Category: societe

  • Avignon : la mère qui a congelé ses bébés devant la justice

    Avignon : la mère qui a congelé ses bébés devant la justice

    L’affaire éclate lorsque l’ami de sa fille cadette, alors âgée de 16 ans, alerte la police après que celle-ci lui a confié qu’un bébé se trouvait dans le congélateur, à Bédoin, près du Mont-Ventoux (Vaucluse). Les gendarmes découvrent alors deux nourrissons de sexe féminin, enveloppés dans un sac de courses, un drap et une couverture.

    Selon les médecins légistes, le premier bébé, né en mars 2018, avait vécu quelques jours, avait été nourri, et serait décédé d’un traumatisme crânien. Le second serait mort très peu après sa naissance, faute de soins, notamment parce que son cordon ombilical n’avait pas été coupé. L’avocate d’Aurélie S., Me Charlotte Brès, affirme que sa cliente n’a jamais changé de version : elle soutient que le premier bébé est mort après une chute dans les escaliers et le second des suites d’un accouchement solitaire, consécutif à un déni de grossesse.

    La fille aînée déclare pourtant avoir assisté au premier accouchement et affirme que sa mère avait refusé d’appeler les secours. L’accusée explique avoir mis les corps au congélateur, prétendant à ses filles avoir donné le premier bébé « à l’adoption ». Elle affirme avoir voulu « une sépulture » et les « garder près d’elle ». Aujourd’hui âgée de 44 ans, elle dit ne pas comprendre son geste.

    Les expertises évoquent une enfance religieuse stricte, un viol dans son enfance et des relations amoureuses violentes. L’avocat du père du premier bébé l’accuse de mentir « sur tout ». Les trois filles d’Aurélie S., parties civiles, dénoncent également des violences et ne soutiennent pas leur mère. Leur avocate estime qu’elles sont « concernées par les faits criminels ». Le procès doit se tenir jusqu’au 27 mars à Avignon.

  • Quand les moustiques attaquent en plein hiver

    Quand les moustiques attaquent en plein hiver

    Attention ça pique… déjà. Sans présager de ce que pourra être la saison estivale, l’EID (Entente Interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen), constate « des éclosions généralisées d’Aedes detritus, une espèce de moustique hivernale caractéristique des zones temporairement inondées ». La bestiole, plus discrète que son cousin tigré, car « sans motif particulier », sans « ornementation sur les pattes », reste « un des moustiques les plus présents et nuisants des marais halophiles du littoral méditerranéen » estime l’EID. La multiplication des étendues d’eau et les températures douces depuis décembre ont permis sa prolifération. Les agents de l’EID étant aussi empêchés d’agir à terre de par les inondations et n’ayant eu qu’un « recours restreint » aux moyens aériens. Résultat : la présence de larves a été repérée sur près de 6 000 hectares entre janvier et février, contre 2 900 hectares sur la même période en 2025.

    Des traitements par drones

    Portés par le vent, les insectes se déplacent « assez rapidement, de plusieurs kilomètres vers l’intérieur des terres » et tendent « à se réfugier dans les zones abritées en attendant les moments calmes et doux pour piquer en journée à l’extérieur ». Dans son bulletin concernant les Bouches-du-Rhône pour la semaine, l’EID indique qu’ils ont débarqué en Camargue et dans les communes de l’étang de Berre. Des traitements larvicides biologiques avec l’épandage d’une bactérie qui bloque le développement des larves, « ont été réengagés par différents moyens aériens et terrestres dès mardi 17 mars, et vont se poursuivre au gré des conditions favorables », précise-t-on.

    Plus de 160 hectares ont été traités la semaine précédente dont 31 % par avion. Des traitements par drone ont également été effectués. L’EID prévoit un risque de nuisance maintenu sur les territoires déjà impactés « avec un déplacement possible vers l’intérieur des terres lors des journées où les vents de mer souffleront faiblement. »

  • Un comité de soutien pour Amine, menacé d’expulsion

    Un comité de soutien pour Amine, menacé d’expulsion

    Amine Ganzoui a soufflé ses 18 bougies en avril 2025. Arrivé huit ans plus tôt en France depuis la Tunisie, et désormais majeur, il a déposé une demande de titre de séjour et a reçu son récépissé en juillet 2025. Ce document provisoire lui permet de séjourner régulièrement en France durant l’examen de son dossier. « J’étais heureux de me dire que j’allais enfin pouvoir vivre comme les autres et commencer des études », raconte Amine, qui envisage une licence de droit après son bac au lycée Montgrand (1er).

    Mais les choses ne se passent pas comme prévu : la demande est rejetée, et il reçoit le 7 août 2025 une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cette mesure administrative, délivrée par la préfecture, l’informe qu’il a désormais trente jours pour quitter le territoire avant d’en être expulsé. Le motif ? Selon l’arrêté, « l’intéressé, célibataire et sans enfant, ne justifie pas l’ancienneté et les liens familiaux » dont il devrait se prévaloir pour justifier la délivrance du titre de séjour. « Comment imaginer m’en aller en un mois alors que toute ma vie est ici ? », interroge Amine. Ses amis, à ses côtés, hochent la tête : « On était choqués, on ne comprend pas comment c’est possible, c’est tellement injuste. »

    Un comité de soutien pour sa régularisation

    Dans la salle des professeurs du lycée Montgrand, des enseignants et des élèves se sont réunis ce mercredi 18 mars pour organiser le comité de soutien pour Amine. Une pétition et un communiqué, appuyés par le Réseau éducation sans frontières (RESF), circulent. Le texte raconte comment Amine est arrivé en France « fin août 2018 » car « ses parents, gravement malades », ont décidé de le « confier à sa sœur qui réside en France dans l’espoir d’une vie meilleure ». Depuis, ses camarades et ses professeurs témoignent de son « parcours exemplaire ». Impliqué dans le dispositif Télémaque, Amine a également pu bénéficier de « soutien scolaire et de sorties culturelles ».

    Autant de preuves de « sa bonne intégration », qui rendent le refus de la préfecture de lui accorder le titre de séjour « incompréhensible » pour la sœur d’Amine, Nouha Hamlet. « Depuis qu’il a appris pour l’OQTF, il vit dans la peur quotidienne de l’expulsion et ça a des conséquences, à la fois physiques et psychiques, sur lui », témoigne-t-elle. Inquiète, elle a informé les enseignants du lycée Montgrand de la situation du lycéen au début de l’année scolaire. Ses professeurs et ses amis ont alors décidé d’organiser un comité de soutien pour « mettre en œuvre tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’Amine Ganzoui puisse rester ici, chez lui, et être régularisé ».

    Amine, sa sœur et son avocat ont déposé un recours contre la décision, qui sera jugé le 26 mars prochain au tribunal administratif de Marseille.

  • Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    « Vous vous êtes manifestement enrichi en ne déclarant pas volontairement vos salariés et ce pour un préjudice très conséquent pour l’Urssaf », a sans détour signifié la présidente Kennedy à un chef d’entreprise qui s’est vu infliger trois ans de prison dont deux avec sursis. « L’année ferme est aménagée sous bracelet électronique. C’est de la prison mais chez vous. »

    Eshat Cakmak, 44 ans, chef d’entreprise de construction turc, comparaissait mardi pour travail dissimulé et blanchiment. Par omission délibérée de déclaration d’embauche, de salaire et de cotisations sociales sur environ 500 travailleurs, ses deux sociétés ont engendré 4 682 927 euros de préjudice à l’Urssaf en 4 ans. « Votre chiffre d’affaires de 2020 à 2023 est de 5,7 millions d’euros. Vous touchez 323 000 euros sur la même période mais n’en déclarez que 15 000 tout en versant 45 000 euros non déclarés à votre épouse, gérante de droit », campe la présidente face à un prévenu mutique ou agaçant dès qu’il s’exprime. « Je ne me souviens plus. Je me sens pas bien. J’ai perdu mon père. »

    « Je ne regarde pas l’argent que je gagne »

    Le schéma délictuel est connu dans le secteur du bâtiment. « Une première société poubelle est créée à Marseille qu’on transfère ensuite à Bobigny pour minorer le risque de contrôle, détaille la vice-procureure Isabelle Candau. Quand elle est repérée, la société qui a pris beaucoup de chantiers – 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires par an – n’existe plus. Une autre société a repris tous les chantiers et fait quelques DPAE (Déclaration préalable à l’embauche) pour donner une apparence de légalité sans faire de DSN (Déclaration sociale nominative) pour ne pas payer les cotisations sociales. C’est un procédé récurrent dans le BTP. »

    Lors de la perquisition de son appartement, avenue Saint-Louis, 15e, pour lequel il touche 536 euros d’APL, les enquêteurs trouvent 5 300 euros en espèces, 22 cartes bancaires, saisissent 4 véhicules dont une Audi Q8, une Mercedes classe S. « Vous avez perçu 450 000 euros de revenus en 4 ans mais vous n’avez déclaré que 5 280 euros dans l’année », rappelle la juge. « C’est pas une vie de luxe, ce que j’ai gagné je l’ai perdu car je joue et j’aide aussi ma communauté. Je ne regarde pas l’argent que je gagne, je le distribue à mes ouvriers. Actuellement j’ai des problèmes de dos, je suis au RSA », crispe le prévenu.

    « Cette fraude sociale cause un préjudice financier colossal en cotisations éludées », expose Me Coralie Renaud pour l’Urssaf. Elle réfute la version proposée d’une négligence systématique et d’une inculture administrative. « On est face à un patron voyou », résume la procureure. « Il utilise notre droit social à son profit. Vous ne déclarez rien, vous ne payez rien, vous passez votre temps à enfumer, à faire disparaître les fonds pour gruger et créer de l’apparence. Tout, strictement tout, va dans votre poche. » Contre cette fraude sociale qui représente « 1 400 euros de pension de retraite pour 283 personnes pendant une année », elle demande 3 ans ferme avec mandat de dépôt.

    « Ce n’est pas le Stavisky du BTP ni un Machiavel de la finance ! » lance Me Olivier Kuhn-Massot « atterré en tant que citoyen de voir la dérisoire facilité à planter 4,7 millions d’euros à l’Urssaf. Et ça n’éveille personne ? » De réfuter un enrichissement personnel. « Il ne serait plus ici s’il avait accumulé une fortune en Turquie. » « Lui un donneur d’ordres ? C’est surtout lui qui en reçoit. Il a la tête du parfait abruti et il a été utilisé comme tel. C’est un pion sacrificiel », tente la défense.

    L’homme écope de 3 ans de prison dont 2 avec sursis, de 20 000 euros d’amende, de l’interdiction définitive de gérer et de l’obligation très théorique de verser 4 682 927 euros à l’Urssaf. Sa société est dissoute.

  • Opération collèges morts contre les fermetures de classes dans les Alpes

    Opération collèges morts contre les fermetures de classes dans les Alpes

    Pour avoir 21 élèves par classe, soit la moyenne européenne dans les collèges, il faudrait 44 classes de plus dans le département », alerte Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, au micro devant les enseignants, syndicalistes, parents et élèves mobilisés à l’entrée du collège de Forcalquier contre les neuf fermetures de classes prévues dans le département. « Sur 25 pays, la France est dernière », affirme Lionel Lasfargues, également enseignant au collège de Forcalquier. « Des 25 pays de l’UE, c’est en France que les classes sont les plus chargées, avec 26 élèves par classe en moyenne », peut-on en effet lire sur le site du ministère.

    Dans le département, des fermetures de classes sont prévues à Manosque, Digne-les-Bains, Château-Arnoux-Saint-Auban, Forcalquier, Volx, Sainte-Tulle et Annot. Mercredi, les parents d’élèves se sont largement mobilisés en protestation aux côtés des enseignants et des syndicats. 95% des élèves étaient absents en cours dans sept établissements mobilisés pour cette opération collèges morts. Plus précisément, 2 909 élèves étaient absents sur les 3 114 attendus mercredi, selon Snes-FSU 04. La mobilisation a été la plus suivie à Forcalquier, où seulement trois élèves étaient présents.

    Pour justifier la suppression de classes, l’Éducation nationale utilise l’argument de la baisse démographique. Mais, selon les syndicats, elle sous-estime le nombre d’élèves attendus à la rentrée prochaine et surestime la baisse démographique. « Neuf classes sont supprimées pour seulement 84 élèves estimés en moins. Les calculs ne sont pas bons », argue Yannick Longuet, enseignante syndiquée Snes-FSU à Château-Arnoux-Saint-Auban, le plus grand collège du département. « On a eu 153 élèves de plus par rapport aux prévisions depuis 2020 », dans le département, selon Lionel Lasfargues.

    Deux classes supprimées dans un collège REP

    La suppression de deux classes est notamment prévue au collège Jean-Giono à Manosque, en réseau d’éducation prioritaire (REP). « C’est un scandale ! », pour Lionel Lasfargues. À Forcalquier, si une classe est fermée, comme prévu, « on aura 31 élèves par classe de troisième. C’est du jamais vu. Je suis prof ici depuis 27 ans, je n’ai jamais vu ça », alerte le secrétaire du Snes-FSU 04.

    Les syndicats et les enseignants craignent que ces suppressions de classes servent à terme à supprimer des postes d’enseignants. « Les conditions de rentrée sont chaotiques », déplore Eric Gauthier, représentant départemental du Snes-FSU et enseignant au collège d’Oraison, épargné par ces suppressions de classes. « Neuf suppressions de classes, c’est disproportionné ! », lance-t-il.

    « Les élèves vont être serrés dans les classes comme des sardines dans une boîte », alerte Marjorie Soussieux, l’une des douze parents élus à la FCPE au collège de Forcalquier. Elle explique qu’il y a une grande disparité en termes de nombre d’élèves par classe entre les différents collèges du département. En ruralité, ils peuvent être une vingtaine par classe, alors que dans des zones plus peuplées, ils sont plutôt une trentaine. Ainsi, « quand on regarde la moyenne départementale, ça peut passer, mais concrètement sur le terrain c’est pas le cas », précise la mère d’une élève de troisième. « On sacrifie notre jeunesse. L’État ne fait pas des économies au bon endroit », déplore-t-elle.

    « Ma fille Emma rentre en troisième l’année prochaine, elle pense qu’elle ne va pas avoir son brevet avec 31 élèves par classe », confie Virginie Rozier, elle aussi élue à Forcalquier. « Si on laisse passer, ça ouvre une boîte de Pandore. Mon fils est dyslexique et a des problèmes neurologiques, j’ai peur pour quand il rentrera en sixième.»

    Grève le jeudi 26 mars à l’appel du Snes-FSU 04. Rassemblement devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale à Digne-les-Bains.

  • Sébastien Delogu balaie la demande de retrait des 15-16 du collectif Ibrahim Ali

    Sébastien Delogu balaie la demande de retrait des 15-16 du collectif Ibrahim Ali

    La candidate LFI, Rabyata Boinaheri, est arrivée en 3e position (23,28%) dimanche, derrière le candidat du RN (29,22%) et Samia Ghali, la cheffe de file (DVG) du Printemps marseillais (36,96%). « Ibrahim est mort ici dans ce secteur sous les balles des colleurs d’affiches du FN. Nous avons une obligation morale de toujours lutter pour sa mémoire et pour les générations futures. Ici, seul le Printemps marseillais est en capacité de l’emporter, il doit avoir toute notre force », justifient les proches du jeune marseillais assassiné en 1995 sur l’avenue des Aygalades. Une proposition rapidement balayée d’un revers de la main par Sébastien Delogu, soucieux de faire « accéder au pouvoir dans les quartiers Nord de Marseille la première femme noire » et « faire dégager Samia Ghali ». Un vrai programme…

    Relire la tribune « Il s’appelait Ibrahim Ali, il était Marseille »

  • Le Rove : 100e inscription au don du sang

    Le Rove : 100e inscription au don du sang

    L’Association des donneurs de sang du Rove a enregistré sa 100e personne inscrite sur la liste des donneurs depuis le renouvellement du bureau il y a deux ans. Cette 100e donneuse, habitante du Rove prénommée Laurence, a été mise à l’honneur. Pour marquer ce moment symbolique, la présidente, Isabelle Clerc, et le secrétaire, Dominique Cheraud, lui ont remis une carte personnalisée ainsi qu’un présent.

    Cette collecte est rendue possible grâce à l’engagement des bénévoles de l’Association des donneurs de sang du Rove, qui œuvrent toute l’année pour sensibiliser le public, organiser ces rendez-vous et accueillir les donneurs. Ils peuvent compter sur le soutien actif de la municipalité.

  • Une opération pour aider les commerces désertés dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Une opération pour aider les commerces désertés dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Digne-les-Bains, Manosque, Sisteron, Valensole… Dans ces communes bas-alpines, 300 commerçants vont participer au Printemps du commerce, de mardi à samedi, ce qui doit permettre d’attirer de la clientèle, alors que les centres-villes sont souvent désertés. L’idée est de « mettre en valeur les commerces de proximité et créer du trafic, de la clientèle », explique Christophe Barrière, président de la CCI.

    Dans un contexte d’élections municipales, la CCI veut aussi « lancer un appel aux maires car les centres-villes sont en souffrance, notamment à cause du développement du e-commerce », déplore Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce. « Les centres-villes ont besoin que les élus du territoire soient à leurs côtés. » Il rappelle les conditions difficiles dans lesquelles exercent les commerçants de proximité : « 40% se rémunèrent moins que le Smic, ils travaillent plus de 35 heures et prennent des risques. » Le vice-président en charge du commerce interpelle également sur la pyramide des âges : beaucoup de commerçants sont âgés, proches de la retraite et ont besoin de transmission.

    Pendant les cinq jours de l’opération, les commerçants participants vont proposer des animations, des promotions, des bons d’achat ou encore des tombolas dont les bénéfices seront reversés à des associations. C’est le cas à Manosque, où Agnès Gardiol, secrétaire de l’office des commerçants et artisans manosquins, organise avec les commerçants « une tombola au profit des soins palliatifs », explique-t-elle à La Marseillaise. Les fonds récoltés seront reversés à l’association Souffle de vie.

    « Combler les trous »

    La CCI a choisi d’organiser cette opération au mois de mars car c’est une période creuse où il y a « très peu d’activité commerciale », précise Jean-Pierre Pradalier. L’idée est ainsi de « combler les trous ». Des décorations permettront d’identifier les commerces participants. « On essaye de faire en sorte que ce soit relayé pour que résonne cette idée de faire vivre les commerces de proximité », avance le vice-président en charge du commerce.

    « Tout ce qui fait vivre la ville est important, il faut qu’on fasse venir du monde en ville » se réjouit Sandrine Brun, commerçante à Manosque depuis 42 ans qui participe à l’opération. « C’est compliqué partout, les gens consomment moins », constate Agnès Gardiol, venue dans son commerce pour lui apporter son kit de décorations.

    Jérôme Pelissier, directeur de l’agence de Manosque du Crédit Agricole, partenaire de l’opération, insiste : « Les cœurs de nos centres-villes doivent battre. » Certaines unions commerciales prévoient des jongleurs, des magiciens, des festivités ou encore des actions caritatives pour attirer le public dans le cadre de cette opération, qui coûte « entre 25 000 et 30 000 euros » à la CCI, avec le soutien du Crédit Agricole. Des maroquineries, des restaurateurs, des fleuristes ou encore des coiffeurs participeront.

    À Barcelonnette, l’association de commerçants prévoit notamment des jeux de société, un défilé de mode et une déambulation musicale.

    Du 24 au 28 mars à Digne-les-Bains, Manosque, Sisteron, Barcelonnette, Pierrevert et Valensole. Programme à retrouver sur le site leprintempsducommerce.digne.cci.fr

  • Antoine Mignemi témoigne de la rafle de 1943 face aux écoliers

    Antoine Mignemi témoigne de la rafle de 1943 face aux écoliers

    « Quand un peuple oublie son passé, il est condamné à le revivre », affirme Antoine Mignemi, survivant de la rafle du Vieux-Port, le 24 janvier 1943, devant une quarantaine d’élèves de CM2. L’espace aux Rotatives de La Marseillaise a ouvert ses portes, ce mardi, à un rendez-vous dédié à la transmission de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

    Après une introduction retraçant l’histoire du journal, fondé dans la Résistance, présentée par son président Léo Purguette, l’avocat Pascal Luongo et Antoine Mignemi, membres de l’association, ont retracé le fil des rafles de population du Vieux-Port jusqu’à la destruction du quartier Saint-Jean par l’Allemagne nazi et le régime de Vichy. « Il a fallu attendre 2019 pour que cette tragédie ressorte. 79 ans… » déplore le survivant, octogénaire. C’est en effet en 2019 que Pascal Luongo dépose plainte contre X pour « crime contre l’humanité ». Le Collectif est alors créé avec un but : « Témoigner auprès de tous les Marseillais, et au-delà de Marseille, pour ne pas retourner au passé. »

    « C’est choquant ! »

    Face aux enfants, Pascal Luongo introduit : « Antoine Mignemi est une victime de ces crimes. Il avait 5 ans quand sa famille s’est fait arrêter par la police française, le 24 janvier 1943. Sur les 20 000 habitants du quartier, 15 000 ont été envoyés à Fréjus pour les “trier” et plus de 500 personnes déportées dans les camps de concentration. » Dès février 1943, les nazis « dynamitent 1 500 immeubles, 80 rues et places, chiffre l’avocat. Quand vous vous baladez sur le Vieux-Port, vous voyez ces immeubles des années 1950. Ce sont des reconstructions après la guerre ». Le quartier Saint-Jean, qui s’étendait du Panier jusqu’aux quais du Vieux-Port, a été le chemin de promenade matinal des deux classes de CM2, mardi. « On a visité la Vieille Charité et on a pris des photos pour l’exposition » prévue dans le cadre de leur projet en photojournalisme, explique une élève. Organisé par « Lumières sur l’info », le programme intitulé Le Grand Bain réunit « ces deux écoles de quartier aux réalités socio-économiques très différentes : une école à la Corderie et une à la Joliette », résume Carole Duffrechou, membre de l’association.

    Suite au témoignage d’Antoine Mignemi, les élèves se confient. « On a la chance d’avoir pu rencontrer ce monsieur qui a vécu quelque chose de troublant », partage Adèle. « C’est choquant ! », ajoute Valéria. Les enfants ont compris l’importance de la mémoire. « On en parlera… Pour éviter que ça ne se reproduise dans le futur », conclut Wissen.

    Celui que sa mère appelait « le petit Toinou » adresse enfin un dernier message aux élèves : « Agissez pour la paix. »

  • Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Deux établissements restés ouverts en violation d’un arrêté préfectoral de fermeture administrative ont été condamnés, mardi, en correctionnelle. Deux procédures parfaitement distinctes, mais dont les gérants, absents à l’audience, jouaient du même argument : faire croire qu’ils n’ouvraient qu’à leurs amis.

    D’abord un bar à chicha, « The Moo », au 89 avenue de Toulon (5e). Le caboulot obscur est en infraction à deux arrêtés préfectoraux successifs ordonnant sa fermeture pour deux mois. Le premier oukase préfectoral date d’octobre 2025 et était justifié par la découverte de 1,2 kg de tabac de contrebande de narguilé à l’intérieur. Malgré l’injonction du préfet, des riverains se plaignent des allées et venues sonores des clients quittant l’établissement à l’aube. Pour l’ambiance, l’établissement est tenu depuis 2024 par un jeune de 23 ans, condamné à deux reprises pour trafic de stupéfiants.

    Après avoir d’abord verbalisé tous les véhicules garés en vrac aux abords, les policiers poussent la porte de l’établissement dont la vitrine est drapée d’un rideau noir occultant. Ils trouvent dans une salle passablement enfumée 18 individus sur des canapés autour de narguilés, fumant, buvant, jouant aux cartes. En sous-sol, il décompte 25 autres clients fumant aussi la chicha. « C’est une soirée entre amis » a tenté Islam Ben Ahmed Daho, un cogérant.

    Bis repetita le 26 janvier 2026. Alors qu’il est sous le coup d’un second arrêté de fermeture de 2 mois pour troubles à la tranquillité publique, les policiers en planque voient soudain le patron s’enfuir en courant du bar. Ils vont l’interpeller le lendemain. Il accuse alors les policiers d’avoir menacé ses amis. Si on ne peut plus regarder tranquillement un match à la télé ! « Il est incapable de donner le nom de ses amis. Ça ne tient pas debout le coup de la soirée privée. Il ne veut absolument pas respecter les arrêtés et il n’est pas là aujourd’hui pour s’expliquer », expose la procureure, Isabelle Candau, qui rappelle ses deux condamnations pour trafic de stupéfiants, dont la dernière en 2022 à 15 mois de prison ferme. Le tribunal lui inflige 2 mois de prison ferme, 2 000 euros d’amende et un an d’interdiction d’exploitation d’un débit de boissons.

    À noter que le préfet a fait fermer le 16 janvier pour deux mois le « Green Lounge » 61, avenue de Stalingrad à Arles, les Douanes y ayant trouvé 3 kg de tabac à chicha d’origine étrangère.

    Situé dans un virage de la route des Goudes, adossé à un bunker, le restaurant de la Calanque blanche est resté ouvert malgré l’arrêté préfectoral du 22 août 2025 ordonnant sa fermeture pour 8 jours, pour cause de « stationnement anarchique » et de « tapage nocturne ». On est dans le Parc national des Calanques. Avisée par la police municipale qu’il s’en fichait, la police nationale se rend sur place le 10 septembre 2025 et constate que des camions déchargent de la marchandise et qu’ensuite une centaine de personnes sont attablées. « L’accès est fermé au public, c’est une soirée privée », proteste Benjamin Aguad, 36 ans, qui tenait alors aussi la Cabane des Amis sur les plages du Prado. Auditionné, il nie, affirme avoir invité une centaine de collaborateurs à profiter de l’établissement pour éviter de tout jeter à la poubelle.

    « On attend encore la liste des soi-disant collaborateurs et le registre des personnels qu’il s’était engagé à communiquer. Ça ne tient pas », oppose la procureure qui écarte l’argument antigaspillage au vu du camion qui déchargeait des victuailles. Le restaurateur aux 16 sociétés, déjà condamné pour travail dissimulé, mais aussi installation sans autorisation de caméra de vidéosurveillance, écope cette fois de 3 000 euros d’amende dont 1 000 avec sursis. Même peine pour sa société.