« Cet après-midi, un groupe d’individus a de nouveau tenté de bloquer le site d’Eurolinks à Marseille », a indiqué jeudi la préfecture de Police. « Plus de cent personnes ont été interpellées et placées en garde à vue lors de ce rassemblement non déclaré, pour participation à un attroupement après sommations, et certaines pour dégradations ou violences sur personne dépositaire de l’autorité publique. »
Parmi les manifestants, Florence Heskia, 63 ans, membre de l’Union des juifs pour la paix (UJFP) et coordinatrice nationale de la flottille pour la paix. C’est à ce titre que, « après avoir manifesté le matin, elle s’est rendue au rassemblement organisé devant Eurolinks où elle devait prendre la parole », explique son mari Alain. Cette entreprise des quartiers nord est visée par une plainte de la Ligne des Droits de l’Homme, notamment pour complicité de crimes contre l’humanité et complicité de génocide. Ces derniers mois, les actions se sont multipliées devant le site. Les 10 et 18 septembre une centaine de personnes avait déjà bloqué le site avec des poubelles et une banderole « Fermons l’usine génocidaire ». Mais aussi début juin, quand les dockers CGT du port de Marseille-Fos avaient refusé de charger des palettes de l’entreprise Eurolinks en partance pour Israël, pour marquer leur refus de « participer au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien ».
« Mes amis m’ont appelé pour me prévenir qu’elle avait été embarquée par la police. Je l’ai eu à 15h par téléphone où elle m’a expliqué avoir été interpellée, après s’être interposée quand la police a nassé les jeunes manifestants. Puis le commissariat m’a appelé vers 16h30 pour m’expliquer qu’elle était en garde à vue pour 24 heures pour avoir participé à une manifestation non autorisée et refusé d’obtempérer à la dispersion. Depuis… Plus rien », détaille encore Alain qui, lui, était au rassemblement pour la flottille organisé devant la préfecture qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes. « Nous rappelons au préfet des Bouches-du-Rhône Georges-François Leclerc que le droit de manifester est fondamental » a réagi la France insoumise des Bouches-du-Rhône dans un communiqué, avant de souligner : « Le fait qu’une entreprise française participe directement à un génocide est inacceptable et contradictoire avec la reconnaissance récente par la France de l’État de Palestine. »
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