Selon le ministère de l’Intérieur, 451 789 personnes ont participé aux manifestations en France (hors région parisienne) et la préfecture de police de Paris a dénombré 55 000 manifestants dans la capitale. Plus de 600 actions et manifestations ont été recensées dans tout le pays. Les cortèges ont réuni de 8 800 à 35 000 manifestants à Bordeaux, selon les autorités ou les syndicats, de 14 000 à 20 000 à Lyon, de 1 800 à 3 000 à La Rochelle et de 18 000 à 40 000 à Toulouse.
Partout, l’intersyndicale a rassemblé plus de monde dans les rues que le mouvement né sur les réseaux sociaux « Bloquons tout », le 10 septembre dernier.
« Nous avons recensé 260 manifestations dans toute la France », a salué Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, avant le départ du cortège parisien, se félicitant des nombreux piquets de grève.
Dans le monde éducatif, près d’un enseignant sur six était en grève dans les premier et second degrés, selon les chiffres du ministère. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a fait état de 45% des personnels de collèges et lycées grévistes. Selon le ministère, 23 lycées ont par ailleurs été complètement bloqués et des blocages filtrants ont été mis en place devant 52 autres établissements.
Les agents de la fonction publique d’état étaient au total 10,95% sur 2,5 millions d’agents à faire grève, principalement dans l’éducation nationale, selon le ministère. Ce taux d’agents en grève est plus de deux fois supérieur à celui du 10 septembre, à l’appel du mouvement « Bloquons tout » (4,58% sur l’ensemble de la journée). Selon le syndicat L’Union étudiante, « 110 000 jeunes » étaient mobilisés, avec « 14 facs bloquées et 60% des universités mobilisées avec des actions diverses ».
Dans les transports, le trafic était fortement perturbé, conformément aux prévisions, mais pas « bloqué », selon le ministre des Transports démissionnaire, Philippe Tabarot.
Les pharmaciens se sont eux aussi mobilisés pour dénoncer la réduction des remises commerciales sur les médicaments génériques. Selon le syndicat de pharmaciens FSPF, environ 18 000 pharmacies sont fermées sur 20 000.
Les huit organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) ont appelé à une journée de manifestations dans toute la France pour peser sur les choix budgétaires du nouveau Premier ministre macroniste, Sébastien Lecornu, renouant avec l’unité.
« On lance un avertissement très clair au gouvernement et à Sébastien Lecornu », a prévenu Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT. « On veut un budget de justice fiscale, sociale et écologique », a-t-elle ajouté.
Dans le cortège parisien, Hervé Renard, délégué syndical CFTC de 57 ans, s’agace. « On demande encore aux ouvriers de faire des efforts. Je n’ai pas de dettes, moi. La dette de l’état c’est lui qui l’a faite, pas moi », tacle l’ouvrier du BTP.
Dans un communiqué, jeudi soir, la CGT a indiqué : « Le gouvernement affaibli ne peut plus ignorer la colère, elle est légitime, elle grandit. L’intersyndicale s’exprimera demain pour tirer les leçons et ouvrir des perspectives pour la suite. »

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