Category: societe

  • [Tribune] Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

    [Tribune] Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

    Des maires et adjoints à la Culture de toute la France interpellent
    le président de la République

    Alors que notre pays est confronté à un mur budgétaire historique, chacun mesure la nécessité de contribuer à l’effort collectif de redressement des finances publiques.

    Les collectivités territoriales comme les institutions culturelles qu’elles soutiennent en partenariat avec l’État n’ont jamais ignoré cette exigence. Depuis de nombreuses années, elles ont fait preuve d’esprit de grande responsabilité en assumant leur part des ajustements budgétaires tout en maintenant des services publics essentiels au quotidien de nos concitoyens, comme celui de la culture, et en poursuivant sans relâche leur mission de démocratisation culturelle au service de tous les publics.

    C’est dans ce contexte que nous avons appris avec effroi l’annonce d’une réduction sans précédent des subventions de l’État destinées à 28 institutions culturelles majeures engagées sur nos territoires. Un tel arbitrage, brutal et sans concertation préalable, s’ajouterait à une première coupe effectuée sur les budgets culturels de l’État dans les Régions en avril. S’il était confirmé dans les semaines qui viennent, ses conséquences seraient immédiates et désastreuses.

    Celle et ceux qui prennent ces décisions à un stade aussi tardif de l’année ont-ils vraiment mesuré leurs conséquences sur la pérennité de ces institutions, alors même que les programmations artistiques sont actées, les contrats signés et les dépenses largement engagées et incompressibles ?

    De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions. En effet, déjà fragilisées par plusieurs années de tensions inflationnistes et budgétaires, elles seraient confrontées à des arbitrages impossibles : annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou, dans les situations les plus critiques, remise en cause de leur activité même.

    Celles et ceux qui prennent ces décisions radicales ont-ils mesuré que les contributions demandées constituent une entreprise de démolition alors qu’elles n’auront en réalité aucun effet sensible sur la réduction du déficit de l’État ?

    C’est un prix totalement disproportionné que l’on ferait payer à la culture en raison de la dérive des finances de l’État. La conduite des finances publiques ne peut reposer sur des décisions imposées, sans prévisibilité pour les établissements, et au mépris des engagements déjà contractés et de la confiance qui doit présider aux relations entre l’État et ses partenaires.

    Monsieur le Président de la République, ne laissez pas s’accomplir cette atteinte aux fondations de la décentralisation culturelle engagée par André Malraux. N’hypothéquez pas l’avenir des équipes artistiques et techniques qui œuvrent sur les territoires. Ne donnez pas quitus à ce qui constituerait un reniement du pacte culturel républicain avec les territoires et avec tous ses publics.

    Monsieur le Président de la République, sachez que nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle. Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée.

    Monsieur le Président de la République, la France a toujours puisé une part de sa force dans sa création, dans ses artistes et dans ses institutions culturelles. En faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle, qu’ils réduisent les fractures sociales et territoriales, élèvent le niveau de connaissance et d’émancipation de nos concitoyens, créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires.

    Préserver cet héritage et réfléchir à son avenir est une responsabilité que nous nous devons de partager collectivement.

    Raphaël Adam – Maire de la Ville de Nanterre

    Rozenn Andro – Adjointe à la culture Ville de Rennes, Présidente du conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne

    Nathalie Appéré – Maire de la Ville de Rennes, Présidente de Rennes Métropole

    Bally Bagayoko – Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte

    Xavier Bertrand – Président de la région Hauts-de-France

    Nathalie Bois-Huyghe – Adjointe au Maire de la Ville de Bordeaux chargée de la culture et des mémoires

    Sofia Boutrih – Adjointe au Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte en charge de la culture, de l’événementiel et des grands rendez-vous populaires

    Laurent Cathala – Maire de la Ville de Créteil et Président de Grand Paris Sud Est Avenir

    Claire Chazal – Vice-présidente de l’Opéra de Lyon

    Thomas Cazenave – Maire de la Ville de Bordeaux

    Mickael Delafosse – Maire de la Ville de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole

    Arnaud Deslandes – Maire de la Ville de Lille

    Pauline Diaz – Adjointe au Maire de la Ville de Villeurbanne déléguée à la culture et aux droits culturels

    Agnès Dolhem – Adjointe à la culture de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair

    Grégory Doucet – Maire de la Ville de Lyon

    Anne Fahmy – Présidente de l’Opéra National de Bordeaux, Adjointe au maire de la Ville de Bordeaux chargée de l’éducation, de l’enfance et des politiques alimentaires

    Emmanuel Grégoire – Maire de la Ville de Paris

    Sylvie Hubac – Présidente de l’Opéra de Lyon

    Sylvie Jacq – Vice-Présidente du conseil départemental du Calvados en charge de la culture

    Pierre Jakubowicz – Adjoint à la culture, au patrimoine et aux arts de la Ville de Strasbourg, Président de l’Opéra national du Rhin, Président de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg

    Régis Juanico – Maire de la Ville de Saint-Étienne, Président de Saint-Étienne Métropole

    Sofienne Karroumi – Maire de la Ville d’Aubervilliers, Vice-Président de Plaine Commune

    Guillaume Lissy – Président de Grenoble Alpes Métropole

    Bertrand Masson – Président de l’Opéra national de Nancy – Lorraine et adjoint à la culture de la Ville de Nancy

    Alexis Monge – Adjoint à la vie culturelle et aux arts Ville de Grenoble

    Hervé Morin – Président de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen et de la Région Normandie

    Jean-Luc Moudenc – Maire de la Ville de Toulouse et Président de Toulouse Métropole

    Patrick Nicolle – Adjoint à la culture de la Ville de Caen

    Aristide Olivier – Maire de la Ville de Caen

    Benoît Payan – Maire de la Ville de Marseille

    Florence Portelli – Présidente de l’Orchestre national d’Île-de-France, Présidente déléguée de la Région Île-de-France en charge de la culture, du patrimoine, de la création et de la francophonie

    Philomène Récamier – Adjointe à la Culture de la Ville de Lyon

    Cécile Renault – Présidente de la MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis

    Agnès Robin – Adjointe à la Culture de la Ville de Montpellier, administratrice de l’OONMO

    Arnaud Robinet – Maire de la Ville de Reims

    Sylvie Robert – Sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Membre du Conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne

    Johanna Rolland – Maire de la Ville de Nantes, Présidente de Nantes Métropole

    Laurence Ruffin – Maire de la Ville de Grenoble

    Florian Sitbon – Adjoint au Maire de la Ville de Paris chargé de la culture

    Catherine Trautmann – Maire de la Ville de Strasbourg, Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, ancienne ministre de la Culture

    Rodolphe Thomas – Maire de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair, Vice-président de la Région Normandie

    Stéphane Troussel – Président du Département de la Seine-Saint-Denis

    Laetitia Valentin – Adjointe chargée des arts et cultures, Ville de Saint-Étienne

    Cédric Van Styvendael – Maire de la Ville de Villeurbanne

    Nicole Yardeni – Adjointe à la Culture, Ville de Toulouse, Présidente de l’Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national

  • Les souterrains de l’amphithéâtre se dévoilent à Arles

    Les souterrains de l’amphithéâtre se dévoilent à Arles

    Parmi les nombreux monuments arlésiens inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, l’amphithéâtre est certainement l’un des plus emblématiques et impressionnants. Il s’inspire directement du Colisée de Rome, construit quelques décennies plus tôt. Tout au long de l’année, des visites de ce monument sont proposées au public. Mais dans le cadre de sa saison estivale, la Ville a décidé de lancer une nouvelle visite flash, incluse dans le tarif du billet d’entrée de l’amphithéâtre.

    Immersion au temps
    des gladiateurs

    C’est une grande première puisque, dès ce samedi, les visiteurs pourront accéder aux souterrains de l’amphithéâtre, jusqu’alors fermés au public. Cette animation est rendue possible grâce aux travaux de restauration et de mise en valeur menés par la Ville dans le cadre de sa politique de développement de l’attractivité des monuments.

    Petits et grands sont ainsi invités à découvrir, ce samedi, les coulisses des combats de gladiateurs de l’Antiquité et à vivre une expérience inédite dans les entrailles de cet édifice remarquable. Cette immersion de 30 minutes permettra aux visiteurs d’explorer l’envers du décor de l’amphithéâtre. Accompagnés d’un guide-conférencier, ils découvriront tous les secrets des galeries souterraines de ce monument exceptionnel.

    Des reconstitutions de combats dans les arènes

    Cet amphithéâtre romain de forme elliptique compte 60 arcades en plein cintre. Sous le plancher de bois recouvert de sable qui formait la piste, un impressionnant système de trappes et de monte-charges avait été aménagé afin de modifier les décors de l’arène et de créer des effets scéniques. Durant l’Antiquité, ce lieu était un véritable temple du divertissement où les gladiateurs s’affrontaient devant des milliers de spectateurs. D’ailleurs, tous les mardis et jeudis de l’été, les familles peuvent assister à des spectacles de reconstitution de combats, comme à l’époque.

    Visite flash, ce samedi à 10h et 11h, comprise dans le billet d’entrée pour accéder à l’amphithéâtre.

  • La prévention du sexisme est un sujet pour les Fadas

    La prévention du sexisme est un sujet pour les Fadas

    La base nautique de Tholon s’est mise aux couleurs du village des Fadas du monde depuis mardi. Chaque jour, concerts, spectacles, ripaille les pieds dans l’eau et trinquées à la buvette des Amis de la fête ponctuent les jours comme les nuits. Au cœur de la fête, habillées d’une chasuble sur lequel figure un œil bleu, certaines personnes vont à la rencontre des festivaliers pour parler prévention.

    Il s’agit des bénévoles du dispositif Safer, ou « plus sûr ». Sur leur stand, des informations et des outils pour comprendre, prévenir et traiter les violences sexistes et sexuelles. « On est une organisation spécialisée dans le milieu festif pour répondre au sentiment d’insécurité des femmes » explique Ange, coordinatrice du dispositif sur le village des Fadas. Sur la table, il y a notamment le violentomètre. « C’est un outil qui fonctionne très bien pour sensibiliser les victimes et les auteurs de violences » explique la coordinatrice, prenant l’exemple d’« un garçon venu nous voir sur un autre festival, persuadé que c’était de sa faute de s’être fait violer car il avait trop bu ». « Il a réalisé que ça n’était pas normal », insiste Ange.

    Liberté ou non-droit ?

    Selon la militante, la fête n’est « pas forcément plus propice aux violences que le travail ou la rue », mais reste pour beaucoup « un moment ou un espace synonyme de liberté, voire de zone de non-droit ». Selon l’étude menée avec l’institut Gece sur 7 festivals et leurs 10 000 participants, « 75 % des personnes interrogées estiment que les violences, discriminations et VSS se produisent fréquemment en festival », resitue la coordinatrice.

    Ce sentiment de liberté est notamment renforcé par la consommation d’alcool. « Cela crée une désinhibition et la foule peut aussi indure ce sentiment d’impunité » appuie Ange. Pour répondre à ces situations, plusieurs solutions. Comme des petites cartes en papier, marquées « t’es relou » ou « quand c’est non c’est non ». Ces cartes ont au verso une explication simple de pourquoi elles ont été données et renvoient vers un site internet contenant des fiches pédagogiques. L’idée étant de « ne pas faire reposer la charge éducationnelle sur les victimes » selon le site internet.

    Au besoin, le dispositif peut aussi et surtout accueillir les victimes. « On peut venir discuter au stand, ou bouger ailleurs. On est une bulle de bienveillance et de repos pour redescendre de ses émotions et envisager un après, comme plainte ou pas », décrit Ange.

    Le dispositif est en lien étroit, comme la Ville de Martigues, avec Solidarité femmes 13. « Ce sont des professionnels capables de sécuriser les personnes au plan psychologiques et assurer un suivi », détaille la coordinatrice, également « formée aux premiers secours en santé mentale », utile en cas « de crise d’angoisse » notamment.

    Le dispositif Safer sensibilise aussi les autres acteurs du festival. « Ils nous ont proposé une mini-formation avec la Ville en tant que responsables de la buvette », indique Marianne Bocca, de l’association des Amis de la fête. « Nous sommes attentifs à l’exagération sur l’alcool, mais il n’y en a pas encore eu » remarque-t-elle. Sur le comptoir en bois, des autocollants aux couleurs du dispositif ont été posés. « L’ambiance est bon enfant, je ne me sens pas en insécurité. Mais ça peut quand même arriver et on a été formés pour savoir quoi faire et à qui s’adresser », affirme la responsable. La Ville de Martigues a également distribué des tracts sur lesquels figurent des numéros de services d’urgence et d’accompagnement. « Toutes ces initiatives contribuent à dissuader les mauvais comportements » assure Ange, de Safer. Et que la fête profite à tout le monde.

    « Safer dissuade
    de mal
    se comporter »

  • Les locataires des Bourrely privés de gaz

    Les locataires des Bourrely privés de gaz

    Un mois sans gaz et des angoisses… Depuis l’installation de détecteurs de monoxyde de carbone, mi-juin, les habitants des Bourrely Perrin (15e) subissent des coupures intempestives à la moindre alerte. Résultat : plus d’eau chaude, plus de possibilité de cuisiner. « Dans mon immeuble, les marins pompiers et GRDF nous ont dit que moins deux, ça explosait » assure Cynthia, qui témoigne de ruptures de service touchant des appartements ou carrément un de la trentaine de bâtiments de cette cité construite en 1965. Entourée d’autres habitants en colère, réunis ce vendredi 10 juillet devant le centre social, elle raconte le manque d’information, la peur d’absorber un gaz inodore et dangereux.

    « Vous vous rendez compte ? On a ici des personnes très âgées mais aussi des enfants en bas âge, des mamans seules, tout ça en pleine canicule » poursuit-elle. L’une d’entre elles, Yamina, a pris ces deux petits sous le bras pour être hébergée chez une amie. « Mes enfants ont été hospitalisés parce qu’ils avaient relevé 490 ppm dans l’air chez moi » affirme la jeune femme quand une exposition à 400 ppm après 3 heures cause des maux de tête intenses.

    Le sommet de l’iceberg

    La mairie de secteur a ouvert le stade de La Martine pour permettre à ceux qui le peuvent de venir prendre une douche. Une réunion s’est tenue en urgence jeudi après-midi avec un représentant de Treize Habitat. « On nous a expliqué que les pigeons ont fait leur nid dans les bouches d’aération empêchant l’air de circuler et on nous a distribué des plaques électriques qu’on nous demande de restituer par la suite car le problème va se reproduire » s’indigne la jeune femme.

    Surtout ces coupures ne sont que le sommet de l’iceberg des « conditions de vie déplorables de près de 5 000 personnes précaires » résume Cynthia. Photos à l’appui, chacun témoigne des moisissures sur les murs, des colonnes d’évacuation amiantées qui débordent, des fuites d’eau qui provoquent des charges indues, du balcon dont les rambardes tiennent avec des bouts de ficelle… « On va se constituer en collectif, aller à la maison de l’avocat pour entamer un recours » promet Cynthia.

    De son côté, la direction de Treize Habitat précise dans un communiqué que « plusieurs logements du bâtiment 15 » sont concernés et qu’une « dizaine de locataires a été prise en charge pour des gênes respiratoires, sans gravité ». Le gaz a été coupé « par mesure de sécurité » et « ne pourra être rétabli qu’après diagnostic de Qualigaz ». La direction du bailleur ajoute que « dans l’attente, des plaques d’appoint vitrocéramiques, électriques, ont été distribuées aux locataires présents » et que « tout est mis en œuvre pour rétablir le gaz le plus rapidement possible ». Elle impute le problème « aux fortes chaleurs actuelles, qui ralentissent la bonne ventilation dans le bâtiment et l’aspiration verticale naturelle du monoxyde de carbone par les gaines » et se félicite que les détecteurs de monoxyde de carbone installés par ses soins dans les logements aient « joué pleinement leur rôle ».

  • Des contrôles avec des sonomètres pour « aller vers la tranquillité sonore »

    Des contrôles avec des sonomètres pour « aller vers la tranquillité sonore »

    Vroum, vroum », les motos défilent sur le rond-point de l’escale Borély (8e) ce vendredi 10 juillet. Certaines se font arrêter et contrôler par la police municipale dans le cadre de leur première opération équipée de sonomètres contre les nuisances sonores. La Ville de Marseille vient d’investir 12 000 euros dans ces dispositifs « pour apaiser la vie des Marseillais et aller vers la tranquillité sonore », explique Pierre-Marie Ganozzi, adjoint (PM) au maire en charge de la sécurité.

    Ces appareils permettent de vérifier que le niveau sonore des pots d’échappement n’est pas supérieur aux normes de leur véhicule, et donc que les appareils ne sont pas débridés, auquel cas les conducteurs s’exposent à une amende de 135 euros.

    Ces six sonomètres ont pour but de répondre à un double enjeu, à la fois de sécurité routière mais aussi de santé publique. « L’escale Borély est le théâtre des pratiques de rodéo vers le littoral sud. Lorsqu’un véhicule qui ne respecte pas les normes part d’ici et roule trop vite jusqu’à Callelongue, il réveille plus de 20 000 habitants sur son passage », accuse Olivia Fortin, maire de secteur (Mad Mars) des 6e et 8e arrondissements de Marseille. « C’est un début » qui cible des lieux et des véhicules de manière stratégique, selon Céline Lefléfian, directrice de la police municipale de Marseille. Une première phase de test, vouée à être approfondie. Le but, à terme, est d’automatiser ces contrôles à l’aide de radars méduses, qui ne sont pas encore autorisés mais en cours de discussion à l’échelle nationale.

  • Tramway des Catalans : un avis favorable avec réserve

    Tramway des Catalans : un avis favorable avec réserve

    La commissaire enquêtrice, Clairette Gatineau, a émis un avis favorable à la réalisation du projet d’extension du tramway reliant la rue de Rome à la place du 4 septembre, l’estimant d’utilité publique. L’avis fait suite à l’enquête publique qui s’est tenue du 4 mai au 10 juin 2026. L’avis est toutefois assorti d’une réserve majeure sur un parking et de recommandations.

    En matière d’intermodalité et d’accessibilité, l’avis retient une amélioration nette de l’offre de transports dans le 6e arrondissement avec quatre arrêts prévus. S’agissant de l’environnement et du cadre de vie, le projet aura un impact positif sur la qualité de l’air et une baisse globale du bruit par la réduction de 10% des kilomètres parcourus en voiture. Le bilan quantitatif sur le patrimoine arboré est positif, passant de 366 à 470 arbres au total dont 137 plantés.

    La réserve de la commissaire porte sur l’utilité collective du projet de parking souterrain Dessemond de 220 places (12,6 millions d’euros). Il représente 30% des émissions de gaz à effet de serre en phase chantier et les subventions de « Marseille en Grand » ne couvrent pas ce parking. C’est pourquoi il est demandé à la Métropole de lancer une étude détaillée sur les besoins réels en stationnement. Le rapport entend les inquiétudes légitimes des riverains sur le report de trafic vers les rues adjacentes.

    Il est demandé des aménagements cyclables et de planter une seule essence par place, des faux-poivriers place Estrangin, et des tilleuls place du 4 septembre, de veiller à des mesures strictes de protection des platanes existants contre le chancre coloré. Il est recommandé à la Métropole de nouer un dialogue en amont avec les écoles, les commerçants et les professions médicales en vue de planifier les impacts du chantier.

  • Toujours le bras de fer entre salariés et direction d’Haribo

    Toujours le bras de fer entre salariés et direction d’Haribo

    La direction est fermée, on est face à des murs. » En grève illimitée depuis quinze jours, les salariés de l’usine marseillaise d’Haribo dénoncent « l’évitement » de la direction. Ils réclament « de nouvelles NAO » (négociations annuelles obligatoires), pour revaloriser leurs salaires. Ils réclament une augmentation de 100 euros brut mensuels pour suivre l’inflation. Une demande restée sans réponse de la part de la direction. Difficile à digérer pour les employés qui décrivent l’année 2025 « exceptionnelle » pour l’entreprise en termes de chiffre d’affaires.

    Une grève prête à durer

    Depuis le début du mouvement, les salariés « débrayent deux heures par jour », expliquent Thierry Cambola, délégué syndical central FO, et Marc Mansano, délégué syndical CGT. Seul changement : « On ne prévient plus la direction au préalable », ajoutent-ils. le reflet d’une « tension grandissante » avec la direction du groupe.

    De son côté, l’entreprise fait appel depuis lundi « à des intérimaires et au personnel de l’administration », pour pallier l’absence des grévistes, assure le syndicaliste. « Un personnel qui n’est pas fait pour cela », s’insurge-t-il. En réaction, l’inspection du travail a été saisie par les salariés et s’est rendue sur place jeudi 9 juillet.

    Des déclarations contredites par la direction, qui affirme qu’« aucune embauche n’a été réalisée en intérim ou CDD pour remplacer spécifiquement un salarié gréviste » et assure formellement ne « pas entraver le droit de grève ». Quant aux demandes salariales, la direction considère que « l’entreprise s’est toujours alignée sur l’inflation voire au-delà (…) », mais les demandes des syndicats sont « éloignées » de leurs « propositions » et pour l’heure les parties « ne sont pas parvenues à un accord », constate la direction.

  • Les trésors de la Lune remontés à la surface

    Les trésors de la Lune remontés à la surface

    Jusqu’à « 60, 70, 80… », compte Michel L’Hour, à mesure que les plongeurs-démineurs de la Marine nationale s’enfoncent pour arrimer les sangles de L’Alfred-Merlin au canon tricentenaire, immergé à 90 mètres de profondeur. Le directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), dirige également les recherches sur l’épave de La Lune, aux côtés d’Olivia Hulot. L’opération est délicate : des sédiments recouvrent le canon. Toute l’équipe a les yeux rivés sur les sept écrans de la salle de contrôle, reliés aux caméras des plongeurs et du site de fouilles archéologiques.

    La mer est calme, « On a un temps parfaitement propice à ce genre d’opération », se réjouit Michel L’Hour. « Mais le soulagement, c’est quand c’est fini, quand les plongeurs sont dehors », ajoute-t-il. Après 20 minutes de remontée où toute l’équipe retient son souffle, le canon sort enfin de l’eau. « C’est l’aboutissement de beaucoup de travail, et quand ça marche, on ne peut pas rêver mieux, ça en fait le plus beau métier du monde ! », s’exclame sourire aux lèvres, Olivia Hulot, archéologue maritime, conservatrice patrimoine et cheffe de la mission de La Lune, aux côtés de Michel L’Hour.

    Depuis plus de six mois, le Drassm et le Centre d’expertise et d’essais pratiques de la Marine nationale (Cephismer), spécialisé dans la plongée humaine et l’intervention sous la mer, travaillent ensemble sur cette mission. Elle « demande une orchestration hyperfine, hyperciselée » selon Olivia Hulot. « Ça va du matériel qu’on doit acheter aux missions que doivent avoir nos spécialistes pluridisciplinaires qui sont à bord. Ça monte en puissance au fil des semaines », précise-t-elle. Le temps réduit des plongeurs au fond de la mer, seulement 15 minutes, impose aux équipes de connaître le site de fouilles sur le bout des doigts. C’est dans cette perspective que le site de La Lune a été numérisé en 3D en 2022. « On a une vue complète de tout ce qui s’y trouve. L’idée, c’est que les actions soient vraiment chirurgicales avec des gestes précis », explique Olivia Hulot, dont le rôle est de coordonner les informations entre les marins-plongeurs et l’équipage. « C’est une belle synergie qui fait de belles concrétisations comme aujourd’hui », se satisfait-elle. Avant la remontée du canon mercredi, deux plongées ont préparé le terrain. Une plongée « d’expertise » a d’abord permis d’« évaluer la résistance et la nature des sédiments autour du canon », explique le Major Aymeric, plongeur-démineur au Cephismer. La seconde plongée a servi à positionner les sangles autour du canon et à régler la pantoire, l’instrument qui allait en maîtriser l’élévation le jour J.

    « Un bateau emblématique sublimement conservé »

    Après 330 ans endormie au large de Toulon, l’épave de La Lune, est découverte en 1993 par le Nautile, sous-marin de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. Sa tragique histoire se déroule au XVIIe siècle. La Lune fait partie d’une expédition militaire commandée par Louis XIV, qui cherche à asseoir son pouvoir en Méditerranée face aux corsaires Barbaresques. Alors que le fleuron de la Marine royale est largement fragilisé, il est déclaré apte à naviguer. Le 6 novembre 1664, une tempête lui est fatale, le navire sombre à pic, emportant avec lui près d’un millier d’hommes à bord. « C’est la soudaineté du naufrage qui fait que les objets sont miraculeusement préservés », explique Olivia Hulot. « C’est une vraie bulle temporelle ». Entre sa proue et sa poupe, La Lune mesure 40 mètres de long sur 11 mètres de large et recèle des « centaines de milliers d’objets conservés ».

    Le succès d’une telle opération a une saveur particulière pour Michel L’Hour, qui dirige les recherches autour de l’épave depuis 2012. « On a connu des moments un peu catastrophiques il y a quelques années sur un canon comme ça, alors qu’il n’était qu’à un mètre de la surface », se souvient-il.

    Long de 3,25 mètres et large de 24 cm, le canon remonté ce mercredi pèse 1,7 tonne. « Il est cerné de fleurs de lys, c’est rare qu’on en ait autant », se réjouit-il. Sur le canon trône également un blason et une ancre, « symbole de la Marine, que l’on trouve associé notamment aux armoiries de Richelieu », explique-t-il avec fierté. « Le fondeur s’est donné la joie de faire quelque chose de très prestigieux, on lui rendra hommage quand on aura fini de le nettoyer, on trouvera peut-être ses initiales ».

    « Rien n’a été cassé »

    Il faudra rester patient avant de percer tous les secrets du canon. Le colosse de bronze va être envoyé à Nantes, au laboratoire « Arc’antique », pour le libérer des organismes marins et des chlorures qui l’ont envahi depuis trois siècles. « La restauration permettra, via le procédé d’électrolyse, de voir l’âme du canon », s’impatiente Olivia Hulot. « Comptez deux à trois ans » et « un petit billet de 10 000 euros », avant de pouvoir l’admirer dans sa meilleure forme, précise Michel L’Hour. Pour les plus impatients, pas de panique, des services de vaisselle ont également été remontés lors de l’opération. « Rien n’a été cassé lors de la remontée », se félicite Olivia Hulot. À bord, une céramologue prodigue « les premiers soins » aux précieux vestiges, tandis qu’un ingénieur du CNRS numérise chaque pièce avec minutie. « Le scan présente cet avantage d’avoir une définition parfaite de l’objet dans son état actuel de sortie d’eau », explique Olivia Hulot. Au-delà de l’étude scientifique, cette numérisation permettra à l’épave de raconter son histoire au public lors d’une visite immersive, visuelle et sonore. D’ici là, certaines pièces de La Lune seront exposées au musée national de la Marine dès le 18 novembre prochain, au cœur de l’exposition Plongée(s) dans l’inconnu. L’aventure sous-marine en Méditerranée.

    « On est dans les 10 sites probablement les plus riches aujourd’hui pour leur potentiel scientifique, archéologique
    et même artistique »

  • [Entretien] Erwann Favre : « Les assos ne sont pas shootées à la subvention »

    [Entretien] Erwann Favre : « Les assos ne sont pas shootées à la subvention »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que
    le Mouvement associatif ?

    Erwann Favre : C’est la tête de pont des associations dans leur diversité. On va s’occuper de tout ce qui est commun à l’ensemble des assos, quel que soit leur secteur : modèle économique, bénévolat, engagement, dialogue civil, etc. Il y a deux cordes à notre arc. La première, c’est la représentation des associations auprès des pouvoirs publics pour tenter de faire en sorte qu’ils comprennent ou anticipent le mieux possible les conséquences de leurs décisions. La deuxième mission, c’est de conseiller, informer et accompagner les acteurs associatifs dans la région. Au niveau de l’Occitanie, à peu près une asso sur deux est représentée par le mouvement asso via nos membres.

    Quelle est la situation du secteur associatif ?

    E.F. : Depuis une vingtaine d’années, on a un glissement de la relation entre les assos et les acteurs publics. On était à peu près à 40% de subventions dans le modèle économique des assos et aujourd’hui, on est à moins de 20% du financement public. On est très loin de l’image d’Épinal d’associations shootées à la subvention et soutenues à bout de bras. Si on parle en volume au national, les aides publiques aux assos, c’est à peu près 40 milliards d’euros. Les aides publiques aux entreprises, c’est entre 210 et 250 milliards d’euros. Bref, on assiste à un désengagement de la puissance publique. On est donc allé chercher des financements ailleurs : auprès des bénéficiaires, des usagers et des entreprises privées via le mécénat ou les dons. Le mécénat est assez stable depuis 20 ans, on est entre 4 et 5% du modèle économique des assos au niveau national.

    Malgré ça, l’engagement bénévole et l’emploi associatif sont en augmentation. Avec deux exceptions : la crise Covid et ce qui se passe depuis un an et demi maintenant. On constate une très forte dégradation des financements associatifs avec des coupes budgétaires au niveau national mais également des collectivités qui ont répercuté ces baisses sur le monde associatif. Cette année, comme tous les budgets ne sont pas encore votés, notamment les BOP, les budgets opérationnels de programmation, donc on ne sait toujours pas ce que vont recevoir les assos de certains secteurs d’activité. Il y a un pilotage à vue. En région, en 2024, il y avait à peu près 176 000 salariés dans le secteur associatif. Les premiers chiffres font état d’une baisse qui devrait se situer entre 1 500 et 3 000 emplois perdus.

    Existe-t-il des risques de disparitions d’associations ?

    E.F. : On assiste à une augmentation importante du nombre de défaillances dans notre région qui a doublé une première fois entre 2023 et 2024 puis une nouvelle fois entre 2024 et 2025. Donc il est évident que des structures vont être liquidées. Ce n’est pas forcément un problème économique pur, c’est qu’il n’y a pas eu d’anticipation de la part de la puissance publique. L’association est au pied du mur et elle n’a pas les moyens de licencier les gens, donc c’est la liquidation.

    Existe-t-il une crise du bénévolat ?

    E.F. : Alors oui, mais elle est travestie. Il faut arrêter de dire que les Français ne s’engagent pas, sont individualistes et ne pensent qu’à eux. L’engagement progresse. Il y a un habitant sur deux qui est membre d’une asso en France. C’est énorme. Le bénévolat augmente dans notre pays, y compris chez les moins de 35 ans et les plus de 65. Ce sont les deux classes d’âge qui, proportionnellement, s’engagent le plus. On peut parler de crise du bénévolat de gouvernance. Ce sont des administrateurs, des membres des CA, des membres des bureaux, des présidents, trésoriers. En fait, piloter, gouverner, diriger une association aujourd’hui employeuse, c’est être chef d’entreprise, on a les mêmes obligations légales. Donc quand vous êtes chef d’entreprise bénévole et qu’il y a une succession de crises à affronter, ça veut dire que vous donnez énormément de votre temps et que la satisfaction que vous aviez de trouver dans la réalisation de votre engagement n’est plus là. Et c’est épuisant.

    L’arrivée de l’extrême droite à la tête de mairies s’est traduite par une baisse des subventions de certaines assos. L’ennemi du secteur associatif ?

    E.F. : Il est certain qu’on a des groupes politiques qui sont plus ou moins dans un esprit de coopération et de financement d’associations, quelles qu’elles soient. Pour le RN, une asso ne peut pas être politique. Pour nous, une asso qui n’est pas politique, elle n’a rien à faire sous statut associatif. Une asso a une vision du monde et elle va faire ce qu’elle peut pour mettre en place sa vision de la cité. Et donc, les élus du RN, globalement, il y a des sujets sur lesquels ils votent systématiquement contre les subventions à certaines assos : celles qui aident, qui fournissent un service ou qui accueillent des populations étrangères (accueil de jour, les Cada, les assos qui font du français langue étrangère). Tout ce qui est droits des femmes et des familles, contre les violences sexuelles, tout ça c’est pareil, c’est supprimé. Et je ne parle même pas de la Ligue des droits de l’Homme. Mais ça se voit aussi dans d’autres mairies qui ne sont pas RN. La LDH s’est fait virer de ses locaux à Toulouse par [le maire DVD] Moudenc. On sent que les politiques se recentrent sur ce qu’ils faisaient il y a une cinquantaine d’années, un retour en arrière où si tu n’es pas d’accord avec ma politique ou que tu me critiques, je ne te finance plus.

    Justement, ce contexte d’austérité n’est pas une justification pour s’en prendre aux associations critiques, notamment via le contrat d’engagement républicain ?

    E.F. : Ce qu’on défend le plus collectivement au Mouvement associatif, c’est notre vision démocratique de fonctionner dans notre pays et donc quelque part c’est le droit à la critique, on a le droit de ne pas être d’accord et de l’exprimer tant que c’est étayé. Or, le contrat d’engagement républicain est un formidable outil pour permettre à n’importe quel autocrate, quel qu’il soit, de dissoudre n’importe quelle association. Il est complètement passé à côté de sa cible originale qui était lutter contre le séparatisme puisque des lois existent déjà pour ça. Il permet de rendre responsable une asso et son président pour des propos tenus par ses adhérents, y compris quand ils ne sont pas mandatés par l’asso. Donc en fait, si demain il y a une autocrate, un Trump qui arrive au pouvoir, il a un outil clé en main pour bâillonner la plupart des assos dans notre pays, en tout cas toutes les assos qui ne seront pas d’accord avec la politique publique menée par l’acteur public qu’elles ont en face d’elles. Il y a une crainte de plus en plus forte de voir s’éteindre la voix des assos ou de restreindre la liberté d’association.

  • La Région Occitanie maintient le cap de la solidarité

    La Région Occitanie maintient le cap de la solidarité

    « Avec de l’argent, il est plus facile de se projeter dans des projets de long terme. » Elles ont beau poursuivre un but non lucratif, les associations ont comme tous les ménages et les entreprises, besoin de soutien financier pour exister et déployer leurs activités souvent d’intérêt public. Réunies à Montpellier par la Région Occitanie mercredi 1er juillet, jour du 125e anniversaire de la loi de 1901 qui a créé leur statut, elles n’ont pas manqué de dire leurs difficultés grandies par l’inflation énergétique et l’austérité des politiques publiques souvent guidées par les logiques de rentabilité.

    Un contexte difficile largement dû au désengagement de l’État qui en plus d’être aux abonnés absents sur certaines de ses missions régaliennes (droit au logement, respect de la loi sur le handicap de 2006, lutte contre les violences de genre…), tourne de plus en plus le dos aux acteurs censés pallier ses propres manquements. Le plus souvent quand elles sont dirigées par la gauche, les collectivités tentent de maintenir la barque associative à flot. C’est le cas de la Région Occitanie qui, bien que contrainte de baisser certaines subventions de 5 à 10%, a fait le choix de la stabilité pour les structures les plus fragiles (celles percevant moins de 5 000 euros d’aides).

    Avec la présidente Carole Delga (PS), « on fait le choix de maintenir notre volontarisme politique dans un contexte aggravé », affirme Pierre Lacaze (PCF). Le vice-président délégué aux solidarités, égalités, services publics, vie associative et logement social, est inquiet par deux phénomènes actuels qui mettent à mal la vie associative. D’un côté la montée des violences sexuelles et sexistes ainsi que des actes racistes et antisémites. De l’autre, la montée des idées discriminantes d’extrême droite dans la société. « Si la causalité n’est pas établie, on pense qu’il y a un lien. Par ses discours et ses méthodes, l’extrême droite peut contribuer à la hausse de ces violences », assure Pierre Lacaze. Et l’élu communiste de noter que « le récent rapport du Sénat sur les masculinistes fait le lien avec l’ultra droite ».

    Sécuritaire : le paradoxe d’Alexis de Tocqueville

    Ce qui est sûr c’est que les obsessions sécuritaires et immigrationnistes de Retailleau, Ciotti, Zemmour et consorts sont à l’opposé du travail de terrain mené par les associations en faveur de la tolérance et du respect d’autrui. D’autant que ces thèses fumeuses sont souvent très éloignées de la réalité. Si les violences des mineurs (en raison du trafic de drogue) sont en hausse ou que les violences sexistes et sexuelles ne diminuent pas depuis à peine 25 ans qu’elles sont mesurées, d’autres baissent drastiquement. « En France depuis le XIXe siècle, on observe une chute continue du nombre d’homicides, trois fois moins nombreux que dans les années 80 », recadre Tristan Renard. Quant aux violences politiques (abris bus brisés…) montées en épingle sur CNews, elles sont « très loin des niveaux des années 70 », précise le sociologue qui évoque une résultante du paradoxe d’Alexis de Tocqueville. « Plus une violence diminue, plus la préoccupation sécuritaire augmente ». Pour ce chercheur au Criaus et au Cresam, « les politiques publiques doivent être menées à l’échelle d’une génération (20 ans), pas à une échelle électorale ».

    Aussi, les lauréats et associations aidées (SPF, Planning familial, SOS Racisme, Mrap, Unat…) étaient-ils ravis d’avoir une oreille attentive de la Région le 1er juillet. Baptisé « Pour une Occitanie inclusive et solidaire », le principal appel à projets soutient 139 projets à hauteur de 710 000 euros. Le dispositif « Génération égalité » est dédié à la sensibilisation des jeunes à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la prévention des violences sexistes et sexuelles et à la lutte contre les stéréotypes. Enfin, l’opération « Vacances Solidaires », qui permet chaque année à des enfants et familles aux revenus modestes d’accéder aux vacances et aux loisirs éducatifs. En Occitanie, le tissu associatif représente 160 000 structures, 175 000 emplois et 1,4 million de bénévoles.