Category: societe

  • Le géosite dédié à la découverte géologique inauguré à Tartonne

    Le géosite dédié à la découverte géologique inauguré à Tartonne

    C’est en 2015 que Myette Guiomar, géologue désormais retraitée, a fait l’incroyable découverte d’ossements fossilisés qui se sont avérés être un squelette de plésiosaure, un grand reptile marin prédateur du Mésozoïque. Vieux de 100 millions d’années, le squelette était conservé sur plus de 4 mètres, représentant le spécimen le plus complet connu en France pour cette période du Crétacé inférieur. « Ce plésiosaure a choisi nos montagnes pour refaire surface », s’est réjoui la présidente (LR) du Département des Alpes-de-Haute-Provence, vendredi, lors de l’inauguration des aménagements du site, qui ont pour but de le rendre accessible au public et de le faire connaître des touristes.

    Le chantier de fouilles a pris plusieurs mois, le squelette ayant été découvert « dans un ravin escarpé, isolé et menacé par l’érosion ». « Derrière chaque ossement, il y a la sueur, la passion d’hommes et femmes qui aiment notre terre », a rappelé Eliane Barreille. Des chercheurs viennent « du monde entier » pour découvrir ce plésiosaure « parmi les plus complets jamais découverts en Europe », a affirmé la préfète, Isabelle Tomatis.

    « La plus grande réserve géologique de France »

    « Créée par l’État en 1984, la Réserve naturelle nationale géologique de Haute-Provence est la plus vaste réserve géologique d’Europe, couvrant près de 230 000 hectares sur les Alpes-de-Haute-Provence et le Var », explique le Département. « Des étudiants viennent des États-Unis pour étudier ici, dans la vallée », se réjouit Pierre-Olivier Antoine, président du conseil scientifique de la réserve. Un projet d’extension est actuellement en cours.

  • À Istres, un nouveau marché provençal au service de l’attractivité

    À Istres, un nouveau marché provençal au service de l’attractivité

    En culotte d’antan, galoubets et tambourins à la main, les bénévoles de l’association de danse folklorique Lou Trelus déambulent dans les allées Jean-Jaurès. Samedi matin, ce haut-lieu du centre-ville istréen est bondé de monde à l’occasion de la première matinée du marché « L’instant provençal », rendez-vous hebdomadaire qui s’étendra jusqu’au 26 septembre.

    Une petite trentaine d’exposants sont installés de part et d’autre de la rue piétonne ombragée. Parmi eux, Monique, qui tient un étal en face de sa boutique « Au manoir des anges », qu’elle a ouvert il y a 9 ans et demi. « C’est génial, c’est convivial, se réjouit-elle. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu du chaland comme ça. Le samedi matin, d’habitude, c’est vide. Là, pour moi, c’est gagné ! »

    Même enthousiasme du côté des habitants. « Enfin ! », réagissent Annick et sa mère Jacqueline en déambulant : « Ça fait vivre la ville. » Un marché est déjà en place le mardi matin à Istres, mais « ça n’a rien à voir, et puis beaucoup de gens travaillent en semaine ». Pour les deux femmes, l’accent mis sur l’identité provençale est « malin, c’est bon pour le tourisme ! ».

    Valoriser le patrimoine

    Chez les commerçants, on joue le jeu. Monique témoigne : « C’est vraiment un marché dédié au terroir, moi-même, j’ai beaucoup de produits dans ma boutique, mais je mets en avant ceux qui sont en lien avec notre région, ceux avec de la lavande par exemple. »

    Le maire Robin Prétot (LR) revendique cette identité. « Nous sommes convaincus qu’il faut aller plus loin dans la valorisation et dans l’affirmation de cette richesse, parce que notre patrimoine raconte une histoire, notre histoire, affirme-t-il. Ce patrimoine, c’est celui du vieil Istres, du centre historique, de cet hôtel de ville emblématique pour lequel nous nous sommes battus et qui, aujourd’hui, est revenu dans notre giron. » L’élu pointe le besoin de retrouver du « lien humain, ce qui nous rassemble, et c’est tout le sens du marché “L’instant provençal” ».

    Devant le succès de cette première édition, Adrien Bouterin a le sourire. L’adjoint au maire délégué aux affaires économiques, au projet de centre-ville, au commerce et à l’artisanat explique la démarche : « Les mots d’ordre étaient : Provence, été et qualité. On voulait quelque chose qui fasse revenir du flux le week-end en centre-ville. (…) Ça part d’une vraie analyse, avec l’Office du commerce, on est allés interroger les gens en terrasse pour leur demander ce qui leur manquait et le marché revenait quasi systématiquement. »

    Si l’affluence se confirme, la municipalité pense pérenniser le marché à l’année. « On envisage également de le dédoubler sur le boulevard Paul-Painlevé, à la condition de trouver des marchands en restant qualitatif », révèle l’adjoint.

  • Apprendre à nager au Novotel-Sofitel

    Apprendre à nager au Novotel-Sofitel

    « C’est le hasard qui nous a fait rencontrer l’association le Grand bleu, l’an passé. Nous avions un voiturier bagagiste qui les connaissait. Ça a été un véritable coup de cœur », lance Vincent Gaymard, directeur du Sofitel et Novotel Marseille Vieux-Port. Poursuivant : « On fête nos 50 ans cette année. Ouvrir nos portes à ses petits Marseillais, ce n’est pas neutre. Certains n’étaient jamais rentrés dans un hôtel. Ça donne du sens à notre engagement, apprendre à nager, mais aussi à respecter les océans. »

    Des partenariats nécessaires

    Dans la piscine, les enfants, bonnet jaune sur la tête, tentent l’étoile de mer encadrés par les maîtres-nageurs. La surprise, c’est le calme. Les enfants sont dans l’eau et quelques clients de l’hôtel bronzent sur des transats paisiblement.

    Grâce au dispositif d’aisance aquatique et apprentissage de la natation durant les temps scolaires, qui lie la Ville, l’État et l’association, cela fait maintenant 5 ans que les écoliers s’initient. « Cette semaine, 100 enfants ont bénéficié du dispositif. Une partie à la piscine du Novotel-Sofitel et l’autre sur le site de Corbière grâce à un bassin gonflable », explique Brahim Timricht, directeur de l’association. Il ajoute : « Ils ont pu bénéficier d’une formation en 3 temps soit avec de l’éducation à l’environnement en partenariat avec la fondation Suez, une initiation kayak paddle et des notions d’apprentissage aquatique. Les enfants pourront poursuivre la formation gratuitement avec l’association dans différents lieux*. » Depuis 13 ans, 17 000 enfants ont appris à nager avec le Grand bleu. « Nous sommes toujours en carence », soupire-t-il.

    *En juillet : piscine des Micocouliers ou sur la base nautique Florence-Artaud. En août : piscine de la Busserine , ou sur le site de Corbière tout l’été. Web : legrandbleumarseille.com

  • La Croix-Rouge inaugure un nouveau lieu dédié à la solidarité à Marseille

    La Croix-Rouge inaugure un nouveau lieu dédié à la solidarité à Marseille

    Vous venez amener des dons ? », demande Awéna, bénévole depuis neuf mois. Un couple vient déposer un siège auto et des vêtements. Même le jour de l’inauguration, la boutique solidaire de la Croix-Rouge ne désemplit pas. Ouvert depuis octobre dernier, ce concept est unique dans la région car il réunit dans un même lieu une épicerie solidaire, du textile de seconde main, mais aussi des espaces d’accueil, d’écoute et de formation. Ce Carrefour des solidarités a déjà accueilli plus de 9 000 personnes.

    Parmi elles, Eliane, 87 ans, habitante du quartier. Elle pousse la porte de la boutique pratiquement tous les jours : « J’adore cet endroit et je trouve toujours mon bonheur. Il y a aussi l’avantage qu’ici, tout le monde est sympathique », sourit-elle.

    Entre les portants et les réfrigérateurs, des t-shirts et gilets rouges, brodés « la Croix-Rouge », s’activent. Au total, ce sont 400 bénévoles qui aident des personnes en situation de précarité. Awéna travaille aujourd’hui à la partie textile. « Les clients ne viennent pas uniquement pour acheter ou pour donner, ils viennent aussi pour parler. On a l’impression que ça leur fait du bien », décrit-elle, en triant des chemisiers. à ses côtés, son fils de 13 ans, Imad, est également bénévole : « J’ai appris le fonctionnement de la caisse. J’aimerais continuer à être bénévole plus tard, ça me plaît d’aider les gens. »

    Contribuer à une vie meilleure

    Le choix du quartier du Camas n’est pas anodin : « On cherchait un endroit accessible par les transports en commun. L’objectif était de concentrer tous les services sur un même lieu, pour que les gens n’aient pas besoin de traverser la ville », explique Stéphane Lemonnier, président de l’unité locale de Marseille.

    D’une superficie totale de 300m2, ce concept de boutique comprend aussi un service de microcrédit, en partenariat avec la Caisse d’épargne. « Il permet de donner un coup de pouce. La plupart du temps, les personnes ne savent pas qu’ils en sont bénéficiaires, alors on les accompagne », ajoute Stéphane Lemonnier. Une permanence pour lutter contre la précarité énergétique, en partenariat avec EDF, est également mise en place, ce qui a permis à l’association d’obtenir un chèque de 20 000 euros d’aides.

    à Marseille, le taux de pauvreté peut atteindre 25%, selon Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, qui n’a pas manqué de saluer le travail des bénévoles. Et d’aller plus loin : « La question du logement est préoccupante. Environ 7 000 personnes dorment dans des centres d’hébergement ou des hôtels. » En 2025, la Croix-Rouge de Marseille a distribué 89 tonnes de produits à 41 000 personnes dans le besoin.

  • À Marseille, les élèves sensibilisés aux dangers numériques

    À Marseille, les élèves sensibilisés aux dangers numériques

    Huit écoles élémentaires ont eu l’opportunité, du 1er au 5 juin, de participer à une semaine de rencontres dédiée à la découverte des médias audiovisuels et numériques, animée par des équipes de l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique). Les élèves ont pu explorer les divers types de médias et ont été sensibilisés à l’usage des écrans, pour comprendre la signalétique jeunesse ou encore savoir comment réagir face à un contenu choquant. Au total, 991 élèves, du CP au CM2, ont été concernés par cette initiative portée en partenariat avec la Ville de Marseille.

    Dans une classe de CE1 de l’école Convalescents (1er), la rencontre prend tout son sens. Sur 23 élèves, 9 possèdent déjà leur propre téléphone portable. Tous ont déjà regardé des films « déconseillés » à leur âge. Une grande partie a même déjà joué à « GTA », jeu vidéo dans lequel le joueur incarne des criminels dans un univers marqué par violence et activités illégales.

    Des chiffres qui ne surprennent pas Manon Conan, cheffe du département Éducation aux médias de l’Arcom, qui dirige l’atelier : « énormément de jeunes regardent des films d’horreur et d’autres contenus très violents. Ils ont l’impression que ça ne les impacte pas. Les thématiques abordées portaient donc surtout sur la manière de se protéger lorsqu’on est exposé à ce type de contenus. » Ce constat dépasse largement cette classe. « Les réseaux sociaux sont supposés être accessibles à 13 ans – peut-être 15 demain – et aujourd’hui, 50% des enfants de 12 ans ont un compte Snapchat ou TikTok », note le président de l’Arcom, Martin Adjani, présent pour clôturer la semaine.

    Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille déléguée à l’éducation, confirme l’urgence : « Quand on discute avec le réseau de formation des professionnels de l’éducation, Canopé, ils nous disent qu’il y a une réelle demande de formation des enseignants. »

    La Ville a choisi d’agir tôt. « Depuis 2020, elle est un laboratoire innovant sur l’enseignement du numérique dans les écoles », explique Christophe Hugon, conseiller délégué aux relations avec les acteurs du numérique. Une démarche pensée sans culpabiliser les parents : « Ils sont souvent demandeurs d’outils pour que l’éducation de leurs enfants dans l’espace numérique se passe aussi bien que dans l’espace urbain. » L’Arcom envisage d’inscrire l’initiative dans la durée et de la déployer.

  • [Entretien] Anthony Gonçalves : « Ces données doivent fonder nos politiques publiques »

    [Entretien] Anthony Gonçalves : « Ces données doivent fonder nos politiques publiques »

    La Marseillaise : Quels enseignements retenez-vous de cette étude ?

    Anthony Gonçalves : C’est une étude très importante. Le cancer, jusqu’à présent, était finalement considéré comme une maladie qui frappait, de façon indifférente, riche et pauvre. Ce n’est pas la sensation que les cancérologues en ont, évidemment, puisqu’on sait, nous, que les facteurs de risque ne sont pas répartis de façon équilibrée. La grande innovation de méthodologie est que ces chercheurs ont utilisé un paramètre qui est plus proche de la réalité alors qu’avant, c’était basé surtout sur la zone où on habite, ce qu’ils appellent « l’écologie ». Là, ils ont utilisé une échelle démographique permanente à l’EDP , qui a l’air d’être plus corrélée au statut social, ainsi que le SND (Système national des données de santé). En France, l’Assurance maladie couvre 90% de la population, on a donc une espèce de « mine d’or » avec des données de santé disponibles dans la base du système national qui rembourse les médicaments.

    Ces inégalités, vous les constatez sur le terrain ?

    A.G. : Il y a des choses qu’on n’anticipait pas complètement, comme le fait que la répartition des cancers soit différente selon le niveau social. On fait l’hypothèse que les plus modestes sont exposés aux carcinogènes les plus impliqués dans le cancer du poumon, comme le tabac. Inversement, le cancer du sein est classiquement plutôt associé à peu de grossesses, ou plus tardives, et on évoque le rôle de la contraception orale, qui est réelle, mais très modeste. On sait bien, quand on voit les patientes, qu’elles sont plus souvent issues d’un milieu social « plus élevé » que la population atteinte de cancers pulmonaires. Pour la prostate, l’élément mis en avant est le fait que le diagnostic de cette pathologie repose, dans un grand nombre de cas, sur le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique), c’est quelque chose qui se développe plus facilement dans les catégories les plus aisées, qui sont plus médicalisées.

    Ce qui est plus troublant, c’est la répartition dans le pronostic. Les cancers de mauvais pronostic, ceux qui conduisent à des survies inférieures à 50%, sont beaucoup plus fréquents chez les plus modestes que chez les gens plus aisés. Cela tient en partie, aussi, au type de cancer. Le cancer du sein ou de la prostate sont des cancers qui ont de bons pronostics, les cancers du poumon beaucoup moins. Mais, même quand on exclut les cancers considérés comme plutôt socialement marqués, il reste quand même des cancers plus agressifs, plus graves, de plus mauvais pronostic chez les gens les plus modestes. Le diagnostic se fait probablement plus tardivement, parce que moins d’accès au dépistage et aux docteurs tout court. Les plus modestes se retrouvent plus souvent avec des cancers qu’on pourrait éviter, donc qui sont accessibles à la prévention.

    Quelle réponse politique apporter ?

    A.G. : Il faut renforcer les approches de prévention et les dépistages. Les cancers qu’on pourrait dépister à des stades précoces, on les retrouve à des stades métastatiques de façon disproportionnée chez les patients les plus modestes, selon cette étude. Ces données sont très importantes et doivent fonder les politiques publiques – y compris municipales – en matière de prévention de dépistage, d’accès aux soins. Quand on voit de telles inégalités dans un domaine aussi fréquent et aussi socialement marqué dans l’inconscient collectif que le cancer, une pathologie qui est connue, dans lesquelles les données sont bien décrites, connues de tous les spécialistes, il est clair que, oui, c’est une affaire politique. Il y a des questions politiques qui sont derrière l’accès aux soins, au dépistage précoce et à la prévention.

  • Les associations veulent des garanties sur Legré Mante

    Les associations veulent des garanties sur Legré Mante

    Une réunion pour faire un point de situation. C’est ce que proposent, ce lundi 8 juin, Union Calanque littoral, l’association Santé Littoral Sud, Fare Sud au centre social Mer et Colline, engagées depuis des années pour réduire l’exposition des habitants et des visiteurs du littoral Sud aux polluants.

    Leur recours a permis de contraindre l’État, par une décision de justice en décembre 2024, de mener à bien un vaste chantier de dépollution entre le Mont Rose et Callelongue d’ici juin 2038. Si les associations se félicitent de « l’engagement de la préfecture » et « du professionnalisme des équipes de l’Ademe (Agence pour la transition écologique) qui ont appliqué les normes en vigueur », lors des travaux menés du 1er septembre au 31 mars, elles posent la question de l’avenir de l’usine Le gré Mante.

    Un véritable serpent de mer. Fermée en 2009, l’usine de production d’acide tartrique, précédée par une activité de traitement du plomb et de soude, a laissé près de 8,5 hectares de sol pollué au plomb, à l’arsenic, au zinc ou au cadmium, avec des « seuils inacceptables dépassés », pointe dans une étude l’Institut national de veille sanitaire.

    Une lettre au préfet

    Ce qui n’a pas empêché les promoteurs de proposer de nombreux projets immobiliers, au grand dam des riverains, qui ont soulevé les conséquences de l’arrivée massive de nouveaux habitants, sans moyens de transport supplémentaires, ni équipements publics. Le dernier, déposé en août 2025, porté par le fonds d’investissement Ginkgo propriétaire du site, et le promoteur Constructa, prévoit environ 130 logements, et reste pour le moment suspendu. Ginkgo a également été condamné par la justice à dépolluer et mis en demeure par la préfecture de sécuriser le site.

    Inquiètes, les associations relèvent elles que « ces travaux de dépollution (…) n’appliquent pas les mêmes standards que sur les calanques » et de s’interroger : « La dépollution sera-t-elle conforme à la réglementation des sites et sols pollués, la seule pouvant garantir la sécurité des futurs habitants et des riverains ? » Dans une lettre adressée au préfet le 13 mai, l’association santé littoral Sud rappelle que les trois parcelles du site « qualifiées de zones concentrées » en termes de pollution « au sens de la réglementation actuelle » nécessitent des « mesures de gestion adaptées au niveau de la pollution ». Elle s’inquiète d’un plan qui prévoit « un simple recouvrement de terre de 50 cm », alerte sur les jours d’épisodes orageux méditerranéens qui peuvent faire subir au terrain « en déclivité », un « fort lessivage » entraînant des « déchets en contrebas jusqu’au village de la Madrague ». Elle se demande également comment concilier « l’extrême sensibilité d’un secteur résidentiel où vivront des familles avec une utilisation limitée des espaces communs des résidences… »

    À 18h au 16 bd de la Verrerie (8e)

  • Le cancer, révélateur des inégalités sociales

    Le cancer, révélateur des inégalités sociales

    Les études se succèdent et se ressemblent : les maladies chroniques frappent davantage les personnes aux revenus modestes. C’est le cas du diabète, des maladies du foie ou du pancréas, ainsi que des maladies psychiatriques et respiratoires chroniques. Le cancer, première cause de mortalité en France avec plus de 160 000 décès chaque année, faisait jusqu’à présent figure d’exception, touchant pauvres et riches de manière indifférente. Une étude menée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée en février, a toutefois révélé « un lien extrêmement fort avec la situation des individus, notamment sociodémographique », expose Thomas Wanecq, directeur général de l’institution.

    Ces inégalités se manifestent notamment dans la localisation des cancers, c’est-à-dire au niveau des organes touchés par la tumeur cancéreuse. La Drees s’est basée sur les quatre cancers les plus répandus dans le pays : ceux du sein, de la prostate, du poumon et le cancer colorectal.

    Le cancer du poumon est l’un des exemples les plus frappants. Entre 2013 et 2020, les hommes appartenant aux 10% les plus modestes avaient un risque 2,2 fois d’en développer un que ceux des 10% les plus aisés. C’est l’un des cancers associé à certains facteurs connus et considérés comme évitables, comme le tabagisme, l’exposition à l’amiante, ou encore l’alimentation et l’exposition au soleil.

    À l’inverse, les femmes les plus aisées sont davantage atteintes de cancer du sein. Les chercheurs l’expliquent par des facteurs dits « protecteurs » chez les femmes les plus modestes, « notamment le fait d’avoir des enfants plus tôt, et probablement un accès historiquement plus tardif et moindre aux premières contraceptions hormonales orales, dont on sait qu’elles avaient été un peu surdosées et ont pu constituer un facteur de risque », détaille Hadrien Le Mer, chef de projet EDP-Santé*, l’un des coauteurs de l’étude.

    Limiter les risques

    par la prévention

    Les inégalités se retrouvent également dans la gravité du cancer. Selon les auteurs, les plus modestes développent plus souvent des cancers associés à de moindres chances de survie et subissent des formes plus agressives. « À structure par âge et sexe comparables, les 10% les plus modestes présentent un risque 1,7 fois plus élevé de développer un cancer de mauvais pronostic que les 10% les plus aisés », notent-ils.

    Les chercheurs mettent aussi en avant un recours au dépistage plus élevé chez les catégories les plus aisées. « Les plus modestes ont moins souvent recours que les plus favorisés » aux trois dépistages nationaux, en raison de freins financiers, mais aussi informationnels et liés au rapport aux soins, avance une précédente étude de la Drees, citée plus haut.

    Dès lors, « le risque de développer un cancer déjà métastasé au moment du diagnostic est 2,3 fois plus important chez les plus modestes que chez les plus aisés lorsque la localisation est dépistable ». Lorsque ce n’est pas le cas « les inégalités d’incidence de cancers déjà métastasés disparaissent quasi intégralement ».

    « Ces résultats mettent en évidence que les inégalités sociales face au cancer se construisent à plusieurs étapes : l’exposition aux facteurs de risque, le recours au dépistage et la précocité du diagnostic. Ils suggèrent que les populations les plus défavorisées bénéficient moins des avancées en matière de prévention, ce qui pourrait contribuer ainsi au maintien des inégalités sociales de santé », conclut l’étude.

    * Échantillon démographique permanent (EDP), géré par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), avec des informations issues du Système national des données de santé (SNDS), géré par la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam)

    REPÈRES

    L’association Sept à la rencontre des publics les plus éloignés du soin à Marseille

    À Marseille, l’association Sept (Santé et environnement pour tous) se déplace à la rencontre des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour leur proposer des dépistages du cancer du sein, du cancer du col de l’utérus et du cancer colorectal, ainsi que des actions de sensibilisation et de rattrapage vaccinal. Les médiateurs interviennent lors de distributions alimentaires, devant les locaux de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) ou encore à des arrêts de bus, au plus près des personnes « qui n’ont pas du tout recours aux soins, des travailleurs pauvres ou des sans-papiers », explique Yazid Atallah, président de l’association, qui lutte contre les inégalités d’accès aux soins. Sept dispose également d’une antenne à Avignon, où se tiennent des permanences de dépistage tous les vendredis de 9h à 12h.

    Un centre de dépistage du cancer du sein à Cavaillon

    Le centre hospitalier de Cavaillon s’est doté, en octobre dernier, d’un échographe « dédié » à l’échographie mammaire. Cette acquisition intervient dans un contexte de recul du dépistage du cancer du sein dans le département. « Avec 39%, le taux de participation à la campagne de dépistage 2023 est en net recul. Le Vaucluse se positionne parmi les dix départements les moins participatifs au programme national », regrette le centre hospitalier, dans un communiqué.

    Toulon participe au programme « Impulsion »

    L’hôpital Sainte-Musse de Toulon fait partie des établissements sélectionnés pour participer au programme pilote de dépistage du cancer du poumon « Impulsion », auquel participe la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce programme de recherche vise à préparer la mise en place d’un futur dépistage organisé à l’échelle nationale, explique l’Agence régionale de santé (ARS) Paca. Un test est proposé sur un site dédié afin de déterminer si un dépistage est nécessaire.

  • Le collectif Stop Croisières mobilise un large public

    Le collectif Stop Croisières mobilise un large public

    La pollution est visible en ville. J’imagine que c’est un accélérateur pour développer des maladies », s’interroge Gauthier. À ses côtés, Anne-Laure complète : « Il faut se questionner sur l’accès à la mer dans une ville comme Marseille. Quelle occupation sur l’espace public ? »

    À l’image de ces deux trentenaires, le public est varié sur l’esplanade du J4. Disposée en file indienne, une série de stands, sous les pins parasols, interpelle largement les passants sur la mer et son accès. Clean my Calanques sensibilise à l’entretien du littoral avec une collecte mensuelle ; Attac dénonce le projet d’une aérogare liée à un tourisme de luxe et invite à remplir le questionnaire réalisé par l’Association Environnement Estaque (AEE).

    Au milieu, bien sûr, le collectif Stop Croisières, qui est à l’initiative de cette manifestation pour la seconde année consécutive. Il informe le public et présente deux maquettes : « un J4 confisqué » et « un J4 pour toutes et tous ». Celles-ci ont été réalisées, d’un côté, à partir des projets économiques du Port, et de l’autre, à partir d’une première concertation menée auprès des habitants l’année dernière. Enfin, l’association Estaque environnement (AEE) et son président, Pierre-Yves Gilles, est à l’origine du formulaire de concertation intitulé : « Et si vous décidiez de l’avenir du J4 ? »

    « Les croisières sont un sujet clivant, mais le sujet de l’accès à la mer nous concerne tous. Au vu de la chaleur urbaine, c’est une question de justice sociale. Je pense vraiment qu’il faudrait faire une convergence des luttes du sud au nord », explique le retraité avec enthousiasme, à la sortie d’un petit bain de mer avec les Libres nageurs, dans la « piscine naturelle », devant le Mucem.

    Des questions générales, un rappel des différents projets et une dizaine de propositions interrogent les participants sur la priorité absolue qu’ils souhaitent donner à l’esplanade du J4, récemment rebaptisée esplanade Gisèle-Halimi. Les résultats de l’enquête seront diffusés largement, assure cet ancien universitaire. Dans l’eau, encore pas mal de monde qui entonne un joyeux « ça nage pour moi », sur l’air du tube de Plastic Bertrand. Force est de constater qu’en fin de journée, la vie est belle sur l’esplanade.

    Site web : stop-croisières.org

  • Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Revendiquer la liberté et l’égalité des orientations sexuelles et des identités de genre : tel est le message, simple mais indispensable, porté à l’unisson par les Prides, organisées dans tout le pays en ce mois des fiertés, et ce samedi à Aix-en-Provence, à l’appel de l’association Aix Vanguard.

    À 14h30, alors qu’une foule colorée et joyeuse envahit la place de la mairie, une dame s’installe derrière les organisateurs et brandit sa pancarte : « Française, hétéro et fière. » La preuve que les messages simples ne le sont pas pour tous. Les marcheurs ont rappelé à qui veut bien l’entendre : la communauté LGBT est encore aujourd’hui victime de lourdes discriminations. À l’étranger, où l’on compte 64 pays qui criminalisent encore l’homosexualité, et où les droits des personnes transgenres font l’objet de reculs ou restrictions dans plusieurs régions, notamment aux États-Unis, avec l’administration Trump. Mais aussi en France, où l’on continue de mourir sous les coups de la haine homophobe. Le 2 juin, Noahm, un jeune homme gay de 19 ans, est décédé des suites d’une violente agression à Metz. Il aurait, d’après SOS homophobie, été ciblé en raison d’une « expression de genre plutôt féminine ».

    Lutte en fête

    Mais c’est bien sûr, comme le veut la tradition, dans une ambiance festive que les marcheurs aixois ont revendiqué leurs droits. Plus de 800 personnes, d’après les chiffres de la préfecture, ont suivi pendant deux heures un char musical animé par « Momi ». « C’est un moment de partage important. C’est l’occasion de faire communauté et de montrer qu’à Aix aussi, nous sommes nombreux », a-t-elle souligné. Et l’assemblée de rappeler, en chœur, que toutes les luttes se rejoignent : « Aix, queer, antifa ! », s’est exclamée la foule à de multiples reprises.

    Les prochaines dates

    Les Prides se succèdent tout au long de ce mois des fiertés. Si celles d’Avignon, Gap ou Aix-en-Provence sont déjà passées, restent encore des rendez-vous dans la région : le samedi 13 juin à Toulon, au départ de la Place d’Armes, et le samedi 4 juillet à Marseille, au départ de la place Castellane (6e).

    M.M.