Category: societe

  • Retour de Mars Bleu, mois du dépistage du cancer colorectal

    Retour de Mars Bleu, mois du dépistage du cancer colorectal

    Tout au long du mois de mars, le centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) met sur le devant de la scène la nécessité de se tester au cancer colorectal. Un simple geste de 10 secondes à réaliser tous les 2 ans pour les hommes et femmes de plus de 50 ans. Pour cela, il suffit de réclamer le test en pharmacie ou auprès de son médecin traitant. Depuis 2015, le dépistage est simple. Il suffit de réaliser le prélèvement soi-même, remplir la fiche d’identification et déposer l’enveloppe dans les 24 heures dans une boîte aux lettres de la Poste.

    « Si je n’avais pas été têtu, j’aurais pu éviter toutes ces complications », témoigne Barlam Dyal touché par ce cancer il y a 7 ans. Chef d’entreprise, il recevait régulièrement des lettres à ce sujet ou des messages qui lui étaient directement adressés. Marathonien, il ne se sentait pas concerné : « Je ne savais même pas ce qu’est un dépistage », résume-t-il.

    Ce n’est que 3 ans après la première invitation qu’il saute le pas… et apprend avec stupéfaction la mauvaise nouvelle. Pour autant, comme 213 habitants des Bouches-du-Rhône, tous les ans, il entame son combat contre la maladie. Il ne se résigne pas et vainc le cancer, bien que celui-ci ait changé sa vie. Une étape complexe, qu’il a fini par surmonter, grâce notamment à l’association des anciens victimes du cancer colorectal. « Dans la pratique c’est autre chose, c’est difficile de s’adapter et de comprendre qu’on est malade. La solution c’est d’en parler de dialoguer », souligne-t-il en parlant de l’organisation.

    Communication, une arme contre le cancer

    La région sud est largement en retard sur le nombre de dépistage. Seulement 27% des personnes en âge de réaliser le test le font, contre 75% pour les Hollandais d’après le professeur Seitz. Un non-recours que Barlam Dyal s’explique par le manque de sensibilisation et « la fierté masculine des hommes ». C’est pourquoi il prône la nécessité d’une éducation populaire en entreprises et à l’université.

    Au-delà du dépistage, ce cancer rarement génétique est lié à l’hygiène de vie, notamment l’alimentation. Pour l’ancien chef d’entreprise, un enseignement diététique dès le plus jeune âge pourrait limiter les causes du deuxième cancer touchant le plus de Français.

    Les acteurs de la santé se coordonnent et se forment pour « créer des habitudes chez le professionnel de santé » d’après Florance Ferrera, pour faire connaître le test au public. En complément, l’assurance maladie mène une campagne de démarchage téléphonique pour les personnes éligibles au test.

    Leur objectif est clair : faire reculer le cancer en le détectant le plus tôt possible par un test régulier.

    Dans le Var

    Afin d’informer sur le dépistage et les facteurs de prévention du cancer colorectal et de permettre des échanges avec les équipes de santé et les partenaires institutionnels tels que la CPAM du Var, La Ligue contre le cancer., etc, les professionnels du Centre Hospitalier Intercommunal organisent des stands d’information durant Mars Bleu : le 4 mars – Centre commercial Mayol à Toulon à partir de 9h ; le 9 mars – Hôpital Sainte-Musse à Toulon à partir de 9h ; le 10 mars – Six-Fours de 9h30 à 17h ; le 18 mars – Centre commercial Mayol à Toulon à partir de 9h et le 20 mars – Hôpital George Sand à La Seyne-sur-Mer à partir de 9h.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : Quand la guerre froide s’installe

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : Quand la guerre froide s’installe

    Ambroise Croizat, de nouveau ministre du Travail dans le cabinet Ramadier de janvier 1947, se vit explicitement interdire toute initiative en cette matière. De plus, 1947 fut un hiver exceptionnellement rigoureux avec une aggravation régulière de la pénurie alimentaire.

    Dès le début janvier, nous doublions les manifestations d’ensemble par corporation avec, le 21, une assemblée générale des travailleurs de l’alimentation. Le 22, c’était celle des métaux. Le 27 se réunissaient les travailleurs du textile et des produits chimiques. Le 4 mars, le syndicat de l’habillement appelait à un mouvement de grève à partir de 17h. Pour ne rien arranger, les pressions américaines s’intensifièrent.

    Le printemps 1947 marqua un sommet d’anticommunisme, avivé par la perspective de la rupture définitive entre les anciens alliés de la guerre, à l’occasion de la conférence de Moscou. C’est le 12 mars 1947 que Truman déclara, par son discours au Congrès américain, la « guerre froide », qui eut, en France comme ailleurs, des répercussions immédiates. Les manœuvres scissionnistes furent amplifiées par l’intervention américaine.

    La stratégie américaine
    face au mouvement ouvrier

    Dans une tournée systématique en Europe, Brown promit aux syndicalistes « compréhensifs » un niveau de vie que ni les conceptions générales de leur centrale, ni les rigueurs de l’époque n’autorisaient, selon le témoignage officiel de l’ambassadeur de France Hopeno. Repris par les journaux Le Provençal et Le Méridional, Marseille était l’une de ses étapes préférées. Sans qu’il soit possible de quantifier la part relative des facteurs extérieurs et intérieurs de la rupture du 4 mai 1947, Washington a une part considérable dans cette opération qui visait principalement le Parti communiste et la CGT.

    Échec pour la classe ouvrière, l’éviction des ministres communistes, qui avaient soutenu les grèves de Renault, s’inscrivait dans une stratégie de plus long terme, mise en œuvre avec une application particulière dans les pays où le mouvement ouvrier se réclamait de la lutte de classe, comme la France ou l’Italie. Les milieux dirigeants français reçurent désormais le soutien explicite de ceux de Washington pour cette mise à l’écart jugée indispensable par les uns et les autres.

    Les ambitieux projets européens des responsables économiques et politiques américains, définitivement mis au point dans les premiers mois de 1947 et destinés à éviter l’angoissante crise de surproduction qui les « obsédait », supposaient une classe ouvrière, dans chaque pays concerné, sinon convaincue des vertus de la « libre entreprise », du moins docile et sage. Nous, CGT, constituions un enjeu décisif de la « guerre froide » commençante.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Kallisté] La Corse est-elle un château d’eau menacé par le dérèglement climatique ?

    [Kallisté] La Corse est-elle un château d’eau menacé par le dérèglement climatique ?

    À partir de mi-août les retenues d’eau artificielles, ayant un double rôle énergétique et agricole, sont souvent bien vides. Faut-il s’en inquiéter ?

    Quel rapport avec la baisse de l’enseignement sur les sommets ? Sommets qui culminent de 2700 mètres à 2000 mètres du nord au sud, du Cinto à l’Incudine.

    Faut-il multiplier les barrages sur les nombreux fleuves côtiers qui en sont encore dépourvus ? Ces fleuves sont importants. Napoléon n’avait-il pas d’ailleurs commencé par nommé les départements de Corse le Golo et le Liamone ?

    Dans une île sans accès à l’énergie nucléaire, très dépendante du fuel du fait du caractère non pilotable du solaire et de l’éolien, l’hydroélectricité a un rôle essentiel. Et puis, une fois turbinée, une ou plusieurs fois, l’eau peut-elle avoir d’autres fonctions ?

    Hydroélectricité

    Et c’est là, pour le profane que je suis, qu’arrive l’exceptionnel enneigement de l’hiver 2026. Cela va-t-il éviter le voir le barrage de Sampolo à Ghisoni presque vide à la fin de l’été 2026 ?

    Et puis les pluies de ce mois février 2026 permettent sans aucun doute que l’hydroélectricité couvre plus de 50% des besoins en électricité en Corse. C’est le cas autour du 20 février, particulièrement la nuit quand le soleil n’est pas là…

    Cela ramène la part du fuel à moins de 15% dans cette période. Et ça c’est bon pour le climat. Si les barrages étaient plus nombreux, cette bonne nouvelle pourrait-elle être durable ? Sont-ils menacés si le service public de l’électricité venait à l’être ? Comment imaginer des moyens de stockage de l’eau issue de la fonte de la neige et plus globalement du ruissellement ?

    Et si cela est possible, la Corse n’est peut-être pas la seule qui bénéficierait de ces innovations? À ce stade je n’ai fait que poser une dizaine de questions liées entre elles. Cela mériterait des réponses plus argumentées que celles que je pourrais donner. Pour mieux cerner cette question qui articule Climat, eau, énergie, agriculture et biodiversité nous avons contacté Antoine Orsini, enseignant-chercheur à l’Université Pasquale Paoli de Corte, hydrobiologiste mondialement connu, pour répondre à toutes ces questions. À suivre donc

  • [Travailleur de demain] Mathieu Sabatier, la passion camion

    [Travailleur de demain] Mathieu Sabatier, la passion camion

    Sous ses airs de jeune homme de 19 ans plutôt réservé, Mathieu Sabatier cache une vraie passion pour le travail méthodique et bien fait. L’apprenti mécanicien a toujours été « bricoleur et manuel », mais est tombé par hasard dans le grand bain huilé de la mécanique. Il explique : « Je voulais un métier utile, au début je me suis d’abord orienté vers la mécanique automobile, mais dans le bac pro que j’ai intégré, il y avait aussi du poids lourd. »

    C’est à ce moment qu’est née en lui une fascination pour ces moteurs thermiques de plus de 500 chevaux et 2 500 newtons-mètres de couple. À titre de comparaison, une voiture fait entre 200 et 500 newtons-mètres de couple… Bref, « j’ai été impressionné par la taille des moteurs et leur puissance », confie le jeune apprenti. Mais Mathieu Sabatier est également très rationnel : le travail sur camion, c’est aussi un certain confort. « On ne va pas se plier comme sous une voiture, on a bien plus d’espace pour travailler, donc c’est mieux pour notre santé physique. » Le Lançonnais est conscient des conséquences que peut avoir son métier sur la mécanique des articulations.

    Un métier exigeant

    Il rappelle que chez Scania, une attention est portée à la santé des travailleurs : « On peut avoir des problèmes de genoux ou de dos en lien avec nos positions de travail, mais on a accès à des genouillères ou bien à des bouchons d’oreilles contre le bruit. »

    Une fois son bac en poche, il fait le choix de partir en apprentissage pour se spécialiser en poids lourd au Greta CFA du Vaucluse. Fort de son talent, Scania lui propose directement un contrat d’apprentissage suite à un stage. Il travaille sur des camions, des bus, mais aussi des machines industrielles (cisailles, bateaux, etc.) équipées de moteurs Scania. Diagnostics, réparations, entretien sont autant de compétences qu’il aiguise au quotidien. Le plus grisant reste les interventions : « Quand un camionneur tombe en panne sur route, le but, c’est de le faire repartir le plus vite possible pour éviter qu’il prenne trop de retard sur sa livraison. » La pression est plus forte quand ce sont des camions alimentaires qui nécessitent une prise en charge rapide. « La contrainte de temps, ça peut être compliqué, il faut rester méthodique et très organisé. » En mécanique, chaque opération est une nouvelle prise de risque et rien n’est jamais gagné d’avance. « En plus, pour un camionneur, son véhicule, c’est sa maison, son petit chez-lui, donc on fait très attention à en prendre soin, on veut le mieux pour nos clients », rappelle-t-il.

    Face aux bouleversements que vit la profession avec l’arrivée de l’électrique, Mathieu est clair : « Je m’adapterai toujours, le monde mécano bouge vite pour s’adapter au dérèglement climatique, il faut avoir soif d’apprentissage et suivre les technologies. » Mais il émet des réticences : « On passe sur des camions électriques, mais pour l’instant, ce n’est pas optimal, ça réduit trop l’autonomie. »

    Scania lui a proposé de continuer en CDI dès la fin de son apprentissage. Mathieu se sent bien dans sa nouvelle famille : « On passe la plupart de notre temps au travail, donc il faut aimer ce qu’on fait. »

  • La fermeture nocturne des urgences inquiète dans les Alpes-de-Haute-Provence

    La fermeture nocturne des urgences inquiète dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Les urgences sont un service vital pour la population, en particulier dans nos zones rurales où l’accès aux soins est déjà difficile. » Une pétition, relayée sur les réseaux sociaux, rassemble plus de 7 000 signatures contre la fermeture ou la réduction des horaires d’ouverture des services d’urgence du département. Cela « met en danger la vie des habitants, allonge les temps de prise en charge et crée une inégalité flagrante d’accès aux soins », avancent les auteurs de la pétition.

    à Manosque, Digne-les-Bains et Sisteron, les urgences sont régulièrement fermées la nuit, à partir de 18h30, et les patients doivent alors passer par le 15, qui régule les appels. « Le recours au 15 est vécu par beaucoup comme une entrave voire un tri pour l’accès aux soins. Cela permet également d’accompagner des mesures d’économies, sans mettre en place de véritables solutions de fond. »

    « Beaucoup renoncent

    aux soins »

    Les 7 000 signataires demandent une ouverture des trois services d’urgences du département 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ainsi qu’un renforcement des effectifs et la fin de la « discrimination géographique ». « Notre santé ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire », clament aussi les auteurs de la pétition. Les hôpitaux du département manquent souvent de médecins urgentistes.

    « La fermeture des urgences est une grosse problématique dans le département depuis des années », explique Cédric Volait, responsable de la CGT Santé 04. « Il est déjà arrivé que les trois services d’urgences du département soient fermés la nuit », déplore-t-il. Il ajoute : « La population ne comprend plus rien, on ne sait pas quand c’est ouvert ou fermé, beaucoup de gens renoncent aux soins et prennent leur mal en patience. »

    « Le 15 envoie parfois les patients vers d’autres départements, à Aix ou à Pertuis, qui sont souvent saturés. Il est arrivé que des patients aillent à Aix, qui n’avait plus de place et les renvoyait vers Marseille ou Toulon », regrette Cédric Volait, qui travaille à l’hôpital de Manosque. « Depuis avril 2023, les urgences sont fermées quasiment toutes les nuits à Manosque, faute de médecins urgentistes », précise-t-il. Le syndicat demande que tous les médecins fassent des gardes, , actuellement basées sur le volontariat.

  • 42 médailles pour les Alpes-de-Haute-Provence

    42 médailles pour les Alpes-de-Haute-Provence

    Un total de 19 médailles d’or, 19 médailles d’argent et 4 médailles de bronze ont été remportées par le département des Alpes-de-Haute-Provence au concours général agricole de Paris 2026. Ses vins, ses huiles d’olive, ses charcuteries, ses miels, ses produits laitiers, ses bières, ses eaux-de-vie et sa viande ont été récompensés. La cave des vignerons de Pierrevert, le domaine Salvator, la société fromagère de Provence, la coopérative laitière de l’Ubaye et la brasserie Cordoeil ont notamment été distinguées.

    Les vins et les huiles d’olive du département ont particulièrement brillé, avec 13 médailles dont 6 d’or pour les vins et 10 médailles, dont 8 d’or pour les huiles d’olive. L’obtention d’une médaille au concours général agricole est synonyme d’une augmentation des ventes de 18 à 40%. Les médailles du concours constituent un sésame à l’export car elles sont reconnues hors de la France.

    Le « travail acharné »

    des agriculteurs souligné

    Ces médailles soulignent le « travail acharné » des agriculteurs, « leur dévouement, leur passion et leur savoir-faire inégalé », a salué la Chambre d’agriculture des Alpes-de-Haute-Provence, qui a, cependant, déploré la visite « au pas de course », « peu propice à un échange constructif » de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, sur le stand du département. Un sac contenant « des produits issus de toutes les filières en crise dans les Alpes-de-Haute-Provence » a été remis à la ministre.

    Les ânes du département ont également été mis en avant avec la présence de Java au Salon, ânesse de Provence de 6 ans, seule représentante animale du département.

  • Les Oursinades s’ancrent au bord de l’étang de l’Olivier ce week-end

    Les Oursinades s’ancrent au bord de l’étang de l’Olivier ce week-end

    C’est une institution qui fait son retour sur les rives de l’étang de l’Olivier. Ces samedi 28 février et dimanche 1er mars, les oursinades reviennent de 11h à 17h, toujours à hauteur du mini-port au bout de l’esplanade Charles-de-Gaulle, avec une capacité de 700 places assises, le long de grandes tablées conviviales.

    « C’est un rendez-vous attendu et populaire, toute la population istréenne vient, et puis ça marque l’arrivée du printemps, c’est synonyme du retour des beaux jours dans l’esprit des gens », affirme Jérémy Sierra, conseiller municipal en charge des événements de la Ville d’Istres. Chaque jour, environ 1 500 personnes viennent « se retrouver, discuter en plein air et partager de bons mets ».

    Sur place, les visiteurs trouveront une dizaine de stands de restauration avec oursins, plateaux de coquillages, marmite du pêcheur, moules frites, burgers de la mer ou à la viande, gambas à la plancha et autres calamars, ainsi que les panisses de l’Estaque ou encore les sardines en beignets. « Quatre associations seront également présentes : le Gipreb, l’Esperen, l’Amicale des plaisanciers de l’étang de Berre et l’Association des plaisanciers du Port des Heures Claires », détaille Jérémy Sierra.

    Des animations musicales sont également prévues avec Patrick David et Vanessa Smiled, qui chanteront de la variété française et internationale samedi, et Stud, dans le même style, dimanche. Les rameurs de l’Olivier feront des démonstrations et proposeront des ateliers découverte tous les matins.

  • Une chasse au trésor ludique pour les enfants à Figuerolles

    Une chasse au trésor ludique pour les enfants à Figuerolles

    Ils galopent, inarrêtables, vers l’herbe verte et en quête de glands tombés à terre. Ce vendredi matin, la quiétude habituelle du parc de Figuerolles est troublée par la masse des 32 têtes du troupeau de moutons mérinos et mourérous, accompagnés des chèvres du Rove. Sans s’arrêter, Newton, le vigoureux border collie de 7 ans, leur file au train et les conduit droit sous les oliviers. Puis il s’immobilise, attentif à ce qu’aucune brebis ne s’égare à nouveau en broutant.

    Cette démonstration est habituelle pour Mélanie Michelotti et Gaëtan Bartholini, tous deux agents de la ferme pédagogique de Martigues. À ceci près qu’une dizaine d’enfants les accompagnent, carnet en main, pour une chasse au trésor thématique. Une pomme de pin, un gland ou un peu de laine font partie des éléments à collecter. Raphaël, 10 ans, est le plus rapide. « J’étais venu il y a 5 ans et ça a bien changé, il y a plus de moutons », remarque il. « C’est important de savoir comment ils sont et ce qu’ils mangent… On peut l’apprendre à l’école, mais c’est autre chose de venir voir », estime l’écolier en CM2.

    Connaître et respecter

    En scrutant le troupeau, Mélanie Michelotti explique leurs comportements. « Observez la séparation naturelle entre les chèvres et les moutons », souligne-t-elle. Mais une, puis deux, puis plusieurs bêtes s’écartent et bondissent pour se suivre. Attention à l’effet de groupe. « Dès qu’il y en a un qui part, tous les autres suivent, il ne faut plus bouger ! » prévient l’agente. Ils cherchent des glands, car « ce sont comme des sucreries pour eux, on leur en donne parfois pour donner un goût au lait », détaille-t-elle.

    Le fils de presque 3 ans de Quentin Ollivier est subjugué. « C’est important de le confronter à ces animaux et d’apprendre à les respecter, surtout quand on habite en ville », estime le jeune père, ravi de profiter d’une « activité adaptée aux très jeunes ». D’autres écopâturages sont prévus aux prochaines vacances, mais d’ici là, le troupeau est sorti tous les jours. « Les gens peuvent venir voir, parfois, on prend même les chevaux et les ânes avec nous », confie le berger.

  • À Avignon, la rue Thiers a fait peau neuve et va reprendre vie

    À Avignon, la rue Thiers a fait peau neuve et va reprendre vie

    Il est un peu moins de 11h ce vendredi matin et les ouvriers, gilets orange sur le dos, procèdent aux derniers ajustements des travaux de la rue Thiers, tandis que les rayons du soleil se faufilent entre les bâtiments aux différentes teintes de beige et de gris. Dernières plantes mises en terre et petits trous à boucher pour que tout soit prêt pour l’inauguration, ce samedi, de la deuxième phase de requalification.

    Après plusieurs mois de travaux, du croisement avec la rue Philonarde jusqu’au croisement avec la rue Guillaume Puy, le changement est là. La route goudronnée et les trottoirs ont laissé place à un cheminement au même niveau. S’ajoutent aussi des « appuis vélos » supplémentaires, une reprise de l’éclairage public, un choix de plantes adapté au changement climatique ou encore une meilleure infiltration de l’eau grâce aux espaces végétalisés.

    Des changements qui réjouissent les quelques commerçants ouverts en cette matinée, malgré les difficultés rencontrées. Tel que Philippe Le Veve, gérant bar-tabac Thiers, qui, tout en constatant « une perte assez énorme de 30% du chiffre d’affaires » pendant la « très longue » période, ce qui l’a obligé à « travailler à flux tendu », estime tout de même que « c’est très beau ». « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs », concède également Evelyne Bourret, de l’institut Beauté Marine, à quelques pas de là, qui se dit toutefois « très satisfaite » du résultat. Du côté de la municipalité, on assure qu’un suivi a été mis en place avec les habitants et les commerçants, notamment avec le coordinateur de l’entreprise Tecelys, qui réalisait les opérations, présent quotidiennement sur place. « C’étaient des travaux compliqués car ils se faisaient en demi-chaussée. Mais tout s’est bien passé, à part quelques soucis, comme dans tous les travaux », précise ce dernier, citant par exemple le perçage d’une conduite de gaz enterrée trop peu profondément. Ce qui a provoqué une coupure momentanée.

    Poursuite prévue

    La suite de la requalification sera donc entre les mains de la prochaine équipe municipale. « On ne peut pas s’arrêter là en si bon chemin. Il faut terminer », explique Jean-Marc Bluy, adjoint au maire délégué au centre-ville. « Plus rien ne fonctionnait dans la rue. L’objectif de cette requalification est de la redynamiser. Quand on voit ce qui se passe avec la rue Carnot, réhabilitée ces dernières années, c’est l’objectif ici aussi. On espère un redémarrage », poursuit-il. La suite doit s’organiser en deux phases supplémentaires : la première de la rue Guillaume Puy à la rue Buffon, puis de la rue Buffon à la porte Thiers pour terminer. L’issue des travaux est estimée à fin 2026 ou courant 2027. La totalité des aménagements est estimée à environ 3,7 millions d’euros.

  • Le service autonomie de Bois fleuri définitivement fermé

    Le service autonomie de Bois fleuri définitivement fermé

    Des alertes graves lancées par les enfants placés avaient révélé de lourds dysfonctionnements dans la gestion de la Mecs Bois fleuri. Financée par le service départemental de l’aide sociale à l’enfance, deux services de l’établissement avaient été fermés provisoirement en décembre. L’arrêté du 20 février condamne définitivement l’accueil des jeunes adultes.

    Dès le mois de juin les salariés avaient donné l’alerte, fait remonter des difficultés à fonctionner, à habiller, voire à fournir des repas corrects aux enfants. Face aux « carences manifestes » dans la gestion de cette Mecs du 10e arrondissement, un administrateur provisoire a été nommé le 13 novembre à la tête de Bois fleuri. Au-delà d’un déficit de plus de 700 000 euros, d’une gestion calamiteuse, de mésententes entre la direction et ses équipes, la collectivité pointait « la multiplicité de signalements d’agressions sexuelles concernant plus d’une dizaine de mineurs sans que des dispositions n’aient été prises pour éloigner et protéger les mineurs concernés ». Des agressions perpétrées par des mineurs placés. La gravité des faits avait conduit la direction de la protection de l’enfance à produire un arrêté le 10 décembre dernier. L’arrêté ne mentionnait cependant plus que « des violences de personnels éducatifs sur mineurs » et stipulait que le service Interlude n’était « pas adapté à l’accueil de très jeunes enfants ».

    Des éducateurs écœurés

    Dans le nouveau document, il est indiqué que « les mesures correctrices mises en œuvre par l’association gestionnaire n’ont pas permis de remédier de manière suffisante aux dysfonctionnements ». Si la situation financière n’a pas été redressée, « les travaux de mise aux normes réalisés sur l’unité Interlude permettent de garantir des modalités d’hébergement et des conditions d’accueil attendues » et justifient sa restauration. « C’est un soulagement car on sauve la prise en charge des plus petits », réagit une éducatrice, qui déplore cependant que « la mauvaise gestion condamne 18 places pour les jeunes ». Pire, « c’est sur le dos des éducateurs que la faute retombe. Alors qu’on avait alerté, qu’on s’est démené pour tenir ce service, sans argent, et que le CSE avait alerté sur l’incohérence de passer de 4,5 à 2,5 éducateurs, alors qu’il y a deux postes de directeur ».

    L’arrêté du 20 février relève en effet « l’absence de mise en œuvre de démarche d’accompagnement » pour les mineurs non accompagnés, et le « peu d’intervention des professionnels aux domiciles des jeunes » ou « pas de travail sur l’insertion professionnelle » pour les jeunes en autonomie. Côté éducateurs, comme jeunes majeurs, l’annonce de fermeture avait été « brutale », avec une injonction à libérer les appartements trois jours avant Noël. Le 18 décembre, les jeunes s’étaient mobilisés devant la Mecs, soutenus par leurs éducateurs, pour dénoncer la situation.

    Du côté des salariés, c’est l’hécatombe : les cinq éducateurs et les deux psychologues sont en arrêt maladie. Tous
    « choqués, écœurés par ces décisions. Alors que le prix de journée alloué par le Département ne cesse de baisser, que les Mecs crient à l’agonie, on supprime un service jugé trop cher et on fait peser les responsabilités sur les épaules des salariés pour protéger des directions incompétentes », lâche l’un d’entre eux, si amer, qu’il compte « jeter l’éponge », dans ce secteur qui peine à recruter.