Category: societe

  • La préfecture de nouveau épinglée pour des lenteurs sur les titres de séjour

    La préfecture de nouveau épinglée pour des lenteurs sur les titres de séjour

    Cinq cents euros d’indemnités par jour de retard. C’est la sanction exemplaire prononcée par le tribunal administratif de Marseille à l’encontre de la préfecture des Bouches-du-Rhône, pour son retard de délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour de Monsieur A., vendredi 17 avril. Une sanction efficace, car dès le lundi, l’intéressé a reçu son nouveau justificatif d’instruction en cours.

    « C’est très fréquent que l’on soit obligé de saisir l’administration ou le juge pour la demande d’une attestation de prolongation d’instruction. Normalement, ça devrait se faire automatiquement par la préfecture », se désole l’avocat de Monsieur A., Me Raphael Koffivi-Ifouale Gnaledome.

    Arrivé en France légalement début 2024 dans le cadre de ses études, Monsieur A., ressortissant togolais, a fait une demande de titre de séjour de travail, en octobre 2025. Le Togolais avait par ailleurs effectué une action auprès du juge des référés, magistrat du tribunal administratif, pour obtenir un récépissé justifiant de sa demande de titre de séjour. L’attestation lui avait été fournie. Mais fin mars, alors que son justificatif était expiré depuis deux semaines, Monsieur A. retourne devant le tribunal administratif, qui exige de la préfecture de lui délivrer une nouvelle attestation, avec 50 euros d’indemnité par jour de retard. En l’absence de nouveau retour de la préfecture, il sollicite à nouveau le tribunal administratif, le 17 avril, pour augmenter l’indemnité à 500 euros par jour. Une action judiciaire qui porte ses fruits, puisque trois jours plus tard, il reçoit un nouveau récépissé de trois mois. « Cette situation rend la vie de mon client difficile. Il a par exemple dû quitter son logement et doit être hébergé car avec ce titre précaire, il ne peut pas trouver de location », explique son avocat.

    500 embauches pour faire face aux délais

    Des délais que la Cimade, une association d’accompagnement et de défense des personnes exilées, dénonçait déjà, en février dernier, dans les Bouches-du-Rhône. Des blocages remarqués depuis septembre, qui poussent certaines personnes dans la précarité, n’ayant plus de papiers et ne pouvant donc plus travailler légalement.

    Des lenteurs que la préfecture des Bouches-du-Rhône reconnaît. En février, elle assurait déjà être « confrontée à une forte augmentation des demandes de renouvellement des titres de séjour conduisant à un allongement des délais d’instruction », et assurait avoir mis en place « une mobilisation renforcée des services ».

    Face à ses difficultés, qui ne se limitent aux Bouches-du-Rhône, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a annoncé au début du mois d’avril dans Ouest France, l’embauche de 500 vacataires à temps plein pour renforcer les effectifs des services séjour de certaines préfectures. Contactée, la préfecture des Bouches-du-Rhône n’a pas pu répondre avant notre bouclage.

  • Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Une première est partie par camion la semaine dernière de son entrepôt, direction Albi… Selon un planning bien défini pour ne pas impacter le service, les 32 rames Bombardier « Flexity » du tramway marseillais vont être révisées de fond en comble pour une opération de révision à « mi vie » indique la RTM. Une maintenance prévue dans le cadre réglementaire de leur cycle de circulation mais qui « va bien au-delà » précise la régie.

    Ce contrôle poussé doit intervenir tous les 900 000 kilomètres parcourus. La première rame jouera « un rôle de prototype » explique-t-on, avec une durée d’immobilisation estimée à 9,7 mois et un retour attendu en début d’année prochaine. De quoi réduire les délais progressivement pour les rames suivantes « avec 5,6 mois pour la deuxième, 4 mois pour la troisième, puis 3 mois pour la quatrième ». Une fois le processus industrialisé, « le rythme se stabilisera autour de 2,5 mois par rame ».

    Le but : offrir aux usagers « un réseau plus fiable, plus confortable et plus moderne », avec « moins de pannes et plus de régularité » et harmoniser avec les rames du constructeur espagnol CAF qui circulent depuis janvier sur la ligne T3 étendue jusqu’à La Gaye.

    Un design et une technologie harmonisés

    Concrètement, le système d’aide à l’exploitation sera aligné. Le système ECB (Équipement concentrateur bus), qui permet au tramway de communiquer avec le centre de contrôle et de garantir le bon fonctionnement des équipements embarqués, la supervision et la sécurité du service, sera remplacé par un modèle de génération plus récente. Les systèmes d’information voyageurs, la sonorisation et les « girouettes », entendre les panneaux qui affichent la destination de la rame à l’extérieur, seront aussi modernisés.

    À l’intérieur des rames, le design et les équipements vont être repris avec le remplacement des revêtements de sol et l’adaptation des mains courantes. Un éclairage LED « plus agréable » sera installé.

    Le chantier va être finalisé pour les 26 rames de première génération, mises en service en 2007, d’ici décembre 2028. L’ensemble des 32 rames devrait être traité à l’horizon juillet 2029, prenant en compte les 6 rames de deuxième génération, mises en service en 2011. Le marché d’un montant de 25 millions d’euros sur une durée de six ans, a été remporté en décembre 2025 par ACC-M, entreprise clermontoise spécialisée dans la restauration ferroviaire, qui a ouvert un site de plus de 2 000 mètres carrés à Albi l’an dernier.

    Côté projet, une deuxième phase d’extension de la ligne T3 est prévue pour la prolonger au nord vers Saint-Louis et le lycée Saint-Exupéry, une ligne de la rue de Rome à la place du 4-Septembre évoquée avant les élections municipales de mars. Mais avec les difficultés financières de la métropole Aix-Marseille-Provence, autorité organisatrice des transports, la donne pourrait changer. Le président de la collectivité alertait ce mercredi 15 avril sur un budget non finançable et appelait le gouvernement à débloquer le taux du versement mobilité.

  • Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    S’opposer physiquement à la déforestation et à la construction de centrales solaires sur la montagne de Lure : c’est la méthode qu’a choisie le collectif Elzéard Lure en Résistance, créé en opposition à la centrale de Cruis. « Quand j’ai appris qu’il y allait avoir une centrale solaire industrielle juste en face de chez moi, je n’en ai pas cru mes oreilles de me dire qu’ils allaient défricher 17 hectares de forêt pour mettre une usine d’électricité », se rappelle Sylvie Bitterlin, co-fondatrice du collectif.

    « Je suis venue ici pour vivre dans la nature, entourée d’un monde vivant. Progressivement, je me suis aperçue à quel point cet environnement était dégradé. On est en train de détruire petit à petit ce lieu emblématique de la montagne de Lure », déplore la militante. « On a constaté que cela ne se passait pas qu’à Cruis, mais que, sur toute la montagne de Lure, il y avait déjà 15 centrales photovoltaïques qui avaient été construites, qui n’avaient pas attiré notre attention puisqu’elles sont cachées dans les forêts. » Selon le collectif, 15 autres projets de centrales sont envisagés sur la montagne.

    À Cruis, quand le défrichage a commencé, en 2022, les militants s’y sont opposés physiquement. « On s’est interposés physiquement face aux bûcherons pour les empêcher de couper des arbres. Mais on n’était pas assez nombreux pour les arrêter, et, en quatre jours, toute la forêt était partie », regrette Sylvie Bitterlin, également conseillère municipale à Montlaux (DVG). « Ils sont revenus en 2023 pour les travaux de terrassement, on était là pendant plusieurs mois, tous les jours, on bloquait les machines. L’entreprise a ensuite embauché des vigiles, des milices qui ont commencé à violenter les militants », affirme la co-fondatrice.

    « Quel écolo fait ça ? »

    « Détruire des espèces protégées par centaines, des habitats d’espèces protégées, alors qu’on sait que c’est la première cause de l’effondrement de la biodiversité, quel écolo fait ça ? Quand est-ce qu’on peut se revendiquer écolo alors même qu’on détruit la biodiversité ? », lance Pierrot Pantel, le juriste qui accompagne le collectif et l’aide à repérer les irrégularités et à déposer des plaintes. « On a lancé une démarche demandant à la préfecture un démantèlement de la centrale et une remise en état à Boralex [l’entreprise qui a construit la centrale de Cruis, Ndlr]. Et, si elle refuse, on attaquera ce refus pour que ce soit un tribunal qui impose à la préfète d’ordonner à Boralex de tout remettre en état », affirme le juriste.

    Contacté, Boralex assure « donner une seconde vie à des parcelles détruites par un incendie survenu en 2004 » et « minimiser les impacts sur l’environnement ». Le projet a été réduit de 75 à 17 hectares, affirme l’entreprise.

  • Les ménages pauvres des zones rurales périphériques plus pauvres en Occitanie qu’ailleurs

    Les ménages pauvres des zones rurales périphériques plus pauvres en Occitanie qu’ailleurs

    Créé en 2022 à l’initiative des Udaf (unions départementales des associations familiales) du Gard, de l’Hérault et de la Lozère, de l’Union régionale des associations familiales (Uraf) du Languedoc-Roussillon et de la Mutualité sociale agricole (MSA) Languedoc, l’Observatoire de l’action sociale des territoires (OAST) est « un outil expérimental d’observation et de compréhension des besoins des familles, des phénomènes sociaux des territoires et de l’impact des politiques et actions qui y sont conduites. »

    Après une enquête sociologique consacrée, l’an dernier, à « l’économie de la débrouille » déployée par les familles du Gard, de l’Hérault et de la Lozère dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat généralisé, l’OAST a confié cette année à Benoît Prévost, professeur des universités en sciences économiques et directeur du centre universitaire Du Guesclin de Béziers (Université Paul-Valéry Montpellier 3), le soin de se pencher sur le niveau et les conditions de vie de ces ménages en lien avec les réseaux des Udaf et de la MSA.

    Pour ce faire, 2 137 réponses à autant de questionnaires ont été collectées. « Près de 60 % de l’échantillon qui a répondu vit dans ce que l’Insee appelle les zones rurales sous influence d’un pôle urbain. C’est-à-dire ces villages qu’on trouve autour des métropoles et des villes moyennes, qui ne sont plus de l’urbain mais qui ne sont pas du rural au sens de l’imaginaire collectif », explique Benoît Prévost, qui a procédé fin mars à une restitution des premiers résultats de cette étude avant sa publication début mai sur le site de l’OAST. « Dans ces zones rurales périphériques, on trouve à la fois des agriculteurs, des ouvriers, des employés qui vivent assez pauvrement et des cadres, des professions intermédiaires et supérieures qui ont un capital économique, social et culturel plus élevé leur permettant de profiter davantage de la qualité de vie de ces territoires  », décrit le chercheur.

    « Des gens qui travaillent »

    Intitulée « Ménages pauvres et classes modestes », l’étude conduite par Benoît Prévost « porte sur ces ménages en difficulté qui ont des niveaux de revenus parmi les plus pauvres des plus pauvres. (…) On est sur des départements [Hérault, Gard, Lozère, Ndlr.] et des communes parmi les plus pauvres de France », insiste-t-il. Les résultats de l’étude sont éloquents  : « les ménages de l’échantillon sur lequel j’ai travaillé ont des revenus qui représentent entre 60 et 70 % du niveau de vie du même type de ménages ailleurs en France », illustre le chercheur. « Et je parle de gens qui travaillent », insiste-t-il.

    Ces ménages les plus pauvres n’ont pas les mêmes caractéristiques d’un département à l’autre. « Dans l’Hérault, ça va être essentiellement des femmes employées à temps partiel, cheffes de famille monoparentales, qui ont entre 55 et 65 ans et qui ont un niveau de vie moyen de 827 euros », détaille Benoît Prévost. « Dans ces zones rurales périphériques, elles sont encore plus isolées qu’en ville », souligne-t-il. Dans le Gard, « le ménage pauvre type c’est un couple avec un à deux enfants, entre 40 et 49 ans, surtout des ouvriers et des employés, avec un niveau de vie de 1 032 euros ». En Lozère, enfin, « on va être sur des couples avec un peu plus de deux enfants, qui sont surtout des agriculteurs et qui ont un niveau de vie de 813 euros. »

    Outre la question des revenus, une partie du questionnaire portait sur les éventuelles privations (en matière d’alimentation, de santé, de loisirs, de soins…) en lien avec ces situations de précarité. « Les déclarations sont à prendre avec du recul car il n’est pas rare que les gens pauvres se privent plus qu’ils ne le disent : ce que d’autres pourraient considérer comme une privation est devenu normal pour eux. C’est ce que montre toute une partie de la recherche sur la pauvreté : il y a une intériorisation », relève le chercheur. Aussi, « une bonne partie des personnes que j’ai interrogées se disent heureuses », rapporte-t-il. Pour autant, « il reste une minorité qui ne l’est pas et une partie de l’échantillon qui dit qu’il n’a pas choisi la vie qu’il mène », insiste Benoît Prévost. « C’est là que la pauvreté, au-delà d’une question économique et sociale, est une vraie question politique  : comment peut-on admettre qu’une partie importante de la population ne puisse pas formuler des choix de vie lui permettant de s’émanciper ? »

    Autre point important de cette étude : le sentiment d’être au bout du rouleau touche aussi ce que l’Insee appelle « le halo de pauvreté », c’est-à-dire les personnes juste au-dessus du seuil de pauvreté [1 288 euros, Ndlr.], qui vivent dans la menace permanente d’y tomber. « Ces personnes déclarent parfois des situations plus difficiles que celles qui sont juste sous le seuil de pauvreté. Cela correspond à ce que les sociologues ont identifié comme la peur du déclassement, dont on sait qu’elle nourrit un ressentiment et une évolution du vote, ces territoires étant ceux où le vote RN a beaucoup augmenté. »

  • Un mois pour offrir des espaces de liberté aux jeunes à Martigues

    Un mois pour offrir des espaces de liberté aux jeunes à Martigues

    Slackline, ateliers de skateboard, initiation au beatbox ou encore découverte du scratch sur des platines… Au parc des sports Florian-Aurélio, les jeunes Martégales et Martégaux ont pu explorer toutes les facettes de la culture urbaine à l’ombre du viaduc, sous un soleil de plomb, lors de la deuxième édition de la journée Lez’Arts Urbains. « C’est ce qui nous était remonté : il manquait ce genre d’événement dans la ville, affirme Vanessa Zaidi, du service jeunesse. Notre municipalité est à l’écoute des jeunes et n’a pas d’a priori ni de jugement, elle met à l’honneur ce que les adolescents demandent. Et qui mieux que la jeunesse pour savoir ce que veut la jeunesse ? »

    Fanny, qui pratique le hip-hop au sein du conservatoire Pablo-Picasso, est ravie de pouvoir faire découvrir son monde à d’autres jeunes. « J’arrive mieux à m’exprimer en dansant qu’avec les mots, la culture urbaine m’a permis de me trouver, de me rendre compte de ma valeur, relate la lycéenne. Je souhaite à tout le monde de trouver une passion, ça aide à se sentir bien dans sa peau, soi-même ! »

    L’adjoint au maire délégué à la jeunesse Pierre Dharréville (PCF) affirme : « Ce n’est pas une affaire de mode, mais de liberté. (…) Dans ce monde qui marche à reculons, Martigues veut prendre soin de ses jeunes dans toutes les dimensions de leur vie : sportive, culturelle, citoyenne, professionnelle… et leur donner les moyens de construire leur avenir pour ne pas renoncer à l’espoir pour eux-mêmes et la société et au droit au bonheur. »

    Cette journée n’était que l’ouverture d’un mois entier dédié aux jeunes. Parmi les prochains rendez-vous : des soirées gaming à la médiathèque les 24 avril et 29 mai à 21h, les 50 ans de l’association pour l’animation des centres sociaux le 20 mai ou un tournoi entre jeunes et policiers municipaux et nationaux « pour favoriser le dialogue et la cohésion » organisé au sein du stade Francis-Turcan ce samedi matin.

  • Plan de Campagne bientôt accessible en train

    Plan de Campagne bientôt accessible en train

    Les travaux sont lancés, « en reliant par train Plan de Campagne aux deux villes majeures du territoire, cette infrastructure permettra à la zone commerciale de franchir une étape décisive dans son attractivité », se félicite dans un communiqué ce mercredi 22 avril, Kévin Robert, porte-parole de la zone commerciale de Plan de Campagne, évoquant la future halte ferroviaire et son pôle d’échanges multimodal.

    L’idée : mieux desservir cette zone de 250 hectares, très fréquentée, avec plus de 500 commerces et près de 50 millions de visiteurs annuels tout en réduisant la pollution provoquée par la circulation automobile. Un site qui constitue aussi un poids économique majeur dans la région, générant 7 500 emplois directs et indirects.

    Pas moins de 2 000 voyageurs attendus

    Après la mise en place du Zénibus, un bus à haut niveau de service inauguré début janvier entre le Technoparc des Florides et Plan de Campagne, le projet mené par la métropole Aix-Marseille-Provence prévoit une gare routière dotée de 9 quais, deux quais de bus sur la RD 543, une halte ferroviaire, deux parkings de 118 et 170 places et un abri vélos de 40 places. De quoi relier Plan de Campagne à la gare Saint-Charles de Marseille et la gare d’Aix centre. Pas moins de 2 000 voyageurs par jour sont attendus. Le pôle multimodal devrait permettre de diminuer la pollution de l’air dans le secteur en réduisant le nombre de voitures de 17 000 véhicules par kilomètre et par jour d’ici à 2030 et jusqu’à 28 000 en 2035.

    Coût total de l’opération : 16,9 millions d’euros hors taxe, cette dernière figurant parmi les 16 projets prioritaires du volet mobilité du plan Marseille en grand. La mise en service est prévue pour début 2029 au plus tard.

  • Un vaste chantier destiné à « humaniser » Montfavet

    Un vaste chantier destiné à « humaniser » Montfavet

    Un « vaste programme d’humanisation de 60 lits d’hospitalisation en psychiatrie adulte » a été présenté, ce mercredi 22 avril, au centre hospitalier de Montfavet, spécialisé dans la psychiatrie.

    Plusieurs structures vont donc être successivement réhabilitées et étendues. À commencer par le bâtiment 103, au sein du pôle Luberon Val de Durance. En 2027, un autre chantier concernera un bâtiment appartenant au pôle Aigues Ventoux. Des améliorations sont également prévues en matière d’isolation, certains édifices datant du milieu du XIXe siècle. Le coût total de l’opération s’élève à 13,9 millions d’euros, financés en partie par l’Agence régionale de santé (ARS).

    « C’est le début des grands travaux à Montfavet et ça va continuer. Cela s’inscrit dans un projet à long terme également en termes d’architecture », souligne Yann Bubien, directeur général de l’ARS Paca, présent lors d’une réunion avec la direction de l’établissement.

    à propos du terme « humanisation », la directrice de l’établissement s’explique : « L’humanisation, c’est d’abord l’amélioration du confort des patients, avec des chambres individuelles, des sanitaires individuels, des salles de convivialité plus développées, puis des salles qui permettent une prise en charge thérapeutique plus adaptée aux patients. » Chaque année, 22 000 personnes sont prises en charge par les services du centre hospitalier. La moitié est hospitalisée au moins à une reprise.

    Quelle suite ?

    Un rapport publié le 26 mars dernier par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) pointait des conditions difficiles dans certains services, notamment pour l’accueil des mineurs et des détenus (notre édition du 7/04). « C’est une référence importante pour nous afin d’identifier les points d’amélioration », poursuit la directrice. La création d’un service spécifique figure d’ailleurs parmi les prochaines étapes de la transformation de l’établissement. Avec l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), l’hôpital est celui qui accueille le plus de détenus, issus de quatre centres pénitentiaires du territoire. D’où « l’importance de faire une Usip, une Unité spécifiquement pour les détenus ». Cette unité aura « vraiment pour vocation de répondre aux besoins des détenus qui, aujourd’hui, sont dans des unités classiques et peuvent parfois poser des difficultés avec les autres patients que l’on accompagne », précise Marie-Laure Piquemal-Ratouit.

    Plus globalement, ce lancement de travaux est perçu comme un signal positif dans un contexte où la psychiatrie traverse une crise depuis plusieurs années. « On a le sentiment qu’aujourd’hui, en plus avec le projet d’établissement, on est vraiment dans un début de sortie de crise. Même plus qu’un début, c’est une relance », explique la directrice. Amélioration qu’elle attribue à ce projet d’envergure, mais aussi à l’augmentation du nombre de psychiatres, « même si ce n’est pas encore suffisant », d’internes et de soignants dans les équipes. « On regarde l’avenir de façon beaucoup plus positive que ces trois dernières années », conclut-elle.

  • Eau contaminée à Rousset : vers une « sortie de crise » sanitaire ?

    Eau contaminée à Rousset : vers une « sortie de crise » sanitaire ?

    « On s’avance vers une sortie de crise. L’Agence régionale de santé et la Société des Eaux de Marseille se mettent d’accord pour un retour à la normale », estimait, soulagé, ce mercredi après-midi, le maire de Rousset, Philippe Pignon, une semaine après le déclenchement de l’alerte sanitaire sur la commune.

    Depuis le 13 avril, Rousset fait face à une épidémie de gastro-entérite aiguë. Très rapidement, l’hypothèse d’une contamination par le réseau d’eau potable a été privilégiée. Le 16 avril, la Société des Eaux de Marseille (SEM), chargée de l’exploitation du réseau, annonçait par communiqué que « par mesure de précaution, la consommation d’eau du réseau public est interdite sur la commune dans l’attente de résultats ». Depuis, et par précaution, la SEM a fourni des bouteilles d’eau à la commune de Rousset. Cette organisation, est toujours en cours sur la commune, notamment au sein de la salle Émilien-Ventre. Elle se poursuit « tant que les restrictions ne sont pas levées », indiquait, ce mercredi, la Société des Eaux de Marseille, qui estime à « environ 65 000 » le nombre de bouteilles distribuées.

    En fin d’après-midi, ce mercredi, ni l’ARS Paca, ni la Société des Eaux de Marseille n’étaient en mesure de confirmer un retour rapide à la normale, ni d’infirmer formellement les propos du maire. Néanmoins, dans un communiqué de presse paru mardi soir, l’ARS faisait le point sur cette situation et publiait les premiers chiffres depuis le constat d’épidémie. Elle rappelait, dans un premier temps, que « l’ARS, la SEM, la Métropole et la mairie de Rousset ont [dès les signalements, Ndlr] immédiatement réalisé les premières investigations environnementales ». Celles-ci, étaient toujours en cours mercredi soir. Le 17 avril, l’ARS publiait un questionnaire en ligne, lui permettant notamment de quantifier le nombre de malades.

    Tendance

    de « fin d’épidémie »

    À ce jour, plus de 1 000 personnes y ont répondu. Parmi elles, plus de 750 déclarent avoir présenté des symptômes de gastro‑entérite. « La très large majorité (85%) sont des résidents ou ont fréquenté la commune quelques jours avant l’apparition des symptômes » et « 90% des malades ont déclaré un ou des épisodes de diarrhée et/ou des vomissements. D’autres symptômes comme une fatigue, des douleurs abdominales, des nausées ou encore de la fièvre ont été décrits », rapporte ce même document. 25 hospitalisations ont elle aussi été recensées. « Aucune forme grave n’a été identifiée, rassurait l’ARS. L’analyse des données épidémiologiques indique un pic de l’épidémie le 14 avril, suivi d’une forte baisse dans les jours suivants. Même si quelques cas sont encore déclarés, la tendance observée sur les derniers jours semble indiquer la fin de l’épidémie ». L’ARS confirmait également que « l’hypothèse d’une origine liée au réseau de distribution d’eau potable est privilégiée ». À l’heure ou nous écrivons ces lignes, l’ARS n’a pas nous indiquer si la situation avait évolué.

  • La CGT défend la paix et s’oppose à la militarisation manifeste des esprits

    La CGT défend la paix et s’oppose à la militarisation manifeste des esprits

    Dans un contexte de hausse continue des budgets militaires, de banalisation de l’armement et de multiplication des dispositifs orientant jeunes et demandeurs d’emploi vers ces secteurs, la CGT profite de l’ouverture du Salon Toulon Défense Event pour alerter sur une dérive : celle d’une société qui s’habitue progressivement à la guerre et à ses logiques.

    « Présenter l’industrie de Défense comme une opportunité professionnelle ordinaire, sans interroger ses finalités, revient à occulter des enjeux fondamentaux de paix, de souveraineté et de responsabilité collective », commence le secrétaire général de l’UD CGT 83, Richard Roméo-Giberti. Le responsable syndical fait remarquer que « pendant que des moyens considérables sont consacrés à l’armement, les besoins sociaux restent immenses dans l’éducation, la santé et les services publics ». Ce choix politique n’est pas neutre et doit nous interroger. Alertée par ses syndicats, la CGT veut démontrer qu’« il y a un effet de fond, dans la société, pour promouvoir la guerre et la militarisation ». Y compris à l’école. Pour Élodie Hernandez, de la CGT Éduc’action, certaines évolutions de l’Éducation nationale posent question. Elle cite notamment un guide publié en novembre, intitulé Acculturer les jeunes à la Défense. « Un glissement est en train de s’opérer », alerte-t-elle. Le document encourage en effet à « multiplier très tôt les partenariats à l’école et les classes de Défense ». « Ça pose vraiment un problème, parce qu’on n’est plus dans les missions de l’école qui sont d’éduquer, former, de douter, se justifier, argumenter, questionner le monde. Mais dans la transmission d’une culture basée sur l’obéissance. ».

    Responsabilité collective

    Richard Roméo-Giberti rappelle également l’alerte lancée par la CGT à la suite de l’annonce d’une conférence sur les drones militaires programmée en mars dans un collège de Saint-Maximin : « On a essayé d’interpeller le rectorat pour leur demander si c’était nécessaire dans le moment qu’on était en train de vivre. » Vaine tentative.

    Du côté de France Travail, on met également le paquet, dénonce le délégué CGT Olivier Moreau : « L’an passé, on a eu l’annonce par notre ministre du Travail de la création d’une cellule de recrutements spécifique à l’intérieur de France Travail, avec à sa tête un général d’armée, pour recruter dans ces secteurs-là, de façon spécifique. » Et d’insister sur la « forte pression exercée » sur les demandeurs d’emploi pour les inciter à se rendre au Toulon Défense Event. « On veut rappeler à tout le monde que la guerre n’est pas un jeu vidéo, c’est des morts, des déplacés, des viols, des drames, insiste Richard Roméo-Giberti. Mais on est aussi capable de dire, à la CGT, qu’il nous faut une industrie de Défense et une armée pour soutenir la population. »

    Rendez-vous est donné ce jeudi, dès 10h30, place d’Armes, à toutes celles et ceux qui souhaitent armer leur conscience plutôt que marcher au pas.

    ILS SE MOBILISENT

    Richard Roméo-Giberti, secrétaire de l’UD CGT Var

    « Aujourd’hui, 65% de l’armement qu’on produit en France est vendu à l’étranger à des états qui ne sont pas des démocraties. Et donc, qui tuent. Ce n’est pas ce qu’on peut appeler une condition favorable à la paix, que ce soit en France ou ailleurs. »

    Élodie Hernandez, CGT Éduc’action

    « L’affiche du Toulon Défense Event reprend le code graphique des jeux vidéo et des films d’animation.

    Ça rend la guerre à la fois lointaine et abstraite. Et on observe qu’elle s’immisce de plus en plus dans notre univers et que ça la banalise. »

    Olivier Moreau, CGT France Travail

    « On utilise France Travail comme un outil de coercition sur tous les privés d’emploi, avec les précaires, pour justement les amener vers des métiers dit aujourd’hui en tension, qui sont les métiers de l’industrie de la guerre, de l’industrie de la Défense, notamment. »

    Cyril Agostino, CGT IAI de Cuers

    « Ils veulent des militaires et équiper les industries françaises, comme Dassault, qui vend à tire-larigot des Rafales et des canons César. Ils veulent recruter du monde pour pouvoir les produire et les vendre à l’extérieur. Pas pour ouvrir des postes dont on manque. »

    Patrice Moulun, UL CGT de Toulon

    « Ce qu’on voit dans les images télé, quand on nous montre, par exemple, les Américains frappant l’Iran, se réduit à une image de jeu vidéo. On voit une explosion, une grande lumière, mais pas les dégâts ni les morts provoqués en dessous. »

  • Marseille face à l’affluence des premiers vacanciers

    Marseille face à l’affluence des premiers vacanciers

    Alors que la seconde semaine de vacances se déroule ici à Marseille, la saison touristique estivale arrive à grands pas. Les hôtels locaux ne cessent de ressentir la présence des géants du marché comme Airbnb ou Booking et les activités proposées semblent aujourd’hui de moins en moins sollicitées par les touristes, selon l’office de tourisme.

    Cependant, une stratégie a été mise en place pour conserver l’authenticité de Marseille : « On est sur une stratégie 2024-2030 pour justement continuer à la fois à faire du tourisme qui crée des emplois, mais aussi pour les habitants, une ville douce et paisible dont les touristes peuvent profiter et où les Marseillais puissent vivre », décrit Maxime Tissot, directeur général de l’office de tourisme de Marseille.

    Entre les concerts prévus des artistes Bad Bunny, Alonzo mais aussi Jul, le nombre de touristes augmente et la ville se fait connaître à l’international. Concernant ces vacances de Pâques, le bilan reste bon pour cette première semaine de vacances. « On a été sur une très belle semaine, malgré la non-venue des Parisiens qui arrivent une semaine après », révèle Nicolas Guyot, Élu de la Chambre de commerce et d’industrie à Aix-Marseille-Provence (CCIAMP) et gérant de l’hôtel Carré Vieux-Port.

    Une lutte face aux locations courte durée

    Dans cette bataille d’avant-saison touristique, les hôtels locaux luttent face à une concurrence qu’ils jugent déloyale. Face à eux, les locations courte durée menées par des applications comme Airbnb, Booking mais aussi Abritel. Nicolas Guyot annonce : « On les attaque au niveau national, où il y a une procédure qui a été faite avec 28 hôtels pour dire qu’à cause d’Airbnb notamment, on a une perte de la valeur de notre fonds de commerce. »

    Il dit ressentir nettement la perte de clients en raison de la concurrence avec des normes totalement différentes des leurs : « Airbnb a des charges beaucoup moins élevées, des contraintes de sécurité beaucoup moins drastiques et des marges beaucoup plus importantes, donc oui, ils nous font du tort », dénonce Nicolas Guyot.

    Malgré la concurrence des géants de la location, l’élu de la CCIAMP révèle que ces logements « permettent aussi d’absorber les pics de fréquence, notamment sur les week-ends d’août », déclare-t-il.

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