La formation Premiers Secours Citoyens ou PSC est une formation qui aide à avoir les bons réflexes pour les incidents les plus communs : malaise, brûlure, étouffement…
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Commémorer la longue route des personnes exilées
« En France, il n’y a pas une année sans qu’il y ait une loi répressive sur les étrangers. On a eu la loi asile et immigration en 2023, la circulaire Retailleau, maintenant les nouveaux textes sur l’apprentissage du français. On a l’impression que tous les six mois, une nouvelle mesure vient restreindre le droit des étrangers », se désole Marie Moretto, déléguée nationale de la Cimade en Languedoc-Roussillon.
Si la France se défend pour maltraiter les exilés, l’Union européenne n’a pas à rougir en la matière. En effet, le 8 décembre, les 27 pays ont adopté un texte durcissant nettement la politique migratoire européenne. Ainsi, il sera possible d’envoyer des migrants dans des centres établis hors des frontières de l’UE, des hubs de retour. À cela s’ajoute un durcissement des sanctions envers les étrangers et un allongement de la durée de détention.
C’est dans ce contexte nauséabond que se tient la journée internationale des migrants, le 18 décembre. À Montpellier*, une manifestation est organisée afin de réaffirmer le principe de solidarité semblant faire cruellement défaut à la majeure partie de nos responsables politiques, qui préfèrent courir derrière une extrême droite à la xénophobie latente. « Il y a une utilisation de la migration par certains partis au détriment de tout ce qui est logique. De plus en plus d’études montrent que l’immigration est bénéfique en termes économiques comme démographiques. On a besoin de régulariser massivement des personnes en Europe. Et pour des enjeux électoralistes, on n’arrive pas à avoir une discussion sérieuse et objective sur cette thématique-là », soutient Marie Moretto.
« On leur pourrit la vie »Cela se traduit par une maltraitance globale pour les personnes exilées : hausse du niveau de français pour un titre de séjour mais baisse de la qualité des cours – dispensés par l’IA – , exigence d’avoir travaillé pour être régularisé mais impossibilité de travailler sans papiers… Sans parler des expulsions tous azimuts, politique inefficace. « On a l’impression que tout est fait pour pourrir la vie des exilés afin de les faire rentrer chez eux. Mais si ces personnes ont traversé la Méditerranée, pris tous les risques pour arriver ici, elles ne vont pas rentrer, même si vous leur rendez la vie extrêmement difficile car il n’y a rien pour elles au retour », fait valoir la déléguée de la Cimade en région.
Face à cette situation, l’association ne baisse pas les bras. « On essaye notamment de multiplier les espaces de vivre-ensemble où on fait se rencontrer les personnes. On sait que beaucoup de gens qui ont des préjugés sur les migrants n’en connaissent pas ou peu ». Et regardent un peu trop CNews.
*Rassemblement à 16h devant la DDETS avant une manifestation à 18h, place de la Comédie.
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![[Le feuilleton] Autobiographie d’un menteur](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2025/12/8215f67db8cd13c590ad452f7747dd21.jpg)
[Le feuilleton] Autobiographie d’un menteur
Pierre Dharréville est journaliste et écrivain, auteur d’essais mais aussi des fictions comme En l’absence de Monsieur J ou L’enlumineur. Il est également connu pour son engagement politique en tant qu’élu communiste sur notre territoire et notamment comme député de la 13e circonscription.
Pour ces périodes de fêtes, La Marseillaise vous propose Autobiographie d’un menteur, un texte inédit situé dans le milieu journalistique. Une fable romanesque à retrouver chaque jour de la semaine jusqu’à la fin des vacances.
Ses costumes tirés à quatre épingles ne mentaient pas : il était l’un des éditorialistes à la mode quoiqu’il se passe. Bavard comme un patron de bistrot, il était l’homme de l’éclairage à chaud, il tirait l’épée avec prestance sur tout et n’importe quoi.
— Alors ? De quoi s’agit-il ?, fit Patrice Quiniond qui s’impatientait.
François Chotard venait de remercier sans crier gare l’un de ses proches conseillers — et l’une de leurs sources les plus prolixes. Pourtant, la veille encore, les deux hommes avaient passé ensemble le dimanche à la campagne et Chotard lui avait sorti le grand jeu, avec cigares artisanaux et whisky de son année de naissance. Le baiser de Judas. La veille il le faisait prince, le lendemain, il n’était plus qu’un gueux. C’était la fable du pouvoir.
— Les tensions se multiplient, remarqua Jules Frimat.
— Et ce n’est pas sans lien avec les bruits de remaniement ministériel à la rentrée, poursuivit Justine Paintendre.
— Ça ne suffira pas à donner une nouvelle virginité à la majorité.
La politique du gouvernement commençait à provoquer quelques secousses, mais le Président du Conseil semblait tenir bon.
— Il a été bon hier, il a marqué des points, pérora Jules Frimat en hochant la tête d’un air satisfait.
Ils échangèrent quelques impressions à leur façon sur l’état de l’opinion, qui valaient pour ce qu’ils en croyaient savoir depuis les couloirs des rédactions et des institutions. Leur petite organisation clandestine leur permettait de passer des moments privilégiés avec des personnalités qu’ils cuisinaient à l’heure du déjeuner. Mieux valait y être invité et s’y trouver en odeur de sainteté car les mousquetaires du commentaire avaient les moyens à eux seuls de donner le ton. La passion des histoires bien troussées, le sens de la performance et le goût du pronostic, voilà pourquoi les journalistes sportifs terminent souvent à la direction des journaux. En politique aussi, il fallait savoir commenter le match, décortiquer la technique et donner le vainqueur… Ainsi, ce n’était pas le hasard, n’en déplaise à Patrice Quiniond, si Jean-Michel Barnard, avait longtemps traîné dans les tribunes des stades – sans que cela, visiblement, ne lui confère pour autant le sens des réalités populaires…
Car qu’est-ce que la politique, de toute éternité, si ce n’est l’art de la guerre ?, aurait-il pu écrire dans un éditorial de son genre. Le sport n’en est-il pas à merveille l’allégorie présentable ? Et l’arbitre est un élément du jeu, n’est-ce pas ?
C’était la belle histoire qu’il fallait raconter, avec ses drames et ses déchéances, ses stars et ses anonymes. Il fallait du grand récit, de belles images, de jolis sons. Il fallait du bon produit, en somme.
Michel Chanaleilles était le plus prudent et il avait sans doute raison.
— Il y a eu quelques à-coups un peu trop brutaux, qui ont donné du grain à moudre aux conservatismes sociaux. N’oublions pas que ce sont des réformes dont le commun des mortels ne saisit pas toujours le caractère urgent et indispensable. Les impatiences inutiles du pouvoir auraient pu attenter à la stabilité du pays, qui est si indispensable à la santé des affaires.
— Il me semble qu’on se trouve désormais en présence d’une stratégie plus intelligente et qui pourtant ne remet pas en cause le rythme des réformes structurelles, tempéra Jules Frimat. Pour le reste, c’est à nous d’éclairer l’opinion et de faire notre travail. Les médias mainstream doivent balayer devant leur porte…
De l’avis général (celui des quatre protagonistes réunis), il fallait tenir le cap des réformes nécessaires : c’était essentiel à maintenir la compétitivité de l’économie nationale, la productivité et la croissance. Par conséquent, il ne fallait rien céder aux corporatismes de tous poils et aux « archaïsmes frileux d’une poignée d’irréductibles gaulois dépourvus de potion magique », selon la formule de Jules Frimat. Il fallait gagner le découragement définitif de tous ces communistes plus ou moins avoués. Tous avaient conscience du rôle de leurs médias dans le façonnage de l’opinion. Depuis plusieurs, décennies, peu ou prou, le pays était engagé sur les rails du libéralisme, en dépit des changements de majorité, et il fallait toujours convaincre si l’on ne voulait pas voir ce mouvement contrarié. Le G4 se vivait comme l’un des chevaux de trait, quel que soit l’attelage, de ce courant principal qui imprimait sa marque à l’opinion et surtout aux choix politiques. Il fallait avancer au bon rythme, sans précipitation, mais avec une audace raisonnable.
Patrice Quiniond se retira à l’écart pour répondre au téléphone, gonflant ses poumons d’un air important, l’air de celui qui est un peu indispensable et qu’on appelle en urgence. Sa grand-mère lui avait pourtant répété maintes fois que les cimetières étaient remplis de deux catégories de personnes : les gens pressés et les gens indispensables. Cela lui faisait deux raisons de trop. Mais, ah les montées d’adrénaline !
Patrice Quiniond s’installa sur une banquette en velours vert, au milieu de la salle des Fresques, ouvrit précautionneusement son calepin décati pour vérifier sa disponibilité et prit rendez-vous pour le déjeuner au Cadran.
Dans la vieille ville de Siège, le Cadran était l’une des cantines renommées où se croisaient les gens d’importance pour régler quelques affaires agréablement. Il donnait sur la place de l’Horloge, coincé entre une banque et un hôtel à étoiles. Ses lourdes tentures pourpres, à l’entrée, lui conféraient l’apparence d’un lieu qui sait abriter les mystères. C’était une illusion.
François Chotard était attablé au premier étage. La place s’ouvrait sur la rive droite de la Celline, qui coupait la ville en deux comme un ruban de soie tombé du ciel. Par la fenêtre, de l’autre côté du Pont d’Or, qui devait son nom à la couleur typique mais un peu surcotée de ses pierres, il apercevait les toits enchevêtrés du Parlement et la poussière grise de la ville.
Le petit blanc des coteaux de La Redonne était agréable.
Patrice Quiniond rangea son magnéto et son stylo, signifiant ainsi à son interlocuteur que la conversation pouvait changer de ton. Elle pouvait même commencer vraiment.
— Vous êtes incorrigibles, vous voulez toujours tout savoir avant tout le monde… lança Chotard avec gourmandise.
— Je suis payé pour ça, fit Quiniond.
— C’est vrai ! s’exclama-t-il. Vous êtes payés pour me faire parler, et moi pour ne pas trop vous en dire.
— Je ne suis pas difficile, quelques noms me suffiraient… C’est off !
— Vous aimez ça, la confidence anonyme…
— Vous aussi.
— Je ne peux pas te laisser repartir bredouille, tu aurais des problèmes et tu m’en voudrais…
— Exactement…
L’un et l’autre se souriaient en coin dans une sorte de complicité méfiante où l’on avait tôt fait de se découvrir en oubliant que chacun devrait par la force des choses retourner à sa fonction. Quiniond se régalait insatiablement de ces conversations courtoises, à demi-mot, sur terrain instable. Il tutoyait le ciel, et le ciel lui répondait.
— Ils parlent de Rousson aux affaires étrangères. Quand on sait qu’il se perd dans sa circonscription ça ne rassure pas… hoqueta le ministre.
— Et toi ?
— J’attends… fit-il en brandissant son téléphone et en souriant mystérieusement.
Quiniond l’avait ausculté avec précaution, tandis que l’autre savourait son assiette de Saint-Jacques accompagnées de leur purée de pommes de terre à l’ail et au gingembre. Ils étaient là, tous les deux, avec leurs mimiques complices, dissertant sur l’art de la guerre et pratiquant l’art de la guéguerre. En sortant du Cadran, Quiniond appela l’attachée de presse de Rousson et le sonda sur ses intentions. La première réaction fut un silence, qu’il devina gêné. Question ou réponse, tous deux parlaient la même langue, la langue de bois : pour l’instant, son patron se consacrait à sa tâche, il avait entendu parler d’un remaniement uniquement par la presse et son seul but était d’être utile.
— Et si on lui proposait les affaires étrangères, il ne dirait pas « non », j’imagine ?
— Il n’a pas l’habitude de se défiler, lâcha l’attachée de presse avec un brin d’agacement, que voulait-on qu’il réponde…
Quiniond était satisfait. Il tenait son scoop et l’on entendrait son nom dans les revues de presse du lendemain.
La comédie du pouvoir l’amusait. Une comédie de boulevard dont il se faisait le metteur en scène goguenard, revendiquant un rôle de salubrité publique.
Un coup de bigophone à Jean-Michel Barnard pour l’en informer et l’homme d’influence s’enferma à clef – le privilège des chefs – pour se mettre à écrire, la plume légère, le sourire aux lèvres. Et la clope aussi.
*
Titre
Remaniement gagnant pour Rousson ?
Sous-titre
Les rumeurs de remaniement ministériel se précisent. François Chotard pourrait aussi bénéficier d’une promotion.
Texte
Ils ne quittent plus leur téléphone. Ministres et prétendants attendent l’appel du Président et espèrent tous la meilleure promotion. Parmi les rumeurs, il se dit qu’une personnalité inattendue pourrait venir apporter sa caution à l’opération de rénovation. Les étoiles montantes du gouvernement comme François Chotard, pourraient y gagner quelques galons. En tout état de cause, la campagne est désormais entamée pour ceux qui veulent postuler. À chacun sa méthode…
Jacques Rousson, par exemple, est déjà dans les starting-blocks. Ses appétits de jeune loup aux dents longues font grimacer au sein de sa propre formation politique. Mais si on lui demandait d’être ministre des affaires étrangères, il ne dirait pas « non », fait-on savoir dans son entourage. Cette éventualité ne convainc cependant pas tout le monde. « Il se perd déjà dans sa circonscription d’origine », ironise un membre du gouvernement circonspect.
Il est vrai que Jacques Rousson ne s’est jamais distingué sur les questions diplomatiques. Dans son parcours, il a plutôt fait preuve d’un sens aigu de la provocation, dont on peut se demander s’il est bien recommandable pour cette fonction. Mais il a tenté de corriger le tir, avec les conseils la présentatrice de télévision Eva Lombardi, qui ne serait pas pour rien dans ses récents voyages à l’étranger. Mais sera-ce suffisant ? Voire.
Signature
Pa.Q.
*
Et hop ! Emballer, c’était peser. Patrice Quiniond envoya son papier en cuisine. Puis il s’assura qu’une grande photographie savamment choisie barrerait la page. On y voyait Rousson, seul sur une estrade avant le début d’un meeting, la main en visière pour se protéger des spots.
Pendant ce temps, Charvin se faisait les griffes sur le marronnier, ressassant le dicton « qui s’y frotte s’y pique ». Après son scoop, son éminence Paq pouvait être bon prince. Il lui rendit une petite visite agrémentée de quelques renseignements glanés au passage sur les vacances de François Chotard, savait-on jamais. À la montagne. Famille, randonnée, polars. On n’était pas obligé de le croire. Mais il avait fini par gagner : il informa Charvin qu’il avait un peu plus de temps pour aller à la pêche aux informations, puisque le sujet était reporté. C’est ça l’info, coco, faut s’adapter…
La rédaction était vide. À dix heures du matin, il n’y avait pas encore grand monde. Grégoire Charvin posa son sac à dos sur son bureau, alluma l’ordinateur et se plongea dans L’Impertinent du jour. Toujours lire son propre journal pour savoir ce qu’il raconte aux lecteurs. Règle de Saint-Quiniond.
L’aspirant journaliste fut quand même un peu étonné de découvrir une si longue interview, alors qu’il n’en avait même pas été question lors de la réunion de la veille… « La méthode Chotard » : le titre s’étalait à la une, sous la photographie du ministre, qui posait de trois-quarts, la veste sur l’épaule, la main plongée dans la poche de son pantalon, et un sourire d’animateur de supermarché scotché sur les lèvres. En pages intérieures, on voyait François Chotard, accroupi dans l’allée d’un parc, en train de tailler une bavette avec Jeanne, la super-voisine. Grégoire Charvin s’était relu avec un brin de contentement : il avait réalisé un article en urgence pour servir de faire valoir à celui de Quiniond, de contre-point, de contre-chant, d’illustration, tout ce qu’on voudra… Il n’avait rien laissé paraître ni de son agacement ni de son affolement. Il avait essayé de se passionner. Il avait rappelé la super-voisine.
— Alors, Jeanne, cette première journée de super-voisine, c’était comment ?
— Super, s’amusa-t-elle. Je l’ai passée dans les magasins. Ma mère et ma grand-mère voulaient me faire plaisir et elles ne savaient pas quoi m’acheter comme cadeau. J’ai proposé un cadeau utile : une pelisse de mi-saison pour remplacer mon vieil imperméable.
— Vous avez cassé la tire-lire ?
Grégoire Charvin se trouvait lui-même fascinant de mièvrerie…
— Non, je leur ai demandé si ce n’était pas trop cher et elles m’ont répondu que j’étais trop raisonnable…
— Il semble que la super-voisine n’a pas pris la super-grosse-tête, c’est rassurant. Je fais un petit article sur François Chotard, je crois que vous le connaissez bien…
— Monsieur Chotard est souvent venu me voir : il est simple et proche des gens. Si moi je suis super voisine, lui, c’est un super ministre, c’est quand même autre chose…
C’est ainsi que Grégoire Charvin avait pu livrer un article assez irréprochable, à ceci près qu’il avait employé le mot « turpitudes » en lieu et place du mot « turbulences » pour qualifier l’histoire familiale de la « péquélette », comme disait la grand-mère. De prime abord, il avait simplement pensé se livrer à une coquetterie de style en choisissant ce mot moins usité, mais le doute l’assaillait désormais. Il vérifia immédiatement. Les deux termes n’étaient pas synonymes, sinon, il n’y en aurait pas eu deux et en l’employant, il laissait à penser qu’il y avait quelque honte à ressentir de leur passé. Il n’avait plus qu’à se morfondre de cette erreur grossière, sa première. Il pouvait désormais éprouver lui-même le sens de ce mot qu’il avait cru connaître. Pourquoi s’était-il laissé entraîner à choisir ce mot plutôt que l’autre ? Qu’allaient donc penser tous ceux et celles qui mettraient le doigt sur sa méprise, à commencer par les premiers concernés ?
Il s’en voulait d’autant plus qu’il s’était glissé avec application dans le moule, respectant avec académisme les canons de la profession, depuis l’attaque jusqu’à la chute. Mais là, il fallait reconnaître qu’il avait un peu trop pris la confiance, et il jugea nécessaire de s’en ouvrir au grand Quiniond à son arrivée.
— Un journaliste doit s’attacher à dire la réalité avec précision. Pas plus, pas moins, lui rappela-t-il dans un haussement d’épaules. Il n’est pas là pour faire de la décoration florale.
— On ne pourrait pas faire un rectificatif ? s’empourpra-t-il.
Quiniond éclata de rire, aspira une lippée de café et tira sur sa cigarette avant de répondre.
— Si on faisait un rectificatif à chaque fois qu’on écrit une connerie, le journal en serait rempli jusqu’aux oreilles… Et le degré de confiance de nos lecteurs baisserait de jour en jour, ajouta-t-il avec cynisme.
— Ce n’est pas ma conception des choses, laissa filtrer Charvin.
— Tu as encore beaucoup à apprendre. Il fallait y penser hier.
C’était cruel.
Charvin était très énervé contre Jalès, son double, c’était pratique. Il en avait aussi contre Quiniond qui ne voulait pas faire droit à sa demande : qu’est-ce que ça pouvait bien lui coûter ?
— Ta faute ne vaut pas une demi-ligne dans le journal de demain, tu m’entends, petit ? Le journal, c’est fait pour emballer les poissons !, s’exclama le chef pour clore la discussion.
Au bout du compte, il ne sût pas dire si ces sentences métalliques étaient faites pour lui donner une leçon empreinte de la plus grande sévérité ou bien pour le réconforter. Sous ses dehors d’ours sauvage, Quiniond n’avait peut-être pas renoncé à être un bon maître…
Car, faut-il le spécifier, Patrice Quiniond n’avait pas toujours été ce personnage distant et intrigant. Tout un pan de lui s’était précisé, tout un pan de lui s’était estompé. Les circonstances l’avaient conduit à accentuer les traits qui lui étaient utiles et qui le faisaient reconnaître, car c’est le propre des personnages publics que de se caricaturer. Ils finissent par faire ce qu’on attend d’eux, par se laisser aller à ce qui leur a permis de se singulariser. Peu à peu, ils se libèrent des inhibitions, des préventions et de la pudeur qui les retiennent. Manière de se protéger, manière d’exister. Manière de se perdre, aussi. Manière d’évacuer la complexité de soi, la finesse, le doute, l’humilité, la fragilité des relations humaines. Manière de météore.
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![[Comment préparez-vous les fêtes ?] À Martigues, des livres à partager en famille](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2025/12/8bc1eb1dcc203b44876c206068de7940.jpg)
[Comment préparez-vous les fêtes ?] À Martigues, des livres à partager en famille
L’avez-vous vu, ce petit bonhomme au chapeau pointu ? Si ce n’est pas le cas, les enfants de l’école maternelle Font Sarade ont en tout cas reçu sa visite ce mardi matin, pour recevoir sous le sapin quelques cadeaux peu anodins.
C’est en compagnie de Bidule et Craquotte, deux lutins « du département du livre du père noël » comme elles se présentent, que la classe de petite section découvre Hector le Magichien, de Sophie Ledesma. Un chien qui, « abracadatchoum ! », se change en chat ou en paon lorsqu’il éternue. À l’aide de leur kamishibai, ce théâtre illustré de poche japonais, les deux lutins racontent des histoires à partir d’illustrations, comme le Noël des animaux où l’on trouve les rennes des neiges, un chat-pin de noël félin, et des kangourous qui n’ont pas besoin de hotte pour les cadeaux.
Des thèmes et des histoires qui pourraient prêter à sourire, mais qui revêtent une grande importance pour le développement des enfants, selon l’adjointe à l’éducation (PCF) Annie Kinas, qui tend les livres aux enfants en leur expliquant que « ce cadeau là, c’est le maire qui l’a mis sur la liste, ce sont de jolis livres avec des belles histoires que vous regarderez avec la maîtresse en classe et avec vos parents ».
Près de 2 300 livres offerts par la Ville aux enfantsHector le magichien est l’un des trois livres offerts aux enfants dans toutes les écoles maternelles et établissements d’accueils de jeunes enfants de la ville. Au total, ce sont près de 2 300 livres qui sont offerts aux enfants martégaux, pour un budget de 30 000 euros. « La tradition se poursuit car il n’est pas question d’enlever ce moment de rêve et de bonheur aux enfants », insiste Annie Kinas, qui parle de « permettre l’accès et encourager la lecture en classe et à la maison », comme de « rêver à travers un livre lu en famille ».
Mais cela va plus loin. « Ça contribue aussi à faire les petits champions de la lecture de demain », complète l’adjointe, ce concours de lecture à voix haute que la Ville a accueilli l’année dernière et dont un élève martégal avait remporté la finale départementale. L’élue pense aussi que « lire dès le plus jeune âge repousse l’utilisation abusive du téléphone et des écrans », mais aussi « suggère l’idée d’aller feuilleter d’autres livres à la médiathèque ».
Nul doute que les livres et le théâtre kamishibai stimuleront l’imagination des enfants, captivés par les lutins racontant l’histoire du loup voulant manger le petit chaperon rouge et que « le père noël prend par la peau des fesses », pour le gronder.
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Pour porter un autre regard sur l’Histoire des migrations et ses richesses
C’est devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé à Toulon que nous retrouvons les militants du Comptoir des idées pour une nouvelle campagne d’affichage. Il s’agit cette fois d’inviter la population toulonnaise à venir s’informer sur les richesses que recèle le terme d’immigration si empreint de fantasmes et de contre-vérités sur lesquels prospèrent les extrêmes droites. Histoire de faire tomber le voile qui cache une réalité à se réapproprier pour déjouer les manipulations idéologiques et se retrouver mieux armé pour mener la bataille des idées. Pour faire vivre le débat et la réflexion l’historien Yvan Gastaut viendra présenter jeudi à l’Hélice* le livre France terre d’immigration (Documents), qu’il a coécrit sous la direction de Nicolas Bancel avec Pascal Blanchard et Naïma Yahi.
Un ouvrage ambitieux qui donne à voir les multiples échanges mis en place par la France avec les populations issues du monde maghrébo-oriental, et ce du début du VIIIe siècle jusqu’à nos jours. « Avec des relations parfois conflictuelles, parfois fusionnelles, mais jamais rompues, et encore en tout cas beaucoup trop méconnues », explique le président du comité Toulon- La Seyne de la Ligue des droits de l’Homme Roland Biache.
Treize siècles de rencontres et d’échangesL’occasion de porter un autre regard sur les liens ainsi tissés, mais aussi sur les mouvements migratoires qui vont se densifier à partir du XIXe siècle avec le besoin de main d’œuvre engendré par la révolution industrielle et se développer au siècle suivant, notamment en provenance du Maghreb, d’abord d’Algérie puis de Tunisie et du Maroc. Et de montrer tous les apports engendrés génération après génération, que ce soit au niveau politique, sportif, économique, artistique et littéraire.
« Ce métissage n’est pas le résultat d’une prétendue brusque vague migratoire, mais bien celui de treize siècles d’histoire commune », insiste le militant des droits humains. Dont la colonisation fait également partie. Tout comme l’orientalisme, ce courant artistique qui a tant fait rêver au XIXe siècle. Une soirée au cours de laquelle il sera également question de la place de ces travailleurs immigrés dans la construction de la France.
L’occasion de mettre en avant le soutien de la CGT qui leur a permis de se battre pour la reconnaissance de leur dignité, après avoir été très longtemps maltraités, sous-traités et sous-payés. Il sera aussi question de tout ces hommes que l’ont a fait venir pour combattre sur le sol européen lors des deux guerres mondiales, et rapatriés dans leur pays d’origine une fois la paix revenue. Comme les tirailleurs sénégalais du fameux camp tyronne, près de Dakar, sur qui le 1er décembre 1944, l’armée française a ouvert le feu alors qu’ils ne faisaient que réclamer le versement de leur solde, rappelle Roland Biache.
Une perspective historique salutaire dans une actualité où les opinions se racornissent.
*Ouverture de la salle à 18h
68 Av. Victor Agostini,
83000 Toulon. -

SRU… encore et toujours la loi et rien que la loi à La Seyne
« Quitte à nous répéter, ce ne sont pas des pénalités mais une contribution de solidarité », explique le militant logement Jean-Paul Jambon plus qu’agacé par la bronca déclenchée par le droite, lors du dernier conseil municipal au sujet du prélèvement de 1,2 million d’euros pour le non-respect de la loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbains (SRU) qui impose à la commune la construction de logements sociaux à hauteur de 25% des résidences principales. Et de poursuivre : « Cette somme est affectée à l’Établissement public foncier (EPF) qui contribue à l’acquisition de foncier pour le compte des communes. »
L’occasion aussi de rappeler que ce montant peut être réduit, voire annulé, en compensation d’action de financements d’études, aménagements ou travaux engagés par la commune visant à réaliser des logements sociaux. « Un certain nombre de maires après avoir fait partis des plus critiques l’ont bien compris et se trouvent exonérés de ce prélèvement », fait ainsi remarquer Jean-Paul Jambon. Et même s’il reconnaît que l’ex-Cité des chantiers est plutôt « bien pourvue » avec 19% de logements sociaux, grâce au travail des anciennes municipalités de gauche, « ce pourcentage n’a pas bougé depuis plus de 6 ans, voire même diminué depuis 10 ans, ce qui à l’évidence ne démontre pas une extrême bonne volonté à respecter la loi ».
Encourager le volontarismePour le militant logement, l’argument du maire visant à suggérer qu’au niveau de la Métropole il serait bien que chacun fasse sa part, n’est pas totalement faux. Sauf qu’a priori, ajoute-t-il, « les chiffres à fin 2025 et malgré le marasme de la construction devraient faire apparaître une tendance très très légère à la hausse pour certaines de ces communes ». Et de préciser : « Monsieur le maire envisage de saisir le préfet ; en son temps Mme Bicais avait fait un recours devant le tribunal administratif et avait été débouté. La loi c’est la loi. » « Enfin bon, on est en campagne électorale », ajoute-t-il, en précisant que le prochain rendez-vous sera celui de l’examen de la situation par les services de l’État, avec « dans le cadre de la loi 3DS, des aménagements non négligeables apportés aux dispositions de l’article 55 de la loi SRU d’origine ».
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Une maison pour la « dame de la mer » à Martigues
C’est une dénomination pleine de sens. Alors que la Maison de Carro souffle sa 30e bougie sous les couleurs de Noël et que les enfants de ce village de pêcheurs s’émerveillent devant la gigantesque crèche lumineuse érigée à l’occasion, l’équipement municipal prend le nom d’Anita Conti, pionnière de l’océanographie, première femme à embarquer sur un navire scientifique en 1935, décédée le 25 décembre 1997. La boucle est bouclée.
Pour Marguerite Simoes, directrice de la maison de quartier, prendre le patronyme de la « dame de la mer » était une « évidence » : « Elle représente bien le village et a un parcours de vie exceptionnel, elle s’est engagée dans la protection de la mer et a dénoncé la pêche abusive pendant l’entre-deux-guerres. » Écologiste avant l’heure, Anita Conti affirmait : « On ne sauvera pas les terres sans sauver les mers. »
Féminiser l’espace publicLe maire de Martigues (PCF) Gaby Charroux affirme : « Anita Conti avait travaillé aux côtés du commandant Cousteau, pourtant, elle n’a pas bénéficié de la reconnaissance qu’elle méritait. Aujourd’hui, il est temps de lui rendre sa juste place. (…) Cette dénomination s’inscrit dans la démarche engagée par la Ville et sa commission extra-municipale des égalités afin d’œuvrer à la féminisation des espaces publics. Corriger cela ce n’est pas réécrire l’histoire, c’est la compléter, la rendre plus juste. »
D’autres dénominations en hommage à des femmes historiques auront lieu avant la fin du mandat, comme celle de l’école de La Couronne, de l’ancien bâtiment de la Poste et de la placette en face de celui-ci. L’édile assène : « Nommer un lieu n’est jamais un geste anodin. c’est inscrire une histoire dans l’espace public. C’est faire vivre une mémoire collective. C’est transmettre des valeurs aux générations présentes et à venir. »
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Un incendie dans les taudis de l’Agrasc à Marseille
Un incendie s’est déclaré dimanche à 5h du matin dans une chambre d’un ensemble immobilier insalubre et en péril, situé 85 boulevard Viala (15e). L’édifice a été confisqué par la justice en janvier 2024 au marchand de sommeil, Gérard Gallas, un ancien flic de la police aux frontières qui purge une peine de 4 ans ferme pour soumission de personnes vulnérables à des conditions d’habitat indignes.
« Mon voisin a tapé à la porte et crié », raconte Fahar Mze qui vit au-dessus. « Quand on est descendu, on a vu un monsieur qui essayait d’éteindre mais le feu était trop fort. Avec la fumée, il a perdu la connaissance. J’ai ramené deux ou trois seaux d’eau. Ma femme s’est mise à l’abri. On ne pouvait rien faire, on a appelé les pompiers qui sont venus en 7 minutes. Tout ça fait vraiment peur. On se sent en danger. On est toujours dans l’inquiétude. » Une seule personne aurait été évacuée et relogée.
« Depuis bientôt deux ans nous alertons »L’événement a replongé dans l’angoisse la vingtaine d’habitants de cette courée ouvrière qui seraient abandonnés sans le secours associatif. Propriétaire du site, l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc), est dans l’attentisme. Un rapport du Service communal d’hygiène et de santé a bien été transmis à l’Agence régionale de santé mais à ce jour aucun arrêté préfectoral de traitement de l’insalubrité n’est pris. Ce n’est pourtant pas faute pour le collectif Réseau Hospitalité d’avoir sonné l’alarme (La Marseillaise du 31 octobre 2025). « Depuis bientôt 2 ans nous alertons les services de l’État de la dangerosité de ce lieu et des terribles conditions de vie des habitants », explique Margot Bonis, chargée de Mission Droits et Accès aux Droits du collectif dans un courrier adressé à l’Agrasc, à la Ville et à la Métropole.
Les autorités connaissent bien cet édifice expertisé, photographié sous toutes ses coutures, mais rien ne se passe. Sous la pression du collectif et d’avocats mobilisés, un arrêté de péril avec interdiction partielle d’occuper a été pris le 29 octobre, qui a entraîné l’évacuation de 4 logements et le relogement par la Ville des occupants. « Quand comptez-vous intervenir réellement pour assurer la sécurité des personnes, responsabilité qui incombe à l’Agrasc, propriétaire du lieu ? Aujourd’hui nous sommes consterné.es d’en arriver à devoir gérer les lendemains d’un incendie alors que toutes les alertes ont été faites », déplore Réseau Hospitalité.
Interrogée mardi, l’Agrasc n’a pas encore répondu. Sa réponse au collectif en octobre était celle de l’impuissance : « Nous n’avons pas les moyens d’engager des travaux de rénovation. Une enveloppe de 200 000 euros pour la seule reprise de l’électricité serait une rustine car l’immeuble nécessite une réhabilitation totale. » Faudra-t-il un mort, calciné dans une chambre pour que Bercy et la place Vendôme se décide à évacuer et à reloger ?
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Patrick Casse reconnu coupable de harcèlement moral
Un an de prison avec sursis, trois ans inéligibilité et 5 000 euros d’amende. Le tribunal judiciaire de Marseille a condamné mardi, Patrick Casse, cadre retraité des bibliothèques de Marseille et délégué du puissant syndicat Force ouvrière. L’homme était accusé de harcèlement moral par Patrick Chagny, directeur du réseau de la ville 2019 et 2023. 17 parties civiles s’étaient constituées à l’occasion de ce procès ayant donné lieu à une audience fleuve de 14 heures, début novembre. Quatre seulement ont été jugées recevables, dont le syndicat CGT qui n’avait pas formulé de demande indemnitaire.
Dans cette condamnation qui n’est pas celle de la cogestion des bibliothèques et des ressources humaines par le syndicat et la Ville, notera le présidente du tribunal, Patrick Casse a été relaxé sur le plan de l’abus de pouvoir. Le magistrat a considéré que cet élément n’était pas établi par des comparaisons statistiques.
Cela concerne notamment Raymond Romano, délégué CGT, qui estimait son avancement de carrière à l’arrêt en raison de son opposition syndicale. Si de nombreux faits ont été écartés car situés en dehors de la période de prévention, Patrick Casse est condamné pour ses ingérences dans d’autres services, dont le service jeunesse et pour son comportement inadapté dans le cadre de relations de travail, en lien avec trois agents de l’Alcazar.
Le tribunal considère en revanche que l’opposition à Patrick Chagny pouvait être perçue comme étant lié à ses fonctions syndicales et que la liberté syndicale lui permettait donc certains comportements. Déclarée recevable, la constitution en partie civile de Patrick Chagny a été rejetée à l’état de la relaxe, comme celle de Raymond Romano.

