Category: societe

  • Marseille : la police municipale stoppe une agression au couteau sur le Vieux-Port

    Marseille : la police municipale stoppe une agression au couteau sur le Vieux-Port

    C’est cette nuit, peu après 00h30, que des agents de la brigade de nuit de la police municipale, alors en patrouille sur le quai des Belges (1er), ont été témoins d’une violente agression.

    Deux personnes ont brusquement traversé la chaussée devant leur véhicule, l’un poursuivant l’autre. Le poursuivant a rapidement rattrapé sa victime avant de lui porter un coup de couteau dans le dos.

    Les agents sont intervenus immédiatement, ont procédé à l’interpellation de l’auteur présumé et à la prise en charge de la victime en attendant l’arrivée des secours.

    Transportée à l’hôpital de la Timone, cette dernière avait des blessures sérieuses sans que son pronostic vital ne soit pour autant engagé précise une source policière.

    L’agresseur présumé a été remis aux services d’enquête de la police nationale pour la suite de la procédure.

  • Vaucluse : du changement à la tête du club de la presse

    Vaucluse : du changement à la tête du club de la presse

    La présidente Frédérique Poret ayant choisi de passer la main, Dominique Ghidoni a été élue pour lui succéder. Journaliste à Vaucluse matin et Vaucluse hebdo, elle sera toutefois accompagnée par Frédérique Poret, qui devient vice-présidente. Côté communicants, Michaël Videment assure l’autre vice-présidence. Affichant de saines finances, refusant par choix les subventions publiques, le club de la presse est en recherche permanente d’adhérents pour animer le dispositif Reporters en herbe ou ses prix coups de cœur lors du Festival off.

  • [Entretien] Harrison Agrusa : « La mission MMX est la première dédiée à observer les lunes de Mars »

    [Entretien] Harrison Agrusa : « La mission MMX est la première dédiée à observer les lunes de Mars »

    La Marseillaise : Vous participez à la mission Martian Moons Exploration (MMX) qui devrait partir cette année. Quel est l’objectif ?

    Harrison Agrusa : Le but principal est d’étudier comment se sont formées les deux lunes de Mars : Phobos et Déimos. Elles restent très peu explorées. Certaines missions martiennes sont passées à proximité et ont offert de belles images. Mais c’est tout ce que nous avons. Aucune mission n’a jamais été lancée spécialement pour les étudier. MMX est la première.

    Comment se seraient-elles formées ?

    H.A. : Il pourrait s’agir d’astéroïdes « capturés » par Mars : alors qu’ils passaient à proximité, la planète les aurait attirés suffisamment pour les faire entrer en orbite autour d’elle. Je n’y crois pas. Il est peu probable que deux astéroïdes capturés au hasard aient des orbites circulaires et dans le même plan comme Phobos et Déimos. Il est plus probable qu’elles se soient formées à partir d’un disque de débris rocheux issus d’un impact avec Mars.

    La dislocation de Phobos simulée dans votre étude pourrait générer un nouveau disque de débris
    à partir duquel elle pourrait se reformer…

    H.A. : Tout à fait. Il pourrait s’agir d’un phénomène cyclique. Phobos serait alors une énième génération de lune. Mais chaque génération serait plus petite que la précédente en raison d’une perte de matière à chaque fois. Il arriverait un moment où la lune serait si petite que les forces de marée exercées par Mars deviendraient trop faibles, la réduction de l’orbite trop lente et les dislocations successives s’arrêteraient.

  • [Sciences] Comment Mars va perdre une de ses lunes

    [Sciences] Comment Mars va perdre une de ses lunes

    Le cas de Phobos est sans espoir. Ses jours sont comptés. En effet, la manière avec laquelle la plus grosse lune de Mars orbite autour de la planète rouge fait que celle-ci l’attire inexorablement. Phobos finira pas s’y écraser ou par être disloquée par les forces de marée exercées par la planète. « La question qui subsiste est quand et comment cette fin aura lieu », souligne Harrison Agrusa, post-doctorant du Centre national d’études spatiales au Laboratoire Lagrange de l’Observatoire de la Côte d’Azur. Avec son collègue Patrick Michel, du même laboratoire, il montre dans un article d’Astronomy & Astrophysics que cette fin pourrait intervenir plus tôt que prévu : dès que son orbite aura atteint 7 500 kilomètres (km) par rapport au centre de Mars, soit 2,2 rayons martiens, contre 9 000 km aujourd’hui. Les précédentes études envisageaient plutôt ce destin fatal vers 1,6 rayon martien.

    Mais ce n’est pas tout : la destruction pourrait ne pas se produire exactement comme les modèles le prédisaient. « Ils misaient principalement sur les forces de marée », résume Harrison Agrusa. La lune finirait par se disloquer sous l’effet des déformations provoquées par l’attraction de Mars. Mais Phobos pourrait bien s’autodétruire : à une certaine distance de Mars, les forces qui s’exercent sur la lune permettraient à des roches de s’échapper. Elles s’éloigneraient alors de Phobos tout en restant sur la même orbite et finiraient un jour par la recroiser et l’impacter, éjectant de nouveaux rochers. « Cela créerait un effet en cascade entraînant la destruction de Phobos par elle-même », décrit le chercheur.

    Amas de roches

    Ce nouveau destin probable de Phobos est le fruit de nouvelles simulations numériques prenant en compte ce que l’on a appris des missions spatiales vers des astéroïdes : ceux-ci ne sont pas faits d’un seul bloc monolithique mais d’un amas de rochers sans grande cohésion. « Ces vingt dernières années, il y a eu un renversement dans la manière de voir les astéroïdes, admet Harrison Agrusa. Nous nous sommes rendu compte qu’ils étaient moins solides que nous le pensions. »

    Mais Phobos est un satellite naturel, comme notre Lune. Pourquoi aurait-il une structure semblable à celle d’un astéroïde ? « Il s’est probablement formé à partir d’un anneau de petits rochers gravitant autour de Mars, explique Harrison Agrusa. Dans ce cas, je ne vois pas pourquoi il formerait un bloc solide et monolithique. »

    Pour trancher, il faudra attendre la mission japonaise Martian Moons Exploration dont le départ est prévu cette année. En allant observer Phobos, elle offrira des images d’une résolution inégalée et des mesures inédites. Il est même prévu qu’un robot s’y pose. Le scénario de la mort de Phobos se précisera alors. Dans tous les cas, nous ne serons pas là pour l’observer : elle ne devrait pas intervenir avant 20 à 80 millions d’années.

    REPÈRES

    Phobos

    C’est le plus grand des deux satellites naturels de Mars –l’autre s’appelle Déimos. Son orbite est sub-synchrone : il met moins de temps à faire le tour de Mars (7h39) qu’il n’en faut à Mars pour faire un tour sur elle-même (24h36). Résultat : Phobos se rapproche inexorablement de Mars.

    Limite de Roche

    C’est la distance théorique en dessous de laquelle un satellite naturel commencerait à se disloquer sous l’action des forces de marée causées par la planète autour de laquelle il orbite.

    MMX

    La mission japonaise « Martian Moons Exploration » enverra cette année une sonde vers les deux lunes de Mars pour faire des mesures de gravité, de topographie et de compositions minéralogique et élémentaire. Un rover franco-allemand -Idefix- se posera sur Phobos pour réaliser des mesures. Des échantillons seront prélevés et ramenés sur Terre en 2031.

  • Avec les beaux jours, les serpents reviennent

    Avec les beaux jours, les serpents reviennent

    Qui dit retour du soleil, des chaudes journées et du printemps dit retour des serpents dans la nature ou parfois dans votre jardin. À ce titre, le Conservatoire des espaces naturels de la région (CEN Paca) donnes de nombreux conseils allant des réflexes à adopter chez soi aux bonnes pratiques d’observations en milieu naturel, cela s’inscrivant dans le cadre du dispositif « SOS Serpents » qui, sur la base du volontariat et bénévolat permet d’obtenir des conseils gratuits en cas de découverte d’un serpent au sein de son domicile. Ainsi, plusieurs associations dans le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-de-Haute-Provence y participent et proposent une permanence téléphonique.

    En cas de présence de ce genre de visiteurs, le CEN tient à rappeler qu’il ne faut pas s’inquiéter car ces animaux « craintifs » sont « souvent redoutés à tort » alors qu’ils « jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes ». Ajoutant qu’il est « tout à fait normal d’en croiser, notamment dans la région (…) la majorité des espèces n’étant pas dangereuses, contrairement aux idées reçues ».

    Adopter les bons gestes

    Des conseils du quotidien qui s’inscrivent également dans une réalité plus large qui est celle de la préservation des reptiles et des bons comportements que l’homme doit adopter sur le terrain. Que ce soit sur le Mont-Serein ou sur la montagne de Lure par exemple, des dérangements répétés liés à des pratiques photographiques ou naturalistes ont été observés. D’ailleurs, l’Office français de la biodiversité (OFB) a alerté sur la dérive de certains photographes animaliers dans un communiqué de presse de mars 2026. L’occasion de rappeler là aussi que les usagers doivent adopter les bons gestes en milieux naturels mais aussi de rappeler un fait récent dans le Vaucluse où trois personnes ont été verbalisées et condamnées pour la perturbation intentionnelle de vipères d’Orsini sur le Mont-Ventoux.

    Préserver les espèces

    Pour rappel, cette espèce de vipère est l’un des plus petits serpents de France et la plus petite vipère d’Europe, ne dépassant pas 50 cm. Elle est également la moins commune du territoire français puisqu’elle est présente uniquement dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, sa population étant en déclin à cause de la destruction et du morcellement de son habitat. Elle est de fait une espèce protégée et d’intérêt communautaire listée « vulnérable » en Europe et « En Danger » en France et dans la région. Il est donc essentiel de favoriser une cohabitation harmonieuse en cette période sensible pour les espèces.

    Pour plus d’information rendez-vous sur le site du CEN Paca

  • [Série 2/3] La fragilité des séniors, la repérer et la prendre en compte

    [Série 2/3] La fragilité des séniors, la repérer et la prendre en compte

    Gériatre au sein de l’Institut Paoli-Calmettes, le docteur Maud Cécile prend en charge les patients âgées atteints de cancer. La définition de la personne âgée est variable et dépend du contexte. En général la limite d’âge communément admise est de 75 ans. « Le rôle du gériatre dans un centre anti-cancéreux consiste à optimiser la prise en charge globale de ces patients, à tenir compte des maladies et conditions liées au vieillissement normal qui viennent s’ajouter à la problématique du cancer, à évaluer les besoins du quotidien, à ajuster les traitements et, à informer et soutenir le patient et ses aidants », explique la professionnelle. « Le gériatre apporte un éclairage aux équipes médicales et chirurgicales à travers la détection de fragilités potentielles du patient. »

    Pour information, un bilan gériatrique global n’intervient dans le processus de soins que parce qu’un praticien le demande s’il détecte une potentielle fragilité chez le patient. « Cette demande se fait soit au sens clinique parce que le professionnel de santé estime qu’il y en a besoin, soit suite à la réalisation de ce que l’on appelle le Score G8. Il permet de créer un score lors des consultations d’annonces. Si ce dernier est en dessous d’un certain seuil alors cela évoque un risque de fragilité », souligne le docteur Cécile. Le questionnaire G8 émane d’une vaste étude qui s’appelle l’étude oncodage. C’est un outil de dépistage gériatrique qui permet aux oncologues d’identifier, parmi les patients âgés atteints de cancer, ceux qui devraient bénéficier d’une évaluation gériatrique approfondie. « Ces tests ne sont pas faits pour avoir des chiffres et des scores mais pour ajuster, adapter et mettre en place des mesures correctives et anticipatoires », précise-t-elle.

    L’entourage joue un rôle important

    « Une fois la demande faite, le patient est pris en charge par une équipe pluridisciplinaire qui comprend une infirmière formée à la détection des fragilités gériatriques, une assistante sociale, un coach d’activité physique adaptée, une diététicienne mais aussi un gériatre. Parfois, un psychologue ou un médecin de la douleur peuvent intervenir dans le processus », ajoute-t-elle. « La détection desdites fragilités se fait grâce à un test d’évaluation gériatrique standardisé que l’on évalue de façon systématique dans un certain nombre de domaines pour balayer tous les problèmes potentiels. » Au terme de cette consultation qui dure plusieurs heures et où l’on demande au patient d’être obligatoirement accompagné, un point est fait avec le praticien qui a demandé le bilan mais aussi le patient et son accompagnant. « Ce qui nous motive le plus dans le processus c’est de préserver au mieux la qualité de vie et l’autonomie fonctionnelle du patient tout en limitant le plus possible l’impact négatif des traitements qui, dans tous les cas vont avoir un impact négatif sur la qualité de vie du patient mais aussi sur son entourage et ça, c’est un facteur à ne pas négliger. »

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : des entreprises rendues aux actionnaires

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : des entreprises rendues aux actionnaires

    L’évolution de la situation et les prises de position de l’adversaire (minorité et PS) demandaient des méthodes d’organisation plus rapides : la création des pôles syndicaux auprès des entreprises nous permettait d’augmenter nos effectifs en développant les actions.

    Ces nouvelles intersyndicales n’avaient pas de permanents. Les militants des directions étaient élus au cours d’une assemblée de cadres du quartier.

    Ceci permettait de les faire connaître et de renforcer leur autorité non seulement dans les entreprises, mais aussi dans les quartiers. Toutes ces modifications permirent une intervention plus rapide et plus efficace. Dès le matin, à l’ouverture, nous nous trouvions devant les entreprises et échangions nos idées sur la situation et l’aide que nous apportions.

    Le nouveau bureau était composé ainsi : secrétaire général : Lucien Molino (transports), secrétaires généraux adjoints : Pierre Gabrielli (employé), Maurice Milhau (hospitalier), Exbrayat (métaux), secrétaires : Georges Brunero (transports), Line Cecaldi (PTT), Jean Comiti (métaux aviation), Joseph Giribone (produits chimiques), Pascal Posado (aviation). Les membres du bureau étaient : Marcel Andreani (docker), Raoul Arnaud (cheminot), Paulette Caresse (textile), Demaurizi (produits chimiques), André Fressinet (marins), René Le Guen (cadre), Marcel Paganacci (livre), Frédérique Roux-Zola (EDF).

    Déréquisitions

    Georges Dumonceau quitta la région pour prendre la direction d’une imprimerie dans le Nord, récompense d’un militant socialiste qui avait tout fait pour la scission syndicale.

    Au moment où se tenait le congrès, le statut des entreprises réquisitionnées que nous avions réclamé dès le début était en débat à l’Assemblée nationale. La commission économique, avec Francis Leenhardt (socialiste) et Germaine Poinsot-Chapuis (MRP), rejetait notre demande de statut. Seule Raymonde Nédelec, députée communiste, défendit les entreprises réquisitionnées. Les délégués présents au congrès acclamèrent celle‑ci et elle siégea à la tribune.

    Dans notre rapport d’activité, j’avais fait état du bilan magnifique de ces entreprises. Nous faisions la démonstration que les travailleurs, par leurs initiatives et dans de meilleures conditions sociales, avaient mis en échec les collaborateurs, les patrons et les traîtres. Mais le Conseil d’État, à la demande des patrons actionnaires, avait prononcé l’annulation des réquisitions, en premier celles des sociétés d’acconage, de la Société provençale de construction navale, de la Société phocéenne d’application électrique et, en juillet, des Aciéries du Nord.

    Des historiens écrivirent que notre riposte avait été modérée, ce qui est faux, preuves à l’appui : des centaines de motions de protestation accueillirent ces décisions et l’essentiel du débat à l’Assemblée nationale porta sur l’attribution des bénéfices réalisés sous la réquisition, l’État devant reverser une indemnité aux actionnaires.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Chronique corse] Coût du carburant : la mobilisation des pêcheurs corses trouve une issue

    [Chronique corse] Coût du carburant : la mobilisation des pêcheurs corses trouve une issue

    C’est une issue qui vient clore un mouvement déclenché par la hausse brutale du gasoil et qui a mis en lumière les difficultés rencontrées par la profession.

    Depuis plusieurs jours les pêcheurs corses se mobilisaient dans plusieurs ports de l’île afin d’alerter sur la situation devenue critique de leur profession pour porter une revendication centrale : celle du prix du carburant.

    En quelques semaines, le coût du gasoil utilisé pour les bateaux de pêche a fortement augmenté, passant d’environ 0,64€ à plus d’1€ le litre. Une hausse rapide directement liée aux tensions internationales sur les marchés de l’énergie mais dont les conséquences se font particulièrement sentir en corse.

    Sur une île où les prix sont déjà plus élevés qu’ailleurs, les pêcheurs dénoncent un écart important avec le continent. Cet écart pèse lourdement sur leur activité.

    Coûts insupportables

    Car pour ces professionnels, le carburant n’est pas une dépense parmi d’autres : c’est un élément central de leur activité. Chaque sortie en mer en dépend directement. Lorsque son prix augmente c’est tout l’équilibre économique du métier qui vacille. Certains pêcheurs expliquent aujourd’hui qu’ils travaillent à perte ou qu’ils hésitent à prendre la mer tant les coûts sont devenus difficiles à supporter.

    À travers leur mobilisation, les pêcheurs corses ont cherché avant tout à se faire entendre sur une réalité concrète et immédiate : celle de charges qui augmentent plus vite que leurs revenus.

    Ce mouvement aura permis de mettre en lumière une profession souvent discrète mais essentielle à la vie économique et culturelle de l’île. En portant la question du carburant sur le devant de la scène, les pêcheurs rappellent une évidence : sans conditions de travail soutenables, il devient impossible de maintenir une activité pourtant profondément ancrée dans le territoire.

  • Les victimes du Prolé attendent la justice

    Les victimes du Prolé attendent la justice

    « Il est impensable que pour la prochaine feria, les victimes baissent la tête », lance Sophie Mazas, l’une des trois avocates des victimes. Car fin mai, la feria sera de retour à Alès concluant ainsi un an de procédure après l’attaque de festivaliers dans le bar associatif par les néonazis du Bloc montpelliérain. Sophie Mazas et une partie des victimes ont donc tenu à alerter la presse le 3 avril face au manque d’avancées dans l’enquête.

    Il y avait pourtant eu « un grand espoir à la fin du mois de février », selon Cécile Alphon-Layre, l’une des victimes, après l’arrestation puis la mise en examen de trois membres du Bloc montpelliérain. Mais à la suite d’une confrontation avec deux des victimes qui ont confirmé la présence des trois suspects sur place (deux le vendredi soir et un venu en repérage deux jours plus tôt), les suspects avaient été libérés, les enquêteurs souhaitant vérifier plusieurs éléments. « Depuis, nous n’avons aucune nouvelle. Le coup au moral est là », poursuit Cécile Alphon-Layre.

    « Il y a pourtant énormément d’éléments dans ce dossier. On n’arrive pas à avoir d’échanges avec le procureur que l’on a contacté à plusieurs reprises. Nous demandons que cette enquête soit finalisée. Ça nous apparaît impossible qu’il n’y ait pas de poursuite au pénal », s’inquiète Sophie Mazas. À nos confrères de Midi Libre, le procureur d’Alès, Abdlekrim Grini a confirmé que les investigations étaient terminées et qu’en cas d’absences d’éléments, il envisageait un classement sans suite.

    Une éventualité qui fait bondir Sophie Mazas : « On se demande, s’il manque des éléments, pourquoi des témoins qui étaient présents dans le bar n’ont pas été entendus ? S’il y a un doute, les enquêteurs peuvent faire un tapissage pour voir si les témoins reconnaissent les auteurs des faits en photo. Dans tous les cas, on ne lâchera pas. » Si un classement sans suite est prononcé, les avocats sont déjà prêts à enclencher une « citation directe devant le tribunal correctionnel ».

    Impunité pour la violence d’extrême droite ?

    L’absence de faits matériels est d’autant plus surprenante que le décret portant dissolution du Bloc montpelliérain signé le 4 mars dernier s’appuie justement sur l’attaque du Prolé pour justifier cette décision. « Douze membres du Bloc Montpelliérain se sont rendus dans le bar le Prolé d’Alès […] et ont provoqué une rixe, avec utilisation de gaz lacrymogène, fracturé le nez d’un individu et généré 3 à 5 jours d’ITT à trois individus qui ont déposé plainte », est-il en effet notifié.

    Au-delà de la violente attaque du Prolé, victimes et avocats se battent contre l’impunité des violences d’extrême droite de plus en plus présentes dans l’Hexagone. « Dans un contexte post-municipal avec l’explosion du RN, un déchaînement du racisme à Saint-Denis, la libération de la parole raciste, on ne peut pas banaliser les violences de ces groupes de nazillons », a souligné Giovanni Di Francesco, secrétaire de la section du PCF alésien.

    Un point de vue évidemment partagé par Sophie Mazas : « La violence d’extrême droite ne peut pas s’installer. À Montpellier, nous avons eu une arrivée de groupuscule masqué dans une manifestation accompagné de violences. Aujourd’hui, est-ce qu’on se résout à aller dans un bar ou dans une manifestation déclarée et à subir la violence de l’extrême droite ? »

    Face à ce constat, l’association du Prolé d’Alès a prévu de renforcer sa sécurité pour la prochaine feria. Car elle a bien l’intention de continuer à prendre toute sa part à l’un des moments les plus festifs de l’année dans la cité alésienne.

  • Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    « Le diesel a augmenté en moyenne de plus de 45 cts au litre depuis le début de l’année et dépassé les 2 euros le litre ; idem pour l’essence, qui a augmenté de plus de 25 cts et a également parfois dépassé les 2 euros le litre ; le fioul, lui, a augmenté de 50% depuis le début du conflit ; quant au gaz, il a déjà augmenté de 35% et la répercussion sur son prix chez le consommateur va se faire sentir plus ou moins rapidement suivant la nature des contrats souscrits », liste Claude Gaubert, de l’UFC Que Choisir Montpellier. En faisant grimper les prix de l’énergie, la guerre au Moyen-Orient éprouve méchamment le porte-monnaie des Français, dont le pays paie sa trop grande dépendance aux énergies fossiles. L’État engrangeant, de son côté, des recettes fiscales supplémentaires grâce à la TVA (270 millions d’euros au mois de mars).

    Face à ce constat, l’association de consommateurs appelle de ses vœux des mesures qui permettraient de contenir l’impact de cette flambée sur le quotidien des ménages. « Dans votre facture d’électricité, de gaz ou quand vous allez à la pompe, une taxe est pratiquée sur la consommation de produits énergétiques, taxe sur laquelle vous payez, en plus, la TVA… Nous réclamons depuis toujours la suppression de cette taxe sur la taxe (5 à 6 milliards d’euros par an), qui permettrait de rendre une part non négligeable de pouvoir d’achat aux consommateurs », estime Claude Gaubert.

    Sortir de la dépendance aux énergies fossiles

    De façon plus ponctuelle, l’UFC Que Choisir plaide en faveur d’« aides ciblées », comme l’augmentation du nombre de bénéficiaires et du montant du chèque énergie. « Un dispositif équivalent » pourrait également, estime Claude Gaubert, être mis en place à destination « des professionnels particulièrement impactés par l’augmentation, notamment, du prix de l’essence (transports routiers, agriculteurs, taxis…) ».

    Enfin l’association de consommateurs n’oublie pas « les raffineurs, transporteurs et distributeurs, qui profitent de l’opportunité pour gonfler leurs marges. On peut imaginer que ces entreprises qui vont automatiquement profiter de l’envolée des prix soient mises à contribution par l’État via une taxe spéciale, en vue d’une redistribution de ces bénéfices aux consommateurs, en premier lieu les publics les plus impactés », suggère Claude Gaubert.

    Au-delà de ces mesures conjoncturelles, le représentant montpelliérain de l’UFC pointe un problème de fond sur lequel, estime-t-il, l’État doit agir : la trop grande dépendance de la France aux énergies fossiles. « On l’a vu avec la guerre en Ukraine, on le voit aujourd’hui avec le conflit au Moyen-Orient : il faut sortir au maximum de cette dépendance. Cela permettrait à la fois d’accroître notre autonomie énergétique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre », souligne Claude Gaubert. « Ça veut dire renforcer tout ce qui est électrification des usages : aides pour l’achat d’une voiture électrique, renforcer la rénovation énergétique, l’isolation des bâtiments, encourager l’utilisation des pompes à chaleur… En somme inciter les gens à abandonner le gaz et le fioul au profit de l’électricité. Cela relève d’abord de politiques publiques mais aussi de choix individuels. »