Category: societe

  • [Entretien] Matthias Pelgrin : « Un montant de 150 euros à dépenser dans trois commerces conventionnés »

    [Entretien] Matthias Pelgrin : « Un montant de 150 euros à dépenser dans trois commerces conventionnés »

    La Marseillaise : Quelle forme a la Sécurité sociale de l’alimentation de Cadenet ?

    Matthias Pelgrin : C’est une caisse autogérée, qui fonctionne grâce au financement de la Fondation de France. Cela nous permet d’avoir 35 personnes qui puissent être remboursées à hauteur de 150 euros par mois [pour l’alimentation] dans des magasins conventionnés.

    Comment ça fonctionne concrètement ?

    M.P. : Vous avez un montant de 150 euros à dépenser dans les trois commerces conventionnés et sur certains produits. Donc, vous allez faire vos courses, comme n’importe qui, en gardant bien vos tickets de caisse. À la fin du mois, on calcule ce que vous avez dépensé, pour les produits conventionnés, et on vous rembourse à la hauteur de 150 euros. Les aliments remboursés ont tous été choisis par les usagers de la caisse. Leur remboursement va de 30% à 100% suivant des critères de santé, écologiques, sociaux et de proximité.

    Vous souhaitez étendre cette sécurité sociale ?

    M.P. : Comme l’association de Marseille, la Clac fait partie du collectif national pour une Sécurité sociale de l’alimentation. L’idée est de se baser sur la forme de la Sécurité sociale construite dans les années 40. C’est aller chercher des financements chez la production agroalimentaire pour permettre à tout le monde de manger à sa faim et que ça ne soit plus un luxe de choisir son alimentation. Cela permettrait à l’état de limiter ses dépenses pour réparer les erreurs du système agroalimentaire sur la santé et l’écologie. Souvent, les personnes précaires se rabattent sur ce qui est le moins cher et qui n’est pas forcément le meilleur pour la santé. C’est donc une refonte totale du système alimentaire que l’on aimerait amener.

  • À Toulon, un système d’alarme conçu pour aider les urgences

    À Toulon, un système d’alarme conçu pour aider les urgences

    Aider à la prise de décision en établissement des priorités de prise en charge.

    C’est l’objectif du projet « Guardian » que présente le Docteur Quentin, anesthésiste-réanimateur, à l’Hôpital national d’instruction des armées à Sainte-Anne de Toulon. Sous forme de capteurs, cet outil permet d’avertir les médecins des urgences graves. L’IA intervient pour identifier les urgences sous forme de tableau. Les médecins connaîtront ensuite les patients prioritaires.

    Ces progrès scientifiques et informatiques révèlent un point. L’intelligence artificielle est une vraie révolution dans le secteur médical. « Elle pourrait avoir un réel impact dans la prise en charge », déclare le Dr Quentin, lors de son allocution. Dans des contextes de haute intensité où la communication est difficile, l’apport de l’IA est un véritable « plus ». L’intervention va bien au-delà de la gestion des urgences pour intervenir en dans des scénarios de crise sanitaire aiguë. Le gardian Opex a d’ailleurs été présenté par l’équipe de l’hôpital militaire lors du dernier Forum innovation défense, car il est tout indiqué pour « le triage des blessés » dans une zone de conflit.

    Situation de saturation

    Lors de ce débat, Marc Fournier, coordinateur médical du Samu 83, en charge de l’accès aux soins considère qu’« avoir un outil comme cette IA pour maintenir nos compétences, c’est assez important, c’est une chose qui est même excellente », assure-t-il. « On a monté le projet Guardian pour optimiser la prise en charge de patients graves, multiples et évolutifs dans un contexte de saturation », conclut le médecin militaire.

  • À Marseille, un pacte local des solidarités pour les travailleurs pauvres

    À Marseille, un pacte local des solidarités pour les travailleurs pauvres

    « On propose un suivi social et professionnel. On aide les gens à réclamer leurs aides ou à trouver des solutions en les redirigeant vers les bons organismes sociaux », présente Yolande Eskenazi, commissaire à la lutte contre la pauvreté auprès du préfet de la région Paca. Parmi les démarches récurrentes liées au pacte local des solidarités, « la demande de la prime d’activité ». Parmi les autres accompagnements : proposer des solutions aux parents qui doivent faire garder leurs enfants lorsqu’ils travaillent.

    Trente personnes suivies

    Pour construire ce projet, « on a réuni des acteurs économiques, de l’emploi et du logement », explique Yolande Eskenazi. Le dispositif regroupe aussi bien des agents économiques, comme le Medef Sud, que trois collectivités locales que sont la Ville, la Métropole et le Département. L’État agit également en poussant des partenariats avec France Travail, la CAF ou encore l’Assurance maladie. « Le projet met autour de la table toutes sortes d’acteurs qui peuvent apporter leur soutien d’une quelconque manière », détaille la commissaire.

    Concrètement, pour agir, ce pacte s’appuie sur un opérateur, en l’occurrence l’association Soliha. Celle-ci suit actuellement 30 personnes à Marseille pour mieux déterminer « les besoins, les raisons et donc les solutions ». Le secteur de l’intérim représente également un enjeu essentiel. « C’est un levier d’action, ça permet de compléter des volumes d’heures en temps partiel », complète la commissaire.

    En vigueur depuis un an et demi, le projet doit encore gagner en visibilité : « On se mobilise pour que les entreprises orientent vers nous des salariés qui auraient des difficultés. »

  • Le chemin des Alpilles réaménagé

    Le chemin des Alpilles réaménagé

    Limiter les phénomènes d’accumulation d’eau lors des épisodes pluvieux, adapter la chaussée au passage des poids lourds fréquentant quotidiennement la zone d’activité ou encore sécuriser la circulation des riverains, piétons et cyclistes entre l’avenue du Colonel-Noël et la voie douce… Voici les principaux objectifs qui ont conduit Provence Alpes Agglomération, gestionnaire de la zone d’activité des Sièyes à réaliser ces travaux d’aménagement pour un coût global de 323 000 euros (HT).

    Les travaux comprenaient : la réalisation de deux voies de circulation d’un gabarit de 2,25 mètres de large, adaptées aux véhicules jusqu’à 40 tonnes, un giratoire de retournement pour les poids lourds, une voie sécurisée dédiée aux piétons et cyclistes et un réseau d’eaux pluviales, accompagné d’un bassin de rétention pour éviter les inondations de la chaussée.

    Démarré en octobre, le chantier s’est achevé début juin, « il a nécessité la prise en compte de plusieurs contraintes majeures », commente le gestionnaire, avec notamment « l’évacuation de vestiges de l’ancienne activité industrielle du site, le déplacement de réseaux (électricité et fibre optique) sans interruption de service et bien évidemment » et « le maintien de la desserte des entreprises de la zone d’activité pendant la durée des travaux ».

    À noter que « des plantations d’arbustes d’essences locales sont également prévues cet automne pour verdir le site », stipule Provence Alpes Agglomération qui a financé les travaux avec le soutien du Département des Alpes-de-Haute-Provence à hauteur de 20 000 euros. « Des travaux qui contribuent à renforcer l’attractivité de la zone d’activité économique du territoire », conclut-elle.

  • Huit jeunes au chevet des chats errants à Martigues

    Huit jeunes au chevet des chats errants à Martigues

    C’est une belle histoire qui commençait pourtant mal. Au printemps dernier, les jeunes du centre social Jacques-Méli assistent à un accident. « Un chat errant s’est fait écraser devant nos yeux », raconte Moustapha. Dans les quartiers de Mas de Pouane et de Croix-Sainte, à l’ouest de Martigues, ils prolifèrent. « Impossible de les compter précisément, mais il y en a au moins une cinquantaine », affirme son ami d’enfance Ayoub. Rémi Berlier, chargé du développement urbain et social des quartiers, glisse : « Les jeunes y sont attachés, ils leur ont même donné des noms. » C’est alors qu’une idée germe dans l’esprit des garçons : mettre ces animaux à l’abri en construisant des cabanes.

    Après avoir réalisé un suivi sur plusieurs jours pour localiser les principaux points de passage en partenariat avec Mélanie, agente de la ferme pédagogique de Figuerolles, ils organisent des friperies et se relaient aux stands de merguez lors des fêtes de quartiers pour financer leur projet. « Le bois, c’est de la récup sur des palettes, mais il fallait acheter la calandrite pour imperméabiliser les cabanes et ça coûte jusqu’à 105 euros le rouleau », détaille Tonino. S’ensuivent des journées de bricolage au centre social. « C’était trop beau, on était entre copains à construire et à rigoler avec de la musique », se remémore Moustapha.

    La nécessaire stérilisation

    C’est comme ça que les huit adolescents se retrouvent un jeudi matin d’avril, en costard, à porter deux de leurs sept cabanes pour les installer à proximité de l’autoroute A55. « On dirait un cortège funèbre », lâche, hilare, leur éducatrice de proximité Laureen. Rémi Berlier précise : « S’il y a un message à passer aux habitants, c’est d’aller nourrir les chats errants dans ces abris. Souvent, ils les nourrissent au pied des immeubles par compassion. Il vaut mieux le faire dans un endroit précis et adapté, pour la propreté du quartier mais aussi pour que des associations comme l’École du chat libre puisse les attraper pour les faire stériliser. »

    La présidente de la structure, Josette Masson, en opère environ 200 chaque année. « C’est le minimum », assure-t-elle. La Ville, qui subventionne l’association pour financer plus de 80 stérilisations, a récemment construit le Chabanon, un refuge pour les animaux en convalescence.

    Désormais, la retraitée souhaiterait que ces cabanes se multiplient dans les zones les plus touchées, comme Notre-Dame des Marins ou Saint-Pierre. Les jeunes approuvent : « On voudrait continuer et devenir un quartier pilote. » Neuf abris sont déjà dans l’attente de financements publics.

  • Le pôle glace de Nice des JO 2030 délocalisé ?

    Le pôle glace de Nice des JO 2030 délocalisé ?

    Nouveau coup de chaud pour les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030. Les discussions entre la Ville de Nice, la Région et les instances olympiques pataugent dans une soupe digne d’un bas de piste de fin de saison à Pra-Loup. Déjà plombé par les démissions et les retards, la possible délocalisation des épreuves de hockey, patinage, short-track et curling fait désordre.

    Depuis l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à la mairie de Nice, les équilibres du projet ont été fragilisés. Si un cadre de travail commun a pu être posé lors d’une réunion technique le 1er avril, une seconde rencontre, organisée vendredi, a mis en lumière un blocage majeur autour l’Allianz Riviera, le stade de l’OGC Nice, dont le président, Jean-Pierre Rivère, figurait sur la liste de Ciotti.

    Présentation ce lundi

    Si la Région note que des convergences ont été trouvées sur le village olympique et le complexe omnisports de Nikaïa, la couverture et l’immobilisation pour trois mois minimum du stade, appelé à accueillir les épreuves de hockey, n’a pas obtenu l’accord de la nouvelle municipalité. L’alternative proposée entraînerait un surcoût de 45 millions, jugé incompatible avec la trajectoire budgétaire des Jeux et porteur d’un « risque majeur d’impasse procédurale et de dérive calendaire ».

    Face à cette impasse, un ultimatum a été fixé à ce lundi. Une présentation technique détaillée doit être soumise à l’ensemble des parties prenantes du comité d’organisation, avec l’objectif d’acter une décision. En filigrane, plane la menace d’une remise en cause pure et simple du pôle niçois. La ville de Lyon s’est déjà portée candidate.

    Initiateur de la candidature alpine, Renaud Muselier(Ren.) ne cache plus son inquiétude. « Après m’être battu pour garantir la parité des épreuves et des médailles avec nos partenaires du nord, je constate que les blocages actuels exposent directement le pôle niçois », alerte le président de la Région Sud, qui appelait vendredi à sortir du blocage.

    Il en va de la crédibilité d’un projet sommé de sortir de l’ornière politique, alors la carte définitive des sites est attendue pour fin juin par le Comité international olympique.

  • Des minots initiés aux pratiques du journalisme sportif à Marseille

    Des minots initiés aux pratiques du journalisme sportif à Marseille

    C’était la consécration d’un projet plus qu’abouti pour les jeunes du 3e arrondissement. Mercredi dernier se déroulait une restitution d’ateliers que les collectifs Résidence et Canapé Lit menaient avec les jeunes du centre social Thubaneau. L’objectif : l’éducation aux médias par le journalisme sportif avec une série de sorties pour découvrir différents sports, sur le terrain.

    Les minots ont alors découvert trois pratiques : le hockey sur glace, la boxe et la pétanque. En parallèle à ces rencontres et sessions découverte, ils ont aussi réalisé une émission radiophonique – qui a été diffusée – et effectué un reportage photographique pendant un entraînement de boxe thaï.

    « On essaye de prôner l’accessibilité aux pratiques artistiques et sportives », explique Léonie Gobion, codirectrice de Canapé lit. Une association faisant le lien entre les deux collectifs pour élargir le champ des pratiques et des métiers, le Canapé lit est initialement porté sur la radio tandis que Résidence est spécialisé dans la photo et la vidéo.

    Ouvrir la voie aux jeunes

    « On veut accompagner les jeunes à écrire leurs propres récits et on travaille plus sur des thématiques comme l’autocensure, la légitimité et la confiance en soi », décrit Inès Svartz, qui a rejoint l’association Résidence il y a deux ans. Les collectifs le disent, ils ne sont pas là pour former les nouveaux journalistes et les réalisateurs de demain. Ils œuvrent à mobiliser les jeunes et faire découvrir un milieu professionnel que la plupart ne connaissaient pas.

    Dans le cadre de ces ateliers, ils ont pu assister à une rencontre de l’OM avec le groupe de supporters des South Winners 87, découvrir les coulisses de l’équipe des Spartiates de hockey sur glace, la pratique de la boxe thaï et de la pétanque. Les intervenants de hockey sur glace, de pétanque et de boxe étaient au rendez-vous pour participer à une table ronde. « Cette journée est dédiée aux jeunes qui ont participé aux ateliers, c’est le résultat de leur travail », insiste Léonie Gobion. Les collectifs ne comptent pas s’arrêter sur cette réussite. Après le volet sport, les équipes de Canapé lit espèrent faire découvrir le monde de la musique selon les mêmes modalités. Quant au collectif Résidence, il travaille à de nouveaux projets dont l’un sur la réappropriation des espaces naturels.

  • À Marseille, une balade printanière pour retrouver de l’air frais

    À Marseille, une balade printanière pour retrouver de l’air frais

    Pas une voiture à l’horizon. Les rires des passants résonnent sur la Corniche, et l’odeur salée de la mer reprend sa place au long du littoral. Pour la 35e édition du dispositif « La Voie est Libre » porté par la Ville, les Marseillais et visiteurs étaient plus de 40 000 à profiter du circuit piéton ce dimanche.

    C’est le cas de Thomas, 32 ans, accompagné de son frère cadet Benoît. « Je viens systématiquement lors de ces rendez-vous sur la Corniche. Il fait beau, le soleil tape, et c’est encore plus agréable sans voiture », s’enthousiasme le trentenaire. Et il n’est pas le seul à apprécier ces balades privatisées. La dernière édition en date avait réuni dimanche 22 février, plus de 38 000 promeneurs selon la mairie. Un succès qui « ne faiblit pas deux mois plus tard », indique Cécilia Niéto installée devant son stand de distribution de tracts depuis 10h : « Ce matin, la route débordait de passants. Le flux a tendance à se calmer. Malgré tout, il reste un nombre impressionnant de promeneurs. »

    Des citoyens venus pour se balader, d’autres à la « découverte des activités culturelles proposées sur la Corniche » comme l’explique Carine, accompagnée de son mari Pierre et de leurs trois bambins. « Nous sommes venus assister aux ateliers manuels qui porteront sur le thème de la Méditerranée », glisse-t-elle entre les quelques cris de sa fille dans ses bras. Après avoir tenté de la calmer, elle décide de la déposer tendrement sur le sol, et poursuit : « C’est un luxe de pouvoir se promener avec ses enfants sans se soucier du danger que représentent les voitures. Je pense que nous devrions réserver les ruelles de Marseille aux transports en commun. Afin de libérer les routes et sécuriser davantage nos déplacements », argumente-t-elle.

    Élargir la piétonnisation ?

    Malgré une baisse significative des accidents routiers mortels dans la région, Marseille comptabilise 44% d’entre eux. Un bilan « consternant pour Sylvie, 47 ans, dépassée par la situation. À Marseille, 25% des tués par accident sont des piétons. Nous devons faire quelque chose pour réduire ce taux de mortalité affligeant », déplore-t-elle. La piétonnisation de Marseille fait débat entre citoyens. Alors que certains la réclame, d’autres s’y opposent, à l’instar de Maelys, qui n’est pas tout à fait pour. « Ceux qui n’habitent pas en centre-ville n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour s’y rendre. Piétonniser le centre-ville de Marseille risquerait d’écarter davantage une partie de la population », dénonce-t-elle. Toujours est-il que des milliers de personnes ont une nouvelle fois profité pleinement de cette aubaine.

  • Pour remettre de la démocratie au cœur du système alimentaire

    Pour remettre de la démocratie au cœur du système alimentaire

    « On arrive à la fin du début du processus », ironise Sati Allain, devant une dizaine d’habitants des 1er et 3e arrondissements de Marseille. Assis en cercle dans la cour du centre social de la Fraternité (3e), des gâteaux faits maison passent de main en main pendant que la bénévole de la collective marseillaise de l’alimentation et des communes (Comac) rappelle la thématique de ce samedi : la démocratie alimentaire. C’est la dernière session de formation avant que les participants de cette expérimentation de Sécurité sociale de l’alimentation ne passent à la phase de création de leur propre système.

    En France, une centaine d’expériences similaires ont vu le jour depuis 2020 pour permettre un accès plus égalitaire à l’alimentation et reprendre un pouvoir décisionnel sur ce système. « On veut passer de simples consommateurs à acteurs », souffle une participante de l’expérimentation. Le principe général se base sur celui de la Sécurité sociale : chacun cotise suivant ses revenus, pour avoir une partie de ses dépenses alimentaires prises en charge. Ses applications concrètes sont elles toutes différentes, puisque chaque groupe local décide de sa forme démocratiquement. D’une caisse à l’autre, la façon d’être remboursé, de cotiser ou les produits conventionnés divergent.

    Plus de démocratie

    Un ensemble de décisions que vont bientôt prendre les participants de l’expérience pour les 1er et 3e arrondissements de Marseille. Mais avant cela, la vingtaine de participants se réunit toutes les deux semaines depuis novembre, pour être formés sur des sujets divers comme l’histoire de la Sécurité sociale, le système agroalimentaire ou encore la démocratie. Le but : que chaque participant ait la même base de connaissances pour décider collectivement du fonctionnement de leur Sécurité sociale de l’alimentation. « Cette phase de formation permet plus de démocratie, explique Amandine Borel, chercheuse sur l’alimentation durable au sein de Paroles Vives. Sans cela, les gens qui s’y connaissent plus prennent assez vite le lead. »

    Car dans le groupe, les profils sont divers. Paul*, retraité et habitant de la Belle de Mai, est assez engagé sur les questions de l’alimentation : « Je ne fais plus mes courses dans la grande distribution depuis 4 ans », explique ce syndicaliste, qui affirme « fricoter avec des paysans et des gens du commerce équitable ». Si certains, comme Paul* sont déjà militants sur ces questions, d’autres sont un peu plus éloignés de cet engagement.

    Pour Mohammed, qui travaille sur les marchés, ces formations lui permettent de mieux comprendre le système agroalimentaire. Arrivé dans le comité d’habitants grâce à l’association Cuisine 101, l’Algérien voit dans ce projet de Sécurité sociale de l’alimentation un lieu de sociabilité : « C’est un groupe soudé et solidaire. » Les réflexions sur la forme de la caisse alimentaire devraient débuter en mai.

    Le prénom a été modifié

  • IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    « Ce projet a pour but de répondre à une problématique concrète », déclare Raquel Urena, maître de conférences en intelligence artificielle pour la santé à Aix-Marseille université. Selon les chiffres de l’Inca, l’âge médian des personnes diagnostiquées d’un cancer est de 68 ans pour les femmes et de 70 ans pour les hommes. Raquel Urena poursuit : « On n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi certains patients résistent aux traitements mieux que d’autres. » C’est la problématique de l’accompagnement des personnes âgées dans leur traitement de cancérologie qui a poussé le docteur onco-hématologue Louis Tassy à lancer le projet. « Il a pour but de développer une intelligence artificielle qui, en rentrant les données médicales des patients, permet de déterminer quels types de conséquences ils risquent fortement de rencontrer », explique Raquel Urena. Elle ajoute que « concrètement, elle fonctionne en s’appuyant sur la base de données des dossiers médicaux de la Sécurité sociale, et trouve des correspondances entre différents patients et prédit ainsi les effets secondaires et permet des réponses plus adaptées », précise-t-elle.

    L’importance de l’éthique

    « La question de l’éthique avec de tels outils est très importante », lance Abdou Simon Senghor, ingénieur de recherche à AMU, il précise également que « dans le processus, nous sommes en étroit lien avec les professionnels de santé, c’est un outil d’aide mais il ne doit jamais devenir obligatoire dans le processus de soin », pose-t-il. Des entretiens avec des médecins seront réalisés ainsi que le suivi de patients témoins, ont-ils annoncé. Ce projet s’appuie sur une IA d’aide à la décision, qui ne réfléchit qu’à partir de sa base de données et ne génère aucun contenu : « L’IA que tout le monde connaît, comme ChatGPT peut générer du faux contenu, mais la nôtre ne produit que des résultats concrets, elle ne peut pas halluciner », déclare Raquel Urena. Cette dernière et Louis Tassy ont rapidement été rejoints par Sandrine de Montgolfier, maître de conférences en éthique médicale à AMU, qui veille à une correspondance totale du projet avec les normes et les bonnes pratiques.