Category: societe

  • [Rétro 2025] Alerte rouge sur l’éducation inclusive dans l’Hérault

    [Rétro 2025] Alerte rouge sur l’éducation inclusive dans l’Hérault

    Depuis la rentrée de septembre, les mobilisations se sont multipliées dans l’Hérault pour protester contre le manque d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap).

    « Jamais nous n’avons recensé autant de manquements », dénoncent dans un communiqué commun la FSU-SNUipp 34, le Snes-FSU 34, le Snep-FSU 34, le SNnuep-FSU 34 et SUD Éducation 34, qui ont déposé le 6 octobre une alerte sociale. Certains Pial (Pôles inclusifs d’accompagnement localisé, chargés de gérer les besoins d’accompagnement des élèves en situation de handicap) auraient notamment décidé, depuis la rentrée, « d’accompagner uniquement les élèves à fort besoin, donc relevant d’un accompagnement individuel
    – obligation légale – au détriment de ceux censés bénéficier d’un accompagnement mutualisé
     », assure Clémence Cimier, co-secrétaire départementale de la FSU-SNUipp 34 et AESH.

    42 000 enfants sans solution en France

    « Parfois l’enfant se retrouve avec 1h d’accompagnement par semaine. En classe, c’est de la souffrance pour tout le monde : les enfants qui souffrent de handicap, les autres et les enseignants », dénonce Marie Nikichine, présidente de la FCPE de l’Hérault. Plusieurs mobilisations ont eu lieu, dans l’Hérault comme dans le Gard (la dernière date du 16 décembre) pour défendre les AESH, désormais le deuxième corps de métier de l’Éducation nationale, trop peu nombreux et toujours privés de statut. En Octobre, le ministère convenait que 42 000 enfants étaient sans accompagnants.

  • [Sur la table du réveillon] La fabrique du cidre bon pour la planète

    [Sur la table du réveillon] La fabrique du cidre bon pour la planète

    « Je suis une femme qui travaille en ville et toute seule, dans une région qui n’est pas cidricole. » Laureline Saintemarie, cidrière, âgée de 44 ans, est l’une des rares femmes de la région à s’être lancée dans les bulles suite à une reconversion professionnelle après une carrière dans la culture.

    Pour expliquer la bascule vers le breuvage tiré des pommes, la Cévenole d’origine évoque l’héritage laissé par ses grands-parents. « Ils m’ont transmis le goût pour le cidre, né du souvenir qu’il y en avait à table chez eux », se remémore-t-elle. Amatrice de cidre donc, elle souhaite développer ce savoir faire à Marseille. « Il n’y a pas d’habitude autour du cidre, puisque personne ne le fait, je me remonte les manches et je m’y mets ! », s’exclame-t-elle. Son activité débute en 2021 dans les locaux de la Brasserie de la Plaine, et son ambition se confirme en 2023, avec l’ouverture de La cidrerie marseillaise.

    « C’est bien de produire, mais il faut produire autrement », précise-t-elle cependant, arguant d’une « une volonté forte de faire une fabrication d’un produit que j’aime avec les produits les plus sains possible et laisser le moins de déchets possible ».

    Production responsable

    La quinquagénaire fait part de sa liberté dans son travail, du choix du produit en passant par la mise en bouteille, un processus de qualité. « Je travaille avec un arboriculteur dans le Vaucluse, pionnier du bio dans la région », détaille Laurine Saintemarie, avant de poursuivre : « Mes bouteilles sont réemployables, un autre volet d’un positionnement écologique fort, porté par l’association L’incassable avec l’idée de relancer la filière de lavage des emballages en verre. »

    Sollicitées pour les fêtes de fin d’année, les commandes sont une consécration. « C’est la première fois que j’ai fait une livraison à une boulangerie qui a 70 antennes en Provence, je trouve ça plutôt chouette », confie-t-elle. Laureline vend pas moins de 8 000 bouteilles grandes et petites confondues par an et espère convaincre une nouvelle génération de consommateur.

    114, bd National (3e). sur internet : lacidreriemarseillaise.com

  • À l’hôpital d’Apt, amère fin d’année pour le bloc opératoire

    À l’hôpital d’Apt, amère fin d’année pour le bloc opératoire

    Stupeur, colère, espoir, dépit. En six mois, les habitants d’Apt et de son bassin de vie sont passés par tous les états, rarement satisfaisants, au sujet de l’hôpital. Car en juin, profitant de la fin d’autorisation d’activité chirurgicale au 31 décembre, l’Agence régionale de santé (ARS) a décidé de fermer le bloc opératoire et de le transférer vers l’hôpital de Cavaillon.

    Dans le langage très ouaté de l’ARS, cela donne « un ambitieux projet territorial de renforcement de la chirurgie publique sur le Sud Vaucluse, sans dépassement d’honoraires ». Et d’insister sur « l’impact local limité dans la mesure ou la chirurgie pratiquée à Apt est très faible ». Mais, un large front commun inédit a une toute autre lecture de la situation. « C’est une décision de tableau Excel, pas de terrain, qui donne l’impression qu’Apt et le Luberon ne servent qu’à accueillir les Parisiens en vacances, mais pour se faire soigner, allez ailleurs », recampe Dominique Thévenieau. Pendant six mois, le président du comité des usagers de l’hôpital, aux côtés de plusieurs divers collectifs, du syndicat CGT mais aussi des élus du Pays d’Apt, comme la maire LR Véronique Arnaud-Deloy ou la présidente LR du Département, Dominique Santoni, s’est battu contre le départ du bloc à coup de plusieurs manifestations, d’une pétition signée par plus de 16 000 personnes et de quatre recours suspensifs en justice. En vain.

    La population « n’hésitera pas à porter plainte »

    Si les consultations d’avant et d’après opérations seront maintenues à Apt, « les opérations d’activité programmée sont arrêtées depuis le 18 décembre, celle non programmées depuis le 25 pour éviter d’avoir à transférer des patients début janvier », indique Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84, pour qui « les choses sont en train de s’organiser de façon sécurisée, garantie et globalement de façon apaisée ». Notamment sur la question du transfert des chirurgiens ou des agents de bloc. « Tout a été fait en comité restreint juste avant Noël sans réel suivi pour les agents », dément Cathy Larsson, secrétaire de l’union santé CGT Vaucluse. Dans un communiqué, il y a dix jours, le syndicat, tout en ironie adressait de nombreux remerciements, aux « décideurs éloignés de la réalité ». « On était face à un rouleau compresseur, peu importe les dégâts qu’ils peuvent faire, ils se moquent des agents et de la population, c’est le chiffre qui compte, pas l’humain », complète Cathy Larsson.

    « On n’a pas pris cette décision à la légère », défend Loïc Souriau, concédant « une décision peut-être mal comprise » quand on l’interroge sur l’ampleur de la mobilisation qui aurait été de nature à infléchir la fermeture. « Hors particularités de grand éloignement, il n’y a aucun hôpital en France de cette taille qui réalise encore des opérations chirurgicales », assure le directeur de l’ARS 84. Le comité de défense des usagers a toujours contesté « les chiffres biaisés » de l’ARS sur le nombre d’interventions chirurgicales et redoute, en cascade, « la fin du service des urgences la nuit car 40% de son activité, c’est la chirurgie ».

    L’ARS a promis, notamment, une IRM ou un mammographe à l’hôpital. La CGT, tout comme les usagers seront vigilants. « Si des habitants venaient à avoir un souci de santé majeur, ils n’hésiteront pas à porter plainte contre l’ARS et les directions des hôpitaux d’Apt et d’Avignon-Cavaillon », prévient déjà Dominique Thévenieau.

  • Les drones étendent leur surveillance sur le réveillon à Marseille

    Les drones étendent leur surveillance sur le réveillon à Marseille

    La tradition veut que l’on s’embrasse sous le gui pour le nouvel an. Les Marseillais, eux, pourront le faire sous le regard des drones. Ce lundi soir en effet, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a autorisé leur déploiement pour surveiller tout le centre-ville de Marseille à l’occasion de la Saint-Sylvestre, de 17h jusqu’à 6h du matin. Vingt cités « concernées par des faits de violence urbaine » sont aussi ciblées, depuis la Castellane (16e) jusqu’à la Soude (9e) en passant par Air Bel (11e).

    C’est que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a promis avoir donné des « consignes de fermeté et d’autorité » aux préfets. Dans les Bouches-du-Rhône, la préfecture de police annonce ainsi « plus de 2 000 forces de sécurité et forces de secours mobilisées », avec en particulier plusieurs compagnies de CRS déployées « dans les quartiers et zones les plus sensibles aux phénomènes de violences urbaines ». Des arrêtés interdisant la vente, le port et l’utilisation d’artifice ainsi que de contenants de carburants complètent le dispositif.

    « Certaines zones à surveiller sont dépourvues de caméras de vidéoprotection permettant une vue sur les différents points hauts présents sur les différentes cités », justifie la préfecture de police dans son arrêté autorisant le survol par drones. Elle craint que soient installés sur les toits des « objets dangereux pouvant mettre en péril la sécurité des effectifs amenés à intervenir », notamment des mortiers d’artifice. Et que les dégradations bloquent la circulation sur les grands axes.

    Plus de 250 arrêtés pris

    Le dispositif pourtant reste inédit pour un réveillon à Marseille. En 2023, le périmètre se cantonnait aux environs de la Soude. La secrétaire d’État chargée de la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, était allée à la rencontre des policiers de la division Sud à l’occasion de la Saint-Sylvestre. L’année suivante, six cités étaient cette fois visées. Sollicitée pour expliquer cette évolution au fil des ans, la préfecture de police indiquait, ce mardi, ne pas être en mesure de répondre. La veille, un arrêté similaire pris par le préfet de l’Ariège a pourtant été annulé par la justice, le juge administratif pointant « une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée ».

    L’arrêté pris pour Marseille, de son côté, prend bien le soin d’expliquer que les engins voleront à plus de 60 mètres de hauteur, « ne permettant pas ainsi une captation d’images à l’intérieur des habitations ». La préfecture de police est rodée à l’exercice : le 9 décembre, à l’occasion d’opérations coordonnées contre le narcotrafic (notre édition du 10/12), le cap de 250 autorisations a été atteint dans le département selon notre décompte, les trois-quarts pour Marseille. Seules un quart d’entre elles concernent directement la lutte contre les trafics, tandis que les mobilisations sociales sont de plus en plus visées.

    Circulation interdite sur le Vieux-Port

    Alors que l’Algérie affronte la Guinée équatoriale en Coupe d’Afrique des nations à partir de 17h ce 31 décembre, la préfecture de police a décidé d’interdire la circulation de tout véhicule motorisé le long du quai des Belges, craignant des rassemblements. Dimanche, la victoire des Fennecs fêtée par 800 personnes sur le Vieux-Port n’avait pas été anticipée, « nécessitant le déploiement inopiné d’un service d’ordre ». La circulation pourra reprendre « si l’état des routes le permet ».

  • 2026, l’année décisive où il faudra vraiment se jeter à l’eau à Toulon

    2026, l’année décisive où il faudra vraiment se jeter à l’eau à Toulon

    Pas question de jouer les frileux pour cette année 2026 où il va falloir coûte que coûte tomber la chemise pour empêcher l’extrême droite de reprendre le Port du Levant à l’issue des municipales. Mais, pour l’heure, la tâche consiste simplement à se jeter à l’eau et profiter des bienfaits de la mer poussé par l’élan collectif.

    Une petite séance détox après les excès des fêtes, histoire de se remettre dans le bain. Certains, d’ailleurs, font nuit blanche pour venir reprendre goût à la réalité. Tous se verront remettre un diplôme attestant de leur participation, avant de partager un chocolat chaud, un café et une petite collation pour se réchauffer.

    De quoi se sentir d’attaque pour affronter tous les défis. Y compris celui de ce printemps politique qui va demander à tous de mouiller le maillot.

  • [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    La SPLA-IN remet debout ses premiers immeubles

    La société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix-Marseille-Provence a réceptionné en ce dernier trimestre 2025 les travaux de gros œuvre des 34, 36, 38 et 40, rue Jean-Roque (6e) à Noailles. Désormais, le second œuvre (sols, cloisons, plomberie, électricité) est lancé pour y aménager 16 logements sociaux confiés au bailleur Vilogia. Le gros œuvre se termine au 50-52, rue de la Joliette. D’autres chantiers des deux premiers appels à manifestations d’intérêt ont démarré au 30, rue du Musée, 4, 6 et 7, rue Nationale, 23, rue des Petites Maries, 28, montée des Accoules, 1 et 2, rue Puits Baussenque, 1, rue Porte Baussenque. La livraison des premiers immeubles entièrement réhabilités interviendra à l’automne 2026. Les travaux de démolition de la pointe de l’îlot Hoche Kléber (80 au 88, rue Hoche et 107/109, rue Kléber prolongée) vont débuter. La démolition est achevée des immeubles irrécupérables des 166, 168, 170, rue Félix-Pyat et des 33, 35, 37, rue Hoche.

    Après avoir élaboré
    un modèle
    d’intervention réplicable qui satisfait les exigences architecturales, patrimoniales, environnementales, la SPLA-IN détenue à 59% par l’État, 35% par la Métropole et 6% par la Ville de Marseille, est désormais totalement lancée dans l’opérationnel pour recycler 182 immeubles dont 116 immeubles sur les quatre îlots prioritaires démonstrateurs, couvrant plus de 17 hectares de terrain. Son budget prévisionnel reste à 256 millions d’euros. « C’est une cordée, une chaîne d’acteurs, un modèle unique et innovant. On créé une nouvelle grammaire de la réhabilitation du centre de Marseille », résumait Franck Caro, le directeur général de la SPLA-IN en guidant la ministre du Logement, Valérie Létard, sur ses chantiers.

    Ce mois-ci, alors que le lieu-ressource est en cours d’aménagement sur le site des effondrements du 5 novembre 2018 et que le 61, rue d’Aubagne a été conforté, que le 69 a été démoli, le marché unique de travaux est lancé pour la réhabilitation des huit immeubles au 61, 71, 73, 75, 77, 79, 81 et 83, rue d’Aubagne. La signature des marchés est prévue pour mars 2026 avec un calendrier de 17 mois de travaux et une réception attendue en juillet 2027. Lauréat du second appel à manifestations d’intérêt, le bailleur social Erilia prendra en charge, en co-maîtrise d’ouvrage, la réhabilitation des immeubles du n°71 au n°83 pour produire 24 logements sociaux majoritairement en PLAI.

    Rue d’Aubagne : un jugement incompris

    Le procès qui s’est tenu du 7 novembre au 18 décembre 2024 a été à la mesure de l’onde de choc politique et humaine que continue de susciter ce drame historique de l’habitat indigne. 12 personnes et 4 sociétés ont fait face durant 6 semaines à leurs juges dans ce procès hors-norme pour rendre justice aux huit victimes de la rue d’Aubagne. Mais le délibéré rendu le 6 juillet 2025 a été une douche froide pour les familles. Les 102 parties civiles n’ont pas compris certaines relaxes ni la tiédeur des peines infligées alors que la faillite de toute la chaîne des responsabilités a été pleinement démontrée lors des débats. L’incurie systémique des propriétaires, du syndic, des agents municipaux, de l’expert judiciaire, du bailleur public, avait pourtant sauté aux yeux. Le procès en appel est d’ores et déjà très attendu. Il se tiendra du 2 novembre au 19 décembre 2026 dans la salle bien nommée des procès hors-norme de la caserne du Muy.

    D.C.

    12 mai : les Zennou, marchands de sommeil XXL, sont condamnés

    Ce jour-là, Raphaël Zennou, 86 ans, écope de 4 ans de prison dont un an sous bracelet. Il louait plus de 60 taudis à Noailles et Belsunce aux plus vulnérables. Les comptes du couple et deux immeubles sont confisqués soit plus de 1 million d’euros. Ils ont fait appel.

    D.C.

    Airbnb, la fête est finie, Marseille est passée à l’offensive

    Après avoir fourbi ses armes, la Ville est passée cette année à l’offensive judiciaire pour tenter d’endiguer la jungle des meublés touristiques qui aggrave la crise du logement.

    Dans une ville où l’habitat dégradé frappe plus de 100 000 habitants pris au piège de 40 000 taudis, où près de 13 000 annonces de meublés touristiques fleurissent sur les plateformes en ligne dont plus de la moitié sont en violation du règlement édicté par la Ville, l’assignation exemplaire de trois multipropriétaires en infraction devant le tribunal judiciaire le 24 novembre est un tournant. Le cynisme triomphant du chirurgien de Périgueux narguant la mairie avec son « c’est Marseille bébé » était devenu intolérable, insupportable aux Marseillais qui peinent à se loger. Un des spéculateurs a même osé exploiter un meublé saisonnier dans un immeuble frappé d’un arrêté de péril.

    La Ville a réclamé une amende civile de 2,4 millions d’euros à l’encontre de trois gros propriétaires et de la conciergerie de l’un d’eux, pour n’avoir pas déclaré le changement d’usage de leurs 24 logements touristiques. Le tribunal judiciaire rendra son délibéré le 2 février 2026.

    L’arsenal réglementaire s’était considérable étoffé. La fête est finie. La municipalité a renforcé en février 2025 sa réglementation qui ne permet plus à ses investisseurs en nom propre ou via des sociétés de louer en courte durée leur soi-disant résidence secondaire, sauf à créer un logement classique en compensation dans le même secteur. Et au 1er janvier 2026, il sera interdit de louer plus de 90 jours par an contre 120 jours. 300 mises en demeure ont été adressées. L’offensive judiciaire n’est qu’à son début.

    D.C.

  • [Rétrospective 2025] Narcotrafic, l’insupportable bascule

    [Rétrospective 2025] Narcotrafic, l’insupportable bascule

    Quand se heurtent effets d’annonce et réalité de terrain

    On allait voir ce qu’on allait voir… À peine passé le jour de l’an, Gérald Darmanin alors ministre de la Justice avait déboulé le 3 janvier à Marseille annonçant mettre le paquet sur le narcotrafic, mais sans détailler les moyens mis en œuvre.

    Dans un bilan, le préfet de police d’alors, Pierre-Édouard Colliex, et le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, mettent en avant l’efficacité de la tactique dite du « pilonnage » qui a permis de supprimer 29 points de deal, de 161 en 2023 à 84 en 2024. Les interpellations de trafiquants ont grimpé, de 40% par rapport à 2023, le nombre de narchomicides a baissé de moitié, de 49 en 2023 à 24 en 2024.

    Une compagnie de CRS, une centaine de policiers sur la voie publique, 25 enquêteurs viennent compléter les rangs, le réseau de la Castellane est démantelé par la tête fin avril. Mais l’effort ne permet pas d’endiguer les meurtres : la Cayolle, La Ciotat, la Belle de Mai, la Bricarde, Air Bel, les Rosiers… Deux victimes, dont une retrouvée calcinée, sont des mineurs. Il aura fallu attendre le printemps pour que le Parlement adopte la loi sur le narcotrafic à laquelle manque le volet sanitaire et prévention. Seuls 5 décrets sur 37 ont été publiés, notaient nos confrères de FranceInfo le 15 décembre.

    Macabre décompte

    Véritable électrochoc pour Marseille et la France, l’assassinat de Mehdi Kessaci par un commando à moto, le 13 novembre, va cruellement mettre en lumière la nécessité d’agir. Mehdi est le petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste, qui a fondé l’association Conscience pour venir en aide aux victimes du narcotrafic, suite à la mort de son aîné, Brahim retrouvé calciné en 2020 dans une voiture. Il dénonce aussi l’attentisme de l’État dans un livre publié en septembre. Ce nouveau meurtre est très vite qualifié de crime « d’intimidation » par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez qui, avec Gérald Darmanin, garde des Sceaux, fait le déplacement à Marseille. Une marche blanche en hommage à Mehdi réunit plus de 6 000 personnes. À l’Élysée, Emmanuel Macron organise une réunion en urgence, et nomme Jacques Witkowski, dix ans de gendarmerie au compteur, préfet de région. Là encore, la lutte contre le narcotrafic est érigée en priorité. Le préfet organise pour son arrivée une vaste opération dans 15 points de deal. Le président de la République revient à Marseille le 16 décembre sans autre annonce que l’augmentation de l’amende pour consommation de drogue de 300 à 500 euros.

    Et le macabre décompte continue… Un véhicule est retrouvé brûlé parc Kallisté (15e) par la police municipale le jour de Noël. À l’intérieur, un corps carbonisé.

    18

    personnes, majoritairement des jeunes, ont perdu la vie dans des assassinats liés au trafic de drogue en 2025 dans le départementdes Bouches-du-Rhône.

    22 novembre : une marche blanche pour Mehdi Kessaci

    Anonymes, amis, associatifs, politiques… Répondant à l’appel d’Amine Kessaci et de son association Conscience, plus de 6 000 personnes se rassemblent sur le rond-point où a eu lieu le drame. Le 13 novembre, un commando à moto a abattu le petit frère du militant écologiste, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Un assassinat « d’avertissement », affirmera très vite le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Amine Kessaci avait déjà perdu son aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture en 2020. « Debout », il poursuit son combat appelant le 15 décembre à la création d’une « convention citoyenne ».

    M.R.

    Pénitentiaires en danger et détenus entassés

    Dans les prisons de la région, où la surpopulation peut dépasser les 200%, la tension monte. Après la prise d’otage de 4 personnels à Arles le 3 janvier, le 14 avril, c’est une attaque coordonnée en France qui touche la Farlède, cible de tirs à l’arme automatique, Tarascon ou Luynes avec des voitures brûlées ou tagués « DDPF » pour « Droits des prisonniers français ». En août, un rapport salé sur les conditions de détention écrit par la contrôleure générale des lieux de privation de liberté préconise la fermeture de la prison pour mineurs de la Valentine à Marseille. Mais les constructions se poursuivent. Un quartier haute sécurité est prévu à Luynes, les Baumettes 3 sont inaugurées le 16 décembre.

    M.R.

    La préfecture de police disparaît

    Un décret du ministre de l’Intérieur a enterré la préfecture de police des Bouches-du-Rhône le 16 juillet, pendant qu’en un an ont été nommés deux préfets et une préfète de police déléguée.

    Un conseil municipal et s’en va. Après un an dans le département, le préfet de police Pierre-Edouard Colliex a été nommé dans le Jura, le 12 mars, deux semaines après avoir défendu devant l’hémicycle municipal un bilan positif en matière de sécurité qui a fait bondir à droite. Avec son départ disparaît, après presque treize ans d’existence, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, qui retourne dans l’escarcelle du préfet de région Georges-François Leclerc, nommé le 12 mars en remplacement de Christophe Mirmand qui, après un passage à la tête du cabinet des Outre-mer, est depuis le mois de juillet ministre d’État de Monaco.

    Le 13 mars, l’ancienne championne d’aviron Corinne Simon est nommée préfète de police déléguée de cette nouvelle organisation, confirmée par un décret daté du 16 juillet, signé par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Le 30 octobre, Georges-François Leclerc quitte, à son tour, le département, nommé directeur de cabinet à l’Élysée. Un mois et demi plus tard, c’est l’ancien directeur général de la Sécurité civile Jacques Witkowski qui lui succède.

    Y.S.

    Et aussi

    23 avril. Opération Jumbo

    1 000 agents sur la voie publique, les routes, 7 compagnies de CRS sont déployés dans le département pour une opération Jumbo afin d’assurer « la sécurité du quotidien ».

    29 août. Des trafiquants « solidaires » à Orange

    La préfecture du Vaucluse interdit une distribution de fournitures scolaires dans le quartier de Fourchevieilles. Une initiative du « FV Gang », groupe lié au trafic de stupéfiants…

    14 octobre. La MDS des Flamants tire le rideau

    Les agents de la Maison départementale de la solidarité manifestent pour dénoncer la pression d’un réseau de narcotrafic. Seule solution trouvée : délocaliser la permanence à Arenc, d’abord l’après-midi. Depuis la mi-décembre c’est à plein temps, obligeant les habitants à se déplacer.

    25 novembre. Orange évacue les salariés

    Suite à des « incidents » devant les grilles du site d’Orange à Saint-Mauront (3e), les salariés sont évacués, la préfète de police assurant ne pas avoir de traces de rixes. La direction décide de fermer jusqu’à la mi-décembre. Le travail reprend sous vigilance policière.

  • À Martigues, Éric Lahaye lance Thot App, l’appli de partage de savoirs

    À Martigues, Éric Lahaye lance Thot App, l’appli de partage de savoirs

    L’entrepreneuriat n’était pas prévu, mais il s’est imposé naturellement à Éric Lahaye. Adolescent, le Martégal avait des difficultés à l’école. « J’étais hyperactif, le cadre scolaire ne me convenait pas », explique-t-il. Après une année de fac de lettres, le jeune homme se pose des questions sur son avenir. Sans projet professionnel clairement défini, il choisit de se consacrer à sa passion, le kung-fu. « Je travaille à ArcelorMittal, j’économise et je pars en Chine dans une école d’arts martiaux », raconte-t-il, se remémorant la discipline stricte qu’il s’y impose.

    « J’ai grandi à Canto-Perdrix, j’étais jamais sorti des Bouches-du-Rhône, mais je savais pourquoi j’y allais. Dans les quartiers, on a pas de visibilité, on grandit dans une vision où beaucoup de personnes nous font comprendre qu’on arrivera pas à grand chose. Donc j’avais rien à perdre. »

    Après ce premier voyage initiatique, il part en Australie. C’est quand il cherche à pratiquer le kung-fu qu’une idée d’application lui vient : « J’ai regardé sur Facebook, Instagram et Snapchat pour trouver des partenaires, mais je n’ai trouvé personne. Je me suis dit que c’était quand même fou qu’à l’ère des réseaux sociaux, on ne puisse pas trouver quelqu’un qui a le savoir auquel on aspire. Comme l’outil n’existait pas, j’ai voulu le créer moi-
    même
    . » Une envie qui lui permet de trouver sa voie : celle de l’entrepreneuriat.

    Un réflexe

    C’est deux ans plus tard, en 2017, que le projet se concrétise. Surmotivé, Éric Lahaye « enfonce les portes » à Marseille. Son projet est incubé à la Belle de mai et repéré en 2020 par l’école de commerce et de management Kedge, qui lui offre une formation de trois ans grâce à un programme philanthropique. « Ça m’a donné un cadre pour garder le cap et la rigueur », affirme le jeune homme. Après des années de travail, l’application Thot App voit finalement le jour en 2024.

    Le concept est simple : permettre la mise en relations autour du savoir. Thot ne se limite pas aux compétences professionnelles, loin de là : le champ couvert va du sport à la culture en passant par tous types de passions, la mécanique, le bricolage, les langues étrangères, la cuisine, la poterie, etc. Le partage peut être gratuit ou payant, à la guise des utilisateurs. « L’idée, c’est de briser les barrières à l’accès à la connaissance en créant du lien social, précise Éric Lahaye. C’est plus simple de trouver des horaires et des tarifs adaptés auprès de particuliers qu’auprès de structures. »

    « Aujourd’hui, on arrive à 5 000 utilisateurs et 500 sessions d’échange, ce qui est beau parce qu’on communique dessus seulement depuis juillet 2025 », poursuit le Martégal, qui recherche en ce moment même des investisseurs. « Une fois la levée de fonds réalisée, ce qui est en bonne voie, on se déploie en Europe puis à l’international, révèle-t-il. Je veux devenir la référence de l’échange de savoirs, que Thot devienne un réflexe. »

  • Face au froid, maraudes et solidarité se réactivent

    Face au froid, maraudes et solidarité se réactivent

    Depuis le 1er novembre, la préfecture a déclenché plan de vigilance hivernale, qui vise à renforcer la protection des personnes sans-abri en mobilisant l’ensemble des acteurs de la solidarité. Pour l’heure, seul l’épisode du coup de froid, entre le 20 et 25 novembre, a conduit à compléter le dispositif d’hébergement d’urgence de 6 726 places du Département par l’ouverture de 90 places de mises à l’abri dans le gymnase municipal Vallier, à Marseille. Pour autant, « c’est tout l’hiver qu’on se gèle dehors », rappelle Daniel Jacquin, le président de l’association éponyme OSGD.

    Pas encore de grand froid en Provence, mais des températures en nette baisse depuis plusieurs jours. Ce plan hiver comprend trois niveaux de vigilance, en fonction des températures. Jaune quand le mercure indique entre zéro et moins 5°C, orange jusqu’à moins 18°C et rouge quand il vire à l’extrême et s’installe dans la durée. La marge est large et le bouton d’alarme loin d’être pressé dans le département, mais face à un 115 régulièrement saturé, ce dispositif reste insuffisant selon les associations qui interviennent sur le terrain.

    Un manque de places structurel

    « Pour nous, la solidarité, c’est 365 jours par an », explique Daniel Jacquin, qui note : « Heureusement, ces périodes de fêtes sont propices aux élans de solidarité. » Des particuliers appellent « de l’Estaque aux Goudes pour proposer des vêtements, des couvertures, des chaussures… » Et les bénévoles ne sont pas de trop pour aller récupérer ces dons aux quatre coins de la ville. Installée dans ses nouveaux locaux de la rue de Lyon, dans le 15e arrondissement, l’association a aussi bénéficié d’une participation extérieure notable pour organiser deux grands repas solidaires à destination des sans-abri. Le restaurateur Fonfon du vallon des Auffes a concocté de belles marmites pour un déjeuner partagé à l’abri de la paroisse Saint Rose Lima, dans le 13e arrondissement. De même que le jeudi 18 décembre, les associations Entourage et la Cloche ont organisé un grand réveillon solidaire au restaurant le Plan de A à Z, sur la Canebière. « Les associations essaient de mailler au mieux le territoire », souligne Daniel Jacquin, qui regrette cependant qu’une trop grande part de l’aide aux plus démunis « repose ainsi sur la charité, les dons de privés. Ce sont les bénévoles qui pallient les carences de l’état. »

    Un déploiement de solidarité qui ne doit en effet pas masquer une réalité : au regard des besoins, Marseille, où 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté, souffre d’un « nombre de places d’hébergement d’urgence structurellement déficitaire, confirme Audrey Garino. Nous continuons de demander à l’état d’augmenter le nombre de prises en charge, notamment en période hivernale », précise l’adjointe (PCF) au maire déléguée à la solidarité.

    Le Samu social est passé d’un véhicule sous l’ère Gaudin à une quinzaine aujourd’hui. à leur bord, les 52 agents des équipes de maraudes se relaient de 7 heures du matin à plus de minuit avec 70 paniers repas chacune, de l’eau, des couvertures, des duvets, des vêtements ou encore des chaussures à distribuer. « Nous continuons à développer de nouvelles solutions, telles que l’ouverture d’un accueil de jour, de douches municipales et d’une halte de nuit dans les prochaines semaines », annonce l’élue.

    En Vaucluse, le plan grand froid actif

    Après un premier épisode entre le 21 et 25 novembre, la préfecture a réactivé son plan grand froid depuis le 26 décembre. Avec des températures tout juste au-dessus de zéro, mais un ressenti bien négatif en raison du mistral, les services de l’État ont « prolongé les mesures d’accueil d’urgence, ainsi que les dispositifs de veille sociale » (maraudes renforcées et plages horaires élargies).Ainsi, un centre d’hébergement exceptionnel de 11 places est mis en place à Avignon, rue Mérindol, ouvert de 18h à 9h. Dans le département, une capacité d’accueil est portée à 333 places pour les pics de grand froid. F.C.

  • La circulation interdite sur le Vieux-Port pour la Coupe d’Afrique des nations

    La circulation interdite sur le Vieux-Port pour la Coupe d’Afrique des nations

    Par un arrêté pris ce mardi 30 décembre, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a décidé d’interdire la circulation de tous véhicules à moteur sur l’espace qui avoisine le Vieux-Port du 31 décembre à 18h jusqu’au 1er janvier à 2h. « Le résultat de certains matches engendre des réactions provoquant des rassemblements de plusieurs centaines de personnes notamment dans le centre-ville de Marseille », justifient les pouvoirs publics, alors qu’à 17h doit être donné le coup d’envoi du match Guinée Équatoriale – Algérie, à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations.

    « Ces rassemblements s’accompagnent de l’occupation des voies de circulation ainsi que d’usages d’artifices de divertissement et d’articles pyrotechniques, dont des mortiers notamment utilisés contre les forces de l’ordre », cible la préfecture de police qui a déjà interdit leur achat et leur transport pendant la période des fêtes. Les forces de l’ordre n’avaient ainsi pas anticipé la victoire de l’Algérie contre le Burkina Faso dimanche, fêtée par 800 personnes « nécessitant le déploiement inopiné d’un service d’ordre ».

    «La réouverture des axes routiers concernés sera effective si l’état des routes le permet et qu’aucun obstacle à la circulation n’y est présent», conclut l’arrêté préfectoral.