Category: societe

  • Une conférence scénarisée sur le climat et la santé à Martigues

    Une conférence scénarisée sur le climat et la santé à Martigues

    Apprendre tout en s’amusant. C’est ce que proposent les membres du groupe santé environnement de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) du pays de Martigues avec le spectacle Le thermomètre monte… et nous ? qu’ils présenteront dans la salle du Grès le 16 avril, à 20h.

    « C’est une conférence scénarisée, un objet hybride pour rendre les choses un peu plus fluides et agréables, commence Gérard Eddi, médecin généraliste. Ce sujet peut être ardu et anxiogène, on cherche à y apporter des solutions, que ça permette de faire cheminer une réflexion. »

    Au total, huit experts du territoire martégal discuteront sur scène, chacun de sa spécialité, dans un jeu de rôle épuré. « On partira de la définition du réchauffement climatique, déroule Jérôme Sambussy, référent Sud-Est de Météo France. Puis on colle ce fil conducteur aux réalités sociales et sanitaires. On parlera des effets sur le corps, de la régulation thermique, des impacts sur les allergies, le système cardiovasculaire, des facteurs aggravants et des personnes les plus vulnérables et des manières de contourner les blocages psychologiques qui entravent les actions. »

    Colette Japel, du service social de l’hôpital de Martigues, confie : « On fait aussi cet événement pour recruter au sein de la CPTS. » Son collègue Stéphane Luigi, urgentiste au sein du même centre hospitalier, ajoute : « Le meilleur moyen de faire vivre la démocratie et de s’emparer d’une question complexe comme celle-ci, c’est de faire de la proximité. D’autant qu’on est un territoire vulnérable à bien des égards. »

  • Le train à vapeur des Cévennes fête ses 40 ans

    Le train à vapeur des Cévennes fête ses 40 ans

    Le train à vapeur des Cévennes qui relie depuis 40 ans Saint-Jean-du-Gard à Anduze est né d’un rêve d’enfant. « C’est un petit garçon qui s’appelait Benoît, passionné de locomotives, qui rêvait de s’en acheter une à ses 18 ans. Il a réalisé son rêve en achetant une locomotive historique que l’on a toujours et il est venu exploiter la ligne de chemin de fer, utilisée pour acheminer de la soie et stoppée après la création du réseau routier », explique Anaïs Lavoisier, responsable communication de l’entreprise qui gère le train à vapeur.

    Celle-ci est née pour proposer des trajets touristiques au milieu des collines et forêts cévenoles entre avril et octobre. Aujourd’hui, elle emploie entre 15 et 18 personnes hors saison et 40 en pleine saison. Elle s’est aussi spécialisée dans la rénovation et l’entretien de locomotives dans son atelier de Saint-Jean-du-Gard.

    Golden ticket

    Pour cette saison anniversaire, l’entreprise a lancé un « ticket d’or » dans le pur style Willy Wonka. Un ticket à gratter sera offert pour deux billets adulte achetés avec des goodies à gagner mais aussi un chèque de 10 000 euros. Mais ce sont surtout des événements qui vont émailler cette saison anniversaire. « Pour fêter le lancement de la saison, nous avons deux soirées le samedi (4 avril) et le dimanche (5) avec des feux d’artifice sur le trajet et un spectacle autour du feu et de la lumière », détaille Anaïs Lavoisier. Un deuxième événement, « vapeur en folie », est prévu après la saison estivale, le deuxième week-end de septembre, avec « beaucoup d’autres locomotives d’autres sites touristiques et un arrêt spécial à Thoiras, des animations dans les gares type fête foraine ».

  • Un espace ouvert à tous pour découvrir les plantes locales à Forcalquier

    Un espace ouvert à tous pour découvrir les plantes locales à Forcalquier

    Ateliers pour créer son propre parfum, formation pour les savonniers, musée consacré aux plantes locales, colloques sur l’adaptation au changement climatique… La Cité des saveurs et des senteurs de Forcalquier, lancée jeudi, est pleine de projets pour faire revivre le lieu et enfin attirer le grand public et les habitants du village. « C’était devenu un lieu élitiste, aucun habitant du village ne rentrait ici », déplore Marianne Sarrailh, la cheffe de projet. à l’inverse, « nous, ce que nous souhaitons, c’est un lieu convivial, ouvert à tous, un endroit où tout le monde vient, et mettre à disposition nos ressources », explique Patrice de Laurens, le président de l’association, également ancien directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll et ancien directeur régional de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) en Région Sud.

    « Le projet qui nous anime, ce sont les plantes méditerranéennes qu’on ne trouve qu’ici, valoriser et promouvoir les savoir-faire et les ressources de notre territoire, comme la lavande, et croiser culture et agriculture », précise le président. Le musée Artemisia invite à découvrir les plantes, les huiles essentielles, les distilleries et la cosmétique, en se servant de ses cinq sens. On y apprend, par exemple, à « cueillir le thym de manière responsable », et on peut y sentir des cyprès, des pivoines ou encore de la sauge.

    Les cueilleurs mis

    en avant

    Les nouveaux responsables de la Cité ont tenu à mettre en avant, pour la première fois, les cueilleurs de la région. Pour cela, l’artiste Kristi Lunde a réalisé leurs portraits, afin de les « sublimer », les « célébrer » et enfin leur donner une place au sein du musée. Parmi eux, Kelly Colonges, habitante d’Oraison, se balade régulièrement en montagne pour cueillir et vendre des tisanes, des compléments alimentaires ou encore des produits cosmétiques. Dans le département, elle dit trouver du thym, de la sarriette ou encore du romarin. « Parfois, je vais jusque dans les Hautes-Alpes pour trouver des plantes qui ne sont pas dans le département », ajoute-t-elle. Le musée raconte cette « tradition héritée du Moyen Âge » et « l’extinction et le renouveau » de la profession de cueilleur.

    La Cité a aussi pour objectif « d’initier aux activités autour des plantes et du parfum » grâce à divers ateliers. Tachka Sofer anime l’atelier cuisine. « J’avais envie de trouver une activité où l’on fasse ensemble », explique-t-elle. Elle a notamment accueilli une classe de lycéens de filière professionnelle de Martin-Bret, qui lui ont demandé un travail sur l’alimentation pendant l’Occupation.

    La Cité va également remettre en marche sa formation pour les savonniers, en partenariat avec le lycée agricole de Carmejane. « On a déjà 60 demandes de candidats à travers toute la France », se réjouit Marianne Sarrailh. Des colloques sur l’adaptation au changement climatique sont aussi prévus. La boutique de la Cité propose déjà une diversité de produits locaux, du miel, des spiritueux ou encore des tisanes, provenant tous de « moins de 30 km d’ici », assure la cheffe de projet.

    « Quand on m’a demandé de reprendre l’association, je me suis aperçu qu’on était dans une situation assez grave », explique Patrice de Laurens, qui espère réussir à récolter des subventions du Département ou encore de la Région. « On a beaucoup travaillé sur la communication, ce qui fait qu’on a aujourd’hui des appels, des retours assez incroyables de gens qui ne connaissaient pas la structure, qui ne savaient pas tout ce qu’il était possible de faire ici. On nous demande même si on pourrait faire les ateliers parfum au Festival de Cannes ! », affirme Marianne Sarrailh.

    La Cité est située dans le magnifique couvent des Cordeliers, qu’elle loue à la commune. Elle noue des partenariats avec des entreprises comme l’Occitane, et est parrainée par Alain Baraton, jardinier en chef de Versailles, qui était présent pour le lancement jeudi.

    Site web : artemisia-museum.fr

  • Coopération renforcée entre maire et préfet à Avignon

    Coopération renforcée entre maire et préfet à Avignon

    La discrète place de Jérusalem d’Avignon, à deux pas de la bien plus grande et animée place Pie, était ce mercredi 1er avril particulièrement bien gardée, avec une demi-douzaine de militaires en treillis et armes de guerre entre les mains. Un cadre dû à une opération Sentinelle « à l’occasion des fêtes de Pâques juives et chrétiennes dans le contexte terroriste que l’on connaît et en particulier lié à la guerre au Moyen-Orient » qu’ont choisi le préfet de Vaucluse Thierry Suquet et le nouveau maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD) pour évoquer les contours d’une « coopération renforcée », comme l’évoquait la municipalité dans un communiqué ce lundi 30 mars.

    Les deux hommes se sont en effet rencontrés pour la première fois en ce début de semaine. En sont ressortis plusieurs points. Notamment donc la prévision de « plus d’échanges bilatéraux réguliers et de réunions » entre les services municipaux et ceux de l’État, mais aussi avec le procureur de la République.

    Épiceries de nuit

    « C’était très important que l’on puisse se voir rapidement et je remercie le préfet d’avoir accédé à cette demande », se réjouit le premier magistrat, qui explique qu’ils ont « balayé un certain nombre de sujets. On parle aujourd’hui de terrorisme mais on parle bien sûr de délinquance en général et de lutte contre le narcotrafic. Il est évident que nous devons impliquer l’ensemble de la chaîne de la réponse sécuritaire pour avoir plus de résultats ». Des réunions qui existaient déjà lors de la précédente mandature. Il n’y a pas eu de précisions autour de l’augmentation de la fréquence de celles-ci.

    Et d’évoquer une première mesure, qualifiée « d’avancée majeure », à savoir la demande qu’Olivier Galzi représente la mairie au sein du comité de pilotage des épiceries de nuit
    « qui est, vous le savez, au cœur du sujet », insiste le maire. « C’est une nouveauté qui va permettre à la Ville, je pense, d’avoir une plus grande réactivité et d’aider les services de la préfecture et de la police nationale dans les enquêtes qui restent leur prérogative. » « Avignon est une ville sur laquelle on a une action de sécurité renforcée. On est en train de définir la façon dont on veut travailler », appuie le représentant de l’État en Vaucluse.

  • Sauvées après la tempête, ses fraises sont prêtes

    Sauvées après la tempête, ses fraises sont prêtes

    L’effervescence née de l’urgence du moment a disparu. Seul le fort mistral rappelle qu’il y a pile sept mois, l’exploitation d’Alexandre Arnoux débordait de monde. Début septembre à Orange, dans la plaine Saint-Bardon, un fatras d’arceaux tordus et de bâches en plastique arrachées occupait une quarantaine de personnes. La veille, une tempête avec des vents à près de 150 km/h avait balayé le territoire, causant des dégâts « jamais vus » chez ce jeune producteur de fraises.

    À l’heure où ce beau fruit rouge de saison arrive sur les étals, l’occasion était toute trouvée, ce jeudi, pour retourner voir le site. Qui ne porte plus aucun stigmate. Maryse, la maman d’Alexandre, est toujours là. Cette fois pas en réconfort avec du café et viennoiseries, mais pour tenir le point de vente* de saison. Désormais un lourd conteneur aménagé plutôt qu’une frêle cabane. Outre les fraises, s’ajoutent des asperges, de l’huile d’olive, « fabriquée par la belle-sœur » et du miel, « du grand-père », précise Alexandre Arnoux, devenu aussi jeune papa. Une coopération familiale, pilier d’entraide. « Sans la solidarité professionnelle, familiale, amicale, je ne m’en serais pas sorti », constate Alexandre Arnoux.

    Le jour de la tempête, 40% de la production de fraises avait été mise en terre 48 heures plus tôt. « On a réussi à tout sauver grâce à l’aide de 40 personnes pendant une semaine, remercie celui qui est aussi engagé chez les Jeunes agriculteurs, président du canton d’Orange. On a retiré les arceaux, le plastique, toute l’infrastructure qui était morte, et réparé en bricolant avec ce que j’avais déjà sur place ou du matériel donné. » Un hectare de serres neuves, sans encore de fraises en devenir dessous, avait aussi été installé dix jours avant. « 100% des serres étaient par terre », se souvient-il.

    Un crédit pour compenser la quasi-absence d’aides

    Désormais, deux nouvelles grandes serres plus solides sont sorties de terre en novembre – « elles m’ont coûté une blinde » – en plus de la dizaine reconstituée. « J’ai différentes variétés de fraises, on a pu planter début décembre et on est en train de les ramasser », détaille Alexandre Arnoux qui écoule 22 tonnes de fraises entre mars et fin juin, principalement par la grande distribution. « J’ai réalisé un crédit de 120 000 euros », chiffre-t-il. L’assurance ? « Zéro », se désole-t-il. Histoire de multirisques pas couvert à 100%… « J’attends une aide de la Région et de l’État », livre-t-il, sans trop savoir quand et de combien. « La MSA [mutuelle sociale agricole], qu’on critique dans le milieu agricole a pour le coup été très réactive, avec de l’aide pour les nouvelles serres et des reports d’annuité », tient à souligner l’agriculteur.

    L’occasion pour le militant syndical d’élargir la focale. « On parle de souveraineté alimentaire mais on est un pays musée qui veut faire la guerre à tout le monde alors qu’on importe 60% de ce qu’on mange, c’est un cercle vicieux », déplore Alexandre Arnoux. « Y’a du pognon pour construire des sous-marins nucléaires mais pour manger, y’a plus de sous », lâche-t-il, sans parler du « gasoil à 2 euros ». « Comment est-ce possible que des fraises espagnoles soient vendues 4 euros le kilo chez Grand Frais [certains lots ont d’ailleurs été rappelés début mars pour dépassement du seuil de pesticides] quand moi je suis à 10 euros sur place ? », questionne Alexandre Arnoux.

    Heureusement, la passion demeure. « On adore être dehors, on adore nos terres et ce qu’on fait », conclut-il.

    * 768-1154 Chemin de Martignan, horaires sur facebook.com/p/Arnoux-fils

  • Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Débuté mercredi, l’exercice nucléaire obligatoire auquel sont soumis, tous les cinq ans, les territoires dotés d’installations nucléaires, s’est poursuivi jeudi. Après une journée dédiée aux Plans d’urgence interne (PUI), avec la simulation d’un accident nucléaire sur la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque au sein de la base navale de Toulon, ce jeudi était dédié à la mise en place du Plan particulier d’intervention (PPI), qui recense les mesures et procédures visant à protéger les populations civiles.

    C’est dans ce cadre que se sont déroulés des ateliers de contrôle de contamination de masse, au stade Hubidos de La Seyne. Pendant 2h30, 214 participants, en majorité des élèves du collège Marie Curie – parmi lesquels 30 cas positifs fictifs -, ont pris part à une mise en situation dans les conditions du réel. Ils ont été soumis à un parcours de contrôle de contamination stricte, encadré par les moyens du Sdis 83 (avec des renforts des Sdis 06 et 13) et de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), en compagnie de deux médecins du Sdis 83 et de l’hôpital Sainte-Anne.

    La meilleure prévention :

    « Rester chez soi »

    Un process en plusieurs étapes. Après avoir récupéré des étiquettes dotées de QR code servant à tracer leur parcours et leur état de santé, de l’entrée en décontamination jusqu’à, éventuellement, l’hôpital, les participants franchissent un portique de contrôle de contamination. S’ils sont positifs à la contamination externe, ils passent par les douches de décontamination, avant de revenir au portique de contrôle, et si nécessaire, aux douches. « Mais en principe, une douche suffit à décontaminer », affirme le commandant Laurent Roques du Sdis 83.

    Étape suivante : la cellule d’anthropogammamétrie, gérée par l’ASNR, pour vérifier, cette fois, la contamination interne à l’iode radioactif, qui peut-être prévenue par les cachets d’iode stable en accès gratuit dans les pharmacies. Après dix minutes d’examen (jusqu’à 36 prises en charge simultanées), un médecin définit si la personne doit rejoindre le centre d’accueil pour les impliqués, où sont regroupées les personnes décontaminées, être soumise à un traitement ou être transférée à l’hôpital. « Respecter les consignes de sécurité de la préfecture permet de limiter l’exposition au risque », soutient le commandant Roques. La plus importante : « Rester chez soi ou se mettre à l’abri dans un bâtiment. »

  • À Gardanne-Biver, une issue positive se dessine pour l’école Paul-Cezanne

    À Gardanne-Biver, une issue positive se dessine pour l’école Paul-Cezanne

    Huit heures ce jeudi, à Gardanne, quartier Biver. Le bruit des casseroles et les chants de mécontentement venant de petites foules de parents d’élèves réunis devant les portails de deux écoles de la commune se font entendre. La menace d’une fermeture de classes à Lucie-Aubrac et Paul-Cezanne (Biver), dans le cadre d’une reconfiguration de la carte scolaire, a suscité la colère des parents d’élèves. Mais aussi des jeunes concernés.

    « On est sur une proposition de fermeture de classe avec un comptage des effectifs sur les deux écoles élémentaires [Mistral et Cezanne, Ndlr]. Actuellement, il y a douze classes entre les deux sites, six d’un côté, six de l’autre. Ils veulent revenir à onze classes, avec un effectif d’une moyenne de 25 élèves par classe. Ce qui est acceptable, mais avec une moyenne de 23-24 d’un côté et une moyenne de 27-28 élèves de l’autre », a expliqué Ariane Bonnet, présidente de l’Association FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) Biver.

    Présent sur place, Antonio Mujica, adjoint au maire, a estimé : « On ne peut pas faire des préconisations en disant que 24 élèves est une moyenne et balayer ça ensuite. Nous ne sommes pas d’accord avec ça. »

    Un écrit « pour confirmer »

    Il rappelle que la nouvelle configuration de la carte scolaire inclut « une ouverture de classe », prévue à l’école Beaurecueil, dans le centre de Gardanne. Finalement, et contre toute attente, les parents ont obtenu gain de cause. La commission carte scolaire n’aurait pas voté la fermeture d’une classe à l’école Paul-Cezanne, selon la FCPE de Biver. « L’action commune, entre la mairie et les parents d’élèves, a fonctionné. Cela met en avant l’efficacité de l’action collective », a commenté, en fin de journée, la FCPE. De son côté, la mairie indique attendre un écrit « officiel, d’ici le début de la semaine prochaine, pour confirmer ces informations ». La Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), en revanche, n’a pas pu nous confirmer l’information.

    Devant le portail de l’école Lucie-Aubrac, le ton est monté aussi, jeudi matin. « On a stressé pour nos enfants, puisque les classes pourraient aller jusqu’à 29-30 enfants, ce qui nous paraît énorme avec 15 enfants notifiés MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) sur l’école », indique Audrey. « On pense aussi à nos enseignants : 30 élèves, ce n’est pas possible. Nos enfants ne sont pas dans un apprentissage correct, on perd l’école publique. Cette fermeture accompagne tout le monde, le personnel accompagnant aussi », ajoute Camille. L’évolution de la situation concernant la fermeture de classe à Lucie-Aubrac n’était pas connue au moment où nous écrivons ces lignes.

  • Un flic ripou qui renseigne des trafiquants condamné et radié à Marseille

    Un flic ripou qui renseigne des trafiquants condamné et radié à Marseille

    Un fonctionnaire de police, délégué syndical Alliance, a été condamné, mardi, à Marseille à trois ans de prison avec sursis pour corruption passive, violation du secret professionnel, détournement de données de fichiers, faux, usage et offre de stupéfiants et détention d’arme. Au vu du « risque élevé de réitération » de ces « faits particulièrement graves », le tribunal a prononcé l’interdiction définitive d’exercer dans la police et d’occuper tout emploi dans la fonction publique pour une durée de 5 ans.

    L’affaire démarre à la suite de deux signalements du chef de l’antenne marseillaise de l’Office anti-stupéfiants visant le brigadier-chef Yannick G., 49 ans. Ce fonctionnaire de police depuis 2001 est aussi délégué syndical Alliance depuis 2023. Interpellé en mars 2024, il apparaissait depuis deux ans dans des écoutes opérées sur deux individus écroués depuis et soupçonnés d’avoir convoyé un débarquement de 124 kg de cocaïne dissimulés dans un navire, à Marseille.

    « Pas de soucis, frérot »

    En cinq mois, le policier a échangé à 120 reprises avec l’un d’eux, un braqueur qu’il connaît depuis sa sortie de prison. La proximité est telle que ce dernier demande au policier de vérifier s’il est inscrit au fichier AGRIPPA des possesseurs d’armes. Le suspect a dirigé une entreprise de nettoyage qui a embauché le fils du policier. Ce dernier l’a déjà aidé après un accident de moto pour récupérer au plus vite ses clés et son téléphone portable restés à la Brigade accident en se présentant comme son cousin. Il appelle le second type pour le rassurer : « Pas de soucis, mon frérot, je vais passer à Noailles pour voir les collègues s’ils ont d’autres détails », tout en lui demandant de le « dépanner de 50 ou 100 balles », car le flic est toujours fauché.

    Dans une interception du 10 janvier 2023, le policier a une bonne nouvelle à partager. Il est désormais délégué syndical Alliance, ce qui lui « ouvre les portes de tous les commissariats de Marseille et de l’Évêché ». Il lui précise qu’un permanent du syndicat est un ancien enquêteur de l’Ofast qui a gardé des contacts dans le service. De quoi épouvanter ceux qui écoutent. « C’était pour briller, me la jouer, m’attirer sa sympathie », nuance le policier, qui dit l’avoir connu dans un bar des Crottes quand il était à l’Unité de prévention urbaine. Il le présente comme un indicateur qu’il a omis d’inscrire au bureau central des sources. « J’ai préféré faire ça à l’ancienne. »

    « Un peu partout

    sur les points de deal »

    Dans d’autres écoutes, il est sollicité par des tiers pour sortir des données des fichiers SIV (plaques d’immatriculation), FPR (personnes recherchées) et TAJ (antécédents judiciaires), en passant parfois par des collègues ou par son ex-compagne, gardienne de la paix, « en contrepartie d’un bout de shit », et ce pour « rendre service » à un type de la Bricarde, recherché pour une « expulsion “physique” contre rémunération » pour un garagiste. Lui dit avoir refusé, mais il consulte. « C’était pour savoir ce qu’il en était de leurs demandes. » Il s’immisce ainsi dans des enquêtes en cours et des litiges privés. Il le fait en échange d’« un quelque chose », d’« un marron » (la couleur du billet de 50 euros). Autant de données à caractère personnel obtenues « sans aucune justification professionnelle et transmises à des tiers hors de tout cadre légal », fustige la 6e chambre.

    Le policier, consommateur habituel de cannabis, s’approvisionne « un peu partout sur les points de deal ». Chez lui, on découvre 10 gr de shit et un calibre trouvé « près d’une poubelle sur le boulevard National ». Dépendant aux psychotropes, il est hospitalisé en psychiatrie.

  • Une journée pour changer les regards sur l’autisme

    Une journée pour changer les regards sur l’autisme

    Trouble du neurodéveloppement qui concerne près de 700 000 personnes en France, dont 100 000 de moins de 20 ans selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l’autisme est mis en lumière chaque 2 avril. Une résolution des Nations unies, adoptée en 2007, a instauré cette Journée mondiale de sensibilisation.

    Comme chaque année, le Département du Vaucluse organise, à cette occasion et en partenariat avec la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), un moment de rencontres et d’informations. Familles aidantes, professionnels, mais aussi toute personne intéressée sont invités à assister gratuitement à une après-midi de conférences dans la salle polyvalente de Montfavet, à Avignon, à partir de 13h30.

    « Cette année, on a choisi le thème des écrans, souvent très utilisés par les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme [TSA, Ndlr], détaille Isabelle Dugaret, chargée de mission sensibilisation au handicap à la MDPH du Vaucluse. L’idée est de réfléchir à la façon dont on s’en sert, car ils peuvent constituer un outil très intéressant, en particulier pour les personnes discommunicantes. »

    Autisme et écran

    Pour nourrir cette réflexion, David Da Fonseca, professeur des universités et psychiatre de l’enfant et de l’adolescent à l’Hôpital Salvator de Marseille, interviendra durant une heure sur « la relation complexe entre TSA et écran ». « Il y a beaucoup de stéréotypes ou d’idées reçues qui circulent et qui disent, par exemple, que les écrans génèrent l’autisme. C’est du grand n’importe quoi, s’indigne le praticien. Ce qu’il se passe, en réalité, c’est que les enfants TSA sont plus attirés par les écrans que les autres. Le monde réel est compliqué pour eux, il y a trop d’informations à traiter, de choses imprévisibles. Avec les écrans, ils savent à quoi s’en tenir. »

    Le psychiatre est formel : tout est une question de dose. Selon lui, l’outil n’est pas à diaboliser et peut même représenter une source de développement chez l’enfant. « Il existe plein de trucs très sérieux, qui les améliorent au niveau des apprentissages, au niveau des habiletés sociales. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, poursuit-il. Beaucoup jouent également aux jeux vidéo, parfois en ligne, ce qui leur permet de créer du lien social. Sans compter les programmes qui peuvent leur permettre d’améliorer leur langage ou leur communication. » Ce ne sont donc pas les écrans en eux-mêmes qu’il faut redouter, mais plutôt le contenu et le temps passé dessus. Pour éviter les dérives, le psychiatre recommande la méthode des « quatre pas » : pas le matin, pas pendant le repas, pas avant de s’endormir, pas dans la chambre.

    Témoignages

    L’après-midi conférence sera rythmée par les témoignages de trois personnes concernées par un TSA, illustrant les impacts du trouble à différents âges de la jeunesse. Les deux premières interventions seront assurées par les familles d’enfants concernés, respectivement âgés de 5 et 10 ans. Le troisième intervenant racontera sa propre expérience « après une longue préparation, souvent nécessaire pour les gens ayant un TSA », soulève Isabelle Dugaret.

    Plusieurs associations seront présentes pour échanger avec le public. Parmi elles : TEDAI 84, l’association La Bourguette, le centre hospitalier de Montfavet, l’association Le Pas, le Centre ressources autisme CRA Paca, l’Institut Saint-Ange, le Pôle d’appui ressources pour l’inclusion handicap (Parih), l’Institut l’Alizarine, Epsa et l’association AVA.

    Cinq plans pour l’autisme

    La stratégie nationale 2023-2027 pour le neurodéveloppement, annoncée en 2022 par le gouvernement lors du Comité interministériel du handicap (CIH), constitue la cinquième étape de l’amélioration de l’accompagnement des personnes autistes en France. Après quatre « plans autisme » mis en œuvre entre 2005 et 2022, l’état a promis, dans sa projection rendue publique en octobre 2022, de mobiliser 680 millions d’euros pour répondre aux différents enjeux, cette fois en englobant l’ensemble des troubles du neurodéveloppement (TDN).

    Ils témoignent de leur quotidien

    « Le diagnostic exclut les femmes » Ellie Fabre, agente d’Ehpad en recherche d’emploi à Martigues

    Une personne autiste sur cinq est une femme, dans le monde, et Ellie Fabre considère en faire partie, dans la mesure où « plusieurs psychiatres et psychologues ont posé le terme, mais ont aussi eu difficulté à faire la différence avec le trouble borderline, ou à conjuguer les deux », retrace la jeune martégale.

    Le problème, selon elle, vient du « diagnostic, plus compliqué pour les femmes », notamment au regard des méthodes et questionnaires souvent pointés comme trop genrés. « On me fait comprendre qu’il y a des comportements qui sont normaux et d’autres non, mais qu’au fond, je suis surtout une femme avec d’autres troubles psychologiques », explique-t-elle. Il s’agit donc d’une question d’identité. « Me coller cette étiquette, comme on dit, me permet de travailler et de mieux me comprendre ».

    Comme une piste de départ pour démarrer son enquête sur soi.

    « Une question d’adaptation » Mathieu Perfetti, conseiller municipal à Port-de-Bouc

    Ce passionné de lumières de Noël a été diagnostiqué autiste dans le cadre scolaire en 2005. Ce technicien de labo en gravimétrie de métier a pu bénéficier d’un tiers-temps supplémentaire, durant ses études, ainsi que de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).

    « Ce qui est bizarre, c’est que je ne comprends pas certaines choses considérées comme faciles, alors que je comprends bien d’autres sujets compliqués », résume simplement le conseiller municipal délégué au développement durable. « C’est Laurent Belsola qui m’a proposé d’être sur sa liste, indique-t-il. J’y serais jamais allé autrement. » Ses passions dévorantes pour les décorations de Noël et pour le jardinage y sont pour quelque chose. « Être élu est possible pour les autistes, tout est question d’adaptation et de volonté », affirme l’élu, tout en estimant qu’« il faut plus de représentation » dans le champ politique.

    « Notre intérêt est à gauche » Félix Démaret, assistant social en formation à Marseille

    L’absence de diagnostic ne pose pas tant de problèmes de « légitimité » à cet étudiant en travail social, qui estime faire partie des nombreux autistes non diagnostiqués. « Quand je vois mon père autiste et mon expérience de vie assez compliquée, avec une dépression chronique, je crois que l’autisme explique beaucoup de choses », développe-t-il. Trop cher, trop long, trop difficile à organiser en raison « d’un emploi du temps catastrophique et d’instabilité dans la vie », l’étudiant « arrive à gérer » sans diagnostic formel, mais reconnaît la difficulté de l’absence d’aménagements. « Si les gens pouvaient être un peu plus clairs dans leur expression et si j’avais un peu plus de temps pour rendre mes devoirs en formation ça serait un plus. »

    Militant communiste, il défend « l’intérêt de l’engagement à gauche des autistes, majoritairement prolétaires, pour une société réellement plus inclusive ».

    « Nous sommes invisibilisés » Jimmy Béhague, philosophe, militant associatif à Vitrolles

    L’ancien président de l’association La Neurodiversité France relève de nombreux écueils à l’expression des autistes. « L’oreille de la société est tournée vers les parents, les responsables associatifs neurotypiques [non autistes, Ndlr] et pas les premiers concernés », observe-t-il. Il note très peu de militants sur la totalité des autistes en France, dépeinte comme « une majorité silencieuse par contrainte ».

    Une source de « clivage philosophique » dans la communauté. « Certains pensent qu’il faut représenter les autistes non oralisants pour leur bien, ce que je trouve infantilisant. Je préfère représenter des idées que des personnes », élabore-t-il. L’un des obstacles majeurs serait que « l’autisme est une définition mouvante, encore très médicalisée », comme le furent selon lui d’autres minorités sociales. « Les racisés et les lesbiennes, gays, bi, transgenre [LGBT+, Ndlr] ne sont plus considérés comme malades. Ce n’est pas encore complètement notre cas. »

    Antonin Maja

    CHIFFRES

    1%

    C’est la part de population que représentent les personnes atteintes de troubles du spectre autistique. En France, 100 000 ont moins de 20 ans.

    3 à 4 fois

    L’autisme est 3 à 4 fois plus représenté chez les hommes que chez les femmes. Les femmes seraient largement sous-diagnostiquées, notamment du fait d’une plus grande capacité d’adaptation.

    680

    C’est le montant, en millions d’euros, que prévoit d’investir l’état entre 2023-2027 pour améliorer les réponses fournies aux personnes atteintes d’un trouble du neurodéveloppement.

  • [Pour que vive La Marseillaise] Défendez votre journal

    [Pour que vive La Marseillaise] Défendez votre journal

    « La Marseillaise » maintient ses écrits, dénonce une procédure bâillon et appelle la solidarité financière pour assurer sa défense ainsi qu’à la mobilisation ce mardi 7 avril à 13h30 devant le palais de justice, place Monthyon (Marseille 13006), de toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse comme pilier essentiel de notre démocratie.

    Associatif et syndicats nous soutiennent

    Association des Amis de La Marseillaise

    Le journal « La Marseillaise » est attaqué, défendons-le !

    Après des menaces de mort contre son président Léo Purguette, le journal est traîné en justice par ceux qui s’inspirent des idées du Rassemblement national (les mêmes que nous avons combattus durant les heures sombres de l’histoire du pays).

    C’est tout simplement la démocratie qui est attaquée. Le titre La Marseillaise est né pendant l’occupation nazie et a toujours porté le combat pour la paix, la liberté et la démocratie. C’est cela que les fascistes veulent faire tomber. Nous sommes de fervents partisans de la liberté d’expression du pluralisme de la presse pour que la liberté puisse vivre. Nous créons ce comité de soutien et appelons toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de démocratie à manifester leur soutien au journal La Marseillaise et à la liberté de la presse en participant à la souscription et en étant présents devant le palais de justice ce mardi.

    UD CGT 13

    Solidarité avec « La Marseillaise »

    Après l’attaque en justice de La Marseillaise par le député d’extrême droite du Gard Alexandre Allegret-Pilot, pour diffamation, un procès aura lieu ce mardi 7 avril. Répondons à l’appel de La Marseillaise pour assurer sa défense et soyons présents à la mobilisation devant le tribunal avec toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse comme pilier essentiel de notre démocratie. L’UD CGT appelle toutes ses organisations à défendre La Marseillaise, journal de la Résistance, du monde du travail, indépendant des puissances d’argent. Rendez-vous ce mardi 7 avril à 13h30 devant le palais de justice, place Monthyon (Marseille 13006),. Soyons nombreux et visibles !

    FSU 13

    Soutien à « La Marseillaise »

    Le journal La Marseillaise et son directeur éditorial, Léo Purguette, sont attaqués en justice par un député d’extrême droite du Gard pour des écrits que le journal maintient. La FSU 13 dénonce cette procédure bâillon et apporte son plein et total soutien au journal La Marseillaise, porte-voix des salarié.es et de leurs revendications et rare journal indépendant des puissances financières. La FSU 13 appelle à la solidarité et à se joindre au rassemblement qui aura lieu ce mardi 7 avril à 13h30 devant le palais de justice, place Monthyon (Marseille 13006).