Category: societe

  • « Pas d’autre plan que d’évacuer les colonies »

    La Marseillaise : Israélienne, femme rabbin pour la paix, comment vivez-vous la période en Israël ?

    Nava Hefetz : C’est dur. On est souvent menacés. On est parfois bannis de notre famille qui ne pense pas comme nous. Surtout depuis le 7 octobre, des amis ont coupé les liens. Mais ce n’est pas important au regard de l’enjeu.

    Le gouvernement israélien réprime son opposition parlementaire et commet ce que les institutions appellent un génocide. Israël est-il encore une démocratie ?

    N.H. : On est en train de perdre notre démocratie. Elle est formelle mais ne correspond plus aux valeurs démocratiques. On sent la répression, la répression est violente. Le clivage qui a lieu en Israël aujourd’hui, ce n’est plus vraiment un clivage droite- gauche mais un clivage messianiques-démocrates. Tant qu’il n’y a pas d’élection, on ne peut pas mesurer l’état du rapport de force mais sur le terrain nous sentons la pression des messianiques. D’ailleurs, le gouvernement Netanyahu ne tient que par les dirigeants des colons Smotrich et Ben Gvir. Donc Netanyahu laisse faire les violences notamment en Cisjordanie.

    Depuis cette nouvelle guerre, on assiste à une flambée d’antisémitisme. Comment l’analysez-vous ?

    N.H. : L’antisémitisme est un phénomène ancien. Il était latent et n’attendait qu’une étincelle. C’est très facile de mettre tous les Israéliens dans le même paquet, tous les juifs dans le même paquet comme si on était tous pro-Netanyahu. Ça fait cinq ans qu’Israël connaît des manifestations massives. D’abord pour la réforme judiciaire, puis on a enchaîné avec le 7 octobre et rien ne bouge. Les manifestations ne suffisent plus. Il faut être beaucoup plus incisif, il faut carrément stopper le pays si on veut changer.

    Croyez-vous aux sanctions économiques ?

    N.H. : C’est une chose qui n’a pas été essayée parce que les économies occidentales sont très liées à celle d’Israël. Moi, je crois que des mesures, par exemple sur les visas, pourraient créer un électrochoc.

    Que pensez-vous de l’initiative française pour la reconnaissance de l’État palestinien ?

    N.H. : C’est très tard mais mieux vaut tard que jamais. Il faut voir ce qui se passe à Gaza mais aussi en Cisjordanie. La politique des colons est d’étendre leurs emprises en multipliant les avant-postes. Il y a 900 barrages routiers qui enferment les villages palestiniens. Il y a une stratégie délibérée de rendre l’existence d’une Palestine souveraine impossible. 4 000 habitations sont en construction près de Jérusalem-Est dans ce but. Il y a aussi un harcèlement des populations palestiniennes proches d’Ébron où chaque nuit des jeunes colons délinquants viennent mettre le feu, vandalisent les commerces palestiniens, les voitures pendant que l’attention est à juste titre sur Gaza. Que fait la France contre ça ?

    Quel est, selon vous, le chemin de paix à emprunter ?

    N.H. : Il n’y aura pas d’autres plans que d’évacuer les colonies et de créer un État palestinien. On est ensemble, israéliens, palestiniens, militants. On ne lâche pas, on ne lâchera pas.

  • À Martigues, les pacifistes mettent les voiles

    À Martigues, les pacifistes mettent les voiles

    L’an dernier, elle avait été annulée. « Coup de vent », explique Michel Guillot, vice-président du cercle de voile de Martigues. Cette année, « elle risque d’être mouillée » : la météo prévoit de la pluie toute la journée de dimanche. Ce 21 septembre, à 11 heures, une trentaine d’équipages partiront de la base de Sainte-Anne pour une régate dédiée à la paix, dans le cadre de la programmation de la Ville.

    « On fait ça depuis une dizaine d’années, explique celui que les habitués de la base nautique de Tholon connaissent sous le nom de Mimi. On aura des drapeaux aux couleurs pacifiques sur les bateaux. C’est notre humble participation à la sensibilisation du public sur cette question, qui est primordiale. On draine pas mal de minots, avant on faisait ça aussi le mercredi pour ouvrir les yeux à tous nos jeunes qui, comme moi, n’ont pas connu la guerre et qui souhaitent ne pas la connaître malgré le fait qu’elle soit à nos portes. »

    Le Cercle de voile ne s’en tient pas seulement à la journée internationale pour la Paix. La semaine prochaine, le 28 septembre, le club organise une journée Handi Action en partenariat avec la Société nationale de sauvetage en mer, les pêcheurs et d’autres associations pour ouvrir la navigation aux personnes non valides. Les 24 et 25 octobre, c’est au tour des femmes d’être mises à l’honneur avec la régate nationale Women for sea.

    Le vice-président glisse : « On organise beaucoup d’événements pour le progrès social car on utilise la base nautique municipale, donc on se met en accord avec la politique de la Ville. »

  • À Martigues, les pacifistes mettent les voiles

    L’an dernier, elle avait été annulée. « Coup de vent », explique Michel Guillot, vice-président du cercle de voile de Martigues. Cette année, « elle risque d’être mouillée » : la météo prévoit de la pluie toute la journée de dimanche. Ce 21 septembre, à 11 heures, une trentaine d’équipages partiront de la base de Sainte-Anne pour une régate dédiée à la paix, dans le cadre de la programmation de la Ville.

    « On fait ça depuis une dizaine d’années, explique celui que les habitués de la base nautique de Tholon connaissent sous le nom de Mimi. On aura des drapeaux aux couleurs pacifiques sur les bateaux. C’est notre humble participation à la sensibilisation du public sur cette question, qui est primordiale. On draine pas mal de minots, avant on faisait ça aussi le mercredi pour ouvrir les yeux à tous nos jeunes qui, comme moi, n’ont pas connu la guerre et qui souhaitent ne pas la connaître malgré le fait qu’elle soit à nos portes. »

    Le Cercle de voile ne s’en tient pas seulement à la journée internationale pour la Paix. La semaine prochaine, le 28 septembre, le club organise une journée Handi Action en partenariat avec la Société nationale de sauvetage en mer, les pêcheurs et d’autres associations pour ouvrir la navigation aux personnes non valides. Les 24 et 25 octobre, c’est au tour des femmes d’être mises à l’honneur avec la régate nationale Women for sea.

    Le vice-président glisse : « On organise beaucoup d’événements pour le progrès social car on utilise la base nautique municipale, donc on se met en accord avec la politique de la Ville. »

  • À Marseille, nouvel appel en faveur de la paix

    À Marseille, nouvel appel en faveur de la paix

    Soutenir le droit international, exiger un cessez-le-feu général et rappeler que la guerre et la paix sont des choix politiques », ce sont les trois grands objectifs du rassemblement organisé dimanche en haut de l’esplanade Bargemon (2e), à l’occasion de la journée internationale de la paix, instaurée en 1981 par les Nations unies. Porté par le Mouvement de la Paix des Bouches-du-Rhône, le rendez-vous permettra à plusieurs syndicats et associations de s’exprimer autour des 8 piliers de la culture de la paix, concept imaginé par l’Unesco en 1992 et dont l’objectif est de repousser les guerres en s’attaquant directement aux causes des conflits. « L’idée c’est d’apprendre à l’humanité à vivre sans créer d’ennemi, en démontant toutes les dynamiques de dominations, car sans ennemi il n’y a pas de guerre », explique Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. « Cet événement sera un acte de résistance contre la propagande de guerre, la course aux armements et la désignation d’un ennemi comme prérequis à la guerre », précise le communiqué de l’organisation pacifiste.

    De nombreux intervenants

    La culture de paix s’articule donc autour de 8 modes d’actions : l’éducation, l’égalité, le respect des droits de l’homme, la défense des pratiques démocratiques, la liberté de circulation de l’information et des savoirs, le développement durable et désirable, la solidarité et enfin la démilitarisation des relations internationales. Autant de thèmes qui seront successivement abordés dimanche matin, par la SNUipp FSU 13, le Collectif 13 droit des femmes, le collectif Palestine en résistance, Résister aujourd’hui, Libre pensée, Florian le Pape, militant communiste, conseiller d’arrondissement PCF du Ve secteur à Marseille ou encore le journal La Marseillaise.

    « Il est primordial de rappeler l’importance de défendre l’égalité en général, mais aussi entre les genres, car les femmes sont systématiquement les premières victimes des conflits, rappelle Alexandra Brochus présidente du collectif 13 droit des femmes. Dans le cas de Gaza par exemple, 67% des personnes tuées sont des filles ou des femmes selon l’ONU. »

    Au cœur des revendications de la journée : l’exigence d’un cessez-le-feu à Gaza, « car c’est le premier objectif de la journée internationale de la paix : exiger un cessez-le-feu mondial », rappelle Michel Dolot.

    Focus sur Gaza

    « Ce qui se passe en Palestine est insensé. C’est d’une bestialité absolue. Et chaque aspect de la culture de paix est souligné par Gaza : les enfants n’ont plus accès à l’éducation, les journalistes sont tués, le droit international ignoré… », poursuit le porte-parole du mouvement pacifiste. « Nous aborderons notamment la nécessité d’une démilitarisation de la Méditerranée, car rappelons que la quantité d’explosif déversé sur Gaza c’est 4 ou 5 fois la quantité déversée sur Hiroshima », souligne Régine Fiorani, du Collectif Palestine en résistance.

    Le Mouvement de la paix ordonnera symboliquement au gouvernement français, qui doit reconnaître ce lundi l’État palestinien, de prendre sans délai des sanctions contre le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou, comme cela s’est fait en Espagne par exemple.

  • À Marseille, nouvel appel en faveur de la paix

    Soutenir le droit international, exiger un cessez-le-feu général et rappeler que la guerre et la paix sont des choix politiques », ce sont les trois grands objectifs du rassemblement organisé dimanche en haut de l’esplanade Bargemon (2e), à l’occasion de la journée internationale de la paix, instaurée en 1981 par les Nations unies. Porté par le Mouvement de la Paix des Bouches-du-Rhône, le rendez-vous permettra à plusieurs syndicats et associations de s’exprimer autour des 8 piliers de la culture de la paix, concept imaginé par l’Unesco en 1992 et dont l’objectif est de repousser les guerres en s’attaquant directement aux causes des conflits. « L’idée c’est d’apprendre à l’humanité à vivre sans créer d’ennemi, en démontant toutes les dynamiques de dominations, car sans ennemi il n’y a pas de guerre », explique Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. « Cet événement sera un acte de résistance contre la propagande de guerre, la course aux armements et la désignation d’un ennemi comme prérequis à la guerre », précise le communiqué de l’organisation pacifiste.

    De nombreux intervenants

    La culture de paix s’articule donc autour de 8 modes d’actions : l’éducation, l’égalité, le respect des droits de l’homme, la défense des pratiques démocratiques, la liberté de circulation de l’information et des savoirs, le développement durable et désirable, la solidarité et enfin la démilitarisation des relations internationales. Autant de thèmes qui seront successivement abordés dimanche matin, par la SNUipp FSU 13, le Collectif 13 droit des femmes, le collectif Palestine en résistance, Résister aujourd’hui, Libre pensée, Florian le Pape, militant communiste, conseiller d’arrondissement PCF du Ve secteur à Marseille ou encore le journal La Marseillaise.

    « Il est primordial de rappeler l’importance de défendre l’égalité en général, mais aussi entre les genres, car les femmes sont systématiquement les premières victimes des conflits, rappelle Alexandra Brochus présidente du collectif 13 droit des femmes. Dans le cas de Gaza par exemple, 67% des personnes tuées sont des filles ou des femmes selon l’ONU. »

    Au cœur des revendications de la journée : l’exigence d’un cessez-le-feu à Gaza, « car c’est le premier objectif de la journée internationale de la paix : exiger un cessez-le-feu mondial », rappelle Michel Dolot.

    Focus sur Gaza

    « Ce qui se passe en Palestine est insensé. C’est d’une bestialité absolue. Et chaque aspect de la culture de paix est souligné par Gaza : les enfants n’ont plus accès à l’éducation, les journalistes sont tués, le droit international ignoré… », poursuit le porte-parole du mouvement pacifiste. « Nous aborderons notamment la nécessité d’une démilitarisation de la Méditerranée, car rappelons que la quantité d’explosif déversé sur Gaza c’est 4 ou 5 fois la quantité déversée sur Hiroshima », souligne Régine Fiorani, du Collectif Palestine en résistance.

    Le Mouvement de la paix ordonnera symboliquement au gouvernement français, qui doit reconnaître ce lundi l’État palestinien, de prendre sans délai des sanctions contre le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou, comme cela s’est fait en Espagne par exemple.

  • À Aix, un cortège soutenu par la jeunesse

    À Aix, un cortège soutenu par la jeunesse

    La foule double lorsque les étudiants rejoignent le mouvement intersyndical, déjà rassemblé sur le parvis du rectorat. En fin de mobilisation, la CGT estime à 2000 participants, contre 1 100 selon la police.

    En grande force, les étudiants en licence de psychologie, dont la rentrée des classes a été suspendue par des enseignants pour dénoncer le manque de moyens humains. « On est venus soutenir les travailleurs, mais aussi pointer du doigt les gros soucis que rencontrent les étudiants en psycho », souligne Noah, qui mène la foule étudiante, avec pour slogan : « On est jeunes, déters [déterminés], et révolutionnaires ». « Dans cinq ans, je suis une travailleuse aussi. Je ne veux pas débuter ma carrière sous-payée, précaire. J’ai cinq ans pour me battre et ça commence aujourd’hui », pointe Nina*, étudiante en première année sur le site Schuman. Les drapeaux du Poing Levé mais aussi de l’Union étudiante et d’Attac flottent parmi les plus jeunes du cortège. « La venue des jeunes est un très bon signe sur l’ampleur que peut prendre le mouvement, le fait que ça s’inscrive dans quelque chose qui est sociétal complètement », estime de son côté Céline Peccini, cosecrétaire de la FSU-Snuipp 13. Au-devant du cortège, l’intersyndicale CGT, CFDT, FSU mène la foule, réunie derrière une banderole ornée des sigles des organisations signataires du mouvement de ce jeudi. FO, signataire, a rejoint le cortège marseillais.

    « Les sacrifices pour le monde du travail ça suffit ! Oui, d’autres choix sont possibles », peut-on lire comme message. Derrière, qu’ils soient vêtus d’un dossard floqué de leurs syndicats ou munis des drapeaux des différents partis politiques de gauche (PCF, PS, EELV), les revendications sont multiples. « On espère que les travailleurs pourront allier les revendications de leurs entreprises et personnelles au mouvement d’aujourd’hui », explique François Canu, secrétaire général de l’Union locale CGT. Et pour cause, commerçants, personnel médical du centre hospitalier ou de Montperrin, chauffeurs routiers ou encore enseignants ont battu le pavé du rectorat à la sous-préfecture d’Aix en passant par le boulevard Victor Hugo et la Rotonde. « Les revendications sont totales, surtout au niveau de l’éducation, la culture, les points les plus importants de la société. On nous prend pour des imbéciles et les infos ne sont pas officielles, on en a marre », pointe Alexandra, comédienne.

    Les travailleurs trinquent

    « Aujourd’hui, on lutte contre ce que le gouvernement propose avec un budget qui comme toujours s’en prend aux travailleurs et aux classes moyennes. Ce n’est pas à nous de trinquer. on a déjà subi la réforme des retraites, on ne veut pas perdre les avantages au travail pour lequel on s’est battus », scande Sébastien, employé dans l’agroalimentaire depuis trente ans. « Les Français travaillent pour survivre, pas pour vivre », pointe Karima, déléguée syndicale CGT, employée dans une chaîne de grande distribution. Les énergéticiens aussi, ont largement répondu présent, en grève depuis le 2 septembre, mobilisés à l’aube sur le site hydroélectrique de Jouques. « On a comme revendications de baisser le taux de TVA sur la facture d’électricité des usagers, passée à 20% au mois d’août sur l’abonnement. On souhaite qu’ils la repassent à 5,5%. On ne veut pas que nos salaires pèsent sur la facture d’électricité des usagers », estime Sébastien Artaud, délégué CGT Energies. Autant de revendications exposées lors des prises de paroles syndicales. « Nous voulons des mesures concrètes pour lutter contre la précarité », rappelle Luc Bresson, représentant CFDT. Jusque-là, les syndicats promettent « que nous allons nous revoir ! »

    « J’ai cinq ans pour me battre et ça commence aujourd’hui »

  • Un homme menaçant et armé d’une machette abattu

    Un homme menaçant et armé d’une machette abattu

    Jeudi après-midi, peu après 16h30, un homme a été abattu par les policiers de la Seyne-sur-Mer, dans le quartier Berthe. L’individu aurait été vu en train de déambuler avec une machette à la main. Il aurait également menacé et giflé des enfants de 10 ans devant l’école maternelle Pierre Semard.

    Les policiers de la Brigade Spécialisée de Terrain de la Seyne-sur-Mer, prévenus par une mère de famille, sont rapidement intervenus et ont tenté de maîtriser l’individu, à proximité du Collège Henri-Walon. Celui-ci proférant des propos incompréhensibles et se montrant toujours agressif et menaçant au moyen de son arme, et ce, même après avoir subi deux tirs de taser, les policiers ont ouvert le feu en sa direction à six reprises, dans le jardin d’une maison désaffectée, tentant, selon les informations transmises par le procureur de la République de Toulon, d’atteindre le suspect au niveau des jambes. Malgré l’intervention des sapeurs pompiers, qui ont tenté de le réanimer, l’homme est décédé quelques minutes plus tard.

    Deux enquêtes ouvertes par le procureur

    Aucun policier n’a été blessé et le suspect ne serait pas entré en contact avec les élèves de l’établissement scolaire tout proche. Pour l’instant, aucune information concernant son profil, son âge, ses antécédents judiciaires ou toute prise de substance psychoactive n’a pu être confirmée. Pas davantage que les motivations de l’individu.

    Le Procureur de la République de Toulon a décidé d’ouvrir deux enquêtes pour établir les circonstances de ce drame : la première pour les violences commises par le suspect à l’encontre des policiers, confiée à la division de la criminalité territoriale de la Direction interdépartementale de la Police nationale du Var (DIPN). La seconde, confiée en co-saisine à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) et au cabinet de discipline du directeur interdépartemental de la Police nationale, sur les circonstances de l’ouverture du feu par les fonctionnaires de police.

  • Convention de Faro : 20 ans de patrimoine vivant, en marche

    Convention de Faro : 20 ans de patrimoine vivant, en marche

    « Il s’agit de mettre les citoyens au cœur du réacteur. Le patrimoine ne s’arrête pas à la pierre mais il est fait d’histoires et de mémoires plurielles », a introduit Perrine Prigent, adjointe au maire chargée du patrimoine, accompagnée de Marie Batoux, déléguée à la démocratie participative, en signant la convention dans l’auditorium du musée d’Histoire de Marseille. Au-delà du symbole, après les adhésions de Samia Ghali en 2009 et Lisette Narducci en 2011, alors respectivement maires des 15/16 et des 2/3, c’est la Ville qui s’engage. « Pour mettre la pression aux États afin qu’ils ratifient le texte », a précisé l’élue.

    Marseille c’est une histoire qui a démarré au début des années 2000, sous l’impulsion de la conservatrice au patrimoine Christine Breton déterminée à faire émerger les histoires qui font Marseille, dans les récits de ses habitants, mémoire vivante. Dans les quartiers populaires, se constituent des groupes de marcheurs qui dépoussièrent les vestiges des usines, défrichent un tunnel sous l’A7 pour déboucher sur le porche du château du roi René devenu pizzeria, déterrent l’histoire d’une bastide sous une cité ou remuent les poubelles qui obstruent la cascade du ruisseau des Aygalades, aujourd’hui destiné à reverdir Euroméditerranée.

    Dès 2007, La Marseillaise accompagne leurs pas et sort par la suite un tiré à part. En 2010, les marches donnent naissance à Hôtel du Nord, une coopérative d’habitants gérée par Prosper Wanner, où chacun se fait hôte pour faire découvrir Marseille autrement. « Chaque habitant dans sa diversité et par son récit est un facteur déterminant de ce qui constitue le patrimoine », assure Francesc Pla Castelltort pour le Conseil de l’Europe. Ou « je suis Marseille et Marseille c’est moi » dira Agnès de Saint-Louis (15e).

    Une chaîne humaine

    Dans cette aventure sans fin, chacun apporte une nouvelle pierre. Également « embarquée » dans la dynamique de Christine Breton, Samia Chabani, directrice d’Ancrages, est allée « là où le regard se détourne, dans l’histoire de l’immigration et des bidonvilles, de leur effacement ». Le patrimoine c’est de l’humain, fait de joie et de douleur. L’événement était aussi l’occasion de présenter officiellement l’entrée au musée d’Histoire de Marseille des chaînes de Noailles, témoignage d’un patrimoine social et militant porté par les habitants du quartier, lié au drame des écroulements des immeubles de la rue d’Aubagne le 5 novembre 2018. Mystérieusement déposées devant le musée, elles symbolisent « une volonté de remettre le patrimoine sous la responsabilité du service public pour permettre à l’histoire de s’écrire dans toutes ses nuances », a souligné Laurent du collectif Noailles Debout, dans la lignée de Jean Jaurès.

  • La colère déborde partout en France

    La colère déborde partout en France

    Selon le ministère de l’Intérieur, 451 789 personnes ont participé aux manifestations en France (hors région parisienne) et la préfecture de police de Paris a dénombré 55 000 manifestants dans la capitale. Plus de 600 actions et manifestations ont été recensées dans tout le pays. Les cortèges ont réuni de 8 800 à 35 000 manifestants à Bordeaux, selon les autorités ou les syndicats, de 14 000 à 20 000 à Lyon, de 1 800 à 3 000 à La Rochelle et de 18 000 à 40 000 à Toulouse.

    Partout, l’intersyndicale a rassemblé plus de monde dans les rues que le mouvement né sur les réseaux sociaux « Bloquons tout », le 10 septembre dernier.

    « Nous avons recensé 260 manifestations dans toute la France », a salué Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, avant le départ du cortège parisien, se félicitant des nombreux piquets de grève.

    Dans le monde éducatif, près d’un enseignant sur six était en grève dans les premier et second degrés, selon les chiffres du ministère. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a fait état de 45% des personnels de collèges et lycées grévistes. Selon le ministère, 23 lycées ont par ailleurs été complètement bloqués et des blocages filtrants ont été mis en place devant 52 autres établissements.

    Les agents de la fonction publique d’état étaient au total 10,95% sur 2,5 millions d’agents à faire grève, principalement dans l’éducation nationale, selon le ministère. Ce taux d’agents en grève est plus de deux fois supérieur à celui du 10 septembre, à l’appel du mouvement « Bloquons tout » (4,58% sur l’ensemble de la journée). Selon le syndicat L’Union étudiante, « 110 000 jeunes » étaient mobilisés, avec « 14 facs bloquées et 60% des universités mobilisées avec des actions diverses ».

    Dans les transports, le trafic était fortement perturbé, conformément aux prévisions, mais pas « bloqué », selon le ministre des Transports démissionnaire, Philippe Tabarot.

    Les pharmaciens se sont eux aussi mobilisés pour dénoncer la réduction des remises commerciales sur les médicaments génériques. Selon le syndicat de pharmaciens FSPF, environ 18 000 pharmacies sont fermées sur 20 000.

    « L’intersyndicale s’exprimera demain »

    Les huit organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) ont appelé à une journée de manifestations dans toute la France pour peser sur les choix budgétaires du nouveau Premier ministre macroniste, Sébastien Lecornu, renouant avec l’unité.

    « On lance un avertissement très clair au gouvernement et à Sébastien Lecornu », a prévenu Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT. « On veut un budget de justice fiscale, sociale et écologique », a-t-elle ajouté.

    Dans le cortège parisien, Hervé Renard, délégué syndical CFTC de 57 ans, s’agace. « On demande encore aux ouvriers de faire des efforts. Je n’ai pas de dettes, moi. La dette de l’état c’est lui qui l’a faite, pas moi », tacle l’ouvrier du BTP.

    Dans un communiqué, jeudi soir, la CGT a indiqué : « Le gouvernement affaibli ne peut plus ignorer la colère, elle est légitime, elle grandit. L’intersyndicale s’exprimera demain pour tirer les leçons et ouvrir des perspectives pour la suite. »

  • Le diocèse conteste avoir tardé à agir face à des agressions sexuelles

    Le diocèse conteste avoir tardé à agir face à des agressions sexuelles

    « L’Église de Marseille s’efforce d’être à la hauteur de la confiance de tous ceux qui se tournent vers elle », insiste le diocèse de Marseille. Ce jeudi matin, c’est par un communiqué de presse que les autorités ecclésiastiques sont venues répondre à une enquête de l’hebdomadaire Paris Match, qui accusait le cardinal Aveline d’une gestion « erratique, voire complaisante », face à des signalements de violences sexuelles au sein de l’archevêché.

    Ainsi l’article indique-t-il que l’archevêque de Marseille n’a alerté le parquet qu’en 2019 pour des faits d’agressions par le curé d’Auriol, cinq ans après avoir été alerté. « Si le Cardinal Aveline avait reçu, au milieu des festivités de son ordination comme évêque auxiliaire une information à propos d’agissements du père Sighieri, il aurait sans aucun doute proposé à la personne, selon son habitude, de prendre rendez-vous », oppose le diocèse, qui rappelle qu’il a été suspendu dès septembre 2020, dix mois après le signalement au procureur et trois ans avant sa condamnation.

    Le communiqué indique aussi qu’il n’a pas connaissance d’abus par un formateur du séminaire d’Aix, relevant du diocèse d’Aix et Arles, malgré les accusations ciblant le recteur de la formation, qui avait reconnu un « manque de chasteté » à l’encontre d’une femme de 28 ans. S’il a été suspendu le temps de l’enquête préliminaire, il a réintégré son poste après le classement sans suite de la plainte.

    De même, le diocèse indique avoir immédiatement prévenu, en août 2020, la congrégation des Oblats de Marie Immaculée et demandé qu’un signalement soit fait au parquet après avoir été alerté avec des aveux filmés sur des faits d’agressions sexuelles présumées, dans les années 1990, du père Hours – ce qui sera fait à l’automne. Mais le cardinal « dément formellement » avoir invité une victime à « ne pas faire de vagues », comme le rapporte l’hebdomadaire.

    Enfin, « il n’a jamais été question de violences sexuelles ni même de gestes équivoques ou ambigus de nature sexuelle » en ce qui concerne le vicaire général de l’archidiocèse, accusé d’une relation « anormale » avec une famille, termine le communiqué. « Certes, il y a encore beaucoup à faire et à mieux faire », conclut le diocèse, « mais il est indéniable que […] des progrès ont été réalisés ». Promettant de poursuivre ces efforts.