Category: societe

  • Réservistes, des policiers à part entière

    Réservistes, des policiers à part entière

    Livreur, policier municipal ou policier administratif, ils ont choisi de donner de leur temps pour renforcer les effectifs de policiers notamment sur la voie publique mais pas que… Mise en place en 2003 au départ pour les policiers nationaux à la retraite, la réserve s’est ouverte aux civils 8 ans plus tard puis aux anciens adjoints de sécurité en 2016. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone sud aujourd’hui à 8 000 en 2030 précisait dans nos colonnes Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale 13 en décembre dernier.

    Pour Jean-Claude, 55 ans, livreur de colis à Marseille, c’était comme une évidence. Passé à côté du métier de ses rêves après avoir échoué au concours de la police municipale, il a vu là l’opportunité de se réaliser. « Mon ami d’enfance fait partie de la BAC de Vitrolles, il m’a dit que je pouvais rentrer dans la police en étant réserviste. Je me croyais trop vieux, j’ai toujours voulu faire ce métier », nous raconte-t-il. Sportif, il passe haut la main les tests d’aptitude, se familiarise avec le port de l’arme après une formation d’un mois en tout à Fos-sur-Mer et à Marseille. « L’arme, c’est le plus important, je n’en avais jamais touché et en plus je suis gaucher ! » rigole-t-il ajoutant que les patrouilles se font toujours encadrer par des titulaires.

    Quelques notions de Code pénal plus tard, le voilà sur la voie publique. Palais de justice, matches de foot… Il se « régale », s’applique à « rester calme », à surtout ne « pas se prendre pour un autre parce qu’on a un uniforme ». Pas un « cow-boy » mais plutôt un bon samaritain qui ne fait pas ça non plus pour l’argent quand la vacation est à 74 euros net. « J’ai toujours aidé tout le monde. C’est le contact avec la population qui m’intéresse c’est pour ça que je suis livreur aussi », témoigne-t-il.

    Même son de cloche chez Amandine* 34 ans, réserviste depuis 2 ans. Policière depuis 12 ans dans un service administratif à Marseille, celui « qui sanctionne les fautes des policiers », elle a besoin elle aussi de rencontrer du public mais y voit aussi une occasion de découvrir « l’envers du décor ».

    Des missions très variées

    « J’ai un peu tout fait : police secours, BST (Brigade spécialisée de terrain), GSP (groupes de sécurité de proximité), SIC avec les appels 17, du tribunal judiciaire… Je préfère le côté terrain, ce que je n’ai pas tous les jours », explique-t-elle. Pour élever son enfant, elle a fait le choix d’horaires de bureau mais passer de l’autre côté l’a déjà effleurée : « Ça reste dans un coin de ma tête. J’y pense parfois, est-ce que je ne plaquerai pas tout ? »

    Karim, 37 ans, policier municipal responsable d’un service de nuit, nous explique avoir lui trouvé son équilibre avec la réserve. Avec un père dans la BAC centre de Marseille, « policier chez nous c’est de père en fils », nous confie-t-il fièrement. « Le terrain c’est mon truc, j’ai trouvé là un métier complémentaire », précise-t-il, « c’est varié, on peut verbaliser pour un feu rouge puis partir sur un cambriolage, une tentative d’homicide ».

    Au sein de police secours la nuit à La Ciotat, il est aussi souvent mobilisé au tribunal. Au fil des audiences, « je vois comment ça marche après pour les gens qu’on interpelle, et je me suis rendu compte du travail méticuleux des enquêteurs dont les délinquants n’ont sûrement pas conscience ». Il s’est formé aussi à l’identité judiciaire. Dédié à la prise d’empreinte, d’ADN, de traces, « le service est ouvert à la réserve » s’enthousiasme-t-il, et il attend de voir pour celui des « transports en commun ». Il participe aussi à des missions à Dunkerque où il acquiert de « nouvelles façons de travailler ». Passionné, il ne compte pas lâcher de si tôt la réserve. « Mon père est à la retraite, il en fait partie. Comme pour lui, ce métier c’est ma vie. »

    *Le prénom a été changé

    « Quand je suis avec la police,
    je me régale »

  • [Entretien] Guillaume Cartron : « 400 patients suivis » à Montpellier à l’aide de Cureety

    [Entretien] Guillaume Cartron : « 400 patients suivis » à Montpellier à l’aide de Cureety

    La Marseillaise : Comment fonctionne concrètement Cureety pour un patient en oncologie ou en hématologie ?

    Guillaume Cartron : Cureety est une application que les patients installent sur leur téléphone. Elle leur permet de signaler leurs sensations et les effets secondaires liés à leurs traitements. Elle leur permet également d’échanger avec les soignants. Par exemple, pour un patient sous chimiothérapie, plusieurs questionnaires sont envoyés à des moments précis du protocole et à intervalles définis. Ces questionnaires structurent le suivi. Les informations saisies sont directement accessibles aux médecins et aux équipes qui assurent leur prise en charge.

    Depuis son déploiement au CHU, observez-vous des résultats tangibles ?

    G.C. : Le dispositif s’inscrit dans une dynamique engagée depuis 2014 à Montpellier. Il a ensuite été expérimenté au niveau national à partir de 2018. Depuis 2022, la télésurveillance est reconnue par la loi et prise en charge par la Sécurité sociale, ce qui permet un déploiement plus large. Les données évoquent une baisse des hospitalisations non programmées, de l’ordre de 3%.

    Où en est aujourd’hui le déploiement du dispositif ?

    G.C. : le dispositif est actuellement en place en oncologie et en hématologie. Environ 400 patients ont accepté d’être suivis via la plateforme. Certains refusent, principalement parce qu’ils ne se sentent pas à l’aise avec l’outil numérique, souvent des patients âgés et d’autres craignent pour leurs données personnelles.

    La télésurveillance est-elle appelée à devenir un standard, ou reste-t-elle un complément ?

    G.C. : Il s’agit d’un complément, un lien supplémentaire. Les patients peuvent toujours appeler, mais l’outil structure le suivi. Le dispositif a vocation à s’étendre à d’autres services. Dans un contexte d’externalisation nécessaire des soins, l’objectif est d’éviter les hospitalisations inutiles, de proposer des traitements en externe lorsque c’est possible, tout en maintenant un lien étroit avec les patients. La télésurveillance contribue à une meilleure organisation des soins et à une prise en charge adaptée hors les murs de l’hôpital.

  • Cévennes : un front franco-cubain face au désert médical local

    Cévennes : un front franco-cubain face au désert médical local

    Il y a quasiment un an, lorsqu’André Chassaigne était venu à Alès pour présenter la possibilité d’attirer des médecins cubains dans les déserts médicaux français, beaucoup n’y croyaient pas. Mais onze mois plus tard, l’enthousiasme est revenu chez les Cévenols. La preuve, ils étaient une vingtaine de maires, une vingtaine d’autres élus et une soixantaine de citoyens présents à Cendras pour s’informer de l’avancée du projet, lundi 23 février.

    Car depuis, le travail mené par Sylvain André (PCF), maire de Cendras et président des maires ruraux du Gard, ainsi que par le comité de défense et de promotion de l’hôpital et de la santé en Cévennes a porté ses fruits en recevant le soutien de la quasi-totalité des acteurs du bassin alésien. « Nous avons aussi eu des réunions au ministère de la Santé et avec le conseiller santé du Président de la République. Ils sont d’accord avec la venue des médecins cubains, mais il faut pour cela travailler sur une convention », a expliqué André Chassaigne (PCF), qui a rendez-vous le 11 mars avec le ministère des Affaires étrangères pour présenter une première version de cette convention, dont le but est d’encadrer l’arrivée des médecins cubains.

    Dans un premier temps, cette venue devrait être expérimentale et concernerait trois zones en France : les Côtes-d’Armor, les Cévennes et les Alpes-de-Haute-Provence, notamment du côté de Sisteron et de Digne.

    24 000 médecins cubains déployés dans le monde

    Le travail de ces soignants serait payé par les hôpitaux à l’État cubain, qui reverserait une partie du salaire à ses médecins. « Cette situation ne sera que transitoire car ces médecins ne viennent pas pour remplacer, mais pour pallier des trous dans la raquette. Ces médecins seront aussi placés avec un médecin référent et ne seront pas envoyés seuls dans la nature », précise André Chassaigne.

    Pour confirmer le soutien de son pays à cette initiative, alors que Cuba compte actuellement 24 000 médecins déployés dans près de 50 pays, Justo Rodriguez, numéro deux à l’ambassade, s’est rendu dans le Gard ce 24 février, où il a pu échanger avec les élus et avec le directeur de l’hôpital d’Alès. « L’ambassadeur est favorable à la signature de cette convention. Pour nos médecins, ce sera aussi l’occasion de se former sur des technologies que l’on n’a pas à cause du blocus américain. Nous sommes donc disponibles pour mener cette coopération. Nous avons déjà 300 médecins déployés dans la région italienne de Lombardie », a expliqué le représentant cubain, qui a reçu officiellement le rapport sur les besoins spécifiques du bassin alésien. En Cévennes une centaine de médecins font défaut. Les analyses font apparaître un besoin de 24 praticiens au centre hospitalier d’Alès, des généralistes aux centres Filieris et sur la ville d’Alès et 28 généralistes ainsi que six spécialistes dans les communes environnantes. Après consultations et accord des divers éléments locaux du corps médical et celui des autorités nationales ses besoins pourraient être couverts par les Cubains. Si ce rapport devait être initialement remis en personne à l’ambassadeur, retenu par des affaires plus urgentes liées au contexte international, André Chassaigne estime que les pressions exercées par Donald Trump pour faire tomber le régime cubain ne perturberont pas le processus enclenché : « Le blocus exercé, avec maintenant l’interdiction d’approvisionner Cuba en pétrole, est ignoble. Quand je lui ai parlé des pressions américaines, Emmanuel Macron m’a promis qu’il assumerait. Je crois qu’il a la volonté de mettre de la distance avec les États-Unis pour affirmer son indépendance. » Des propos qui ont poussé le maire de Cendras (PCF), Sylvain André, à conclure avec optimisme : « À l’heure où les bombes pleuvent partout, cette coopération pourrait donner une autre image des relations internationales, qui seraient basées sur la solidarité. »

  • Vaucluse : 70 personnes dépistées contre le cancer dans un bus

    Vaucluse : 70 personnes dépistées contre le cancer dans un bus

    Dans ce véhicule, les grains de beauté des patients ont été photographiés puis analysés par un dermatologue dans « un délai de quelques semaines », précise l’organisateur. Cette initiative s’inscrit « dans une démarche de prévention de proximité et de réduction des inégalités d’accès aux soins en liens étroits avec les collectivités locales », précise la MGA. Une étude est en cours afin de pouvoir étendre ce service à une population plus large.

  • Une justice plus injuste en devenant payante

    Une justice plus injuste en devenant payante

    La loi de finance de 2026 instaure un droit de timbre de 50 euros que devront s’acquitter les demandeurs devant le Tribunal judiciaire ou devant le Conseil de prud’hommes afin de financer l’aide juridictionnelle (AJ) gérée par les Carpa (Caisses autonome des règlements pécuniaires des avocats) et limiter le nombre des procédures abusives. Les avocats devaient se féliciter de cette mesure qui permet d’accroître le budget de l’aide juridictionnelle comme ils le réclament régulièrement, celui-ci étant l’un des plus faibles des pays de l’UE, et pourtant la profession d’avocat condamne cette mesure et demande que d’autres moyens soient recherchés pour financer l’AJ. La mise en place de cette contribution en dit long du consensus qui existe dans la classe politique qui considère la justice, au mieux comme un service public, voir plutôt comme une administration improductive dont il faut réduire les coûts. Pourtant la Justice est l’un des trois piliers nécessaires au fonctionnement d’un État, au même titre que le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Et la Justice dans une démocratie représentative est le seul pouvoir que chaque citoyen peut exercer directement pour voir mis en œuvre les lois. Cette fonction régalienne qu’est la Justice doit demeurer gratuite, tout comme l’est le droit de vote ou l’assistance des forces de l’ordre. On n’imaginerait pas dans un autre secteur imposer aux usagers disposant de ressources plus importantes la charge des prestations fournies aux plus démunis. Cette contribution vise à faire financer par les justiciables les procédures d’autres justiciables oubliant que si les personnes saisissent les juridictions c’est qu’elles sont confrontées à une difficulté nécessitant l’intervention d’un juge. Personne n’aurait l’idée de faire payer aux patients aisés les soins prodigués aux patients les plus démunis. Les juridictions administratives sont exclues ce droit de timbre : Ainsi les personnes travaillant pour des personnes morales de droit public relevant de la compétence des juridictions administratives n’auront pas à s’acquitter du timbre de 50 euros et leurs collègues travaillant pour la même structure mais relevant de la compétence du CPH devront eux s’acquitter de ce droit, mettant à bas le principe d’égalité. Et le salarié dont l’employeur n’aura pas remis ses documents de rupture nécessaires à son inscription à France travail devra s’acquitter de 50 euros qui resteront à sa charge lorsque l’employeur, à la réception de la convocation en référé, lui enverra lesdits documents. En outre, les procédures abusives sont très rares au point qu’il n’existe pas de statistiques sur le sujet. Et la Justice est déjà dotée d’outils efficaces pour les sanctionner à l’article 32-1 du Code procédure civile. Ce texte prévoit une amende civile de 10 000 euros et des dommages et intérêts à verser à la victime de cet abus.

    Par Marjolaine Renversez, SAF Montpellier

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  • Vers une réhabilitation du Moulin de Notre-Dame à Avignon

    Vers une réhabilitation du Moulin de Notre-Dame à Avignon

    L’un des symboles de l’agriculture à Avignon, le Moulin de Notre-Dame, est en bonne voie pour retrouver une nouvelle jeunesse. Le Collectif Avignon Sud, qui regroupe les associations des quartiers situés au sud de la Cité des Papes, inaugure ce samedi 28 février un panneau historique au-devant du bâtiment, vieux d’un peu moins de 200 ans. Une première étape avant, ils l’espèrent, la suite du chantier.

    La bâtisse, qui se trouve au croisement du chemin du Moulin-de-Notre-Dame, avec l’allée Saint-Martial, et l’avenue de la Bouquetière, en plein cœur de la ceinture verte, est un « symbole de l’histoire agricole de la ville », estime Maxime Rieu, membre du collectif et secrétaire de l’Association de sauvegarde de la ceinture verte d’Avignon (ASCVA). Cette inauguration « plutôt symbolique » du panneau, qui orne la devanture depuis les années clinquantes, est l’occasion de remettre en valeur l’ensemble du site.

    Rénovation en attente

    Ainsi, le collectif se réunit dès 10 heures pour réaliser un « nettoyage citoyen des abords du Moulin » avant le début de l’événement. La restauration du panneau a été financée par la Caisse locale du Crédit Agricole d’Avignon.

    Mais, comme le Collectif Avignon Sud le rappelle, « cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de rénovation du site ». En 2024, 75 000 euros avaient été accordés suite à la participation au budget participatif d’Avignon, afin « d’intervenir dans la première phase des travaux de rénovation de la grande salle au rez-de-chaussée », peut-on lire dans le projet déposé à l’époque. Et ce, afin de créer un lieu destiné à « rassembler et mettre en valeur les traces de l’histoire agricole d’Avignon » et en faire « un théâtre de transmissions culturelles et d’échanges entre la cité, la périphérie et la ceinture verte, une passerelle reliant les générations, les identités et la mémoire des quartiers alentour ».

    Le bâtiment avait servi pendant plus de 50 ans, au XIXe siècle, avant l’obstruction du canal d’eau qui l’alimentait. Il aurait ensuite servi d’étable, d’atelier pour des cours de mécanique, de permanence du Crédit Agricole (d’où la participation à la restauration du panneau), ou encore de salle pour les lotos du quartier.

    « Un lieu de mémoire »

    « C’est vraiment un point de repère emblématique pour les gens du quartier. On souhaite en faire un lieu de mémoire de l’agriculture passée et aussi mettre en avant l’agriculture de demain, ce qui fait la richesse d’Avignon », insiste Maxime Rieu. Mais la mise en route de cette réhabilitation prend du temps. D’autant que 120 000 euros supplémentaires ont été mobilisés par la SPL Grand Avignon Aménagement, qui « témoignent de l’intérêt collectif porté à la valorisation de ce site emblématique », insiste le collectif.

    Le responsable associatif évoque notamment des problématiques juridiques qui ralentissent la mise en route de ces réfections. Un bail emphytéotique avait notamment été signé avec la Ville d’Avignon, il y a plusieurs dizaines d’années, et celui-ci « était mal ficelé », glisse Maxime Rieu, qui assure que la question a été réglée depuis avec des avocats et des notaires. Mais, ces derniers mois, ce sont plutôt les élections municipales qui mettent en pause le processus. « On compte sur le prochain maire », conclut Maxime Rieu.

  • Stop-LGV poursuit sa lutte contre le projet de ligne Marseille-Nice

    Stop-LGV poursuit sa lutte contre le projet de ligne Marseille-Nice

    Malgré le feu vert donné par le tribunal administratif de Marseille pour le lancement du projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Marseille et Nice, et malgré le rejet de son recours en juillet dernier, le Collectif Stop LGV Sud Sainte-Baume n’a pas l’intention de rendre les armes. Il tenait, ce jeudi, son assemblée générale, en présence du maire du Beausset, édouard Friedler, ainsi que de membres du collectif « Stop LNPCA », mobilisé contre le même projet dans l’est Var. La réunion a débuté par un hommage à Thierry Dubois, disparu le 30 juillet, membre actif du collectif, « qui a lutté contre la maladie comme il a lutté contre le projet de LGV », salue le président, Didier Cade.

    Ce dernier est ensuite revenu sur le rejet du recours, annonçant que le collectif avait décidé de faire appel : « En première instance, la requête a été jugée recevable. Il a été déclaré que le public était régulièrement informé par la concertation continue, alors qu’on se rend compte, en discutant, qu’ils ne sont pas au courant. Les impacts environnementaux sont jugés acceptables pour les bénéfices attendus, ce que nous réfutons eu égard aux milliers de tonnes de CO2 produites. On n’a pas eu de réponse sur les dangers, alors qu’il y a une faille sismique présente sous le projet. »

    « Les élus ne font rien, même s’ils ne sont pas d’accord »

    Didier Cade évoque ainsi un « problème global sur le ferroviaire en France. Jean-Pierre Farandou, quand il était patron de la SNCF, disait qu’il fallait 100 milliards d’euros pour éviter que le réseau ne s’effondre. Les lignes nouvelles rajoutent des coûts d’entretien, on se met dans une impasse en les créant ».

    La question du financement, pour un projet qui coûtera au minimum 14,8 milliards d’euros, « bien plus que des lignes de même envergure » avance le président du collectif, reste également en suspend. Les 20% supposément apportés par l’Europe restent incertains, « puisqu’il n’y a rien pour l’instant ». Pour y répondre, la société de financement du projet, dirigée par Renaud Muselier, aussi président (Ren.) de la Région Sud, envisage quant à elle « une modification du protocole, faisant passer la part des collectivités de 40 à 50%, ce qui va peser sur le contribuable. On parle à nouveau de partenariats public-privé, qui vont permettre à des entreprises privées de gagner de l’argent ».

    Concernant la gouvernance de cette société, la Région dispose de la plus grande influence sur les délibérations, avec plus d’un tiers des voix, en tant que principal financeur. La collectivité Sud-Sainte-Baume ne finançant pas le projet, « cela peut coûter cher », estime Didier Cade, car celle-ci n’a pas voix au chapitre. Mais, quoi qu’il en soit, « jusqu’ici, les collectivités et les élus ne font rien, même s’ils ne sont pas d’accord », affirme-t-il.

    La dette de la France, aujourd’hui estimée à 3,482 milliards d’euros, soit 117% du PIB, pourrait-elle freiner le projet ? Selon le président du collectif, « l’expérience montre que non, que les agences de notation n’ont pas d’impact et que les prêteurs ont peut-être intérêt à prêter avec des taux d’intérêt qui explosent ».

    Didier Cade et le collectif invitent à « adapter l’existant ». Selon eux, le problème du fret pourrait être résolu « en achetant des rames et en doublant le nombre de trains », et en entretenant mieux les infrastructures, rappelant que « le Mistral mettait 2h07 pour faire Marseille-Nice en 1970, contre 2h40 aujourd’hui pour le TGV ».

  • Les entreprises gestionnaires du 6mic et du Grand Théâtre à Aix sont reconduites

    Les entreprises gestionnaires du 6mic et du Grand Théâtre à Aix sont reconduites

    L’entreprise Iris pour le 6mic, et celle de San SAS pour le Grand Théâtre de Provence (GTP), sont reconduites dans leur gestion de ces deux salles que la mairie aixoise a mis en délégation de service public. Une décision actée par la publication, ce dimanche, du résultat du marché lancé en avril dernier. Les contrats d’une durée de six ans prenant fin le 30 juin pour le 6mic et le 30 août pour le Grand Théâtre de Provence, la décision de ces reconductions a été prise lors du dernier conseil municipal, le 19 décembre dernier.

    Mais, face au choix de renouveler ces deux délégations de service public, les élus d’oppositions ont émis des réserves. Le transfert du 6mic, passé en 2024 du giron de la Métropole à celui de la municipalité, avait déjà suscité des inquiétudes. Anne-Laurence Petel, élue (Ren.) d’opposition, estimait que récupérer cette salle pour la Ville serait « un gouffre financier ». Et d’ajouter : « Je trouve suspect que la Métropole nous rende si facilement ces équipements », alertait-elle dans La Provence, en décembre 2023. La municipalité répondait que ce transfert permettrait à « la Ville d’Aix de mener des politiques publiques importantes, qu’elles soient sportives ou culturelles ».

    « Prolongation normale »

    La reconduction du mode de gestion en délégation de service public a, elle aussi, suscité des réactions dans l’opposition. L’élu municipal socialiste Cyril Di Méo reprochait notamment à la municipalité d’avoir balayé trop vite les autres modes de gestion, de la SARL (Société à responsabilité limitée) à l’association, afin que la Ville possède un meilleur contrôle sur les structures. Mettant en avant le manque de transparence dans la gestion. En réponse, au sujet de ce nouveau contrat, l’adjointe aux finances de la Ville d’Aix, Dominique Augey, affirme à La Marseillaise avoir « renforcer le flux d’échange d’informations », entre la mairie et le Grand Théâtre de Provence.

    Par ailleurs, pour l’adjointe, « la délégation de service public s’impose dans les deux cas, car leur gestion implique des compétences très spécifiques. Et ces salles ont toujours été en DSP, c’était donc une prolongation normale ». L’élue précise également que le choix des gestionnaires a été fait après « un appel d’offres, où les candidats ont présenté des garanties financières et professionnelles à un jury composé d’élus et de fonctionnaires de la ville. C’est donc un choix d’équipe ».

  • Dentistes et spécialistes de l’hôpital s’installent dans l’ancien centre Oxance à Miramas

    Dentistes et spécialistes de l’hôpital s’installent dans l’ancien centre Oxance à Miramas

    Le bâtiment qui accueillait le centre de soins mutualiste Oxance reprend vie. Depuis quelques semaines, une banderole indique que des travaux sont en cours. « Il s’agit de chirurgiens-dentistes qui vont ouvrir six fauteuils, dont un sur de l’orthodontie, détaille le maire de Miramas Frédéric Vigouroux (DVG). Ils se chargent du chantier, aussi pour accueillir des praticiens de l’hôpital de Salon-de-Provence. » Car d’ici le mois de mai, des consultations avancées de spécialistes seront mises en place dans ce centre de santé qui a désormais le nom de Jean- Mermoz.

    Ce revirement n’était pas gagné d’avance. Il y a un an, Oxance quittait brutalement la commune dans laquelle il était installé depuis 1988 sans annonce officielle, laissant un goût amer à la municipalité qui avait beaucoup lutté pour le maintien de ce centre. En 2011, alors qu’une crise financière due à des directives européennes imposant aux mutuelles de séparer le système assurantiel des œuvres sociales menaçait onze antennes du département, la Ville a participé à la création d’un comité de soutien. L’année suivante, Frédéric Vigouroux était allé chercher une subvention d’investissements pour réaliser des travaux à hauteur de 230 000 euros et avait œuvré pour labelliser ce centre « Maison régionale de santé ».

    Vers une offre complète

    C’est bien « la situation médico-sociale de ce territoire, qui s’est retrouvée carencée en médecins généralistes mais aussi en spécialistes suite à la fermeture du centre Oxance », qui a poussé l’hôpital du Pays Salonais à « offrir une porte d’entrée dans les soins aux concitoyens miramasséens », raconte Ali Mofredj, président de la commission médicale de l’établissement.

    Plus que de réaliser des examens, l’objectif affiché est de pouvoir diriger les patients vers des spécialités « qui ne sont pas déplaçables en raison de matériel ». « Ça permet de faire un premier tri, de donner des avis médicaux pour rentrer plus facilement dans un circuit de soins », affirme le neurologue.

    « On démarre l’expérimentation avec quelques praticiens. Les premiers à partir sont des chirurgiens d’orthopédie, de chirurgie viscérale, on a des consultations de sages-femmes, de gynécologues, de pédiatres… précise-t-il. On va démarrer petit à petit et on va étoffer les soins au fur et à mesure en espérant pouvoir apporter une offre beaucoup plus complète. »

    Si l’hôpital salonais peut se permettre de s’exporter de la sorte, c’est parce qu’il est en phase de « montée en puissance ». « On recrute en prévision de 2029-2030 », explique le président de la commission médicale, date à laquelle l’établissement sera entièrement reconstruit sur un terrain de 6,5 hectares au sud-ouest de la ville, à 10 minutes seulement de Miramas.

    Répondre aux besoins

    D’ici là, Ali Mofredj souhaite, au fond, ne pas avoir « à garder ces consultations avancées encore longtemps, car ça voudrait dire que le territoire est encore carencé ». « Nous resterons le temps nécessaire mais on espère bien que ce territoire aura une offre de soins complète dans quelques années et que nous, nous nous recentrerons sur notre mission d’hôpital public. »

    La Ville de Miramas s’y attelle. Plusieurs projets sont dans les tuyaux. À Mirasud, la Maison de santé pluriprofessionnelle a récemment complété son offre de soins avec l’arrivée d’un laboratoire d’analyses médicales. À Miranord, une deuxième maison de santé est construite par la ville. Les travaux « démarrent au mois d’avril avec des spécialistes qui vont arriver », pour une ouverture en mai 2027. « Bien sûr nous, en tant que commune, on ne pourra jamais remplacer les médecins manquants, reconnaît Frédéric Vigouroux. Mais le fait de construire des locaux neufs et de faciliter le travail pluridisciplinaire et collectif, ça aide ! »

  • Le BUS, projet qui mène en balade à Marseille

    Le BUS, projet qui mène en balade à Marseille

    Le groupe de randonneurs du MNLE 13 prendra dimanche 1er mars le départ à 9h30 au rond-point Anse de la Vieille Chapelle, dans le 9e arrondissement, pour un parcours de 2,7km sur le tracé du projet encore très controversé.

    « Sur les traces du boulevard Urbain Sud dont le tracé devrait détruire 10 ha de nature en ville est la deuxième partie d’exploration proposée par l’association pour se rendre compte sur le terrain des dégâts envisagés », résume Jean-François Gast, président du MNLE 13. Ce projet d’aménagement d’un autre temps de la droite marseillaise est censé fluidifier la circulation entre l’autoroute A50 et le quartier de la Pointe Rouge. Pensé il y a plusieurs dizaines d’années, il se heurte aujourd’hui à l’urbanisation des quartiers Sud qu’il doit traverser ainsi qu’il menace les espaces verts : la pinède du Roy d’Espagne, les jardins familiaux centenaires Joseph-Aiguier et leurs grands arbres, ou le parc de la Mathilde. « Une véritable tranchée sans considération pour les immeubles que le BUS va frôler, sans respect pour les espaces verts traversés », dénoncent les associations environnementales et les collectifs d’habitants, soutenus par la Mairie de Marseille.

    Inscriptions par mail au : comite.mnle13@gmail.com.