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  • La situation chaotique des finances met presque KO la Ville d’Avignon

    La situation chaotique des finances met presque KO la Ville d’Avignon

    Le Festival d’Avignon ne commence que dans trois jours, mais une sacrée pièce théâtrale s’est jouée, ce mardi soir, au cours d’un conseil municipal fleuve. S’il y a eu plusieurs actes (administratifs), le point culminant a été atteint d’entrée sur la partie financière. « Vous êtes habitués du théâtre politique, moi non », lance, goguenard, Olivier Galzi à son opposition, alors que sous les fenêtres de l’hôtel de Ville, la colère gronde. Mais le maire (DVD) n’avait pas vraiment le sourire en évoquant, en préambule, le contenu de l’audit financier, commandé par ses soins et présenté vendredi à la presse.

    « Il y a 20 millions d’euros à trouver, chaque année, pour éviter le mur budgétaire en 2028 ou bien on éteint la lumière », martèle-t-il en redisant vouloir éviter « le levier fiscal » ou « les coupes dans les services publics ». Et alors qu’Anne-Sophie Rigault (RN) se délecte de la situation, rappelant que « depuis des années, je disais que les caisses étaient vides », elle redemande la mise sous tutelle, comme l’avait fait Marie-Josée Roig il y a 30 ans [ex-maire 95-2014]. « La tutelle n’est pas une fatalité, mais une possibilité qu’on essaye d’éviter », assure Olivier Galzi. Le couperet n’est pourtant pas passé loin, ce mardi soir, à l’issue des votes des comptes de gestion et administratifs 2025.

    Le sujet est très technique : le compte de gestion est rédigé par le comptable public, quand le compte administratif (CA) est lui établi par l’ordonnateur public, en l’occurrence le maire. N’acceptant pas « l’héritage », Olivier Galzi a annoncé s’abstenir sur le CA, laissant « libre choix » de vote à sa majorité. Le CA a été rejeté par 22 voix, et seulement 7 pour et 22 abstentions. Ce vote négatif entraîne de fait une saisie de la Chambre régionale des comptes par le préfet. Ce qui, bien souvent, entraîne la mise sous tutelle. Or, le compte de gestion ayant été approuvé et faisant foi, la Ville reste donc maîtresse de ses finances. Un point ayant tout de même entraîné un certain flottement dans l’assistance, Olivier Galzi retirant les délibérations suivantes ayant trait au budget 2026.

    « Il n’y a ni mensonge,

    ni maquillage »

    Avant ce vote, l’ex-majorité de gauche, sous la férule de David Fournier (PS), s’est escrimée à décrédibiliser les conclusions de l’audit. « Le trésorier public, qui a la compétence de l’État pour validation des finances d’une collectivité, a repris et validé toutes les opérations constatées au cours de l’exercice clos, il n’y a donc aucun mensonge, ni maquillage », affirme l’ex-adjoint à l’administration municipale, assurant qu’« en 2014, lorsque nous sommes arrivés aux responsabilités, nous avons trouvé une situation très complexe alors qu’aujourd’hui, elle est saine ». Olivier Galzi ne peut retenir un ricanement, le rebaptisant « David Copperfield », avant de s’agacer et citant plusieurs contre-exemples, sur le montant des dettes cumulées notamment. « Vous êtes absolument nul en gestion ! », accuse le maire.

    Le ton monte aussi avec un autre ex-adjoint (PS), Fabrice Tocabens, sans cesse interrompu dans son intervention. « Vous construisez votre discours dans une logique du chaos, alors que les services de l’État et la Chambre régionale des comptes disent des choses pas trop mal qui ne vous conviennent pas », relève-t-il. « Vous allumez un contre-feu de dramaturgie au lieu d’assumer vos choix politiques avec des postes sur la communication ou la police municipale », embraye Rémy Blanc (PCF), seul du groupe de Mathilde Louvain à avoir voté le compte administratif.

    Le vote du budget supplémentaire, retiré, et qui pourrait revenir au prochain conseil municipal, devrait en dire davantage sur les marges de manœuvre et orientations politiques.

  • Conseil muncipal d’Avignon : pour LFI, « la vraie ruine est sociale »

    Conseil muncipal d’Avignon : pour LFI, « la vraie ruine est sociale »

    « Nous refusons que les arguments financiers servent à légitimer des coupes dans les services publics, il faut politiser les chiffres et les choix de la majorité ne vont pas vers les besoins sociaux », estime Mathilde Louvain au sujet de la « synthèse financière » présentée vendredi par Olivier Galzi (DVD). « Dans une mise en scène ridicule destinée à faire peur et justifier l’austérité, le maire découvre qu’Avignon est une ville pauvre », ironise Khalid El Yousoufi. Quand Olivier Galzi parle de « champ de ruines », l’élu LFI réplique que « la vraie ruine est sociale et écologique ». Le groupe reproche au maire d’être en partie responsable de la situation, sur la foi du rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC). « M. Galzi a fait le contraire des préconisations en embauchant des cadres, en gonflant la masse salariale avec des policiers municipaux, alors que la CRC dit que ce n’est pas un problème d’effectifs, mais de gestion interne », tance Oukacha Rtili.

  • Vaucluse : un parcours de 62 kilomètres à vélo inauguré

    Vaucluse : un parcours de 62 kilomètres à vélo inauguré

    Sur la route, les cyclistes amateurs pourront découvrir les 40 bornes blanches et jaunes qui jalonnent ce parcours dont le dénivelé positif s’élève à 1 495 m.

  • La forte augmentation du tarif de l’eau suscite des remous

    La forte augmentation du tarif de l’eau suscite des remous

    La mesure était dans les tuyaux depuis la fin de la mandature précédente, mais avait été ajournée, en décembre dernier, face au risque de rejet de la délibération. Il est vrai que voter une augmentation du tarif de l’eau et d’assainissement d’environ 20% n’est pas populaire. Comme révélé dans nos colonnes (notre édition du week-end), le Grand Avignon a approuvé, ce lundi soir en conseil communautaire, une hausse de sa part perçue sur la facture d’eau, à compter du 1er août.

    « C’est douloureux, on n’aurait aimé ne pas le faire, mais on n’a plus le choix », confesse Patrick Sandevoir, vice-président (DVD) en charge de l’eau et de l’assainissement. Entre pédagogie et (presque) début de mea culpa, celui qui s’occupait déjà de cette délégation, lors du précédent mandat, rappelle que la part communautaire n’a pas évolué depuis 2019. Si la hausse du tarif eau ne concerne que la moitié des communes (à savoir celles gérées par le Grand Avignon en délégation : Roquemaure, Sauveterre, Pujaut, Villeneuve, les Angles, Avignon, Morières et Jonquerettes), la part assainissement frappe bien l’ensemble des 16 communes de l’agglomération. Ainsi, pour une consommation moyenne type de 120 m3 par an, la facture augmente de 78 euros par an. « On sera à 3,90 euros le m3, soit bien en dessous de la plupart des villes, le prix moyen est de 4,89 euros dans le Vaucluse », essaye de faire avaler Patrick Sandevoir.

    En creux, le vice-président regrette de ne pas avoir pu faire lisser cette hausse depuis plusieurs années. « Sans mauvais jeu de mots, l’eau électrisait le débat », glisse-t-il à l’issue de la séance. « Des décisions auraient dû être prises et ne l’ont pas été », abonde Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon. « Cela fait 3 ans que je tire la sonnette d’alarme, les besoins en investissement sont de 6 millions d’euros par an pour l’eau et 7 millions pour l’assainissement, là on est juste en capacité de faire 3 millions d’euros au total, donc on a annulé des travaux », déplore Patrick Sandevoir au micro. Et de lister la litanie de renouvellement de canalisations. « Par exemple à Entraigues, il faut 800 000 euros pour raccorder la nouvelle prison au réseau, dont 500 000 euros pris en charge par l’État, il faut rapidement enclencher le premier coup de pioche », illustre-t-il.

    « Socialement, ce n’est pas acceptable »

    Si, dans l’opposition, personne ne remet en cause la nécessité d’investir sur le réseau, la gauche dénonce « le coup de semonce considérable pour les ménages les plus pauvres », relève Mathilde Louvain. « Socialement, ce n’est pas acceptable, embraye Rémy Blanc (PCF). Il va y avoir une double peine pour les foyers qui vont subir cette hausse et ne seront pas en capacité de la payer donc ils subiront des pénalités de retard [30 euros]. » L’élu avignonnais pointe aussi le « non-sens écologique » de la hausse. Car, effet pervers du contrat avec le délégataire privé, la part perçue par l’Agglo est liée à la quantité d’eau consommée. Or, celle-ci diminue. Ainsi, « on sanctionne les conduites vertueuses », souligne Rémy Blanc. « Tout ça car le contrat avec Suez a été mal négocié, c’est désastreux », se désole Marie-Anne Bertrand (L’Après), quand David Fournier (PS) aurait souhaité « une tarification par paliers en fonction des revenus ». Patrick Sandevoir rappelle l’existence de chèques eau, dispositif pour les personnes en difficulté.

    Beaucoup d’élus, même dans l’exécutif, à l’instar de Jacques Demanse, maire (PCF) de Sauveterre et vice-président en charge de la transition énergétique, ont appelé à un travail plus étroit avec le Collectif de l’eau. Une dizaine de militants était présente en amont de la séance, avant d’y assister, pour interpeller les élus. « C’est un coup de massue pour les usagers, on convient qu’il y a de gros investissements, mais il aurait d’abord fallu faire un bilan et justifier de tels investissements », estime Bernard Coron, vice-président du Collectif de l’eau.

    La délibération a été approuvée, malgré les votes contre de la gauche et de certains élus RN.

  • [Entretien] Gilbert Garrel : « On démasque l’extrême droite par l’histoire »

    [Entretien] Gilbert Garrel : « On démasque l’extrême droite par l’histoire »

    L’ancien cheminot était l’invité, jeudi, de l’assemblée générale de l’IHS CGT de Vaucluse, à Entraigues (lire ci-contre). Dans un département où le RN est bien implanté, il a animé un débat sur les combats de la CGT contre l’extrême droite.

    La Marseillaise : La CGT a toujours été hostile à l’extrême droite. Pourquoi et comment lutter contre sa progression dans le monde du travail ?

    Gilbert Garrel : L’institut est là pour démasquer l’extrême droite par l’histoire. Depuis toujours, ce que porte l’extrême droite est contraire à ce que défend la CGT : un syndicat internationaliste, pour des valeurs de solidarité, contre toutes les formes de nationalisme de l’extrême droite. On organise ce genre de débat et, surtout, sa diffusion pour démontrer la supercherie de l’extrême droite qui essaie aujourd’hui d’avoir un discours ouvriériste, social. Sur le côté plus présent, il faut mettre en évidence les votes du RN qui s’opposent au progrès social comme sur l’opposition à la revalorisation du Smic ou des retraites indexées sur l’inflation, à la création du Smic européen, à la nationalisation d’ArcelorMittal ou encore le RN qui a laissé passer la loi sur le travail le 1er-Mai.

    Cette dichotomie est-elle encore plus prégnante en regardant l’histoire ?

    G.G. : Historiquement, il y a eu des connivences entre le patronat et l’extrême droite. Dès le début du syndicalisme, le patronat crée les syndicats jaunes, les briseurs de grève. Dans l’entre-deux-guerres, il crée la Confédération française du travail, des nervis de l’extrême droite qui traquaient les syndicalistes, qui obligeaient par la force les travailleurs immigrés à briser les grèves. Dans cette continuité, sous Pétain, il y a l’interdiction des confédérations et du droit de grève. Pendant la guerre d’Algérie, l’OAS a été une force contre la CGT, avec notamment une attaque contre l’UD CGT à Pau. La naissance de Le Pen et du Front national sont promues avec le poujadisme, c’est-à-dire des forces d’extrême droite alliées au patronat. Chaque fois que le patronat se rend compte que la droite classique risque de perdre, que la gauche peut passer, il se tourne vers l’extrême droite pour garantir ses intérêts. La peur du rouge, c’est historique. On retrouve ça aujourd’hui avec le Medef qui reçoit Jordan Bardella. Historiquement aussi, il y a une connivence patronat/extrême droite sur le nationalisme : au lieu de chercher l’ennemi du côté du capital, on va le chercher du côté des travailleurs immigrés pour détourner le regard des ouvriers. L’extrême droite, dans son histoire, a toujours su se métamorphoser et adapter son discours pour gagner les classes populaires. Syndicalement, nous avons un rôle pour éclairer et montrer à miroir comment l’histoire peut se reproduire.

    Vous alertez aussi sur le fait que l’extrême droite se diffuse par plusieurs canaux médiatiques.

    G.G. : Oui, elle a cette capacité à revisiter l’histoire à sa manière. L’extrême droite s’accapare des réseaux, des médias pour permettre une large diffusion de son discours. Par exemple, si on prend la Cité de l’histoire sous l’arche de la Défense à Paris, c’est Amaclio productions qui la gère et la détient, dirigée par l’extrême droite [François Nicolas]. Et si vous allez dans ce musée, qu’est-ce que vous retrouvez ? Hitler a sauvé l’Allemagne du risque du communisme, Pétain a sauvé les juifs français… Tout cela avec le soutien de la Région Île-de-France où on envoie des lycéens. On aussi Pierre-Édouard Stérin, derrière son label des plus belles fêtes de France. Sous l’aspect traditionaliste, on dit qu’il y a les Français de souche, les bons Français, et puis il y a l’ennemi, l’étranger. Alors que l’histoire de France s’est construite dans le multiculturalisme.

    André Castelli reconduit président

    S’il fut le fondateur de l’Institut d’histoire sociale CGT de Vaucluse il y a 40 ans, André Castelli a laissé la présidence pendant ses années d’élu PCF avant d’en reprendre la tête il y a trois ans. Il a été reconduit président, jeudi, à l’issue de l’assemblée générale. « On compte près de 100 adhérents, c’est l’un des plus importants de la confédération », souligne-t-il. Parmi les rendez-vous de l’année, la préparation des 90 ans du club des cheminots de Vaucluse. « On envisage aussi de nouer un partenariat avec le secteur universitaire pour que les étudiants se nourrissent de l’histoire du travail et des travailleurs du département », projette André Castelli.

  • Finances, circulation, cours d’école… conseil tendu en vue

    Finances, circulation, cours d’école… conseil tendu en vue

    Chaud dedans et chaud dehors. Le conseil municipal se réunit ce mardi (18h, Hôtel de ville) avec 55 délibérations à l’ordre du jour. Un menu très chargé autour des différents bilans financiers 2025, le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de la Ville, l’adoption du règlement intérieur ou les subventions aux associations revues à la baisse.

    Le tout alors que le maire a dévoilé, vendredi, un audit sur les finances municipales qu’il a commandé à son arrivée et dont l’analyse est déjà remise en cause par l’opposition de gauche. « Un champ de ruines », a pesté Olivier Galzi (DVD), accusant l’ancienne majorité d’avoir manipulé les comptes, préparant ainsi les esprits à la rigueur. Ce lundi matin, « face à l’état catastrophique des finances dont nous héritons » et « la nécessité de faire d’immenses efforts collectifs pour éviter le naufrage », il annonce revenir sur l’augmentation des indemnités de ses adjoints qui avait fait polémique en ouverture de mandat (+35%). De 1 200 euros bruts, les adjoints étaient passés à 1 700 euros. Selon nos calculs, ce revirement permet une économie de 120 000 euros par an. Soit la moitié de travaux pour végétaliser les cours d’écoles.

    Une comparaison loin d’être anodine puisque la Ville vient de geler le programme Fraich’ cours. Cet été, seule l’école Louis Gros sera végétalisée contre six prévues initialement. « Une seule a été budgétée. Donc aujourd’hui, les parents d’élèves qui vous disent “la mairie ne fait pas les travaux pour les cinq cours que vous avez promis”, oui, c’est vrai. Merci, Madame Cécile Helle [ex-maire], merci, Joël Peyre [ex-élu aux finances] », se dédouane Olivier Galzi. En amont du conseil municipal, des parents d’élèves sont attendus pour marquer leur désapprobation. Ils seront aussi accompagnés par plusieurs collectifs et associations opposés à la refonte du plan Faubourgs de circulation routière.

  • Grand Avignon : déjà 6 millions d’euros pour un tramway nommé fantôme ?

    Grand Avignon : déjà 6 millions d’euros pour un tramway nommé fantôme ?

    En décembre 2022, le Grand Avignon déprogrammait des crédits pour la réalisation de la seconde phase du tramway, qui devait relier Saint-Lazare à l’île Piot. Gelé, le projet estimé alors à 56 millions d’euros, n’a jamais été enterré mais seulement reporté. La mandature précédente sous Joël Guin a préféré d’abord miser sur des parkings-relais avant d’étoffer le réseau d’une nouvelle ligne structurante. Or, depuis près de 4 ans, si aucun coup de pioche n’a eu lieu, les lignes budgétaires ont, elles, bien avancé.

    Une décision d’ici

    à la fin de l’année

    Ainsi, près de 6 millions d’euros au total ont ou vont être dépensés jusqu’en 2027. Et ce selon le tableau récapitulatif des autorisations de programme, qui sera présenté ce lundi soir en conseil communautaire (18h, salle de Montfavet), dense de 52 rapports dont aussi l’augmentation des tarifs de l’eau (lire notre édition du week-end). Trois millions d’euros ont été mis sur la phase 2 du tram en 2023, 440 000 euros l’an dernier et 252 000 euros cette année. Les élus du Grand Avignon doivent voter une nouvelle avance de trésorerie à Tecelys [la décriée SPL en charge du réseau] de 442 000 euros dans le cadre de son mandat de la phase 2 du tramway.

    Contacté, le Grand Avignon parle d’une « délibération purement administrative, l’avance de trésorerie a pour objet d’assurer la cohérence et la compatibilité des études entre elles (chron’hop et tramway) ». L’agglo n’a, en revanche, pas souhaité synthétiser l’ensemble des études. « L’exécutif disposera d’ici la fin de l’année de tous les éléments techniques, financiers, économiques et fonctionnels lui permettant de prendre les décisions éclairées et procéder aux arbitrages nécessaires à la priorisation et à la programmation des projets de transport collectif », nous répond la collectivité.

    Les bureaux d’études n’ont donc pas chômé avec des perspectives de prolongement tournées vers l’hôpital, mais aussi Agroparc, voire même la rue de la République, avec un 8e avenant au contrat signé début mars. Sans qu’aucune décision politique ne soit prise derrière. Rappelons que 6 millions d’euros, cela équivaut à plus d’une année de gratuité pour tous du réseau Orizo, les recettes de billettique rapportant 5 millions d’euros.

    Mais surtout, ces études pourraient bien finir à la poubelle. Car Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président de l’agglo, plaide pour réaliser des bus à haut niveau de service (BHNS) plutôt que développer le tramway. « Le prolonger à Agroparc est un mensonge », disait-il pendant la campagne face au coût prévu de 250 millions d’euros. Début mai devant la presse, il réaffirmait son opposition au tramway. « C’est 30 millions d’euros du kilomètre, contre 3 pour le BHNS, dix fois moins ! », soulignait Olivier Galzi. L’équivalent de deux kilomètres de BHNS auront donc déjà été engloutis en études.

  • Les habitants du Grand Avignon vont voir leur facture d’eau prendre 20%

    Les habitants du Grand Avignon vont voir leur facture d’eau prendre 20%

    C’est une importante hausse sur la facture d’eau que s’apprêtent à voter les élus du Grand Avignon ce lundi. Déjà prévu en décembre puis retiré de l’ordre du jour au dernier moment, le projet part d’un constat simple : le prélèvement fiscal du Grand Avignon sur la facture n’a pas évolué depuis 2019 et, surtout, l’agglo se doit d’investir « pour assurer les renouvellements des ouvrages tout en permettant la réalisation de projets structurants pour l’ensemble des communes ». Un besoin de 6 millions d’euros par an est estimé sur la partie eau potable et 7,5 millions sur le volet assainissement. Résultat, une hausse de 20% est prévue à compter du 1er août, avec une facture type annuelle de 120m3 passant de 390 euros à 467 euros.

    Une décision contestée par le collectif de l’eau, qui se mobilisera en amont de la séance. Dans un communiqué, l’association qui milite pour une gestion publique, « demande de surseoir à cette délibération afin d’organiser une consultation des usagers qui veulent être informés des raisons de cette brusque augmentation ». Le collectif rappelle ne pas être « opposé à une augmentation, mais nous voulons le juste prix de l’eau : celui qui permet que les sommes perçues aillent intégralement à l’eau pour l’entretien des réseaux et la bonne qualité de l’eau, tout en préservant la ressource ». Et d’appeler, enfin, à ce que la mesure « soit socialement acceptable », avec des « mesures d’accompagnement, comme un aménagement des pénalités de retard déjà exorbitantes et l’assouplissement du mécanisme des chèques eau ».

  • Avignon, Galzi accuse l’ex-majorité d’avoir manipulé les comptes

    Avignon, Galzi accuse l’ex-majorité d’avoir manipulé les comptes

    Du sang, de la sueur et des larmes. » Olivier Galzi n’a pas paraphrasé Winston Churchill, ce vendredi matin, mais c’est en substance ce qu’il promet aux Avignonnais. « Ce sera l’un des mandats les plus difficiles des dernières décennies », prévient le maire (DVD), « en colère ». Quelques jours avant un conseil municipal qui s’annonce bouillant mardi, le nouvel édile présentait à la presse les conclusions de l’audit financier commandé à son arrivée. « Ce qu’on découvre dépasse l’entendement, la cité des papes n’est plus qu’un champ de ruines », alarme-t-il, accusant « nos prédécesseurs [la majorité de gauche de Cécile Helle*] d’avoir manipulé les comptes pour mentir ».

    Des propos graves qu’Olivier Galzi étaye à la lumière de l’audit réalisé par le cabinet Klopfer, facturé 33 000 euros. « C’est la dépense la plus intéressante depuis deux mois pour y voir plus clair dans ce maquis », estime-t-il. On peut arguer que l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres. Mais pour se prémunir de toute analyse partisane qui servirait à se défausser pendant 7 ans, Olivier Galzi met en avant un courrier reçu « cette semaine » de la part de la préfecture qui alerte sur la dégradation des principaux indicateurs financiers. « Je n’écris pas un scénario politique mais décris une trajectoire mathématique », assure-t-il. Une réunion d’urgence est prévue lundi avec le préfet et une invitation aux groupes d’opposition a aussi été lancée pour ce même jour.

    Augmenter les impôts, plus un tabou

    Dans le viseur budgétaire, la dernière année 2025 avec des dépenses de fonctionnement en hausse de 6,9% (elles étaient de 0,5% et 0,8% en 2023 et 2024), 5,1 millions d’euros de dépenses prévus au départ au budget 2025 qui ont glissé vers l’exercice 2026, impactant in fine l’épargne brute qui a fondu d’un tiers (somme qui reste sur les comptes et permet par exemple d’investir sans recourir à l’emprunt). Et alors que lors du vote du budget en décembre 2025, la majorité parlait de « prudence et responsabilité », la dette « s’est accrue d’une vingtaine de millions d’euros en six ans » avec désormais une capacité de désendettement qui tend vers 12 ans. Conséquence, selon l’audit, la Ville aurait « épuisé ses marges ».

    Des scénarios de redressement ont été échafaudés par le cabinet d’audit, mêlant économies, réduction des investissements voire augmentation des impôts. « La situation mériterait une tutelle, on ne le fera pas car on n’a pas été élu pour passer la patate chaude à l’État, assume le maire. Nous allons entrer dans une période extrêmement compliquée, le chemin va être long, il va exiger du courage, de la rigueur, de la persévérance. » Olivier Galzi n’exclut pas d’utiliser le levier fiscal « en dernier recours » mais en privilégiant la taxe sur les résidences secondaires. Des recettes sont recherchées « en tarifant » comme les musées ou la mise à disposition de locaux municipaux. « Toutes les pistes », sont envisagées quand on questionne sur une éventuelle hausse des tarifs de la cantine, largement baissés lors du mandat précédent. Une baisse de subventions aux associations a déjà été annoncée, des transferts d’équipements au Grand Avignon (comme le stade nautique) sont aussi sur la table.

    * Sollicité, Joël Peyre, ancien élu en charge des finances sous Cécile Helle, n’a pas donné suite.

  • Vaucluse, au Département, on se pavane sur sa bonne situation financière

    Vaucluse, au Département, on se pavane sur sa bonne situation financière

    Deux salles, deux ambiances. Alors qu’un peu plus tôt dans la matinée, Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon présentait le « champ de ruines » dont il dit hériter comme situation financière (lire page suivante), l’atmosphère budgétaire est bien plus sereine au sein du Conseil départemental. Ce vendredi, les élus avaient à approuver le compte financier unique (CFU) 2025, qui est le bilan comptable de l’année écoulée.

    Baisse de la dette

    Et il apparaît flatteur à la lecture des différents indicateurs mais aussi des remarques – ou plutôt leurs absences – de la part de l’opposition. Dans un esprit œcuménique, le CFU a donc été adopté. « Compte tenu de la stabilisation des dépenses de gestion et de la hausse des recettes de fonctionnement, les différents niveaux d’épargne apparaissent en hausse et offrent une situation saine malgré un contexte national peu porteur », résume Jean-Baptiste Blanc, élu (LR) délégué aux finances.

    Si la contraction des dépenses de fonctionnement ne se fait pas sans heurts internes (lire l’encadré sur la mobilisation des agents CGT), l’embellie immobilière (le Département perçoit une partie des frais de notaire) permet d’alimenter une épargne nette qui repart à la hausse et engendre moins d’emprunt pour investir. La dette a diminué sur un an de 9% à 145,5 millions d’euros. Résultat, la capacité de désendettement tombe à 1,3 ans quand celle de la Ville d’Avignon tendrait vers 12 ans.

    Un parallèle loin d’être anodin car plusieurs allusions narquoises ont ensuite été faites aux décisions prises par la nouvelle municipalité. Quand Sophie Rigaut (PS), face à la canicule, propose « d’accélérer l’isolation des bâtiments et de végétaliser les cours des collèges », Dominique Santoni va dans son sens en soulignant que « la végétalisation des cours est très importante ». Et ce alors qu’Olivier Galzi a gelé le dispositif Fraich’ cours à Avignon, ne réalisant qu’une école cet été contre 6 prévues, arguant de restrictions budgétaires.

    Dans la même veine, Dominique Santoni insistera sur le fait que le Département « a augmenté ses subventions de 19,1 à 20,1 millions d’euros », à l’heure où Avignon réduit les siennes jusqu’à 10%. Sans se réjouir de la situation avignonnaise, les sénatoriales laissent déjà des traces au sein de la droite. L’empressement d’Olivier Galzi à prétendre à un poste en propulsant tête de liste sa compagne Anaïs Hausmann passe mal auprès de la droite départementale, soutenant le sénateur sortant Jean-Baptiste Blanc, qui pourrait être secondé par Dominique Santoni.