Category: societe

  • Narcotrafic : des éducateurs marseillais en formation en Italie

    Narcotrafic : des éducateurs marseillais en formation en Italie

    Un programme Erasmus particulier… Financé par l’Europe, le projet porté par l’association Crim’Halt, va cette année embarquer trois éducateurs marseillais pour représenter la France et participer à un « échange de bonnes pratiques » explique Fabrice Rizzoli, son président.

    Une vingtaine de jeunes travailleurs, « en rapport avec la protection de la jeunesse », précise-t-il, venus aussi de Roumanie, Bulgarie, Serbie et Lituanie sont attendus ce samedi 21 août pour un stage d’une semaine à la coopérative sociale « Al di là dei sogni », littéralement « au-delà des rêves », dont Crim’Halt est partenaire. Située à Maiano di Sessa Aurunca, à la frontière entre Campanie et Latium, au Nord de Naples, c’est un lieu à « la forte dimension symbolique » estime Fabrice Rizzoli. D’abord « parce que c’est en Italie, pays de la mafia et l’anti-mafia » mais parce qu’il s’agit aussi d’une propriété de 17 hectares confisquée à la Camorra, baptisée « Alberto Varone », du nom d’un petit entrepreneur local qui a osé s’opposer aux extorsions du clan des « Muzzoni », affilié à la Nuova Famiglia de la camorra campanienne, explique le ministère de l’Intérieur italien. Il le paiera de sa vie le 24 juillet 1991, abattu à bout portant par un commando.

    Pour Crim’Halt, qui travaille depuis 2015 à l’engagement des citoyens face à la criminalité, cette semaine s’inscrit dans la continuité.

    Gagner du temps

    Collectif des familles de victimes, bailleurs sociaux… « Nous avons emmené des personnes différentes, en 2019 et 2020 qui ont pu voir des outils qui fonctionnent en Italie, cela nous a aidés à pousser pour obtenir la loi d’usage social des biens confisqués en France en 2021 », précise Fabrice Rizzoli. La connexion avec Amine Kessaci, militant écologiste, mobilisé contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, et devenu adjoint à la Jeunesse et à la Citoyenneté à la mairie de Marseille, s’est faite à ce moment-là.

    « Je l’ai connu lorsque j’étais à la tête de Conscience [association qui soutient les familles victimes du narcotrafic, Ndlr], je connais déjà un peu le système italien que j’estime le plus avancé en matière de lutte contre le crime organisé. J’étais notamment allé à Palerme rencontrer la famille de Peppino Impastato, un journaliste assassiné par la mafia parce qu’il avait une radio locale de quartier, où il dénonçait leurs agissements », raconte l’élu. Il a proposé d’envoyer une agente de son service prévention de la délinquance. « On peut comparer, s’inspirer, voir ce qui fonctionne ou pas, et puis ça fait aussi gagner un temps fou », considère Amine Kessaci qui a aussi pensé à Mohamed Benmeddour, de l’association Apis, et son bus nomade qui va à la rencontre des ados dans les cités.

    « Pour moi, c’est une première, j’espère échanger sur nos méthodes, savoir ce qui se fait de l’autre côté de la frontière, voir comme ils traitent ce rapport de la jeunesse à la délinquance et aussi apporter mon expérience » ; nous confie ce dernier avant le départ. Du côté de Crim’Halt, on se prépare également à lancer une vaste enquête sociologique sur les raisons qui poussent « les jeunes à entrer dans le crime organisé », ajoute Fabrice Rizzoli. Il entend aussi défendre « le concept de la victime innocente où on va faire en sorte de renforcer, défendre la mémoire des victimes qui n’étaient pas impliquées », les « grandes oubliées des journalistes, du grand public, focalisés sur l’auteur de l’infraction ».

  • Un vibrant hommage rendu à Katerina à Bollène, victime de féminicide

    Un vibrant hommage rendu à Katerina à Bollène, victime de féminicide

    Il y a deux semaines, l’assassinat d’une mère de famille, dont le principal suspect est son ex-conjoint, avait suscité une vague d’émotions à Bollène, mais aussi dans la commune voisine de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) où « cette femme pétillante et maman aimante de deux petits garçons » tenait un salon esthétique. Katerina est une nouvelle victime d’un féminicide. En juin, elle avait signalé et exposé le climat de violences et bénéficiait d’un téléphone grave danger. Son ex-compagnon, qui avait été candidat aux dernières municipales sur la liste RN, a depuis été placé en détention provisoire et mis en examen pour meurtre sur conjoint.

    Preuve de l’émotion et que ce meurtre dépasse le seul cadre privé familial, une marche blanche était organisée ce mercredi soir au départ et à l’arrivée de l’hôtel de ville de Bollène. Alors que les organisateurs, deux amis de Katerina, attendaient 200 personnes, l’hommage a réuni un millier d’habitants de Bollène ou d’ailleurs. « Je ne la connaissais pas, mais c’est impossible de rester insensible, plus on sera nombreux à s’insurger, plus j’espère que ces violences cesseront », veut croire Nathalie, Bollénoise présente avec sa fille ado.

    « Nous refusons de baisser les yeux »

    « Vous êtes venus parce que ce qu’il s’est passé vous a bouleversé et que certaines atrocités dépassent les liens personnels, et touchent à notre capacité à ne pas rester indifférent à l’injustice, votre présence est un message de soutien mais aussi pour dire que nous refusons de banaliser la violence et de baisser les yeux », remerciera, en clôture de la marche, Tiffany Garofalo, co-organisatrice de l’hommage. « Tout le territoire partage cette douleur, observe Laurence Desfonds-Farjon, 1re adjointe au maire de Bollène. Derrière ce féminicide, il y a un visage, un nom, une famille, nous avons le devoir de dire plus jamais ça et de condamner l’inacceptable. »

    Devant la mairie, la maman de la victime venue de République tchèque, pays de Katerina, peine à contenir ses larmes. Seule à porter du noir, elle s’est effondrée en sanglots un peu plus tôt lorsque le cortège a fait une halte, sur les hauteurs du centre-ville devant la maison de Katerina, où a eu lieu le meurtre. Son portrait a été apposé sur la porte du garage de la bâtisse, encore sous scellés. Bien que séparé avant le drame, le nom du couple est encore fixé sur la boîte aux lettres.

    Plusieurs personnes déposent des fleurs et se recueillent devant le portrait avant de reprendre la marche dans un silence pesant. Et ce derrière une banderole « Plus jamais ça, ensemble pour toutes les Katerina », tenue à ses extrémités par deux hommes portant un T-shirt floqué « Être un homme, ce n’est pas frapper, c’est protéger ». « Repose en paix Katerina, nous ne t’oublierons jamais », conclut Tiffany, suivie d’une salve d’applaudissements.

  • Deux jours de célébrations de la Libération de la ville d’Aix-en-Provence

    Deux jours de célébrations de la Libération de la ville d’Aix-en-Provence

    Le 15 août 1944, l’opération « Dragoon » est lancée. Les alliés débarquent entre Toulon et Cannes, avec l’objectif de libérer Toulon et Marseille puis remonter vers le nord. Le 21 août 1944, après deux ans d’occupation nazie, Aix-en-Provence est libérée par les alliés américains de la 3e Division d’infanterie du général John W. O’Daniel appuyée par les groupes de résistants locaux.

    Pour célébrer l’événement, les quartiers aixois de Pont-de-Béraud, Puyricard, Celony, Luynes et Les Milles organisent des commémorations durant ces deux jours. La première journée d’hommages aux combattants débute à Pont-de-Béraud, et se tiendra le jeudi 20 août à 18h30 devant la Stèle érigée en hommage à la 3e Division U.S.

    Les autres événements commémoratifs auront lieu le lendemain, vendredi 21 août, d’abord à 9h à Puyricard avec un temps de recueillement et dépôt de gerbes au monument aux morts, place des Combattants. S’ensuivra à 9h30, celle de Celony devant la stèle érigée en hommage à la 1ère division française libre (DFL), place Augustine Miretti. Luynes accueillera sur les coups de 11h30 un temps de recueillement et dépôt de gerbes au monument aux morts, espace Decastille. Aux Milles auront lieu un hommage à l’important résistant local, Roger Chaudon à 17h, à la mairie annexe, puis, une cérémonie au monument aux morts à 17h20 et enfin un temps de recueillement à la chapelle du Serre à 18h. La journée se clôturera par une cérémonie au « mémorial des Aixois morts pour la patrie », place Jeanne d’arc à 18h30, et des véhicules militaires d’époque remonteront le cours Mirabeau jusqu’à cette même place, pour un dernier hommage lors de ces célébrations.

  • En séjour au Frioul, des Marseillais dépaysés

    En séjour au Frioul, des Marseillais dépaysés

    C’est la deuxième édition de cette opération qui s’étale du 13 juillet au 28 août, et au vu des retours, on compte bien la pérenniser », est ravi d’annoncer Hassan Guenfici. L’adjoint au maire délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire a pris le départ en navette pour accompagner une nouvelle vague d’hôtes du centre Léo Lagrange, « sur un site exceptionnel du Parc national des calanques, proche et dépaysant à la fois ».

    Sur l’embarcadère, six femmes du centre de Malpassé savourent d’avance. « On va même faire de l’aquagym ! », assure Leila, des frites de piscine mousse dans son sac. Mebarkah et Salima, ont déjà pris place dans le bateau. « C’est vraiment bien ce que fait la mairie avec L’été marseillais. J’ai déjà fait des sorties avec le groupe mais jamais de séjour », explique Mehbarka. Retraitée, elle a « découvert le centre social et toutes ses activités. Sans ça je ferais kiné-maison ». Même enthousiasme du côté de la Belle de Mai pour Rahma et ses quatre enfants. « J’ai travaillé tout l’été et le soir j’étais trop fatiguée pour sortir. Je ne suis pas véhiculée et les bus sont pleins à craquer. On n’est pas parti en vacances, alors là, ils vont lever la tête des écrans », se réjouit-elle.

    Oublier qu’on est

    à Marseille

    « Je ne suis allé nulle part cet été, ça me fait mes vacances. Je ne suis jamais venu au Frioul, mais j’ai un bon pressentiment », anticipe Mohamed, 15 ans, alors que la navette accoste au port. « On y est vraiment, ça y est ! », lâche un ado du centre Romain Rolland en mettant le pied sur l’île. Une farandole joyeuse tire ses valises sur la route caillouteuse en direction du centre Léo Lagrange, saluant au passage un autre groupe installé dans le petit-train qui termine son séjour. Accueillis par Laetitia, un T-shirt « créateur de souvenirs » sur le dos, les vacanciers écoutent les consignes. « Pas de chips ni biscuits dans le bungalow, sinon c’est l’invasion de fourmis garantie. En ce moment, il y a beaucoup de bébés gabians, mais évitez de les approcher car… ». Mohamed termine l’explication : « sinon leurs daronnes, elles vont serrer ». Et pour la clim qui doit être coupée en partant, l’ado a encore la réponse : « ça gaspille de l’économie et détruit la terre ».

    Tandis que les nouveaux arrivés se répartissent dans les chambrées et prennent leurs marques, le groupe précédent s’installe à table à l’ombre des pergolas. Driss, Nour, Yassine, 13 ans, et la petite Yasmine, 8 ans, font la moue : « On est dèg’ ! De partir ». Nour précise : « tout est tarpin bien ici. Les randos, l’eau turquoise… Même le lait il a pas le même goût qu’à Marseille ». De quoi arracher un rire à Nawal, maman de deux d’entre eux, mais qui en convient : « ne plus faire le ménage, prendre le temps de tout, j’ai laissé le stress et le bruit de Marseille, à Val Plan. Une vraie pause ! ». Nour ajoute : « Et danser aussi tata ! ».

    À 5 euros par jour et par personne, le séjour fait un carton. Et on en redemande. Au centre social Joliette, Aïncha, Moinaecha, et Hernani entament leur deuxième année. Le petit groupe semble soudé. Hernani a gardé au poignet le bracelet Léo Lagrange de l’année dernière. « La plongée, le Kayak, la visite du site et la vue de Marseille depuis l’île le soir, c’est magnifique. Les soirées aussi. On a des supers souvenirs », affirment-ils, unanimes. Ruben et Yostin, arrivés depuis peu de Colombie, ont déjà intégré le groupe.

  • [C’est l’été] À Castellane, la route Napoléon a du succès

    [C’est l’été] À Castellane, la route Napoléon a du succès

    Aujourd’hui, reportage sur l’historique route Napoléon devenue un itinéraire touristique incontournable.

    En mars 1815, Napoléon traversait la France à cheval, avec un millier d’hommes, du Golfe-Juan à Paris, pour reprendre le trône. Plus de 200 ans plus tard, la route Napoléon est devenue un itinéraire touristique très apprécié des motards et des rallyes automobiles, des Alpes-Maritimes jusqu’à Grenoble.

    La route Napoléon a été inaugurée en juillet 1932, « à l’instigation des syndicats d’initiative », raconte Jean-Christophe Labadie, directeur des archives départementales. « C’est vraiment parmi les tentatives des années 30 de lutter contre la désertification, contre l’exode rural, contre l’effondrement d’une certaine économie, donc on développe l’axe touristique. On avait même créé un musée Napoléon à l’Ermitage, le grand hôtel qui avait été construit pour le développement touristique de Digne », explique-t-il.

    Napoléon avait choisi d’emprunter cette route pour regagner Paris en 1815 car « c’était l’alternative à la route qui passait par la vallée du Rhône, qui était difficile à prendre parce qu’il y avait des troupes royalistes qui étaient favorables au roi. C’est une route qui n’était pas défendue, qui est pour lui la meilleure, la plus sécurisée pour remonter sur Paris, puisqu’il y a très peu de troupes dans les Alpes à ce moment-là », avance Jean-Christophe Labadie.

    Dans le département, Napoléon s’arrête dormir à deux endroits : chez le juge de paix, à Barrême ; et dans le château de Malijai. À Castellane, « il achète beaucoup d’animaux, de mulets pour transporter ses vivres, ses bagages et ses munitions », relate le directeur des archives. « Une troupe est en train de remonter la vallée du Rhône pour essayer de le rattraper, mais ne le rattrapera jamais », ajoute-t-il. « La route Napoléon ramène beaucoup de motards et de rallyes automobiles », témoigne Fabien Jacquet, vendeur et chauffeur de l’entreprise Easy Rafting, à Castellane. Lui-même a longtemps parcouru la route Napoléon à moto, du Golfe-Juan à Grenoble. « Beaucoup de touristes, notamment asiatiques, nous demandent où est passée la plaque qui montrait où Napoléon avait déjeuné à Castellane. Elle a dû être temporairement enlevée à cause de travaux », ajoute Martin Bastien, conseiller en séjour à l’office de tourisme. « On prend régulièrement la route Napoléon, à moto ou en voiture, en passant par Castellane, Saint-André, jusqu’à Grenoble ou Gap. On aime aller à Barcelonnette pour la fête mexicaine », racontent Hervé Fede et Chantal Berthier, sa belle-sœur, venus de Menton pour le week-end. « On croise beaucoup d’autres motards sur la route Napoléon. Elle est sinueuse, donc très agréable à conduire. On se la recommande entre motards », se réjouit Phil Gueroult-Milesi, en « petit tour de France », avec sa femme Marie-Anne.

    Plus de peur que de mal

    à Sisteron

    La citadelle de Sisteron, où Napoléon est également passé, a reconstitué avec sa nouvelle muséographie la route Napoléon au sol. « Entre Digne et Sisteron, le 4 mars 1815, il va séjourner au château de Malijai. Comme il arrive tard le soir, il demande à Cambronne et à Bertrand, ses officiers, de se rendre à Sisteron parce que le contexte politique fait que Sisteron ainsi que quasiment toute la Provence est royaliste, assez opposée au retour de Napoléon. Il sait qu’à Sisteron, le maire va refuser de le laisser passer parce que c’est un royaliste dur », explique Sylvie Normand, guide de pays, notamment à la citadelle de Sisteron. « Cambronne et Bertrand demandent à rencontrer le gouverneur de la citadelle et le maire de la ville. Ils refusent. Napoléon a peur, parce que la citadelle est censée être armée de canons. Mais il n’y a pas de poudre à la citadelle, et donc le maire est très hésitant », relate la guide. Napoléon va finalement pouvoir passer à Sisteron grâce à un « coup de poker, de bluff ». « Alors qu’ils ne sont qu’un millier d’hommes, Cambronne va dire qu’ils ont besoin de 5 000 rations. De plus, un ancien officier de Napoléon, qui s’appelle Loverdo, basé à Digne, avait gardé toute sa sympathie pour Napoléon. Donc il va faire traîner l’arrivée de la poudre », facilitant ainsi son passage.

    « Elle a été inaugurée dans les années 30 pour développer l’axe touristique. »

  • Le Revest se souvient de sa Libération

    Le Revest se souvient de sa Libération

    Les cérémonies qui se multiplient depuis la commémoration du débarquement de Provence du 15 août 1944, pour fêter la reprise des villes et villages du département à l’occupant nazi, sont autant d’opportunités de mettre à l’honneur tous ces « étrangers » venus nous libérer. Aujourd’hui c’est à la commune du Revest de participer à ce salutaire devoir de mémoire. Elle peut entre autres s’appuyer pour cela sur le travail réalisé par le réalisateur varois Philippe Maurel et son film Les drailles de la liberté qui, à travers la mémoire des Revestois, revisite l’arrivée des Tirailleurs algériens.

    Un « minot » du pays né, dit-il, dans « la mémoire de la Seconde Guerre mondiale ». Le parcours de la sœur aînée de son grand-père, l’écrivaine et poétesse Micheline Maurel, l’ayant très tôt pris aux tripes et participer à faire naître le besoin chez lui ne pas laisser cette période à la fois sombre et lumineuse tomber dans l’oubli. Alors jeune étudiante, elle rejoint un réseau de résistance dès 1941 d’où elle reviendra avec l’envie de témoigner.

    « Je voulais participer à faire connaître ce pan de notre Histoire parce qu’il y en a visiblement qui ont oublié ce qui s’est passé ou, pire encore, n’ont pas envie d’en entendre parler », explique-t-il.

    Et d’ajouter : « Ce qui est important c’est de rappeler qui nous a libérés : principalement des tirailleurs algériens et sénégalais. C’étaient eux, la chair à canon, qui étaient devant ».

    Les libérateurs

    parlaient arabe

    « Quand mon père a entendu parler arabe, c’était pour lui la première fois. Nous nous sommes sentis libérés », confie à la caméra Alberte Blanc du Revest.

    Une libération qui va se faire au prix de combats acharnés menés de concert avec la Résistance revestoise sous l’égide de Louis Camolli qui, bien en amont, a fourni des informations cruciales sur les fortifications, les mouvements de troupes, les installations allemandes et les itinéraires susceptibles d’être utilisés par les Alliés.

    Son groupe chargé de surveiller Siou-Blanc se tient prêt à l’action. Et le 19 août au soir une cigarette allumée dans l’obscurité révèle l’arrivée de ceux qu’ils attendaient : les soldats de la 1re armée française, venus d’Afrique, et notamment ceux du 3e Régiment de Tirailleurs Algériens.

    Les hommes de Camolli qui connaissent parfaitement le secteur contrairement aux libérateurs prennent ainsi la tête de la colonne et guident les tirailleurs par les chemins charretiers proches du mont Caume. Ce qui va permettre de surprendre les Allemands qui ne s’attendaient pas à essuyer une attaque par le nord.

    Les premiers combats se déroulent alors dans le village. Pendant ce temps, un autre groupe de résistants attaque les positions allemandes du Colombier et participe à la capture de soldats ennemis.

    Ils progressent ensuite tous ensemble vers le barrage. Mais ça y est, la nouvelle se répand : le Revest est libéré. Mais les combats sont loin d’être terminés.

    Les tirailleurs algériens qui ont ouvert la brèche par le Nord progressent vers le Port du Levant, mais la vallée de Dardennes reste sous le feu ennemi et plusieurs jours vont être nécessaires pour débloquer ce verrou.

    Le 23 août, les forces françaises prennent pied dans Toulon où la Résistance a déjà engagé le combat. Mais la capitulation des forces allemandes du contre-amiral Heinrich Ruhfus n’interviendra que le 28 août.

    Pour se souvenir de tout cela et rendre hommage à tous ceux qui ont payé le prix de notre liberté par leur vie, rendez-vous aujourd’hui au Revest. Les cérémonies débuteront à 18h15 par le dépôt des gerbes à la stèle de la propriété Mouttet où avait été établi le poste de commandement lors de la prise de Toulon par le colonel De Linares, suivi à 18h30 du dépôt de gerbe et des discours au monument commémoratif du parking Jean-Moulin où seront exposés des véhicules militaires d’époque, dont un half-track M16, une jeep et un Renault Tigresse.

  • Avant la plage, arrêt sécurité avec la CRS autoroutière

    Avant la plage, arrêt sécurité avec la CRS autoroutière

    À quelques jours d’un week-end chargé dans le sens des retours a déjà prévenu Bison Futé, la CRS autoroutière de Provence reste comme toute l’année sur la brèche. En ce mercredi matin, les agents se préparent à installer un point de contrôle sur l’A55, à la sortie de Carry-le-Rouet. Un « axe Marseille-Côte Bleue très fréquenté en cette période », la route de la plage, explique lors du briefing au PC Nord leur commandant, Rémi Labedade. Il s’agit de faire dans « l’aléatoire », avec dépistage de stup’ si nécessaire et vérification des permis, identités et assurances. « Je vous demanderai aussi de rappeler à ceux qui fument que jeter son mégot par la fenêtre est très dangereux en ce moment », ajoute la préfète de police déléguée, Corinne Simon.

    Sur site, il suffit de quelques minutes pour que les CRS fassent mouche. Comme ce scootériste fosséen, 46 ans, qui présente un défaut d’assurance. Il reconnaît volontiers n’avoir pas réglé sa facture depuis mai. Son véhicule immobilisé, il pourra repartir après s’être réassuré par téléphone et moyennant une amende de 600 euros qu’il tentera de marchander. Un motard, au permis suspendu pour excès de vitesse supérieur à 50 kilomètres heure se fait prendre aussi. Il avait juste « envie d’aller à la mer ». Des conducteurs de deux-roues, tous en shorts et tee-shirts, à la merci de la moindre chute s’inquiète la préfète.

    Balade en famille

    sous cocaïne et cannabis

    « Il fait chaud certes mais nous sommes là aussi pour rappeler les bons gestes », estime-t-elle avant de détailler les chiffres de la sécurité routière. « 12% de moins d’accidents depuis janvier avec 6% de moins de blessés, mais un mort de plus avec 59 tués contre 58, l’an dernier. Ce qui veut dire que les accidents sont beaucoup plus violents. Quand on regarde sur les 59 personnes qui ont perdu la vie, nous avons 40% de deux-roues », indique-t-elle.

    Le commandant Labedade pointe lui cette « banalisation de certains délits routiers » avec des « gens qui ne se rendent pas compte, qui considèrent qu’ils conduisent bien et ne tiennent pas compte des autres ». Comme cette petite famille dont les enfants ne sont pas attachés à l’arrière. Arrive un exemple encore plus flagrant avec ce couple et leurs deux gamins. Le conducteur a son permis déjà suspendu et a consommé de la cocaïne et du cannabis. Le papa va partir en garde-à-vue, la maman au volant, sous le regard des petits qui pleurent.

    La conduite sous stupéfiants, souvent « le joint de la veille », est monnaie courante assurent les CRS. Lors des contrôles du soir, s’ajoute l’alcool, consommé lors du pique-nique à la plage, et la nuit, les « Fangio » qui se piquent de pointes à 180 kilomètres heure pour une vitesse limitée à 70. Entre Marseille et Toulon, quelque 260 CRS veillent toute l’année sur les axes autoroutiers.

  • De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    De grands travaux sur la ligne emblématique de la Côte Bleue

    C’est une ligne qui longe l’une des plus belles côtes de Méditerranée. Sur près de 32 km, le train de la Côte Bleue offre un panorama exceptionnel entre calanques aux eaux turquoise, viaducs et petits ports, en passant notamment par l’Estaque, Niolon, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet, Sausset-les-Pins, mais aussi Martigues, Port-de-Bouc, Fos-sur-Mer, Istres et Miramas.

    L’été, sa fréquentation explose. Sur les mois estivaux, l’augmentation atteint 66% en 2024 et 52% en 2025, d’après les chiffres de la Région Sud. L’an dernier, au mois d’août, 2,9 millions de voyageurs ont emprunté le TER. Ils étaient 1,5 million en janvier, soit une progression proche des +100%. « Le plan de transport est adapté en période estivale, avec deux trains supplémentaires dans le sens Marseille-Miramas le matin, deux trains en plus le week-end, mais aussi un renfort de capacité pour le retour des plages l’après-midi », détaille la collectivité.

    La CGT plaide pour plus de moyens humains. « La première revendication c’est de remettre du personnel dans les gares pour rouvrir des guichets, qui ont quasiment tous été supprimés depuis trois ans, appuie Christophe Morard, secrétaire général des cheminots de Miramas. On a des équipes mobiles qui vont d’une gare à l’autre, mais c’est pas suffisant, surtout l’été. Avant-hier, une personne s’est fait écraser à Istres, la circulation a été coupée. Pour renseigner les voyageurs dans ces situations-là, c’est compliqué. »

    Un viaduc reconstruit

    Le TER ne fonctionne pas qu’au retour des beaux jours. « C’est une ligne du quotidien empruntée par de nombreux travailleurs », souligne l’élu syndical, qui estime que l’offre est « adaptée », bien que de gros travaux soient à prévoir.

    Entre 2020 et 2021, 35 millions d’euros ont été investis urgemment par les pouvoirs publics (dont 19 millions par la Région) pour régénérer 26 km de voies entre l’Estaque et Carry-le-Rouet, supprimer les ralentissements, et rétablir une desserte équivalente à celle de 2019 (2 TER par heure en pointe). En parallèle, SNCF Réseau a investi 11,4 millions d’euros supplémentaires pour sécuriser tunnels et versants rocheux. La modernisation se poursuit dans le cadre du Contrat de plan État-Région 2021-2027, avec une nouvelle enveloppe de 48 millions d’euros financée à parts égales par l’État, la Région et la Métropole. D’ici 2030, environ 30 km de rails, de traverses et ballast devraient être renouvelés, les tunnels et les ouvrages d’art consolidés.

    « Situés en contrebas d’anciennes friches industrielles utilisant ou transformant des métaux lourds, les tunnels de Rio Tinto et des Riaux et le viaduc de Vauclair ont été dégradés par l’infiltration d’eaux pluviales polluées provenant de ces entreprises », explique SNCF Réseau, qui se donne l’objectif « d’empêcher la transmission de la pollution à l’intérieur des tunnels afin de garantir la pérennité des structures et de revenir à la vitesse nominale de 100 km/h (contre 40 km/h actuellement) sur le viaduc », qui sera entièrement démoli et reconstruit.

    Les travaux sont prévus à l’horizon 2028, pour environ deux ans. Compte tenu de leur ampleur, la ligne sera fermée temporairement. La concertation préalable, initialement prévue entre juin et juillet 2026, est envisagée à l’automne. Christophe Morard commente : « Ce chantier est une nécessité si on veut pas fermer la ligne. Il y a moins d’agents pour effectuer la maintenance classique, les problématiques sont remontées moins souvent, donc c’est sûr qu’on est toujours plus dans l’urgence que dans l’anticipation ».

  • Une nouvelle étude pointe les manquements passés de l’IHU

    Une nouvelle étude pointe les manquements passés de l’IHU

    Déjà en août 2023, 456 publications des scientifiques de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée avaient été épinglées au bout de deux ans d’enquête pour leurs manquements éthiques ou légaux. Mais derrière l’arbre des recherches désormais invalidées du professeur Didier Raoult sur l’hydroxychloroquine, la forêt des entorses réglementaires est encore plus étendue : dans une nouvelle étude publiée mercredi 12 août dans la revue Research integrity and peer review, les mêmes huit coauteurs ont recensé 853 publications problématiques parmi 2 674 articles scientifiques publiés par l’IHU entre 1994 et 2025, dont seulement 64 ont fait l’objet d’une rétractation et 270 corrigés. « Nos résultats montrent des problèmes avec le respect de l’éthique de recherche largement répandus et persistants au sein de la bibliographie de l’IHU Méditerranée et renforcent le besoin d’une relecture éditoriale et institutionnelle continue », expliquent-ils dans leurs conclusions.

    Obtenues grâce à la commission d’accès aux documents administratifs (Cada), 23 autorisations de recherche ont ainsi été réutilisées pour 374 publications différentes, dont l’une – l’autorisation n°09-022 pour 258 études. Onze d’entre elles ont été rétractées. Des autorisations données pour le prélèvement de selles sont ainsi citées pour des études mentionnant des prélèvements de salive, d’urine, de sécrétions vaginales… Au total, énumère l’enquête, 75 publications ont obtenu une autorisation rétroactive, 194 autres réalisées hors de France ne mentionnent aucune autorisation locale, 343 n’indiquent même pas la moindre autorisation. Selon les chercheurs, au moins 78 articles de recherche biomédicale ne respectent pas le droit français. Un rapport d’Aix-Marseille Université avait identifié 8 publications illégales, qui ont été rétractées. « Lorsque cela était nécessaire, des démarches ont été engagées auprès des éditeurs scientifiques », indique l’université à nos confrères du Parisien.

  • La préfecture autorise la démolition de 124 logements à la Castellane

    La préfecture autorise la démolition de 124 logements à la Castellane

    Au total, ce sont ainsi 124 logements qui doivent être livrés aux engins de chantier, sept ans après le début de la démolition de la tour K. Dans le cadre du chantier de renouvellement urbain de la Castellane et de la Bricarde, quelque 702 logements doivent être démolis et 900 autres réhabilités, avec la création de nouvelles rues, la requalification de trois groupes scolaires, la relocalisation des deux centres sociaux et la construction d’une nouvelle crèche. Un chantier à 304 millions d’euros.