Category: societe

  • Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Un procès hors-norme s’ouvre ce lundi et pour trois semaines devant la cour criminelle départementale des Bouches-du-Rhône. Celui de Cyril Zattara, un homme de 47 ans accusé d’avoir violé sous soumission chimique 14 femmes en se faisant souvent passer auprès d’elles pour un hypnothérapeute. Il répond aussi de l’enregistrement des agressions sexuelles de 19 victimes commis de juillet 2010 à mars 2021, date de son placement en détention provisoire. Par la soumission chimique exercée suivant un mode opératoire habituel, ce dossier fait écho à la retentissante affaire des viols sous soumission chimique subis par Gisèle Pélicot, à Mazan, et qui a valu à 51 violeurs dont son ex-mari d’être condamnés.

    Pour Cyril Zattara, professeur de danse, la procédure débute le 14 juin 2019 quand une jeune femme de 24 ans se présente au commissariat d’Aix-en-Provence et dénonce un viol sous administration d’une substance contre celui qui s’était présenté comme hypnothérapeute. Elle l’avait rencontré en 2018 lors d’une soirée, l’avait revu et avait demandé une séance d’hypnose. Angoissée de conduire depuis un accident, la jeune femme lui a demandé cette séance. Elle se souvenait avoir bu un verre de vin qu’il lui avait servi, avoir été prise de bouffées de chaleur et s’être réveillé dans le brouillard. Elle se rappelait que Cyril Zattara lui avait fait un massage crânien, qu’elle avait vomi dans une bassine bleue. L’ADN de l’accusé était retrouvé sur ses ongles et sa culotte. Une seconde plainte survient en septembre 2020. L’homme était enfin interpellé le 24 mars 2021.

    Il était déjà connu de la police pour harcèlement sexuel et des agressions sexuelles sur majeur en 2003 à Gréasque, empoisonnement à Carry-le-Rouet. La plainte pour viol de sa cousine, en 2001, avait été classée sans suite. « Il a détruit ma vie et si on m’avait cru il n’aurait pas détruit celle d’autres filles », dira-t-elle, choquée que son cas et celui de plusieurs autres femmes soient prescrits.

    « Un dossier d’une violence inouïe »

    L’expertise psychiatrique décrit un accusé à la « personnalité plutôt manipulatrice, de nature probablement perverse et une tendance également à se positionner comme une victime ». Il n’avait en réalité aucun diplôme d’hypnothérapeute pour pratiquer l’hypnose sur des personnes rencontrant de préférence des difficultés personnelles dans le cadre de phobies, de douleurs chroniques, de légère dépression.

    L’accusé a reconnu les avoir droguées, notamment avec du LSD, mais surtout du Zolpidem, un somnifère puissant délivré en sollicitant différents médecins, dont une qui le décrit toujours comme « la personne la plus empathique du monde ». Il profitait des 3 à 10 heures de somnolence pour abuser d’elles, souvent dans la villa de ses parents où il vivait à Aix. Le matériel informatique saisi a révélé qu’il filmait certaines de ses victimes à leur insu avec une caméra de vidéosurveillance placée dans la salle de bain. Une victime dira s’être réveillée vaseuse, nue dans le canapé avec l’accusé, nu également. L’ordonnance de mise en accusation la cite : « Je trouvais aberrant d’avoir pu consentir à coucher avec lui alors que je ne suis pas du tout attirée par lui physiquement et que je suis heureuse en couple. J’étais rongée par la culpabilité ».

    « C’est un dossier d’une violence inouïe », a déclaré Me Marylou Diamantara, qui défend cinq des 19 victimes et qui regarde l’accusé comme « un criminel en série qui, pendant vingt ans, a eu le même mécanisme » et « a gardé des preuves et des trophées de ses crimes ». Elle ajoutait : « Ce n’est pas le violeur que l’on rencontre à la sortie d’une boîte de nuit. Il y a tout un mécanisme préparatoire. Il va se faire prescrire des ordonnances, va obtenir les médicaments, va les avoir avec lui. Et à un moment donné, il a toutes ses proies autour de lui, toutes ses amies dont il prend soin et dont il est confident ».

  • L’A69 entre Castres et Toulouse validée

    L’A69 entre Castres et Toulouse validée

    La cour administrative d’appel de Toulouse a autorisé mardi 30 octobre la poursuite du chantier contesté de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, en rétablissant son autorisation environnementale qui avait été annulée en première instance.

    Conformément aux recommandations du rapporteur public, les magistrats d’appel ont estimé que « le projet de liaison autoroutière doit être regardé comme répondant à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) ». Selon la cour, c’est donc « à tort » que le tribunal administratif de Toulouse avait, le 27 février, annulé l’autorisation environnementale de ce projet, conduisant à stopper temporairement les travaux de ces 53km de voie rapide. Le tribunal avait alors estimé que les lourdes atteintes à l’environnement n’étaient justifiées par aucune RIIPM.

    Mais, à l’inverse, la cour juge qu’il n’est pas « nécessaire de justifier d’une situation critique ou de tension particulière quant à l’enclavement ou au décrochage démographique et économique du bassin de vie de Castres-Mazamet » pour autoriser le projet. L’autoroute « permettra de relier dans des meilleures conditions le bassin de vie de Castres Mazamet, qui compte plus de 130 000 habitants, à la métropole de Toulouse », explique la cour. Les opposants ont annoncé saisir le conseil d’État. Sur le volet pénal, le 12 janvier, une juge du tribunal de Toulouse, saisie en urgence, doit statuer sur des dépassements non autorisés du chantier, en « violation manifeste de l’ordre public environnemental », selon le parquet de Toulouse. Face à cette expansion illégale de l’emprise des travaux, les préfets de Haute-Garonne et du Tarn ont d’ores et déjà pris des arrêtés pour faire interdire la poursuite des travaux qui s’y déroulent.

  • « La protection des milieux profite d’espèces qui suscitent l’empathie »

    « La protection des milieux profite d’espèces qui suscitent l’empathie »

    Michel Raymond : Cela permet de voir comment se met en place ce que nous avons observé chez l’adulte. D’autant plus qu’il n’y avait pas un âge fixe chez les enfants : nos participants avaient entre 5 et 12 ans. Nous voyons ainsi comment se construit la réponse empathique envers d’autres espèces avec l’âge, avec une accentuation de l’empathie envers celles phylogénétiquement proches de nous.

    Quels enseignements en tirer ?

    M.R. : C’est intéressant pour la préservation des espèces et la sensibilisation à la vie sauvage. Les espèces ne sont pas égales quant à l’empathie que nous éprouvons envers elles, et donc notre envie de les protéger. Le public sera plus touché par une espèce proche, qui nous ressemble, que par une espèce avec qui nous partageons très peu, voire qui a un aspect repoussant.

    Pourtant, d’un point de vue scientifique, il n’y a pas de raison d’en protéger l’une plus que l’autre…

    M.R. : Effectivement, souvent, ce n’est pas une espèce qu’il faut protéger mais un milieu ou un écosystème. En le protégeant, nous protégeons toute une série d’espèces. Et la protection d’un milieu profite des espèces qui suscitent l’empathie : il faut parfois mettre en avant celle, emblématique, qui en suscite le plus. Tout cela est à prendre en compte pour développer des politiques de conservation

  • [Recette] Le carpaccio de Saint-Jacques et truffes melanosporum

    [Recette] Le carpaccio de Saint-Jacques et truffes melanosporum

    Il vous faudra :

    – Cinq noix de Saint-Jacques par personne

    – Une ou deux truffes noires

    – Un quartier de citron jaune

    – Une échalote

    – Du vinaigre de framboise

    – Un bouquet de ciboulette frais

    – Du piment d’Espelette en poudre

    – De l’huile d‘olive truffée

    Des saveurs raffinées

    Pour commencer la recette et si possible 24 heures à l’avance, réalisez une brunoise avec l’échalote et déposez-la dans le vinaigre de framboise pour lui laisser le temps d’infuser et de prendre toutes les saveurs du vinaigre. Réservez.

    Le jour J, ôtez le corail des noix de Saint-Jacques et coupez-les en fines lamelles dans le sens de la longueur. Il est préférable pour plus de facilité d’avoir un couteau bien aiguisé. Le chef vous conseille également, si vous en avez la possibilité de prendre des noix assez grosses pour une coupe plus fluide.

    Faites de fines tranches de quelques millimètres et réservez. Vous pouvez ensuite trancher la truffe à la mandoline pour avoir de fines lamelles. Attention des tranches de truffe trop fines prendraient trop le pas sur la saveur de la coquille dont la chaire est très délicate.

    Une fois que vous avez émincé la totalité de la truffe il vous restera ce que l’on appelle un coude. N’hésitez pas à le plonger dans de l’huile d’olive pour que celle-ci prenne une saveur truffée et ainsi assaisonner le carpaccio.

    Une rosace délicate

    Dans une assiette, alternez une tranche de noix avec une de truffe et ainsi de suite pour former une rosace jusqu’au centre de l’assiette. Une fois que vous avez rempli la totalité, l’astuce du chef pour déposer la dernière tranche de truffe c’est de soulever votre ultime lamelle de Saint-Jacques et d’intercaler les deux pour avoir un rendu harmonieux sur l’ensemble de l’assiette.

    Assaisonnez le tout avec votre mélange au vinaigre de framboise et échalote, Parsemez un peu de jus de citron jaune. ces deux éléments vont permettre de cuire légèrement notre poisson puis un petit filet d’huile d’olive aromatisée, de la fleur de sel de Camargue, le piment d’Espelette et enfin la ciboulette coupée finement pour la fraîcheur. Vous n’avez plus qu’à déguster. Bon appétit !

  • [Science] Les enfants ont plus d’empathie envers les espèces qui nous sont proches

    [Science] Les enfants ont plus d’empathie envers les espèces qui nous sont proches

    Cela rejoint ce qu’il avait déjà observé dans deux précédentes études réalisées avec ses collègues Aurélien Miralles (Muséum national d’histoire naturelle) et Marine Grandgeorge (Université de Rennes) : l’une chez des adultes de la population générale et l’autre chez des adultes diagnostiqués avec un trouble du spectre autistique (TSA). « Une hypothèse veut que plus une espèce est proche de nous, plus nous partageons de similarités avec elle », explique Michel Raymond. Qu’elles soient morphologiques ou comportementales. « Or, plus une espèce nous ressemble, plus cela active facilement les modules de notre cerveau qui nous font reconnaître un humain et déclenchent l’empathie », poursuit le chercheur.

    Construction avec l’âge

    Toutefois, si la tendance est la même chez les adultes et les enfants, il existe quelques différences : quand l’espèce est très éloignée de nous, les enfants éprouvent généralement plus d’empathie envers elle que les adultes. À l’inverse, quand l’espèce est très proche de nous, les adultes éprouvent plus d’empathie envers elle que les enfants. « Cela laisse penser qu’il y a une construction d’un module empathique envers l’humain qui se forge au fil des expériences vécues », indique Michel Raymond. Avec l’âge, l’humain renforce son empathie envers sa propre espèce – et celles qui lui ressemblent.

    Enfin, la comparaison des courbes d’empathie en fonction de la distance phylogénétique chez les enfants et les adultes ayant un TSA est surprenante. « C’est un des résultats les plus frappants », notent les chercheurs. Les deux courbes sont presque identiques, sauf pour l’empathie envers les humains – la faible empathie envers sa propre espèce étant un symptôme du TSA. Dans l’expérience publiée en 2022, les adultes ayant un TSA éprouvaient autant d’empathie envers l’humain qu’envers des espèces de vertébrés à sang froid. Difficile d’expliquer cette similarité des courbes pour l’instant. Il serait intéressant d’établir celle de l’empathie envers d’autres espèces chez des enfants diagnostiqués avec un TSA, et son évolution. « C’est une suite évidente de notre étude », conclut Michel Raymond.

  • La Bastide Marin de La Ciotat restaure sa beauté intérieure

    La Bastide Marin de La Ciotat restaure sa beauté intérieure

    Maintenant, la bastide est close et couverte. Elle a rajeuni de deux cents ans », rappelle Mireille Benedetti. Même si, en ce début d’année, « des finitions restent à faire, essentiellement sur les façades », précise-t-elle, la bastide hospitalière, située 1943, avenue Guillaume-Dulac est, depuis l’important chantier à 500 000 euros sur les façades et menuiseries mené de décembre 2024 à octobre dernier, « hors d’eau » comme on dit dans le jargon du bâtiment. « Maintenant, on va lancer les appels d’offres pour la suite de la restauration d’intérieur, notamment les gypseries et les sols », annonce la présidente de l’association « La Ciotat il était une fois », qui s’est lancée dans cette « aventure extraordinaire » de sauver la bastide de la ruine, il y a vingt-deux ans. Son association a signé avec la Ville, propriétaire des lieux depuis 1992, une convention d’occupation.

    Décors de gypserie

    Tous les sondages des sols, carreaux au rez-de-chaussée, plâtre à l’étage, ont déjà été réalisés « pour savoir quelle restauration doit être entreprise », indique Mireille Benedetti. De même « qu’une étude de diagnostic de toutes les gypseries ». Issu de pierre à plâtre, le gypse doit être broyé mécaniquement, puis chauffé de 120 à 400 degrés Celsius. Il est ensuite réduit en poudre fine dans un moulin. La gypserie consiste à exécuter un revêtement décoratif architectural, mouluré, moulé, souvent ciselé. À la Bastide Marin, on peut admirer des médaillons, des statues ou encore des croix en gypserie. Mais l’élément le plus remarquable, souligne Mireille Benedetti, est « l’escalier à double révolution, en gypse ». Ce type d’ouvrage permet à deux personnes de monter ou descendre sans jamais se croiser, chacune empruntant une volée différente.

    Le chantier est estimé à 400 000 euros. L’association a prévu d’attribuer 120 000 euros, issus du Loto du patrimoine de Stéphane Bern, à cette restauration, et a relancé une souscription. « On attend toujours la subvention de 62 000 euros promise par le Département des Bouches-du-Rhône », observe la présidente de l’association.

  • La Ville poursuit la restauration des sites emblématiques de Cezanne

    La Ville poursuit la restauration des sites emblématiques de Cezanne

    L’héritage de Paul Cezanne se lit autant dans les musées que dans les lieux où il a vécu et travaillé. Depuis 2019, la bastide du Jas-de-Bouffan fait l’objet d’une campagne de restauration de grande ampleur conduite par la mairie d’Aix-en-Provence. Après une réouverture au public pendant l’été, le site a de nouveau fermé ses portes, le 2 novembre dernier, afin de permettre la poursuite du chantier.

    Ancien domaine agricole, la bastide du Jas-de-Bouffan est rachetée en 1859 par le père de Paul Cezanne. L’artiste y vit pendant près de quarante ans et ce lieu devient un véritable laboratoire de création. Elle est par la suite transmise à la Ville en 1994, avant d’être classée au titre des Monument historique en mars 2001.

    Un paysage retrouvé

    La Ville, avec la maîtrise d’œuvre d’Archigem, indiquent que les travaux concernent l’ensemble de l’édifice et son jardin : la bastide, le parc et l’orangerie. Une première phase avait déjà permis la rénovation partielle de la bastide, ainsi que l’installation d’un espace de restauration. Le chantier en cours vise à achever et à affiner ces interventions, ainsi qu’à créer un espace muséographique centré autour de la production de Paul Cezanne et de sa vie à la bastide.

    Parallèlement, l’atelier des Lauves et ses jardins font également l’objet d’un projet paysager tout aussi exigeant, note la municipalité. Situé sur un adret de colline, le site présente une topographie marquée par les restanques, témoignant d’un passé agricole aujourd’hui partiellement effacé. L’enjeu consiste à redonner lisibilité à ce paysage façonné, source d’inspiration pour le peintre lors des dernières années de sa vie.

    La requalification du jardin vise à retrouver un équilibre entre nature spontanée et composition historique. La création d’une oliveraie sur prairie, la définition de cheminements protégés et la reconstitution des bosquets qui ont souffert de la surfréquentation du parc participent à cette mise en récit du site cezannien.

    Ces lieux restaurés offrent une immersion renouvelée dans l’intimité du peintre Paul Cezanne. Une démarche patrimoniale essentielle qui redonne toute sa place à ses lieux importants de l’histoire de l’art.

  • Avec des initiations gratuites, le golf cherche à plaire à tous

    Avec des initiations gratuites, le golf cherche à plaire à tous

    Septième sport qui compte le plus de licenciés en France, devant notamment la natation ou le rugby, le golf ne veut plus être perçue comme une discipline réservée qu’à une élite fortunée. Depuis plusieurs années, le club d’Avignon Châteaublanc cherche à casser cette image et propose, les week-ends, des initiations de deux heures totalement gratuites *. Avec « un objectif simple : rendre ce sport plus accessible et le faire découvrir au plus grand nombre. Ces séances permettent à des personnes de tous horizons de franchir la porte du golf, souvent pour la toute première fois, dans un cadre convivial et sans engagement », présente Adrien Scafidi, responsable communication du golf.

    En ce dernier samedi de décembre, une dizaine de personnes aux profils très variés s’est inscrite. Sous un beau soleil hivernal, Gabriel, prof du jour, remet un set de plusieurs clubs à chacun et, avant même de parler vocabulaire golfique et technique, démine le terrain. « N’importe qui peut se rendre au golf, il y a un bar-restaurant accessible à tous [à l’issue de l’initiation, une consommation est même offerte] tout comme le practice [terrain d’entraînement] avec des seaux de 40 balles à 3,20 euros donc le côté cher, on oublie d’entrée », pose-t-il. S’en suit un cheminement en plusieurs étapes sur le green, « qui s’apparente le plus au minigolf », au plus près du trou puis en s’en éloignant et changer de type de club d’un putter à un fer 7 ou 9.

    « Je veux en refaire et m’inscrire », apprécie Malo, 14 ans, plutôt branché foot. Preuve que les initiations ne sont pas sans lendemain, « cette année, près de 350 personnes y ont participé et à l’issue, environ 140 participants ont choisi de poursuivre l’expérience en souscrivant un abonnement, ce qui démontre l’efficacité de ces actions pour démocratiser la pratique et renouveler le public du golf », se félicite Adrien Scafidi. Plusieurs formules sont proposées avec des cours collectifs, « où vous vous faites rapidement des connaissances pour ensuite jouer », assure Gabriel ou une formule tout compris avec cours à volonté et un set de clubs offerts. Avec plus de 440 000 licenciés, le golf a connu ces dix dernières années une progression de 8% de ses adhérents. « Ces chiffres confirment que les initiatives de découverte, comme les nôtres, jouent un rôle important dans le renouvellement et l’élargissement du public golfique », conclut Adrien Scafidi.

  • « Il faut recommencer à se protéger du virus du Sida »

    « Il faut recommencer à se protéger du virus du Sida »

    À l’issue de la semaine d’action hors les murs du Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), organisée début décembre dans le cadre du Sidaction, le Dr Erika Kurzawa revient sur les enjeux de la prévention et du dépistage en matière de santé sexuelle.

    La Marseillaise : Quelles ont été les actions du Cegidd, début décembre, à l’occasion du Sidaction ?

    Dr Erika Kurzawa : Sur l’espace d’une semaine, nous avons proposé des consultations au sein du Cegidd sur plusieurs jours, mais aussi auprès des étudiants de l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi), ainsi qu’auprès du Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) de Martigues. Nous sommes aussi allés en intervention aux lycées Brise-Lames de Martigues et Mongrand de Port-de-Bouc, jusqu’au CFAI et à l’Espace pluriel Jeunes d’Istres.

    Pour quelle raison est-ce important d’aller au contact
    du public pour votre service
     ?

    Dr. E.K. : Car la région Paca est la deuxième région de France métropolitaine la plus touchée par le Virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Sur le territoire, à l’ouest des Bouches-du-Rhône, cela pose particulièrement problème par rapport à la désertification médicale, notamment à cause des départs de médecins traitants non-remplacés. Le territoire est d’ailleurs peu fourni en matière de services comme ceux du Cegidd, en dehors du nôtre, à Martigues. Il existe certes une consultation avancée à Port-Saint-Louis-du-Rhône, ainsi qu’une vacation à Arles et une autre à Salon-de-Provence, dépendantes du Conseil départemental.

    Qui peut venir vous consulter ?

    Dr. E.K. : Nous sommes un Cegidd généraliste, ouvert à toutes et tous, que l’on soit mineur ou plus âgé. Chez nous, il n’y aura jamais de problème de genre, de papiers, ni jamais de jugement et tout se fait dans le secret absolu. On aimerait que consulter soit une routine de la même manière que pour se brosser les dents.

    Quels sont les principales problématiques auxquelles vous êtes confrontée ?

    Dr. E.K. : Nous observons des contaminations autochtones au VIH, surtout par voie sexuelle et notamment chez les jeunes, mais aussi chez des plus de 50 ans qui refont leur vie, mais qui ont oublié le préservatif. Il existe aussi un tout petit rebond causé par l’usage de drogues, mais qui reste minime. C’est souvent causé par le manque de matériel stérile dans des soirées un peu sauvages. Mais, surtout, j’insiste sur le fait qu’il faut continuer à se protéger, recommencer même. On observe beaucoup moins de protection par préservatif chez les moins de 26 ans. Il y a un manque criant d’éducation à la vie affective et sexuelle, mais l’accès à ces populations dans les établissements scolaires est difficile. Conséquence de l’absence d’éducation : les jeunes apprennent avec le porno et les messages de prévention en santé sexuelle se sont pas relayés.

    Quel message, par exemple ?

    Dr. E.K. : J’aimerais que chacun se sente légitime à avoir sa vie sexuelle, sans aucune honte dans ses pratiques ou non-pratiques. Si on est a l’aise de pas avoir de sexe, par exemple, on n’a pas à se justifier. Le Cegidd est aussi là pour proposer une écoute bienveillante si on se pose des questions. Qu’on sorte des discriminations et des jugements.

    Vous semblez presque offensive dans votre discours…

    Dr. E.K. : Oui, car les discours masculinistes ont pris des proportions dramatiques, notamment sur les réseaux sociaux. Certains affirment que si on met un préservatif, on est pas un vrai homme, et les associations de lutte contre le VIH nous remontent beaucoup ce message. Moi je crois au contraire qu’être un vrai homme, c’est prendre soin des autres et c’est pour cette raison que l’éducation à la santé sexuelle et affective doit être menée. Car, sinon, on se prend de fausses informations alors qu’il suffisait de nous ouvrir la porte des collèges.

    Y a-t-il des conséquences concrètes de ces dérives ?

    Dr. E.K. : L’injonction à la performance chez les hommes est catastrophique. Des hommes de 25 ans viennent me réclamer du Sildénafil [Viagra, Ndlr], car ils ne « tiennent pas assez longtemps ». Des femmes nous demandent le blanchiment de l’anus, des épilations intégrales ou de la chirurgie des petites lèvres pour correspondre aux standards du porno. Ça va très loin. Il faut parler de l’estime de soi, du respect de l’autre et réaffirmer qu’il n’y a pas besoin de répondre à des injonctions esthétiques pour être respecté. Ces valeurs ne sont plus à la mode et elle doivent le redevenir.