Category: societe

  • Le crabe bleu, une menace sous surveillance

    Le crabe bleu, une menace sous surveillance

    Mes travaux portent sur les espèces marines invasives et leurs interactions avec les écosystèmes et les activités humaines. J’anime deux conférences sur le crabe bleu lors du Village des sciences à Marseille », explique le chercheur, pour qui « la fête de la science est un extraordinaire moyen de rencontrer le grand public, différent des initiés habituels ».

    Le concept de résilience du système alimentaire est longuement abordé. Mais que signifie-t-il réellement ? Pour Guillaume Marchessaux, « l’idée est de trouver des moyens de pouvoir maintenir une alimentation durable dans le temps. L’alimentation doit intégrer le dérèglement climatique. En mer, on sait qu’il y a des populations de poissons qui sont en crise, en taille et en nombre, comme les sardines. L’idée est de faire connaître des espèces aussi bonnes, et moins chères, car moins demandées. Il faut être prêt à s’adapter, être ouvert d’esprit. C’est ça, la résilience ». Le crabe bleu, espèce invasive arrivée notamment par les eaux de ballast des navires, est un cas particulier car son impact s’étend à tout un socioé-cosystème. « C’est une espèce qui va impacter l’activité de pêche, perturber les actions de gestion de la biodiversité et c’un vrai problème environnemental. »

    Il s’agit du plus grand crustacé des milieux lagunaires méditerranéens. Il ne possède pratiquement aucun prédateur naturel, hormis l’homme. « Une femelle peut pondre 4 millions d’œufs, avec un taux de survie de 4%. C’est énorme. Il faut absolument qu’on le pêche pour arriver à protéger le reste. » Le réguler passe par sa consommation, mais pas uniquement. « Il est riche en chitine, on peut imaginer cibler l’industrie pharmaceutique, mais aussi l’alimentation pour animaux. »

    Espace Bargemon à Marseille (2e), les 10 et 11 octobre, conférence : « Et si on mangeait du crabe bleu pour le réguler ? »

  • La Bourse du travail d’Arles privée d’agent d’accueil dès lundi

    La Bourse du travail d’Arles privée d’agent d’accueil dès lundi

    « Si on est là, c’est qu’on a l’intention de ne pas partir », affirme d’emblée Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca, en conférence de presse à la Bourse du travail d’Arles, vendredi midi. Les six unions départementales ont investi la Bourse du travail d’Arles pour leurs travaux en soutien à la lutte de l’Union locale CGT face à la procédure d’expulsion demandée par le maire (Horizons), Patrick de Carolis.

    Car depuis le mardi 29 septembre dernier, la Ville a élargi le conflit. « Le maire nous a signifié mettre fin à la mise à disposition de l’agent d’accueil et d’entretien des locaux », explique Nicolas Bourcy, secrétaire de l’UL CGT. « Ce poste a été créé en 1900 par la même délibération du conseil municipal qui installait la Bourse du travail et qui n’a jamais été remise en cause », précise-t-il.

    « Elle a été convoquée le mardi 29, à 17h30, pour lui dire oralement qu’elle doit aller à l’espace Van-Gogh le lendemain, sans ordre de mission écrit », reprend Nicolas Bourcy. « Elle a demandé à être accompagnée par le syndicat, ce qui lui a été refusé. C’est une façon brutale de s’en prendre à une fonctionnaire et dépositaire de mandats syndicaux », estime le responsable.

    Une « attaque » financière

    Le profil de l’agent muté n’est pas anodin. « C’est une militante de la CGT, mandatée à la Formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail, équivalent des anciens CHSCT dans la fonction publique », précise Nicolas Bourcy, qui voit dans cette mesure « une attaque contre l’ouverture du bâtiment ».

    Sur un autre terrain et toujours mardi 29 septembre, l’UL CGT d’Arles a également été informée que « le maire d’Arles a demandé au tribunal administratif de rehausser le montant de l’astreinte financière », d’après Nicolas Bourcy, ainsi que le paiement de l’astreinte jusqu’alors fixée à 50 euros par jour depuis la mi-septembre.

    Pour Patrice Kantarjian, il s’agit de « la remise en cause du rôle de la CGT dans la société ». « Ce matin, des lycéens ont toqué à notre porte car ils savent qu’on peut les aider à se débarrasser de ceux qui nuisent à leur combat, à visibiliser leurs revendications », assure le secrétaire régional. « La CGT contrevient à certains intérêts. Mais notre rôle dans le dossier Fibre Excellence nous honore, nous avons pris nos responsabilités, contrairement à ce que dit le maire de Tarascon, allié de Patrick de Carolis, quand nous avons protégé l’usine, remis les installations de sécurité en marche et mis en lumière l’incapacité du mandataire », assène Patrice Kantarjian.

    « S’acharner à museler la CGT depuis trois ans est une pratique de mairies d’extrême droite », tranche Nathalie Bazire, secrétaire confédérale CGT. « Il faut se raisonner et retrouver la voie de la négociation », appuie-t-elle.

    Contactée, la Ville d’Arles a refusé de répondre à nos questions.

  • Les entreprises de Forcalquier formées à l’autoconsommation

    Les entreprises de Forcalquier formées à l’autoconsommation

    Des entreprises de la zone d’activité des Chalus ont été formées lors d’un atelier, vendredi, à l’autoconsommation, une gestion de l’énergie « citoyenne et collective » : des producteurs et des consommateurs d’énergie s’unissent au sein d’un collectif pour gérer et partager entre eux l’énergie produite. Les membres définissent ensemble les règles de répartition de l’énergie.

    Frank Van de Velde, des Centrales villageoises, une coopérative qui promeut l’énergie renouvelable, a présenté ce dispositif aux adhérents de l’association d’entreprises. Sa coopérative promet de n’utiliser que des zones anthropisées, déjà artificialisées, comme des friches, des toitures ou des parkings. Elle a déjà un projet sur une ancienne décharge polluée à Banon, qui pourrait alimenter 100 foyers. « On va dispatcher et vendre cette énergie aux plus proches, c’est-à-dire aux habitants, aux entreprises de la commune de Banon et ses alentours », explique Frank Van de Velde. Cette consommation locale évite d’avoir des pertes dues au transport, avance-t-il. La coopérative promet « un prix compétitif » et une baisse de la facture des utilisateurs de cette énergie renouvelable.

    « On a à peu près 70 opérations d’autoconsommation collective qui fonctionnent sur la région », a précisé Joël Viard d’Enedis. « Quand est-ce qu’on lance un projet ici ? » se sont réjouis les participants, tous adhérents de l’association des entreprises de la zone d’activité des Chalus, à la fin de la présentation.

    Pour de meilleures conditions de travail

    Justine Cannelle, de la Chambre des métiers et de l’artisanat, a ensuite présenté le nouveau dispositif « mon parcours économie d’énergie », qui vise à « sensibiliser à la rénovation énergétique des locaux professionnels ».

    Justine Cannelle aide les entreprises à trouver des subventions ou des aides auxquelles elles sont éligibles pour de la rénovation énergétique. Elle se déplace également dans des locaux pour des prédiagnostics, identifier les sources de déperdition de chaleur et préconiser des actions à mettre en place. « L’objectif, c’est que vous fassiez des économies d’énergie, mais aussi, de travailler sur le confort au travail, notamment si vous avez des salariés. Quand on travaille dans une boulangerie, que d’année en année, on a de plus en plus chaud, et qu’on a un local orienté sud, c’est intéressant de se projeter sur les années futures et de se dire que les conditions de travail vont être de plus en plus difficiles si on n’agit pas maintenant sur le bâtiment », a-t-elle avancé.

    Joël Viard d’Enedis a finalement sensibilisé les entreprises à la consommation responsable : « Il y a des moments de la journée où l’on produit plus que ce qu’on consomme. La surproduction peut détériorer des équipements sensibles. Cela amène de la surtension et du survoltage », a-t-il expliqué. Il a par exemple conseillé de recharger son véhicule électrique, d’utiliser son ballon d’eau chaude ou de faire ses lessives « pendant la cloche solaire », le pic de production, plutôt que la nuit, où il n’y a pas de production.

  • Le CIDFF des Alpes de Haute Provence poursuit son action pour les femmes étrangères

    Le CIDFF des Alpes de Haute Provence poursuit son action pour les femmes étrangères

    Dans le cadre de la semaine de l’intégration, organisée de lundi à vendredi par la préfecture et le ministère de l’Intérieur, le CIDFF espère donner de la visibilité à ses actions pour les femmes étrangères, peu identifiées par leur public cible. « Le CIDFF n’est pas forcément identifié sur ce public-là. On nous identifie souvent sur le droit des femmes, mais on accompagne aussi les personnes primo-arrivantes ou étrangères », explique Wided Halaoua, directrice du CIDFF 04.

    Le CIDFF tient par exemple une permanence juridique en droit des étrangers pour les victimes de violences, et accompagne les femmes primo-arrivantes pour leur insertion professionnelle. « On a un dispositif qui s’appelle Opération’elles, qui soutient les femmes étrangères et primo-arrivantes à travers des journées d’ateliers collectifs qui permettent de travailler la confiance en soi, la connaissance des droits en France, la valorisation des compétences, l’interculturalité, la déconstruction des stéréotypes de genre… Donc c’est accompagner les femmes vers l’emploi, mais plus généralement, lever les freins qu’elles peuvent rencontrer », précise la directrice. Le CIDFF intervient également au Centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada).

    Les femmes primo-arrivantes ont souvent quitté leur pays à cause de violences, ou en ont subi pendant leur parcours migratoire. Le CIDFF 04 est ainsi amené à accompagner des situations dans lesquelles les violences peuvent être directement liées au parcours ou au contexte d’origine : mariage forcé, excision, violences subies au cours du parcours migratoire…

  • L’addiction au centre d’une rencontre organisée par et pour les jeunes

    L’addiction au centre d’une rencontre organisée par et pour les jeunes

    Ce samedi à Vitrolles, au complexe sportif Coubertin, plus de 120 jeunes de centres sociaux des Bouches-du-Rhône participeront à une journée de rencontres et de débats organisée par le réseau Jeunesse de l’Union des centres sociaux du département. L’occasion de faire un pas de côté et de nouer des liens avec des jeunes venus d’autres structures sociales.

    La thématique de cette 9e édition de cette journée intitulée « Jeunes ensemble » : l’addiction. Sucre, écran, réseaux sociaux, cigarettes électroniques, les pratiques addictives seront abordées dans toute leur diversité, au-delà des seuls drogues et alcools. Une thématique choisie par les jeunes.

    Depuis plusieurs mois, une vingtaine de jeunes « moteurs » s’affairent pour préparer les animations de la journée : parcours avec des lunettes de simulation d’alcoolémie, théâtre forum, jeux de société et échanges sur leur propre rapport aux addictions.

    Si ce sont bien les jeunes qui encadreront eux-mêmes les événements, ils bénéficieront de l’appui de l’association Réseaux 13, qui œuvre pour l’accès à la santé dans les quartiers populaires de Marseille.

    « Ça fonctionne bien parce que ce sont des jeunes qui parlent à d’autres jeunes de sujets qui les concernent directement » précise Pascale Balian, chargée de mission de l’Union des centres sociaux des Bouches-du-Rhône.

  • La Nuit du droit ouvre les portes de la justice à Montpellier

    La Nuit du droit ouvre les portes de la justice à Montpellier

    Et si, le temps d’une soirée, les tribunaux devenaient des lieux de spectacle où l’on se rend plein de curiosité, sans l’appréhension qu’ils suscitent d’ordinaire ? C’est ce que propose la Nuit du droit, dont Montpellier s’empare pour une 5e édition organisée le 5 octobre, de 17h à 22h30. Objectif : ouvrir les portes des lieux de justice pour familiariser le grand public avec cette institution souvent intimidante, faire mieux connaître le droit, qui constitue le socle de notre vie en société. « Le but est de rendre accessible les lieux de justice. Tout citoyen a le droit de venir rencontrer des avocats, des magistrats, des greffiers, des notaires… », explique la vice bâtonnière Marie-Pierre Vedel-Salles.

    Lancée en 2017 à l’initiative de Laurent Fabius, alors président du Conseil constitutionnel, la manifestation célèbre le droit autour de l’anniversaire de la Constitution du 4 octobre 1958. « Au fil des années, tout le monde s’est pris au jeu », se félicite Éric Mathais, nouveau procureur général près de la cour d’appel de Montpellier. L’ensemble des professions juridiques (magistrats administratifs, judiciaires et financiers, avocats, notaires, étudiants en droit…) s’associe en effet pour faire vivre cette soirée, dont la déclinaison montpelliéraine se distingue par sa diversité : « Ce qui est fait à Montpellier est assez exemplaire. Ce n’est pas dans toutes les villes qu’il y a un programme aussi dense. »

    Comme désormais chaque année, la manifestation débutera dans la matinée par un forum des métiers du droit proposé dans l’enceinte du lycée Jean-Monnet, à destination des élèves de première et terminale. Puis, à partir de 17h, le public pourra investir le tribunal administratif, où des étudiants en droit et des élèves de l’école d’avocats (Edacs) s’affronteront lors de joutes oratoires.

    Deux procès reconstitués

    À la cour d’appel, deux procès reconstitués permettront de questionner la justice à travers deux affaires emblématiques. Le procès des sœurs Papin replongera dans l’affaire qui bouleversa la France en 1933. Christine et Léa Papin, employées comme domestiques, avaient assassiné leur patronne et sa fille. Au-delà de la violence des faits, le procès avait posé la question de la responsabilité pénale et de la maladie mentale, les experts psychiatres s’opposant sur leur état de conscience. Il avait aussi nourri les réflexions sur les rapports de classe. Des thèmes qui, selon l’avocate chargée de la reconstitution, « se posent encore actuellement ». Une vingtaine de professionnels du droit feront revivre l’audience à partir d’une documentation d’époque.

    Le second procès, tourné vers les libertés publiques, sera consacré à l’affaire Gonzalez-Gomez, dite de la PMA post-mortem. En 2016, le Conseil d’État avait autorisé l’exportation vers l’Espagne des gamètes d’un homme décédé, son épouse souhaitant y poursuivre une procédure interdite en France. Le juge administratif devait alors mettre en balance la protection des règles françaises de bioéthique et les libertés individuelles, notamment le droit au respect de la vie privée et familiale.

    Enfin, la Chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie proposera, à la bibliothèque des avocats, un escape game pour découvrir le travail des magistrats financiers. « Il permettra au public de plonger dans les arcanes du fonctionnement de la CRC, de travailler à une instruction, de prêter serment comme un véritable magistrat et de délibérer », résume la présidente de la CRC, Valérie Renet.

    Toutes les animations sont gratuites, sur inscription obligatoire*. Un succès qui ne se dément pas : selon Marie-Pierre Vedel-Salles, les places sont chaque année « prises d’assaut » !

    * – Procès historique et procès administratif : my.weezevent.com/nuit-du-droit-courdappel- 2026

    – Joutes oratoires : my.weezevent.com/joutes-oratoires-nuit-du-droit-2026

    – Escape game : my.weezevent.com/escape-game-nuit-du-droit-2026

  • Ce mosasauridé découvert en Provence préférait l’eau douce

    Ce mosasauridé découvert en Provence préférait l’eau douce

    Début 2015, Thierry Tortosa examine des dents découvertes dans des blocs de roche tombés le long d’une route départementale, à Bouc-Bel-Air. « Elles n’étaient pas des dents de dinosaure, ni de crocodile », assure le paléontologue maintenant au Département des Bouches-du-Rhône, spécialiste des dinosaures de Provence. Il soupçonne qu’elles soient celles d’un mosasauridé – un cousin éloigné du varan contemporain des dinosaures. Mais sans la mâchoire, difficile de conclure, estime Nathalie Bardet, chercheuse CNRS au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN, Paris).

    Leur intérêt se porte alors sur une vingtaine d’os associés. Après une décennie d’analyses, la chercheuse et sa collègue Alexandra Houssaye du MNHN sont formelles : ils sont bien ceux d’un mosasauridé. Mais d’une nouvelle espèce : Garamaudo bauciensis. « Elle rebat certaines cartes sur ce qu’on pensait de l’évolution des mosasauridés », estime François-Louis Pelissier, agent du Muséum départemental du Var qui participe à ces travaux depuis son master et cosigne la découverte dans PCI Paleontology.

    Car tout porte à croire que ce spécimen vivait dans l’eau douce. « Les sédiments dans lesquels il a été découvert et les fossiles autour en témoignent », souligne Thierry Tortosa, coauteur de l’article. « À l’époque, il y a 80 millions d’années, un grand lac recouvre la région entre Pourcieux et Martigues, ajoute Yves Dutour, paléontologue responsable du Muséum d’Aix-en-Provence, également coauteur. Et ses os sont caractéristiques d’une espèce d’eau douce » ?

    Grands prédateurs

    Or les mosasauridés sont plutôt connus pour avoir peuplé l’océan. Presque tous les fossiles ont été découverts dans des dépôts sédimentaires marins. « Ce sont les reptiles marins qui prédominent à la fin du Crétacé et les plus gros prédateurs marins de l’époque », rappelle Thierry Tortosa.

    Un mosasauridé d’eau douce avait déjà été décrit en Hongrie en 2012 : Pannoniasaurus inexpectatus. « Celui de Provence est une preuve supplémentaire de la colonisation de milieux d’eau douce par ces animaux, estime Nathalie Bardet, première autrice de l’article. La multiplication des découvertes montre que ce ne sont pas des accidents. » Quelques vertèbres mises au jour dans l’Hérault avaient également été attribuées en 2015 à un mosasauridé d’eau douce.

    La forme des os laisse penser que Garamaudo bauciensis vivait dans des lacs peu profonds. « Il n’était ni très bon nageur, ni très à l’aise sur la terre ferme », avance Thierry Tortosa. Carnivore, il faut l’imaginer se faufiler discrètement dans des marécages, à la recherche de ses proies. Lesquelles ? « C’est une grande question », admet le chercheur. Les dents permettraient de répondre, sous réserve d’arriver à prouver qu’elles lui appartiennent. « Nous y travaillons toujours », glisse-t-il. Mais le mieux serait assurément d’en trouver d’autres, sur un bout de mâchoire.

  • « Garamaudo est une nouvelle référence internationale de mosasauridé »

    « Garamaudo est une nouvelle référence internationale de mosasauridé »

    La Marseillaise : En quoi cette nouvelle espèce de mosasauridé – « Garamaudo bauciensis » – est-elle importante ?

    Thierry Tortosa : Elle est définie à partir d’un nouveau spécimen qui constitue une référence taxinomique à l’international pour les mosasauridés vivant en eau douce. Tous les scientifiques qui découvriront un nouveau fossile de ce cousin éloigné du varan contemporain des dinosaures pourront venir le comparer. Jusqu’à présent, il n’y avait qu’une référence de ce type : une espèce découverte en Hongrie. Garamaudo bauciensis est la deuxième, et nous avons la chance qu’elle soit en Provence.

    Que nous apprend-elle sur l’évolution de cet animal ?

    T.T. : Elle montre que les mosasauridés adaptés à l’eau douce sont peut-être plus communs qu’on le pensait. De plus, elle combine des caractères primitifs hérités de formes terrestres et d’adaptations à la vie aquatique. Elle conserve des membres lui permettant de se déplacer sur la terre ferme, mais plus réduits, tandis que la densité élevée de ses os indique une adaptation à la vie en eaux peu profondes.

    Comment cette évolution a-t-elle eu lieu ?

    T.T. : Nous ne connaissons pas assez d’espèces pour le dire. Est-ce que ce sont des mosasauridés marins primitifs qui se sont adaptés à la vie peu profonde en eau douce ? Ou des espèces terrestres qui se sont adaptées à la vie aquatique directement en eau douce ? Durant le Crétacé supérieur, l’Europe est un archipel d’îles et la Provence appartient à une île qui va jusqu’à la péninsule ibérique. Beaucoup d’histoires évolutives sont possibles.

  • [On passe à table] Les huîtres au barbecue, tartare de Wagyu et pomme verte

    [On passe à table] Les huîtres au barbecue, tartare de Wagyu et pomme verte

    La cuisson au barbecue fait partie intégrante de l’identité du restaurant Frangine. Elle est la signature des trois amis qui y travaillent. Pour cette recette, le chef Fabien Resseguier réalise une entrée à partager ou à déguster seul, qui vient tout juste de faire son apparition à la carte du restaurant. Elle est évidemment préparée au barbecue, mais peut facilement être déclinée à la maison.

    Une recette acidulée

    Pour commencer, ciselez votre échalote et émincez la ciboulette. Déposez chacun des ingrédients dans des bols différents. Concassez quelques noix que vous mélangez à l’échalote.

    Pour ouvrir vos huîtres, soit vous les passez au barbecue une trentaine de secondes, soit au four pendant deux minutes si vous n’avez pas de barbecue. Puis sortez-les quand elles sont ouvertes. Décochez-les et réservez.

    Pendant ce temps, coupez trois fines tranches de bœuf Wagyu. Le bœuf Wagyu est un produit noble, une viande très persillée que l’on retrouve chez des bouchers spécialisés et qui est semblable au bœuf de Kobe. Superposez les tranches et coupez le tout en tout petits cubes pour en faire un tartare. Déposez dans un cul-de-poule et ajoutez une pincée de ciboulette et d’échalote. Faites la même chose avec la pomme Granny Smith. La variété de la pomme est importante car elle va apporter un côté à la fois sucré et acidulé à la recette. Ajoutez-la au tartare de bœuf, une pincée de fleur de sel, trois tours de moulin à poivre et mélangez le tout.

    De belles huîtres farcies

    Vient le moment de farcir les huîtres avec le tartare cru. Pour cela, une belle cuillère à soupe dans chacune des coquilles est suffisante. Pour cette étape de la recette, le chef Fabien Resseguier utilise un flambadou, mais à la maison, une poêle bien chaude fera très bien l’affaire. Le but du flambadou est de le chauffer à une très haute température puis d’y insérer le gras du bœuf. Vous pouvez faire fondre le gras à la poêle et le verser délicatement sur les huîtres pour cuire légèrement le tartare. Déposez vos huîtres dans une assiette, ajoutez une pincée de sel et de nouveau un tour de moulin à poivre et servez ! Bon appétit.

    Il vous faudra :

    – 3 huîtres cocktail La Gamen de Normandie

    – Un petit morceau de bœuf Wagyu et son gras

    – Une pomme Granny Smith

    – Une échalote et de la ciboulette fraîche

    – De la fleur de sel et du poivre moulu

    – Quelques noix concassées

  • Nicolas, au service de l’eau des Marseillais

    Nicolas, au service de l’eau des Marseillais

    On est capable de reproduire des pièces en un temps record et de réagir à tout type de situation d’urgence dans les plus brefs délais ». Au milieu de l’atelier de maintenance et de renouvellement de la Société des Eaux de Marseille (SEM), dans le 10e arrondissement de la ville, Nicolas Gelly, responsable d’équipe chaudronnerie, ne cache pas sa fierté du travail qu’il réalise quotidiennement.

    À 32 ans et après 12 ans de travail au milieu des cisailles guillotines, rouleuses et autres machines qui aident à façonner les métaux, le Marseillais de naissance a conscience de faire un travail technique, mais essentiel au réseau d’eau de la cité phocéenne. « Une canalisation qui pète, une vanne qui se casse, une pompe qui lâche… C’est des choses qu’on a l’habitude de remplacer d’urgence. On a même eu des cas où des personnes rentrent en voiture dans des portails de nos installations. Derrière, il peut y avoir un risque de noyade sur un canal », explique-t-il, au centre des 1 000 m2 de l’atelier.

    Car derrière l’eau qui arrive dans les robinets des Marseillais, il y a toute une ingénierie et surtout des petites mains qui construisent des pièces essentielles pour que ça coule de source. « En 4 heures, on est capable de changer une pompe dans les Alpes. Ailleurs, je ne suis pas sûr qu’il y ait cette réactivité. Hydrauliquement, il faut qu’on soit le plus fluide possible », résume Nicolas Gelly. Avant de développer : « Acier, inox, aluminium, PVC, cuivre… Le seul truc qu’on ne travaille pas, c’est le plomb. Il faut être polyvalent, on n’a pas le choix. » Concrètement, les chaudronniers de la SEM sont en capacité de « tout réaliser à partir de rien » grâce à leurs compétences uniques. Et l’expression n’est pas galvaudée : outre la pléiade de pièces techniques, ils ont déjà construit des canalisations « où l’on peut rentrer dedans », mais aussi des productions plus originales comme la réalisation d’un bar à eau ou encore d’un bureau à partir de vieilles pièces. Même les meubles de leur salle de pause sont « faits maison ». « On a créé un tronc de cône [cône dont la partie supérieure a été coupée ndlr], où tout est parfaitement concentrique et harmonieux… Ça nous a pris une matinée de traçage, une après-midi de formage et toute une journée de soudure et d’assemblage », prend-il pour exemple.

    Il faut dire qu’il n’y a pas le droit à l’erreur : « On est obligé d’être ultra précis, ça fait gagner du temps à tout le monde : si on fait des tuyaux correctement, une intervention peut prendre 1 heure, mais si c’est mal fait, ça peut prendre 8 heures ». L’atelier n’est donc pas juste « en amont » de la chaîne, mais en contact avec presque tous les autres services de la SEM. Et les travailleurs ne sont pas juste des artisans experts de leurs mains, mais aussi des cerveaux : « Parfois, on échange pendant deux ou trois heures, à discuter avec des ingénieurs, des exploitants, à réfléchir tous ensemble aux bonnes solutions. »

    Titulaire d’un CAP et d’un bac pro chaudronnerie, Nicolas Gelly a aussi le service public chevillé au corps. « L’impact, c’est pour les gens qui boivent l’eau. Ça peut prendre des proportions monstrueuses : quand il n’y a pas d’eau dans le robinet, les gens sont démunis », martèle-t-il. D’où un sens aigu du devoir : « On se sent comme des pompiers, on se sent utile. Une fois, pendant le Covid, on a remis l’eau dans un grand bâtiment de Saint-Loup, les gens sont allés sur les balcons et ils nous ont applaudis. »