Category: societe

  • Apt : de grandes fissures obligent à évacuer 56 habitants

    Apt : de grandes fissures obligent à évacuer 56 habitants

    Mercredi dernier, 32 foyers, soit au total 56 personnes, ont été évacués de quatre immeubles de la résidence Saint-Michel, à Apt. Tous ont été relogés à ce jour par la municipalité ou par leurs propres moyens.

    « Comme je m’y étais engagée, personne n’est abandonné ! Je suis soulagée que nous ayons trouvé un hébergement d’urgence pour toutes les familles sans solution », se réjouit dans un communiqué la maire d’Apt, Véronique Arnaud-Deloy. Et ce, accompagné d’images de la résidence où l’on voit d’immenses fissures sur les murs des immeubles. Sont concernés par l’évacuation, dont le délai était fixé à ce jeudi 6 novembre, les immeubles Rosiers 1 et 3 et une partie de l’immeuble Les Glaïeuls 3.

    Capteurs de mouvement

    Une évacuation qui fait suite « à l’alerte enregistrée par les capteurs de mouvements et aux conclusions d’une expertise diligentée sur le terrain », précise la Ville d’Apt dans un premier communiqué émis ce jeudi 30 octobre. Des capteurs posés après une première alerte il y a deux ans. En effet, le bâtiment Les Hortensias avait été évacué en novembre 2022. « Il est absolument déchirant d’avoir à prendre une décision aussi lourde de conséquences. Je m’attends à ce qu’elle suscite le désarroi, la confusion, voire la colère. Cependant, il m’est humainement impossible de faire courir le moindre risque à des habitants de la ville », poursuit l’édile de la capitale du Luberon. Concernant la suite, la Ville poursuit ses efforts sur l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), chargée d’analyser l’état de dix copropriétés privées et d’en diagnostiquer l’évolution. Mais aussi la maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS), chargée de répondre aux attentes des habitants désireux de se reloger de façon pérenne.

  • La lutte contre l’arrêt du bloc à Apt s’exporte en Cité des Papes

    La lutte contre l’arrêt du bloc à Apt s’exporte en Cité des Papes

    Pas moins de deux bus descendront d’Apt pour une manifestation ce jeudi 6 novembre à 15h30 devant la cité administrative d’Avignon contre la fermeture du bloc opératoire de l’hôpital d’Apt, dont le transfert vers l’hôpital de Cavaillon est prévu au 1er janvier prochain sur décision de l’ARS (voir encadré ci-contre).

    « C’est tout un territoire que l’on coupe de la santé, ce sont des vies que l’on met en danger », lâche dans un communiqué le collectif Apt.es à faire bloc, organisateur du mouvement soutenu par la mairie, la CGT ou encore la communauté de communes du Pays d’Apt Luberon, qui met à disposition les moyens de transport.

    L’ARS a décidé de la fermeture du service « dans un contexte marqué par un vieillissement de la population, une hausse des maladies chroniques et des tensions sur les ressources médicales » dénonce le collectif, tout en avançant un manque de rentabilité et une activité en berne. Mais, d’après l’équipe médicale, cette décision est « fondée sur des motifs erronés et dépourvue de justification économique, sanitaire et territoriale sérieuse », tout en démontant un par un ces arguments qui « entrent dans une logique de manipulation ». Tout d’abord, rapport d’activité du GCS Apt-Avignon à l’appui, il est assuré que « le déficit abyssal du centre hospitalier n’est pas lié à l’activité chirurgicale » et même qu’« au contraire cette activité est dans la dynamique préconisée par l’Anap ». Le volume d’activité serait lui en « constante augmentation », tout en lâchant qu’un transfert de l’activité d’endoscopie « arrive très à propos alors que le seul praticien endoscopiste de Cavaillon vient de partir à la retraite ».

    Ministres sollicités

    Trois recours avaient été déposés mais ont été rejetés par la justice. Au moins un nouveau recours en référé va être déposé « avec des arguments différents » nous confirme-t-on du côté du comité des usagers du centre hospitalier. Plusieurs courriers ont également été adressés à différents ministres et élus. À commencer par la présidente du Département et ancienne maire d’Apt, Dominique Santoni (LR), qui, après avoir rencontré le ministre de la Santé de l’époque, Yannick Neuder, en juillet dernier, a écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu. Dans cette lettre ouverte datée du 20 octobre, elle a réagi au discours prononcé par le locataire de Matignon face aux sénateurs le 15 octobre dernier, pendant lequel il assurait qu’il n’y aurait pas de fermeture d’hôpital en 2026. Elle demande donc un délai supplémentaire « pour redonner une activité à la hauteur des besoins de notre territoire ». L’ordre des médecins de Vaucluse s’est, lui, adressé à la nouvelle ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le 23 octobre, évoquant dans sa lettre une fermeture « qui aura comme conséquences une difficulté d’accès aux soins ainsi qu’une prise en charge rapide, entraînant une possible perte de chance » pour les patients.

    L’ARS défend un projet global

    Depuis le début, l’Agence régionale de santé (ARS) répond invariablement que « ce n’est pas une fermeture, c’est un projet avant tout », défend Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84. L’activité prévoit d’être transférée à l’hôpital de Cavaillon. « On propose d’injecter 10 millions d’euros pour refaire la moitié de l’hôpital, de consolider sa filière gériatrique, d’augmenter la capacité de l’Ehpad dans un timing assez court et avec des investissements qu’aucun hôpital n’a eu en Vaucluse », assure Loïc Souriau. L’ARS estime que « l’impact sur l’offre locale reste limitée dans la mesure ou la chirurgie pratiquée aujourd’hui à Apt est très faible ».

    F.C.

  • Avignon : les crédits perdus de la LEO virent à l’enjeu électoral

    Avignon : les crédits perdus de la LEO virent à l’enjeu électoral

    « La LEO, c’est “le crime de l’Orient express” d’Agatha Christie. Tout le monde a donné son coup de couteau mais personne ne reconnaît être l’assassin… », image Julien Aubert. Le très probable candidat LR aux municipales illustre la complexité d’un dossier que l’État et la Région ont, lundi, remis à (encore) plus tard. Questionné par La Marseillaise lors du nouveau contrat de plan État-Région, le ministre des Transports a confirmé que les crédits initialement prévus pour la réalisation de la tranche 2 de la liaison Est-Ouest [55 millions de l’État et 38 de la Région sur un projet chiffré en 2014 à 142 millions – qui a doublé entretemps] sont fléchés ailleurs.

    À moins de 5 mois des municipales, la LEO, déclarée d’utilité publique (DUP) il y a 22 ans, redevient un fort enjeu électoral. Accusée par plusieurs candidats mais aussi par le président (Ren.) de Région Renaud Muselier d’avoir fait capoter le projet, Cécile Helle maire PS (la Ville n’est pas financeur) a, dans La Provence ce mercredi, remis la responsabilité sur l’État en rappelant « que l’Autorité environnementale, organisme étatique, a sorti un rapport [mi-2020] en disant que le tracé prévu était une catastrophe écologique et environnementale ».

    À droite, Julien Aubert, Olivier Galzi ou Stéphan Fiori plaident tous pour réaliser la LEO telle que prévue, se rangeant ainsi derrière les positions des présidentes des Départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône. Le collectif Voix d’Avignon, représentant le bloc macroniste, accuse la Ville et son « refus dogmatique », souhaitant « en 2026 remettre l’intérêt général au centre ». Côté Gard, Pascale Bories, maire LR de Villeneuve-les-Avignon a été, lundi, la première à réagir pour demander de prolonger la DUP et de sanctuariser la 3e tranche [Courtine – les Angles avec un pont sur le Rhône].

    À gauche, les candidats issus de la majorité défendent eux, la position de Cécile Helle et du Grand Avignon sur une LEO reconfigurée. Une « néo-LEO », selon Paul-Roger Gontard (La Convention) qui, soulignant « que le vieux projet n’a jamais été sincèrement financé par l’État », milite pour un tracé « partant du barreau de Rognonas, longeant la Durance, raccordé au MIN de Chateaurenard, connectée aux sorties d’autoroute avec un nouvel échangeur pour l’A7 au niveau de Cabannes ». Il souhaite aussi un nouveau pont sur le Rhône.

  • Grand Avignon : une enquête inédite sur les déplacements est en cours

    Grand Avignon : une enquête inédite sur les déplacements est en cours

    À l’époque, même la LEO n’était pas encore dans les cartons. C’est dire si l’enquête en cours sur les mobilités, qui vient d’être lancée, est d’une ampleur inédite. Car, en termes d’analyse de déplacements, le grand bassin de vie d’Avignon a un lointain repère en 1980, qui ne « portait que sur la ville d’Avignon », rappelle le Grand Avignon. La collectivité chapeaute donc une grande enquête mobilités * depuis le début du mois et jusqu’en avril.

    Comme nous en tracions déjà les grandes lignes cet été (notre édition du 07/08), « la plus grande enquête de mobilité jamais réalisée sur le territoire », s’étend sur 11 agglomérations [dont deux du Gard et celle du nord des Bouches-du-Rhône], soit 131 communes et 610 000 habitants. Soit la 16e aire urbaine la plus vaste de France.

    « Des enquêteurs et télé enquêteurs interrogeront un échantillon représentatif de 10 000 habitants pour mieux connaître les pratiques de déplacements tous modes confondus (marche, vélo, transports collectifs, voiture, covoiturage, etc.) », développe le Grand Avignon. L’étude, d’un montant estimé d’1 million d’euros, a été actée lors du conseil communautaire de mars, l’État et la Région la finançant à 75%.

    67% des déplacements se font en voiture

    « Les résultats offriront une connaissance fine de la mobilité des habitants sur le territoire et alimenteront les nombreux projets, notamment le futur Service express métropolitain (SERM) avignonnais et les démarches de planification des politiques publiques », projette le Grand Avignon. Si, comme le prône Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, avec l’enquête, « nous pourrons continuer de renforcer les transports dans nos intercommunalités, faciliter les trajets et encourager des modes de déplacement plus pratiques, plus économiques et plus écologiques », quelques données sont déjà connues : 67% des déplacements du quotidien s’effectuent en voiture alors qu’en Vaucluse, 60% de ces déplacements font moins de 5km. De quoi déjà livrer quelques pistes pour réduire la part de la voiture.

    Cette enquête s’appuie sur un modèle de référence nationale élaboré par un organisme d’État, le Cerema, pour analyser les déplacements de toutes les catégories de population aux différentes échelles d’un territoire. « Les enquêtes ménages déplacements sont à la mobilité ce que le recensement de la population est à la démographie », se targue Laure Verneyre, directrice territoriale Méditerranée du Cerema. Concrètement, des enquêteurs mèneront des entretiens en face à face ou téléphoniques. Le questionnaire, d’une vingtaine de minutes, est anonyme, gratuit et sans publicité. Les résultats sont attendus dans un an.

  • Les nouveaux Cadets de la défense intronisés à Toulon

    Les nouveaux Cadets de la défense intronisés à Toulon

    « Vous savez su convaincre l’encadrement de vous prendre comme Cadets. Ne le décevez pas. » Dès l’introduction du Colonel Bertrand Gebuhrer, délégué militaire départemental du Var, le ton est donné pour la nouvelle promotion des Cadets de la défense. Pendant une année, 240 collégiens de classe de 3e, âgés de 14 à 16 ans et issus de 51 établissements varois, consacreront leurs mercredis à des activités physiques, des cours d’éducation civique et mémorielle, et à la découverte des métiers « des uniformes dans leur ensemble », en théorie, mais aussi en pratique. Même s’il « ne s’agit pas d’une préparation militaire », précise le colonel, rappelant toutefois que « les bruits de bottes résonnent à l’Est ».

    Promotion Esther-Poggio

    Au-delà de l’individualité, c’est donc la notion de collectif qui est visée, car « si les armées gagnent les batailles, ce sont les nations qui gagnent les guerres », martèle le délégué militaire. « Liberté, égalité, fraternité ne sont pas des simples mots pour vous. Ils deviennent des principes vivants, que vous allez explorer, comprendre et défendre », ajoute Ludovic Sar, président de l’Institut des hautes études de la défense nationale Var et Corse. « Les Cadets sont des relais essentiels de nos actions mémorielles et des Routes de la Liberté », salue Jean-Louis Masson, président (LR) du Département.

    La nouvelle promotion portera le nom d’Esther Poggio, illustre résistante varoise fusillée par les nazis le 15 août 1944. Au sein de celle-ci, Lisa et Bastien, 14 ans, « fiers de représenter (leur) collège » respectif. Les deux adolescents espèrent y « découvrir les métiers de la défense », afin de peut-être, un jour, devenir maître-chien dans l’armée pour la première, et intégrer la Marine pour le second.

  • Toulon : le vélo s’invite sur la piste des municipales

    Toulon : le vélo s’invite sur la piste des municipales

    Même si la situation dans le Port du Levant s’est considérablement améliorée pour les cyclistes urbains, le monde associatif continue ardemment de militer pour un réseau sécurisé, afin d’encourager la pratique de ce mode de déplacement écologique, bénéfique pour la santé et pour la planète. Ce qui nécessite d’interpeller sans cesse les pouvoirs publics.

    « Les élections municipales doivent être l’occasion de présenter des programmes qui permettent de sortir de la politique du tout voiture », explique dans le nouveau numéro de « La rue on partage », le président Toulon Var déplacements (TVD), Maurice Franceschi.

    L’occasion d’interpeller candidats et élus

    Il s’agit à la fois, insiste-t-il, d’améliorer la qualité de vie dans les centres-villes, mais aussi la qualité de l’air, en partageant l’espace public de manière plus équitable et apaisée. Tout un programme. Pour les piétons, l’association demande que les passerelles, comme celle de Grand Var Université par exemple, et les tunnels (comme le passage de la gare routière) mis aux normes afin de garantir l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

    « Réalisons de vraies pistes cyclables sécurisées là où la circulation est la plus dense, en particulier au centre de Toulon, avenue de La République, par exemple, et sur boulevard de Strasbourg, comme le montre le baromètre vélo 2025 », invite aussi Maurice Franceschi à l’attention des candidats.

    Pour l’heure, c’est la liste de rassemblement des forces progressistes, Toulon en Commun, qui tient la corde sur ce dossier, comme sur celui du transport. À noter également la bonne écoute de la maire sortante Josée Massi (SE), qui a rencontré les représentants du monde associatif pour discuter du projet de traversée de Toulon. Les choses avancent. Le combat pour une mobilité durable continue.

  • Bouches-du-Rhône : une poupée sexuelle enfantine saisie dans un colis

    Bouches-du-Rhône : une poupée sexuelle enfantine saisie dans un colis

    Une poupée « à caractère pédopornographique » découverte dans un colis en provenance de Chine… En pleine polémique sur ce genre de « jouets » pour le moins abjects vendus sur la plateforme numérique Shein, le procureur de la République d’Aix-en-Provence indique dans un communiqué ce lundi 3 novembre, qu’à la demande d’employés d’une société de livraison, la gendarmerie est intervenue, découvrant la poupée. Les investigations ont rapidement permis « d’identifier et d’interpeller le destinataire », qui « était déjà connu du fichier judiciaire des auteurs d’agressions sexuelles » précise le procureur.

    Déjà connu de la police

    « L’intéressé » qui a par ailleurs reconnu avoir « commandé cette poupée à des fins sexuelles », a été déféré ce mercredi 5 novembre au parquet d’Aix-en-Provence et devrait être convoqué devant le tribunal correctionnel après avoir été placé sous contrôle judiciaire. Cette affaire intervient alors que la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) avait alerté la justice sur la présence de poupées à caractère pédopornographique sur plusieurs plateformes de e-commerce, dont AliExpress ce lundi, après avoir déjà épinglé Shein. Le gouvernement a décidé d’engager la suspension de cette dernière qui a inauguré mercredi son premier magasin physique au monde au BHV. Shein a dit prendre acte de la décision du gouvernement, dans un communiqué, martelant que « la sécurité de nos clients et l’intégrité de notre marketplace sont nos priorités absolues ».

  • Le groupe Entraide placé en redressement judiciaire

    Le groupe Entraide placé en redressement judiciaire

    Moins de neuf mois après l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, le groupe Entraide a été placé en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Marseille le 15 octobre dernier. Un jalon de plus pour l’association qui gère sept Ehpad et autant de résidences autonomie dans les Bouches-du-Rhône. Grevée aujourd’hui par une dette de 37 millions d’euros, celle-ci devait assumer ses lourds investissements alors que l’activité s’était effondrée avec le Covid, s’alarmait le commissaire aux comptes qui avait rendu une « opinion avec réserve » sur le bilan de l’année 2023 face à une « incertitude significative liée à la continuité d’exploitation ».

    Pour le groupe Entraide, cet automne avait été fixé comme la période ultime pour recevoir un projet de plan de sauvegarde en raison des délais légaux, retraçait lors de l’audience du 6 octobre dernier l’administratrice judiciaire nommée au début de l’année. « Malgré des relances avec une certaine insistance, les administrateurs judiciaires n’ont pas été destinataires d’un projet de plan à ce jour », s’alarmait-elle. Et pour cause. Alors même que le conseil départemental assurait au mois de juin, au travers d’une délibération pour rembourser des dettes de l’Entraide, que « des scénarios sont désormais à l’étude pour une pérennité du groupe » à travers des cessions, des revalorisations des prix, de nouvelles subventions (notre édition du 27/06), celui-ci semble avoir changé de braquet.

    Ainsi lors de l’audience, le président de l’association Hervé Cilia craignait qu’il y ait une volonté de « tuer l’Entraide », partageant son sentiment « que l’association est mise à l’épreuve et que des obstacles lui sont ajoutés jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus les relever », comme le reprend le jugement. En filigrane, on retrouve les deux dossiers qui ont mis l’association sous les projecteurs médiatiques. La vente de la résidence autonomie du Roy d’Espagne, dans les pinèdes du 8e arrondissement de Marseille, et la fermeture ordonnée par l’agence régionale de santé de l’Ehpad du Clos Saint-Martin à Pélissanne le 12 septembre après les décès considérés comme « potentiellement évitables » de trois résidents cet été (notre édition du 30/10).

    En face, la représentante du conseil départemental jurait que celui-ci « est très préoccupé par la situation », mais qu’il reprochait à l’Entraide « des carences dans la planification ainsi que la gestion de ses budgets depuis plusieurs années ». De quoi étonner le président du tribunal. Alors que la procédure avait été ouverte au mois de janvier, celui-ci n’entendait que lors de l’audience « qu’un plan de continuation ne serait pas intéressant ». Et de s’interroger ouvertement « sur la vision du donneur d’ordre ». L’administratrice judiciaire elle-même indique qu’elle a sollicité la collectivité pour déterminer le nombre d’établissements à maintenir, sans réponse. La représentante du Département balaie : celui-ci « n’a plus confiance et ne souhaite pas soutenir un plan de continuation ». Ne laissant la porte ouverte qu’à d’éventuels repreneurs.

    Salariés éprouvés

    À l’audience, les administrateurs judiciaires minimisaient la situation à l’Ehpad de Pélissanne avec des mots dans la presse « qui n’ont pas lieu d’être ». Mais sans cacher leurs inquiétudes « sur la situation des autres établissements et sur l’accélération de la dégradation constatée ». « Les salariés se sentent, eux, abandonnés », alertait de son côté la représentante du conseil social et économique. Et de rappeler que la situation de l’association résulte « uniquement des conséquences de décisions politiques » faute de soutien du Département ou de l’ARS.

    Face à « son périmètre humain trop important pour ne pas utiliser tous les outils à la disposition du tribunal afin de trouver des solutions de sortie positive », celui-ci a donc prononcé le redressement judiciaire, donnant un pouvoir de représentation aux administrateurs judiciaires « pour tous les actes de gestion ». Rendez-vous est donné le 7 janvier pour apprécier la capacité de l’association à maintenir son activité. « La liquidation judiciaire potentielle sera également abordée », prévient le jugement.

    Sollicité, le Département n’a pas donné suite. L’association a indiqué qu’elle répondrait ultérieurement.

  • Chanter, danser, pour pouvoir soutenir les actions du Secours populaire

    Chanter, danser, pour pouvoir soutenir les actions du Secours populaire

    Faire la fête, en temps de difficultés. Tel est le credo du Secours populaire aixois qui loue, ce vendredi 7 novembre, la salle du 6MIC pour une grande soirée « Swingpop ». D’abord pour célébrer les 80 ans de l’association, certes, mais aussi parce qu’il faut pouvoir assurer financièrement les actions du Secours.

    Pour cause, les bénéfices iront directement dans les caisses de l’antenne et permettront, à court terme, de préparer les colis alimentaires des fêtes de fin d’année ou le Noël des enfants. « On voudrait sensibiliser les gens à travers cette soirée. on ne va pas faire pleurnicher les gens sur notre sort mais rappeler que depuis 80 ans, le Secours populaire aide les plus démunis de façon inconditionnelle, partout, et dans toutes les circonstances », rappelle Catherine Zaparty.

    Présidente de l’antenne locale pendant quinze ans, elle a récemment passé la main et est désormais en charge des animations culturelles. « La balance n’est plus équilibrée entre les dépenses et ce qu’on peut recevoir. La seule subvention que l’on a est celle de la mairie, ce qui ne suffit pas à faire bouillir la marmite, poursuit Catherine Zaparty, rappelant que les Secours populaires sont autonomes financièrement. Pour le budget prévisionnel 2026, on a une estimation de 30 000 euros de frais de dépense alimentaire contre 2 000 euros de subvention alimentaire, il faut qu’on trouve de l’argent. On a les demandes en très forte hausse. Parallèlement, l’aide du fonds d’aide européen, qui s’appelle le SEAA qui est en diminution constante. » Sur l’année passée, ce sont 15 000 passages qui ont été enregistrés rien que sur le volet alimentaire.

  • L’extension du centre de primatologie fait toujours débat

    L’extension du centre de primatologie fait toujours débat

    Rappel des faits. En avril, la presse rapportait largement le projet d’extension de la station de primatologie, gérée par le CNRS et basé sur la commune. Les animaux élevés sur ce site permettent notamment de répondre aux besoins d’instituts de recherche publique dans la recherche biomédicale. Or, depuis l’interruption d’importations chinoises de primates, post-Covid, l’État renforce sa « souveraineté nationale » dans ce domaine. C’est dans ce contexte qu’une extension estimée à 6 000 m² de plancher, pour l’élevage d’environ 1 800 primates doit voir le jour. Le projet a largement fait couler de l’encre, notamment du côté des associations animalistes, malgré les assurances du CNRS de « conditions optimales » pour les primates. De son côté, le CNRS organise depuis le 16 octobre une large concertation préalable et ce, jusqu’au 16 novembre. Le 3 novembre, le tribunal administratif de Marseille examinait un recours déposé par One Voice « contre le refus du CNRS et de l’université Aix-Marseille de communiquer l’ensemble des documents publics relatifs aux primates exploités dans leurs laboratoires », indiquait l’association.

    Toujours des questions

    Ce mercredi, c’est dans une salle Emile-Ventre sous surveillance policière, que les équipes et les associations animales se sont retrouvées pour débattre, au lendemain d’une visite organisée sur les lieux. « (Le projet) a encore du sens, ne cessera de répéter Bruno Lucas, responsable du bureau éthique et consultation pour le CNRS, rappelant que les primates représentent 0,2% des animaux dans la recherche. Dans certains cas, les méthodes alternatives ne sont pas prêtes à répondre à l’immunologie et aux neurosciences. » « Ce ne sont pas des objets, ce sont des êtres sensibles ! », lance l’une des participantes. Si les enjeux médicaux du projet ont largement été réitérés par les équipes, le sujet de l’impact territorial a occupé les trois quarts de la présentation. Emplois, environnement, avec de premiers résultats d’un premier diagnostic faune et flore… « Il est incomplet, puisque les périodes de prospection ne sont pas indiquées », pointe une militante environnementale. « Il sera mis à jour avant la fin de la concertation », assure Nicolas Auroy, adjoint responsable au service technique du CNRS. « Ce projet ne devrait pas voir le jour, le dossier ne contient aucune vision prospective. Qu’en sera-t-il dans 5 ou 10 ans ? interroge Denis Schmid, président du Collectif vauclusien de protection animale. La meilleure façon de préserver la biodiversité est de ne pas réaliser le projet. On nous parle du bien-être animal, mais que deviennent les animaux une fois sortis de ce qu’on nous présente comme le club Med pour macaques ? »