Category: societe

  • Un éveil musical pour les maternelles à l’Opéra

    Un éveil musical pour les maternelles à l’Opéra

    Les élèves de maternelles paraissent encore plus petits dans le grand Foyer de l’Opéra de Marseille. Une petite quarantaine d’écoliers des maternelles Révolution et Saint-Louis, à Marseille, ont bénéficié d’une session d’éveil musical. Un moyen de démocratiser la musique classique et le chant lyrique. Pour la plupart, c’est une découverte : « Je ressens du calme et de la joie », exprime Lilia, élève de maternelle.

    Cette séance a été animée par Pascale Bonnet-Dupeyron, soprano, et Jean-Michel Muscat, baryton. En début d’atelier, ils ont chanté un duo d’opérette aux enfants « surpris par la puissance de la voix des chanteurs et le fait qu’ils chantent sans micro », raconte l’enseignante de la classe de Lilia. Les enfants se sont ensuite échauffé la voix, pour chanter en chœur « Pétrouchka », une chanson préparée en avance, sous les conseils des professionnels.

    Faire découvrir un univers

    L’opéra reste fréquenté par une population assez aisée. Pour le baryton, « c’est important de faire découvrir, dès le plus jeune âge, ce genre de musique qu’ils n’ont pas forcément l’occasion d’écouter ». Certains enfants n’auraient peut-être jamais eu l’occasion de se rendre à l’Opéra sans ce dispositif mis en place par la Ville de Marseille, en collaboration avec l’Opéra et l’Académie d’Aix-Marseille. Surplombés par une peinture au plafond d’Augustin Carrera, les enfants forment finalement une ronde, tout en chantant au rythme de la mélodie de Caroline Dauzincourt au piano. « C’était mon moment préféré », assure la petite Narjess.

    Pour la deuxième année, cet atelier aura peut-être inspiré quelques enfants. « J’ai bien aimé répéter à la maison », raconte Nour. « T’aimerais bien continuer ? », demande la maîtresse. « Oui ! »

    Marie Moreau

  • Une exposition pour honorer les métiers manuels à Aubagne

    Une exposition pour honorer les métiers manuels à Aubagne

    La céramique et le graphisme sont à l’honneur. L’exposition du Pôle Métiers d’art et du design d’Aubagne revient pour une nouvelle édition. Un événement à double enjeu qui permet d’exposer le travail des apprentis réalisé durant l’année, mais également de faire découvrir des formations avec des visites de l’école, des ateliers et des formations.

    « On alimente les candidats avec des ateliers pédagogiques et surtout les moyens de financement pour savoir comment intégrer notre école, qui est le seul centre de formation en région Paca qui propose de l’apprentissage en tournage en céramique », précise Renaud Andréani, responsable de la section pour les Métiers d’Art.

    « Journée portes ouvertes »

    L’exposition se dit très visuelle puisqu’elle propose des démonstrations de tournage de jarre à la corde encadrées par des formateurs privés, un enseignement de savoir-faire important pour les personnes qui veulent en découvrir encore plus sur les métiers manuels.

    La double casquette de cette exposition phare se présente aussi comme une forme de journée portes ouvertes : « On communique énormément sur nos prospects avec des chiffres clés notamment. C’est-à-dire que des personnes qui sont intéressées peuvent venir à l’exposition et ça leur permet de faire une forme de journée portes ouvertes. Ils viennent voir justement l’école, comment ça fonctionne et les trois dispositifs qu’on met en place », insiste le vice-champion de France de tournage.

    L’exposition Les œuvres et les gestes du Pôle des Métiers d’Art et du design, le vendredi 22 mai, de 8h30 à 20h. Accès libre.

  • L’ex-footballeur Mamadou Niang remet un prix contre le harcèlement scolaire

    L’ex-footballeur Mamadou Niang remet un prix contre le harcèlement scolaire

    Qui de mieux que la jeunesse pour sensibiliser à la lutte contre le harcèlement scolaire ? Pour la cinquième année consécutive s’est tenu le prix régional « Pour en finir avec le harcèlement scolaire », à l’initiative de la Région Sud. À l’issue de cet après-midi, le Prix régional a distingué sept lauréats : trois pour le prix Vidéo (lycée Chiris à Grasse, lycée Jean-Moulin à Draguignan et lycée Lurçat à Martigues), trois pour le prix Affiche (lycée Dauphin à Cavaillon, lycée Impérial à Nice et lycée Janetti à Saint-Maximin) et un pour le Prix Autre Support (lycée Les Côteaux à Cannes). Pour la première fois, un coup de cœur du jury a été décerné (lycée Le Rocher à Salon-de-Provence). « Le harcèlement scolaire est un fléau qui touche un bon nombre de jeunes et pour nous, c’est inacceptable qu’ils aillent en cours avec la boule au ventre. On est mobilisés avec Mamadou Niang aussi, pour mettre un terme à ce fléau », déclare Ludovic Perney, 15e vice-président de la Région en charge de la Jeunesse, des Sports et de la vie étudiante.

    Investissement de la Region

    Un million d’euros sont investis chaque année par la Région Sud pour combattre le harcèlement scolaire. Ce qui permet de former des parents d’élèves et des agents afin d’être en capacité de reconnaître toutes formes de harcèlement. « On sait qu’aujourd’hui, nous savons que les formes ont changé, notamment avec le cyberharcèlement », annonce Ludovic Perney. « C’est une cause qui me tient à cœur, surtout en tant que père de famille. Sur le terrain, quand un joueur galère, on s’entraide, alors faites pareil au lycée », complète Mamadou Niang.

  • Martigues : une charte lie agents et profs en maternelle

    Martigues : une charte lie agents et profs en maternelle

    « Le travail conjoint constitue un pilier de la sécurité affective et matérielle des enfants et des adultes » fréquentant les écoles maternelles de Martigues, selon le maire (PCF), Gaby Charroux. Une vision qui conduit l’assemblée d’une partie des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) de la Ville à entamer une démarche de co-écriture d’une charte de collaboration, ce mercredi matin, salle Dufy.

    L’idée de cette charte est de « formaliser le travail complémentaire des Atsem et des enseignants au sein de l’école », d’après Estelle Vidal, du service enfance famille de la Ville, notamment pour clarifier les missions de chacun. Avec 72 classes de maternelles et 67 Atsem, le travail s’étend sur un an pour déboucher sur une mise en application de la future charte à la rentrée 2027.

    Un outil de référence

    Cette future charte « n’est pas un document administratif de plus sur le bureau, mais un outil de référence utile et vivant qui fixe des principes de respect, d’écoute et de reconnaissance », selon Nicolas Bouland, inspecteur de l’Éducation nationale représentant la direction académique. C’est dans ce sens aussi que Gaby Charroux insiste sur « le partenariat étroit et constant de la Ville avec l’éducation nationale » pour « garantir le cadre bienveillant et adapté aux besoins de chaque enfant ».

    Une collaboration à deux étages, dans la classe et les institutions, fruit d’une « spécificité de l’école maternelle française d’avoir deux agents de deux employeurs différents », note Thierry Vasse, vice-président de l’Association nationale des directeurs et des cadres de l’éducation, des villes et collectivités territoriales (Andev). Ex-directeur d’école, inspecteur et directeur général adjoint d’une collectivité, ce dernier est revenu sur l’histoire de la profession, débouchant en 2018 sur l’« appartenance à la communauté éducative » des Atsem et de « l’institutionnalisation du dialogue avec les parents ». Une montée en compétences qui s’accompagne de responsabilités à réglementer en bonne intelligence.

  • À Marseille, une journée entre femmes pour reprendre de l’élan

    À Marseille, une journée entre femmes pour reprendre de l’élan

    Burnout, divorce, sexisme… Les raisons qui poussent une femme à tout reconstruire sont multiples, mais le chemin, lui, est souvent solitaire. C’est pour briser cet isolement que deux associations marseillaises, ForceFemmes et L’Éveil des mots, ont décidé de collaborer le temps d’une journée, baptisée « Reprendre son élan ». Au programme, des ateliers pour retrouver de la confiance, gérer son stress et trouver l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. L’entrée était entièrement gratuite.

    Autour des tables, les parcours se ressemblent sans se confondre. Aïcha, 51 ans, était professeure de technologie. Elle suit aujourd’hui un CAP boulangerie. Marine, 40 ans, a traversé un burn-out, changé de travail et de conjoint. « Je suis les ateliers Motivées pour créer, depuis mars, et c’est vrai qu’ils m’aident au niveau de la concrétisation de mes projets et de mon épanouissement personnelle », explique-t-elle. « Je n’étais plus alignée dans mes valeurs, donc j’acceptais tout », confie-t-elle. Cathy, 56 ans, cherche un poste dans la communication et suit trois ateliers par semaine qui la « boostent » afin de ne jamais laisser tomber son objectif. « On s’enrichit de nos expériences et de cette force féminine pour se remettre plus rapidement en course », assure-t-elle.

    Trois associations, un but commun

    Créée en 2005, ForceFemmes accompagne les femmes de plus de 45 ans dans leur retour à l’emploi ou leur projet de création d’activité. « Ce sont des femmes de plus de 45 ans, donc elles subissent une double discrimination à l’embauche », explique Caroline Galland, responsable du développement en région Paca. L’association suit entre 150 et 180 femmes par an sur toute la région, avec un accompagnement mensuel personnalisé par un bénévole, avec des travaux de création de CV, de préparation aux entretiens… « Notre plus grand succès, c’est quand elles sont à nouveau autonomes et qu’elles ont retrouvé leur dynamisme », affirme-t-elle. La moitié des femmes accompagnées s’en sortent positivement.

    De son côté, L’Éveil des mots est né en 2022 d’une expérience personnelle. Laetitia Oudinot, sa co-fondatrice, a traversé un burn-out doublé d’une hyperthyroïdie dans un environnement professionnel qu’elle décrit comme toxique. « J’ai voulu transmettre les outils qui m’ont aidée à me reconstruire », raconte-t-elle. Son approche encourage les femmes à « Oser être, oser faire et oser dire ». L’association accompagne aujourd’hui 90 femmes, de 18 à 86 ans. Parfois même des demandeuses d’asile ou des mères célibataires. « On essaye de les sécuriser, administrativement aussi », précise Laetitia Oudinot qui profite de l’occasion pour lancer un appel au bénévolat.

  • À Avignon, le maire lance la révision du plan de circulation Faubourg

    À Avignon, le maire lance la révision du plan de circulation Faubourg

    Après la clé en or des frères Grimm qui ouvre un coffre mystérieux, Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon, a sorti une « clé de 13 » dorée pour faire tomber les sens interdits de la cité des Papes. Une manière pour le moins théâtrale – peut-être un reste de son passé de présentateur – d’annoncer, ce mercredi, le lancement de la révision du plan Faubourg.

    Après avoir dévissé, avec cette fameuse clé mixte plaquée or (offerte par ses soutiens après sa victoire aux élections, dit-il), devant la presse et les caméras de la communication de la Ville, un panneau « Sens interdit » de l’avenue Croix-des-Oiseaux, désormais donc remise en double sens de circulation, le premier édile a dévoilé les grandes lignes de ce projet.

    Une première phase est lancée ce mercredi 20 mai, après avoir été annoncée ces derniers jours aux habitants par des panneaux sur les axes concernés. Elle comprend des modifications de circulation dans sept rues et avenues de la ville. Un premier jet « sans le moindre coût » du « monstre, de l’aberration » que représente, d’après lui, le plan de modification de la circulation mis en place fin 2021 et qui visait alors à « réduire le trafic de transit dans les faubourgs, apaiser la circulation, développer les pistes cyclables et zones 30 et favoriser les déplacements à pied et à vélo », comme l’expliquait la municipalité à l’époque, alors dirigée par Cécile Helle (PS).

    Dans un premier temps, en plus de la Croix-des-Oiseaux, la bretelle vers Pierre-Semard depuis l’avenue Pierre-de-Coubertin est rouverte à tous les véhicules, l’avenue du Martelange est remise en double sens, le sens de circulation de la rue Delsuc est inversé, la rue Jacques-Tati est mise en double sens, le feu du carrefour de la Porte du Rocher est « amélioré » et le tunnel du Blanchissage est rouvert aux voitures dans le sens nord-sud.

    « Tout le monde prenait ces sens interdits. Donc, à un moment, ce ne sont pas les gens le problème, mais bien les sens interdits », argumente Olivier Galzi, tout en assurant que les axes choisis sont issus de « témoignages recueillis tout au long de la campagne auprès des habitants » et que « les effets de ces mesures seront évalués au fil des mois ».

    Deuxième phase cet été

    À ses côtés, Nicolas Donadille, élu délégué à la circulation, aux mobilités et à la voirie, assure que cette mesure « ne va pas opposer les modes de déplacements », malgré le fait que le retour au double sens laisse moins de place aux cyclistes sur les voies.

    Il en profite également pour dévoiler les contours de la deuxième phase de ce plan, qui devrait être mise en place pendant l’été, plutôt après le Festival qui se termine fin juillet. Une seconde partie « plus structurante » n dont le coût est estimé à 250 000 euros. Elle prévoit notamment l’amélioration de l’éclairage du tunnel du quai de la Ligne, la mise en place d’un double sens porte Saint-Lazare et la réouverture du sens sud-nord sur l’avenue Monclar. Mais aussi, plus tard, la mutualisation des centres de supervision urbaine d’Avignon et du Grand Avignon, notamment pour coordonner tram et circulation.

    L’opposition pointe des contradictions

    Le groupe d’opposition Ensemble et Solidaires, dans lequel se trouve Fabrice Tocabens (PS), ancien adjoint de Cécile Helle qui avait porté le plan Faubourg à Avignon, a émis un communiqué pour cibler plusieurs points du projet. Ils visent tout d’abord l’absence de « concertation avec les riverains ». Mais aussi « la réduction et la suppression des voies cyclables » sur l’avenue de la Croix-des-Oiseaux ou sur l’avenue Martelange. Tandis que la mise en circulation de l’avenue Monclar-Nord « va inévitablement créer de l’insécurité routière et du stationnement anarchique sur les trottoirs et les voies cyclables les plus utilisées d’Avignon, c’est un contresens historique ». Ils affirment qu’ils resteront vigilants « aux risques de voir revenir, tant en centre-ville que dans les faubourgs, une circulation de transit, historiquement de 14 000 véhicules sur les quatre boulevards, et aux conséquences néfastes pour les riverains et les piétons ». Et demandent en conclusion un « vrai débat » autour des transports, avec divers sujets comme le RER métropolitain, la jonction des autoroutes A7 et A9, la gratuité Avignon Nord-Avignon Sud ou encore la relance d’une LEO « finançable et repensée ».

  • Un atelier artistique pour les patients de l’Établissement de Psychiatrie du Var

    Un atelier artistique pour les patients de l’Établissement de Psychiatrie du Var

    Depuis lundi, dans les jardins de l’Établissement de psychiatrie du Var, on peint, danse, crée, dans le cadre d’un atelier artistique proposé par Châteauvallon et la compagnie Artmacadam. Intitulé « Invente ton Nid », ce projet porté par l’Agence régionale de santé (ARS) et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) invite des patients en psychiatrie, âgés pour la plupart de plus de 65 ans, à « concevoir leur nid, où ils peuvent rêver et s’envoler, ce qui a du sens en ces lieux », décrit Hélène Charles, coordinatrice artistique d’Artmacadam.

    Une restitution vendredi

    Les prémices de ces ateliers remontent à février : « On est venu dans leur lieu de vie pour les introduire au sujet. On a récolté beaucoup d’informations, on les a fait parler, danser… Il était important de les libérer », évoque Hélène Charles. Depuis lundi, les participants travaillent autour de réalisations évoquant le nid. « Ça peut être des nids de mots, de mouvement… On a utilisé trois médiums : la musique, la danse, les arts plastiques. En imaginant la sécurité, l’amour d’un nid à travers le mouvement du corps, en donnant des musiques, des sons qui les apaisent… C’est un projet polymorphe », décrit l’artiste.

    Pour Michelle, l’une des patientes, c’est une renaissance : « Quand je suis rentrée à l’hôpital, j’ai cru que ma vie était finie. Je me suis réveillée il y a une semaine. J’ai vécu cela tellement fort. Avec les personnes du groupe, on ne se parlait pas. Maintenant, on fait connaissance, c’est une merveille. » « On leur apporte du rêve, un rôle et ça leur donne confiance », s’émeut Hélène Charles.

    Une restitution ouverte au public, réalisée par les membres d’Artmacadam, aura lieu vendredi à 15h dans les jardins du centre hospitalier de Pierrefeu. « Ce sera une rencontre, pas un spectacle. Ça permet d’ouvrir le monde psychiatrique par le biais de l’art et de faire tomber les préjugés. Les patients nous ont fait plein de cadeaux, on va essayer de les restituer au mieux », appuie la coordinatrice artistique.

  • Le demi-siècle des centres sociaux fêté

    Le demi-siècle des centres sociaux fêté

    Les acrobaties qui s’enchaînent au rythme du hip-hop, sur la scène installée au théâtre de verdure, ont donné la victoire aux Racailles et aux MNN lors des finales de battle de breakdance, organisées à l’occasion des 50 ans de l’Association des centres sociaux de Martigues.

    Une grande fête, marquée notamment par la présence de la quasi-totalité de l’équipe municipale. « 50 ans, ça veut dire qu’en 1976, on avait déjà pensé à faire de l’éducation populaire dans les quartiers », remarque l’adjointe de quartier (PCF) Marceline Zéphir, bandeau orange de l’AACS sur la tête. « On voit le résultat avec cette fête intergénérationnelle et mixte de femmes et hommes », observe-t-elle, sur un théâtre de verdure envahi de monde assistant aux démonstrations de danse.

    C’est bien le rôle de l’AACS que d’organiser ce type de fêtes de quartier ou le carnaval, comme l’illustre la présidente, Joëlle Campo-Piscione. « Nous sommes là en soutien contre l’isolement et la précarité, au quotidien comme dans l’urgence » rappelle-t-elle dans son allocution, assurant que « la mixité sociale est indispensable au vivre ensemble ».

    À dans 5 ans !

    Ces « cinquante premières années de vivre ensemble », soulignées par le maire (PCF) Gaby Charroux, en appellent de nombreuses autres. C’est pourquoi le maire et la présidente de l’AACS ont scellé une capsule temporelle à destination des futurs dirigeants de la Ville et de l’AACS, qui ne sera ouverte que dans cinq ans. Le rendez-vous est pris.

  • [Entretien] Souleymane Bachir Diagne : « Le premier de tous les universels, c’est l’humanité »

    [Entretien] Souleymane Bachir Diagne : « Le premier de tous les universels, c’est l’humanité »

    « De langue à langue. L’hospitalité de la traduction, Universaliser et Les universels du Louvre sont les trois derniers ouvrages que Souleymane Bachir Diagne a consacrés à l’universalisme.

    La Marseillaise : Quelle est votre définition de l’universalisme ? A-t-on la même définition en France et aux États-Unis ?

    Souleymane Bachir Diagne : La France a un rapport très particulier à l’universalisme. Beaucoup d’intellectuels français considèrent que le véritable universalisme, c’est l’universalisme à la française. C’est une grande simplification. Disons que ma position est la suivante : nous assistons aujourd’hui à la fin d’un universalisme qui est considéré comme un universalisme impérial, colonial. Celui qui défend qu’une région du monde, l’Europe, est tout naturellement porteuse de l’universel, qu’elle a pour mission d’apporter au reste du monde. C’est ça, la définition d’un universalisme classique, qui a pu, par exemple, justifier la colonisation.

    Votre définition est-elle différente ?

    S.B.D. : La question est : est-ce que la fin de cet universalisme-là doit signifier qu’on abandonne toute idée d’universel, considérant que l’universel en lui-même est tout naturellement colonial, impérial ? Ce n’est pas ma position. La thèse qui est au cœur de mon travail, que j’ai défendu dans mes trois derniers livres, c’est que la fin d’un certain universalisme impérial doit signifier, pour nous, la mise en chantier d’un vrai universel, d’un universel qui soit un universel inclusif ou un universel décolonisé, si on veut utiliser ces termes-là. Ce ne sera plus un universel de surplomb, une culture qui s’estime en surplomb de toutes les autres, apportant cet universel au reste du monde. J’utilise un concept auquel je suis identifié maintenant, le concept d’universel latéral, que j’emprunte au philosophe français Maurice Merleau-Ponty. Il dit que s’il y a juste un plan horizontal, où toutes les cultures sont égales, il n’y en a pas une qui est au-dessus de l’autre. La seule dimension d’échange entre les cultures, c’est la dimension horizontale, latérale. Donc, de manière latérale, si vous voulez, les cultures humaines, les langues humaines, dans leurs différences, mais aussi dans leurs équivalences et leur égalité, forgent ensemble un horizon d’universalité.

    Pourquoi, s’il s’agit d’une autre approche, conserver le terme d’universalisme ?

    S.B.D. : Ma position, c’est qu’on en a besoin. On a besoin d’une notion d’universalité. Je comprends tous les gens qui veulent trouver à la notion d’universel des concurrents. On parle beaucoup de diversalité ou de pluriversalité, des mots nouveaux, des néologismes pour insister sur le pluriel du monde. Mais, dire que le monde est pluriel ne veut pas dire qu’on ne peut pas se donner un horizon d’universalité. Nous devons considérer que le premier de tous les universels, c’est l’humanité elle-même, l’idée d’une seule et même humanité. Les défis qui sont les nôtres, aujourd’hui, nous apprennent la nécessité d’avoir une politique qui soit celle de l’humanité dans son ensemble, de l’humanité comme un universel.

    À quels défis pensez-vous ?

    S.B.D. : Le changement climatique, par exemple, suppose un agent unique qui soit l’humanité dans son ensemble. Ce que je fais à ma forêt en Afrique centrale a des incidences sur la planète Terre de manière générale. Donc, penser l’avenir de la planète et penser ce que signifie habiter sur cette planète, ça doit être quelque chose qui considère que l’agent politique, celui qui agit, c’est l’humanité dans sa totalité. Je pense aussi aux questions de migrations. Voilà un phénomène global auquel nous devons réfléchir ensemble, comme une seule et même humanité, en insistant sur l’universalité des droits humains, face à la montée des discours ethnonationalistes et d’extrême droite, créateurs de fractures.

    L’universalisme doit-il être un outil de lutte contre la montée des discours ethnonationalistes ?

    S.B.D. : C’est l’outil. Je crois qu’il faut refuser quelque chose qui s’installe et qui est ce que je considère être un nouvel apartheid généralisé, avec l’idée que la pire chose serait que les cultures se mélangent. Revenir à une forme d’humanisme, justement, c’est le combat que je mène.

  • Faire vivre un territoire en alliant nature et culture

    Faire vivre un territoire en alliant nature et culture

    Observer, comprendre, s’adapter plutôt que de façonner. Telle est la philosophie du paysagiste et écrivain de renommée internationale, Gilles Clément. Allié au chorégraphe Christian Ubl, il a mis en œuvre une balade chorégraphiée dans le domaine de Montgolfier, un espace préservé de 12 hectares en plein cœur du 14e. Cet événement alliant culture et nature s’inscrit dans le festival « Nature et Biens communs », organisé par le théâtre du Zef.

    Ce lieu relais-nature, l’un des quatre que compte Marseille, a accueilli, ce mercredi, une quarantaine de personnes. Les étudiants du lycée Diderot et des femmes du centre social senior des Flamants se retrouvent pour se mouvoir et découvrir la faune et la flore du domaine, du cyprès chauve de Louisiane aux tulipiers de Virginie, pour arriver jusqu’au parc urbain des papillons (PUP), un site expérimental dédié à la biodiversité urbaine. La plupart, habitants compris, ne s’étaient jamais rendus en ces lieux. Francesca Poloniato, directrice du Zef, plaide pour un « regard artistique sur le vivant ». « C’est important de ressentir les choses plutôt que de performer », surenchérit Christian Ubl, convaincu que cela permet de « sensibiliser au vivant autrement, dans un autre espace et de façon plus lente ».

    Faire découvrir les « lieux fantastiques de Marseille »

    « Avec cette balade, il y a la volonté de montrer les lieux fantastiques de Marseille. Il est important de faire la promotion de ces espaces en alliant tous les acteurs territoriaux et de montrer que tout est accessible », souligne Chahidati Soilihi, adjointe à l’Agriculture urbaine, présente ce mercredi.

    La balade commence avec quelques mouvements proposés par Christian Ubl, avant d’entamer les explications de Gilles Clément, à l’ombre des arbres. « Ce lieu pourrait devenir une source vivrière », clame le paysagiste, qui défend un modèle économique et politique en vue de « rendre les habitants autonomes face aux crises ». Le lieu a pour vocation de développer une zone maraîchère sur 3 des 12 hectares du domaine, afin de cultiver des fruits et légumes à destination des habitants. Lors des arrêts, Christian Ubl lit des extraits de L’Éloge de la marche, écrit par le philosophe David Le Breton, celui qui érige la marche comme acte de résistance et comme un retour à soi. Le temps de la balade, les visiteurs oublient presque qu’ils se trouvent en ville.

    Les femmes du centre social senior des Flamants découvrent le lieu pour la première fois : « En 50 ans, je n’étais jamais venue. C’est bien pour les échanges et pour sortir de chez soi, sentir la brise », partage l’une d’entre elles.

    La 6e édition de « Nature et biens communs », pilotée par la Zef, se déroule jusqu’au 7 juin.
    Détails sur le site lezef.org.