Category: societe

  • Menace d’expulsion au 5, rue des Frères Pérez à Marseille

    Menace d’expulsion au 5, rue des Frères Pérez à Marseille

    Donnant suite à la plainte déposée fin octobre 205 par le nouveau propriétaire du 5, rue des Frères Pérez (2e), un arrêté préfectoral du 5 juin a mis en demeure des occupants de neuf logements d’évacuer dans un délai de 7 jours. La préfecture s’appuie sur l’article 38 de la loi Dalo qui est un accélérateur d’expulsion en cas d’effraction de logement.

    Certains occupants sont titulaires d’un bail de sous-location émis par « Un abri pour tous », une association dissoute en septembre 2023 que présidait l’ancien propriétaire. D’autres ont été régularisés par un bail du nouveau propriétaire. Quelques-uns semblent des squatters. Pour ajouter à ce tableau déjà complexe, l’immeuble dégradé est sous le coup depuis deux mois d’un arrêté de mise en sécurité, censé avoir suspendu les loyers. Or des occupants disent être sollicités pour verser le loyer.

    Pour autant, plusieurs habitants de cet ancien « hôtel social » de 25 studios (notre édition du 28 avril 2026) disent avoir été abordés par un individu se présentant comme un policier en civil, qui leur a signifié de partir, leur précisant que l’expulsion aurait lieu ce lundi. Cette menace d’une évacuation sauvage inquiète des associations et des avocats, de précédentes tentatives ayant déjà eu lieu ces derniers mois. Alertée par Me Antonin Sopena, avocat d’un requérant qui produit un bail, la préfète déléguée pour l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, a indiqué qu’elle n’avait pas envisagé de recourir à la force publique ce lundi.

    L’avocat Antonin Sopena, qui défend un habitant, a prévenu la préfète du dépôt de son recours suspensif et l’a alerté sur ce qui serait une nouvelle forme d’intimidation et de manœuvre pour vider l’immeuble. « Une présence des forces de l’ordre lundi serait la bienvenue », estime l’avocat.

  • À Marseille, les crèches mobilisées pour les Restos du cœur

    À Marseille, les crèches mobilisées pour les Restos du cœur

    Le 19 juin, « on a célébré les 40 ans de la disparition de Coluche, qui a été à l’origine de la création des Restos du cœur », rappelle Juliette Masson, adjointe au maire de Marseille en charge de la petite enfance. L’occasion de rappeler qu’à Marseille, les Restos du Cœur subviennent aux besoins de 2200 enfants. « Avec la précarité qui augmente, on a de plus en plus de familles. (…) On les accompagne sur l’alimentaire mais aussi les produits complémentaires : tout ce qui est lié à l’hygiène de la petite enfance, et du matériel de puériculture », partage Alain Evezard, responsable départemental de l’association.

    « Une précarité

    qui augmente »

    D’où l’importance de la collecte organisée par les crèches municipales pour les Restos du cœur, impulsée par la précédente élue en charge de l’enfant, Sophie Guérard. Organisée depuis avril, elle s’est terminée vendredi à la crèche Doria dans le 5e arrondissement où les dons étaient concentrés. Ils sont ensuite récupérés par l’association des Restos du Cœur et distribués dans leurs 12 centres d’activités à Marseille, dont trois disposent de « coins bébé », offrant aux familles un espace confortable et intime dédié aux soins des tout-petits, notamment pour l’allaitement et le change.

    Ces familles, dont 30% sont des familles monoparentales « n’ont pas la possibilité d’inscrire leurs enfants dans les crèches », explique Alain Evezard avant d’ajouter : « Notre rôle c’est de distribuer des repas pour toute la famille ». Un besoin qui représente près de 2 millions de repas par an, à Marseille.

  • Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Dans la rue Pourquoi Pas, tout redevient possible pour les élèves en rupture de parcours scolaire. À la prochaine rentrée, le Cours Fénelon, installé dans cette rue au nom évocateur depuis plus de 120 ans, y lancera un microlycée, destiné à ramener une vingtaine de jeunes de 16 à 25 ans en situation de décrochage depuis au moins six mois sur les bancs de l’école.

    Ce modèle, qui existe depuis 2001 en France et est déjà proposé dans deux établissements varois (le collège Ravel et le lycée Bonaparte). Il répond à « un constat de terrain », explique Laurence Beraud-Schmitt, directrice du Cours Fénelon. « De plus en plus de jeunes souffrent d’anxiété et se déscolarisent à cause du harcèlement, de la phobie scolaire, de maladies… » Un mal qui touche le Var dans des proportions inquiétantes : 8% des jeunes de 18 a 24 ans (soit 30 000 élèves) n’ont pas terminé leur cycle secondaire.

    Le bac en ligne de mire

    En septembre, une première promotion entrera en classe de première avec un objectif : obtenir le baccalauréat général en deux ans. Sur le papier, les futurs élèves ont toutes les chances d’y arriver puisque ce type d’établissement revendique une réussite de 80%. « Ils suivront le même programme, assuré par des professeurs de l’éducation nationale », précise la directrice, avec « quelques aménagements. Par exemple, en français, on va demander un allègement du nombre de textes à étudier », ajoute Emmanuel Tilmont, le référent pédagogique. Ce sont surtout les méthodes, centrées sur « une pédagogie active, adaptée à chaque jeune », qui différeront.

    L’accueil sera lui aussi adapté : suivi psychologique, horaires légèrement différés, salle de repos, dans laquelle les élèves seront invités à prendre le café avec leurs encadrants chaque matin pour créer du lien. Cela, au sein d’un bâtiment à part, où les élèves auront la possibilité d’être en vase clos. « Ils pourront accéder à la cafétéria commune et seront invités aux événements du lycée, mais rien ne sera obligatoire », précise Emmanuel Tilmont.

    L’établissement, accessible pour 85 euros par mois (avec possibilité de bourses) se veut : « ouvert à tous profils : très bons élèves, plus en difficulté, porteurs de handicap… », assure le responsable pédagogique, qui prévient toutefois qu’« il faudra qu’ils aient de la volonté ».

    Infos : coursfenelon.com

  • À Avignon, un espace pour sortir les seniors de l’isolement

    À Avignon, un espace pour sortir les seniors de l’isolement

    Quoi de mieux qu’une foule pour inaugurer un lieu qui lutte contre la solitude des seniors ? C’est ce qu’il s’est passé ce lundi 8 juin à l’Escale, dans le quartier de la Croix des Oiseaux à Avignon.

    Bien qu’ouvert depuis début novembre, l’espace va permettre d’accueillir les anciens dans la journée afin de faire « une pause pour dire adieu à la solitude, à l’isolement », précise l’espace social et culturel de la Croix des Oiseaux (ESSC).

    Identifier 80 personnes

    à l’année

    Dans les faits, ils seront accueillis avec des cafés ou une petite collation, tandis que diverses activités seront organisées par les équipes sociales, notamment autour du tricot. Mais outre ces occupations manuelles, des interventions de professionnels de la santé sont aussi programmées dans ces anciens locaux du bailleur Grand Delta Habitat. Avec des actions de prévention autour des risques de chute ou encore de l’alimentation, de l’hydratation et des bons gestes à adopter lors des canicules.

    « Notre objectif est d’identifier 80 personnes à l’année sur le territoire avignonnais », clame fièrement Didier Despresles, chargé de développement pour Malakoff Humanis, mutuelle qui a financé la structure avec l’aide de son programme « Réseau de confiance ». Un travail qui est aussi effectué avec l’aide du centre social ainsi que du bailleur Grand Delta Habitat. « Tous ont notre contact et peuvent le faire passer si une personne semble se sentir seule. On sait que c’est parfois difficile, mais il ne faut vraiment pas hésiter », glisse la responsable Jessica Deschamps.

    Ouverture du lundi
    au vendredi. Horaires
    et programme précis sur esccroixdesoiseaux.org/lescale/

  • Manifestation contre le racisme et l’impérialisme

    Manifestation contre le racisme et l’impérialisme

    Des drapeaux palestiniens, cubains et iraniens flottent sous l’arche de la porte d’Aix. Bravant la chaleur, des militants viennent grossir les rangs, répondant à un appel national à manifester contre toutes les formes de racisme et l’extrême droite. C’est ici, que chaque dimanche depuis le début de la guerre à Gaza, les militants propalestiniens se rassemblent. « De Marseille à Gaza, résistance, résistance », entonnent-ils en descendant la rue d’Aix vers le cours Belsunce. « De Marseille à Cuba, résistance, résistance », ajoutent-ils aujourd’hui.

    Quelques mètres plus loin, est garée la caravane « Let Cuba Breathe » (« Laissez Cuba respirer »), du nom de la campagne européenne pour lever le blocus sur l’île. Giorgia et Alice, deux activistes italiennes, sont présentes pour sensibiliser les citoyens : « Les sanctions américaines asphyxient le pays. Nous voulons mettre la pression sur nos gouvernements. C’est un peu triste de les voir se coucher devant Trump », raillent-elles.

    Pour Mike des Syndicalistes pour la Palestine, « la lutte contre le blocus à Cuba, c’est la lutte pour la libération de la Palestine », affirme celui qui participe à la campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti, qu’il qualifie de « Mandela palestinien ». « Nous avons un ennemi en commun c’est le colonialisme », pousse Nicole Giraudi de l’association France Cuba Marseille. Et la foule chante : « El pueblo unido jamás será vencido » (« Le peuple uni jamais ne sera vaincu »).

    Sur la Canebière, Dounia, d’Union pour la Palestine Marseille, prend le micro : « Ils veulent nous diviser (…) Nous ne confondrons jamais les oppresseurs et les opprimés. »

  • Première pierre posée pour l’unité adolescents d’EPSY Var

    Première pierre posée pour l’unité adolescents d’EPSY Var

    Poser la première pierre… d’un bâtiment déjà construit. L’expression était peut-être mal choisie, mais qu’importe : vendredi, élus et membres de la direction de l’Établissement psychiatrique du Var (EPSY Var) ont inauguré les travaux de la future unité adolescents sur le site de Pierrefeu-du-Var, au cœur d’une bâtisse désaffectée qui va être entièrement rénovée. « C’est le symbole de notre projet d’établissement 2026-2030. Un projet ambitieux, entièrement tourné vers la couverture des besoins de santé », salue Nicolas Funel, directeur d’EPSY Var.

    Cette nouvelle unité va voir le jour grâce à un soutien de 2 millions d’euros de l’Agence Régionale de Santé (ARS), qui va permettre d’accueillir 14 adolescents de 12 à 17 ans (4 lits d’hospitalisation intensive en séjours de 2 semaines, 4 lits d’hospitalisation de semaine en séjours de 2 mois, et 6 places en hôpital de jour) d’ici avril 2027. « Cela s’est presque imposé à nous, dans un contexte de difficultés pour les publics adolescents, sur des situations de plus en plus lourdes, de plus en plus nombreuses, avec des réponses insuffisantes », appuie Sébastien Monié, directeur départemental de l’ARS PACA pour le Var, qui annonce que la psychiatrie adolescents sera l’une des priorités du projet territorial de santé mentale, « au niveau départemental et inter-départemental ».

    Les capacités de prise

    en charge regroupées

    « Depuis 2019, il y a eu une augmentation de 30% des tentatives de suicide médicamenteuse chez les adolescents de 12 à 18 ans », illustre Cécile Pinna, cheffe du pôle de pédopsychiatrie d’EPSY Var. Dans cette optique, la création de ce nouveau service « permettra des prises en charge adaptées pour les ados en crise, car pour l’instant on les accueille sur les unités de pédiatrie, qui ne le sont pas », précise Cécile Pinna.

    Et de regrouper les capacités. Car jusqu’ici, les adolescents dépendant du secteur d’EPSY Var – qui s’étale du Verdon jusqu’à Hyères du nord au sud, et du Cannet-des-Maures à Belgentier d’est en ouest -, étaient régulièrement envoyés sur l’unité externe de la Villa Nova, à la Garde (qui s’occupe de l’hospitalisation en semaine et sera intégrée au site de Pierrefeu) et au Centre d’évaluation et d’orientation pour adolescents (CEOA) du Centre hospitalier de Toulon – la Seyne (CHITS). « Ce n’était pas évident parce qu’on n’avait pas la main sur ces lits. Ce n’était pas notre pôle, pas notre équipe, et ils avaient aussi leurs propres besoins. On va pouvoir continuer les prises en charge de semaine comme à la Villa Nova, mais de manière plus sécurisée parce que ce sera à l’intérieur de l’hôpital », valide Cécile Pinna.

  • Feux de forêt : une campagne pour éviter les comportements à risque

    Feux de forêt : une campagne pour éviter les comportements à risque

    Alors qu’arrive la saison des feux de forêts, les campagnes de prévention s’enchaînent. Mercredi dernier, l’Entente de Valabre, l’un des principaux acteurs de la prévention et de la gestion des risques face aux feux de forêt, organisait en partenariat avec les sapeurs-pompiers, l’Alcome et la Fédération des Buralistes, une démonstration publique pour prévenir spécifiquement des risques de jets de mégots. En parallèle, l’Entente a renouvelé sa campagne contre les feux de forêt, appelant plus largement aux bons gestes. Dès cette semaine, trois affiches différentes et dépliants seront exposées dans les lieux publics, ayant, comme point commun, cette signature : « Quelle forêt voulez-vous ? ». Ces supports seront notamment mis en circulation dans « plus de 18 000 points de contact en région Occitanie, Sud et en Corse, incluant les SDIS, les conseils départementaux, les mairies, les comités communaux feux de forêts (CCFF), les offices de tourisme, les sites touristiques, les buralistes et les campings », indique l’Entente.

    50% des forêts exposées

    Le dépliant intégrera entre autres une liste de bons réflexes à avoir en forêt, dans un jardin proche d’une zone boisée, au cours de la saison propice aux incendies. Un spot vidéo sera lui diffusé en ligne et sur les réseaux sociaux et s’appliquera à illustrer « les conséquences concrètes des comportements humains sur les espaces naturels », indique toujours l’Entente. Cette campagne, est déployée avec le soutien de la Délégation à la protection de la forêt méditerranéenne (DPFM), des Régions Sud et Occitanie ainsi que de la Direction régionale.

    Cette campagne repose sur un constat : sur près de 2 500 départs de feu recensés chaque année dans la zone Méditerranée, près de 95% des incendies de forêt sont d’origine humaine. Plus de la moitié pourraient être évités. Objectif donc « déconstruire les idées reçues sur les incendies et renforcer la culture du risque en diffusant les bons réflexes à adopter, notamment en période estivale. L’établissement public privilégie une approche positive, fondée sur la valorisation des comportements responsables plutôt que les interdictions », précise l’Entente. L’organisation rappelle également que l’été 2025, a compté « près de 15 000 départs de feu en France, touchant 30 000 hectares de forêts et autres végétations » et que « 50% des forêts métropolitaines seront soumises au risque incendie élevé dès 2050 », faute, surtout, au changement climatique.

  • La centrale hydroélectrique bientôt visitable à nouveau

    La centrale hydroélectrique bientôt visitable à nouveau

    « C’est une belle œuvre d’ingénierie », résume sobrement Federico Garavaglia, au moment de commencer la visite nouvelle version de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas en avant-première vendredi matin. Le responsable des 5 centrales hydroélectriques EDF de Jouques à St Chamas a inauguré avec les journalistes le parcours qu’emprunteront les futurs visiteurs, attendus pour les journées du Patrimoine en septembre.

    Tout commence par une fin. Celle du canal usinier EDF, venu du barrage de Serre-Ponçon et passant par 22 usines avant la dernière, au pied de l’étang de Berre. Perchée à 71 mètres de haut se trouve la dernière chambre d’eau de cette chaîne hydroélectrique de 250 km. C’est d’ici que partent les trois conduites forcées, énormes tuyaux d’acier de 5,5 mètres de large, amenant l’eau aux turbines en contrebas. « Ce sont les plus grandes de France métropolitaine » relève Federico Garavaglia, indiquant qu’« on peut y mettre deux voitures Smart en largeur ». Le débit atteint « 500 000 bouteilles de Cristalline » d’un demi-litre par seconde, poursuit le responsable. Soit autour de 250 mètres cubes. Des analogies testées avec succès avec ses enfants.

    « Plein de gens nous

    ont dit vouloir la visiter »

    Mais à quoi servent ces trois cheminées au milieu des conduites ? « Ce sont des cheminées d’équilibre », explique Federico Garavaglia, servant à « éviter le coup de bélier, le même phénomène que lorsque vous fermez le robinet à la maison ». Au bout de chaque conduite, une turbine de 50 mégawatts, soit l’équivalent de 2 000 moteurs de Renault 4L, entraînant un alternateur de 200 tonnes de cuivre à 200 tours/minute.

    Toutes ces découvertes et bien d’autres seront de nouveau accessibles au public après 9 ans d’interruption des visites publiques. « Nous avons installé tout un parcours de visite pour ouvrir la centrale au public lors des journées du patrimoine », indique Pascale Sautel, directrice des concessions EDF Hydro Méditerranée. Ces journées sont programmées au 19 et 20 septembre 2026. « On sait qu’il y a volonté de visiter car plein de gens nous ont dit passer souvent devant et ne l’avoir jamais fait », poursuit la directrice, qui imagine déjà proposer par la suite d’ouvrir les portes de la centrale aux collèges et écoles. « Nous avons la volonté et les installations, il n’y a plus qu’à accueillir » poursuit-elle.

    L’enjeu ? « La centrale a 60 ans en 2026. Il y a eu beaucoup d’expressions dures, parfois négatives. Nous voulons valoriser cet outil car nous n’avons rien à cacher », conclut-elle.

  • Action contre les ruptures de l’Allocation adulte handicapé

    Action contre les ruptures de l’Allocation adulte handicapé

    « Depuis la fin du mois de mars, je n’ai plus aucun revenu. » Cela fait quinze jours qu’Ayoub Obad est en grève de la faim pour dénoncer les retards dans le renouvellement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Depuis, il est tous les jours devant la Maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône, en charge de cette aide. « Je voulais montrer concrètement comment des blocages administratifs et des dysfonctionnements internes ont des répercussions sur l’accès aux droits et aux ressources pour pouvoir juste se nourrir. »

    Autiste, Ayoub Obad perçoit cette aide depuis 2018. Après avoir travaillé dans le monde culturel en tant qu’auto-entrepreneur, il fait un gros burn-out et est contraint d’arrêter. « Le souci, c’est que mon handicap est invisible et donc les gens me faisaient confiance et me déléguaient beaucoup de choses. » L’AAH devient alors son unique revenu, ne pouvant plus travailler.

    Une aide qu’il doit renouveler tous les deux ans. « J’ai déposé mon dossier de renouvellement en décembre, alors que mes droits se terminaient fin mars. C’est un peu court car le délai est de quatre mois, mais j’avais eu des problèmes de santé », explique le trentenaire. Malgré un dossier classé urgent depuis le mois d’avril et des relances répétées, les aides n’ont toujours pas été versées.

    70 euros pour le mois

    Face à cette rupture de droit, il tente de demander le RSA qui lui est refusé car calculé sur les trois derniers mois où il touchait encore l’AAH. Depuis il ne vit donc qu’avec ses aides pour le logement (APL). « Je ne peux plus payer mon loyer, car mes APL me permettent juste de couvrir mes factures mensuelles. Et une fois que cela est payé il me reste 70 euros pour le mois », se désole Ayoub Obad.

    Pour le jeune homme, cette situation relève plus de la règle que de l’exception. « Je fais cela pour rendre visibles les retards systémiques dans les demandes et renouvellements de cette aide. » En mai 2025, le collectif Les dévalideuses dénonçaient déjà des délais rallongés dans les MDPH par rapport aux 4 mois prévus dans la loi. Des retards qui entraînent la précarisation de personnes étant déjà en situation de vulnérabilité à cause d’une société qui ne s’adapte pas.

    Contactée, la MDPH 13 affirme « suivre la situation avec attention et l’avoir reçu à plusieurs reprises ». Le retard serait notamment dû à un dépôt tardif et « la réception en retard de pièces indispensables de la part de partenaires ». Le dossier à présent complet, elle affirme mettre tout en œuvre pour qu’il perçoive au plus vite ses aides.

  • Les Goudes contre la surfréquentation

    Les Goudes contre la surfréquentation

    « Les Goudes en colère. » Banderoles et pancartes levées, près d’une centaine d’habitants déterminés des Goudes ont manifesté samedi matin dans les rues du village de l’est marseillais pour crier leur ras-le-bol face au manque de stationnement et appeler les autorités à réguler la surfréquentation qui rend leur vie invivable.

    Le CIQ des Goudes a réussi sa mobilisation alors que la saison estivale a démarré et avec elle un flux toujours plus important de véhicules qui s’engouffrent dans l’entonnoir et butent sur un parking saturé et sur l’impasse de Callelongue. « On veut une ZTL [Zone à trafic limité] pour apaiser comme il y en a en Italie. C’est-à-dire concrètement une caméra vidéo qui filme la plaque d’immatriculation. Si votre véhicule n’est pas autorisé, vous recevez un PV de 135 euros », explique Julie Rigal, deux pancartes en mains : « Les bus et les bateaux, ça ne suffit pas. Stop voitures » et « La solution, c’est la ZTL ».

    « à leurs experts de trouver des solutions »

    « Notre but, c’est de se faire entendre », explique Romain Garoute, le président du CIQ. « On veut que les collectivités se posent sur le sujet pour mener des actions concrètes. Et il n’y a rien eu depuis un an. On veut que tous les acteurs se réunissent régulièrement pour trouver une vraie solution. On n’est pas urbaniste, c’est à leurs experts de trouver des solutions. Si ça ne bouge pas, on sera encore dans la rue. Aujourd’hui on est en train de tuer le village. On a un littoral magnifique. Des gens du monde entier viennent par ce que c’est beau et instagrammable mais il n’y a pas de piste cyclable et rien n’est aménagé pour les piétons. » De citer des chiffres parlants. Le village de près de 500 habitants ne compte que 250 places de parking pour un flux journalier estimé à 2 500 véhicules. Une création de parking sur l’ancien camping et au Cap Croisette ? Le parc national des Calanques a refusé. L’an dernier, des plots ont été installés qui ont retiré du stationnement mais qui ont amélioré les mobilités douces (rallongement du bus de la ligne 20 et stations pour les deux roues).

    « Qu’ils viennent

    en bus ou en vélo ! »

    « C’est infernal, ça s’aggrave d’année en année. Les résidents qui vivent à l’année ont une priorité sur les touristes. Cette année, j’ai payé 600 euros de PV », explique Sandra. « Moi j’habite ici depuis 40 ans. La solution, c’est de fermer les Goudes. Non, ça ne privatise pas les Goudes. Qu’ils viennent en bus ou en vélo ! Regardez sur la Côte bleue, c’est fermé. Vous descendez pas à Niolon, c’est fermé. Vous vous garez en haut. Au Vallon des Auffes et à Malmousque, ils ont mis des barrières. »

    « Mes parents avaient le cabanon depuis 50 ans et c’était pas comme ça. On n’en peut plus. C’est lamentable. Au lieu de nous mettre des PV à nous, que la police passe la nuit pour les motos qui passent en trombes et les rodéos », proteste Claudine, habitante depuis 22 ans. « Je ne peux même pas dire à ma fille qui vit à Plan-de-Cuques de venir dîner car elle n’aura pas de place pour se garer. L’été, on s’en va parce que c’est infernal, on prend un mobile-home près de Valréas. »