Category: societe

  • Casser la vérité

    Casser la vérité

    Dans le théâtre trouble des réputations publiques, il est des visages que l’on refuse d’assombrir.

    Certaines figures semblent protégées par une sorte d’immunité morale : l’abbé dont l’hiver 54 refroidissait les colères mêmes des anticléricaux, ce comédien populaire à l’appétit d’ogre, le chanteur familier des souvenirs fiévreux d’adolescentes et de la réalité brumeuse de quinquagénaires.

    Comme si la mémoire affective constituait une cuirasse contre le soupçon.

    Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la sidération lorsque surgissent des accusations visant ces figures, mais le réflexe quasi immédiat de déni. Le cerveau social se cabre : « Lui ? impossible. »

    L’argumentaire suit, mécanique, presque rassurant dans sa répétition. Il aurait « trop de succès », « trop d’argent », « trop de charme » pour avoir besoin de commettre l’irréparable. Comme si la violence sexuelle relevait d’un manque à combler, et non d’un rapport de pouvoir.

    Les victimes en deviennent des prédatrices. « Elles n’en veulent qu’à son fric. Après tout ce temps vous pensez bien… »

    Ce raisonnement en dit moins sur les faits eux-mêmes que sur notre besoin de préserver certaines icônes. On ne juge pas seulement des actes supposés, on protège une image, celle d’une époque, d’une jeunesse, d’un attachement intime. Et ceux qui s’y accrochent deviennent parfois les gardiens d’un récit plus que les défenseurs d’une vérité.

    Le contraste est d’autant plus saisissant lorsque l’accusé n’a ni visage connu ni capital symbolique. Là, la présomption d’innocence s’effrite plus vite, remplacée par une suspicion immédiate, parfois brutale. Deux poids, deux mesures : indulgence pour les figures familières, sévérité pour les anonymes. Selon que l’on soit riche ou puissant, Selon que l’on soit célèbre ou inconnu, le tribunal populaire lui-même fait preuve iniquité.

    Cette dissonance révèle une faille profonde : nous ne réagissons pas seulement aux faits, mais à ce qu’ils menacent en nous, souvenirs, appartenances, mythologies personnelles.

    Et tant que cette mécanique restera invisible, elle continuera d’influencer notre manière de croire, de douter… ou de refuser de voir.

  • [Kallisté] Gérard et Véronique Cesari : quand le souvenir rassemble tout un territoire

    [Kallisté] Gérard et Véronique Cesari : quand le souvenir rassemble tout un territoire

    Organisée par l’association créée par leurs enfants, Charlène trésorière et Pierre, président, en partenariat avec la ville et de très nombreux commerces locaux sponsors de l’événement, cette manifestation rendait hommage à Gérard et Véronique Cesari, disparus en 2025 à quelques mois d’intervalle des suites de la maladie.

    Plus qu’un tournoi de pétanque, ce rendez-vous célébrait la mémoire de deux personnes profondément appréciées. Autour de Charlène et Pierre, c’est toute une famille qui s’est mobilisée pour faire de ce premier challenge un hommage à la hauteur de l’affection portée à Gérard et Véronique.

    Durant deux jours, plusieurs centaines de participants, venus de toute la Corse, se sont retrouvées autour de la passion qui animait Gérard, dans une atmosphère simple et généreuse à l’image du couple auquel ce challenge était dédié.

    L’émotion était particulièrement palpable lors de l’hommage officiel. Aux côtés de sa sœur Charlène, Pierre Cesari a pris la parole avec beaucoup de pudeur et de sincérité. Le maire de Porto-Vecchio, Jean-Christophe Angelini, a lui aussi salué la mémoire de celui qui fut à la fois son ami, son adjoint et un homme profondément engagé au service de sa ville. À cette occasion, il a annoncé que le Challenge Gérard et Véro Cesari deviendrait un rendez-vous annuel, une décision qui s’est imposée comme une évidence au regard de l’émotion et de la mobilisation suscitées par cette première édition.

    En faisant vivre ce challenge, Charlène et Pierre ont offert à leurs parents un hommage à leur image : sincère et profondément humain.

    Car certaines vies laissent une trace qui ne s’efface pas. Elles continuent de vivre dans les histoires que l’on raconte, dans les amitiés qu’elles ont tissées et dans les rendez-vous qu’elles inspirent. À Porto-Vecchio, Gérard et Véronique ont désormais le leur.

  • [Démographie] À Martigues, ce que les noms racontent de la peste de 1720

    [Démographie] À Martigues, ce que les noms racontent de la peste de 1720

    Le 25 mai 1720, le Grand-Saint-Antoine débarque à Marseille. Le navire vient de l’Est de la Méditerranée. Dans sa cargaison, une bactérie : celle de la peste qui frappera toute la Provence. « C’est la dernière grande épidémie de peste en France », rappelle Isabelle Séguy, chercheuse associée au laboratoire Cultures – Environnements, Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM) à Nice. Elle fera plus de 120 000 victimes. « Mais il est difficile d’évaluer l’impact de l’épidémie sur la population et la démographie seulement à partir du décompte des morts », poursuit la chercheuse. C’est la raison pour laquelle, avec son collègue Pierre Darlu du Muséum national d’histoire naturelle (Paris), elle s’est plongée dans les noms de famille de la population de Martigues. « La ville tenait des registres exceptionnels », précise-t-elle. Et l’analyse parue dans Plos One révèle une histoire jusqu’alors inconnue : « Près de 50% de la population a été remplacée après la peste de 1720, résume Isabelle Séguy, coautrice de l’étude. C’est la première fois que nous mettons en évidence l’impact profond de cette épidémie avec les mouvements de population engendrés. »

    Anglesy, Diegue, Langlois… Avant 1720, ces noms de famille – ou leurs dérivés – sont communs à Martigues dans les listes des enfants baptisés. Après 1721, ils disparaissent. Certains sont morts de la peste : ils figurent dans les registres des victimes. D’autres ont fui. On les retrouve ailleurs dans les Bouches-du-Rhône ou plus loin en France au registre des noms de famille établi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Exemple avec les Gratian, un nom typique de Martigues – dont beaucoup d’enfants sont nés avant 1720 et sont absents des registres des victimes – qui disparaît du département et apparaît dans le Sud-Ouest de la France plus tard. « Il serait intéressant de savoir qui étaient ces personnes pour voir si des facteurs
    – profession, milieu social – ont pu influencer la mobilité
     », indique Isabelle Séguy.

    Natalité en baisse

    À l’inverse, des noms comme Pignatel, Mauras ou Cambon apparaissent à Martigues à partir de 1721 alors qu’ils étaient absents avant. L’étude note que ces nouveaux arrivants viennent plutôt de la région et non pas de l’autre bout de la France.

    D’autres noms comme Tourrel ou Fouque traversent la crise. Mais la natalité baisse parmi les survivants. Est-ce dû à la peste ou à un changement générationnel ? Les données font pencher la balance vers la première hypothèse car la baisse touche principalement les noms de famille touchés par la peste. Mais l’autre piste n’est pas exclue. « Cela serait plus tôt que ce qu’estiment les historiens », relève Isabelle Séguy. Ces derniers considèrent que le passage d’une forte natalité – compensant une forte mortalité – à une natalité plus faible, a débuté en France à la fin du XVIIIe siècle.

    Y. pestis

    Yersinia pestis est la bactérie responsable de la peste. Elle a été découverte en 1894. Ce n’est qu’en 1998 que l’épidémie qui a frappé la Provence en 1720 sera imputée à Y. pestis, suite aux avancées des analyses ADN qui permettent d’identifier la bactérie sur des squelettes dans un charnier.

    120 800

    C’est le nombre de morts de la peste entre 1720 et 1722 en Provence et dans le Bas-Languedoc sur une population totale de 400 000 habitants. À Martigues, l’épidémie tuera 2 150 personnes en quelques mois sur une population d’environ 6 000 habitants.

    4 022

    C’est le nombre de noms de famille d’habitants de Martigues retenus pour cette étude sur la période 1689-1789. Les données viennent principalement des registres paroissiaux conservés aux archives de Martigues et de l’association de généalogie des Bouches-du-Rhône (via le site Geneanet).

  • [Entretien] « Les patronymes offrent un regard inédit sur l’impact des épidémies »

    [Entretien] « Les patronymes offrent un regard inédit sur l’impact des épidémies »

    La Marseillaise : Vous avez étudié l’impact de l’épidémie de peste de 1720 sur la population de Martigues à partir des noms de famille des habitants. Est-ce une approche commune ?

    Isabelle Séguy : Non, je pense que c’est une première. C’est une étude originale qui nous aura pris 25 ans
    – en grande partie pour réunir les conditions pour la réaliser. Cela fait longtemps que les historiens se questionnent sur l’impact démographique des épidémies de peste. Mais c’est difficile en ne se basant que sur les registres des morts. Les patronymes permettent d’aller plus loin et offrent un regard inédit en donnant un aperçu de ceux qui sont partis définitivement, ceux qui sont partis puis revenus, ceux qui sont arrivés… Cette étude pionnière fera peut-être des émules. Mais cela n’est pas faisable partout. Il faut que les données existent.

    C’était le cas à Martigues ?

    I.S. : Oui, c’est pour cette raison que nous avons choisi d’y mener cette étude. La ville a conservé énormément de documents historiques depuis le Moyen-Âge. C’est assez exceptionnel. Et des fouilles de sauvetage ont mis au jour des squelettes dans des fosses où étaient enterrés les pestiférés.

    Que reste-t-il à découvrir ?

    I.S. : Un sujet qui m’intéresse à présent est de voir dans quelle mesure l’épidémie infantile – probablement la coqueluche, peut-être la rougeole ou la variole – qui a tué un tiers des enfants en quatre mois en 1705 et l’hiver rigoureux de 1709-1710 ont pu fragiliser la population de Martigues et alourdir le bilan de la peste de 1720, particulièrement meurtrière.

  • [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    On sait que les tumeurs de la vessie, c’est des cancers tout le temps », pose d’emblée Géraldine Pignot, chirurgienne urologue à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille. Mais la nature exacte de ce cancer, son degré d’agressivité et sa profondeur d’infiltration, va tout changer dans le choix du traitement.

    D’une analyse, faite grâce à une micro caméra qu’on appelle cystoscopie, ressortent deux informations clés : le grade, qui mesure l’agressivité des cellules, et le stade, qui indique jusqu’où le cancer s’est enfoncé dans la paroi de la vessie. Si la tumeur ne touche pas encore le muscle de la vessie, qu’elle est « non infiltrante », le simple grattage peut suffire. C’est le cas pour 80% des patients diagnostiqués à temps. Mais cette forme de cancer a tendance à récidiver. Si en revanche la tumeur a infiltré le muscle de la vessie, le traitement change radicalement. Il s’agit « de retirer la vessie, de faire une cystectomie, et parfois d’y associer de la chimiothérapie avant et ou de l’immunothérapie après », explique la chirurgienne. Ce qui implique de reconstruire entièrement les voies urinaires. Deux options existent : soit une dérivation externe, avec une poche collectrice fixée sur le ventre, soit une reconstruction interne à partir d’un fragment d’intestin suturé à l’urètre, ce qu’on appelle une néo-vessie, qui permet au patient d’uriner comme avant, en appliquant une pression sur le ventre. À l’IPC, chaque patient bénéficie d’abord d’une préhabilitation : avant même d’entrer au bloc, il est suivi par une diététicienne, une coach sportive, une psychologue et une assistante sociale. « On essaie de faire en sorte qu’ils ne soient pas dénutris, qu’ils aient une activité physique régulière, qu’ils soient bien accompagnés sur le plan psychologique », détaille Géraldine Pignot. L’objectif est d’arriver à l’opération dans le meilleur état possible. Pendant et après la chirurgie, c’est la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) qui prend le relais. Elle passe d’abord par la chirurgie robotique, moins invasive, qui permet depuis quelques années de préserver les organes génitaux et donc l’activité sexuelle. « Avant, on enlevait à la fois la vessie, l’utérus, le vagin chez la femme. Aujourd’hui on préserve l’utérus et le vagin chaque fois qu’on le peut », souligne-t-elle. Chez l’homme, les nerfs responsables de l’érection peuvent également être épargnés. Puis en post-opératoire, mobilisation dès le lendemain, réalimentation rapide et durée d’hospitalisation réduite : « Tout est fait pour que le patient retrouve une vie normale au plus vite.» Depuis sa mise en place il y a dix ans, « les taux de complications ont diminué et les durées de séjour se sont raccourcies », ajoute la praticienne. Ce qui enthousiasme le plus Géraldine Pignot, c’est ce qui devrait être proposé aux patients prochainement : une nouvelle combinaison chimiothérapie-immunothérapie administrée avant même la chirurgie. Un espoir concret, pour une maladie qui, prise en charge tôt et bien traitée, se gère de mieux en mieux.

  • [Travailleur de Demain] Bastien Allibert cuisine l’excellence

    [Travailleur de Demain] Bastien Allibert cuisine l’excellence

    Un métier « humain » où l’on fait « énormément de rencontres ». C’est en premier lieu pour son aspect « profondément social » que Bastien Allibert, 21 ans, médaille d’excellence au concours national des WorldSkills, dit adorer son quotidien de cuisinier. Reconnaissant de faire carrière, aujourd’hui, dans un « métier passion », il s’est engagé dans cette branche après l’obtention de son bac scientifique, une fois certain d’avoir trouvé sa voie. « Je suis attiré par la cuisine depuis le collège, retrace-t-il. Dès la troisième, j’ai fait un stage dans la restauration, mais je ne savais pas vraiment si j’aimais la cuisine comme un loisir ou comme un métier. J’ai donc choisi une filière générale au lycée. »

    Apprendre de l’excellence

    Mais la cuisine ne quitte pas l’esprit de Bastien, qui prend régulièrement les rênes des fourneaux, où il imagine des plats « salés ou sucrés », pour lui ou pour « la famille ». À 18 ans, il entame donc un CAP cuisine à la Chambre de commerce d’Avignon, non loin de son Cavaillon natal, et enchaîne avec un brevet professionnel, qu’il obtient à l’été 2025. Trois ans d’intense formation, qu’il doit aussi aux enseignes où il est passé comme apprenti.

    Car, arrivé dans le domaine il y a 4 ans seulement, Bastien a déjà fréquenté les cuisines de nombreux restaurants : Maison Prévôt à Cavaillon, « pendant six mois car après le chef a ensuite pris sa retraite », puis Château Olive et Raisin, à Fontaine-de-Vaucluse, « pendant 2 ans et demi », avant L’Ekrin, à Méribel, en Savoie. « L’Ekrin était mon premier restaurant étoilé, une étoile Michelin ! », s’enthousiasme le jeune homme.

    Un premier voyage gastronomique qui lui donnera envie de poursuivre sa route, « au moins un temps », dans les « grosses maisons ». « Comme je suis en train de parfaire mes connaissances, j’aime l’idée de collaborer avec des personnes extrêmement compétentes, c’est challengeant, détaille le jeune homme. Aujourd’hui, je travaille avec des gens qui préparent des concours. Mon chef, Louis Gachet, est Meilleur Ouvrier de France. Ça force le respect. » D’autant que, dans ce genre d’établissement, le luxe ne se retrouve pas que dans l’assiette. « Ce qui est agréable, c’est que la question de la masse salariale ne se pose pas, note-t-il. Dans un restaurant classique, on n’est pas plus de trois en cuisine. Là où je suis, au Couvent des Minimes, à Mane (04), on est 30. C’est l’occasion d’apprendre avec précision, de passer à plein de postes différents. »

    « Gourmand » et « prenant plaisir à faire plaisir », Bastien assure s’intéresser à toutes les cuisines, sans identifier, pour le moment, de plat signature. Pour l’instant responsable des entrées froides et des amuse-bouches, il s’impatiente d’approfondir sa maîtrise des cuissons, de la viande et du poisson, mais aussi des garnitures et des légumes, qu’il faut « s’appliquer à sublimer ». « Jeune, en quête de réflexion, avec l’envie de rencontrer beaucoup de gens, je crois que le système de saison me convient bien pour l’instant, assure-t-il. Après, je ne ferai pas ça pendant 10 ans non plus. Car si je veux monter en grade dans une maison, il va bien falloir y rester plus de 6 mois… »

  • Face à la canicule, l’État se retrousse les manches

    Face à la canicule, l’État se retrousse les manches

    On connaissait en Vaucluse les opérations annuelles de sensibilisation sur les risques incendies, les obligations légales de débroussaillement ou la campagne de préventions sur les fortes pluies et inondations. « Malheureusement, nous inaugurons un nouveau rendez-vous sur la prévention de risque canicule », présente le préfet. Ce vendredi après-midi, l’État a disposé une dizaine de stands au jardin du Rocher des Doms d’Avignon pour une demi-journée d’information. « L’été ne commence que le 21 juin et pourtant, fin mai, nous avons vécu une période particulièrement chaude », souligne Thierry Suquet.

    Il est vrai que si l’opération avait eu lieu une semaine plus tôt, elle aurait été d’une actualité brûlante. Car ce vendredi, entre la pluie de la veille et le Mistral, les nombreux visiteurs du parc ne suffoquent pas. Qu’importe, les températures devraient bien remonter dès lundi. « Malgré l’idée reçue selon laquelle dans le Sud on est habitué à la chaleur, 40% des habitants de la région déclarent avoir souffert d’un épisode de forte chaleur », soutient le préfet. Agence régionale de santé, Météo France, Samu, Sos médecins, pompiers mais aussi santé au travail ont participé aux stands. « Depuis juillet 2025, un nouveau décret renforce les obligations des employeurs, quel que soit le secteur, en matière de prévention des risques liés aux forts épisodes de forte chaleur », appuie le préfet, assurant que « l’inspection du travail a réalisé 1 700 interventions [donnée nationale] en période estivale en lien avec la chaleur ».

    La prévention passe par une action coordonnée des acteurs locaux, Ville en tête qui tient un registre des personnes vulnérables. « Un sujet majeur de santé publique », fait valoir le maire, Olivier Galzi (DVD), venu ouvrir l’opération. Pas de rupture politique sur ce sujet-là. « Il existe un plan canicule communal, un bon dispositif que je maintiendrai », assure le premier magistrat. Pas de modification du plan pour l’heure, qui prévoit divers niveaux d’alerte et liste l’ensemble des bons réflexes* en lien avec le centre communal d’action sociale. Points d’eau, ouverture en continu des parcs et jardins sont bien pérennisés. Une carte, « Ma ville plus fraîche », est toujours d’actualité.

    Du sable pour contrer

    le moustique tigre

    Au-delà des conseils pratiques (hydratation, éviter les sorties et le sport aux heures les plus chaudes), un accent est mis aussi sur les risques sanitaires liés à la chaleur, comme les piqûres de moustique tigre, « principal vecteur de maladies comme la dengue ou le chikungunya qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé », prévient Thierry Suquet. « Comme pour le tri des déchets, il faut prendre le réflexe d’éviter les eaux stagnantes », enjoint Émilie Bonnet, ingénieure d’études sanitaires à l’ARS. Le moustique raffole des fonds humides. « On peut mettre du sable au fond des pots et soucoupes », conseille-t-elle. L’été dernier en Vaucluse, deux épisodes de chikungunya à Richerenches et Valréas ont été recensés avec un total de 13 personnes infestées. La préfecture envisage de pérenniser cette opération, qui pourrait se tenir dans une autre ville l’an prochain.

    * Infos et carte « Ma ville fraîche » sur avignon.fr

  • Le Rallye initie les jeunes aux piliers de la vie publique

    Le Rallye initie les jeunes aux piliers de la vie publique

    Sur le parvis de la mairie, ils sont 168 à s’accroupir, au terme d’une longue journée de visites. Un peu partout en ville, ce vendredi, différents groupes d’élèves, vêtus de dossards aux couleurs de leurs écoles ou collèges, pouvaient être aperçus en train de déambuler dans le centre-ville d’Aix.

    La raison : la sixième édition du Rallye citoyen, portée par les partenaires du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) et la Ville, organisée le temps d’une journée. Destinée aux élèves des écoles et collèges du Réseau d’éducation prioritaire (REP), cette initiative permet aux plus jeunes de découvrir les principales institutions de la ville. Quatre classes de CM2 et deux classes de 4e ont répondu présent.

    Au programme : visite de l’hôtel de Ville, immersion dans la peau d’une personne malvoyante au Repère Jeunesse, port de la robe d’avocat ou de procureur, le temps d’un procès fictif à la cour d’appel…

    Susciter l’engagement

    Un parcours « qui vous permet d’occuper toutes les places possibles dans la société et de les découvrir avec un regard différent, nouveau (…). Qu’est-ce que vous en avez pensé ? », lance Sophie Joissains, maire, face à la foule de petits citoyens. « Je trouve que les conseils “municipales” (sic) sont bien organisés, qu’il n’y a presque aucun problème au niveau de la société, je suis content de vivre à Aix-en-Provence avec ses activités et ses innovations », déroule longuement l’un des élèves, micro en main et dossard rose sur les épaules.

    « J’ai surtout bien aimé quand on a parlé de la Coupe du monde 98 », enchaîne Firas, en allusion aux archives de La Marseillaise, selon une parent d’élève, ressorties aux archives départementales. « Pour le championnat du monde, pour le match de finale, on va mettre des grands écrans sur le cours Mirabeau et tout le monde pourra venir le voir », promet le maire. Scène de liesse, parmi la petite foule.

    Les retours des élèves s’enchaînent, suivis de ceux des officiels. « C’est un plaisir pour l’autorité judiciaire de vous ouvrir notre palais. La justice est là au service de tous, elle est rendue par des juges, des procureurs, on essaie, vous l’avez vu, de doser la peine il ne faut pas être trop sévère, trop laxiste… », résume Franck Rastoul, procureur général de la cour d’appel, accueilli par des cris et des applaudissements. « J’espère que cette journée de la citoyenneté vous aura donné cette envie de vous engager », conclut le sous-préfet, Mathieu Gatineau.

  • La Slow Fashion Week s’élance pour une 2e édition engagée

    La Slow Fashion Week s’élance pour une 2e édition engagée

    En juin 2025, près de 10 000 personnes ont assisté à la Slow Fashion Week. Une première qui affichait la volonté de faire de Marseille la capitale française de la mode responsable. Cette année, le Collectif Baga revient avec une deuxième édition lancée ce vendredi et qui se poursuit jusqu’au 13 juin. Une cinquantaine d’événements sont prévus dans divers lieux emblématiques de la ville : défilés, expositions, ateliers et conférences autour des enjeux écologiques de la mode durable, responsable et éthique.

    Marion Lopez, cofondatrice du Collectif Baga et fondatrice de l’école de mode Studio Lausié, confie : « On a reçu des centaines de candidatures du monde entier. Mais à la base, l’objectif reste de mettre en lumière les marques de Marseille et de la région. » Une centaine de membres actifs ont été retenus pour organiser et participer aux événements. Marion Lopez souligne : « Il y a une charte à respecter, fondée sur des valeurs communes : accessibilité, inclusivité et écoresponsabilité. »

    L’an passé, le collectif avait invité la Maison Cléo. Cette année, c’est Amour Collective qui sera mise à l’honneur, une marque établie en Normandie. « La démarche est complètement en accord avec ce qu’on fait : les castings de ses défilés sont inclusifs et elle ne travaille qu’à partir d’une revalorisation des matériaux qui existent chez de grandes maisons », complète Marion Lopez. Contribuer au développement, notamment des jeunes marques, est une nouveauté que la Slow Fashion Week instaure, cette année, grâce au partenariat passé avec le salon parisien Who’s Next, qui permet à des acheteurs de découvrir des nouvelles marques.

    « Le temps du geste lent »

    L’événement ne propose pas que des défilés : « Nous voulons prendre le temps du geste lent de la confection. On veut mettre en avant l’artisanat local, des savoir-faire qui sont un peu perdus, comme la broderie ou de la réparation », souligne-t-elle. Une manière de montrer que ces pratiques sont accessibles, notamment, « l’upcycling ». La fondatrice prend l’exemple des élèves de l’école de mode du Studio Lausié : « Ils récupèrent absolument tout et ils créent des pièces incroyables. C’est montrer que la mode écoresponsable, ça peut être digne de grande maison de couture. » La clôture sera symbolique avec le défilé des étudiants du Studio Lausié. « Une passation à la nouvelle génération qui veut changer les codes de l’industrie », confie Marion Lopez. La Slow Fashion Week, conclut-elle, c’est « célébrer Marseille, la mode écoresponsable, l’entraide et la collaboration ».

    Accès libre. Programme et modalités sur baga-collectif.fr