Category: societe

  • A Marseille, la posidonie retrouve des couleurs

    A Marseille, la posidonie retrouve des couleurs

    L’initiative de préservation et de sauvegarde des herbiers de posidonie, adoptée il y a deux ans, semble pour l’instant être un succès. Lors du vote du Plan posidonie, fin 2023, douze projets devaient être lancés sur cinq ans. Début 2026, neuf d’entre eux ont déjà été engagés et les observations sont positives.

    Ce plan a pour vocation de préserver ce « poumon de la Méditerranée », menacé par un trafic maritime intense, les activités humaines et la pollution de l’eau. Hervé Menchon, adjoint au maire en charge de la mer et de la biodiversité marine, souligne d’une part l’engagement de la Ville, « seule municipalité à subventionner », et d’autre part celui du GIS posidonie, qui a réalisé les phases d’expérimentation. Le programme est le fruit d’un travail collectif mené avec des scientifiques et des associations, dont « les résultats sont concluants », précise l’élu.

    « Un trésor immergé »

    Les herbiers de posidonie, espèce endémique, « s’étendent sur 107 hectares autour du Frioul, 414 hectares autour de l’archipel de Riou (…) et près de 100 hectares entre l’Estaque et Corbière », détaille la Ville de Marseille. Patrimoine maritime, « c’est un trésor, c’est notre monument immergé. À Paris, ils ont la tour Eiffel, nous, on a une tour Eiffel sous l’eau. Pour moi, on est à ce niveau de valeur », affirme Hervé Menchon.

    Il rappelle aussi le rôle de cette plante dans la relation entre les habitants et la mer : « Grâce à la posidonie, on a réintroduit la culture de la mer à Marseille : on s’est aperçu que cette mer devait être protégée, car elle a des influences directes sur nos modes de vie et notre climat. »

    Pour préserver ces végétaux précieux, l’Alliance posidonia, dont la Ville est membre, mène le programme « Résiliation et restauration de l’herbier de posidonie de la baie du Prado ». La première action, « Reposeed » a permis un taux de survie de 3%. La deuxième, « Transpo-Marseille », a obtenu « après quatre mois, un taux de survie de 90 à 100% ».

    Les effets sont visibles pour les habitants. La plage des Prophètes s’est agrandie grâce à la « technique du mille-feuilles, qui a permis de stabiliser l’érosion du sable. Sur la partie nord, le sable a avancé vers la mer ». Hervé Menchon souligne, avec cet exemple, les « bienfaits immédiats de ce Plan posidonie ». Avec ce bilan, la Ville expose des résultats encourageants.

    Au Frioul, la protection est aussi de la partie, ajoute l’adjoint à la mer : « Des bouées écologiques ont été installées pour que les bateaux ne jettent pas l’ancre. » Malgré ces résultats encourageants, Hervé Menchon rappelle la fragilité de l’écosystème : « La posidonie aujourd’hui se porte mieux, mais ça reste un herbier fragile. Le retour en arrière pourrait être très rapide, il suffirait de cesser d’être vigilant, de laisser les bateaux aller n’importe où. » Quoi qu’il en soit, « le plan se poursuit, et est une avancée formidable pour la ville de Marseille et pour l’écologie », conclut-il.

  • La région Sud au fil des stands au Salon de l’agriculture

    La région Sud au fil des stands au Salon de l’agriculture

    Dans le hall 7, entouré des stands des départements l’institution provençale met en valeur les AOP, IGP et label bio de ses huiles d’olive, vins rosés et fruits et légumes de son territoire. Les vins régionaux seront particulièrement mis en avant grâce à un parcours œnologique « avec des temps de dégustation et de présentation des appellations contrôlées ». Un espace cuisine permettra également aux visiteurs de découvrir les saveurs provençales. Enfin, l’espace producteur laissera le loisir de tout un chacun d’échanger directement avec ceux qui travaillent la terre, en favorisant les circuits courts. Durant les deux semaines du salon, différentes activités seront également proposées notamment sur l’anti-gaspillage et la souveraineté alimentaire.

    Vaucluse : un marché couvert de la gastronomie

    Pour cette nouvelle année de présence sur le salon de l’agriculture, c’est sous la forme d’une halle que le Vaucluse va investir le parc des expositions. Des producteurs du département échangeront avec les visiteurs dans une reproduction d’un marché couvert. Agriculteurs, viticulteurs, apiculteurs, distillateurs et chefs cuisiniers seront ainsi présents sur ce stand, offrant la découverte des vins vauclusiens et de sa gastronomie. Le champion du monde de Burger sera également présent mercredi 25 février pour proposer des hamburgers avec des produits vauclusiens. Il sera également possible pour les visiteurs de découvrir la traditionnelle soupe au pistou.

    Var : littoral, forêts, rosé et mimosa

    Le stand façon crique méditerranéenne (paillote, pointu [barque de pêche traditionnelle], bar à coquillages), aura pour but de valoriser la viticulture – notamment le rosé, dont le Var est premier producteur mondial, l’horticulture, les produits oléicoles, et les produits de la mer. Plusieurs temps forts : lundi (9h45) une séquence dédiée à la filière du mimosa, deux tables rondes mardi : la première (10h30) sur les « vocations aux métiers agricoles et de la pêche traditionnelle », en lien avec les bénéficiaires du RSA, la seconde sur « l’agroforesterie dans le Var », et les enjeux de protection de la forêt dans un département qui en est recouvert à plus de 70%. Enfin, les visiteurs pourront profiter des stands (vins, plats traditionnels, cosmétiques…) tenus par 18 exposants, pour découvrir les spécialités locales.

    La pomme des Alpes-de-Hautes-Provence fait le voyage

    Cultivée entre le froid alpin et l’air méditerranéen, la pomme des Alpes de Haute Durance est le fruit d’un savoir-faire et d’un terroir unique que le département des Alpes-de-Hautes-Provence a décidé de mettre à l’honneur pour cette 62e édition du salon de l’agriculture. Des producteurs engagés seront présents dès ce samedi pour présenter ce fruit, labellisé IGP. Un espace dégustation permettra également de découvrir chaque jour les produits et saveur du département.

    Enfin, le réseau « bienvenu à la ferme » organisera différentes activités pour faire découvrir le monde agricole au plus grand nombre, avec des jeux ludiques pour les familles.

    Tourton, bleu du Queyras et ravioles pour les Hautes-Alpes

    Dans un écrin de bois de mélèze, les Franciliens pourront se croire quelques instants dans les Hautes Alpes, au sein du stand du département. L’occasion pour ces derniers de découvrir la diversité des spécialités alpines : tourton, bleu du Queyras ou encore ravioles. Une cantine haute alpine sera ouverte pour permettre aux visiteurs de se sustenter grâce aux produits locaux de ce territoire. Le bistrot des Hautes-Alpes sera aussi l’occasion pour les curieux de découvrir les différents alcools et boissons, typiques des cols enneigés du département : du vin au jus de fruit en passant par des spiritueux.

  • [On passe à table] Les tagliatelles fraîches sauce cacio e pepe

    [On passe à table] Les tagliatelles fraîches sauce cacio e pepe

    Cette semaine nous vous proposons un voyage direction l’Argentine et plus précisément Buenos Aires aux côtés de Barabara. Un pays où 75% de la population est issue de l’immigration italienne. Ce qui se retrouve beaucoup dans la gastronomie locale.

    Un goût unique

    Pour réaliser la pâte des tagliatelles, rien de plus simple il vous faudra mélanger la farine, le sel et l’œuf, en dernier que vous casserez à part avant de l’incorporer au mélange au cas où celui-ci ne serait plus frais.

    Mélangez à la main dans un saladier puis une fois que la grande majorité des ingrédients est amalgamée, déposez sur un plan de travail et continuer à travailler le tout pour former une belle boule homogène. Attention, la pâte doit être relativement sèche et ne pas coller aux doigts, cependant si vous voyez que celle-ci présente quelques craquelures, vous pouvez ajouter un peu d’eau au fur et à mesure. Les œufs ayant tous un calibrage différent, il se peut que celui que vous avez utilisé soit un peu petit pour la quantité de farine donc on comble ce qui manque avec de l’eau. Une fois la boule formée, laissez reposer 10 à 15 minutes avant de l’étaler au rouleau sur un plan de travail enfariné. Si vous avez un laminoir à la maison, inutile de trop étaler la pâte au rouleau avant de la passer dans la machine.

    Vous commencerez par l’écart le plus large et passerez deux fois la pâte dans le laminoir pour chaque taille en la pliant en deux après le premier passage. Utilisez ensuite l’outil qui permet de donner la forme désirée à vos pâtes. Sinon, vous pouvez très bien étaler la pâte finement au rouleau à la main et couper vos tagliatelles au couteau.

    Une sauce nappante

    Faites bouillir une casserole d’eau et à l’ébullition salez abondamment. Plongez-y ensuite vos tagliatelles pas plus d’une minute pour une cuisson al dente. Pendant ce temps faites chauffer une poêle et déposez une belle noix de beurre ainsi que le poivre moulu pour le faire légèrement torréfié et intensifier son goût. Sortez vos pâtes de l’eau avec une pince sans les égoutter. Il est important qu’une partie de l’eau de cuisson soit dans la sauce, l’amidon étant un liant. Mélangez bien le tout sur le feu. Encore du poivre et râpez le parmesan par-dessus. Servez, et râpez de nouveau du fromage sur le plat. Bon appétit !

    Pour une portion de 150g de pâtes, soit une personne, il vous faudra :

    – 100g de farine

    – 1 œuf

    – Du sel

    – Du poivre noir moulu

    – Du parmesan

  • L’État propose 150 millions pour sauver Fibre Excellence

    L’État propose 150 millions pour sauver Fibre Excellence

    Une nouvelle qui tombe à pic ? Alors que l’entreprise Fibre Excellence et ses deux usines, dont celle de Tarascon, était au bord d’un gouffre financier et menacée de fermeture, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, annonce la possible arrivée de 150 millions d’euros pour renflouer les caisses. Une annonce faite chez nos confrères de La Dépêche, qui se découperait en deux parties de 75 millions d’euros chacune. La première serait composée notamment d’un « abandon des dettes publiques et sociales » et d’intégration aux quotas carbone. La seconde porterait sur « une garantie de l’État sur la moitié des investissements du plan industriel ».

    Le conditionnel reste de mise car le ministère demande à l’actionnaire de l’entreprise des contreparties et qu’il apporte « des fonds ». « Les propositions apportées par l’État sont un premier pas dans la bonne direction », réagit l’entreprise, par communiqué de presse ce vendredi. « Nous allons étudier, dans les jours à venir, avec le plus grand soin ces propositions, avec leurs effets immédiats et ceux à moyen-long terme », développe son PDG, Jean-François Guillot.

    Un sursis mais…

    En bref, rien d’acté pour l’heure. Dans cette lignée, la CGT du site tarasconnais accueille la nouvelle positivement mais l’analyse comme « un sursis ». « Ce qui est présenté est très bien. C’est un beau geste. On est satisfaits mais pas rassuré », explique Laurent Quinto, pour la Filpac-CGT. « Ce sont des soins palliatifs. Même avec cette injection, le problème structurel n’est pas réglé. D’autres mesures sont nécessaires pour qu’on soit dans le positif financièrement », développe-t-il. Il a dans le viseur le prix du bois, nécessaire au site pour sa production de pâte à papier et une « revalorisation du prix de revente de l’électricité ». Cette dernière revendication est jugée par l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT) comme essentielle à « la pérennité du site ». « Sans travail avec la filière du bois, sans renégociation du prix du Mégawattheure, la pérennité des sites n’est pas assuré », martèle Laurent Quinto. D’autant que ces points étaient l’objet de discussion au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) depuis plusieurs mois. « Au Ciri, on nous a pas du tout discuté des mesures annoncées. À part cette annonce dans la presse, nous n’avons pas de détails », conclut la CGT. Suite au prochain épisode donc.

  • « Ce qui nous manque vraiment, c’est notre liberté »

    « Ce qui nous manque vraiment, c’est notre liberté »

    Il faut un talent hors du commun pour être italien. De la patience (à profusion), de la soumission, de la résilience et une bonne dose de résignation.
    Il y a deux jours, j’ai quitté Naples pour Rome. Il s’agit d’un trajet d’une heure en TGV, ce qui a un certain coût. Mon retour était prévu à 18h15. Malheureusement, les horaires de la gare Termini ont commencé à clignoter, annonçant des retards.

    On ne parle pas de minutes, mais d’heures. Et cela se produit régulièrement depuis que le vice-Premier ministre Matteo Salvini est devenu ministre des Transports. J’ai moi-même été victime de ces retards inexplicables à maintes reprises. Mais, comme l’autre jour, mon sentiment de droit acquis finit par l’emporter sur ce « talent » italien que le nouveau fascisme du gouvernement Meloni apprécie tant.

    Ça m’arrive. Je l’admets. Et je considère comme une insulte à l’intelligence d’expliquer les retards de train par des actes de sabotage, comme le prétend le ministre Salvini. Ainsi, nous avons des gares, et pas seulement celle de Rome, lourdement gardées par les forces de l’ordre, et des trains qui n’arrivent pas à destination. La propagande de l’état d’urgence, comparée par les responsables gouvernementaux aux années du terrorisme, est appliquée à la moindre perturbation. Dans les écoles, avec des détecteurs de métaux ; dans les lieux publics et dans les hôpitaux, avec une présence policière accrue pour intervenir au cas où un citoyen s’emporterait après une nouvelle violation de ses droits.

    Le décret de sécurité est clair. Toute personne manifestant s’expose à une détention policière et à des poursuites pour de nouveaux délits violant les droits constitutionnels. Dans ce contexte, un train en retard ne peut être qu’un sabotage, ou simplement… un clou, comme l’expliquait le vice-Premier ministre en octobre dernier, lorsque la paralysie du trafic ferroviaire dans la capitale s’expliquait ainsi : un employé d’une entreprise privée avait… planté un clou dans le mauvais câble.

    « Écoutez, expliquait Matteo Salvini à l’époque, je veux le nom, le prénom et le numéro d’identification fiscale de la personne qui a gâché la journée de milliers d’Italiens bloqués du nord au sud. Et comme on paie pour ses erreurs, je veux savoir s’il y a une responsabilité et qui est responsable. » Pendant quelques jours, l’ouvrier qui plantait des clous la nuit était ainsi devenu l’homme le plus recherché d’Italie.

    Vous pensez peut-être, chers lecteurs, que je plaisante. Pourtant, c’est la réalité. Environ 14 millions d’euros ont été investis dans la construction du pont reliant Messine, en Sicile, au continent. Ce projet inutile, à l’impact environnemental discutable, remplacera un ferry qui transportait traditionnellement les wagons de train directement vers le continent, un trajet de quinze minutes entre l’île et le continent. En Italie, la liberté est sacrifiée au profit de la sécurité, la propagande au profit d’une information exacte.

    Vous vous demandez peut-être à quelle heure je suis finalement rentrée rentré. 23h ! Épuisée par l’attente, incapable de protester en entraînant les autres voyageurs dont la patience, il faut bien le reconnaître était manifestement une vertu plus développée que la mienne. Et puis, manifester est risqué sous l’œil vigilant des forces de l’ordre, qui ont le droit de détenir les contrevenants jusqu’à douze heures.

    Et ceux d’entre nous qui, comme moi, croient en certaines valeurs, n’ont d’autre choix que la « résistance constitutionnelle ». En s’appuyant sur ce texte fondamental que nos gouvernants tentent de modifier par le biais du référendum sur les pouvoirs judiciaires, prévu en mars. Un référendum qui, au-delà de la question extrêmement sensible qu’il soulève, vise à saper l’état de droit. Un vote qui marquera une ligne de partage entre ceux qui veulent de cette extrême droite qui montre les muscles et les Italiens qui ne cèdent pas.

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome

  • Protoxyde d’azote : le préfet du Gard durcit le ton

    Protoxyde d’azote : le préfet du Gard durcit le ton

    Le département du Gard reste meurtri par le tragique accident survenu début décembre à Alès. Trois jeunes de 14, 15 et 19 ans avaient perdu la vie après que leur véhicule a percuté un mur et s’est retrouvé dans une piscine. Après analyse, il s’avère que le conducteur avait consommé de l’alcool, du cannabis mais aussi du protoxyde d’azote. Cet accident avait ainsi remis sous les projecteurs l’utilisation du protoxyde d’azote aussi appelé « gaz hilarant », qui n’est pas considéré comme une drogue.

    Utilisé dans la santé en tant qu’analgésique ou en pâtisserie, il est stocké dans des cartouches pour siphon à chantilly ou dans des aérosols. Depuis plusieurs années, il est aussi utilisé dans un contexte récréatif car il provoque une ivresse légère et des fous rires incontrôlables dont les effets peuvent durer quelques dizaines de secondes. Si, comme à Alès, plusieurs auteurs d’accidents mortels avaient consommé du protoxyde d’azote en France ces derniers mois, son usage répété peut aussi avoir de lourdes conséquences comme des asphyxies, des pertes de connaissance et des atteintes neurologiques irréversibles. La multiplication des bonbonnes jetées dans la nature crée également des problèmes environnementaux car leur traitement coûte extrêmement cher. La mairie de Nîmes a ainsi évalué à « 18 euros le coût du traitement par bouteille ».

    Nouvel arrêté dans le Gard

    Face à cette situation, la préfecture du Gard avait interdit depuis le 28 novembre 2025 la vente de protoxyde d’azote aux mineurs, la détention dans l’espace public par des mineurs de cette substance, le dépôt des contenants dans les lieux publics et sa vente dans les débits de boissons et les débits de tabac. L’utilisation « de manière détournée du protoxyde d’azote à des fins récréatives dans l’espace public » était aussi devenue illégale.

    Le 2 février, le préfet du Gard a renouvelé cet arrêté et est même allé encore plus loin en signant un nouvel arrêté interdisant le transport du protoxyde d’azote sans motif légitime dans un véhicule. Cet arrêté limite aussi la vente à de petites cartouches de 8,6 grammes maximum, avec un plafond de dix unités par achat.

    « La consommation détournée de protoxyde d’azote est un problème de santé publique en pleine expansion, touchant particulièrement les mineurs et entraînant des effets dévastateurs, voire mortels », a justifié Jérôme Bonet.

  • Un cinéma itinérant pour les habitants de zones rurales

    Un cinéma itinérant pour les habitants de zones rurales

    Le but est d’aller dans des communes éloignées d’une salle de cinéma et leur proposer une manifestation culturelle qu’ils n’ont autrement pas. » Salarié depuis 23 ans du cinéma itinérant fondé par Jean-Marie Cayet, Thierry Sapone est l’un des trois travailleurs qui sillonnent les routes sinueuses des Alpes-de-Haute-Provence, au volant de l’un des deux fourgons de l’association chargés de matériel de projection. Avec eux, tout un réseau de bénévoles et de correspondants locaux permet aux habitants des villages les plus isolés d’avoir accès à la culture.

    « Parfois, on doit faire quatre heures de route aller-retour, puis six heures de projection, et les entrées ne couvrent même pas ça, avec notre tarif unique de 6 euros », explique le plus ancien des salariés de l’association. « Depuis la sortie du Covid, c’est compliqué financièrement. Cette année, on est en négatif, les entrées sont en baisse. L’année dernière a été catastrophique », regrette-t-il. « On ne pourra pas faire encore deux ans comme ça. » Chaque séance coûte « entre 400 et 500 euros » à l’association. L’été, les équipes proposent des séances en plein air et partent en binôme. Le reste de l’année, le projectionniste part seul et utilise des salles mises à disposition par les mairies. Les correspondants locaux de chaque commune aident à ouvrir la salle, installer, gérer la caisse.

    35 villages

    et 130 bénévoles

    Le cinéma itinérant se déplace dans « à peu près 35 villages » et a un réseau d’environ 130 bénévoles et correspondants locaux. En termes de fréquentation, « parfois, on fait des séances où il n’y a quasiment personne dans la salle. Là, on a passé le Marsupilami avant-hier à Valensole, on a eu 50 personnes, donc on est contents », se réjouit Thierry Sapone. En moyenne, « on est à 27 entrées par séance. Notre but est de monter à 35, la moyenne nationale des cinémas itinérants. »

    « Quand on va dans des petites communes comme La Palud-sur-Verdon, ils sont à 1h30 ou 2h du cinéma, donc ils sont bien contents quand on arrive ! », lance le salarié. Le cinéma itinérant, classé art et essai, propose aussi bien des films pour enfants que des comédies. « C’est important pour nous, on propose un cinéma de qualité, on ne passe pas que des gros blockbusters », explique Thierry Sapone. Le fondateur du cinéma itinérant, nommé Cinéma de Pays, Jean-Marie Cayet, a passé la main à un nouveau directeur, Stéphane Paillet.

    Prochaines dates à Sausses
    et à Seyne ce samedi 21
     février
    à 18h et 20h30, autres dates
    à retrouver sur le site cinemadepays.fr

  • La première bière 100% artisanale à obtenir le label « Esprit parc »

    La première bière 100% artisanale à obtenir le label « Esprit parc »

    Une levure exclusive 100% haut-alpine entre dans le processus de fabrication de la bière », explique fièrement Jean-Marie Bernard, président du Département des Hautes-Alpes. Guillaume Waille et Jean Escalon, codirigeants de la brasserie Walpine de Saint-Jean-Saint-Nicolas avaient un objectif en tête : élaborer une bière naturelle et locale. Leur désir était que, du houblon au malt, en passant par les levures et l’eau, la bière soit confectionnée à partir de produits naturels et locaux afin d’obtenir le label « Esprit parc ». La brasserie étant située au sein du Parc national des Écrins.

    Un label exigeant qui valorise la passion pour le territoire, les savoir-faire et la nature. Il atteste également que le produit s’inscrit dans un processus écologique qui préserve la biodiversité. Ils se sont mis au travail dès leur retour du Salon de l’agriculture 2024, en collaboration avec le laboratoire départemental pour confectionner une levure 100% haut-alpine.

    Nature et savoir-faire

    « Le partenariat entre la brasserie et le laboratoire départemental a permis la création d’un produit d’une très grande qualité (…)La démarche a permis à La Walpine de décrocher le label “Esprit Parc national”, une véritable consécration pour ce travail partenarial », conclut avec enthousiasme Jean-Marie Bernard. C’est la première bière à obtenir ce label en France. La brasserie Walpine sera présente sur le stand des Hautes-Alpes au Salon de l’agriculture à Paris, du samedi au lundi.

  • Terres rares : comment gagner en autonomie par rapport à la Chine

    Terres rares : comment gagner en autonomie par rapport à la Chine

    Une trentaine de chercheurs et chercheuses ont épluché pas moins de 4 100 publications scientifiques pour établir l’état des connaissances sur les défis et les opportunités d’une utilisation responsable des terres rares. L’objectif ? « Éclairer le débat public et la décision sur ce sujet sociétal important », résume Clément Levard, physico-chimiste et directeur de recherche CNRS au Centre de recherche et d’enseignement en géosciences de l’environnement (Aix-en-Provence), qui a copiloté un rapport récemment publié. « Cela s’inscrit dans une volonté de gagner en autonomie par rapport à la Chine pour renforcer notre souveraineté. »

    Car ces terres rares tant convoitées par l’industrie proviennent aujourd’hui majoritairement de Chine. Si les ressources sont plutôt distribuées sur la planète, les infrastructures pour les traiter, les séparer et les raffiner sont à 90% en Chine. « Cela crée des tensions dans un contexte géopolitique complexe », constate Clément Levard. Notamment lorsque le pays réduit ses exportations suite à un différend avec le Japon en 2010, ou plus récemment lors de l’épisode des droits de douane imposés par Donald Trump.

    Trois leviers

    Les scientifiques exposent trois leviers pour être plus souverains : la réduction de l’usage des terres rares, leur recyclage et l’extraction autrement. « Il existe un potentiel important de réduction par la substitution ou la sobriété d’usage mais la réflexion sur les usages est trop peu développée, regrette Clément Levard. En prioriser certains et faire autrement pour d’autres pourrait être un gros levier. » Quant au recyclage, seul 1% des terres rares sont recyclées. Pour plusieurs raisons : des objets dispersés difficiles à collecter, la rentabilité du recyclage et l’absence de traçabilité de la présence de terres rares dans les objets. « Mais il n’y a pas d’obstacle technologique, insiste le chercheur. Nous savons faire. » Enfin, il y a des terres rares dans certains déchets industriels et miniers -boues rouges, cendres de charbon ou résidus d’extraction de phosphates. « L’Europe a des stocks importants, assure-t-il. Mais aller y chercher des terres rares est encore peu rentable. »

    Et les ressources primaires ? « Il est raisonnable de penser qu’en consommer moins et mieux les recycler ne suffira pas à répondre à la demande croissante », admet Clément Levard. L’Europe peut nouer des partenariats avec des pays qui en ont –comme le Brésil– ou se pencher sur ses propres ressources : en Norvège, en Suède et au Groenland. « Mais ouvrir des mines prend des années et est souvent décrié par les populations locales », nuance le chercheur. La France a potentiellement des ressources dans ses fonds marins. « Mais les stocks sont incertains, ajoute-t-il. Et cette extraction pourrait avoir d’énormes impacts environnementaux irréversibles. » Raison pour laquelle la solution n’est pas privilégiée.

  • Lucien Molino. Un bilan d’action sociale conséquent

    Lucien Molino. Un bilan d’action sociale conséquent

    Un bilan substantiel fut donc présenté aux 400 000 syndiqués enregistrés au congrès de l’UD en 1946 : contournement du blocage des salaires, action contre la hausse des prix, défense de la Sécurité sociale, réquisitions des entreprises dont les patrons avaient collaboré, sans oublier l’aide apportée par notre UD aux nationalisations, en particulier des Charbonnages de France et de l’Électricité et Gaz de France. De nombreux stages de formation syndicale avaient été organisés à Gémenos où nous avions acheté une colonie de vacances et un moulin. Un restaurant y était aussi ouvert au public avec un chef cuisinier, notre camarade Veran du Rouet, qui administrait aussi le moulin. Quel regret d’avoir perdu ce que nous considérions comme un facteur humain au service des travailleurs et de leurs familles ! Tels étaient les points essentiels que nous présentions aux congrès de 1946.

    Le bilan nous permit de combattre les diviseurs avec succès. Les minoritaires évincés de postes de direction supportaient mal leur affaiblissement et la rancœur qui en résultait dans notre département se transformait en machine de guerre contre les majoritaires et l’unité. À Marseille, les élus minoritaires (Dumonceau, du syndicat du livre déjà cité, mais aussi Arthur des marins, Bastellica des employés de commerce) continuaient leur bataille contre l’Union départementale, aidés par le veto de la CFTC qui prônait les vertus de la « pluralité syndicale ». Comme les minoritaires, celle-ci développait le thème de l’indépendance syndicale sur deux tendances, la première jouant le jeu du Parti socialiste et la seconde liée à l’Église, fondamentalement anticommunistes. La contre-offensive unitaire dans le pays n’eut pas le succès obtenu à Marseille. Il est vrai que la nôtre prit une vigueur exceptionnelle appuyée par la confiance ouvrière que l’attitude adoptée dans la clandestinité et la libération de Marseille avait renforcée.

    1947, nouvelles tensions

    Le gouvernement homogène socialiste annonça, le 31 décembre 1946, une baisse des prix en deux étapes.

    De fait, la manœuvre préparée par le CNPF permettait de « rattraper » les hausses différées, ce qui correspondait parfaitement à une demande toute récente de Washington et n’avait pour but que de s’opposer aux augmentations de salaires demandées par les ministres communistes. La presse de droite et Le Provençal s’exaltaient et approuvaient l’attitude du gouvernement. La CGT se trouva divisée nettement sur les augmentations de salaires.

    Mais, tout comme 1946 avait débuté avec la démission du général de Gaulle, 1947 commença avec celle de Léon Blum, éphémère président du Conseil de la 4e République. Au comité confédéral national du 15 janvier 1947, les minoritaires avec leur revue Force ouvrière portèrent aux nues l’initiative de Léon Blum : s’opposant à la hausse des salaires en argumentant sur la baisse des prix. Tout semblait alors concourir à l’affaiblissement du mouvement syndical et favoriser un rigoureux blocage des salaires.

    à suivre la semaine prochaine…