L’initiation aux sports nautiques de plus en plus efficace à Marseille

Les rayons du soleil frappent le stade nautique Florence-Arthaud, sous le regard des anneaux olympiques, posés fièrement face à une mer peu agitée. Ce mercredi 1er avril, l’association l’Avi Sourire a inauguré le dispositif Sport Handi Nautique Marseille (SHNM). Présent depuis 2010 à Corbières, l’événement a basculé sur un site multifonction et idéal pour initier au plus grand nombre. « Le message que l’on veut faire passer c’est, les activités nautiques sont adaptées et adaptables à tout le monde. Parfois, les gens pensent qu’ils sont éloignés de ce type d’activités. Nous, on leur dit “ici, sur un site accessible, on peut vous accueillir” », souligne Florin, membre de l’association. Par ailleurs, les stands proposés sur place mettaient en valeur le sport à travers différentes thématiques, comme la nutrition, la biodiversité ou le ramassage des déchets.

Parmi l’armée de bénévoles habillés de rose, un homme se détache. Sylvain est partout, mais, en même temps, il est chez lui ici. Sylvain se déplace en fauteuil roulant à cause d’un dysfonctionnement du cervelet, affectant son équilibre, sa parole et sa perception des mouvements. Lunettes de soleil jaunes sur le nez, il coupe notre première question : « Attendez, je refais mon brushing » –, on nous avait précisé qu’il avait de l’humour. Membre du club, il décrit son rôle et la raison de sa venue. « Je suis rameur, avant tout, auprès de l’association, et bénévole. Avant, j’ai fait de la natation pendant 20 ans et je voulais faire autre chose. Ça s’est fait par bouche à oreille, j’ai entendu qu’il y avait un club d’aviron à Corbières. Maintenant, ça fait cinq ans que je suis là. J’apporte ma pierre à l’édifice et je suis heureux », dit-il dans un sourire.

Après son court moment de célébrité, le rameur est revenu à sa mission principale : faire à découvrir le nautisme aux enfants atteints de handicap. Environ 450 se sont inscrits, pour pratiquer l’aviron, le kayak et autres sports sur l’eau. « Ces enfants viennent d’instituts médico-éducatifs (IME). Il y en a environ 60 dans la région marseillaise. Avant, la plupart se trouvaient en classes Ulis et ils passent généralement en IME jusqu’à leurs 20 ans. » Ces paroles sortent de la bouche de Dominique Guende, créatrice de l’association, en 2003. « À l’origine, nous étions le seul club français de para-aviron avec une section pour les valides. Car c’est ça l’inclusion, permettre à absolument tout le monde de participer », glisse la femme aux cheveux courts.

Les écoles marseillaises remplissent les créneaux

Les bénévoles doivent donc gérer et apprendre les sports nautiques à des enfants autistes, amputés ou encore sourds et muets. Avec calme et bienveillance. « C’était trop bien ! », affirme Sacha, en débarquant de son kayak. L’activité plaît visiblement aux principaux concernés, vu les sourires affichés sur leur visage. La promesse de rendre le stade nautique aux petits Marseillais est en passe d’être validée. Aurélie Di Napoli, responsable du site, détaille : « On a une capacité annuelle d’accueil de 330 classes et on va les atteindre. C’était l’objectif et on va l’accomplir dès cette année scolaire. » Le dispositif d’accès au nautisme se fait par le biais de l’éducation nationale, qui décide de l’attribution des créneaux. « Nous, on ouvre des créneaux, les écoles publiques de la ville s’y inscrivent et ensuite il y a la sélection de la part de l’éducation nationale. Ils vont choisir en fonction du projet pédagogique, si l’école en a déjà bénéficié et du maillage territorial et les écoles », appuie Aurélie Di Napoli.

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