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  • Soleam va céder à des bailleurs sociaux 12 immeubles réhabilités

    Soleam va céder à des bailleurs sociaux 12 immeubles réhabilités

    La Soleam, concessionnaire de la Métropole pour l’éradication de l’habitat indigne, longtemps honni des Marseillais sous Gaudin pour sa procrastination, va céder 10 immeubles du centre-ville et 2 autres à la Belle de Mai. Ces « trois fenêtres marseillais » remis debout à grands frais représentent 56 logements et 10 locaux commerciaux.

    Ils ont été acquis – il y a 12 ans pour le plus ancien – mis en sécurité, restructurés et réhabilités par la Soleam pour 13 814 777 euros HT (prix d’acquisition, honoraires techniques et travaux compris), mais au prix de vente arrêté à seulement 9.3 millions d’euros pour 2 881 m² de surface utile), soit près de 3 200 euros du mètre carré.

    Certains immeubles sont encore en travaux ; d’autres déjà occupés par des ménages éligibles au logement social. Au terme de l’AMI, ils seront attribués à un bailleur social ou à un groupement de deux bailleurs sociaux, d’où ces deux paniers de six immeubles pour équilibrer les typologies et les surfaces habitables.

    Les ménages qui y vivent ont « vocation à s’y maintenir durablement ». « Le bailleur lauréat devra assurer la pérennité de l’occupation en adaptant, si nécessaire, les situations locatives existantes, notamment par la conclusion de nouveaux baux d’habitation en cohérence avec les niveaux de ressources des ménages en place », précise l’AMI.

    3 rue Francis

    de Pressensé

    Acheté 290 000 euros (toutes les sommes indiquées sont hors taxe) en février 2018, tombé en péril et squatté, l’immeuble au cœur de Belsunce a bénéficié de 982 200 euros de travaux pour la remise à neuf de 5 logements, portant le coût total de la réhabilitation de ces 291 m² à 1 382 000 euros.

    14 rue Francis

    de Pressensé

    Acquis en juin 2020 pour 200 000 euros, il a été réhabilité à neuf pour ses 4 logements pour un montant de 1 109 500 euros pour 263 m², soit en tout 1 440 000 euros.

    19 rue Nationale

    Avec 3 logements en R+4, cet immeuble d’angle depuis 2018, acheté en septembre 2018 par préemption pour 150 000 euros a généré des coûts importants de gestion suite à sa mise en péril vu son grand état de vétusté. Après travaux des 303 m², son coût de revient est de 1 499 000 euros.

    24 rue des Petites Maries

    Acheté en avril 2017 pour 430 000 euros, ce bel immeuble patrimonial avec 5 appartements – dont un T5 de 101 m² – a été refait pour 1 385 000 euros de travaux, soit 1 941 000 euros pour 433 m². C’est le plus cher des 12 immeubles.

    49 rue Curiol

    Cet immeuble du quartier Mazagran en R+4 comprend 7 logements. Il a été acheté 400 000 euros en novembre 2019. Sa remise en état débutée en 2023 aura atteint 1 441 000 euros.

    12 rue de l’Académie

    Acheté 300 000 euros en décembre 2016, cet immeuble en R+4 au cœur de Noailles est en cours de travaux. Avec la remise à neuf des 5 logements, il aura coûté en tout à Soleam la somme de 1 656 000 euros pour ses 397 m².

    17 rue Moustier

    Acheté 424 000 euros à Berthoz en décembre 2022, les travaux de remise à neuf de ce bel immeuble d’angle à pan coupé de 5 étages tombé en péril auront coûté 967 213 euros. Coût de revient des 206 m² : 1 469 000 euros.

    6 rue Lemaître

    Acheté 150 000 euros en mai 2019, il a subi pour 485 250 euros de travaux pour ses 5 logements en R+4 sur 124 m². Avec les honoraires techniques, l’opération revient à 704 000 euros.

    36 rue

    des Dominicaines

    C’était un ancien hôtel de 14 chambres, Le Chouia, où vivaient de pauvres Chibanis âgés de 68 ans à 83 ans. Cédé par la Ville en juillet 2014 à la Soleam pour 100 000 euros, la réhabilitation de ce R+4 de 286 m² avec 6 logements a coûté 1 593 000 euros. Il a vocation à héberger les ménages délogés de l’opération Grand centre-ville.

    39 rue

    des Dominicaines

    Acheté en juin 2018 pour 185 000 euros, ce R+4 en péril imminent a bénéficié de 1 144 500 euros de travaux pour remettre à neuf ses 5 logements, soit un coût total de 1 519 000 euros pour ses 267 m².

    9 rue Danton

    Acheté 146 000 euros en octobre 2018, ce petit immeuble en R+2 pour trois logements a été réhabilité avec 384 570 euros TTC de travaux de confortement de ses 125 m².

    9 rue Toussaint

    Les 4 logements et parties communes de cet immeuble de 2 étages dans le quartier de Saint-Mauront étaient frappés d’un arrêté d’insalubrité. La Soleam l’a acheté à une SCI un mois avant le drame de la rue d’Aubagne pour 156 000 euros et y a fait pour 183 700 euros de travaux de ses 193 m².

    Dépôt des candidatures jusqu’au 8 juin. Un jury Ville Métropole Soleam désignera les lauréats en août pour une signature des actes en septembre 2027.

  • IA : Une technologie pleine de ressources

    IA : Une technologie pleine de ressources

    Professionnels hospitaliers et acteurs du monde libéral et industriel se sont retrouvés pour une journée rythmée par de nombreux débats. Autour de diverses thématiques abordées au fil des tables rondes : l’urgence médicale mais aussi l’oncologie, ou l’aide à la décision. Comment faire confiance à l’intelligence artificielle ? Qui porte les responsabilités en cas d’erreurs médicales ? Des questions transversales lors de cette journée.

    Parmi les projets débattus, l’échographe assisté par l’IA. Un programme qui « dispose d’une aide au positionnement et améliore la qualité des images pour que les non-experts puissent s’en servir », explique Carine Capdeville, directrice commerciale de Thales services numériques. Elle poursuit : « L’échographie est un acte technique, mais répandu dans la sphère médicale car elle nécessite une utilisation régulière. » Avec plus de 27 millions d’actes par an, l’échographie limite les risques de cancer et reste peu coûteuse. Pour la directrice commerciale, cette nouvelle technologie « faciliterait son usage et la rendrait plus accessible ».

    Former les professionnels de santé

    Assise dans le public, Marie-Aleth Guillemin, médecin coordinateur en Ehpad saisit le micro. « Nous avons des professionnels qui délaissent des nouveaux outils technologiques car ils ne savent pas s’en servir par manque de formation. Comment comptez-vous préparer les hôpitaux à leur arrivée ? », demande-t-elle. Marc-Olivier Gauci, chirurgien orthopédiste et traumatologue répond : « Nous devons débloquer les moyens nécessaires pour financer leur apprentissage. » Son confrère Alexis Jacquier, chef de service radiologie poursuit : « Nous pourrions introduire dans les cabinets des ingénieurs qui accompagneraient les médecins et faciliteraient la compréhension de ces machines. » De nouveaux programmes qui nécessitent donc une attention particulière à la formation du personnel destiné à les utiliser, et des moyens financiers en conséquence… Le professeur Ouladsine Mustapha, vice-président de l’université d’Aix-Marseille, partenaire de ces rencontres régionales, reste malgré tout optimiste : « Dans les hôpitaux, nous devons davantage accompagner les médecins vers cette transition numérique. Nous trouverons les fonds nécessaires », espère-t-il. « Le territoire est suffisamment actif. Nous avons récolté plus de 3 000 euros pour nos recherches », annonce-t-il fièrement.

    Un modèle économique

    Le directeur de cabinet de l’ARS Thibault Courgeon est de cet avis. Installé derrière son pupitre, il vient clore de débat et en profite pour saluer le soutien de la région. « En Paca nous bénéficions d’un système à l’écoute avec de nombreux projets de la Recherche hospitalo-universitaires (RHU) et un soutien financier de la Région Sud. Nous nous engageons à réunir l’écosystème du territoire. » Avec la volonté, donc, de créer un maillage entre les différences instances de santé et de numérique dans la région. L’objectif est de créer un modèle économique « fiable » et prospère. Vaste programme.

    CHIFFRES

    10

    C’est le nombre de minutes économisées, en moyenne, pendant un appel d’urgence lorsque « Highwind » analyse l’importance du problème via photos et des vidéos pour prioriser les urgences vitales.

    70%

    C’est le pourcentage de chances de guérison d’un cancer du poumon si le diagnostic est réalisé à un stade précoce, notamment grâce au « RHU Luca-PI » qui prévient les cas de cancer via l’imagerie. Un projet mené par l’AP-HM.

    30%

    de risques de complications à la suite d’une chirurgie traumatologique pourrait être évités selon « la planification préopératoire » effectuée. C’est le but de « ReBone » qui permet une simulation de l’opération à réaliser en amont pour le chirurgien. Le projet est développé au CHU de Nice.

  • [Entretien] Laurent Bouby : « Le Sud de la France est le berceaude la viticulture dans le pays »

    [Entretien] Laurent Bouby : « Le Sud de la France est le berceaude la viticulture dans le pays »

    La Marseillaise : La vigne domestique arrive en France par Marseille il y a 2 600 ans. En quoi est-ce une étape importante pour la viticulture ?

    Laurent Bouby : C’est véritablement le début d’une viticulture d’importance en France. Avant, les gens ont pu cultiver de la vigne sauvage, mais avec des résultats assez aléatoires. La vigne sauvage et la vigne domestique sont très proches biologiquement. Ce sont deux sous-espèces interfertiles qui se croisent facilement. Mais pour un vigneron, ce sont des plantes très différentes.

    Pourquoi ?

    L.B. : Les formes domestiques ont été sélectionnées pour leurs caractéristiques propices à la viticulture et la production de vin. Les fruits sont plus gros et plus juteux que ceux des vignes sauvages – qui sont eux remplis de pépins. Et les fleurs des vignes domestiques sont hermaphrodites : elles peuvent s’auto-féconder, ce qui rend la fécondation plus sûre et maximise la production de fruits. Pour la vigne sauvage, c’est plus aléatoire.

    Quelle place occupe le Sud de la France dans l’émergence de la viticulture dans le pays ?

    L.B. : C’est le berceau de la viticulture en France. Après son arrivée à Marseille, la culture de la vigne domestique se répand très vite sur le pourtour méditerranéen français. Nous en retrouvons des traces à Saint-Maximin il y a 2 500 ans, puis à Martigues, Lattes, Nîmes, Antibes… À la différence des Marseillais, ils ne vendent pas leur vin au début. Le commerce arrive à l’époque romaine, vers le Ier siècle de notre ère. La région méditerranéenne se couvre alors de vignobles.

    Propos recueillis par X.B.

  • De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    Une délégation de dix membres du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 est à Berlin depuis vendredi pour le 81e anniversaire de la libération du camp de concentration de Sachsenhausen situé à 30 km de la capitale allemande. Ces descendants des raflés et déportés y dévoileront dimanche une plaque rendant hommage aux Marseillais du quartier de Saint-Jean qui y ont été déportés et où une centaine n’est jamais revenue comme le boxeur Kid Francis.

    Alors que le fascisme veut renaître de ses cendres, la plaque grave dans le marbre « La rafle du Vieux-Port – Marseille 1943 » avec un texte en français et en allemand : « Le 24 janvier 1943 à Marseille, les 20 000 habitants du quartier Saint-Jean furent raflés. Leur quartier sera entièrement détruit par dynamitage. Plus de 250 Marseillais seront déportés à Sachsenhausen, beaucoup ne reviendront pas. Ce crime contre l’humanité fut perpétré par le nazisme avec la collaboration de l’État français. En mémoire de toutes ces victimes. Restons vigilants. Plus jamais ça ! ».

    Ce devoir de mémoire et de transmission veut remettre en lumière « l’opération Sultan » coproduite par l’occupant nazi et Vichy, suivie du dynamitage de près de 1 500 immeubles, 80 rues et places. Ce 24 janvier, 20 000 habitants sont chassés de cette « Petite Naples ». Un transfert forcé de population civile s’organise avec René Bousquet à la manœuvre. 12 000 hommes, femmes et enfants sont conduits par wagons à Fréjus pour être trié. Ce jour-là, un premier convoi de 1 600 Marseillais dont moitié sont juifs raflés les jours précédents part pour Compiègne. En tout 600 habitants de Saint-Jean seront déportés sur différents sites. C’est en avril 1943 qu’un convoi de 250 Marseillais arrive à Sachsenhausen.

    « Avec cette plaque, tous ceux qui viendront à Sachsenhausen sauront que des Marseillais ont été victimes d’une action conjointe et concertée des nazis et de l’État français de Vichy » résume l’avocat Pascal Luongo qui en janvier 2019 a déposé plainte pour quatre survivants et quatre descendants des rafles pour crime contre l’humanité. « Cette reconnaissance est essentielle dans une période où les héritiers de Pétain côté français et d’Hitler côté allemand, retapent à la porte du pouvoir. Cette rafle doit être enseignée comme la rafle du Vél d’Hiv commise six mois plus tôt par les mêmes acteurs », insiste Me Luongo.

    « C’est très émouvant car papa était dans le convoi du 28 avril. Il avait 21 ans », confie Gérard Agresti. « Il est revenu du camp mais en parlait peu car les choses atroces ne sont pas à entendre pour les petits. » Roger Agresti a été ensuite de longues années typographe à La Marseillaise. « Après deux guerres mondiales, ce serait terrible si cet humaniste et militant de gauche voyait qu’autant de peuples se font massacrer en Europe et au Moyen-Orient. Cette plaque prend absolument tout son sens. Ce n’est pas un témoignage ancré dans le passé. Il doit éveiller les consciences. »

    Vendredi, la délégation a été reçue au lycée John-Lennon de Berlin. Ils ont raconté à ces jeunes Allemands cette mémoire qui relie Marseille et Berlin. « C’est notre devoir de transmettre la mémoire de cette opération concertée entre la collaboration et le nazisme mais aussi de délivrer un message de paix », confie Antoine Migneni. Il avait 5 ans le jour de la rafle. Retenu à Marseille, il a fait lire son texte aux jeunes Berlinois : « Le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Les guerres ne sont pas une fatalité. Les hommes et les femmes ont droit au bonheur et à la paix. Soyez vigilants ! S’il ne faut pas vivre dans le passé, il ne faut pas l’effacer non plus. Un peuple qui l’oublie est condamné à le revivre. »

    Cette plaque est pour Fernand Riberi, un aboutissement. « Ce sera mon lieu de recueillement pour mon grand-père, Francesco Commentale, déporté politique, matricule 65028, mort à Sachsenhausen le 30 juin 1944. Il avait 59 ans. Il habitait rue de la Reynarde avec ma grand-mère et leurs six enfants. C’était un modeste piqueur de sel de la communauté napolitaine. Dimanche, ce sera une émotion intense quand je découvrirai le block 24 où a été enfermé ce grand-père que je n’ai pas connu. »

  • [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    Les soins de support permettent de soutenir le patient en parallèle de la prise en charge médicamenteuse ou chirurgicale de sa pathologie cancéreuse. « Il existe neuf soins de supports définis comme la nutrition, l’activité physique, ou encore la douleur, entre autres », explique le docteur Braticevic gériatre et directrice du Comité de liaison en alimentation et nutrition au sein de l’Institut Paoli-Calmettes. « Les soins de support sont les mêmes que l’on soit jeune ou moins jeune. Par contre, il y a un aspect supplémentaire à prendre en compte pour les personnes âgées, ce sont les comorbidités, c’est-à-dire d’autres pathologies qui auraient pu se développer avec l’avancée en âge. »

    Activité physique et maintien de la nutrition sont essentiels

    C’est au moment du diagnostic que les évaluations ont lieu, au début donc de la prise en charge pour ensuite adapter au mieux les soins de support en fonction des besoins du patient soigné. « Lors d’un bilan oncogériatrique nous faisons particulièrement attention à l’activité physique et à la nutrition », souligne-t-elle. « Une personne qui a une activité physique à ne pas confondre avec du sport – tolérera mieux les traitements, sera moins fatiguée et cela permet, pour certains types de cancer, d’éviter le risque de récidives. » Et de continuer, « L’aspect nutritionnel ne doit également pas être négligé car on sait que la plupart des médicaments dans le sang se fixent sur les protéines. Sauf que, quand on maigrit on baisse son taux de protéines, donc les médicaments se fixent moins bien et de fait fonctionnent moins bien. » Les professionnels de santé proposent donc aux patients traités pour un cancer un enrichissement de l’alimentation en calories et en protéines. L’objectif étant de maintenir l’état nutritionnel pour que les traitements fonctionnent au mieux tout en préservant un bien-être global. « L’essence même de notre métier c’est de soigner au mieux un patient tout en préservant sa qualité de vie parce que souvent quand on avance en âge c’est ce qui importe le plus. Il ne faut donc pas sous-traiter quelqu’un sous prétexte qu’il est âgé mais il ne faut pas le surtraiter non plus. Tout l’enjeu étant de prendre la juste mesure », ajoute Cécile Braticevic.

    En somme, un patient qu’il soit âgé ou non ne doit pas perdre de poids au cours de son hospitalisation. Ce poids perdu correspondant à de la masse musculaire surtout chez un sujet âgé. « Les personnes âgées sont davantage touchées car quand on vieillit, on a tendance à diminuer sa masse maigre au profit de sa masse grasse. Pour donner un exemple, quelqu’un de 80 ans qui perd un kilo perd en fait 800 g de muscles, la dénutrition est donc la bête noire du patient », renchérit-elle. « 40% des patients hospitalisés chez nous sont dénutris et pour certains types de cancers, cela monte à 70% il y a donc une nécessité d’assurer un suivi tout au long du processus de soins avec si besoin, un partenariat pour des hospitalisations à domicile. »

  • Travaux d’étanchéité à la maternelle Rose la Garde

    Travaux d’étanchéité à la maternelle Rose la Garde

    Au beau milieu de la végétation du groupe scolaire Rose la Garde dans le 13e arrondissement de Marseille, les engins de chantiers sont discrets. Pourtant, depuis lundi, des ouvriers sont à l’œuvre pour rénover le bâtiment de l’école maternelle. Ce vendredi, la nouvelle adjointe (PM) déléguée au bâti scolaire, Nassera Benmarnia, y faisait sa première visite officielle, accompagnée de la nouvelle maire (PM) du secteur, Tina Biard-Sansonetti.

    Le bâtiment, construit dans les années 70, avait des problèmes d’infiltrations lors d’épisodes de grosses pluies. Pendant les vacances scolaires, la ville a donc entamé une rénovation pour 400 000 euros. « Il s’agit de travaux d’urgence en attendant des travaux plus globaux », précise Tina Biard-Sansonetti, maire de secteur du 13-14. Le but étant d’assurer l’étanchéité et mieux isoler le bâtiment, en mettant de nouveaux drains pour que l’eau puisse s’écouler plus facilement, et ne pas s’infiltrer dans les murs. Des travaux d’autant plus nécessaires que 400 nouveaux logements doivent être construits dans le quartier.

    Comme l’établissement Rose La Garde, ce sont 117 écoles qui sont en train d’être rénovées par la mairie, pour une enveloppe globale de 2,3 millions d’euros. « Il y a des programmations de travaux dans toutes les écoles de Marseille, de manière équitable sur tous les secteurs et pas uniquement les secteurs acquis à la gauche, martèle la nouvelle adjointe au bâti scolaire, au plan école et à la rénovation et construction des écoles. On [la municipalité] rattrape, on rénove, on construit de nouvelles écoles. Ce n’est pas facile, ce n’est pas simple, mais la volonté est là. »

  • En attendant sa cité, la justice doit pousser les murs

    En attendant sa cité, la justice doit pousser les murs

    Ce jeudi 9 avril sur ses réseaux sociaux, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, célébrait « une grande avancée dans notre projet de construction d’un nouveau palais judiciaire à Marseille et pour le service public de la Justice dans les Bouches-du-Rhône ». Deux mois après avoir demandé aux collectivités de mettre au pot, le ministère annonçait avoir bouclé son tour de table pour réunir les 10 millions d’euros nécessaires aux études préalables pour construire la future cité judiciaire à Arenc (dont 3 millions des collectivités). Un projet à 300 millions d’euros, qui ne doit pas voir le jour avant 2031.

    Mais, d’ici là, les magistrats doivent encore un peu se serrer. Depuis la loi de programmation pour la justice, les renforts commencent en effet à arriver dans la juridiction marseillaise. Une dizaine d’agents supplémentaires sont ainsi attendus à l’automne 2026, avant que quinze autres personnes n’arrivent à l’horizon 2027. Si les effectifs sont encore insuffisants aux yeux des magistrats du siège (notre édition du 15/10/2025), l’espace manque déjà pour les accueillir. En catastrophe, le ministère de la Justice doit donc lancer une étude, avec une « livraison urgente » avant l’été, insiste en caractères gras soulignés son cahier des charges, pour créer ces vingt-cinq postes de travail supplémentaires au cours du mois d’août prochain. « Malgré un travail d’optimisation effectué par la juridiction sur son bâtiment, les surfaces sont insuffisantes pour accueillir les agents dans de bonnes conditions et conformément aux surfaces préconisées », détaille le ministère de la Justice, qui regrette que « les différents services judiciaires, répartis sur plusieurs bâtiments, souffrent aujourd’hui d’un manque de surface important ».

    Les renforts dans

    les archives

    Alors le service de l’immobilier ministériel veut dessiner un nouveau schéma de réorganisation des services entre l’emblématique palais Monthyon, le palais Fortia désormais inscrit aux Monuments historiques et surtout le palais Autran. Parmi les priorités, le ministère table ainsi sur une transformation du local d’archives au 2e étage du palais Autran en bureaux et espaces de travail. Et espère surtout « avoir le coût le plus rationalisé possible ». « Les investissements sur les bâtiments actuels doivent être limités à l’essentiel dans l’attente de la nouvelle cité judiciaire », explique le cahier des charges. Reste que si la place manque encore, le site rue Edouard-Delanglade pourrait aussi accueillir les nouveaux effectifs.

    Surtout, le ministère réfléchit à une étude plus élargie pour accueillir les nouveaux effectifs sur ce site Delanglade et dans la caserne du Muy, voire en louant ou achetant un nouveau bâtiment… à l’horizon 2037. De quoi anticiper un retard de livraison significatif pour la cité judiciaire.

  • Sur scène, les minots de l’ASE mettent la joie en mouvement

    Sur scène, les minots de l’ASE mettent la joie en mouvement

    C’est au théâtre L’Escale, à La Garde, que nous étions invités vendredi à venir découvrir le travail des minots de l’ASE sur les planches, dans le cadre de la première édition du Festival Môme. Un événement artistique porté par l’Institut des arts inclusifs du groupe Umane et la compagnie de danse 6e Sens. Un spectacle chorégraphique pensé comme un espace d’expression, de rencontre et de dépassement de soi afin de renforcer la confiance et aider le grand public à porter un regard nouveau sur la jeunesse et l’inclusion.

    « L’aide sociale à l’enfance fait beaucoup parler d’elle dans les médias où elle est souvent pointée du doigt comme un modèle qui serait à bout de souffle avec des institutions qui font du mieux qu’elles peuvent, mais sont souvent en difficulté », souligne Aline Rol, la directrice de l’institut. Et de poursuivre : « Nous, on essaye à notre modeste échelle d’offrir à ces enfants des expériences un peu innovantes qui peuvent leur permettre un chemin de construction. »

    Le collectif engagé essaie d’ailleurs, est-il expliqué, d’explorer de multiples pistes « pour montrer aussi au pouvoir public qu’il y a peut-être d’autres façons de faire ». Et dans ce cadre répond en ce moment à un appel à projet du Département pour pouvoir structurer un réseau de ce qu’on appelle les tiers de confiance. Des proches qui peuvent prendre le relais en cas d’ordonnance de placement pour éviter l’institution qui est souvent, par définition, maltraitante. Non pas, insiste Aline Rol, par les professionnels, mais par le fait de regrouper des enfants avec des fragilités, des soucis de délinquance, de prostitution, de drogue… L’idée est donc de proposer des alternatives. Et de poursuivre : « On a monté ce projet de résidence autour de la danse avec dix enfants qui ont été sélectionnés sur volontariat, qui avaient envie de vivre cette expérience.»

    Une pièce qui coupe

    le souffle

    Pendant deux semaines, une en février et pendant ces vacances scolaires, ils se sont donc retrouvés en communauté autour d’une compagnie de danseurs professionnels dans lequel se mêlent déjà avec harmonie artistes valides et en situation de handicap.

    Avec au final, une chorégraphie époustouflante construite de A à Z avec les jeunes sur le thème de la joie.

    Aujourd’hui, dernier jour de résidence, on retrouve les gamins en situation. Et c’est vraiment bluffant. Chacun endossant parfaitement son rôle en s’intégrant dans l’ensemble pour donner du sens. L’idée était de les mettre en situation pour une première restitution avant qu’ils ne se retrouvent à nouveau sur scène le 12 mai cette fois devant une salle remplie d’un public venu apprécier la qualité de leur travail au même titre que les autres danseurs. Et se mettre en joie.

    « On a eu vraiment un retour exceptionnel », déclare avec beaucoup d’émotion Cécile Martinez, la chorégraphe qui a monté avec eux la pièce de 35 minutes en 8 jours seulement.

    « Ils ont été considérés en tant qu’artistes dès le départ au même niveau qu’une compagnie professionnelle », souligne celle qui a le talent de transformer les faiblesses en force.

    Alors Alison, 14 ans, confie : « Oui, j’avais un peu peur au début mais je me suis dit que ça allait bien se passer. Que c’était l’occasion de créer quelque chose. Et franchement ce qu’on vient de vivre c’est un truc à faire au moins une fois dans sa vie. »

    Anastasia, 14 ans, intervient : « Ça nous a appris ce que, nous, on pouvait faire de nos envies et comment se canaliser dans le spectacle, en confiance. »

    À ses côtés Jasmine, 14 ans également, explique, elle, avoir déjà fait du théâtre et aimer beaucoup la danse. « Je trouve que ça fait découvrir d’autres choses que celles qu’on rencontre d’habitude enfermés dans un foyer. Ça fait changer d’air ! », explique-t-elle.

    Et conclut, des étoiles dans les yeux : « Je suis fière de tout le monde, parce qu’en même pas deux semaines on a fait un fabuleux spectacle, avec de vrais danseurs professionnels, tout le monde n’a pas cette chance. Je pense qu’on n’aurait pas pu faire ça si on n’était pas en foyer. »

    De toute cette gratitude et ces émotions exprimées on en ressort tout retourné. La magie de la culture.

    « Je suis fière de ce fabuleux spectacle. Tout le monde n’a pas cette chance »

  • [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    Une vocation née du Covid. Voilà l’étonnante trajectoire de Chloé Muliva, aujourd’hui étudiante à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (Esilv) et en contrat d’apprentissage à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu. Médaillée d’or au concours national Worldskills dans sa catégorie, compétition de métier destinée à valoriser la jeunesse engagée dans des métiers techniques et technologiques, elle se réjouit d’évoluer dans un secteur « passionnant ». « Avant d’entrer dans mon BUT [Bachelor universitaire de technologie, Ndlr] en génie électrique et informatique industriel, je suis passée par deux années de médecine, retrace la jeune femme de 25 ans. Puis le Covid est arrivé et j’ai compris que ça n’était vraiment pas fait pour moi. » De cette envie de changement naîtra l’évidence : la volonté d’engager une carrière dans l’industrie. « Pendant la pandémie, je me suis rendu compte que le secteur qui s’est relevé le plus vite, qui s’est adapté le plus rapidement aux problèmes pour poursuivre son activité, c’était l’industrie, souligne-t-elle, enthousiaste. Ils ont trouvé des solutions très vite, avec des équipes d’ingénieurs elles aussi très mobilisées pour pallier les freins qu’on rencontrait à ce moment-là. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans cette voie. »

    Compétitrice dans l’âme

    Apprentie en ingénierie électronique, système embarqué et robotique, en parallèle de son cursus à l’Esilv, Chloé passe ses journées à « développer des systèmes » sur « un simulateur d’avions militaires ». Actuellement en formation générale avec une « majeur robotique », elle tient son attrait pour la filière d’un concours passé pendant son BUT. « J’ai fait une première compétition à l’époque, avec deux autres étudiants. On a remporté le premier prix, se souvient-elle. J’ai poursuivi dans ce secteur, tout en continuant les compétitions. C’est là que j’ai vraiment découvert l’électronique. J’ai compris, non seulement que j’étais plutôt douée mais surtout que j’avais de l’appétence pour la matière. » Une appétence désormais élevée au rang de « passion ». « Moi ce que j’aime c’est pouvoir concevoir des choses et tout en travaillant constamment avec des technologies nouvelles, confie-t-elle. Et puis il faut dire que l’électronique, c’est assez complet. On fait un peu d’informatique, on conçoit des systèmes qui permettent de faire bouger des moteurs ou autres, ça permet d’automatiser, on fait un peu d’IA. En fait, j’en apprends tous les jours. »

    Seul 30% de femmes dans l’industrie

    Devenue « ambassadrice métier » grâce à sa victoire aux WorldSkills, Chloé est heureuse d’incarner une représentation féminine dans un secteur majoritairement masculin. « Il faut savoir que les femmes ne représentent que 30% des employés de l’industrie et seules 2% sont patronnes, s’insurge l’étudiante. C’est un problème global de l’industrie : il existe tout un panel de personnes non représenté, qui pourrait apporter une vision différente. » Compétitrice, mais aussi ambitieuse, Chloé rêve d’un jour travailler à la Nasa.