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  • À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    Un nouvel exemple de haine raciste en ligne vient toucher Avignon. En janvier, le nouveau-né Zaïd, premier bébé de l’année dont La Provence s’était fait l’écho, avait subi un torrent abject de commentaires racistes et violents. Cette fois, c’est une publication de Vaucluse Matin qui a servi de défouloir haineux sur la page Facebook du titre.

    L’article, du 12 mai, relate l’alerte de cinq mamans d’élèves déléguées de l’école maternelle des Grands-Cyprès, en colère face à la vétusté de l’établissement. S’ensuivent près de 500 commentaires. Non pour appuyer leur combat, mais pour s’en prendre au voile que portent les mamans sur la photo. « C’était des commentaires comme “avec leur torchon sur la tête”, “mais est-ce qu’on est à la sortie d’une école ou d’une mosquée ?” », confient à Ici Vaucluse Halima, qui « en a pleuré » et Maryam, deux des mamans visées par les messages racistes et islamophobes.

    Vaucluse Matin revient ce jeudi sur l’affaire et a, depuis, retiré la publication en ligne, l’article et la photo restant consultables. Les mamans annoncent le dépôt imminent d’une plainte. « Les gens se cachent derrière des comptes et se croient inatteignables, mais on a fait des captures d’écran, on ne laissera pas passer », assurent-elles. Mardi, elles ont reçu la visite et le soutien du député LFI Raphaël Arnault, qui compte saisir la procureure, et des élus municipaux insoumis, Oukacha Rtili et Khalid El Yousoufi. « Le racisme et l’islamophobie ne sont pas des opinions, ce sont des violences qui fracturent notre société et cherchent à intimider ceux qui prennent la parole », réagit le député. Même tonalité pour le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), pour qui « tous ces actes sont intolérables et doivent faire l’objet d’une enquête rapide et approfondie ».

  • La Fête de La Marseillaise se plie en quatre dans le Vaucluse

    La Fête de La Marseillaise se plie en quatre dans le Vaucluse

    Chaque année à cette période, la fédération du parti communiste de Vaucluse et ses six sections, sont les chevilles ouvrières de la Fête de La Marseillaise. Cette fois-ci elles se plient en quatre peut-être un peu plus, à l’occasion de la 4e édition depuis le retour de notre titre dans le département en septembre 2022. Au moins un millier de personnes est attendu ce dimanche 24 mai dans le traditionnel écrin champêtre du parc des Libertés de l’île de la Barthelasse *, lors d’une journée à la météo pré estivale. « C’est la fête du journal La Marseillaise, organisée par les militants du PCF, qui permet de mettre en avant la qualité du journal qui relaye les luttes sur notre territoire, comme pas plus tard que ce matin [mercredi] où j’ai croisé un journaliste devant l’usine Eurenco (lire page 16) », resitue Julien De Benito, secrétaire départemental du PCF 84. Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, s’exprimera à midi.

    Un événement bien sûr politique, « mais pensé comme un lieu d’échanges et de débats où se retrouve toute la gauche », précise le responsable politique. Le PCF, mais aussi le PS, LFI, Les Écologistes, Génération.s, l’Après et Debout tiendront un stand. Acmé politique de la journée, le traditionnel débat réunissant plusieurs partis, autour du numérique. À partir de 15h15, Alexandre Basquin (sénateur PCF), Thomas Dossus (sénateur Les Écologistes), Pierre-Yves Cadalen (député LFI) et un représentant socialiste débattront de l’emprise du numérique « qui bouscule nos vies avec l’intelligence artificielle, les grandes plateformes économiques, le traitement de nos données, tout cela sans que cela soit vraiment questionné par la population », décrit Julien De Benito. À 17h, une prise de parole de Delphine Jordan, ex-conseillère départementale de Vaucluse et membre de la commission nationale droits des femmes et féminisme, est prévue.

    Le théâtre à l’affiche

    Outre ce débat politique, la fête se veut un moment convivial et culturel. Un premier débat est programmé (10h30) autour du thème « Le roman noir est-il nécessairement social ? » Un choix savamment sélectionné pour rendre hommage à Roger Martin, écrivain engagé et chroniqueur dans nos colonnes, décédé tragiquement fin janvier dans sa commune de Pernes-les-Fontaines. « Trois de ses amis et auteurs, Philippe Pivion, Antoine Blocier et Philippe Paternolli dialogueront autour de la dimension sociale du roman noir », souligne Julien De Benito.

    Nouveauté cette année au programme, une pièce de théâtre, « Emballage », sera jouée à 14h. « On souhaitait renforcer le côté culturel de la fête, quoi de plus naturel que le théâtre à Avignon ? », livre le secrétaire du PCF 84. Écrite en 1970 par André Benedetto, la pièce a été réactualisée il y a 15 ans et sera interprétée par la compagnie La Parole Rouge. Le spectacle sera encore à l’affiche du Festival Off cette année au théâtre de la Rotonde. Mondialisation, chansons, réflexion et humour en sont le fil rouge. La musique reste partie prenante de la fête : le chanteur lyonnais Reno Bistan est attendu sur scène (16h30) pour un concert autour de la chanson française engagée et ses « chansons écolo-rigolotes ». À l’issue, c’est la Chorale sauvage qui prendra le micro.

    Enfin, plus d’une vingtaine d’associations seront également présentes tout au long de la journée, de même que des jeux pour enfants, exposition sur les 90 ans du Front Populaire, tombola et espaces de restauration/buvette.

    * Parc des Libertés, 4632 route de l’Islon sur l’île de la Barthelasse. Entrée libre de 10h à 20h30.

    ILS Y SERONT

  • À Avignon, le resto de la CCI en redressement judiciaire

    À Avignon, le resto de la CCI en redressement judiciaire

    « On est peut-être plus de 300 aujourd’hui, qu’est-ce qu’on peut souhaiter ? Que l’on soit 300 tous les jours. » En décembre 2024, tout sourire, Gilbert Marcelli, président de la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), témoigne de son optimisme lors de l’inauguration du Quai des saveurs. Des propos qui, aujourd’hui, prennent une amère saveur : le restaurant, géré par la CCI, a en effet été placé en redressement judiciaire le 7 mai, révèle L’Écho du mardi. Le tribunal des affaires économiques d’Avignon mentionne que le Quai des saveurs s’est déclaré en cessation de paiements le 24 avril.

    Sur place, ce mercredi midi, la directrice d’exploitation Sophie Ledoux, s’est refusée à tout commentaire, confirmant simplement l’information, mais aussi le départ, à la fin du mois, du jeune chef, Saïd Soumaila. Ce dernier, primé aux Worldskills et formé à l’école hôtelière d’Avignon, était l’une des figures de proue du projet. Le second de cuisine, Naël Tamghart, également formé à l’école hôtelière avignonnaise, distingué en septembre dernier aux Worldskills, avait déjà quitté les rangs fin 2025. La structure compte sept salariés, aujourd’hui dans l’expectative.

    Les yeux plus gros que

    le ventre ?

    Précisons que le Quai des saveurs est loin d’avoir baissé le rideau et reste ouvert, du mardi au samedi. Malgré un emplacement idéal, en sortie de gare en face de l’entrée des remparts, une capacité de 60 couverts et une terrasse de 100 m2, le restaurant bistronomique, ayant pour vocation le savoir-faire et les produits locaux, n’a jamais su trouver un public suffisant. La CCI a-t-elle donc eu les yeux plus gros que le ventre pour ce projet dont les travaux ont nécessité 1,3 million d’euros ? La question est criante à l’heure où la CCI a été mise sous tutelle, fin janvier, suite à une crise de gouvernance. Et dont le sujet Quai de saveurs, pourtant initialement largement approuvé en interne, est remonté parmi les griefs de gestion. Le fait que la CCI se positionne pour gérer cet établissement avait fait grincer des dents parmi les restaurateurs locaux ou bien encore la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises).

    D’après L’Echo du mardi, le restaurant affiche un passif d’un million d’euros que la tutelle actuellement en place à la CCI – dans l’attente d’élections du 29 juin au 10 juillet – ne peut éponger. La chambre avait été retenue pour gérer ce restaurant vitrine à la suite d’un appel à projets lancé par la SNCF.

  • Le nouveau sous-préfet prend ses marques

    Le nouveau sous-préfet prend ses marques

    Officier de la marine nationale, administrateur des affaires maritimes, rompu à la régulation de la pêche, Vincent Lelionnais ne débarque pourtant pas en Vaucluse pour veiller à l’état piscicole du Rhône. Depuis une grosse semaine, il a succédé à Sébastien Maggi au poste de sous-préfet chargé de la politique de la ville et secrétaire général adjoint. Entre plusieurs visites protocolaires ou présence, ce mardi soir à l’assemblée générale de la fédération des centres sociaux, ce Breton a rencontré la presse mardi.

    « Je n’étais jusque-là jamais venu dans le Vaucluse », confie le haut fonctionnaire de tout juste 39 ans, qui connaît là sa première expérience préfectorale. S’il est donc issu des affaires maritimes -ces 4 dernières années il était responsable des ressources humaines de l’administration de la mer au sein du ministère de la transition écologique-, Vincent Lelionnais a déjà une expérience dans les missions de la politique de la ville. « Entre 2019 et 2022, j’étais au secrétariat général des affaires régionales dans les Hauts-de-France notamment chargé de la cohésion sociale et de la politique de la ville », livre-t-il.

    En Vaucluse, sa lettre de mission englobe l’habitat indigne, l’insertion, le logement et le pacte local de solidarité. « Avec un focus sur les quartiers prioritaires des 22 communes, un vrai sujet notamment à Avignon dont je méconnaissais l’ampleur », reconnaît-il, même s’il a touché de près cette problématique « dans le Nord ». Encore en phase exploratoire, difficile pour le sous-préfet de détailler des « mesures et dispositifs » à corriger ou amplifier, citant l’enveloppe annuelle de « 4 millions d’euros du programme politique de la ville à destination du tissu associatif ».

  • À Avignon, Faites écho évolue pour mieux accueillir le public familial

    À Avignon, Faites écho évolue pour mieux accueillir le public familial

    Depuis 2023, le Grand Avignon a mis en place, Faites écho, un rendez-vous annuel de sensibilisation autour de l’environnement. Depuis, chaque année, si le lieu reste le même (centre de loisirs de la Barthelasse), l’événement est ajusté dans sa durée ou programmation. Pour la 4e édition, qui se déroule de ce jeudi à samedi, la dernière journée évolue grandement. Là où avant, chacun était libre d’aller et venir en déambulant au gré des animations ou conférences, le Grand Avignon souhaite cette année mieux encadrer et accueillir le public. « Les gens étaient parfois un peu perdus, avec une visite peu structurée, là ils seront pris en main et guidés sur six ou trois ateliers », précise la collectivité.

    L’entrée, toujours gratuite, se fera uniquement sur inscriptions * avec présence à la journée ou demi-journée (10h-17h ou 10h-13h et 14h-17h). Destinée aux 8-25 ans et à leurs accompagnateurs, la journée, par groupes de huit, permettra de découvrir le Rhône en kayak, participer à un escape game sur la biodiversité, explorer l’île de la Barthelasse à vélo, grimper dans les arbres, rencontrer des spécialistes de la faune locale ou encore s’initier aux risques naturels. Mais le Grand Avignon mise aussi sur des ateliers/animations communs pour que les groupes se rencontrent, débattent et trouvent des solutions autour de l’écologie.

    Les jeudis et vendredis restent consacrés aux scolaires. Plus de 120 classes de 12 communes, soit 2 867 élèves sont inscrites. Elles participeront à des ateliers thématiques de 45 minutes avant de déambuler dans la ville reconstituée. Les élèves aborderont des sujets tels que la qualité de l’air, la gestion des déchets, la biodiversité, l’eau, l’énergie, la mobilité ou encore le climat.

  • [Entretien] Benoît Belvalette : « Ne pas être une gauche incantatoire mais utile »

    [Entretien] Benoît Belvalette : « Ne pas être une gauche incantatoire mais utile »

    La Marseillaise : Vous avez d’abord été candidat aux municipales puis avez rejoint la liste de David Fournier avant d’en sortir au second tour avec la fusion LFI. Quel bilan tirez-vous de cette campagne ?

    Benoît Belvalette : On a toujours dit que les municipales n’étaient qu’une étape pour Place publique, pas une fin en soi. On a souhaité porter une nouvelle façon de faire de la politique et apporter cette régénération qui manquait tant à cette ville. D’ailleurs, l’élection d’Olivier Galzi est la démonstration qu’il y avait peut-être besoin d’un renouveau sur cette ville. De mon côté, des contraintes professionnelles m’ont amené à être beaucoup moins présent. Au sein du rassemblement, j’ai eu l’impression que le projet n’était pas forcément une priorité, ou du moins on n’a pas assez affirmé que c’était quelque chose d’essentiel, on aurait aimé peser plus fortement sur les choix stratégiques. Derrière, il planait toujours ce doute d’une alliance avec LFI. Le positionnement de David Fournier n’a pas toujours été très clair, on peut comprendre dans sa stratégie, qu’il fallait aller chercher des électeurs LFI. Mais l’absence de clarté n’a pas aidé. On avait fait un choix clair [vis-à-vis de LFI] et on l’a assumé, on ne regrette pas. Plus largement, avec le recul, je pense que si on s’était réunis avec Joël Peyre (PRG) et Paul Roger Gontard (La Convention) on aurait beaucoup plus pesé. On doit tirer les enseignements de notre incapacité à se mettre d’accord pour les prochaines échéances.

    Quelles sont-elles justement ?

    B.B. : Déjà, on continuera d’être présent dans la vie locale, on sera une vraie force de proposition, une vigie exigeante, pour être utile à Avignon. Le prochain scrutin sera les sénatoriales. On va y participer et aider à ce que la gauche soit bien représentée. On a rencontré Lucien Stanzione [sénateur PS sortant] qu’on devrait soutenir. Mais on se projette avant tout sur la présidentielle avec la candidature, certainement en septembre, de Raphaël Glucksmann. Et ensuite les législatives. Les municipales ont montré que l’alliance ambiguë du PS avec LFI a perturbé la lisibilité du discours. Pour d’autres échéances, Place publique peut porter ce leadership d’une gauche sociale ouverte et humaniste, sans considérer que LFI fasse partie de ce périmètre.

    Quel regard portez-vous sur les débuts d’Olivier Galzi ?

    B.B. : Si on veut être crédible, il faut laisser à cette municipalité le temps d’agir, ça serait malhonnête d’être déjà dans une critique exacerbée. Chaque fois qu’il faudra alerter, nous le ferons. Et chaque fois qu’une décision ira dans le bon sens, on la saluera, parce que c’est ça aussi faire de la politique : ne pas être une gauche qui soit incantatoire, simplement à dénoncer, mais être une gauche objective et utile. Je mets en garde Olivier Galzi : quand on veut faire un travail de fond, la politique mérite mieux qu’une communication à outrance. Il faut de l’humilité et du travail, ne pas considérer qu’on peut avoir toutes les réponses aux problématiques et puisqu’on veut représenter l’ensemble des Avignonnais, il faut entendre toutes les forces politiques qui ont des choses à dire.

  • À Malaucène, l’agglo maintient sa volonté d’exproprier les papeteries

    À Malaucène, l’agglo maintient sa volonté d’exproprier les papeteries

    Depuis plus de deux ans et le rachat en coopérative des anciennes papeteries de Malaucène, le projet de reconversion va d’embûches en embûches. Pour rappel, ce site de 33 hectares est à l’abandon depuis 2009 et la fermeture des papeteries après cinq siècles d’activité. Après des projets contestés et avortés de villas de luxe, des citoyens réunis au sein de la Scic la Fabrique du Ventoux ont racheté le site. Avec la volonté d’y implanter de multiples activités (zone artisanale, tiers lieu, logements, salle de spectacles, gîtes, terrains sportifs).

    Sauf que sur la partie dite haute du site, à la sortie de Malaucène sur la route du Ventoux, la Cove (communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin) a un tout autre dessein : l’implantation d’une zone artisanale, ardemment défendue par le maire, Frédéric Tenon. Lors de la mandature précédente, l’agglo avait engagé à marche forcée son projet, lançant concertation publique et dépôt de dossier auprès de l’autorité environnementale. En juillet dernier, la préfecture avait même pris un arrêté pour autoriser l’accès au site aux « agents de la Cove ainsi qu’aux entreprises mandatées par ses soins pour réaliser des études ».

    La Cove augmente son offre d’achat

    Quelques mois plus tôt, François Paillusseau, président de la Fabrique du Ventoux, dénonçait « une logique d’affrontement ». Des procédures judiciaires ont été engagées contre un arrêté municipal interdisant l’accès total aux papeteries ou l’impossibilité de se raccorder à l’eau ou l’électricité. « Il y a un deux poids deux mesures car dans le même temps, une compétition de trial est autorisée par la préfecture ou, pas plus tard que ce lundi, des militaires se sont présentés sur le site pour s’entraîner assurant avoir eu l’autorisation de la mairie », s’exaspère Alexandrine Meynaud, membre du conseil coopératif de la Fabrique du Ventoux, chargée des relations extérieures. Fin avril, un nouvel arrêté préfectoral vient suspendre le fonds de dotation pour la reconversion des papeteries, pour absence « de comptes annuels et de rapports d’activité ». « C’est rien de dramatique, on a entre-temps fourni les documents », démine Alexandrine Meynaud alors que l’État a, en parallèle, accordé 860 000 euros de fonds pour la relance de friche industrielle.

    C’est dans ce contexte que lundi dernier, trois représentants de la Fabrique du Ventoux ont été reçus par Alain Constant, nouveau président (SE) de la Cove, en présence aussi du maire de Malaucène. « Cela faisait deux ans et demi qu’on demandait à être reçus », apprécie Alexandrine Meynaud. Le passé professionnel d’Alain Constant au sein des papeteries a sûrement compté. « J’y ai travaillé pendant 22 ans jusqu’à être responsable des services techniques, confirme-t-il. Mais les souvenirs et mon histoire personnelle, il faut savoir les mettre de côté et raisonner dans l’intérêt général. » Et dans l’esprit de celui qui est aussi maire de Bédoin, cela s’inscrit dans les pas du mandat précédent. « L’approche globale n’est pas la même mais le besoin concernant les artisans est partagé », campe Alain Constant.

    Sauf que les propriétaires militent pour implanter cette zone sur la partie basse. « Les coopérateurs ne sont pas battus pendant dix ans contre des villas de luxe dans le vallon du Groseau pour se retrouver avec une zone artisanale et l’agrandissement des hangars de 40%, martèle Alexandrine Meynaud. On se fonde sur notre victoire à la cour administrative d’appel qui dit que le vallon est un paysage remarquable dans lequel on ne peut rien construire. C’est notre cheval de bataille. On veut bien travailler avec la Cove sur un projet de reconversion du vallon du Groseau dans la mesure où on ne construit pas de nouvelles structures. »

    Lors de la réunion, une nouvelle proposition d’achat à l’amiable a été formulée à 310 000 euros contre 285 000 euros auparavant. « On va étudier l’offre mais on n’agit pas pour de la spéculation immobilière », prévient Alexandrine Meynaud. Mais la Cove reste bien décidée à avancer. « On est partis pour exproprier mais ce n’est pas parce que la procédure est engagée qu’un rapprochement est exclu, assure Alain Constant. On est à l’écoute pour améliorer notre projet qui est réaliste et financé, où la Cove restera propriétaire. » Le président reconnaît « l’ajout d’une construction à la marge, mais il n’y aura pas d’imperméabilisation supplémentaire ». Des géomètres doivent intervenir en juin pour du bornage, une enquête publique pourrait ensuite démarrer avant la fin de l’année.

  • Le refus de poignée de main Galzi-Arnault, tout sauf anodin

    Le refus de poignée de main Galzi-Arnault, tout sauf anodin

    La scène se passe dans l’entre-deux-tours des municipales sur le marché de la Rocade. Olivier Galzi (DVD) y croise Mathilde Louvain (LFI). « Vous ne me serrez pas la main ? Vous n’êtes pas républicaine ? Pas de haine et pas de violence en politique », lance alors le futur maire à la candidate qui lui serre la main. Ce qui pourrait être une simple anecdote de campagne prend un écho particulier aujourd’hui. Car lors des cérémonies du 8-Mai, le premier magistrat a refusé la poignée de main avec Raphaël Arnault, député (LFI).

    Un geste polémique, les deux protagonistes ayant tour à tour livré leur analyse de la situation. « La République n’est pas un protocole, elle est un cadre exigeant, qui suppose que la légitimité s’inscrive non seulement dans les urnes, mais aussi dans une certaine idée du rapport à la violence et au débat », se justifie Olivier Galzi qui, quelques jours plus tôt lors de la dissolution confirmée de la Jeune garde, avait réaffirmé son appel à la démission du député. « Dans le Vaucluse, l’installation durable du RN n’a pas seulement renforcé ce parti, elle a contaminé une partie de la droite locale, désormais tétanisée à l’idée de lui déplaire », déplore Raphaël Arnault.

    Arroseur arrosé ou affront

    Illustration, Thierry d’Aigremont, délégué du RN 84, a, lundi, adressé ses « félicitations » à Olivier Galzi pour ce « geste de fermeté face à ce député-délinquant qui fait honte au Vaucluse ». Même Alice Cordier, du collectif identitaire Nemesis, au lourd passif avec Raphaël Arnault, s’est réjouie de la scène. Il y a un mois dans nos colonnes, le député LFI n’était pourtant pas opposé à rencontrer le nouveau maire. « Je m’autorise à discuter avec lui car il n’est pas RN même si la frontière est fine », nous confiait-il. Si, à l’instar du conseiller régional (DVD) Michel Bissière, on moque « l’arroseur arrosé » puisque Raphaël Arnault à l’Assemblée nationale avait refusé de serrer la main à un député RN, d’autres, soutiens à gauche, voient dans l’attitude d’Olivier Galzi « un affront aux administrés de sa circonscription qui ont voté pour Raphaël Arnault ».

    « Je voudrais dire à ceux qui n’ont pas voté pour nous, que nous aurons à leur égard la même attention », promettait Olivier Galzi dans son discours d’installation de maire. « En continuant à taper fort sur LFI, il reste clivant et organise le débat uniquement autour de lui ou LFI », analyse un observateur expérimenté de la vie politique. « J’ai fait la démonstration qu’il existe un chemin qui va permettre de construire avec toutes les sensibilités tout en évitant des positions extrêmes », estime Olivier Galzi, interrogé jeudi dernier. Une stratégie payante lors de la campagne qui peut encore fonctionner tant que le maire a le vent en poupe. « Mais attention quand ça ira mal, ce sera compliqué d’aller chercher des soutiens », prévient cette même source. Au risque alors que le dicton « jeu de main, jeu de vilain » ne fasse encore plus sens.

  • Les sénatoriales avancent à grand train

    Les sénatoriales avancent à grand train

    Alors que les formations politiques digèrent à peine la fin des municipales, un nouveau scrutin est en préparation : les sénatoriales du 27 septembre, où le Vaucluse est amené à renouveler ses trois sénateurs. Une élection loin de passionner comme les municipales, puisque seuls de grands électeurs (parlementaires, élus régionaux, départementaux, municipaux) sont amenés à désigner leurs représentants au Palais du Luxembourg. Dans le département, ils seront quelque 1 300 à devoir se prononcer. Le 5 juin, les conseils municipaux se réuniront pour finaliser la liste des grands électeurs.

    En 2020, la droite avait aisément glané deux sénateurs, Jean-Baptiste Blanc (LR) et Alain Milon (LR), qui avaient mené deux listes respectives arrivées en tête. Le 3e siège revenant à Lucien Stanzione, 1er secrétaire fédéral du PS, à la tête d’une liste d’union de la gauche. Loin derrière, l’extrême droite, divisée entre le RN et le clan Bompard, avait présenté deux listes, celle du RN recueillant 157 voix, quand il faut entre 280 et 300 voix pour espérer décrocher un siège.

    Sortant le mieux élu, Jean-Baptiste Blanc sera de la partie. Il a officialisé sa candidature dans une lettre aux élus jeudi dernier, dans laquelle il vante son bilan, autour de la loi ZAN (artificialisation des sols) ou ses 117 propositions de loi. « Je pense que mon travail mérite d’être poursuivi, j’ai été un vrai pont pragmatique entre Paris et le Vaucluse », estime le parlementaire, qui a déjà rencontré quelques-uns des 50 nouveaux maires vauclusiens. Seconde de sa liste en 2020, la présidente LR du Département, Dominique Santoni pourrait de nouveau être candidate mais reste, pour l’heure, en observatrice des configurations éventuelles. Âgé de 78 ans, Alain Milon devait initialement passer la main mais, selon Vaucluse Matin, une nouvelle candidature n’est pas à exclure. « Je suis pour une liste d’union la plus totale car sinon, plus il y a de listes, plus on favorise le RN », analyse Jean-Baptiste Blanc. La droite est sortie confortée (Apt, Cavaillon, Vaison…) voire renforcée des municipales (Avignon). Avec l’élection d’Olivier Galzi (DVD) à la tête de la ville-centre, la droite peut espérer 80 grands électeurs de plus.

    Olivier Galzi pousse

    sa compagne

    Sauf que le premier magistrat entend peser dans l’élection « d’une manière ou d’une autre », se contente-t-il de répondre, sans préciser s’il compte pousser une liste autonome ou s’allier avec la droite. Interrogé jeudi dernier, Olivier Galzi avait des atours macronistes d’il y a dix ans. « Notre large mouvement sans étiquette et transpartisan s’est levé pour faire bouger les lignes, nous devons peser dans les échéances qui arriveront », plaide Olivier Galzi. Si lui-même ne sera pas candidat, sa compagne et adjointe au maire, Anaïs Hausmann, pourrait l’être. Questionné, le maire préfère éluder dans un sourire. Toujours est-il que jeudi dernier, c’est Anaïs Hausmann qui a représenté la Ville lors de l’assemblée générale des maires de Vaucluse. Une présence remarquée où l’élue a engagé bon nombre d’échanges. Une rencontre Blanc-Galzi est prévue le 22 mai. Ex-présidente de Renaissance 84, Malika Di Fraja vient aussi de se déclarer candidate à l’investiture.

    À gauche, « le contexte est moins favorable », sait bien Lucien Stanzione, au moment d’aborder sa seconde campagne, marquée par les pertes d’Avignon et de Carpentras. Le sénateur PS compte bien rempiler et miser sur le soutien des partenaires de gauche. « J’ai fait un tour pour le moment informel, mais cela va s’accélérer avec l’idée de présenter ma liste début juillet », projette-t-il. Côté PCF, si rien n’a été validé du côté des instances, « on considère que Lucien a fait le travail et si la gauche a une chance de conserver un siège, il doit lui revenir », estime Julien De Benito, secrétaire du PCF 84. Une liste a priori sans insoumis, qui pourraient présenter leurs propres 5 candidats. « Toutes les élections nous intéressent mais aucune décision ne sera prise tant que des chefs de file ne seront pas désignés, d’ici à la fin du mois », temporise-t-on chez LFI.

    Quoi qu’il en soit, Lucien Stanzione espère convaincre au-delà du simple sérail de la gauche. « Il y a 6 ans je démarrais comme candidat, là je pense que mon bilan et travail, sur l’agriculture par exemple, peut être reconnu au-delà des étiquettes », projette-t-il. Et ce « alors que le danger RN tape à la porte ». L’extrême droite rêve de glaner son premier sénateur vauclusien – Thierry D’Aigrement, délégué du RN 84 est pressenti –, elle qui a déjà 4 députés sur 5. La probabilité existe mais elle est loin d’être assurée, l’étiage actuel de grands électeurs RN serait autour de 200.

  • À Avignon, le lycée Mistral ne veut pas de classes à 35 élèves

    À Avignon, le lycée Mistral ne veut pas de classes à 35 élèves

    Bis repetita. Après un premier rassemblement fin mars, dès l’annonce de prévisions de moyens « en baisse drastique » pour la rentrée, professeurs et élèves du lycée Mistral ont remis le couvert ce jeudi midi. Et ce, quelques heures avant une audience des représentants syndicaux avec le rectorat.

    « C’est inimaginable d’avoir une rentrée avec ce qui est prévu », prévient Stéphane Geslin, délégué FO et professeur d’histoire-géographie. À savoir 120 heures de moins de dotation horaire globale [DHG], ce qui se traduirait par une perte de classe en seconde, mais aussi « la fin de certains demi-groupes pour des cours de travaux pratiques », précise Stéphane Geslin.

    Avec une moyenne actuelle de 31 à 32 élèves par classe, les syndicats redoutent de monter à 35. « Depuis trois ans, on perd des moyens, mais là, c’est la douche froide avec des coups de rabot encore plus francs », s’alarme Sylvain Bartet, délégué FSU. Selon lui, « même au regard de leur calcul de la DHG, avec la baisse démographique, cela va bien au-delà : on devrait être à moins 80 heures et pas 120 ».

    Idéalement, les professeurs aimeraient ne pas dépasser 25 élèves par classe pour un encadrement optimum, « surtout en seconde, pour un meilleur accompagnement car, en 12 ans ici, c’est la première année où on doit gérer autant de débordements et conseils de discipline », constate Stéphane Geslin.

    « Le gouvernement fait des économies sur l’éducation, la santé, pour dépenser beaucoup ailleurs comme sur les armées, cela obère l’avenir de la jeunesse », dénonce celui qui a aussi été candidat aux dernières municipales (Parti des travailleurs). En fonction des conclusions de l’audience de ce jeudi avec le rectorat, les enseignants se disent prêts à se mobiliser une nouvelle fois. Fin mars, à Carpentras, une opération « lycée mort » avait également eu lieu devant la mairie pour protester contre la baisse des moyens dans les établissements Victor-Hugo et Jean-Henri-Fabre.