Category: societe

  • Laboral Terra : dernier acte d’un combat exemplaire contre l’exploitation agricole

    Laboral Terra : dernier acte d’un combat exemplaire contre l’exploitation agricole

    Ce lundi 6 octobre, la chambre sociale de la cour d’appel d’Aix-en-Provence accueille ce qui pourrait être le dernier acte d’un combat judiciaire entamé, il y a plus de huit ans, par deux travailleuses agricoles contre l’entreprise espagnole de travail temporaire (ETT) Laboral Terra. Employées entre 2012 et 2017 dans les champs provençaux sous le régime du travail détaché, Yasmine Tellal et sa camarade dénoncent un système d’exploitation orchestré par cette société placée en liquidation judiciaire en 2020.

    Le procès vise à faire reconnaître la fraude au détachement et à obtenir la requalification de leurs contrats en CDI. Les plaignantes, soutenues par le collectif de défense des travailleurs étrangers dans l’agriculture (Codetras), demandent aussi des indemnités pour licenciement abusif, maladie non couverte et perte de chance de protection en cas d’accident du travail. Au cœur du dossier : des contrats de mission signés à la va-vite, « parfois sur le capot d’une voiture », souvent sans leur consentement réel, et des déplacements fictifs entre l’Espagne et la France où les deux femmes vivaient et travaillaient depuis des années.

    Dans cette affaire, la justice a déjà reconnu les abus. En 2020, le conseil des prud’hommes d’Arles a condamné l’entreprise pour non-respect du droit du travail : salaires inférieurs au minimum légal, heures supplémentaires impayées, absence de congés payés et de visite médicale, ou retenues frauduleuses sur salaires…

    « Délits de prêt illicite

    de main-d’œuvre »

    Et le jugement a reconnu la responsabilité solidaire des huit entreprises utilisatrices françaises. Au pénal, en 2021, le tribunal d’Avignon a condamné les deux gérants de Laboral Terra à 5 ans de prison, 10 000 euros d’amende et une interdiction d’exercer la mise à disposition de main-d’œuvre.

    Mais, l’enjeu de cette nouvelle audience en appel dépasse les cas individuels. La fraude au détachement doit aussi amener à « la reconnaissance des délits de prêt illicite de main-d’œuvre et de marchandage envers des saisonnières agricoles dont la vulnérabilité économique (et sanitaire) était apparente et connue de l’ETT et des entreprises utilisatrices, constituant une discrimination liée à l’origine et au genre », précise le Codetras.

    La décision pourrait donc faire jurisprudence pour des milliers de saisonniers agricoles confrontés à ces pratiques. Car le statut de travailleur détaché, censé encadrer les missions temporaires au sein de l’Union européenne, est ici détourné pour contourner le droit français. Le Codetras souligne que Laboral Terra n’avait aucune activité agricole en Espagne, se spécialisant dans la mise à disposition de main-d’œuvre précaire en France. Les entreprises utilisatrices françaises sont aussi dans le viseur.

    Ce procès incarne une lutte pour la dignité et la reconnaissance des droits des travailleuses invisibles de l’agro-industrie. Pour Yasmine Tellal, il s’agit d’imposer définitivement une voix trop étouffée par les rouages du travail transfrontalier.

  • Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    C’est une phase de chasse aux trésors du Rhône un peu particulière qui se termine, ce week-end. Les rives arlésiennes du fleuve sont passées au peigne fin des plongeurs de l’opération Fouilles du Rhône 2025, depuis le 25 août et jusqu’à ce 3 octobre. Cette mission archéologique est conduite par le Musée départemental Arles antique et un consortium scientifique comptant l’Université d’Aix-Marseille et le CNRS, avec une équipe d’une quinzaine de spécialistes en plongée, en céramique ou encore en topographie.

    La cible principale des chercheurs est l’épave « Arles Rhône 15 », une chaloupe du Ier siècle de 4,70 m de longueur, découverte en 2009. Lors d’un point presse, le 30 septembre, le responsable de l’archéologie subaquatique du musée, David Djaoui, détaille l’opération : « une prospection de 900 m2 autour de l’épave pour inventorier des trouvailles, parmi lesquelles des amphores datant de 100 après JC, à l’âge d’or d’Arles. » Et plus encore, avec la découverte d’un « madrier de 15 m », un morceau de bois qui « signe l’assemblage d’un bateau », selon l’archéologue.

    Des conditions difficiles

    La mission revêt quelques difficultés, particulièrement pour les plongeurs, comme l’explique Sabrina Marlier, du Musée Arles antique. « Les conditions de travail sont dures. Le courant est fort, la visibilité faible et on fait des otites à répétition », indique l’archéologue, pour qui « le dérèglement climatique ne facilite pas la prévision des sorties en raison du temps ». S’il pleut en amont du Rhône, les alluvions viennent logiquement troubler l’eau plus qu’elle ne l’est déjà.

    Les objets présents dans l’eau aussi posent question, relève Louise Contant, du Musée national de la marine. « Les strates historiques se mélangent et il est surprenant d’observer des objets historiques à côté de canettes de boisson », ironise la cheffe des collections, quand il n’y a pas de verre brisé pouvant blesser les plongeurs. Entre 7 et 14 m de fond au maximum, les poubelles côtoient les trésors, ironiquement.

  • Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    C’est une phase de chasse aux trésors du Rhône un peu particulière qui se termine, ce week-end. Les rives arlésiennes du fleuve sont passées au peigne fin des plongeurs de l’opération Fouilles du Rhône 2025, depuis le 25 août et jusqu’à ce 3 octobre. Cette mission archéologique est conduite par le Musée départemental Arles antique et un consortium scientifique comptant l’Université d’Aix-Marseille et le CNRS, avec une équipe d’une quinzaine de spécialistes en plongée, en céramique ou encore en topographie.

    La cible principale des chercheurs est l’épave « Arles Rhône 15 », une chaloupe du Ier siècle de 4,70 m de longueur, découverte en 2009. Lors d’un point presse, le 30 septembre, le responsable de l’archéologie subaquatique du musée, David Djaoui, détaille l’opération : « une prospection de 900 m2 autour de l’épave pour inventorier des trouvailles, parmi lesquelles des amphores datant de 100 après JC, à l’âge d’or d’Arles. » Et plus encore, avec la découverte d’un « madrier de 15 m », un morceau de bois qui « signe l’assemblage d’un bateau », selon l’archéologue.

    Des conditions difficiles

    La mission revêt quelques difficultés, particulièrement pour les plongeurs, comme l’explique Sabrina Marlier, du Musée Arles antique. « Les conditions de travail sont dures. Le courant est fort, la visibilité faible et on fait des otites à répétition », indique l’archéologue, pour qui « le dérèglement climatique ne facilite pas la prévision des sorties en raison du temps ». S’il pleut en amont du Rhône, les alluvions viennent logiquement troubler l’eau plus qu’elle ne l’est déjà.

    Les objets présents dans l’eau aussi posent question, relève Louise Contant, du Musée national de la marine. « Les strates historiques se mélangent et il est surprenant d’observer des objets historiques à côté de canettes de boisson », ironise la cheffe des collections, quand il n’y a pas de verre brisé pouvant blesser les plongeurs. Entre 7 et 14 m de fond au maximum, les poubelles côtoient les trésors, ironiquement.

  • La daube s’invite dans les rues de la ville

    La daube s’invite dans les rues de la ville

    Mars à table est de retour à Marseille pour une nouvelle édition marquée cette fois-ci par la daube. Ode à la terre avec la traditionnelle daube de bœuf, ou à la mer avec la daube de poulpe, c’est ce plat savoureux empreint du patrimoine gastronomique provençal qui est à l’honneur lors de ce festival qui débute ce samedi, à l’Estaque, avec un grand banquet ouvert à tous.

    « La cuisine se partage, c’est un moment convivial où ceux qui cuisinent prennent plaisir à régaler ceux qui en profitent », souligne Rébecca Bernardi, adjointe au maire en charge du commerce et de l’artisanat. Pour débuter les festivités, c’est le restaurant Sage, mené par Loris de Vaucelles, qui est aux commandes. Un « honneur » pour ce jeune restaurant implanté rue Sainte. Daube de poulpe, daube de bœuf… Le client, ce samedi, est roi et profite des différents mets préparés par ces premiers hôtes. « C’est un événement que nous voulons accessible à tous et populaire. Pour que le plus grand nombre puisse venir profiter de ce moment de convivialité, nous avons mis en place des prix attractifs », confie le cofondateur de Sage.

    Sur place, pas de chichi, les premiers arrivés seront les premiers servis et ce jusqu’à épuisement des stocks. Mais, si vous n’avez pas la chance de vous attabler ce jour-là, les commerces et restaurateurs aux alentours se feront un plaisir de vous accueillir. « Nous n’avons pas pour objectif de mettre en concurrence les professionnels, au contraire, c’est une journée qui fait rayonner un quartier et souvent, les terrasses aux alentours du banquet sont elles aussi pleines », précise Jean-Pierre Cochet, président de l’office de tourisme.

    Tout au long de cette journée, vous aurez également la possibilité de profiter de visites guidées du quartier dispensées par l’office de tourisme de la ville. Il y aura de nombreuses animations musicales et les enfants y trouveront aussi leur compte avec des jeux installés pour eux.

    Prochaines sessions du grand banquet prévues le 11 octobre à l’Escale Borély et le 18 sur la place Bargemon. Et s’il vous est impossible d’y assister, plus de 70 restaurants sont partenaires de l’événement et mettent, eux aussi, à l’honneur les daubes sur leur carte.

    A.Lh.

  • La daube s’invite dans les rues de la ville

    Mars à table est de retour à Marseille pour une nouvelle édition marquée cette fois-ci par la daube. Ode à la terre avec la traditionnelle daube de bœuf, ou à la mer avec la daube de poulpe, c’est ce plat savoureux empreint du patrimoine gastronomique provençal qui est à l’honneur lors de ce festival qui débute ce samedi, à l’Estaque, avec un grand banquet ouvert à tous.

    « La cuisine se partage, c’est un moment convivial où ceux qui cuisinent prennent plaisir à régaler ceux qui en profitent », souligne Rébecca Bernardi, adjointe au maire en charge du commerce et de l’artisanat. Pour débuter les festivités, c’est le restaurant Sage, mené par Loris de Vaucelles, qui est aux commandes. Un « honneur » pour ce jeune restaurant implanté rue Sainte. Daube de poulpe, daube de bœuf… Le client, ce samedi, est roi et profite des différents mets préparés par ces premiers hôtes. « C’est un événement que nous voulons accessible à tous et populaire. Pour que le plus grand nombre puisse venir profiter de ce moment de convivialité, nous avons mis en place des prix attractifs », confie le cofondateur de Sage.

    Sur place, pas de chichi, les premiers arrivés seront les premiers servis et ce jusqu’à épuisement des stocks. Mais, si vous n’avez pas la chance de vous attabler ce jour-là, les commerces et restaurateurs aux alentours se feront un plaisir de vous accueillir. « Nous n’avons pas pour objectif de mettre en concurrence les professionnels, au contraire, c’est une journée qui fait rayonner un quartier et souvent, les terrasses aux alentours du banquet sont elles aussi pleines », précise Jean-Pierre Cochet, président de l’office de tourisme.

    Tout au long de cette journée, vous aurez également la possibilité de profiter de visites guidées du quartier dispensées par l’office de tourisme de la ville. Il y aura de nombreuses animations musicales et les enfants y trouveront aussi leur compte avec des jeux installés pour eux.

    Prochaines sessions du grand banquet prévues le 11 octobre à l’Escale Borély et le 18 sur la place Bargemon. Et s’il vous est impossible d’y assister, plus de 70 restaurants sont partenaires de l’événement et mettent, eux aussi, à l’honneur les daubes sur leur carte.

    A.Lh.

  • La science en fête autour des intelligences

    « En 2024, la Fête de la science Paca a accueilli plus de 122 000 personnes. Cette progression continue de la fréquentation, lors des événements organisés au fil des années, démontre un intérêt croissant pour les enjeux scientifiques », présente Khaled Bouabdallah, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, lors de la conférence de presse.

    Il poursuit : « cette belle réussite est le fruit du travail des acteurs du territoire, avec une gouvernance partagée entre l’état et la Région. Depuis 2022, 75 projets ont été soutenus, avec un budget de 830 000 euros. La programmation a été élaborée par l’ensemble des universités, des grandes écoles, des organismes de recherche et des acteurs du réseau culture scientifique, sous le pilotage régional des Petits débrouillards Paca. »

    Cette année, la Fête de la science invite à douter et à redéfinir ce que signifie être intelligent, au-delà des frontières humaines. Comment repenser notre regard ? Pour Jean-Luc Parrain, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation, plus de doute : « L’intelligence, qui semblait réservée à l’humain pendant longtemps, se manifeste aujourd’hui de multiples manières et défie notre pensée. Les dernières avancées montrent qu’elle existe sous des formes aussi variées que nuancées : du comportement des cellules aux prouesses cognitives des animaux, jusqu’à l’émergence de l’intelligence artificielle (IA). »

    Ce vendredi 3 octobre, un nouveau format, la Nuit de la science, a été proposée en nocturne dans plusieurs villes comme Marseille (13), Valbonne (06) et Avignon (84). Et ce n’est qu’un début : plusieurs formats de grande envergure suivront.

    Tout au long de l’année, les sciences sont mises en avant dans les classes, grâce à des rencontres entre scientifiques et élèves de la région. Des interventions dans les classes mises en place dès ce 3 octobre. L’immunologie, qu’est-ce que c’est ? C’est quoi le métier d’un chercheur ? Et si les matériaux pouvaient penser et réagir ? Que sait-on de la lumière ?Autant de questions dont les élèves pourront découvrir les réponses grâce aux interventions préparées par les chercheurs participants.

    Depuis 5 ans, les Visites insolites du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en Provence et Corse proposent, chaque année, des expériences uniques, en groupe restreint, au cœur des laboratoires. En 2025, neuf d’entre eux ouvrent leurs portes. L’occasion d’en savoir plus sur les recherches, comme avec le Labo des minots, qui propose de découvrir le Babylab, à travers des ateliers ludiques sur les capacités cognitives, motrices et cérébrales du bébé. D’autres visites permettront d’explorer les défenses immunitaires du corps humain face aux agressions extérieures.

    Enfin, les Villages des sciences seront présents dans chaque département de la région, avec des animations et des découvertes pour tous les publics.

    Pour plus d’informations consultez fetedelascience.fr

    SÉLECTION POUR CE WEEK-END

    Les 1 001 fresques à Marseille

    Fresque géante, les 1 001 fresques, réalisée sur la place Bargemon, samedi lors de deux sessions, à 10h puis 14h30. Un atelier scientifique et collaboratif qui permet de comprendre les causes et les conséquences du dérèglement climatique.

    Des sciences naturelles à Aix

    Y a-t-il de la vie ailleurs ? Une des propositions du Muséum d’histoire naturelle qui orchestre le village, dans le parc Saint-Mitre, ouvert au grand public samedi et dimanche, de 10h à 18h.

    L’eau dans l’univers à Martigues

    La fameuse molécule H2O est présente partout dans l’Univers. Quand et comment s’est-elle formée, quel a été le rôle des étoiles dans son apparition ? Les réponses dans une conférence de Martial Aude, ce samedi à 15h, à la médiathèque Louis-Aragon.

    L’intelligence des animaux à La Seyne-sur-Mer

    Escape game sur l’intelligence des animaux de la mer : à faire par groupe de 10 et à partir de 6 ans au village des sciences, qui se déroule samedi et dimanche de 10h à 17h, au parc de la Navale. Parmi une foule d’autres propositions.

    L’adaptation des plantes à Carpentras

    Comment les plantes se sont adaptées au fil de l’évolution pour attirer plus d’insectes et mieux disséminer leurs graines : une conférence samedi de 14h à 16h, à l’office du tourisme de Carpentras.

    L’astronomie à Avignon

    Diaporamas, photos, quiz, maquettes, puzzles… tout pour découvrir de façon ludique les principaux éléments de l’astronomie. Un atelier proposé par Pesco Luno au village des sciences, installé place de l’Horloge et dans le péristyle de l’Hôtel de ville, ce samedi 4 octobre. Au total, 30 stands sont proposés.

    L’intelligence collective des mineurs à Tourves

    De quelle manière un mineur peut se repérer au fond d’une mine ? à découvrir au travers des yeux des scientifiques dans un atelier proposé par le musée des Gueules rouges, ce samedi à 14h.

  • La science en fête autour des intelligences

    La science en fête autour des intelligences

    « En 2024, la Fête de la science Paca a accueilli plus de 122 000 personnes. Cette progression continue de la fréquentation, lors des événements organisés au fil des années, démontre un intérêt croissant pour les enjeux scientifiques », présente Khaled Bouabdallah, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, lors de la conférence de presse.

    Il poursuit : « cette belle réussite est le fruit du travail des acteurs du territoire, avec une gouvernance partagée entre l’état et la Région. Depuis 2022, 75 projets ont été soutenus, avec un budget de 830 000 euros. La programmation a été élaborée par l’ensemble des universités, des grandes écoles, des organismes de recherche et des acteurs du réseau culture scientifique, sous le pilotage régional des Petits débrouillards Paca. »

    Cette année, la Fête de la science invite à douter et à redéfinir ce que signifie être intelligent, au-delà des frontières humaines. Comment repenser notre regard ? Pour Jean-Luc Parrain, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation, plus de doute : « L’intelligence, qui semblait réservée à l’humain pendant longtemps, se manifeste aujourd’hui de multiples manières et défie notre pensée. Les dernières avancées montrent qu’elle existe sous des formes aussi variées que nuancées : du comportement des cellules aux prouesses cognitives des animaux, jusqu’à l’émergence de l’intelligence artificielle (IA). »

    Ce vendredi 3 octobre, un nouveau format, la Nuit de la science, a été proposée en nocturne dans plusieurs villes comme Marseille (13), Valbonne (06) et Avignon (84). Et ce n’est qu’un début : plusieurs formats de grande envergure suivront.

    Tout au long de l’année, les sciences sont mises en avant dans les classes, grâce à des rencontres entre scientifiques et élèves de la région. Des interventions dans les classes mises en place dès ce 3 octobre. L’immunologie, qu’est-ce que c’est ? C’est quoi le métier d’un chercheur ? Et si les matériaux pouvaient penser et réagir ? Que sait-on de la lumière ?Autant de questions dont les élèves pourront découvrir les réponses grâce aux interventions préparées par les chercheurs participants.

    Depuis 5 ans, les Visites insolites du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en Provence et Corse proposent, chaque année, des expériences uniques, en groupe restreint, au cœur des laboratoires. En 2025, neuf d’entre eux ouvrent leurs portes. L’occasion d’en savoir plus sur les recherches, comme avec le Labo des minots, qui propose de découvrir le Babylab, à travers des ateliers ludiques sur les capacités cognitives, motrices et cérébrales du bébé. D’autres visites permettront d’explorer les défenses immunitaires du corps humain face aux agressions extérieures.

    Enfin, les Villages des sciences seront présents dans chaque département de la région, avec des animations et des découvertes pour tous les publics.

    Pour plus d’informations consultez fetedelascience.fr

    SÉLECTION POUR CE WEEK-END

    Les 1 001 fresques à Marseille

    Fresque géante, les 1 001 fresques, réalisée sur la place Bargemon, samedi lors de deux sessions, à 10h puis 14h30. Un atelier scientifique et collaboratif qui permet de comprendre les causes et les conséquences du dérèglement climatique.

    Des sciences naturelles à Aix

    Y a-t-il de la vie ailleurs ? Une des propositions du Muséum d’histoire naturelle qui orchestre le village, dans le parc Saint-Mitre, ouvert au grand public samedi et dimanche, de 10h à 18h.

    L’eau dans l’univers à Martigues

    La fameuse molécule H2O est présente partout dans l’Univers. Quand et comment s’est-elle formée, quel a été le rôle des étoiles dans son apparition ? Les réponses dans une conférence de Martial Aude, ce samedi à 15h, à la médiathèque Louis-Aragon.

    L’intelligence des animaux à La Seyne-sur-Mer

    Escape game sur l’intelligence des animaux de la mer : à faire par groupe de 10 et à partir de 6 ans au village des sciences, qui se déroule samedi et dimanche de 10h à 17h, au parc de la Navale. Parmi une foule d’autres propositions.

    L’adaptation des plantes à Carpentras

    Comment les plantes se sont adaptées au fil de l’évolution pour attirer plus d’insectes et mieux disséminer leurs graines : une conférence samedi de 14h à 16h, à l’office du tourisme de Carpentras.

    L’astronomie à Avignon

    Diaporamas, photos, quiz, maquettes, puzzles… tout pour découvrir de façon ludique les principaux éléments de l’astronomie. Un atelier proposé par Pesco Luno au village des sciences, installé place de l’Horloge et dans le péristyle de l’Hôtel de ville, ce samedi 4 octobre. Au total, 30 stands sont proposés.

    L’intelligence collective des mineurs à Tourves

    De quelle manière un mineur peut se repérer au fond d’une mine ? à découvrir au travers des yeux des scientifiques dans un atelier proposé par le musée des Gueules rouges, ce samedi à 14h.

  • Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Une visite inopinée. Comme leur fonction de sénateur les y autorise, Jérémy Bacchi (PCF) et Marie-Arlette Carlotti (PS) se sont rendus ce vendredi 3 octobre aux Baumettes à Marseille (9e). « Il y a une grogne sociale y compris des agents pénitentiaires, qui alerte sur la surpopulation carcérale, et les conditions d’accueil des détenus, d’hygiène, il me semblait important en tant que parlementaires de venir constater par nous-mêmes », explique Jérémy Bacchi. À ses côtés, Marie-Arlette Carlotti rappelle combien ses visites ont apporté dans le travail de la commission narcotrafic dont elle a fait partie.

    Avec une capacité de 710 places, Baumettes 2 accueille actuellement 1 185 personnes leur indique le directeur de l’établissement, Jean-Marie Landais, qui compte sur les 740 places supplémentaires que devrait débloquer la construction de Baumettes 3 prévue pour la fin de l’année. « Le taux d’occupation, à 166% en moyenne, est très haut partout, il atteint ici 195 à 200% », précise-t-il, 40 détenus hommes dormant sur un matelas.

    À 3 dans 10m2

    Devant un tableau fourmillant de fiches de couleurs, le capitaine pénitentiaire du « quartier hommes 2 » raconte le jonglage au quotidien pour répartir au mieux les occupants : 324 personnes pour 150 places. « Il faut trouver un équilibre, isoler ceux qui ont des troubles du comportement, les gens dangereux, séparer condamnés et prévenus », explique-t-il. Parce que « 9 mètres carrés, ce n’est pas fait pour trois personnes », estime-t-il, « on essaie de gérer la frustration, je reçois beaucoup de monde, on discute, on essaie de trouver des solutions ».

    Parmi eux, trois grands gaillards témoignent volontiers depuis leur cellule impeccablement rangée : « On s’entend bien heureusement » et « on est organisé, on tire le matelas le soir pour dormir. » L’un travaille à la cantine, distribuant les achats des détenus. « Cela m’a changé la peine » confie-t-il. Un autre, embauché à la lingerie, acquiesce. Il va « bientôt sortir ». À Jérémy Bacchi, qui leur demande comment ils vivent la promiscuité, ils répondent « faire avec », résignés.

    À l’étage, les sénateurs découvrent l’hôpital de jour ou le centre médico-psychologique, où consultent 40% des détenus dont « un bon gros tiers sont atteints de maladies psychotiques », confirme la responsable de service. Au sein de cette équipe soudée, de soignants expérimentés, on constate combien « les soins psychiatriques ont beaucoup augmenté ».

    De quoi conforter le sénateur communiste dans son analyse. « La réalité fait froid dans le dos », conclut-il, « l’ouverture des Baumettes 3 doit être entre guillemets, un signe d’espoir, espérant que cela dure ».

  • Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Une visite inopinée. Comme leur fonction de sénateur les y autorise, Jérémy Bacchi (PCF) et Marie-Arlette Carlotti (PS) se sont rendus ce vendredi 3 octobre aux Baumettes à Marseille (9e). « Il y a une grogne sociale y compris des agents pénitentiaires, qui alerte sur la surpopulation carcérale, et les conditions d’accueil des détenus, d’hygiène, il me semblait important en tant que parlementaires de venir constater par nous-mêmes », explique Jérémy Bacchi. À ses côtés, Marie-Arlette Carlotti rappelle combien ses visites ont apporté dans le travail de la commission narcotrafic dont elle a fait partie.

    Avec une capacité de 710 places, Baumettes 2 accueille actuellement 1 185 personnes leur indique le directeur de l’établissement, Jean-Marie Landais, qui compte sur les 740 places supplémentaires que devrait débloquer la construction de Baumettes 3 prévue pour la fin de l’année. « Le taux d’occupation, à 166% en moyenne, est très haut partout, il atteint ici 195 à 200% », précise-t-il, 40 détenus hommes dormant sur un matelas.

    À 3 dans 10m2

    Devant un tableau fourmillant de fiches de couleurs, le capitaine pénitentiaire du « quartier hommes 2 » raconte le jonglage au quotidien pour répartir au mieux les occupants : 324 personnes pour 150 places. « Il faut trouver un équilibre, isoler ceux qui ont des troubles du comportement, les gens dangereux, séparer condamnés et prévenus », explique-t-il. Parce que « 9 mètres carrés, ce n’est pas fait pour trois personnes », estime-t-il, « on essaie de gérer la frustration, je reçois beaucoup de monde, on discute, on essaie de trouver des solutions ».

    Parmi eux, trois grands gaillards témoignent volontiers depuis leur cellule impeccablement rangée : « On s’entend bien heureusement » et « on est organisé, on tire le matelas le soir pour dormir. » L’un travaille à la cantine, distribuant les achats des détenus. « Cela m’a changé la peine » confie-t-il. Un autre, embauché à la lingerie, acquiesce. Il va « bientôt sortir ». À Jérémy Bacchi, qui leur demande comment ils vivent la promiscuité, ils répondent « faire avec », résignés.

    À l’étage, les sénateurs découvrent l’hôpital de jour ou le centre médico-psychologique, où consultent 40% des détenus dont « un bon gros tiers sont atteints de maladies psychotiques », confirme la responsable de service. Au sein de cette équipe soudée, de soignants expérimentés, on constate combien « les soins psychiatriques ont beaucoup augmenté ».

    De quoi conforter le sénateur communiste dans son analyse. « La réalité fait froid dans le dos », conclut-il, « l’ouverture des Baumettes 3 doit être entre guillemets, un signe d’espoir, espérant que cela dure ».

  • Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Qui mangent des bananes ? ». Dans la salle du Manifesten à Marseille, toutes les mains se lèvent après la question posée par José Barahona, membre de l’Association syndicale des travailleurs agricoles et des paysans (Astac) de la banane. « 30% des bananes vendues viennent d’équateur, donc il y a de fortes chances pour que vous en consommiez », continue-t-il. Une production qui cache des conditions de travail terribles pour les ouvriers agricoles que sont venus dénoncer José Barahona et Diana Montoya Ramos, deux syndicalistes d’Astac, à Marseille, mercredi, et à Aubagne, ce vendredi à 18h30 au cercle d’harmonie.

    S’ils sont en Europe, ce n’est pas un hasard. La semaine passée, leur syndicat, l’ONG Action Aid et la fédération internationale des droits humains ont déposé une plainte contre l’État équatorien auprès de la Commission européenne. En jouant sur un accord commercial passé entre le pays et l’UE, ils dénoncent le non-respect des droits des travailleurs, pourtant imposé par l’un des articles de l’accord. « Le but c’est d’utiliser tous les outils possibles pour faire pression sur l’État équatorien », explique Chloé Rousset, chargée de campagne Dignité au travail & Régulation des multinationales à Action Aid.

    « L’ami des entreprises »

    « En équateur, on a essayé tous les mécanismes législatifs possibles, mais aucun gouvernement ne veut aider les travailleurs », se désole Diana Montoya Ramos, membres d’Astac. Son camarade, avocat de profession, rappelle que l’actuel président, Daniel Noboa, est le fils d’un magnat de la banane. « Le ministère du travail est l’ami des entreprises », insiste-t-il. Ils sont 2 millions à travailler autour de l’industrie de la banane, sur les 18 millions d’habitants.

    Les conditions de travail dans la branche y sont pourtant terribles. La plupart des travailleurs dans les champs n’ont pas de contrat de travail. Une situation qui les rend précaires, avec des salaires très bas pour des horaires importants, détaillent les syndicalistes. L’absence de contrat rend également difficile l’accès à la retraite ou à un avocat en cas d’abus de la part des employeurs. L’utilisation du mancozèbe comme pesticide, qui est interdit au sein de l’Union européenne à cause de sa toxicité, aggrave également la santé des travailleurs. « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides », s’alarme l’avocat. La fumigation de pesticide, c’est-à-dire le largage de pesticides par avion, est autorisée en équateur.

    Droits syndicaux piétinés

    Face à ces conditions difficiles, l’organisation en syndicat des travailleurs, pourtant protégée par la constitution équatorienne, est presque impossible. Diana Montoya Ramos en a fait les frais. Ancienne comptable dans une exploitation de bananes, elle a été virée après avoir essayé de monter une branche d’Astac au sein de son entreprise. Les contrats informels rendent également compliquée la syndicalisation car il faut au moins 30 salariés sous contrat pour monter une organisation. Une situation devant laquelle le ministère du travail ferme les yeux. « Il avait refusé la création d’un syndicat dans une entreprise qui exploite 160 hectares, car seules 4 personnes étaient déclarées… Ils ne peuvent pas ne pas savoir. »

    Face à ces conditions, le syndicat souhaite la création d’un label avec un cahier des charges décidé par les travailleurs, assurant que les bananes consommées ont été produites en respectant les droits humains.

    « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides »