Category: societe

  • Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Il y a du monde qui s’active le long du quai de la friche portuaire abandonnée du Rio, à l’ouest du quartier de l’Estaque. Une vingtaine de navires de plaisance arborant le drapeau palestinien l’ont quitté après escale samedi, cap vers la Sicile. Ils font partie de la flottille Thousand Madleen, dont le but est de briser le blocus organisé par l’armée israélienne à Gaza. « Mille Madleen », la traduction, est un hommage au navire éponyme qui participait à la flottille de la liberté, en 2025, intercepté en eaux internationales dont l’équipage avait été arrêté et détenu avant d’être expulsé d’Israël.

    « Engagés contre l’impérialisme »

    Les équipages sont composés de syndicalistes, militants d’associations et membres de partis politiques. À l’image d’Anouk Brunet, assistante d’éducation au collège Edgard-Quinet de Marseille et syndicaliste CGT Éduc’action : « C’est important de participer à cette initiative en tant que syndicat. » Elle souhaite « apporter un soutien à la communauté éducative sur place ».

    Idée similaire pour Denis Vemclefs, représentant l’Union départementale CGT de Seine-Saint-Denis : « Nous sommes engagés contre l’impérialisme et on soutient Gaza, dans le cadre de la solidarité internationale de la CGT. » L’UD CGT 93 a d’ailleurs financé le navire Nour, prenant part à la flottille, « en même temps que des panneaux solaires à Cuba », précise Denis Vemclefs. Pour ce dernier, « l’internationalisme n’a pas de frontières », et se dit aussi solidaire « du peuple libanais, congolais ou soudanais ».

    Lors de la conférence de presse de Thousand Madleen, la coordinatrice du mouvement Esther Le Cordier a affirmé que cette flottille était un « outil politique », comme celle de 2008. « Nous ne lâcherons rien jusqu’à l’autodétermination de la Palestine », promet-elle. Tout en appelant à des actions à terre contre « le génocide et les guerres impérialistes et coloniales ». L’étudiante à l’Ehess a remercié les habitants de l’Estaque pour « leur accueil et leur solidarité » indispensables. Marseille a répondu présent.

  • [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    La Marseillaise : C’est quoi le projet « Famille de Vacances » ?

    Luisa Benbouzid : Le projet Famille de Vacances, c’est un projet de mise en relation de familles ou de particuliers partout en France avec des enfants issus de milieux modestes qui n’ont pas la chance de pouvoir partir en vacances. Ces familles sont issues de tous horizons et parfois ont même déjà des enfants. Par exemple, en 2025, on a eu une famille qui avait déjà 3 enfants qui a accepté de recevoir un enfant du Secours populaire et qui revient encore cette année. En 2025, dans le Gard, nous avons réussi à loger 7 enfants dans 7 familles différentes. Pour 2026, on espère pouvoir en faire autant, voire peut-être même plus. Actuellement, on recherche des familles jusqu’au 8 avril pour finaliser les candidatures et pouvoir entrer en contact avec elles. Cette année, les deux créneaux de dates d’accueil des enfants par les familles sont du 15 au 29 juillet et du 29 juillet au 12 août.

    Qu’est-ce que ça représente ces vacances pour ces enfants ?

    L.B. : L’initiative Famille de Vacances, c’est une réelle échappatoire pour de nombreux jeunes dans le besoin. Une partie de ces enfants n’a jamais vraiment voyagé ou eu l’occasion de partir de chez eux. Pour certains, ils n’ont connu que les barres d’immeubles des grandes villes d’Île-de-France et ne connaissent pas la campagne ou d’autres espaces en France, c’est un dépaysement pour eux. Nous, on le ressent chaque année, à la fin du voyage, on récupère des enfants avec le sourire qui ont pu, grâce à ces familles, avoir un véritable moment de pause dans leur quotidien.

    Ça veut dire quoi devenir une famille d’accueil pour le Secours Populaire ?

    L.B. : Devenir famille d’accueil pour le Secours Populaire, ça veut avant tout dire être ouvert sur les autres. C’est pouvoir partager un moment d’échange unique avec des enfants issus de milieux populaires. Nous, dans le Gard, on reçoit surtout des enfants en provenance d’Île-de-France. Ces jeunes, grâce aux familles accompagnées par le Secours Populaire, peuvent vivre un moment unique et souvent intergénérationnel.

    Propos recueillis par Thomas Bonnel

  • Quand le recours à la justice devient payant

    Quand le recours à la justice devient payant

    Vous souhaitez contester un licenciement, dénoncer du harcèlement, demander un rappel de salaire  ? Ou vous voulez engager une procédure pour un problème lié à un divorce, une pension alimentaire, un droit de garde, une succession ou un litige de la consommation ? Il faudra désormais mettre la main à la poche.

    La loi de finances pour 2026 instaure en effet le paiement d’un forfait de 50 euros pour toute saisine du conseil de prud’hommes ou du tribunal judiciaire. Entrée en vigueur le 1er mars, cette mesure présentée comme une contribution à l’aide juridictionnelle a été contestée devant le Conseil constitutionnel, qui l’a toutefois validée en s’appuyant notamment sur l’exemption dont font l’objet les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle. Lesquels ne représentent toutefois qu’une part réduite de la population…

    « Cela contribue à une défiance des citoyens »

    Ce n’est pas la première fois qu’une telle contribution est mise en place. « Le droit d’entrée pour l’accès à la justice est un serpent de mer », soupire Maxime Delchambre, co-président du SAF (Syndicat des avocats de France) de Montpellier. Un timbre de 35 euros avait en effet déjà été instauré de 2011 à 2013, supprimé en 2014 à l’initiative de la garde des Sceaux de l’époque Christiane Taubira. Une baisse de 13 % du nombre de saisines dans les contentieux de faibles montants avait alors été constatée.

    « Cette mesure rompt l’égalité des justiciables devant la justice : si on a beaucoup d’argent ce sera indolore, mais si on en a peu, 50 euros c’est une somme », dénonce Maxime Delchambre. « Freiner l’accès à la justice n’est pas le bon moyen de désengorger les tribunaux. On décourage les citoyens de se tourner vers elle. C’est dangereux, encore plus aujourd’hui dans un climat où les gens se sentent délaissés », poursuit l’avocat montpelliérain. « Il faut au contraire allouer des moyens supplémentaires à une justice qui en a grand besoin depuis des années ».

    Un point de vue partagé par Bertrand Lacabanne, vice-président CGT du Conseil des prud’hommes de Sète : « le service public de la justice est de plus en plus détérioré. Et au lieu de donner des moyens aux conseils des prud’hommes, le gouvernement essaie de limiter au maximum le nombre d’affaires en décourageant les gens d’engager une procédure », dénonce-t-il. « Cette contribution est inadmissible, car elle pèse sur les épaules de travailleurs déjà fragilisés par leur situation au travail, avec des situations financières parfois catastrophiques. Certains viennent chercher des salaires qui ne leur sont pas versés et on leur demande de payer pour accéder à leur droit ! », s’indigne-t-il. Un coup de canif supplémentaire dans la justice du travail, dont l’accès est rendu de plus en plus difficile. Depuis 2016, il faut en effet déposer une requête motivée, accompagnée de son bordereau et des pièces remises au greffe. « Avant, un salarié pouvait saisir lui-même le conseil de prud’hommes par voie orale ou sur papier libre. Ce nouveau mode de saisine peut dissuader, car cela devient très difficile de le faire sans avocat  », rapporte Bertrand Lacabanne. À cela s’ajoute la baisse du délai de prescription pour contester son licenciement (5 ans en 2008, 2 ans en 2013 puis 1 an depuis 2017) et surtout l’entrée en vigueur du « barème Macron » (2017), qui a conduit à une baisse drastique de l’indemnisation obtenue par les salariés, les grands perdants étant ceux ayant une faible ancienneté. Le résultat est là : en 10 ans (2013-2023), le nombre de saisines des conseils de prud’hommes a été quasiment divisé par deux…

    L’association de consommateurs UFC Que Choisir se joint à ce front de contestation, dénonçant elle aussi « une mesure qui va décourager encore davantage les personnes en proie à des”petits” litiges et inciter un certain nombre de professionnels à ne pas répondre à des demandes légitimes de leurs clients parce qu’ils se disent : ils n’iront pas jusqu’au tribunal parce qu’il faut payer  », estime Claude Gaubert, de l’UFC Que Choisir Montpellier. « Ça contribue à une défiance des citoyens vis-à-vis de la justice, qui leur paraît de plus en plus inaccessible. »

  • [Chronique des invisibles] Les disparus de la douceur

    [Chronique des invisibles] Les disparus de la douceur

    On les évoque rarement. À la télévision, plus un programme est immonde, plus les parts d’audience grimpent. À croire que les tombereaux de saletés qu’ils déversent trouvent un écho familier dans nos cerveaux fatigués. Dans les séries et au cinéma, les tueurs en série deviennent des héros, les assassins, des modèles de charisme. Plus ils sont siphonnés, tordus, plus les spectateurs s’enthousiasment, leur violence se communiant avec la nôtre.

    Alors, que sont devenus les gentils ? Les bienveillants, les amoureux de la vie, ceux qui refusent la brutalité ambiante ?

    Ils ne hurlent pas sur les plateaux télé ni sur les réseaux. Ils ne cherchent pas à humilier, ni à briller. Eux, ce sont les gens du quotidien, les « seconds rôles » de nos vies : celui qui laisse sa place dans le bus à une vieille dame, la caissière qui garde son sourire face à la grossièreté, ce collègue qui demande sincèrement « ça va ? » et s’arrête pour écouter la réponse.

    Ces gens-là ne font pas la une, mais sans eux, le monde se déliterait encore plus vite.

    Ils rappellent qu’il n’y a pas besoin d’héroïsme guerrier pour être brave. Parfois, il suffit de tendre la main plutôt que de détourner le regard. Être bouleversé devant les images d’enfants hagards sous les bombes, ce n’est pas faiblesse : c’est la preuve que le cœur bat encore.

    La civilisation, disait Camus, se mesure à la douceur qu’elle accorde aux plus fragiles.

    Aujourd’hui, cette douceur se fait rare, reléguée aux marges d’un monde cynique, violent, saturé de rancunes.

    Dans l’ombre, il reste des figures à hauteur d’homme : celui qui écoute sans juger, celle qui console sans attendre de retour. Ils sont nos derniers chevaliers, discrets et sincères.

    Être gentil, aujourd’hui, n’est plus une évidence ; c’est un acte de résistance.

    Face à la vulgarité triomphante, au sarcasme comme signe d’intelligence, la gentillesse devient une rébellion silencieuse. Elle dérange, parce qu’elle remet l’humain au centre. Et peut-être que le plus beau, dans cette époque saturée de violences, c’est qu’il reste encore des âmes capables d’empathie.

    Elles n’attendent pas d’être vues.

    Elles agissent, simplement, obstinément, héroïquement comme si la bonté pouvait encore sauver quelque chose.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : réorganisation syndicale

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : réorganisation syndicale

    L’opposition des minoritaires et du Parti socialiste était représentée au 27e congrès par Dumonceau, secrétaire du syndicat des typographes, qui critiquait, entre autres, l’action du bureau de l’UD à qui il reprochait son sectarisme de tendance majoritaire. J’eus de la peine pour arrêter le congrès qui le conspuait. En fait, il reprenait les décisions du Congrès fédéral du Parti socialiste préparatoire au 29e congrès de la SFIO qui tenait ses assises le 10 août. Depuis la révocation des ministres communistes, nous critiquions violemment le gouvernement et le Parti socialiste en particulier.

    Celui-ci faisait des efforts pour renforcer son influence dans les entreprises. Il donnait des instructions en faveur d’une propagande pour que, dans chaque chantier, usine, dans les groupes EDF et Gaz de France, à la SNCF, dans l’administration, soient créés des groupes socialistes. Malgré leurs efforts, ce fut un échec.

    Le rapport d’activité du congrès fut adopté par 160 559 voix contre 209 et 332 abstentions.

    Au congrès fédéral du Parti socialiste, Francis Leenhard dénonça les agressions du PCF contre le Parti socialiste avec la complicité des dirigeants de la CGT dont « Lucien Molino, membre du comité central du PC ». Pour Irma Rapuzzi, ancienne trotskiste, il fallait dégager le syndicalisme de l’emprise de la CGT en ayant une attitude plus combative et courageuse. La motion de synthèse, rapportée au nom de la commission par Gaston Defferre, repoussa le principe de l’unité d’action avec le Parti communiste et affirma la nécessité impérieuse de libérer le syndicalisme de toute ingérence politique.

    Il y eut bien quelques divergences, comme celle soulevée par une militante CGT et socialiste d’Aix-en-Provence, mais Defferre recueillit l’unanimité pour condamner la politique de la majorité confédérale.

    L’UL de Marseille

    et modification de l’UD

    C’est à ce 27e congrès que nous avons décidé la dissolution de l’Union locale de Marseille et de l’intégration des deux secrétaires Giribone et Millaud dans le bureau de l’UD. Cette décision était prise dans un département des Bouches-du-Rhône où l’Union locale de Marseille avait un champ d’intervention très proche de celui de l’Union départementale et formait un écran entre l’UD et les syndicats. Nous avons créé des intersyndicales d’arrondissements ou de secteurs suivant l’importance industrielle aux endroits importants, comme le Bassin de Séon, La Capelette, Saint-Marcel et Saint-Antoine, Saint-Victor, et une intersyndicale au centre, à l’ancien siège de l’Union locale. Cette modification nous permit d’employer directement des militants de l’UL pour renforcer l’UD, une centralisation et une plus grande rapidité d’intervention.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Série 1/3] Le cancer chez les plus de 75 ans, un problème de santé publique

    [Série 1/3] Le cancer chez les plus de 75 ans, un problème de santé publique

    Un appel à projets a été lancé en 2011 par l’Institut national contre le cancer (Inca) sur le déploiement national d’unités de coordinations en oncogériatrie. Et le groupement de coopération sanitaire réunissant l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille et l’Institut Paoli-Calmettes, a été retenu comme unité de coordination en oncogériatrie (Ucog) pour l’ouest de la région Paca dont les coordinatrices sont le docteur Frédérique Rousseau, oncologue à l’IPC et le professeur Anne-Laure Couderc, gériatre à l’AP-HM.Une entité régionale dont les travaux et recherches favorisent l’accès aux soins des patients âgés atteints de cancer dont le nombre est en augmentation constante.

    « Vu l’évolution démographique de la population française, il est évident que la prise en charge des personnes âgées atteintes d’un cancer est un problème de santé publique », souligne le docteur Rousseau. « Tous les gens nés au moment du baby-boom c’est-à-dire après la guerre, arrivent actuellement vers la septième ou la huitième décade avec, de fait, une augmentation mathématique du nombre d’octogénaires à l’horizon 2030, 2040 » Le tout avec un deuxième élément non négligeable à prendre en compte selon la professionnelle qui est l’amélioration de l’état de santé global et de l’autonomie des personnes de plus de 70 ans grâce notamment à un meilleur contrôle des pathologies cardiovasculaires et métaboliques

    Surveillance de tous les instants

    « Au sein de l’Institut, nous prenons en compte le caractère âgé des patients et non pas leur âge chronologique car une personne de 85 ans peut être en meilleure forme que quelqu’un de 65 ans par exemple, tout dépend de ses comorbidités sous jacentes », poursuit-elle. « Les patients de plus de 75 ans sont des patients comme les autres, ils sont cependant un peu plus complexes à prendre en charge puisqu’il faut à la fois prendre en charge le traitement de leur cancer mais aussi prendre en compte les pathologies associées au vieillissement sans les aggraver par nos traitements. L’oncogériatrie n’est pas une spécialité et ne le sera jamais. Selon moi, c’est avant tout un savoir-faire, une prise en compte. Il est donc nécessaire de connaître l’oncologie d’une part et de mettre en balance les traitements à mettre en œuvre et, les pathologies carcinologiques. L’objectif étant d’éviter que ces patients entrent dans une spirale de complications où ils seront toujours perdants. » L’adaptation est donc une notion primordiale pour trouver le meilleur équilibre possible entre l’efficacité d’un traitement contre la maladie cancéreuse et la préservation de la qualité de vie et de l’autonomie. « Une personne guérie de son cancer mais qui a perdu en qualité de vie et en autonomie ce n’est pas une bonne prise en charge. L’évaluation gériatrique nous permet de savoir quelle personne nous avons en face de nous en particulier est-elle fragile ? Cette évaluation nous permet aussi d’anticiper les effets secondaires de nos thérapeutiques et en fonction, d’adapter le suivi post-traitement qui doit être beaucoup plus soutenu chez le patient âgé que chez l’adulte de moins de 70 ans », précise Frédérique Rousseau.

  • [On passe à table] Fatteh croustillant, ratatouille syrienne et sa sauce blanche

    [On passe à table] Fatteh croustillant, ratatouille syrienne et sa sauce blanche

    C’est une cuisine généreuse et savoureuse. Une cuisine qui raconte une histoire, que l’on aime partager et que l’on a du mal à oublier. Rencontre avec Nahed et Samar qui réalisent pour vous la ratatouille syrienne accompagnée de fatteh croustillant.

    Plusieurs préparations

    Pour commencer, coupez tous vos légumes en petits cubes. L’aubergine, elle se pèle à moitié pour ne pas s’écraser à la cuisson et se coupe en tronçons. Déposez-la sur un plat, arrosez d’huile et mettez au four à 200° pendant 30 à 40 minutes. Les cheffes vous conseillent de les saler et de les laisser dégorger toute une matinée pour faire sortir l’eau et ainsi éviter qu’elles s’imprègnent d’huile.

    Pendant le temps de cuisson, mettez une casserole sur le feu avec un fond d’huile d’olive et déposez-y directement les oignons. Le tout à feu moyen. Ajoutez ensuite la moitié de l’ail haché. Laissez cuire tranquillement et préparez votre sauce blanche en attendant.

    Pour la sauce blanche, mélangez dans un saladier le yaourt grec, le tahina ou crème de sésame, une pincée de sel et le reste d’ail haché. Mélangez au fouet et terminez en pressant la moitié d’un citron sur le dessus, mélangez à nouveau. Si la sauce est trop épaisse, n’hésitez pas à ajouter un peu d’eau pour la délayer.

    Une assiette généreuse

    Dans votre casserole, rajoutez la coriandre en poudre, les poivrons puis les concentrés de tomates et de poivrons. Viennent ensuite les tomates et un petit fond d’eau pour permettre à l’aubergine de cuire dans le tout et d’avoir une texture fluide et non sèche. Une fois les aubergines sorties du four, mettez-les avec les autres légumes puis le paprika et laissez mijoter. Attelez-vous ensuite au fatteh, pain libanais coupé en morceaux que vous allez frire dans de l’huile. Quand il est doré, sortez le pain et égouttez-le dans une passoire avec du sopalin.

    Pour le dressage, déposez en fond d’assiette le fatteh, recouvrez avec la ratatouille, la sauce et de nouveau du fatteh. Décorez avec la grenade, les pistaches et le persil haché. Bon appétit !

    Pour 2 personnes,
    il vous faudra
     :

    – 3 aubergines, 2 tomates, 1 oignon, 1 poivron vert et un rouge, 30g d’ail haché

    – 1 càs de concentré de tomate et une de concentré de poivron

    – De la coriandre sèche en poudre
    et du paprika fumé

    – Du sel, de l’huile de tournesol et de l’huile d’olive

    – 150g de yaourt Grec, 70g de tahina, du jus de citron

  • [Travailleur de demain] Arnaud Gaillard, féru d’informatique

    [Travailleur de demain] Arnaud Gaillard, féru d’informatique

    Quand j’étais petit, je dessinais des prises, des fils électriques. Toute ma famille croyait que j’allais être électricien », se rappelle Arnaud Gaillard. Très vite, il bifurque sur les pas de son père : l’informatique. Le jeune Aixois se remémore les débuts : « Je jouais simplement aux jeux vidéo, comme Minecraft. C’est mon père qui m’a mis dans le bain. J’aimais l’aspect mais je ne comprenais pas grand-chose. » Un aspect qu’Arnaud approfondi à travers la spécialité Numérique et Sciences de l’information, dans son lycée aixois. « J’allais au-delà de ce qui était demandé pour les projets. J’ai découvert une véritable passion », se remémore-t-il. Cette matière est « un tremplin » pour le lycéen qui se dirige alors vers un BUT Réseau et télécommunications à l’IUT d’Aix-Marseille.

    Actuellement en troisième année d’étude, le jeune homme en a « profité pour aller en Suède », en Erasmus. Les températures négatives ont finalement laissé place au soleil dans un environnement où « les gens sont beaucoup plus ouverts », apprécie le jeune Provençal.

    Comme son père, il souhaite être intégrateur. « Par exemple, le client me dit : “j’ai besoin d’avoir un réseau sécurisé, un système de téléphonie, de paiements…”, scénarise Arnaud. J’organise les étapes, la sécurité… » Dans un premier stage dans l’entreprise Asap Network dirigée par son père, Arnaud a expérimenté ce métier à travers « 2-3 projets passionnants. J’ai découvert un monde, tel un enfant face à plein de boutons… »

    Intégrer l’IA au quotidien

    Au-delà de l’académique, sa passion s’intègre à son quotidien à travers de « petits projets personnels, comme la programmation d’un générateur de mots de passe », évoque-t-il. De nature curieuse, il s’intéresse à « l’ensemble des technologies, particulièrement l’IA. Pour avoir plein de billes à réutiliser. » Conscient de l’omniprésence de cette nouvelle technologie, il « essaye de remplacer [ses] tâches quotidiennes par l’IA ». Une manière pour lui d’anticiper les mutations de son futur métier même si le jeune homme reste convaincu que l’aspect humain aura toujours de la valeur. « Si j’étais recruteur, je me focaliserais sur l’aspect soft skills : la communication, le bon sens, la prise de recul, l’imagination… C’est ça qui va importer à l’avenir », juge-t-il, « 95% soft skills et 5% technique. »

    Arnaud affirme, d’un avis tranché, que l’IA « va remplacer une majorité de métiers, tout en nuançant, certains persisteront. Ceux qui ont besoin du côté humain. Par exemple, les infirmiers et infirmières… » Il reconnaît pour autant les dangers de l’IA, telles que « la vie privée et la question morale : le fait que l’IA pourrait avoir une conscience ». Quant à sa régulation, « l’éthique va orienter la direction de l’évolution de l’IA », conclut-il. L’année prochaine, son objectif est d’intégrer une école d’ingénieur. « Je vise Télécom Paris », acte Arnaud, école reconnue pour son « bon relationnel ». Dans une perspective plus lointaine, il souhaite travailler chez… Asap Network. Un long chemin d’apprentissage attend ce jeune qui ne « considère pas encore avoir les compétences. Peut être à l’avenir… »

  • [Chronique Méditerranéenne] La voie des échanges et de la coopération culturelle

    [Chronique Méditerranéenne] La voie des échanges et de la coopération culturelle

    La vie te mène quelques fois d’un port à l’autre. La vie est comme une mer sur laquelle tu navigues sans boussole, sachant d’où tu pars, mais jamais où tu vas arriver, sur une mer calme et qui devient quelquefois agitée et à nouveau paisible, la vie quoi. Les ports m’ont toujours fasciné. Quand je me suis trouvé à Sète, journaliste localier pendant quelques années, j’ai découvert ce qu’était une ville portuaire. Chalutiers, thoniers, barques d’ostréiculteurs, ferrys, navires de croisière, catamarans et autres voiliers… apportaient à mon quotidien une jolie dose de rêveries. L’envie de larguer les amarres, de gagner le large chaque jour. Le rêve avait ses limites, celles de l’horaire du sacro-saint bouclage du journal… La ville vivait au rythme des embarcations qui accostaient et s’emplissaient de marins, touristes, de toutes nations, de toutes conditions. La Méditerranée fleurait bon dans toutes les rues de l’île singulière. Loin de Sète, j’en serai proche dans quelques jours pour assister à une grande fête populaire et maritime « Escale à Castellon » avec à la clé la chance de pouvoir assister à l’arrivée de « Via Méditerranéa » qui est la première grande traversée internationale reliant La Spezia en Italie, Sète en France et Castellon en Espagne. De majestueux voiliers traditionnels comme le Santa Maria Manuela, quatre-mâts portugais de 67 mètres, le Pascual Flores ou encore le Florette naviguent allant d’une fête maritime à l’autre. Après Escale à La Spezia qui s’est déroulée du 20 au 22 mars, c’est au tour d’Escale à Sète de recevoir jusqu’au 6 avril ces magnifiques voiliers historiques restaurés dans le respect de leur héritage maritime.

    La traversée se poursuivra ensuite pour rejoindre Escale à Castellon à compter du 9 avril. Quel bonheur, l’espace de quelques jours, de pouvoir se dire que la Méditerranée, loin du triangle des Bermudes puisse promouvoir le triangle de la coopération culturelle, entre les ports de trois pays si proches, favorisant le rapprochement et la meilleure connaissance des autres. Pourquoi ne pas imaginer que cette « Via Mediterranea », ouvre un jour la voie à d’autres escales, vers l’autre rive au Nord de l’Afrique portant, de port en port, haut le pavillon de la paix et de la fraternité… En attendant, ne boudons pas notre plaisir de voir que la Méditerranée peut-être, d’ores et déjà, un espace maritime d’échanges culturels, une découverte à chaque escale de musiques et danses traditionnelles, de gastronomie maritime, des navires du patrimoine local et international.

    Pour cette neuvième édition d’Escale à Castellon, les organisateurs attendent encore cette année 800 000 visiteurs à cette grande fête de la mer pour découvrir notamment une grande diversité de bateaux historiques. Parmi ceux-là le Nao Victoria, réplique de celui avec lequel Fernand de Magellan réalisa le premier tour du monde de 1519 à 1922, un des faits majeurs de la navigation dans l’histoire. La présence de ce bateau symbolise l’exploration, l’histoire navale et la rencontre des cultures. Castellon, escale finale de la « Via Mediterranea », accueillera donc les bateaux en provenance de La Spezia et de Sète, porteurs des traditions de chaque port rappelant que cette traversée n’est pas qu’une simple croisière, mais que la Méditerranée est un espace de partage, un lieu où les cultures se font écho, où les peuples se reconnaissent et peuvent construire ensemble l’avenir.

    Journaliste,

    président de l’Association pour le Souvenir

    de l’exil républicain espagnol

    (Aseref)

  • [Kallisté] Dio vi salve Regina

    [Kallisté] Dio vi salve Regina

    Au départ, un chant religieux italien ; composé entre 1676 et 1681 par Saint Francesco de Geronimo, prédicateur napolitain, c’est la paraphrase de l’hymne religieuse latine (Salve Regina) composée vers la fin du XIe siècle par Adhémar de Monteil. Les relations entre Naples et la Corse sont à l’époque assez étroites : des Corses vivent à Naples et des hommes d’église napolitains viennent prêcher en Corse. C’est alors que ce chant d’origine napolitaine se fait connaître en Corse. Au mois de janvier 1735, à la Consulta d’Orezza, est votée la Constitution démocratique de l’île de Corse, et la Corse est placée sous la protection de Marie. La Consulta choisit à cette occasion le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, comme jour de la Fête Nationale. Le chant devient en 1762 l’hymne national. Dans cette version, un nouveau couplet, écrit directement en langue corse, est ajouté.

    Évocation et puissance

    Il fait référence à la victoire sur les ennemis de la Corse et, par là, signifie la nouvelle fonction de ce texte : « Voi da nemici nostri (Sur nos ennemis) – A noi datte victoria (Donnez-nous la victoire)- E poi l’eterna gloria – (Et puis l’éternelle gloire) In paradisu – (Au Paradis) ».

    Gênes reprenant rapidement les choses en main, la plupart des chefs corses, dont le père de Pascal Paoli, sont contraints à l’exil, qui conduit la famille Paoli… à Naples ! Dans les années 1970, le chant connaît un regain de faveur dans la culture corse. Il est aujourd’hui pratiquement chanté à la fin de toutes les cérémonies, religieuses ou profanes, et interprété en polyphonie traditionnelle (paghjella) à trois voix. Il est même, parfois, de nos jours, utilisé à l’ouverture de certaines sessions de l’Assemblée de Corse.

    La qualité musicale, servie par le chant polyphonique, et la puissance évocatrice des paroles, expliquent sans doute l’attachement de toute une communauté à ce chant devenu la voix de notre île.