Category: societe

  • Handicap : un stationnement squatté par les valides à Marseille

    Handicap : un stationnement squatté par les valides à Marseille

    Pas moins de 9 dépanneuses et 20 agents de la police municipale ont été déployés ce mercredi 25 février pour un contrôle des places réservées aux personnes à mobilité réduite dans le centre-ville. Au nombre de 742 recensées à ce jour dans la ville, elles sont bien souvent occupées illégalement déplore Isabelle Laussine (Mad Mars), adjointe au maire en charge des personnes en situation de handicap, à l’inclusion et à l’accessibilité. Plus de la moitié ne sont plus conformes. « Cela peut être simplement un panneau mais c’est à la métropole de le faire et cela dépend de son calendrier », explique l’élue, consciente de l’ampleur du chantier à poursuivre.

    « On se bat au quotidien »

    Sur le trottoir, Ouahid Boustila, fondateur du Handisud Basket et président du collectif du collectif « plus jamais sans nous » assiste à l’opération. Il se déplace en ville « avec ses bras », souvent après s’être garé à la Joliette. Un stationnement prévu pour deux voitures, « où on en retrouve 5 », témoigne-t-il. Résultat, sortir ou rentrer dans son véhicule est impossible. Altercations, pneus crevés, portières abimées, Ouaid ne compte plus les accrochages pour faire respecter la loi. « On se bat au quotidien ! », s’indigne-t-il, dénonçant au passage l’inaccessibilité des transports en commun. « C’est rageant de ne pas avoir le droit d’accéder au métro sans être accompagné, de ne pas avoir accès au nouveau tram parce qu’il y a une barre au milieu, de ne pas pouvoir prendre le bus car la rampe est en panne », raconte-t-il.

    Depuis 2024 le nombre de PV a doublé (de 2 344 à 4 282), les effectifs aussi, explique Céline Lefléfian, directrice de la police municipale qui entend « déclencher une prise de conscience ».

  • À Martigues, la gauche parle sport avec les familles

    À Martigues, la gauche parle sport avec les familles

    Une petite table sur laquelle trônent des fascicules du programme de Gaby Charroux (PCF) a été disposée à l’entrée du parc des sports Julien-Olive, au nord de la commune. La campagne électorale se poursuit et les militants du maire sortant ne fatiguent pas. Porte-à-porte, boitage, tractage… Ils multiplient les actions pour « toucher tout le monde », affirme Isabelle. « C’est pour ça qu’on a rajouté cet endroit, où il y a beaucoup de familles qui viennent se balader, surtout en ce moment avec les vacances, en plus de nos points de rencontres sur le marché, devant Carrefour Market ou Intermarché Croix-Sainte. Et ce serait bien qu’on les maintienne toute l’année », poursuit-elle. L’objectif, ce mercredi après-midi : évoquer la politique publique sportive de la majorité sortante.

    Pour Christian, ce genre de contact en plein air permet d’engager la conversation plus facilement qu’au porte-à-porte, où seul « un quart de la population » ouvre son foyer. « Le contact est un peu plus difficile depuis le Covid », confie-t-il. Ça n’a pas toujours été le cas. Isabelle se remémore : « Il y a quelques années, j’avais été invitée à manger chez une dame alors qu’on menait campagne ! »

    Contre l’abstention…

    Avec leur présence, les militants entendent lutter contre l’abstention, leur « cheval de bataille quotidien ». À Martigues, lors des dernières élections législatives anticipées, elle avait atteint les 35% au 1er tour. « Malheureusement, c’est un problème national, constate Isabelle. Les gens ne se sentent plus représentés. Après, je pense qu’à Martigues, ils ne peuvent pas être déçus vu la politique qui est menée. »

    Fanny, venue se promener avec ses deux enfants, approuve : « Je trouve qu’au niveau du sport, la municipalité fait pas mal de choses. Ce n’est pas dans toutes les communes qu’on a un tel accès à la pratique. Les tarifs annuels sont plus qu’abordables : pour mon fils, on paye moins de 50 euros pour qu’il suive des cours multi-sports et qu’il trouve son truc. » La trentenaire estime : « On se concentre trop sur le négatif et en période électorale, on n’est pas aidés. Quand je vois sur les réseaux sociaux certains qui se contentent juste de critiquer sans dire ce qu’ils apporteraient de plus, ça m’exaspère, c’est un peu facile. Après oui, on peut toujours faire mieux. »

    … et contre l’extrême droite

    Pour ces municipales, les communistes et leurs sympathisants se battent aussi « contre la droite et l’extrême droite ». Samir Dahmani, ancien athlète spécialisé dans le demi-fond, s’est engagé sur la liste du maire sortant pour cette raison. « Je sentais que c’était le moment dans un contexte sociétal où il y a une montée du RN et je souhaite que cette ville garde ses valeurs de vivre-ensemble avec Gaby Charroux qui, pour moi, en est le garant. » Pour lui, les risques sont clairs : « Ils peuvent s’en prendre aux services publics de proximité dans les quartiers, que ce soit les clubs sportifs ou l’ouverture à la culture avec une baisse des subventions, pourtant essentielles. »

    Samir Dahmani l’affirme : la politique de la Ville lui a permis d’atteindre le plus haut niveau « par la qualité des infrastructures, l’attention et le soutien portés aux clubs ». Mais le sport ne se résume pas à la pratique professionnelle et à la performance. « Ça ouvre à la cohésion sociale, à l’inclusion, à l’émancipation. »

    Pour ce prochain mandat, en cas de victoire, le colistier a à cœur de « poursuivre la mise en place d’une passerelle, sur le site Picasso-Aurélio, entre la culture et le sport sous la forme d’un campus, mais aussi de continuer à porter une attention particulière aux dispositifs pour la jeunesse et à l’enfance », à l’instar des centres d’initiation sportive, qui « font la richesse de cette ville ».

  • Marseille, collectivité la plus engagée pour l’ONG SOS Méditerranée

    Marseille, collectivité la plus engagée pour l’ONG SOS Méditerranée

    À jamais la première : avec 130 000 euros de subventions, Marseille est la collectivité qui soutient le plus SOS Méditerranée. C’est dans la cité phocéenne que se trouve son siège et que l’Ocean Viking effectue ses départs en mer. La Ville signait, dès 2021 une tribune réunissant 28 collectivités, appelant à soutenir l’association. « Tant que les États européens se soustrairont à leurs devoirs, nous serons là pour nous mobiliser et les rappeler à leurs responsabilités, nous serons aux côtés des citoyennes et des citoyens de SOS Méditerranée pour faire vivre sa mission vitale de sauvetage en mer », écrivaient-ils alors. Cette plateforme rassemble désormais 143 collectivités qui contribuent à financer 9% des missions de l’ONG, le reste étant issu de dons privés.

    C’est ainsi que le Département d’Ille-et-Vilaine a réaffirmé son engagement en votant, le 14 février dernier, une subvention annuelle de 50 000 euros pour l’association, adoptée de façon transpartisane, par 40 des 54 conseillers départementaux. Une subvention de 10 000 euros est également octroyée chaque année, depuis 2021, par le Département de Meurthe-et-Moselle.

    La Région Occitanie, la première et l’une des seules à être mobilisée, avait accueilli à l’automne 2024 les premières assises du droit de la mer et des solidarités maritimes, en partenariat avec le Département de l’Hérault et la Métropole de Montpellier. L’objectif était alors d’« envoyer un message politique fort aux nouveaux élus de la Commission européenne et rappeler qu’il est de notre responsabilité collective de sauver les vies humaines en Méditerranée. Parce qu’il ne saurait y avoir de délit de solidarité », martelait sa présidente, la socialiste Carole Delga.

    Pendant ce temps, le navire poursuit sa mission en Méditerranée. L’Ocean Viking est actuellement en route vers le port de Livourne, dans le nord de l’Italie. À bord, 147 rescapés mis en sécurité à l’issue de deux sauvetages. Autant d’enfants, de femmes et d’hommes qui auraient pu mourir noyés s’ils n’avaient pas été sauvés.

  • Cinq identitaires rejugés pour leur étendard xénophobe

    Cinq identitaires rejugés pour leur étendard xénophobe

    « La pensée derrière est bienveillante, pas injurieuse. Elle est plus complexe que ça. C’est pas par détestation des migrants. La submersion migratoire, ça nuit à leur pays car c’est une fuite des cerveaux », a osé Marc, 23 ans, devant la cour, embrayant sur « la hargne antifasciste qui déferle sur nous ». On en oublierait presque les autocollants de l’Action française, de la Brigade antinègres, des photos de graffiti « LGBT en prison » avec croix suprémacistes d’occident trouvés chez les uns et les autres. Le 24 juin 2023, en plein concert de soutien à « SOS Méditerranée » – l’ONG qui depuis 2016 a secouru 42 700 migrants – lui et quatre autres militants proches de Stéphane Ravier, ont déroulé une immense banderole où était écrit « Qu’ils retournent en Afrique, #defendsMarseille ».

    « Le but était d’alerter l’opinion, dire qu’ils sont mieux chez eux plutôt qu’en Europe dans l’illégalité », assure Aurélien, 28 ans, le leader qui filmait le coup médiatique pour inonder les réseaux sociaux. « Je ne dis pas qu’il ne faut pas les sauver mais SOS Méditerranée importe des personnes en situation d’illégalité », accuse le prévenu qui brandit sa liberté d’expression.

    « Ces gens ont un agenda politique »

    « C’est pas des propos hostiles, choquer n’est pas injurier ni provoquer à la haine », assure d’ailleurs Adrien, 26 ans, ingénieur. « C’est un dossier à charge contre moi. Il n’y a pas de connotation injurieuse », veut aussi faire croire Romain. « Louis Degrelle, je ne sais pas qui c’est », botte l’humaniste. L’écrivain pronazi et antisémite belge figurait dans son portable au milieu de clichés anti-LGBT. « Ah, c’est pas la photo du pape ! », tonne Alain Lhote, pour la Maison des potes, qui rappelle que « la violence des idées précède celle des actes ». Vincent, 27 ans, licencié en sociologie, discourt lui sur « la caricatutre qui est faite du militant nationaliste décérébré. Ce n’est pas le skinhead des années 80 avec sa barre de fer. L’objectif était d’apporter une vision, un regard sur le trafic d’êtres humains en Méditerranée. »

    « Ces gens ont un agenda politique. Et la banderole s’inscrit dedans », souligne Me Pascal Luongo, représentant la Ligue des droits de l’Homme. « Ce qui leur est reproché, ce n’est pas une idée mais d’avoir voulu provoquer à la haine. L’antifascitme a refondé la République après la Seconde guerre mondiale. Prenez exemple de Missak Manouchian ! »

    « Dans le contexte politique actuel, on sait les risques que font peser ces militants d’extrême droite en incitant à la violence », plaide Frédérique Chartier, autre conseil de la LDH. « Quand un homme se noie en mer c’est un devoir de le sauver. Je ne regarde pas la couleur de sa main. Les mots de la banderole peuvent tuer. On en est là dans ce pays », a rappelé Me Tavitian pour la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra).

    « Ces mots sont extrêmement graves », estime aussi l’avocate générale Catherine Levy qui a requis 6 mois de prison avec sursis à l’encontre des cinq prévenus, aggravant les peines de première instance. « Comment peut-on parler de migrants en les assimilant à des virus ? Ce champ lexical de la maladie, évidemment que cela exhorte à de la haine, de la discrimination et de la violence. Cela ne peut pas être couvert par la liberté d’expression. »

    « On vous demande de colorer le propos incriminé en les faisant passer pour cinq petits nazillons », a dénoncé Me Julien Pinelli en plaidant la relaxe. De conclure sur une citation : « Quand j’entends “liberté, liberté liberté”, j’ouvre toujours la fenêtre pour voir qui on va pendre ! »

    Délibéré le 25 mars 2026.

  • [Quoi de neuf] Camille, Liès et Sophie Nigon : « Le soin psy doit être fait par et avec les personnes »

    [Quoi de neuf] Camille, Liès et Sophie Nigon : « Le soin psy doit être fait par et avec les personnes »

    Le système psychiatrique, outre son manque de moyens humains et matériels structurel dans le secteur public, est source de violences pour de nombreuses personnes, notamment les plus vulnérables et marginalisées dans notre société. Quelle place pour les citoyens qui ont besoin de soins et d’accompagnement ? Qu’en est-il de la reconnaissance véritable, c’est-à-dire citoyenne, de leur parole et de leur vécu ? Alors que le gouvernement avait fait de la santé mentale une « grande cause nationale » en 2025, les attentes ne sont pas honorées. Rencontre avec Camille et Liès, bénévoles de l’association Democrapsy à Montpellier, qui œuvrent pour un changement total de paradigme, et la psychanalyse montpelliéraine, Sophie Nigon.

    Françoise Verna : Qu’est-ce qui a motivé votre choix d’être bénévole au sein de l’association Democrapsy à Montpellier ?

    Liès : Parce que libérer la parole des personnes concernées, cela ne suffit pas. Nous, on milite pour que cette parole soit prise en compte. Quand nous parlons de personnes concernées, ce sont les premiers et premières opprimés. Les prendre en compte c’est demander que les pouvoirs publics soutiennent des créations d’espaces pour ces personnes et que ces espaces soient gérés par ces personnes.

    Camille : L’idée serait d’élaborer un soin qui parte de la base, de la parole des personnes les plus violentées et marginalisées, pour avoir un soin collectif qui ne soit pas défini par l’altérité, la marge. Et par cette idée qui consiste à dire : « Vous êtes dehors, on va vous guérir et vous rencontre productif. »

    Olivier Nottale : Qui sont « ces personnes concernées », notamment dans l’association Democrapsy ?

    Liès : On réunit des personnes concernées par la psychiatrisation et/ou la vulnérabilité psychique sans forcément passer par un parcours de psychiatrisation. Nous, nous sommes concernés. Nous sommes une association de soins communautaire. On travaille en commun avec des personnes concernées, par exemple, par un trouble du spectre autistique, la psychiatrisation sous contrainte, y compris avec le fait d’être amenée par la police. On a réuni une communauté depuis un an et demi autour de plusieurs d’événements.

    Camille : L’idée c’est de montrer que la problématique de santé est aussi sociale. Traversée par des enjeux de féminisme, de racialisation, de colonialisme. Il faut prendre en compte toutes les formes d’oppressions, tout le système.

    Françoise Verna : Est-ce que cela vous parle que des jeunes gens, comme Liès et Camille, veuillent être les acteurs de leur bien-être et de ne pas être mis dans des cases ?

    Sophie Nigon : Cela me parle tout à fait. Dans l’approche lacanienne, qui est la mienne, ce qui compte effectivement c’est la question de l’individu, du sujet, de la spécificité. C’est-à-dire ne pas mettre les personnes dans des petites cases. Cocher des cases sur tel symptôme ou tel comportement, etc. Il s’agit de prendre en compte ce qui est la dimension du sujet, ce qui est sa subjectivité. Et ça, cela demande du temps et de l’écoute.

    Olivier Nottale : Or nous sommes dans un système de soins et une société où des personnes en besoin de soins vont buter contre ce système ?

    Camille : Je pense que la psychiatrie est un système fou, un pompier pyromane. Si la psychiatrie m’a sauvé la vie, elle m’a aussi rendue malade, handicapée. Je suis très critique de la psychiatrie comme institution mais au regard de l’urgence actuelle, c’est une des seules ressources que l’on a pour sauver les personnes parce qu’on n’a pas une remise en question totale de nos approches du soin et des problématiques sociales qui engendrent la folie. Les violences psychiatriques forcent les gens à rentrer dans la norme.

    Françoise Verna : Vous êtes psychanalyste et vous intervenez aussi auprès de professionnels. Vous avez donc cette double expérience, côté patient et côté soignant ?

    Sophie Nigon : Je suis psychanalyste en libéral où j’accueille des personnes et j’interviens aussi, toujours en tant que psychanalyste, dans différents services hospitaliers, institutions, associations qui ont tous en commun d’accueillir des personnes en souffrance : des enfants, des personnes handicapées, à la rue, en souffrance psychique, psychiatriques. J’accompagne aussi une équipe qui va dans des prisons. Du côté des professionnels il y a aussi de la souffrance parce qu’ils sont contraints par des injonctions, des règles, un manque de moyens et de temps. Pour un rendez-vous dans un centre médico-psychologique, un CMP, il faut six, huit voire plus d’un an. Et s’agissant d’enfants, pour un premier rendez-vous, c’est un an à dix-huit mois d’attente !

    Camille : J’aurai des recommandations : une réattribution des budgets répressifs pour faire de la prévention et de l’accompagnement aux soins. Et bien sûr des actions conjointes avec les premiers concernés pour élaborer une méthodologie de soins qui soit inclusive pour les soignants et les patients. Et avoir accès à des formations spécifiques sur le racisme, les violences sexuelles, l’inceste etc. Pour que l’on puisse nous accompagner au mieux.

    Retrouvez l’émission en cliquant sur le lien.

    * Democrapsy sur instagram @democrapsy_mtp34

    Samedi 21 mars scène ouverte au Quartier Généreux, 18h30.

    Mardi 24 mars à La Base, 19h :

    cercle en non-mixité HP-police.

    * *acfvoiedomitienne.fr

    sophienigon_psy-montpellier.com

  • Un tiers lieu propose une cantine solidaire à Château-Arnoux-Saint-Auban

    Un tiers lieu propose une cantine solidaire à Château-Arnoux-Saint-Auban

    Ouvert depuis 2020, le tiers lieu de la Maison commune est le fruit d’une synergie entre plusieurs associations et acteurs locaux. On y trouve une cantine solidaire à prix libre, qui propose aux habitants une alimentation saine et végétarienne tous les mercredis, une association de réemploi du verre, qui collecte des bouteilles, les lave et les revend à des producteurs, ou encore le journal indépendant et militant L’âge de faire, qui a cofondé ce lieu.

    Un chantier participatif a été organisé afin de refaire l’isolation de la grande bâtisse avec de la paille. Chacun peut participer en achetant une part de la coopérative de la Maison commune, pour la somme de 30 euros. Le tiers lieu réunit ainsi, actuellement, environ 190 personnes.

    De nombreux événements sont également organisés à la Maison commune. Au programme, ces prochaines semaines, une intervention du collectif féministe départemental le 8 mars, ou encore une soirée de soutien à SOS Méditerranée le 28 mars. Mardi, ce sont plusieurs épiceries sociales et solidaires qui ont investi le lieu pour un atelier cuisine mené par la cheffe Éléonore Flandin, qui promeut l’utilisation de protéines végétales. Elle apprend à ses nombreux élèves du jour, enfants comme adultes, à faire de la mayonnaise sans œufs, à base d’huile, de lait ou encore de haricots. « C’est la première fois que je fais ça, c’est super, ça permet de rencontrer du monde », se réjouit l’une des participantes, de Château-Arnoux-Saint-Auban.

    Un fonctionnement coopératif

    Alors que les cuisiniers courent dans tous les sens pour que le repas soit prêt à temps, à l’étage, les journalistes de L’âge de faire s’attellent au bouclage de leur publication mensuelle. Créé en 2005 par un habitant de Salignac, Alain Duez, ce journal militant parle d’écologie, de solidarité et est vendu ou distribué gratuitement dans plusieurs points de diffusion partout en France, notamment dans des magasins bio ou sur des marchés. En difficulté économique, le journal demande souvent à ses lecteurs de loger ses journalistes en reportage à travers la France. Il compte plus de 5 500 abonnés et tire 13 000 exemplaires.

    « On était les premiers à s’installer à la Maison commune. Il y a eu une dynamique de mutualisation des associations », explique Fabien Plastre, le gérant de la Scop. à l’origine du projet, à leurs côtés, la MJC (maison des jeunes et de la culture) de Saint-Auban et l’association Graines de culture. De nombreuses autres associations et projets ont ensuite vu le jour, au fur et à mesure des années. « On a voulu demander aux habitants de Saint-Auban : “nous avons ce bâtiment, qu’est-ce que vous voulez en faire ?” », précise Fabien Plastre. Il ajoute : « On a fait appel au financement participatif pour la toiture du bâtiment, et on a aussi des financements européens, notamment pour l’électricité et la cuisine. »

    La cantine solidaire accueille depuis l’an passé, 30 personnes chaque mercredi. « C’est à prix libre, pour ceux qui n’ont pas les moyens, on peut ne rien mettre. On doit maintenant refuser du monde, parfois. Tous les mercredis, des gens qui habitent seuls se retrouvent ici », se réjouit Fabien Plastre.

    Cantine solidaire (prix libre) chaque mercredi midi. Intervention du collectif féministe le 8 mars. Soirée de soutien à SOS Méditerranée le 28 mars (17h).

  • Grand Avignon : des réserves sur le retour du train sur la rive droite du Rhône

    Grand Avignon : des réserves sur le retour du train sur la rive droite du Rhône

    Ce mardi 24 février à 23h59, la consultation publique portant sur le projet de réouverture d’une ligne entre Nîmes (Gard) et Le Teil (Ardèche), avec des arrêts aux gares de Villeneuve-lès-Avignon et Roquemaure, s’est terminée. L’heure est donc à la synthèse et à la rédaction du rapport. Cela intervient quelques semaines après la publication de l’avis de l’Autorité environnementale, qui juge l’étude d’impact « de qualité », tout en émettant plusieurs réserves sur le projet.

    Ce document estime que le bilan socio-économique, qui « vise à quantifier et monétiser les coûts et bénéfices sociaux », est « fortement négatif ». Et que les émissions de gaz à effet de serre seraient « en légère hausse ». Des bilans qui « ne sont pas satisfaisants pour une opération de développement de l’offre de transports en commun et témoignent d’une fréquentation attendue trop faible et d’incitations insuffisantes au report modal ».

    Un sujet abordé lors de la réunion de clôture de la consultation, jeudi 12 février, à Roquemaure. Charles Soulet, assistant en maîtrise d’ouvrage environnementale, indique qu’à terme, si la gare est davantage fréquentée, « on aura un bien meilleur niveau d’émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du projet ». Et, comme l’Autorité environnementale le recommande, « faire du report modal, puisque moins on utilisera la voiture et plus on remplira les trains, et moins les émissions de gaz à effet de serre seront importantes par personne ». L’intégration de cette réouverture dans le projet de création du service express régional métropolitain d’Avignon est aussi citée. Il revient à l’État de prendre une décision. La mise en circulation, synonyme de réouverture des gares, est envisagée d’ici 2028. Trains de marchandises et TER passent déjà devant le quai vide, mais sans s’arrêter.

    Impact local

    Pour les deux communes du Grand Avignon concernées, on se réjouit du projet. Parmi les contributions déposées sur le site, on retrouve Pascale Bories, maire (LR) de Villeneuve-lès-Avignon, qui émet « un avis favorable de principe sur la demande d’autorisation environnementale ». Elle considère que cette réouverture aurait un « impact positif en termes de report modal de la route vers le rail, contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle globale de l’exploitation et à l’amélioration de la qualité de l’air », ainsi qu’à « l’amélioration des conditions de mobilité pour les habitants et l’attractivité du territoire ».

    Lors de la dernière réunion publique à Roquemaure, le 12 février, la maire Nathalie Nury confiait que ce projet est « une chance pour la vitalité économique ». Citant l’hôtel et les gîtes de sa commune, elle estime que les touristes « seront très contents de pouvoir rallier, que ce soit du côté nord ou du côté sud, leur destination en train, et ne plus avoir à se soucier de prendre un véhicule léger ».

  • Avec la Neo Santa Maria à La Ciotat, redécouvrir l’Amérique

    Avec la Neo Santa Maria à La Ciotat, redécouvrir l’Amérique

    Un navire de 200 tonnes, de plus de 28 mètres de long, de près de 8 de large. Comme l’original, la réplique de la Nao Santa Maria arbore trois mâts : le grand mât, l’artimon de la grand-voile et un beaupré, la hauteur du grand mât atteignant près de 25 mètres de la ligne de flottaison au point le plus haut. 5 voiles, d’une surface de 303 mètres carrés, permettent au navire de voguer. Même si, aujourd’hui, besoins modernes de la navigation oblige, la Nao Santa Maria est équipée de moteurs, d’une radio, d’un radar… Construite dans les chantiers navals Varaderos Palmás à Punta Umbría (Huelva, Espagne), la réplique de la Nao Santa Maria a navigué pour la première fois le 16 mars 2018. Du mercredi 25 février au dimanche 1er mars, elle fait escale sur le quai d’accueil de La Ciotat.

    Cinq jours à quai

    À bord, l’équipage, d’une vingtaine d’hommes, est prêt à accueillir le public, de 10h à 19h, pour la visite. Les visiteurs pourront découvrir les 4 ponts de la caravelle, être renseignés sur son histoire, s’immerger dans des décors fidèles à l’époque, et échanger avec les marins.

    Le 3 août 1492, la Nao Santa Maria est partie du port de Palos de la Frontera (Huelva) avec les caravelles Pinta et Niña, en tant que navire de tête de la flotte de Christophe Colomb. Après avoir fait escale sur l’île de La Gomera (îles Canaries) et après trente-trois jours de navigation, le 12 octobre 1492, la Santa María, dirigée par 40 hommes sous les ordres de Christophe Colomb, atteint l’Amérique. Hélas, le jour de Noël 1492, alors qu’il se trouvait près de l’île de La Española, le navire s’est échoué à cause d’un oubli du garçon de cabine qui était à la barre, et il a coulé…

  • L’office de tourisme d’Aubagne se veut « facilitateur »

    L’office de tourisme d’Aubagne se veut « facilitateur »

    En dépit d’une morosité économique ambiante, a rappelé, mardi, Gérard Canavese, président de l’OTI, seul dans le département à regrouper 12 communes, celles du Pays d’Aubagne et de l’Etoile, « 2025 est notre année de référence », lui a emboîté le pas Pascal Coudurier, le directeur. La fréquentation y a été « exceptionnelle », a-t-il souligné. Devant une quinzaine d’acteurs de l’économie touristique du territoire, directeurs d’hôtels, responsables de chambres d’hôte, de brasseries, de camping, ou d’un bar médiéval, Pascal Coudurier a présenté les nouveautés pour l’année.

    Parmi elles, la visite guidée « Aubagne au féminin* », qui sera lancée le dimanche 8 mars. Artistes, résistantes, commerçantes, figures oubliées ou personnalités reconnues, « Aubagne au féminin » invite à redécouvrir la ville au travers de femmes charismatiques qui ont marqué l’histoire locale et contribué à forger l’identité aubagnaise. En avril, une balade à la Font de mai sur le thème « Marcel Pagnol entre nature et mémoire », prendra place parmi les nouveautés.

    Une refonte du site web

    Après avoir précisé que l’OTI disposait d’un budget de 1,9 million d’euros, dont 1,5 alloués par la Métropole (à partir notamment du produit de la taxe de séjour), Pascal Coudurier a lancé aux participants : « Nous sommes à votre disposition ! L’OTI est alimenté par de l’argent public, n’hésitez pas à vous faire accompagner. » Mais aussi : « L’OTI a pour force de réunir 12 communes, mais notre territoire se situe à côté de grands pôles touristiques tels que Marseille, Cassis, La Ciotat… Notre message : nous sommes plus forts quand on est ensemble ! » En effet, pour un petit pécule, l’office de tourisme accueille sur son site des prestations d’activités. Bientôt par exemple, pour le printemps, on pourra réserver pour l’expérience qui décoiffe d’un saut à parapente depuis le Garlaban ! Le directeur de l’Office de tourisme a dévoilé la tête d’affiche du grand concert de l’été à Aubagne, le 21 août : ce sera Julien Lieb, finaliste de la Star’Ac. Parmi les « gros chantiers » qui arrivent à leur terme, la refonte du site web de l’Office de tourisme. Livré en avril, « il vise à être plus efficace pour répondre aux demandes des visiteurs, et plus visible par référencement Google. Il aura pour but de présenter Aubagne comme un pôle depuis lequel visiter le territoire », a expliqué Jade, de l’OTI. En septembre, le site sera traduit en anglais et en allemand, les deux langues les plus parlées par les touristes sur le territoire.

    * Infos OTI : 04.42.03.49.98.

  • Des travaux pour reconnecter l’étang de Bolmon à l’étang de Berre

    Des travaux pour reconnecter l’étang de Bolmon à l’étang de Berre

    Depuis le parc des cygnes, à l’Ouest de Marignane, l’étang de Berre n’est pas visible. On le devine seulement, derrière le cordon sableux du Jaï qui le sépare de l’étang de Bolmon. C’est pour améliorer l’état écologique de cette petite lagune que le Gipreb (Syndicat mixte en charge de la réhabilitation de l’étang) mène des travaux sur trois bourdigues et deux fenêtres hydrauliques.

    Actuellement, « l’eau ne circule pas du tout » entre les deux étendues d’eau, affirme le directeur du Gipreb, Raphaël Grisel. D’un côté, un bouchon de sable et de coquilles empêche la circulation, de l’autre, sur le linéaire terrestre, c’est un fossé rempli de boue. Résultat : l’étang de Bolmon présente un état écologique « fortement dégradé ». En cause : une hyper-eutrophisation, avec « des développements de phytoplancton permanent, des eaux très turbides et colorées, la quasi-absence de macrophytes ».

    C’est pour répondre à cette situation que le syndicat mixte dirige ce chantier de quatre semaines en partenariat avec la Métropole, gestionnaire de l’espace, et le Conservatoire du littoral, propriétaire, avec le soutien financier de l’Agence de l’eau, de CDC Biodiversité et de la Région, pour un coût de 180 000 euros. Mais, avant de finaliser la reconnexion, un ouvrage doit impérativement être réalisé : un clapet anti-retour. « L’enjeu est aussi que les eaux de Bolmon ne se déversent pas dans l’étang de Berre pour des raisons de qualité assez évidentes, développe Raphaël Grisel. Pour l’instant, à Bolmon, toutes les activités nautiques et de pêche sont interdites, tandis que sur l’étang de Berre, on a la pêche des palourdes, le kitesurf, la baignade… »

    C’est la publication du rapport parlementaire sur l’étang de Berre qui a relancé ce projet, qui était pourtant dans les tuyaux « depuis des années ». « Le Gipreb s’est positionné en mettant en avant sa compétence pour faire ça, puisque ça fait partie de la restauration du complexe lagunaire de l’étang de Berre », note Raphaël Grisel.

    Prochaine étape : la remise en circulation de l’eau de mer dans le tunnel du Rove, qui vient d’entrer en phase opérationnelle d’obtention des autorisations réglementaires et dont les travaux devraient débuter en 2029, « dans un calendrier optimiste ».