Category: societe

  • [Recette] L’escalope de veau et sa sauce au citron

    Pour la recette, il vous faudra :

    – Deux escalopes de 150g

    – Le jus de deux citrons et leurs zestes

    – De la crème fraîche liquide entière à 35%

    – Du beurre et de la farine

    – De quoi faire un bouillon de veau avec des épluchures de légumes et les parures de la viande ou un bouillon cube.

    Une sauce nappante

    Dans un premier temps et si vous en avez la possibilité préparez votre bouillon de veau avec des épluchures de légumes qu’il vous reste et les parures du veau. Mouillez à hauteur et faites cuire à feu doux pendant 6h. L’idéal est de le préparer la veille au soir et de le laisser mijoter tranquillement. Une infusion toute la nuit lui donnera encore plus de saveur et vous n’aurez plus qu’à le filtrer avec un chinois au moment de la préparation du plat.

    Sinon, de l’eau et un bouillon cube de veau feront très bien l’affaire. Une alternative simple et efficace qui vous demande moins de préparation en amont.

    Une fois que votre bouillon est prêt et filtré, versez dans une casserole sur un feu fort. Ajoutez le jus des citrons, mélangez au fouet et portez à ébullition. Quand le mélange bout ajoutez la crème fraîche entière à laquelle vous aurez incorporé les zestes de citron, fouettez énergiquement et portez de nouveau à ébullition pour faire réduire la sauce. Attention à ce que le feu ne soit pas trop fort sinon les bords risquent de brûler.

    Pendant ce temps vous pouvez préparer dans une autre casserole un beurre roux en faisant fondre à feu doux votre beurre puis en y incorporant petit à petit et tout en mélangeant au fouet la farine.

    Une viande dorée et rosée

    Quand ce dernier est terminé et homogène ajoutez deux ou trois cuillères de ce dernier dans la première préparation sur le feu. N’arrêtez pas de mélanger puis laisser la sauce tranquillement cuire sur un feu très doux, elle va s’épaissir. Surveillez d’un œil.

    Pour votre viande, faites chauffer une poêle avec un filet d’huile neutre. Quand elle est bien chaude déposez l’escalope, une minute de chaque côté, pas plus et versez la sauce dessus puis laissez réduire pour avoir une belle sauce nappante tout en remuant de temps en temps. Accompagnez de légumes rôtis et de purée.

  • À la relance, La Provence lance sa formule audio

    À la relance, La Provence lance sa formule audio

    Les oriflammes étaient de sortie vendredi devant l’entrée de Grand Central où les dirigeants du quotidien La Provence tenaient une conférence de rentrée sur le toit de l’immeuble où siège désormais le journal aux côtés de BFM et de La Tribune, propriétés de CMA Médias.

    « La Provence entre dans une nouvelle phase qui nécessite de se réinventer », glisse Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe. Il évoque trois axes : la proximité, l’ancrage territorial, « son ADN », et l’innovation. Ce samedi, une nouvelle offre baptisée « La Provence audio » voit ainsi le jour. Elle permettra, grâce à l’aide de l’intelligence artificielle, la lecture des articles du jour automatiquement, transformés en contenu audio de type radio. Des newsletters OM, environnement, locale, faits divers ou shopping sont également lancées.

    Une façon d’enrayer la baisse de sa diffusion papier (51 900 exemplaires) et des abonnements, repartis toutefois à la hausse en 2025 (31 966 abonnés), portés par les abonnements numériques (10 365, +5%), les visites du site internet (141 millions, +15%) et 491 millions de vidéos vues sur les réseaux sociaux depuis janvier 2025. Sur l’année, les pertes du groupe devraient toutefois atteindre 10 millions d’euros glisse Jean-Louis Pelé.

    Le gros dossier de l’automne concernera le transfert de l’activité d’impression sur le site de l’imprimerie SMP à Vitrolles où est notamment tirée La Marseillaise. Rachetée cet été, l’activité y sera effective le 1er octobre. Vingt salariés de l’imprimerie de La Provence, vont rejoindre le site vitrollais. Ce transfert qui avait provoqué un mouvement de grève en mai, implique un changement de format du journal actuellement imprimé en Berlinois, pour un format tabloïd, plus réduit. Sa nouvelle maquette, définitive, sera en kiosque le 10 janvier.

    Événements publics, conférences, balades, rencontres, expos… Pour renouer avec le territoire, Olivier Biscaye, le directeur de la rédaction arrivé en janvier, note aussi que 80 correspondants ont été embauchés, les éditions locales renforcées par l’arrivée de journalistes (La Provence compte 400 salariés dont 160 journalistes) et les pages locales étoffées. Il compte aussi sur les municipales. « À partir de la mi-octobre, on va organiser des débats dans trente villes à enjeux », explique ce dernier, « nous devons jouer notre rôle et être un acteur de ces municipales ».

  • À la relance, La Provence lance sa formule audio

    Les oriflammes étaient de sortie vendredi devant l’entrée de Grand Central où les dirigeants du quotidien La Provence tenaient une conférence de rentrée sur le toit de l’immeuble où siège désormais le journal aux côtés de BFM et de La Tribune, propriétés de CMA Médias.

    « La Provence entre dans une nouvelle phase qui nécessite de se réinventer », glisse Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe. Il évoque trois axes : la proximité, l’ancrage territorial, « son ADN », et l’innovation. Ce samedi, une nouvelle offre baptisée « La Provence audio » voit ainsi le jour. Elle permettra, grâce à l’aide de l’intelligence artificielle, la lecture des articles du jour automatiquement, transformés en contenu audio de type radio. Des newsletters OM, environnement, locale, faits divers ou shopping sont également lancées.

    Une façon d’enrayer la baisse de sa diffusion papier (51 900 exemplaires) et des abonnements, repartis toutefois à la hausse en 2025 (31 966 abonnés), portés par les abonnements numériques (10 365, +5%), les visites du site internet (141 millions, +15%) et 491 millions de vidéos vues sur les réseaux sociaux depuis janvier 2025. Sur l’année, les pertes du groupe devraient toutefois atteindre 10 millions d’euros glisse Jean-Louis Pelé.

    Le gros dossier de l’automne concernera le transfert de l’activité d’impression sur le site de l’imprimerie SMP à Vitrolles où est notamment tirée La Marseillaise. Rachetée cet été, l’activité y sera effective le 1er octobre. Vingt salariés de l’imprimerie de La Provence, vont rejoindre le site vitrollais. Ce transfert qui avait provoqué un mouvement de grève en mai, implique un changement de format du journal actuellement imprimé en Berlinois, pour un format tabloïd, plus réduit. Sa nouvelle maquette, définitive, sera en kiosque le 10 janvier.

    Événements publics, conférences, balades, rencontres, expos… Pour renouer avec le territoire, Olivier Biscaye, le directeur de la rédaction arrivé en janvier, note aussi que 80 correspondants ont été embauchés, les éditions locales renforcées par l’arrivée de journalistes (La Provence compte 400 salariés dont 160 journalistes) et les pages locales étoffées. Il compte aussi sur les municipales. « À partir de la mi-octobre, on va organiser des débats dans trente villes à enjeux », explique ce dernier, « nous devons jouer notre rôle et être un acteur de ces municipales ».

  • Marseille : 39e édition de la Fête du vent au Prado

    Marseille : 39e édition de la Fête du vent au Prado

    Sur les plages du Prado, les vents marins porteront la grâce et la créativité de plus de 120 cerfs-volistes venus du monde entier. Cette 39ᵉ édition rend un hommage vibrant à la Méditerranée.

    Des artistes éoliens venus d’Algérie, d’Espagne, d’Italie, de Turquie, du Liban, de Tunisie et d’autres pays riverains viendront faire danser leurs créations dans les airs, évoquant la richesse culturelle et la diversité des peuples méditerranéens. Des délégations venues de 11 pays présenteront des ballets aériens spectaculaires, mêlant prouesses techniques et poésie visuelle. Parmi eux, des champions internationaux de cerf-volant acrobatique offriront des démonstrations à couper le souffle. Cette nouvelle édition sera l’occasion du lancement de l’École de pilotage, une initiation à la pratique du cerf-volant acrobatique à travers des ateliers théoriques et pratiques.

    photo archives M.G.

  • Le Plan vélo de la Métropole fait encore dérailler Marseille

    Le Plan vélo de la Métropole fait encore dérailler Marseille

    Le verdict est sans surprise. Le baromètre vélo 2025 de Fédération française des usagers de la bicyclette, publié vendredi, place Marseille en queue de peloton. Sentiment d’insécurité, infrastructures cyclables discontinues, incivilités, les 3 029 témoignages recueillis localement donnent à la 2e ville de France la note globale de G. La pire. Ressenti, sécurité, confort, effort de la ville, ici compétence de la Métropole Aix-Marseille, services de stationnement… Marseille se coltine la pauvre note de 2,29 sur 5.

    Quantité et qualité

    Réuni dans ses locaux pour commenter ce baromètre 2025, le collectif Vélos en ville dresse évidemment un bilan critique du Plan Vélo métropolitain lancé en 2019 avec la volonté de créer d’ici 2030 huit lignes structurant sur 130 kilomètres l’ensemble du territoire marseillais. Sans parler des lignes secondaires, le projet a vite déraillé.

    Seulement 56% des tracés envisagés sur la phase 1 (2019-2024) ont été achevés. Au total 46,6 kilomètres ont été réalisés, dont 1,9km en 2025. « 130 kilomètres ce n’était déjà pas ambitieux, et on passe sur le fait que 20km existaient déjà avant le plan », ironise Cyril Pimentel, membre du collectif qui a lancé un site dédié à l’observatoire du Plan, « Mais la qualité est aussi importante que la quantité : le cahier des charges visait 100% de pistes cyclables. » Aujourd’hui, plus de la moitié n’est qu’en voies vertes ou en bandes cyclables.

    « Le vélo doit être une vraie politique publique », martèle Christophe Monnier notant que Lyon ou Bordeaux ont su progresser. « Ici, chaque évolution est liée à l’application de la loi, pas à une volonté locale ». Le collectif a ainsi fait condamner plusieurs fois en justice la Métropole qui lors de travaux de voirie s’assoit sur ses obligations légales de construction des pistes cyclables.

    Un 11e recours a été lancé pour la place Castellane et le tribunal vient d’imposer une médiation à la Métropole. « C’est pas gagné, c’est un aménagement qui dès le départ a été mal conçu. C’est un énorme trou dans la raquette, c’est un combat majeur. Les gros points noirs concernent les hubs comme Castellane ou les Réformés », reprend le président de Vélos en ville, appréciant toutefois des avancées sur la concertation sur la 2e phase du tram, l’offre LeVélo, ou l’aide à l’achat de vélos.

    « En tant qu’opérateur, la Métropole doit appliquer les décisions de la municipalité, et a une responsabilité majeure dans le retard. Mais la mairie doit aussi prendre toute sa part en abaissant la vitesse moyenne et en sanctionnant les stationnements gênants », reprend ce dernier pour qui l’objectif n’est « pas d’exclure les automobilistes mais de donner le choix ».

  • Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi

    Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi

    Je ne comprends pas pourquoi pas moi », souffle dans le micro un jeune homme venu témoigner de son désarroi. Ce 16 septembre, ils sont une cinquantaine rassemblés sous les fenêtres du rectorat à l’appel du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum), qui se mobilise chaque année pour dénoncer la sélection à l’entrée en master et aider les étudiants restés sur le carreau à se faire inscrire au forceps.

    « Je me retrouve sans master, malgré une double licence en droit privé et en droit public », confie Nermine. « Le seul argument qu’on me donne, c’est celui de la capacité d’accueil. Mais j’ai travaillé dur, j’ai fait des stages chaque été pour valider mon diplôme. Et aujourd’hui je me retrouve sans rien », poursuit cette jeune étudiante tunisienne de 23 ans, qui dénonce « une sélection sans logique. Des gens qui ont eu de moins bons résultats que moi ont été acceptés », soupire-t-elle, confiant avoir « frappé à toutes les portes. Cette mobilisation aux côtés du Scum est mon dernier recours ». Bientôt, son titre de séjour, conditionné à son inscription en master, arrivera à expiration. « Je vais me retrouver avec une OQTF [obligation de quitter le territoire français, Ndlr]. Je ne comprends pas cette rupture du droit à la poursuite d’études. C’est injuste. »

    « Violence psychologique, sociale, financière »

    « On parle d’étudiantes et d’étudiants diplômés, qui ont validé leur licence, donc dont le corps enseignant considère qu’ils ont le niveau pour entrer en master », insiste Fabien Bon, représentant du Scum. « Or ce sont ces mêmes enseignants qui, deux mois après, envoient des mails à ces étudiants pour leur dire : je ne te prends pas dans mon master », décrit-il, dénonçant une « violence psychologique, sociale, financière » [les étudiants qui se retrouvent sans affectation perdent leurs bourses, et souvent leur logement, Ndlr].

    Comme chaque année, le Scum va donc remuer ciel et terre pour tenter de faire inscrire sous la pression la cinquantaine d’étudiants sans fac recensés en cette rentrée, en impulsant des recours administratifs auprès du rectorat mais aussi en allant solliciter directement les présidences d’université et les enseignants concernés. « À Montpellier il y a 80 000 étudiants. Personne ne nous fera croire qu’on ne peut pas accueillir 30 ou 40 étudiants de plus », assène Fabien Bon. « L’an dernier, on a fait inscrire une trentaine d’étudiants sur les deux universités grâce aux démarches de recours et 14 via les mobilisations auprès des enseignants et des présidences d’université », rappelle-t-il.

  • Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi dans l’Hérault

    Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi dans l’Hérault

    Je ne comprends pas pourquoi pas moi », souffle dans le micro un jeune homme venu témoigner de son désarroi. Ce 16 septembre, ils sont une cinquantaine rassemblés sous les fenêtres du rectorat à l’appel du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum), qui se mobilise chaque année pour dénoncer la sélection à l’entrée en master et aider les étudiants restés sur le carreau à se faire inscrire au forceps.

    « Je me retrouve sans master, malgré une double licence en droit privé et en droit public », confie Nermine. « Le seul argument qu’on me donne, c’est celui de la capacité d’accueil. Mais j’ai travaillé dur, j’ai fait des stages chaque été pour valider mon diplôme. Et aujourd’hui je me retrouve sans rien », poursuit cette jeune étudiante tunisienne de 23 ans, qui dénonce « une sélection sans logique. Des gens qui ont eu de moins bons résultats que moi ont été acceptés », soupire-t-elle, confiant avoir « frappé à toutes les portes. Cette mobilisation aux côtés du Scum est mon dernier recours ». Bientôt, son titre de séjour, conditionné à son inscription en master, arrivera à expiration. « Je vais me retrouver avec une OQTF [obligation de quitter le territoire français, Ndlr]. Je ne comprends pas cette rupture du droit à la poursuite d’études. C’est injuste. »

    « Violence psychologique, sociale, financière »

    « On parle d’étudiantes et d’étudiants diplômés, qui ont validé leur licence, donc dont le corps enseignant considère qu’ils ont le niveau pour entrer en master », insiste Fabien Bon, représentant du Scum. « Or ce sont ces mêmes enseignants qui, deux mois après, envoient des mails à ces étudiants pour leur dire : je ne te prends pas dans mon master », décrit-il, dénonçant une « violence psychologique, sociale, financière » [les étudiants qui se retrouvent sans affectation perdent leurs bourses, et souvent leur logement, Ndlr].

    Comme chaque année, le Scum va donc remuer ciel et terre pour tenter de faire inscrire sous la pression la cinquantaine d’étudiants sans fac recensés en cette rentrée, en impulsant des recours administratifs auprès du rectorat mais aussi en allant solliciter directement les présidences d’université et les enseignants concernés. « À Montpellier il y a 80 000 étudiants. Personne ne nous fera croire qu’on ne peut pas accueillir 30 ou 40 étudiants de plus », assène Fabien Bon. « L’an dernier, on a fait inscrire une trentaine d’étudiants sur les deux universités grâce aux démarches de recours et 14 via les mobilisations auprès des enseignants et des présidences d’université », rappelle-t-il.

  • « “Femme, vie, liberté”, c’est une lumière au bout du tunnel »

    La Marseillaise : Pourquoi c’est important pour vous de prendre part à ce forum ?

    Aïda Tavakoli : Je suis présidente de l’association We are Iranian Students qui défend les droits des étudiants iraniens. Le mouvement « Femme, vie, liberté » qui a commencé en 2022 a très rapidement dépassé les frontières de l’Iran. J’ai été appelée en tant que militante iranienne à participer à la marche du 4 octobre 2023 en Israël, organisée par les guerrières de la paix. C’est finalement ma mère qui s’y est rendue. Trois jours avant le 7 octobre, des militantes palestiniennes, israéliennes, et du monde entier ont chanté « Femme, vie, liberté », en arabe, en hébreu, en anglais. C’est un message, un projet de société tellement nécessaire qu’il me semblait important qu’il soit représenté ici, c’est une lumière au bout d’un tunnel dont on ne voit plus le bout. C’est une pensée politique qui existe trois ans après le soulèvement parce que des femmes et des hommes ont donné leur vie pour cela.

    Cela fait trois ans que Mahsa Amimi a été assassinée, déclenchant le mouvement « Femme, vie, liberté ». Quelle est la situation aujourd’hui ?

    A.T. : La situation est très difficile. Il y a beaucoup de lassitude, de désespoir et en même temps il y a un point de non-retour qui a été franchi. Une barrière de la peur, de la tétanie qu’insufflait le régime islamique qui a été détruite. On est plus proche de la chute du régime. La situation économique est extrêmement difficile : deux heures d’eau courante et d’électricité par jour même dans les grandes villes, 60% d’inflation, la classe moyenne n’existe plus. Mes cousines, éduquées, architectes ne peuvent plus s’acheter de la viande ni même des œufs. La précarité concerne tout le monde. Hemingway disait que les dictatures tombent comme les entreprises font faillite : progressivement puis soudainement. La désobéissance civile continue. On a vu les images de ces femmes qui se sont dévoilées dans un cimetière musulman et ont porté le cercueil d’une femme qui a été tuée. Il n’y a pas de retour en arrière après ça. Il y a des racines de ce régime islamique qui sont arrachées.

    Les frappes israéliennes sur l’Iran, mais aussi le Liban et le Qatar, ne sont-elles pas le prélude à une généralisation du conflit propice au maintien des obscurantistes partout ?

    A.T. : Il y a une émission en ligne lancée par des étudiants iraniens qui ouvre un dialogue démocratique entre des pro et des anti-régime. Ça demande un courage immense, au risque de l’emprisonnement, de la torture, de la pendaison. L’un des derniers numéros concerne votre question. L’étudiant disait au pro-régime : une population qui ne vous soutient pas même quand elle reçoit des bombes de l’extérieur, c’est la définition de votre chute. Je ne crois pas que quoi que ce soit aide ce régime à rester en place.

    Imaginez-vous deux États, Israël et Palestine coexister sans que les extrémistes religieux n’attaquent les droits humains et ceux des femmes ?

    A.T. : L’heure n’est pas à l’imagination mais au travail. C’est dangereux de sous-estimer l’ampleur du travail qu’il y a à faire. Il faut dire les choses telles qu’elles sont. Abandonner ce travail serait suicidaire, ce serait accueillir à bras ouverts le chaos, la mort et l’injustice. Ne rien faire, se dire « je n’y connais rien, j’espère que ça ira », c’est être complice de ce qui est en train de se passer là-bas.

  • « “Femme, vie, liberté”, c’est une lumière au bout du tunnel »

    « “Femme, vie, liberté”, c’est une lumière au bout du tunnel »

    La Marseillaise : Pourquoi c’est important pour vous de prendre part à ce forum ?

    Aïda Tavakoli : Je suis présidente de l’association We are Iranian Students qui défend les droits des étudiants iraniens. Le mouvement « Femme, vie, liberté » qui a commencé en 2022 a très rapidement dépassé les frontières de l’Iran. J’ai été appelée en tant que militante iranienne à participer à la marche du 4 octobre 2023 en Israël, organisée par les guerrières de la paix. C’est finalement ma mère qui s’y est rendue. Trois jours avant le 7 octobre, des militantes palestiniennes, israéliennes, et du monde entier ont chanté « Femme, vie, liberté », en arabe, en hébreu, en anglais. C’est un message, un projet de société tellement nécessaire qu’il me semblait important qu’il soit représenté ici, c’est une lumière au bout d’un tunnel dont on ne voit plus le bout. C’est une pensée politique qui existe trois ans après le soulèvement parce que des femmes et des hommes ont donné leur vie pour cela.

    Cela fait trois ans que Mahsa Amimi a été assassinée, déclenchant le mouvement « Femme, vie, liberté ». Quelle est la situation aujourd’hui ?

    A.T. : La situation est très difficile. Il y a beaucoup de lassitude, de désespoir et en même temps il y a un point de non-retour qui a été franchi. Une barrière de la peur, de la tétanie qu’insufflait le régime islamique qui a été détruite. On est plus proche de la chute du régime. La situation économique est extrêmement difficile : deux heures d’eau courante et d’électricité par jour même dans les grandes villes, 60% d’inflation, la classe moyenne n’existe plus. Mes cousines, éduquées, architectes ne peuvent plus s’acheter de la viande ni même des œufs. La précarité concerne tout le monde. Hemingway disait que les dictatures tombent comme les entreprises font faillite : progressivement puis soudainement. La désobéissance civile continue. On a vu les images de ces femmes qui se sont dévoilées dans un cimetière musulman et ont porté le cercueil d’une femme qui a été tuée. Il n’y a pas de retour en arrière après ça. Il y a des racines de ce régime islamique qui sont arrachées.

    Les frappes israéliennes sur l’Iran, mais aussi le Liban et le Qatar, ne sont-elles pas le prélude à une généralisation du conflit propice au maintien des obscurantistes partout ?

    A.T. : Il y a une émission en ligne lancée par des étudiants iraniens qui ouvre un dialogue démocratique entre des pro et des anti-régime. Ça demande un courage immense, au risque de l’emprisonnement, de la torture, de la pendaison. L’un des derniers numéros concerne votre question. L’étudiant disait au pro-régime : une population qui ne vous soutient pas même quand elle reçoit des bombes de l’extérieur, c’est la définition de votre chute. Je ne crois pas que quoi que ce soit aide ce régime à rester en place.

    Imaginez-vous deux États, Israël et Palestine coexister sans que les extrémistes religieux n’attaquent les droits humains et ceux des femmes ?

    A.T. : L’heure n’est pas à l’imagination mais au travail. C’est dangereux de sous-estimer l’ampleur du travail qu’il y a à faire. Il faut dire les choses telles qu’elles sont. Abandonner ce travail serait suicidaire, ce serait accueillir à bras ouverts le chaos, la mort et l’injustice. Ne rien faire, se dire « je n’y connais rien, j’espère que ça ira », c’est être complice de ce qui est en train de se passer là-bas.

  • « Pas d’autre plan que d’évacuer les colonies »

    « Pas d’autre plan que d’évacuer les colonies »

    La Marseillaise : Israélienne, femme rabbin pour la paix, comment vivez-vous la période en Israël ?

    Nava Hefetz : C’est dur. On est souvent menacés. On est parfois bannis de notre famille qui ne pense pas comme nous. Surtout depuis le 7 octobre, des amis ont coupé les liens. Mais ce n’est pas important au regard de l’enjeu.

    Le gouvernement israélien réprime son opposition parlementaire et commet ce que les institutions appellent un génocide. Israël est-il encore une démocratie ?

    N.H. : On est en train de perdre notre démocratie. Elle est formelle mais ne correspond plus aux valeurs démocratiques. On sent la répression, la répression est violente. Le clivage qui a lieu en Israël aujourd’hui, ce n’est plus vraiment un clivage droite- gauche mais un clivage messianiques-démocrates. Tant qu’il n’y a pas d’élection, on ne peut pas mesurer l’état du rapport de force mais sur le terrain nous sentons la pression des messianiques. D’ailleurs, le gouvernement Netanyahu ne tient que par les dirigeants des colons Smotrich et Ben Gvir. Donc Netanyahu laisse faire les violences notamment en Cisjordanie.

    Depuis cette nouvelle guerre, on assiste à une flambée d’antisémitisme. Comment l’analysez-vous ?

    N.H. : L’antisémitisme est un phénomène ancien. Il était latent et n’attendait qu’une étincelle. C’est très facile de mettre tous les Israéliens dans le même paquet, tous les juifs dans le même paquet comme si on était tous pro-Netanyahu. Ça fait cinq ans qu’Israël connaît des manifestations massives. D’abord pour la réforme judiciaire, puis on a enchaîné avec le 7 octobre et rien ne bouge. Les manifestations ne suffisent plus. Il faut être beaucoup plus incisif, il faut carrément stopper le pays si on veut changer.

    Croyez-vous aux sanctions économiques ?

    N.H. : C’est une chose qui n’a pas été essayée parce que les économies occidentales sont très liées à celle d’Israël. Moi, je crois que des mesures, par exemple sur les visas, pourraient créer un électrochoc.

    Que pensez-vous de l’initiative française pour la reconnaissance de l’État palestinien ?

    N.H. : C’est très tard mais mieux vaut tard que jamais. Il faut voir ce qui se passe à Gaza mais aussi en Cisjordanie. La politique des colons est d’étendre leurs emprises en multipliant les avant-postes. Il y a 900 barrages routiers qui enferment les villages palestiniens. Il y a une stratégie délibérée de rendre l’existence d’une Palestine souveraine impossible. 4 000 habitations sont en construction près de Jérusalem-Est dans ce but. Il y a aussi un harcèlement des populations palestiniennes proches d’Ébron où chaque nuit des jeunes colons délinquants viennent mettre le feu, vandalisent les commerces palestiniens, les voitures pendant que l’attention est à juste titre sur Gaza. Que fait la France contre ça ?

    Quel est, selon vous, le chemin de paix à emprunter ?

    N.H. : Il n’y aura pas d’autres plans que d’évacuer les colonies et de créer un État palestinien. On est ensemble, israéliens, palestiniens, militants. On ne lâche pas, on ne lâchera pas.