Category: societe

  • Le contournement routier ouest de Montpellier peut-il encore tomber à l’eau ?

    Le contournement routier ouest de Montpellier peut-il encore tomber à l’eau ?

    Ce n’est pas la première fois que le projet de Contournement ouest de Montpellier (COM) rencontre une difficulté. Longtemps les défenseurs (État, Région, Métropole de Montpellier…) de cette liaison de 6,3 km entre l’A750 et l’A709 ont buté sur la question du montage financier. En 2021, le Premier ministre Jean Castex pensait avoir trouvé la recette magique en faisant financer le futur tronçon autoroutier grâce à une hausse des tarifs de l’ensemble du réseau Vinci et sa filiale ASF. Une procédure « d’adossement » jugée illégale par le conseil d’État en 2023 qui a conduit à ce que seuls les usagers de l’A9 payent 10 centimes de plus aux barrières de péage Baillargues et Saint-Jean-de Védas pour financer les travaux estimés en 2021 à 270 millions d’euros.

    Cette fois, c’est la Déclaration d’utilité publique (DUP) qui pose problème. Dans son arrêt du 21 juillet, la cour administrative d’appel de Toulouse saisie d’un recours en annulation, a prononcé un sursis à statuer de 6 mois. Un laps de temps durant lequel elle exige de l’État qu’il corrige les insuffisances majeures relevées. Celles-ci concernent l’étude d’impact environnemental, en particulier les mesures de compensation des risques inondation.

    Repenser un projet

    « plus raisonnable »

    Il faut dire que le tracé du COM passe dans une zone du Plan de prévention des risques inondation (PPRI) classée rouge et que le projet consommerait 80 000m3 de zones d’expansion des crues, entraînant une surélévation de 5 à 20 centimètres du niveau de cours d’eaux (Mosson, la Fosse) adjacents.

    Pas de quoi décourager le directeur opérationnel de Vinci Autoroutes en charge du COM pour qui le projet n’est en rien remis en cause. « On n’a pas été surpris. Les intentions de conclusion de la cour avaient été communiquées », indique Salvador Nuñez qui dédramatise. « L’État va faire une enquête complémentaire par voie électronique (d’environ 21 jours) afin de ré-exposer les mesures que nous avions déjà présentées dans l’enquête environnementale mais qui étaient absentes de l’enquête publique de l’époque ». Selon lui « rien de nouveau ne sera annoncé » et le chantier peut suivre son cours. « Nous n’avons aucune consigne d’arrêter nos travaux préparatoires [débroussaillage, abattage d’arbres, dévoiement des réseaux]. »

    Pour les opposants au projet au contraire, les insuffisances relevées par la Justice sont telles qu’ils demandent à l’État de faire cesser les travaux en vertu du principe de précaution. Celui-ci étant juge et partie, Céline Scornavacca, porte-parole du collectif Autre-COM, ne s’attend pas à du zèle. « On va voir avec notre avocate ce qu’on peut faire. » Blocage ou pas, l’arrêt du 21 juillet prouve selon elle qu’en plus d’être « néfaste pour l’environnement et la santé des riverains », ce projet est mal ficelé. « Les jugements sur les DUP souvent ça passe crème, l’État est suivi. Là, la Justice lui reproche d’avoir changé le projet sans avoir réévalué les effets sur l’eau. Elle rappelle qu’il y a des règles sur les ouvrages d’art qu’il faut respecter. »

    Aux yeux de l’écologiste Lise Florès, cette absence de prise en compte de l’impact climatique est l’occasion de repenser le projet pour en faire une sorte de « boulevard urbain » en deux fois deux voies limité à 70 km/h. « Ne peut-on pas faire autrement que ce plan destiné à permettre aux camions de traverser la France ? Un projet raisonnable en développant les modes de déplacements alternatifs à la voiture, avec une étoile ferroviaire, des liaisons bus et un travail en profondeur sur les équilibres territoriaux afin de limiter les déplacements ? »

    Si dans son arrêt la justice administrative n’a pas retenu l’argument de la non prise en compte du « trafic induit » dans le projet, Céline Scornavacca reste persuadée qu’il s’agit bien d’une autre limite au dossier que l’Autorité environnementale avait soulevé dès 2019 (et ensuite le rapport des Shifters). Par ailleurs, un autre recours contre l’autorisation environnementale accordée fin 2025 par le préfet François-Xavier Lauch doit encore être jugé au Tribunal administratif de Montpellier. « À chaque décision de l’État, il y aura un recours, on s’y attend », soupire Salvador Nuñez. Toutefois, il ne « voit pas de raison objective » de déjà reculer le calendrier du COM. À savoir une livraison du chantier contesté fin 2030 début 2031.

  • Une flotte aérienne en deçà des besoins

    Une flotte aérienne en deçà des besoins

    Les incendies se multiplient, s’étendent désormais à l’ensemble du territoire et gagnent en intensité. Pourtant, les moyens aériens de la sécurité civile n’ont, selon le député LFI de l’Hérault Sylvain Carrière, pas suivi cette évolution. « On a 20 bombardiers d’eau, on a 12 Canadair et 8 Dash. En 1980, si on compare, on avait 21 bombardiers d’eau. Donc ça veut dire qu’on a environ le même nombre de bombardiers d’eau que dans les années 80. Or le risque aujourd’hui est très fortement multiplié », souligne-t-il. Pour le député, le constat est sans appel : les moyens n’ont pas évolué au rythme des besoins. Alors que les saisons des feux s’allongent, la flotte doit désormais être en mesure d’intervenir simultanément sur plusieurs fronts, partout sur le territoire. Une réalité qui, selon lui, impose de revoir le dimensionnement des moyens aériens. Pour le parlementaire, cette situation est le résultat d’un manque d’anticipation politique. « Il faut des moyens et des moyens aériens à la hauteur des enjeux », plaide-t-il, estimant que ce décalage traduit une absence d’anticipation face à l’évolution du risque incendie, alors que les feux touchent désormais des territoires jusque-là relativement épargnés et mobilisent les secours sur une période de plus en plus longue.

    Une stratégie jugée insuffisante

    Le député pointe également les hésitations du gouvernement concernant le renouvellement des Canadair. « En 2022, le président Macron nous parle de 16 Canadair qui vont arriver. Puis on nous dit non, ils ont été annulés. Au final, 2 ont été validés, financés avec des fonds européens. Ce sont donc 2 Canadair qui doivent arriver pour 2028 et ils en ont recommandé 2, que l’on n’aura pas avant 2033. » Une succession d’annonces qui nourrit, selon lui, « une illisibilité » de la stratégie de renouvellement.

    Au-delà du nombre d’appareils, Sylvain Carrière s’inquiète du vieillissement de la flotte actuelle. Les douze Canadair en service nécessitent une maintenance importante, réduisant quotidiennement leur disponibilité opérationnelle. « On se rend compte que, là aussi, la planification est en deçà des enjeux du moment. C’est très inquiétant quand on voit qu’on a des incendies de plus en plus étendus, mais aussi de plus en plus violents. »

    « On a un savoir-faire français sur l’aérien, donc on pourrait le faire sans trop de soucis. Mais pour ça, il faut la volonté politique », plaide le député LFI de l’Hérault, pour qui le développement d’une filière industrielle française permettrait de gagner en autonomie. Une condition qu’il juge indispensable pour adapter durablement les moyens de lutte contre des incendies devenus, selon lui, un défi structurel plutôt que saisonnier.

  • Le Tour de France féminin à l’assaut de la légendaire étape du mont Ventoux

    Le Tour de France féminin à l’assaut de la légendaire étape du mont Ventoux

    Une grande première pour le Vaucluse qui n’a jamais accueilli d’épreuve du Tour de France féminin, malgré un total de 19 accueils d’épreuves masculines. Ajoutée en 1951 au Tour de France, l’étape du mont Ventoux a depuis gravé son nom parmi les parcours de grande renommée.

    La septième épreuve féminine confrontera les coureuses à plus de 3 000m de dénivelé qui se dérouleront sur les 146 km du parcours. La portion finale verra s’affronter les meilleures grimpeuses sur les 15,7 km d’une pente à 8,8%, menant aux 1 910 mètres d’altitude du Géant de Provence.

    Si les projecteurs seront pointés sur les professionnelles le vendredi, le jeudi sera réservé au monde amateur. Une épreuve spéciale simulant un tracé professionnel a été ouverte à toutes et à tous sur inscription. Plus de 12 000 passionnés ont répondu présent pour le tracé de 111km et de 2 950m de dénivelé. C’est la première fois que « l’Étape du Tour » a comme terrain de jeu les côtes du mont Ventoux.

    Des mesures de sécurité

    De fortes perturbations du trafic sont à prévoir sur le tracé, avec notamment la fermeture des accès au mont Ventoux dès le matin du 6 août. Pour le passage des professionnelles le 7 août, la circulation sera petit à petit fermée sur le tracé à partir de 13h15. Le facteur des risques d’incendie entre également en jeu, avec des restrictions en cas de risque élevé.

    Au niveau du stationnement, il sera strictement interdit sur l’ensemble du parcours, à l’exception des communes traversées où il est utile de se rendre sur leurs sites internet respectifs afin de connaître les disponibilités de stationnement. Sur le mont Ventoux, 4 parkings seront accessibles : celui des Ermitants – ouvert le jeudi de 18h30 à minuit – le parking de la station du Mont Serein – ouvert le jeudi de 19h30 jusqu’au vendredi à 10h – le parking de la Frache – seulement pour véhicules légers le vendredi de 6h à 10h – puis le parking du Chalet Reynard – fermé du 5 août 17h jusqu’à la fin de l’événement.

  • [C’est l’été] Dans les décors de Camping Paradis à Martigues

    [C’est l’été] Dans les décors de Camping Paradis à Martigues

    Une visite inédite proposée par l’Office de Tourisme au départ de l’arche « Camping Paradis » à La Couronne et découvrez les décors de la série. L’accueil, la supérette, le bar, la laverie…. Suivez votre guide pour connaître anecdotes, secrets de tournage et histoires palpitantes.

    À 9h30, 10h30 et 11h30. À partir de 4 euros.

  • [C’est l’été] Visite guidée d’une mine à La Londe-les-Maures

    [C’est l’été] Visite guidée d’une mine à La Londe-les-Maures

    Visitez l’Argentière vers 1890 sous l’angle du plus important gisement de zinc d’Europe au cœur d’une galerie, unique pour ses vestiges antérieurs au XVIIe siècle.

    À 9h et 10h30. 6 euros.
    Gratuit –
     10 ans.

  • [C’est l’été] Atelier archéologue en herbe à Marseille

    [C’est l’été] Atelier archéologue en herbe à Marseille

    Truelle, pinceau ou encore balai-brosse, mais à quoi peuvent bien servir tous ces outils ? Les enfants auront la chance d’utiliser ces outils destinés aux fouilles archéologiques pour découvrir des vestiges du passé, interpréter et lire les différentes strates d’un chantier ou encore apprendre à reconnaître le matériel et les vestiges découverts. Tel est l’objectif de ces ateliers pratiques proposés gratuitement par le musée d’Archéologie méditerranéenne de Marseille à vivre dès ce mardi et jusqu’à jeudi.

    L’occasion également de tenter de faire une classification par typologie ou par les décors qui caractérisent les tessons ou fragments. Tant d’indices nécessaires à la datation des objets trouvés.

    Pour ce faire, un bac à fouille sera mis à la disposition du jeune public pour les initier à la pratique et aux techniques de l’archéologie. Ils pourront ainsi creuser le sédiment à la recherche des tessons de céramique dissimulés dans l’espace dédié.

    Activité accessible à partir de 10 ans accompagné d’un adulte. Inscription obligatoire : museearcheologie@marseille.fr

  • Un projet de musée sur la Seconde Guerre dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Un projet de musée sur la Seconde Guerre dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Soutenir les militaires blessés, les familles des combattants tués, et cultiver le souvenir des résistants décédés : tels sont les objectifs de la maison du combattant, créée début juin dans les Alpes-de-Haute-Provence, et présidée par Patrick Agli, lui-même ancien militaire, notamment au Liban.

    Depuis sa création, l’association s’est rapprochée de la mairie de Peipin, qui l’avait contactée pour redorer la tombe abandonnée de Marius Méyère, un résistant né dans le village et mort pour la France, abattu par des Allemands en 1944. Le maire de Peipin a ensuite proposé à la maison du combattant de s’installer dans les locaux de l’ancienne mairie, mesure qui doit encore être votée en conseil municipal. Après avoir rénové et remis en état le bâtiment, les membres de l’association ont pour projet d’y installer le premier musée du département consacré à la Seconde Guerre mondiale. La maison du combattant devrait signer un bail de 10 ans.

    « L’objectif serait de pérenniser le devoir de mémoire en s’adressant aux jeunes. Il faut que l’on suscite la curiosité des enfants », explique Patrick Agli. Son association compte sur les subventions de l’État ou encore de financeurs privés pour ce projet. Le bâtiment de 200 mètres carrés pourra également servir à « héberger certaines associations partenaires », avance le président de la maison du combattant, qui n’a pour l’instant pas de locaux, mais est domiciliée à Sisteron.

    Un maillage

    sur tout le département

    L’association compte déjà une quarantaine d’adhérents, et trois vice-présidents. Elle espère en recruter deux nouveaux pour avoir « un maillage complet » sur le département. Parmi les trois existants, Hubert Tassel, ancien colonel chasseur alpin, historien et chercheur ubayen, a récemment été enrôlé.

    L’association souhaite également organiser des conférences avec divers intervenants, et répertorier les sites ayant facilité le débarquement de Provence. « Le département, communiste à l’époque, fourmillait de maquisards, c’était l’un des plus actifs », avance Patrick Agli. Les membres du bureau ont déjà rencontré les élus de plusieurs mairies, comme celles de Sisteron et de Mison.

  • Au tour du grand col du Noyer de faire peau neuve

    Au tour du grand col du Noyer de faire peau neuve

    Cyclistes, randonneurs, touristes… À 1 664m d’altitude, sur le Col du Noyer, où s’achève abruptement le massif du Dévoluy pour laisser place à la vallée du Champsaur, règne une agitation de petit centre-ville. C’est pour mieux gérer ces croisements de flux que la signalétique, les espaces de stationnement, le mobilier public et les supports pédagogiques ont été repensés au Col du Noyer. Des aménagements que le président du Département Jean-Marie Bernard (LR) est venu inaugurer ce lundi matin sur place.

    Depuis plusieurs années, le Département s’est lancé dans une politique de réaménagement des « Grands cols », au Galibier, à Agnel, à Vars, à l’Izoard, au Lautaret, au Noyer et au Granon. « Je me suis interrogé en circulant dans le département, explique Jean-Marie Bernard. On voyait des cols un peu abandonnés, le col du Lautaret il y avait de vieux bâtiments et pas d’aménagements, le Noyer pareil, le col de l’Isoard, il n’y avait qu’une stèle ancienne qui datait de la guerre de 40, des stationnements un peu n’importe comment… Bref, rien d’organisé. Ce n’était pas la bonne solution pour valoriser la montagne haut-alpine. » Après le Noyer, Jean-Marie Bernard projette de terminer les travaux du Col du Lautaret avant la fin de l’année, ceux des cols Agnel, du Galibier et de Vars sont à l’étude. Au total, les opérations, à hauteur de 6 millions d’euros sont prises à 80% en charge par l’État, l’Europe et la région Paca. Enjeu spécifique du Noyer, le réaménagement a permis de mieux préserver les sols polygonaux, des renfoncements et surélévations des sols, formés durant la dernière ère glaciaire quaternaire.

    Protéger les sols polygonaux du Noyer

    Au printemps, une végétation spécifique pousse dans ces aspérités, dessinant ainsi des lignes et des motifs qui rappellent des polygones. « Le col était peu organisé et parcouru de manière libre et un peu anarchique, et les sols polygonaux étaient parfois utilisés comme zone de stationnement ou zone de déambulation motorisée, explique Guillaume Laulan, paysagiste concepteur chez Topo Grafik, entreprise qui a participé aux travaux. Or, c’est une formation géologique assez exceptionnelle, on en trouve dans l’Himalaya mais aussi et surtout sur Mars, car ce sont des sols qui se forment dans des moments très froids et des conditions géologiques très particulières. » Désormais, le stationnement réorganisé préserve ces sols que l’on peut observer depuis l’un des sentiers créés autour du col.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la lutte continue contre les feux

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la lutte continue contre les feux

    Les pompiers continuent à lutter « sans relâche » contre les deux incendies survenus ce week-end, qui avaient parcouru 82 hectares à Bayons et 21 hectares à Thorame-Basse, lundi en fin de journée.

    Si le feu survenu à Thorame-Basse ne progresse plus, celui de Bayons continue à se répandre. Environ 60 sapeurs-pompiers et 30 engins traitaient lundi les différents foyers encore en activité. Leur travail a permis d’éviter toute propagation vers les zones habitées. Un sapeur-pompier a été légèrement blessé au cours des opérations.

    Les soldats du feu travaillent à Bayons dans « un environnement particulièrement exigeant, caractérisé par un relief très escarpé, de forts dénivelés et des secteurs difficilement accessibles. Ces conditions imposent des progressions lentes et complexes, aussi bien pour les moyens aériens que pour les personnels engagés à pied », a indiqué le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis).

    Des renforts envoyés

    Trente sapeurs-pompiers étaient par ailleurs mobilisés lundi à Thorame-Basse, dans une dizaine d’engins. « Ils y sont renforcés par un moyen aérien de la sécurité civile afin d’acheminer du personnel et matériel au sommet du feu. L’équipe feu tactique a travaillé dimanche soir à limiter la progression du sinistre sur son flanc gauche », a relaté le Sdis. Un groupe d’intervention feux de forêt des Alpes-Maritimes ainsi que des moyens aériens nationaux y ont également été envoyés en renfort. « Le sinistre a évolué dans un secteur particulièrement difficile d’accès, au sein d’un relief escarpé, rendant les opérations de lutte particulièrement complexes », comme à Bayons, a constaté le Sdis 04.

  • Les grosses ficelles du maire de Bandol pour s’extraire de ses obligations légales

    Les grosses ficelles du maire de Bandol pour s’extraire de ses obligations légales

    Depuis plus de 25 ans, la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) impose à de nombreuses communes de disposer d’un minimum de 20 à 25% de logements sociaux afin de favoriser la mixité sociale et de répondre à la pénurie d’offres locatives abordables et dignes. Une obligation atteinte par une seule collectivité dans le Var (La Garde) sur les 44 concernées. Or, si à l’instar de Toulon certaines font montre de bonne volonté, s’évertuant à trouver des solutions malgré un foncier qui se fait rare, d’autres ne savent plus quoi inventer pour se soustraire à leurs obligations. Telle la ville de Bandol qui fait preuve d’originalité en mettant en avant la nécessité d’une bien opportune prévention des risques, incendies entre autres.

    De bien grosses ficelles qui font s’étrangler le militant logement Jean-Paul Jambon. Ce dernier dénonce ici la manœuvre qui vise à démontrer que plus de 51% de la surface communale est en risque important de feux de forêts ; mais aussi que la présence de la ligne SNCF par laquelle transitent selon l’édile de fréquents transports de matières dangereuses devrait permettre de classer une partie de la commune en site Seveso pour risque d’accidents majeurs.

    Pour ce qui est des chiffres, bien concrets, eux, rappelons que la collectivité atteignait péniblement les 8,69% de logement social en 2024 et que 360 familles bandolaises sont toujours en demande d’attribution.

    360 familles en attente

    de logements sociaux

    Un stratagème qui pourrait, en plus d’être dommageable pour les plus modestes, venir ternir aussi l’image même de la cité balnéaire. « Qui viendra habiter ou passer ses vacances dans une commune présentant de tels risques ? », interroge Jean-Paul Jambon, en rappelant les obligations d’informer les acquéreurs lors d’une transaction avec un risque évident de perte de valeurs pour les maisons construites dans les collines, ou les logements bordant la voie ferrée. Avec en parallèle aussi une augmentation des primes d’assurances découlant de la nouvelle situation. Ce qui aurait pour conséquence de heurter « la sensibilité » même d’un électorat pourtant de prime abord, par dogmatisme ou (et) égoïsme, hostile aux logements sociaux auquel le maire semble vouloir répondre.

    Un projet qui a peu de chances d’aboutir mais qui donne l’occasion de pointer le risque majeur, bien réel celui-ci, pour Bandol qui est de se voir appliquer des majorations pouvant aller jusqu’à 500% à cause du manque manifeste de volontarisme. Le militant logement va plus loin dans le raisonnement et pose que « si le souci premier est la protection des biens et des personnes, les incendies actuels dans le Var obligeant à réfléchir à l’urbanisme, le principe de précaution voudrait donc qu’à Bandol plus aucun permis de construire ne soit accordé du fait du risque d’exposition aux incendies ou de la dangerosité liée aux transports de produits dangereux ».

    Pas sûr que cela fasse les affaires de tout le monde.