Category: societe

  • Escale littéraire au Rojava à l’occasion du Newroz

    Escale littéraire au Rojava à l’occasion du Newroz

    Troisième et dernier rendez-vous de la 4e édition de Newroz Marseille organisée par le collectif Solidarité Kurdistan 13 et l’association Solidarité Liberté Provence pour célébrer le Nouvel an kurde. Ce samedi, dans les rotatives de La Marseillaise, cette séquence se penche sur la littérature avec une rencontre organisée à partir de 17h autour du livre Nous vous écrivons depuis la révolution : Récits de femmes internationalistes au Rojava publié en 2021 aux éditions Syllepse.

    Composé de textes de réflexion, poèmes, contes, extrait de journaux intimes, lettres, interviews… « L’ouvrage a été pensé collectivement et écrit par des femmes : internationalistes, mères, journalistes, militantes, principalement françaises, qui ont passé de quelques jours à plusieurs années au cœur de la plus jeune révolution du Moyen-Orient », résume l’éditeur. « Avec ce récit, elles invitent à découvrir le projet et la réalité des femmes du Rojava et du nord-est syrien, qui depuis 2012 travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes : autodéfense armée et civile, éducation, coopératives, démocratie de base… » Pour en discuter, Sarah Marcha, Marie et Mireille Court, co-autrices du livre, et Yasmina Touaibia, docteure en Science politique.

    « Emblème

    de la résistance »

    Fête ancestrale de la culture kurde, le Newroz célèbre l’équinoxe du printemps le 21 mars. C’est un « symbole identitaire, d’unité, de diversité » et « l’emblème de la résistance », précise Annick Samouelian, présidente de Solidarité Liberté Provence qui orchestre l’événement avec le Collectif Solidarité Kurdistan 13 et le soutien de la mairie 2-3, de la Ville de Marseille… et de La Marseillaise.

    Cette manifestation permet d’attirer l’attention sur cette communauté bien implantée dans la région mais aussi sur le combat mené par ces résistants et combattants de la liberté au Moyen-Orient. La première soirée organisée en mairie des 2-3 a focalisé sur le sort réservé aux femmes dans la prison de Mardin en Turquie. La seconde étape a conduit en Iran. Direction le Rojava avec cette dernière rencontre à l’occasion de laquelle la librairie l’Ile aux mots tiendra un stand littéraire.

  • Des éléments de l’épave des Laurons restaurés

    Des éléments de l’épave des Laurons restaurés

    Le chantier-école se sera terminé de la même manière qu’il a commencé : dans le vent. Ce vendredi, les huit étudiants de deuxième année du Master d’archéologie maritime et côtière et leurs encadrants remballent le matériel après deux semaines de fouilles dans l’épave du XVIe siècle de l’anse des Laurons. Et ce n’est pas une mince affaire. D’abord, il y a l’équipement de plongée. Les bouteilles, les masques, les détendeurs, les combinaisons constamment en train de sécher sur un fil tendu entre deux poteaux… Ensuite, les appareils archéologiques, plus fragiles : l’aspirateur à sédiments, dont le moteur, posé sur la côte, ronronnait régulièrement, le scanner, disposé dans une salle sombre du petit poste de secours mis à disposition par la Ville, le nettoyeur haute pression et tout le reste.

    Marine Sadania, responsable du littoral de la région Sud pour le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), est satisfaite des deux semaines de travaux malgré des conditions météorologiques défavorables. « Les objectifs sont remplis, on a trouvé l’emplacement du mât ce qui va permettre de bien dessiner le portrait architectural du bateau. »

    Margaux Fasquelle, étudiante, confie : « Il a fallu charbonner, d’autant qu’on a pris énormément de retard avec le vent. On était sur site à 8h15, on faisait deux plongées par jour par étudiant quand on le pouvait, en sachant que quand on n’était pas dans l’eau on avait toujours quelque chose à faire : étude du bois, documentation, photographie, topographie ou l’organisation de l’accueil des publics, comme mercredi.»

    Mise en valeur

    du patrimoine

    La pédagogie envers les publics est un pan important du cursus des étudiants. « Ça n’a aucun sens de faire de l’archéologie si on la partage pas, surtout aux gens du coin qui parfois découvrent des sites à proximité de l’endroit où ils vivent depuis des années, développe l’apprentie archéologue. C’est aussi primordial de sensibiliser les citoyens aux bonnes pratiques pour qu’ils fassent attention au matériel archéologique qu’ils pourraient trouver, pour éviter le pillage et ce genre de
    choses.
     »

    Sa formatrice Marine Sadania ajoute : « L’idée c’est de former cette jeune génération pour qu’elle devienne sentinelle. Ce sont les acteurs du patrimoine de demain. »

    Pour pérenniser cette transmission, certains éléments retrouvés dans l’épave Laurons 11 vont être donnés à la Ville, qui participe financièrement à leur restauration. « Le maillet et la manne, donc le panier, sont aujourd’hui dans le laboratoire grenoblois de pointe ARC Nucleart, qui est spécialisé dans tous les matériaux organiques, précise Marine Sadania. Ils ont aussi un élément de décor qu’on avait découvert sur le bateau. Tous ces objets remarquables, encore en traitement pour un an je pense, sont destinés à revenir à Martigues. »

    À la question : où ? L’archéologue de la Ville Hélène Marino répond : « Ces objets qui appartiennent à l’État seront pris en dépôt pour exposition, soit au musée Ziem ou dans d’autres lieux. On les valorisera avec des conférences, des visites, etc. »

  • Belles enchères de 350 biens mal acquis repris aux voyous

    Belles enchères de 350 biens mal acquis repris aux voyous

    Il n’y a pas que des yachts et des villas que les juges confisquent aux trafiquants. Le tribunal de commerce était le théâtre vendredi d’une vente exceptionnelle organisée par l’Agrasc avec les Domaines d’objets confisqués. 350 lots de bijoux, d’or, de montres, de vêtements et de maroquinerie de luxe issus des scellés des tribunaux de Marseille, Aix-en-Provence, Draguignan et Nice sont partis sous le marteau des commissaires-priseurs.

    Portée par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués et son partenaire, les Domaines qui l’organisaient, cette vente a permis de mettre en exergue que « la justice ne se limite pas à sanctionner les auteurs mais aussi à restituer aux citoyens ce qui leur revient, tout en témoignant de la fermeté des institutions face à la criminalité organisée et aux trafics » explique Charlotte Hemmerdinger, la directrice de l’Agrasc.

    « Cette vente représente déjà tout le travail accompli en amont par les enquêteurs de police, de gendarmerie, des douanes. Elle permet à l’État de récupérer des sommes non négligeables » souligne pour La Marseillaise, Franck Rastoul, le procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence, présent avec des chefs de juridiction pour le lancement des enchères. « Il faut évidemment des réponses pénales contre les trafics et notamment des peines d’emprisonnement, mais on sait très bien que pour lutter il faut être capable d’infliger une sanction patrimoniale pour reprendre l’argent généré par les trafics et ces biens de luxe vendus qui sont des vecteurs de blanchiment. »

    Estimée à 750 000 euros, les organisateurs espéraient atteindre 1,2 million d’euros. « On verra à la fin, mais il ne faut pas perdre de vue que ces sommes considérables sont à mettre en regard avec les millions d’euros qui chaque semaine sont générés par les reventes de stupéfiants. On ne peut que se féliciter de la multiplication de ces ventes vertueuses qui sont la partie émergée de l’iceberg. C’est la réaction de l’État face aux trafics et l’Agrasc joue un rôle essentiel », ajoute M. Rastoul.

    Le procureur et les claquettes Louboutin !

    L’appât du gain et un goût immodéré pour le luxe tapageur qui motivent les délinquants s’exposent dans les vitrines surveillées par des vigiles. Des bagues, des colliers, des boucles de grands joailliers Cartier, Van Cleef & Arpels, Bulgari, Boucheron, Mauboussin ou Chopard sont âprement bataillés, à la fois en direct dans la salle et en ligne pour les enchérisseurs discrets ou très éloignés sur les plateformes de vente Drouot.com et Moniteurdesventes.com. Mise à prix 12 000 euros, une bague de marque inconnue en or gris ornée d’un diamant ancien de 5,87 carats, a été adjugée à 24 200 euros. tous les acquéreurs doivent s’acquitter d’une taxe de 11%. Réservés aux professionnels, plusieurs lots de plaques d’or étaient proposés dont un de 620 gr d’or à 24 carats adjugé 71 920 euros.

    Les hommes n’étaient pas en reste pour se disputer des articles de grandes marques d’horlogerie : des montres Rolex, Hublot, Chopard, Audemars Piguet, Breitling, Patek, etc. Une Rolex GMT-Master II mise à prix 30 000 euros s’est vendue 54 000 euros. Une montre Werk en titane et or rose s’est vendue 32 200 euros pour une mise à prix de 6 000 euros. Débuté à 12 000 euros, un chronographe-bracelet Tourbillon Jules Audemars est parti à 27 500 euros. Le coup de marteau pour une superbe montre Yacht-Master en or rose estimée à 8 000 euros s’est posé au prix triplé de 24 500 euros.

    « 4 000 personnes sont inscrites ce matin à cette vente, et j’ai vu qu’il y en a des terres australes françaises, de Polynésie et sur trois continents avec des inscrits au Mexique, à Macao et Hong Kong », se réjouit Alain Caumeil, le directeur national des interventions domaniales (DNID). « Nous sommes en pointe ici dans la lutte contre le blanchiment », intervient Nicolas Bessone, le procureur de la République de Marseille qui souligne que son tribunal contribue à « 73% des confiscations remises à l’Agrasc sur l’ensemble du ressort de la cour d’appel et qui rentrent dans le budget de l’État. Ce sont des politiques partenariales qui portent leurs fruits ». D’exprimer avec humour le regret de ne pouvoir par déontologie participer à une enchère : « Un lot m’aurait beaucoup plu, les claquettes Louboutin ! » Estimée à 80 euros, la paire de « Pool Slides » d’occasion en caoutchouc rouge avec des traces d’usure, peut-être celle que portait l’épouse d’un caïd le jour de son interpellation, est partie à 140 euros. Les enchères se sont achevées par la vente d’un rare sac Hermès, dessiné par et pour Jane Birkin, clin d’œil peut être au duo de gangsters Bonnie & Clyde.

  • Le Pôle Nord de l’hôpital psychiatrique fond encore

    Le Pôle Nord de l’hôpital psychiatrique fond encore

    On a déjà fermé dedans, maintenant on ferme dehors ! » Devant l’hôpital psychiatrique, Édouard-Toulouse, les personnels sont inquiets. Déjà mobilisés en 2024 contre la fermeture de l’unité la Nef, puis par la fin du dispositif des accueillants familiaux en septembre 2025, c’est maintenant la fin des centres médico-psychiatriques et autres relais de soins de proximité dans les quartiers Nord de Marseille qu’ils redoutent.

    « C’est encore un nouveau coup porté aux patients de tout le secteur des 15e et 16e arrondissements et aux équipes médicales, déplore Olivier Boyer, secrétaire FO Édouard-Toulouse, c’est une fragilisation dans la prise en charge et la continuité du soin et une mise en difficultés des soignants, sans compter que cette suppression aura une répercussion sur les autres pavillons, voire sur tous les secteurs. » Une réunion du conseil de surveillance se tenait vendredi matin à l’hôpital. La question du pôle Littoral était à l’ordre du jour. Alors que le CHET est réputé pour ses hospitalisations sans contention avec des chambres d’apaisement pour les patients souffrant de crises de violence, et que « près de 100% des patients y sont hospitalisés sous contrainte, c’est-à-dire ordonnés par l’État », précise Kader Benayed, secrétaire SUD Santé sociaux, son avenir semble menacé. « Nous voulons mettre un terme à ces fermetures de lits et d’unités », exigent les soignants.

    Inégalité territoriale

    « Quand je suis arrivé, il y avait une centaine de lits, aujourd’hui il en reste 23 », fait le décompte Gilles, infirmier en poste depuis 24 ans. Les fermetures de services avaient été justifiées par les difficultés à recruter et le manque d’attractivité de la profession. Ses personnels restent pour autant très dévoués à leur mission qu’ils souhaitent exercer dans des conditions moins dégradées. « Voilà des années qu’on tient les services à bout de bras. Au regard des engorgements et files d’attente, les médecins se sont mobilisés, mais ce déficit va créer plus d’inégalités d’accès aux soins au détriment des 15e et 16e arrondissements », assure Pierre-Édouard Thiebaud, secrétaire du syndicat CGT.

    Une pétition a déjà réuni plus de 400 signatures. Josette Sportiello, conseillère départementale et présidente du conseil de surveillance de l’établissement hospitalier, a rappelé qu’elle soutenait le service public et indiqué qu’elle serait attentive aux décisions sur le pôle. Également venu assister à la réunion, Azad Balalas-Kazandjian, conseiller départemental et candidat sur la liste pour la mairie centrale de Marseille aux côtés de Benoît Payan lors des dernières municipales, assurait quant à lui « voir comment éviter d’éventuelles fermetures de services avec le Département et comment être en appui avec la Ville pour que tous les Marseillais puissent être soignés dans de bonnes conditions ». Quant au directeur intérimaire de l’établissement hospitalier, Benoît Thomassin, il a fait savoir qu’il répondrait le 14 avril.

  • L’initiation aux sports nautiques de plus en plus efficace à Marseille

    L’initiation aux sports nautiques de plus en plus efficace à Marseille

    Les rayons du soleil frappent le stade nautique Florence-Arthaud, sous le regard des anneaux olympiques, posés fièrement face à une mer peu agitée. Ce mercredi 1er avril, l’association l’Avi Sourire a inauguré le dispositif Sport Handi Nautique Marseille (SHNM). Présent depuis 2010 à Corbières, l’événement a basculé sur un site multifonction et idéal pour initier au plus grand nombre. « Le message que l’on veut faire passer c’est, les activités nautiques sont adaptées et adaptables à tout le monde. Parfois, les gens pensent qu’ils sont éloignés de ce type d’activités. Nous, on leur dit “ici, sur un site accessible, on peut vous accueillir” », souligne Florin, membre de l’association. Par ailleurs, les stands proposés sur place mettaient en valeur le sport à travers différentes thématiques, comme la nutrition, la biodiversité ou le ramassage des déchets.

    Parmi l’armée de bénévoles habillés de rose, un homme se détache. Sylvain est partout, mais, en même temps, il est chez lui ici. Sylvain se déplace en fauteuil roulant à cause d’un dysfonctionnement du cervelet, affectant son équilibre, sa parole et sa perception des mouvements. Lunettes de soleil jaunes sur le nez, il coupe notre première question : « Attendez, je refais mon brushing » –, on nous avait précisé qu’il avait de l’humour. Membre du club, il décrit son rôle et la raison de sa venue. « Je suis rameur, avant tout, auprès de l’association, et bénévole. Avant, j’ai fait de la natation pendant 20 ans et je voulais faire autre chose. Ça s’est fait par bouche à oreille, j’ai entendu qu’il y avait un club d’aviron à Corbières. Maintenant, ça fait cinq ans que je suis là. J’apporte ma pierre à l’édifice et je suis heureux », dit-il dans un sourire.

    Après son court moment de célébrité, le rameur est revenu à sa mission principale : faire à découvrir le nautisme aux enfants atteints de handicap. Environ 450 se sont inscrits, pour pratiquer l’aviron, le kayak et autres sports sur l’eau. « Ces enfants viennent d’instituts médico-éducatifs (IME). Il y en a environ 60 dans la région marseillaise. Avant, la plupart se trouvaient en classes Ulis et ils passent généralement en IME jusqu’à leurs 20 ans. » Ces paroles sortent de la bouche de Dominique Guende, créatrice de l’association, en 2003. « À l’origine, nous étions le seul club français de para-aviron avec une section pour les valides. Car c’est ça l’inclusion, permettre à absolument tout le monde de participer », glisse la femme aux cheveux courts.

    Les écoles marseillaises remplissent les créneaux

    Les bénévoles doivent donc gérer et apprendre les sports nautiques à des enfants autistes, amputés ou encore sourds et muets. Avec calme et bienveillance. « C’était trop bien ! », affirme Sacha, en débarquant de son kayak. L’activité plaît visiblement aux principaux concernés, vu les sourires affichés sur leur visage. La promesse de rendre le stade nautique aux petits Marseillais est en passe d’être validée. Aurélie Di Napoli, responsable du site, détaille : « On a une capacité annuelle d’accueil de 330 classes et on va les atteindre. C’était l’objectif et on va l’accomplir dès cette année scolaire. » Le dispositif d’accès au nautisme se fait par le biais de l’éducation nationale, qui décide de l’attribution des créneaux. « Nous, on ouvre des créneaux, les écoles publiques de la ville s’y inscrivent et ensuite il y a la sélection de la part de l’éducation nationale. Ils vont choisir en fonction du projet pédagogique, si l’école en a déjà bénéficié et du maillage territorial et les écoles », appuie Aurélie Di Napoli.

  • Justine Mettraux : « Pour mettre en valeur les équipes féminines »

    Justine Mettraux : « Pour mettre en valeur les équipes féminines »

    La Marseillaise : Quels sont vos liens avec la Semaine nautique internationale de la Méditerranée ?

    Justine Mettraux : La Snim, ce n’est pas une course à laquelle j’ai beaucoup participé. Je l’ai faite une seule fois, il y a une vingtaine d’années donc ça commence à dater. C’est toujours chouette de revenir, ici, à Marseille. L’un de mes sponsors – la Snef – a son siège dans la ville et le lien s’est créé grâce à leurs relations. Ce sont des personnes qui naviguent beaucoup et qui sont attachés à la Société nautique de Marseille. C’est pourquoi je suis là aujourd’hui.

    Pourquoi avoir accepté d’être la marraine de cette 60e édition de la Snim ?

    J.M. : J’étais disponible pour le faire et j’apprécie de contribuer à ce type d’événements. Cette année, l’épreuve fait un effort pour mettre en valeur des équipages féminins, en mettant en place un trophée, donc ça me fait plaisir de soutenir ça également.

    Justement, vous pensez que ce genre d’événement peut être un tremplin pour les jeunes générations de navigateurs ?

    J.M. : Ça peut l’être. Je pense que, lorsqu’on fait du bateau, toutes les compétitions auxquelles on peut participer amènent de l’expérience supplémentaire. Cette règle spécifique, mise en place cette année pour les femmes, peut inciter les jeunes femmes à plus participer et c’est top. Ce trophée peut contribuer à augmenter leur participation et leur donner plus de place dans une épreuve comme celle-ci.

    Est-ce que vous connaissez le site de compétition autour de Marseille ? Vous pouvez le décrire ?

    J.M. : Oui, je le connais un peu puisque j’ai déjà participé à la Snim, mais pas très bien. Je vais surtout pouvoir me reposer sur les locaux qui ont une meilleure connaissance du site que moi. La rade de Marseille reste un superbe plan d’eau, je suis très contente d’avoir l’opportunité de naviguer dans les prochains jours.

  • La voile fait scintiller la Méditerranée

    La voile fait scintiller la Méditerranée

    Marseille a sorti sa robe de soirée. » Ces mots sont ceux de Paul, l’un des arbitres les plus aguerris du comité de course, qui compte plusieurs Jeux olympiques à son compteur. Une phrase qui résume bien l’atmosphère : la Semaine nautique internationale de la Méditerranée (Snim) s’est lancée avec brio, ce vendredi après-midi, et se poursuit jusqu’à lundi. Les conditions étaient idéales pour naviguer. Pas un nuage à l’horizon, ciel bleu, soleil rayonnant et juste ce qu’il fallait de vent pour permettre aux compétiteurs de s’exprimer pleinement.

    Au total, 115 bateaux et plus de 1 500 marins ont été répartis en sept catégories. La rade de Marseille constitue leur terrain de jeu privilégié, avec une zone nord au niveau du port et une zone sud dominée par la grande roue du Prado et le stade Vélodrome en toile de fond.

    Jeudi matin, veille de grand départ, les navigateurs se hâtaient déjà pour préparer leur embarcation. Carine est venue de Toulouse avec ses six compagnons de voyage. Cette fan de Justine Mettraux, marraine de la 60e édition, était ravie de revenir à Marseille et faire voguer Tigresse, leur bateau. « Nous représentons une association de voile habitable sur Toulouse, qui existe depuis une trentaine d’années. L’année dernière, on avait un skipper féminin et cette année, c’est Alain. On va être trois filles sur sept à embarquer. »

    Le jour J, les pontons de la Société nautique de Marseille, organisateur de l’épreuve, grouillent de monde. Chaque équipage peaufine les derniers détails : remplissage des sacs ou vérification du matériel. Les passants sont intrigués par ce fourmillement, le long du Vieux-Port. « Qu’est-ce qu’il se passe ici ? », s’exclame fortement une touriste anglaise.

    De l’esthétisme malgré

    la compétition

    14h, le flot de personnes sur la péniche de la Société nautique s’est dissipé. Les marins ont passé le Fort Saint-Jean et se trouvent dans la Méditerranée pour entamer la compétition. Mais d’autres personnes restent à terre. Membres du comité technique, Denys et Patrick sont observateurs de bateaux. Pour eux, chaque détail compte. Leur but est simple : faire respecter le règlement de l’épreuve. « Nous jugeons la conformité des embarcations. Il y a des impératifs sur chaque type de bateau, comme la taille de la voile, le poids », expliquent-ils en chœur. Alors que la couleur orangée du coucher de soleil éclaire élégamment la ville, Geneviève attend de vérifier la nouvelle voile de l’un des concurrents. « Ma voile s’est déchirée, je l’avais achetée d’occasion il y a un an », souffle le malchanceux. Geneviève doit donc s’assurer de la légalité de cet échange.

    En mer, le bateau de Pierre-Alain sert au comité de course, dont fait notamment partie Paul. Michel, lui aussi arbitre, détaille son rôle et celui de ses compères : « Le comité organise la course sur l’eau, donne le départ, juge la conformité des départs et des arrivées. » Justement, le petit navire est utilisé comme ligne de départ et d’arrivée en compagnie du viseur. Une ligne GPS est tracée entre les deux et les marins doivent suivre des instructions précises pour ne pas se faire pénaliser.

    Là est toute la beauté de la voile. Le lancement d’une course ressemble à un ballet parfaitement chorégraphié. Aucun navire ne se touche alors que chacun veut posséder la meilleure position en fonction du vent. Un esthétisme poussé à son paroxysme alors que l’erreur est interdite. « C’est joli et on ne se rend pas vraiment compte de la prouesse sportive », lâche Paul, entre deux courses. Pour assurer un certain spectacle, les régates durent 45 minutes, une pratique courante lors d’épreuves comme la Snim.

    Tous ces paramètres, associés à l’expertise de l’ensemble du personnel mobilisé, permettent à la Semaine nautique de continuer de briller et de rester une référence dans le microcosme de la voile.

    « C’est joli et on ne se rend pas vraiment compte de la prouesse sportive »

  • Les avocats se mettent en grève !

    Les avocats se mettent en grève !

    Le ministère de la Justice présente au Sénat à compter du 8 avril 2026 un projet de loi « pour la justice criminelle et le respect des victimes » qui présente de nombreuses dispositions particulièrement attentatoires aux libertés fondamentales et aux principes de l’État de droit.

    La mesure phare de ce projet de loi concerne la mise en place d’un plaider-coupable pour les affaires criminelles comme cela existe aux États-Unis. Cette procédure existe déjà en France, mais uniquement pour les délits, avec un maximum d’emprisonnement prononcé de trois ans. Aujourd’hui, on propose qu’une « négociation » entre un accusé, souvent détenu dans des conditions déplorables, son avocat et un procureur puisse permettre le prononcé de peines de 15, 20, 30 ans de réclusion criminelle, sans audience.

    Cette procédure se déroule sans jury, sans débat et sans oralité : elle bannit la parole, y compris des victimes, au profit de la célérité, faisant disparaître les instants d’audience touchant à une forme de manifestation de la vérité par le procès et supprime l’effet parfois libérateur des audiences criminelles.

    Tout à la fois, elle supprime la faculté du citoyen de participer à l’œuvre de justice, mais elle bannit aussi l’accès concret du public aux affaires criminelles : il en va du caractère démocratique et accessible de la justice. De la même manière, il est prévu une extension du champ de compétence des cours criminelles départementales instaurées en 2023, qui sont déjà des cours d’assises au rabais où siègent cinq magistrats professionnels, sans jury populaire.

    Nos libertés

    sont encore menacées

    Plusieurs autres dispositions de ce texte sont particulièrement inquiétantes : limitation de la possibilité de soulever des irrégularités de procédure, alors la procédure est ce qui nous protège tous contre un travail juridique mal fait, possibilité de prolonger la détention provisoire d’une personne détenue alors même que les délais légaux sont dépassés, recours à la télémédecine pour les personnes placées en garde à vue, etc.

    Cette réforme vient bouleverser en profondeur la justice criminelle au nom d’un seul impératif budgétaire, remettant en cause des principes cardinaux de notre État de droit alors qu’il convient urgemment d’augmenter le budget de la Justice, de recruter des magistrats, de recruter des greffiers.

    La plupart des avocats de France se mettent donc en grève cette semaine.

    Nous voulons alerter nos concitoyens sur les dangers que cette réforme implique.

    Faire grève c’est notre unique moyen de nous faire entendre.

    Que Monsieur le ministre de la Justice soit à l’écoute des professionnels : l’avocat travaille et lutte pour une Justice saine, un respect des droits fondamentaux et pour garder le justiciable au cœur du processus.

    Ce projet de loi doit être retiré.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • La carence du Département épinglée par le Conseil d’État

    La carence du Département épinglée par le Conseil d’État

    Cette fois, c’est la juridiction suprême de l’ordre administratif qui pointe « une carence caractérisée dans l’accomplissement de sa mission par le Département des Bouches-du-Rhône ». Dans une ordonnance rendue ce mardi, le Conseil d’État a confirmé l’injonction du tribunal administratif de Marseille qui, le 3 mars dernier, ordonnait au conseil départemental d’héberger sous 48 heures une mère avec sa fille handicapée de 4 ans, avec une pathologie génétique rare, et son fils de 2 ans, et rejeté le recours de la collectivité.

    Arrivée en 2019 en France pour aider sa tante handicapée qui l’hébergeait, cette femme comorienne aujourd’hui âgée de 27 ans s’est retrouvée sans hébergement, le 12 février dernier. Prise en charge pendant deux semaines à la maison d’enfants de la Draille, elle n’a finalement reçu du conseil départemental que 92 euros pour trouver un hébergement entre le 27 février et le 2 mars. La Fondation pour le logement des défavorisés a finalement pris en charge quatre des cinq nuitées, jusqu’à ce que le juge administratif contraigne le Département à remplir ses obligations. Avant qu’il ne fasse appel, le 18 mars dernier, estimant que la mère est elle-même à l’origine de cette situation d’urgence.

    « La situation de Mme C… et de ses deux enfants, dont un de moins de 3 ans et une fille d’à peine 4 ans atteinte d’une pathologie rare rendant nécessaire, ainsi que cela est attesté par les pièces médicales du dossier, un logement et une vie stable, est d’une extrême vulnérabilité », s’alarme le Conseil d’État, qui balaie les arguments de la collectivité. Et quand bien même les 400 places de l’Aide sociale à l’enfance dans les Bouches-du-Rhône « sont sous forte tension », le Département n’a apporté aucune preuve qu’il ne peut pas héberger la famille.

    « La collectivité a pris ses responsabilités dès qu’elle a eu connaissance de leur situation », jure pourtant celle-ci auprès de La Marseillaise, indiquant que la famille a « désormais intégré une structure d’hébergement d’urgence financée par le Département ».

    L’institution promet ainsi qu’elle « assume pleinement son rôle dans la prise en charge des familles en difficulté ». Ce cas n’est pourtant pas isolé, et à plusieurs reprises, la justice a dû lui ordonner d’héberger de jeunes mères. Ce mardi, un référé a finalement été retiré, l’État palliant la carence de la collectivité. Mais la veille, le tribunal administratif lui enjoignait encore, sous astreinte, d’accorder sous 48h un hébergement d’urgence à une mère et sa fille âgée de 1 an, obligée de quitter son hébergement le 27 mars dernier. « Une atteinte grave et illégale à son droit à un hébergement d’urgence, eu égard à la situation de particulière vulnérabilité qu’elle établit », pointait l’ordonnance.

  • Marseille, les parents en lutte pour regagner des classes

    Marseille, les parents en lutte pour regagner des classes

    « On a déjà quelques retours d’écoles où il y a des bougés ! », lance Letizia Vignone, secrétaire du bureau départemental du Mouvement des parents d’élèves (MPE 13), mobilisée aux côtés de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE 13) contre les 152 fermetures de classes prévues dans les Bouches-du-Rhône à la rentrée 2026-2027, dont 33 à Marseille.

    Jeudi, la carte scolaire était passée au crible par les services départementaux de l’Éducation nationale. Les parents réclament une réévaluation à la hausse de la dotation des établissements des 1er et 2nd degrés. Des heures en moins, ce sont des classes supprimées et des effectifs surchargés. « Ces conditions dégradées d’apprentissage auront un impact fort sur la scolarité et donc l’avenir de nos enfants », craint une mère dont les deux enfants, scolarisés au collège Malrieu, subissent de fortes suppressions d’heures. « Il y a des réajustements à exiger », assure Letizia Vignone, qui invite à nouveau les parents à se mobiliser, à 8h30, devant la DSDEN pour les débats. Puis le rapport de force devra encore jouer le 8 avril, « où nous avons obtenu une audience auprès du recteur d’académie ». Les jeux ne sont pas faits.

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