, Olivier Galzi fait le plein en centre-ville, comme à l’école Bouquerie, où il enregistre son meilleur score (63,29%) dans le bureau qui a le plus voté (68%).

  • En Vaucluse, cinq nouvelles villes conquises

    En Vaucluse, cinq nouvelles villes conquises

    L’histoire bégaye. En 1995, Jacques Bompard avait offert au FN d’alors une de ses premières mairies en France, à Orange, à la faveur d’une triangulaire. Une situation qui s’est reproduite en 2014, où Camaret et Le Pontet ont basculé à l’extrême droite lors d’un second tour à trois candidats. En 2020, la gauche avait été divisée lorsque Morières a viré brun. Ce dimanche, le scénario s’est reproduit à Carpentras, miné par la division à gauche de deux désormais ex-maires, et Monteux, où le RN s’est imposé en triangulaire.

    Municipales après municipales, l’extrême droite glane ainsi des mairies sans en perdre. Le cas orangeois mis à part, où Jean-Dominique Artaud (RN) a fini par mettre fin à plus de 30 ans de Bompard, une autre extrême droite, le parti lepéniste, s’implante. Après Le Pontet et Camaret en 2014 (lire aussi ci-dessous), où leurs maires Joris Hébrard et Philippe de Beauregard entament une 3e mandat, puis Morières en 2020 – Grégoire Souque a été réélu dimanche dernier, le RN a conquis cinq communes : Orange par Jean-Dominique Artaud, Carpentras avec le député Hervé de Lépinau – qui devra être remplacé à l’Assemblée par sa suppléante -, Monteux qui a élu Patrice de Camaret, Bédarrides avec Guillaume Taddio et Aubignan, gagnée par la conseillère départementale Marie Thomas de Malleville.

    Il s’en est fallu de très peu à Apt (16 voix) et Cavaillon (47 voix) pour que deux autres grandes communes ne basculent à l’extrême droite, mais finalement conservées par la droite (lire page suivante). En revanche, Louis Bonnet, maire sortant de Mazan, soutenu par le RN, a été battu par Stéphane Claudon (DVC). Pas de quoi consoler le camp progressiste qui a donc vu Carpentras, 2e ville la plus peuplée du département, s’offrir à Hervé de Lépinau. Contrairement à la gauche, l’extrême droite a su mettre de côté ses divisions dans l’entre-deux-tours pour unir ses trois listes. Sans cette fois trouver à redire au soutien de Christian Richaud-Simoni, le candidat initial du parti débranché suite à l’affaire des tweets racistes et injurieux. Ce dernier, bien que non-colistier, était présent dimanche en mairie, bras dessus-dessous avec Hervé de Lépinau. Bien moins radioactif que quand le RN l’avait désinvesti, pour des propos « en totale contradiction avec les valeurs et le projet portés par le RN », selon Thierry D’Aigremont, délégué du RN 84 et désormais conseiller municipal à Carpentras.

    Sénat et intercommunalités en ligne de mire

    « Ma ligne de conduite, c’est l’écoute, je ne ferai rien de violent », promet Hervé de Lépinau, qui devrait endosser l’habit de maire, ce vendredi soir, à l’issue du conseil municipal d’installation. Une réponse au sujet de sa future politique associative, dont les subventions et leurs orientations sont de véritables marqueurs (lire notre enquête du 13 février sur le sujet au sein des municipalités d’extrême droite du Sud-Est). « Plus que jamais, le RN est le premier parti de Vaucluse », s’enorgueillit le RN 84 dans un communiqué, se targuant d’obtenir 300 élus. Maire sortant et sorti, Serge Andrieu (DVG) redoute que « ce résultat, ce sont les plus faibles, les plus précaires, qui en paieront le prix pendant les prochaines années ». Dans un communiqué, relayé aussi par Julien Guérin, secrétaire de la section PCF et colistier de Serge Andrieu, celui-ci estime que « l’heure est donc désormais celle d’une nouvelle génération, qui doit organiser l’opposition à l’extrême droite ».

    Du côté de Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région, on a une tout autre lecture des chiffres du RN. « En Vaucluse, sur 151 communes, le RN a échoué dans sa conquête. Il dispose aujourd’hui de huit communes, soit moins de 6% des communes du département », préfère voir Renaud Muselier dans un communiqué, alors que Jacqueline Bouyac, une de ses vice-présidentes à la Région, est réélue de justesse, dans l’opposition cette fois, aux côtés de Serge Andrieu. En attendant certainement l’élection d’un sénateur en septembre, les hauts scores du RN pourraient aussi lui permettre de gérer des intercommunalités, comme c’était déjà le cas à Orange. La Cove à Carpentras, actuellement présidée par Jacqueline Bouyac, ou les Sorgues du Comtat (Monteux, Camaret) sont des cibles possibles.

  • À Avignon, Olivier Galzi déloge la gauche de l’hôtel de ville

    À Avignon, Olivier Galzi déloge la gauche de l’hôtel de ville

    « Sunday bloody sunday. » Il est un peu plus de 19h, ce dimanche soir et la sono du pub du centre-ville où la gauche a installé son QG d’un soir recrache le fameux tube de U2. Un titre annonciateur au vu de la tête des quelques militants et responsables de campagne dont les visages fermés tranchent avec ceux entraperçus quelques minutes plus tôt à quelques mètres de là chez Olivier Galzi (DVD). Les premières centaines de bulletins favorables à la droite seront confirmées par l’issue finale : Olivier Galzi remporte la mairie avec 40,62% des voix, une progression de 13 points en une semaine. Il devance la liste de David Fournier (PS, 38,01%) qui avait fusionné lundi dernier avec celle de Mathilde Louvain (LFI). Une alliance qui a fonctionné puisque la gauche en cumulé gagne 400 voix. L’ex-journaliste TV semble avoir profité du net recul de la candidate RN, Anne-Sophie Rigault. Elle passe de 25,52% à 21,37% (-800 voix) malgré une participation en hausse de 4%. Anne-Sophie Rigault perd plus de 10 points par rapport à son score de 2020, passant de 8 à 5 élus au prochain conseil municipal.

    Lors de l’installation du conseil municipal prévu en fin de semaine, Olivier Galzi devrait donc succéder à Cécile Helle, maire (PS), qui ne se représentait pas après deux mandats. Nouveau venu sur la scène politique, entré en campagne en septembre avec la volonté de dépasser les partis, Olivier Galzi aura réussi son pari : « Ce vote est l’expression d’une volonté de changement, du refus des alliances politiciennes et partisanes, placer une liste sans étiquette, sans partis structurés derrière, c’est arrivé nulle part dans la grande histoire politique d’Avignon, un nouveau chapitre s’ouvre », réagit Olivier Galzi, sous les vivats de son QG. Interrogé sur la virulente dernière semaine de campagne, où il a qualifié la fusion PS-LFI « d’alliance de la honte », le futur maire estime qu’il « n’y a pas de fracture à Avignon, nous avons de très bons résultats dans tous les quartiers ». Se sent-il redevable envers l’électorat d’extrême droite ? « Je ne connais pas le pedigree des électeurs qui ont voté pour moi », minore Olivier Galzi promettant d’être « le maire de tous les Avignonnais, même ceux qui n’ont pas voté pour moi ».

    À gauche, les visages sont fermés. Au pub de la place Pie, certains candidats peinent à masquer leurs larmes. D’autres évacuent la défaite en chantant. « C’est un hold-up », fulmine Rémy Blanc (PCF) qui siégera dans l’opposition. Trop tôt encore pour se livrer à une introspection et savoir « pourquoi les quartiers populaires ne se sont pas assez mobilisés, j’espère qu’ils ne seront pas maltraités ». « Sa stratégie de com’ a fonctionné », déplorait-on dans l’équipe de campagne de Mathilde Louvain au sujet d’Olivier Galzi, où chez ce dernier, on se félicitait d’avoir donné le tempo de cet entre-deux tours en cornerisant totalement Anne-Sophie Rigault.

    La gauche sonnée mais prête au combat

    Après une pensée pour « les habitants qui ont perdu, car le projet de M. Galzi va les mettre en difficulté », Mathilde Louvain pointe la campagne très droitière du vainqueur. « Il a dragué l’électorat du centre gauche puis du centre droit avant d’appeler les électeurs RN à voter pour lui, il se révèle être le candidat de la droite extrême », analyse l’insoumise, assurant qu’elle sera « au combat pour porter nos valeurs dans l’opposition ». De son côté, David Fournier est resté dans son local de campagne, pas le cœur à une grande réunion à gauche, mais digne dans la défaite. « Je n’ai pas le droit de flancher pour eux », souffle-t-il en écho aux colistiers et militants. Lui aussi, note « un siphonnage des voix du RN par Olivier Galzi ». « Par rapport à nos 11 000 électeurs, nous avons le devoir de poursuivre notre action et nous serons très attentifs aux urgences sociales et environnementales face au démantèlement programmé des services publics ainsi que dans la lutte contre le clientélisme », prévient l’adjoint au maire sortant.

    Même s’il ne met pas sa défaite sur ce compte-là, David Fournier dénonce « une campagne sale et détestable, où on m’a traité d’antisémite, d’avoir du sang sur les mains, je ne tolérerai aucune illégalité ». Des plaintes pour diffamation devraient être déposées par Mathilde Louvain et David Fournier contre Olivier Galzi. La possibilité d’un recours était aussi envisagée pour infraction au code électoral. Dans la nuit de vendredi à samedi, des panneaux de campagne ont été recouverts avec des affiches « l’extrême gauche tue, PS-LFI complices » et la permanence du député Raphaël Arnault (LFI) a aussi été vandalisée.

  • À Cavaillon, le RN tape à la porte face à la droite sortante et la gauche maintenue

    À Cavaillon, le RN tape à la porte face à la droite sortante et la gauche maintenue

    Une triangulaire où le maire sortant, Gérard Daudet (DVD, 38,16%) devra rattraper cinq points sur la députée RN, Bénédicte Auzanot en tête (43,91%). Loin derrière, Patrick Blanès (PS) pour l’union de la gauche s’est maintenu (17,93%). Et ce malgré les différents appels et pressions à se retirer de la part même du PS, Génération.s et LFI qui enjoignent jusqu’à voter Gérard Daudet. Le sénateur PS Lucien Stanzione (lire page 17) demande, lui, de ne pas présenter de bulletins.

    La liste de gauche baptisée L’Elan citoyen a pourtant décidé à l’unanimité des colistiers, dont le PCF, de se maintenir. « Parce que notre liste est la seule liste de gauche face à deux listes de droite portant des programmes similaires, réagissent les colistiers. Ce maintien est incontournable pour reconstruire une gauche invisible à Cavaillon depuis 25 ans. Il est aussi primordial de faire preuve de courage et refuser l’injonction qui nous a été faite de nous retirer et de laisser la place. » Difficile de mesurer dans ce contexte l’issue du scrutin, entre sursaut citoyen ou pas et cas de conscience à gauche : voter pour ses idées ou contre un parti honni.

  • À Avignon, rassemblée, la gauche peut espérer

    À Avignon, rassemblée, la gauche peut espérer

    La semaine dernière, nous notions que David Fournier devra déjouer les statistiques. Car au cours des quatre dernières décennies, chaque maire nouvellement élu à Avignon était issu d’un bord politique différent du sortant. Ce dimanche, l’actuel adjoint de la maire Cécile Helle (PS) – qui ne se représente pas après deux mandats -, a un fort espoir de faire mentir l’histoire politique. Arrivé 3e au premier tour (19,89%), il a devancé de seulement 234 voix, l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) avec qui il a fusionné sa liste à l’issue d’une nuit blanche d’échanges, lundi matin. Devant, Olivier Galzi (DVD) a fait la course en tête (27,04%), suivi par le RN d’Anne-Sophie Rigault (25,52%). Plus loin derrière, pas en position de se maintenir, Stéphan Fiori (DVD, 7,39%) et Stéphane Geslin (Parti des travailleurs, 1,14%) ont fermé la marche.

    Mais le vrai vainqueur de ce 1er tour reste l’abstention, largement majoritaire (52,34%). Avec de fortes disparités. En centre-ville, là où Olivier Galzi a souvent fait le plein, on atteint par exemple 64% de participation avec 40% des suffrages pour le candidat de droite à l’école Bouquerie. À l’inverse, dans les quartiers populaires, les urnes ont été boudées avec certains bureaux à plus de 70% d’abstention. Comme aux Olivades, où le cumul gauche arrive à 60%. Le regain citoyen attendu sera une des clés d’un scrutin qui s’annonce malgré tout indécis. Dès dimanche, chaque candidat annonçait partir à la quête aux abstentionnistes, réservoir de voix bien plus important que les 7% d’électeurs de Stéphan Fiori et les 310 voix de Stéphane Geslin.

    Alliance « de la honte » vs « justice sociale »

    « Aux urnes citoyens », tel est également le message d’Olivier Galzi qui a paraphrasé et chanté, jeudi soir devant l’Hôtel de ville, l’hymne national. L’ex-journaliste TV a, dans cet entre-deux tours, misé sur un rejet de l’alliance « de la honte » PS-LFI qu’il n’a eu de cesse de dénoncer avec force, caricature et parfois « propos diffamatoires » selon David Fournier et Mathilde Louvain. Côté RN, Anne-Sophie Rigault est restée dans son couloir, renvoyant la gauche et Olivier Galzi, « un Macron local », dos-à-dos.

    À gauche, l’union est apparue comme une évidence tant par l’étiage similaire du 1er tour que par les personnalités non clivantes des deux têtes de listes. « On a fait ce que nous devions faire en tant que leaders responsables, c’est-à-dire l’union des gauches », assume David Fournier qui a reçu l’aval national du PS bien que ce dernier récusait tout accord PS-LFI à l’échelle du pays. Notons déjà qu’en cas de victoire, les 9 élus possibles issus des insoumis ont annoncé vouloir faire un pas de côté en créant un groupe autonome, sans revendiquer de délégations, mais promettant « loyauté » tant que le cap du programme est maintenu. Un projet de « justice sociale » martelé encore toute la semaine.

    Reste à voir comment cette addition se traduira dans les urnes. Bien souvent, arithmétique ne rime pas totalement avec politique. Surtout, comme l’espère Olivier Galzi, si des électeurs du RN préfèrent finalement tabler sur un vote utile à droite en choisissant le candidat le mieux placé pour l’emporter au détriment de leur favorite initiale. Une chose est sûre, « ce dimanche, Avignon sera scruté », conclut Olivier Galzi.

  • À Apt, la droite va tenter de rester en tête dans une quadrangulaire incertaine

    À Apt, la droite va tenter de rester en tête dans une quadrangulaire incertaine

    À Apt, tout juste 309 voix séparent la liste arrivée en tête dimanche de… la 4e et dernière. Le tout sur 4 000 votants (55% de participation). Autant dire que les jeux restent très ouverts pour les 4 mêmes listes inchangées qui se présentent à nouveau : Jean Aillaud (DVD, 29,02%), premier adjoint actuel qui fait équipe avec la présidente LR du Département et ex-maire Dominique Santoni, Patrick Bonnet (extrême droite, 25,02%), Christophe Carminati (classé DVG mais plutôt SE, 24,51%) et Céline Celce (DVG, 21,45%).

    Dans une campagne où l’extrême droite tape très fort sur la droite, qui s’en plaint fermement, les deux listes proches de la gauche n’ont pas réussi à s’entendre pour fusionner et espérer en théorie accéder à la mairie. Et ce malgré les multiples tentatives de Céline Celce, Christophe Carminati proposant comme seule solution le retrait de sa concurrente.

  • À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    Au premier tour, on choisit, au second on élimine », lâche, un fin observateur de la vie politique locale ce jeudi soir à Avignon. Et ce quelques minutes après la fin du rassemblement organisé par Olivier Galzi. Là où le candidat DVD, dans son propos, fait tout pour éliminer l’alliance de gauche, scellée lundi soir entre les listes de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI).

    À trois jours du terme de l’élection, l’heure n’est plus à convaincre sur son programme mais à dénigrer les adversaires dont la fusion donne, en théorie, des chances à la gauche de conserver la ville. « Les deux listes ont décidé de mettre leur force en commun pour contrer cet élan populaire », déplore Olivier Galzi, arrivé en tête (27,04%) devant le RN (25,52%) et les listes de gauche à un peu plus de 19% chacune. Si cette fois, le candidat évite de reparler de « sang sur les mains », il garde un ton inquisiteur.

    « David Fournier a vendu notre ville et les idéaux de son parti, ceux de Jaurès et de Blum, qui prônaient l’universalisme, le républicanisme et la laïcité », fustige l’ex-journaliste TV pour qui le PS s’est compromis avec LFI, « un parti qui justifie la violence en politique et en s’alliant avec une candidate extrémiste, soutenue par un député condamné pour violences volontaires en réunion ». En clair, voter David Fournier serait faire entrer le chaos à l’Hôtel de ville. Ce dernier s’est déjà défendu (lire page suivante) : « J’en appelle au sens des responsabilités que ce monsieur se calme un petit peu, parce qu’il va diviser les Avignonnais », réplique David Fournier.

    Alors que LFI en cas de victoire aura un groupe autonome sans délégations, Olivier Galzi prédit que « la moitié de la liste de David Fournier entrerait dès le lendemain en opposition avec lui ». La réalité est plus nuancée car ce groupe ne concernait que les insoumis, soit 9 potentiels élus, les autres étant des partenaires engagés au sein de l’exécutif municipal. Qu’importe, en grossissant le trait et jouant sur les peurs, le candidat DVD espère rallier à sa cause et siphonner une partie de l’électorat RN qui miserait sur un vote utile d’alternance quand bien même Olivier Galzi ne serait pas leur premier choix. « Le prochain maire dont Avignon a besoin, ce n’est pas un maire qui sera la marionnette d’une petite frappe, mais d’un maire qui protège », n’hésite-t-il pas à clamer. Sans fournir de protection aux coups portés à la gauche.

  • [Entretien] David Fournier : « Être maire, c’est protéger et fédérer toute sa population »

    [Entretien] David Fournier : « Être maire, c’est protéger et fédérer toute sa population »

    Arrivé 3e dimanche soir (19,89%) derrière le RN (25,55%) et la droite (27,04%), l’actuel adjoint sortant de Cécile Helle a fusionné sa liste avec celle de l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) permettant d’espérer conserver la ville à gauche. Pour La Marseillaise, il revient sur les conditions de cette alliance et les perspectives d’une éventuelle majorité en précisant des points programmatiques.

    La Marseillaise : Avez-vous été déçu des résultats du 1er tour ? Est-ce une forme de rejet du bilan de la majorité ?

    David Fournier : Je vois le vote en globalité. J’ai une perte de voix dans les quartiers populaires qui ne se sont pas mobilisés comme ils auraient dû l’être. Il y a donc un potentiel à gauche encore très fort car la mobilisation n’a pas été totale. Quant au bilan, je continue à le défendre. Il ne nous a pas desservis puisque la gauche continue à avoir le socle le plus important aujourd’hui. Je suis fier de ce qu’on a pu porter sur un grand nombre de réalisations, toutes les enceintes sportives, ce qu’on a fait dans les écoles, ce qu’on a engagé sur le plan réseau de fraîcheur et de chaleur, sur le renforcement des finances de la ville.

    Pourquoi cette alliance était nécessaire ? On voit bien au plan national que c’est à géométrie variable, cela ne donne-t-il pas l’impression de tambouille auprès des électeurs ?

    D.F. : On a fait ce que nous devions faire en tant que leaders responsables, c’est-à-dire l’union des gauches. Les Avignonnais nous l’ont demandé par les résultats du 1er tour. Pendant toute la campagne, on a toujours été respectueux, nous avons tous les deux [avec Mathilde Louvain] des appétences sociales et on s’est vite retrouvés programmatiquement. Quand Olivier Faure [1er secrétaire national du PS] dit pas d’accord national avec LFI, ça ne veut pas dire « non à un accord local ». Je crois que les Avignonnais ne pensent pas à ces choses. Ils regardent ce qu’on va faire pour leur commune, pas ce qu’il se dit sur la politique nationale.

    Cette union vous vaut d’être accusé de perdre vos valeurs et d’avoir du sang sur les mains par Olivier Galzi (DVD)…

    D.F. : Je fais toutes les campagnes à Avignon depuis 1989. Je n’ai jamais vu un tel niveau de violence, de propos mensongers de la part d’un candidat, voire d’accusations infondées et que j’estime diffamatoires. J’en appelle au sens des responsabilités, que ce monsieur se calme un petit peu, parce qu’il va diviser les Avignonnais. Et quand on brigue la première fonction d’une commune, on doit avoir un rôle protecteur et fédérateur de l’ensemble de sa population. Le costume est trop grand pour lui. Dans la difficulté, il perd les pédales, il ne se maîtrise plus. C’est très dangereux, non seulement pour la commune, mais pour l’ensemble de ses habitants. Quand je parle d’un candidat de droite extrême, il le prouve par ses actes.

    En cas de victoire, LFI aura un groupe autonome, sans délégations. Ne redoutez-vous pas que ça puisse se retourner contre vous ?

    D.F. : C’est vrai que j’ai été assez surpris et même embêté humainement. Sur les 18 élus possibles de leur liste, 9 seraient dans ce groupe et les autres dans le groupe majoritaire. J’en ai longuement discuté avec Mathilde, ils ne veulent pas participer à l’exécutif tout en étant dans une forme de loyauté. Ils s’engagent à voter un certain nombre de choses, sur tous les aspects programmatiques qu’on a élaborés ensemble, y compris la loyauté sur les votes pour les désignations de maire et d’adjoints. Le cap est fixé sur le programme et tant qu’on agira vers ce cap, ils seront en soutien.

    Au-delà de LFI, la majorité sera assez hétéroclite avec certains passifs voire inimités. Est-ce tenable pendant 7 ans ?

    D.F. : Je suis quelqu’un de très ouvert. Mon engagement n’a jamais été conduit pas les ego ni les réactions affectives, mais en fonction des valeurs. Elles sont le socle le plus important pour travailler ensemble. Depuis le début de la campagne, je travaille tous les lundis soir avec toutes les composantes de la liste. On échange ensemble, on évolue. J’ai une volonté de gouvernance partagée. Tous les lundis, je réunirai les adjoints. Tous les 15 jours, avec l’ensemble des élus de la majorité, nous irons sur le terrain à la rencontre des Avignonnais pour rester en contact direct avec eux.

    Sur la question du programme, vous insistez sur la justice sociale avec comme emblème la sécurité sociale de l’alimentation. Qu’est-ce concrètement ?

    D.F. : Je ne cesse de le répéter : 70% de la population est éligible au logement social et le taux de pauvreté atteint 30%. Nous sommes la seule liste en capacité de répondre aux besoins de la population, car ni Olivier Galzi ni Anne-Sophie Rigault (RN) n’en ont parlé dans leur programme, ou alors rajouté à la va-vite. Le constat, c’est qu’un certain nombre d’habitants sont privés de repas de qualité. On y pallie avec les enfants depuis la remunicipalisation des cantines qui a permis de baisser les tarifs : un enfant sur deux mange pour moins d’un euro. Avec des conventions, comme celle de la chambre d’agriculture, on travaille en circuits courts avec des produits de qualité. Le but est, avec aussi le projet d’une nouvelle cuisine centrale, de développer la potentialité de livraison de repas à d’autres populations, comme les étudiants ou les personnes âgées. Les étudiants, même s’il existe le repas à un euro, ils ont à 5 euros près dans le mois donc on se doit de les protéger. L’autre aspect de cette sécurité sociale, concerne l’eau dont on souhaite le retour en régie publique. Avant la privatisation dans les années 80, la régie rapportait un million de francs par an, ce qui a permis d’investir sur les réseaux et infrastructures. Il faut aussi revoir la tarification qui pénalise les grandes familles ou l’hôpital d’Avignon car plus on consomme, plus on paye. C’est une hérésie.

    La gratuité des transports est aussi évoquée. Sous quelles conditions et comment la financer ?

    D.F. : Il faut y aller par étapes en commençant par les moins de 25 ans. Cela donne un impact indirect en pouvoir d’achat. Cela engage aussi en mobilités douces, donc il y aura moins de pollution. L’idée à terme c’est d’avoir la gratuité pour tous les habitants du Grand Avignon. Il faut tenir compte des finances de l’agglomération, où 90 millions d’euros d’investissements n’ont pas été réalisés. On souhaite des marqueurs différents que ce qui existe aujourd’hui.

    Avignon n’a pas les manettes sur l’exécutif de l’agglo. Pourquoi ça changerait alors que quasiment tous les maires sortants du Grand Avignon ont déjà été réélus dimanche ?

    D.F. : On discute déjà avec différents maires, il y a des évolutions dans leurs orientations. Je ne m’engage pas sur le fait qu’Avignon puisse avoir la présidence. Si on vient d’une façon hégémonique, ça ne marchera pas. On construira ensemble à partir du plus petit dénominateur commun, sans rien imposer. Il faut s’écouter les uns les autres, phaser certains projets. Certains dans ma future majorité sont peut-être intéressés mais je n’ai pas de candidat à proposer, je veux d’abord que l’ensemble des élus commencent à discuter, je suis dans l’écoute de toutes les hypothèses. Du moment que les aspects programmatiques qu’on demande sont validés, peu importe la personne qui les mettra en route.

    Quelle est votre vision à 3 mois, 3 ans et 30 ans d’Avignon ?

    D.F. : Vous avez 3 heures devant vous… ? On enclenchera d’abord la nouvelle structuration de l’administration en fonction de l’orientation du programme. Ce ne sera pas une révolution mais il y aura des nouveautés, comme sur la condition animale qui n’existe pas. Ensuite, on mettra rapidement en place les dossiers qui ne nécessitent pas d’appels d’offres. À 3 ans, j’espère que les petits projets seront réalisés et les autres en ordre de bataille. On sait très bien aussi qu’il y aura des choses non prévues qui nous tomberont dessus donc il faut garder des marges de manœuvre. À 30 ans, je souhaite avoir une ville apaisée en termes de mobilités, je rêve d’une ville végétalisée que l’on prend plaisir à regarder et pas que la vue sur palais des Papes mais bien l’ensemble des quartiers. Et où l’eau prend toute son importance, avec des espaces de fraîcheurs.