Category: politique

  • Conseil municipal de Toulon : Pontcarral n’a que faire de jugement moral

    Conseil municipal de Toulon : Pontcarral n’a que faire de jugement moral

    Avant même que ne débute l’ordre du jour le conseiller municipal RN Amaury Navarranne a demandé la parole pour revenir à nouveau sur l’attribution de subvention au club de Pontcarral, voté au cours du conseil municipal précédent. L’élu d’opposition a tout de même commencé son propos par avoir « une pensée pour les enfants de cette mère de famille et la communauté comorienne ». Les bons sentiments s’arrêtant là. Mais avant d’en arriver sur le fond de son intervention, Amaury Navarranne fustige la forme, en se plaignant d’avoir été questionné à la fin de la séance précédente par un élu de la majorité sur ce qu’est la politique sociale du RN concernant les quartiers populaires. C’est pour lui intolérable.

    « Nous n’avons aucun problème avec les quartiers », s’insurge-t-il. Ah d’accord ? C’est bon de le savoir. Le conseiller municipal s’estime donc victime d’un procès d’intention puisque ce qui lui tient vraiment à cœur c’est l’argent public et ces « 5 000 euros demandés par le club pour clôturer la saison en cours dans des conditions matérielles et sportives décentes ». Et puisque cela concernerait des frais d’arbitrage, l’élu conclut : « On a nous un jugement moral un peu différent du vôtre. » Le problème c’est que ce n’est pas justement de jugement moral dont ont besoin les quartiers populaires mais de moyens M. Navarranne.

    « Il y a un intérêt à travailler les politiques sociales dans ce quartier », lui a répondu Josée Massi.

  • Quand la bonne santé financière de Toulon irrite l’extrême droite

    Quand la bonne santé financière de Toulon irrite l’extrême droite

    Après l’élection des membres des différentes commissions, l’ordre du jour s’est poursuivi par le chapitre des finances avec la présentation du rapport sur la dette de 2025 et la stratégie mise en place pour assurer « une gestion prudente, sécurisée et rigoureuse ».

    La maire de Toulon Josée Massi (SE), a rappelé que celle-ci s’élève aujourd’hui à 55,2 millions d’euros, ce qui représente un endettement par habitant de seulement 299 euros. Un montant qu’il convient de rapprocher de ceux des villes de la même strate qui se situe à 1 085 euros en moyenne. Donc 3,5 fois plus. La 1ère magistrate précisant que le Port du Levant est classé 2e ville-centre des 22 métropoles les moins endettées mais aussi 2e grande ville de France parmi les villes de plus de 100 000 habitants.

    « Toulon reste en effet dans le palmarès des villes les moins endettées de France », insiste-t-elle, « avec une dette, en plus, entièrement sécurisée et une capacité de désendettement inférieure à 2 ans contre une moyenne de 5,4 ans ».

    Une gestion de la dette qui repose sur une diversification des partenaires bancaires et une mise en concurrence régulière afin d’obtenir des conditions financières optimisées. Tout cela ajoute Josée Massi « permet de financer à un niveau soutenu des dépenses d’équipements, tout en augmentant les indicateurs d’endettement particulièrement favorables ».

    Le RN et sa mauvaise foi

    Sur ce, la conseillère municipale RN Laure Lavalette est montée au créneau pour, contre toute attente, ne pouvant que constater la bonne santé financière de la ville, pilonner cette politique de désendettement en préférant y voir plutôt « un sous-investissement ».

    L’élu fustigeant au passage assez malhonnêtement « les baisses des dotations de l’État qui peuvent mettre les communes en difficulté », alors que l’extrême droite les a approuvées à l’Assemblée nationale.

    Pour la diva des plateaux télé « en matière de vraies dépenses d’infrastructures, le compte n’y est pas ».

    Et de poursuivre sans en être on dirait véritablement persuadée : « Vous avez gagné les élections, Madame le maire, c’est donc votre programme qui doit s’appliquer. Mais n’hésitez pas à piocher dans notre projet ambitieux. »

    Elle revêt ensuite, métaphoriquement, avec beaucoup de démagogie, son maillot rouge et noir de supportrice du RCT pour prétendre que « l’avenir du rugby d’élite » est entre les mains de Josée Massi. Carrément. « Vous allez avoir des arbitrages importants qui vont engager l’avenir du club », ajoute-t-elle, en se permettant de conclure par un « Osez, Josée ! », ressortant un slogan de campagne de la majorité élue.

    « Rassurez-vous, madame Lavalette, les Toulonnais ont osé puisque c’est nous qui sommes là », lui a tranquillement répondu la maire de Toulon, en rappelant pour commencer qu’après la gestion désastreuse de la ville par le Front national de 1995 à 2001, le Port du Levant croulait sous 190 millions d’euros de dette.

    Et de conclure : « Vous me parlez du RCT, vous étiez favorable à la construction d’un stade de 400 millions d’euros… Mais je ne crois pas que les résultats du RCT aujourd’hui ont un lien avec le stade. » Eh oui, ça se saurait !

  • Pierre Villard, président du Mouvement de la paix en Paca : « Un plan d’action contre l’armement nucléaire »

    Pierre Villard, président du Mouvement de la paix en Paca : « Un plan d’action contre l’armement nucléaire »

    Cinquante représentants régionaux du Mouvement de la paix se réunissent samedi 23 et dimanche 24 mai pour établir un plan d’action contre l’armement nucléaire. Parmi eux, 25 représentants du comité Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Pourquoi un plan d’action ?

    Pierre Villard : L’élection présidentielle approche à grand pas. Il est temps pour nous de renforcer nos mobilisations publiques et faire-valoir nos convictions. Le président s’est revêtu de son habit de chef de guerre, avec des augmentations depuis 2024, dans les budgets consacrés à l’armée. Aujourd’hui, le Parlement adopte des programmes qui bafouent le traité d’interdiction des armes nucléaires. Nous organiserons des débats publics, interpelleront les municipalités pour qu’elles soutiennent ce texte, et promouvront la paix sur les 12 mois à venir.

    Quels seront les temps forts de ces colloques ?

    P.V. : Les échanges demain [samedi] matin s’ouvriront sur un état des lieux de la posture française vis-à-vis des armes nucléaires. Ensuite, à 17h30 nos partenaires étrangers interviendront par visioconférence. Nous recevrons, entre autres, Carlos Umana, représentant de l’alliance pour le désarmement en Espagne, Sophie Bolt, secrétaire générale d’une organisation anglaise (CND), et deux autres activistes dont un Belge et un Allemand. Ces échanges nous permettront de partager nos connaissances, et ainsi réfléchir ensemble au plan d’action que nous établiront dimanche.

    Qu’allez-vous présenter de votre côté ?

    P.V. : Nous avons accueilli en novembre dernier, la Tournée française du Prix Nobel de la paix 2024 pour un mouvement de sensibilisation d’envergure. En près d’une semaine, six des survivants d’Hiroshima ont rencontré plus de 6 000 personnes de la région. Un réel succès puisque plusieurs maires ont pu échanger avec les survivants qui sont aussi intervenus dans les établissements scolaires pour avertir sur les dangers des armes nucléaires. Ces échanges seront l’occasion pour nous de partager aux Comités des autres régions notre expérience, et nos idées, pour qu’ils puissent recevoir cet événement à leur tour.

    Entretien réalisé par Calypso Sadousty

  • Fabien Roussel : « J’appelle à avoir un Parti communiste le plus uni possible »

    Fabien Roussel : « J’appelle à avoir un Parti communiste le plus uni possible »

    La Marseillaise : Vous venez participer à la Feria de Nîmes, ce week-end. Pourquoi ce déplacement ?

    Fabien Roussel : La Feria de Nîmes est une des plus grandes fêtes populaires de notre pays, avec une ville de 150 000 habitants qui va accueillir, pendant quelques jours, un million de visiteurs ! C’est une si belle fête, j’ai envie tout simplement de la partager avec beaucoup de monde. Surtout, je vais avoir le plaisir de pouvoir le faire avec le nouveau maire de Nîmes, Vincent Bouget, et les militants qui ont participé à cette victoire. C’est une fierté !

    Nîmes est la plus grande ville remportée par le PCF, lors de ces municipales, et face à l’extrême droite. Quelles leçons en tirer au moment où s’ouvre une nouvelle séquence politique ?

    F. R. : J’ai retenu une chose du choix qu’ils ont fait à Nîmes : de construire un programme avec les habitants, quartier par quartier, rue par rue, pendant plus d’un an, et ensuite de mener campagne sur ce programme en ne parlant que de leur programme, sans jamais parler des adversaires. J’ai fait la même chose dans ma commune de Saint-Amand-les-Eaux. C’est une leçon de ces élections municipales que nous devrions reproduire plus souvent.

    Face à la flambée du prix des carburants, vous appelez à nationaliser Total. Cela suffit-il face aux grandes crises internationales ?

    F. R. : La nationalisation de Total n’est pas une fin en soi, ce n’est pas ça qui va régler tous les problèmes, nous en avons bien conscience. Ce que nous demandons d’abord, c’est de bloquer les prix à 1,50 euro et de baisser les factures d’électricité, parce que nous sommes dans une situation où nous produisons beaucoup d’électricité, à tel point que nous ne savons pas quoi en faire ! Et, enfin, il faut augmenter les salaires et les pensions de retraite de 5% immédiatement pour protéger le pouvoir d’achat des Français, la consommation et relancer l’économie par la consommation. Ces trois mesures sont indispensables. Nationaliser Total, c’est reprendre la main sur une entreprise qui a vocation à être une entreprise d’État : c’est une entreprise stratégique, c’est incompréhensible pour nos concitoyens que ce grand groupe profite de la guerre pour accumuler près de 6 milliards d’euros de bénéfices en un trimestre, alors que cet argent devrait servir à baisser le prix à la pompe.

    Le tissu industriel est frappé par les pénuries de matières premières après la guerre des États-Unis contre l’Iran. Comment réaliser la réindustrialisation défendue par les communistes ?

    F. R. : Puisque le gouvernement apporte des mesures qui sont loin de faire le compte et que nous craignons une récession dans les mois qui viennent, nous appelons à une semaine d’action devant les préfectures, entre le 28 mai et le 4 juin, pour interpeller partout l’État sur la vie chère et l’emploi. Les défaillances d’entreprises n’ont jamais été aussi nombreuses, notre économie est hyper fragilisée, il y a besoin de la protéger et de créer, dans chaque région, une cellule de crise rassemblant les représentants des salariés, les services de l’État et les banques, pour trouver des solutions face à chaque menace qui pèse sur une activité industrielle. Il faut stopper cette hémorragie d’emplois industriels immédiatement, sinon, nous allons continuer à nous affaiblir.

    Dans les Bouches-du-Rhône, nous avons eu l’exemple de l’abandon du projet de la plus grande fabrique de panneaux solaires d’Europe, face à la concurrence internationale. Comment reconquérir une souveraineté industrielle ?

    F. R. : La France a plein de richesses, d’énergie, de compétences, permettant d’être un pays beaucoup plus attractif, nous pourrions être leader dans plein de domaines. Nous produisons l’électricité la plus décarbonée et la moins chère de toute l’Union européenne, nous avons demandé la baisse de son prix de l’électricité de 30%, pour que les entreprises puissent investir chez nous. Et nous appelons à la mise en place d’un plan de relance, un pacte de confiance et d’avenir que nous avons estimé à 500 milliards d’euros, sur cinq ans, afin de prêter à taux zéro voire négatif pour relocaliser l’industrie en étant vigilants sur les critères écologiques et d’emploi, pour que cet argent soit socialement utile.

    Ces milliards, le gouvernement les consacre au réarmement en abondant de 36 milliards d’euros la loi de programmation militaire…

    F. R. : Avec Cécile Cukierman et Stéphane Peu, nous avons interpellé Sébastien Lecornu pour lui demander solennellement de changer de politique, pour éviter à tout prix une récession. Au lieu d’investir dans l’armée, dans les bombes, dans les guerres à l’étranger, nous lui demandons d’investir dans les services publics que les Français réclament : la santé, l’école, la lutte contre les narcotrafics. Et puis, il y a ces 211 milliards d’euros d’aides publiques versées à l’aveugle, sans contrepartie, y compris à de grands groupes qui n’en ont pas besoin. Nous demandons à les flécher vers les industries sur la base de critères sociaux et écologiques, pour que l’on relocalise des filières entières dans notre pays.

    Le PCF a engagé son 40e congrès, avec trois textes alternatifs face au projet de base commune du conseil national. Comment les accueillez-vous ?

    F. R. : Les communistes ont la culture du débat ! Nous aimons prendre le temps d’analyser la situation en France comme à l’internationale, pour avoir les meilleures réponses à apporter. Je regrette qu’il y ait autant de textes, car cela risque de fracturer et de diviser notre parti à un moment où, au contraire, nous avons besoin d’un parti solide pour défendre la classe ouvrière, tout comme nous avons besoin de syndicats solides. Il ne faut pas avoir peur du débat, débattre en toute sérénité et se rassembler pour mener ce combat contre l’extrême droite, pour la paix en Europe et dans le monde. La base commune que la direction sortante propose, que je défends et qui a été adoptée à 77% par le conseil national, est largement amendable. Elle doit être enrichie. J’ai entendu à travers les textes alternatifs les remarques, les manques, les doutes. Nous allons avoir tout le temps du congrès pour les intégrer, sur la base de cette base commune que nous proposons. J’invite les communistes à l’adopter pour avoir un parti le plus uni possible dans la préparation de ce congrès.

    Le coordinateur national de la

    France insoumise Manuel Bompard assurait, ce vendredi, que les communistes sont des alliés naturels et demandait de ne pas instrumentaliser LFI dans les débats internes du PCF. Que lui répondez-vous ?

    F. R. : Je regrette tous ces messages qui circulent sur les réseaux sociaux partagés par des militants et des dirigeants de la France insoumise pour appeler les communistes à me battre et à battre la base commune du CN. C’est de l’ingérence et c’est insupportable. Quant à Manuel Bompard, qui dit que nous sommes un allié naturel, il expliquera cela aux maires communistes devant lesquels il a mis des candidatures de la France insoumise pour les faire battre lors des dernières municipales. On ne fait pas ça à un allié. Ce qui s’est passé aux élections municipales restera une expérience vécue douloureusement.

  • « La Marseillaise » mobilisée face aux attaques de l’extrême droite

    « La Marseillaise » mobilisée face aux attaques de l’extrême droite

    Faire bloc face aux assauts menés par l’extrême droite. Après l’attaque en justice pour diffamation contre La Marseillaise, son président et directeur de publication Léo Purguette et l’un de ses journalistes, Tristan Arnaud, par le député du Gard Alexandre Allegret-Pilot, un procès devait de tenir le 7 avril dernier, au tribunal correctionnel de Marseille. La présidente a choisi de fixer la date du procès au fond au 6 avril 2027.

    Citoyens, élus, militants syndicaux, politiques ou associatifs, clubs de la presse de la région…. Depuis la notification de cette plainte dont s’est saisie une magistrate, de nombreuses personnes issues d’horizons divers témoignent de leur soutien à La Marseillaise dans ce combat. Les rassemblements organisés depuis plusieurs mois, à l’initiative des Amis de La Marseillaise et leur président Serge Baroni, du syndicat CGT et des personnels du journal réunissent des centaines de personnes.

    En cause, dans cette procédure initiée par le député d’extrême droite, deux articles, comme l’avait détaillé Léo Purguette, le 25 septembre 2025, jour de l’audition par la juge : « Le premier, parle de ses tweets et les qualifie de racistes, misogynes et transphobes. D’ailleurs, la plateforme X (ex-Twitter), dont on sait qu’elle n’est pas la propriété d’un bolchevique, a supprimé ses tweets et verrouillé son compte, tellement ils étaient outranciers. Le deuxième article, très classique, cite l’enquête de nos confrères du Monde, qui ont remonté le fil du parcours professionnel de ce député. Lorsqu’il était fonctionnaire de Bercy, il a attribué une subvention à une entreprise qui n’était pas encore créée. Ce qui pose évidemment quelques questions. Figurez-vous que nous citons cette enquête du Monde, mais Le Monde, lui, n’est pas attaqué, comme me l’a confirmé Philippe Broussard, de la direction de la rédaction du Monde. »

    La Marseillaise maintient ses écrits, dénonce une procédure bâillon et appelle à la solidarité financière pour assurer sa défense ainsi qu’à la mobilisation de toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse.

  • Alexandre Basquin : « Nous sommes à l’ère d’un totalitarisme numérique »

    Alexandre Basquin : « Nous sommes à l’ère d’un totalitarisme numérique »

    Aux côtés du sénateur écologiste Thomas Dossus, du député LFI Pierre-Yves Cadalen et du secrétaire fédéral du PS 84 Patrick Blanès, Alexandre Basquin participera dimanche à l’un des temps forts de la Fête de La Marseillaise à Avignon : un débat sur le numérique et son impact sur la démocratie.

    La Marseillaise : Quel sera le sens de votre propos dimanche ?

    Alexandre Basquin : Tout d’abord, comme sénateur je fais partie du groupe d’études numériques et suis membre d’une mission d’information sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle. Mais au-delà du Sénat, j’essaye de rendre la question du numérique citoyenne et politique. J’ai publié, en mars, un essai « Numérique, stop à l’exploitation ». Je dois être l’un des seuls parlementaires de France à ne pas avoir de réseaux sociaux. J’ai toujours eu une petite méfiance face à ces outils. Depuis que je les étudie, c’est devenu une défiance : ce qu’on nous faisait croire comme étant une liberté nouvelle est avant tout une forme d’aliénation. Le modèle économique des géants du numérique fait qu’il faut que vous soyez de plus en plus longtemps sur les écrans, à polariser les contenus, de manière à monétiser votre attention et à piller vos données personnelles. Nous sommes les pantins de grands marionnettistes que sont les gens du numérique. Une forme d’ère de totalitarisme numérique. Très loin de la création d’Internet, porte publique ouverte sur le monde, qui avec l’arrivée des fournisseurs d’accès privés est devenu un monstre numérique, qui nous exploite à des fins économiques, commerciales et politiques.

    Dans cette jungle, la régulation est-elle illusoire ?

    A.B. : Chacun est libre d’utiliser les outils qu’il souhaite. J’ai porté l’idée d’une COP du numérique comme ce qui existe sur la COP environnementale. J’essaie d’éveiller un peu les consciences en disant « Ne croyez pas que vous êtes libres sur ce type d’outils, parce que derrière, il y a des enjeux algorithmiques qui font qu’on vous oriente de manière à ce que vous consommiez toujours plus ». Les études montrent que sur le réseau social X, un mensonge se répand 6 fois plus vite qu’une vérité. Je ne crois pas à une forme de régulation pour la simple raison que ces géants du numérique sont extrêmement puissants et pratiquent un lobbying fort auprès des instances européennes. Ces GAFAM pèsent plus que le PIB de certains États. Face à cela, notre force, c’est le collectif. Ces géants sont au pied d’argile et ne vivent qu’à travers nos usages. Si demain les 3,4 milliards d’utilisateurs de Facebook s’en vont, tout s’écroule. Alors c’est peut-être utopiste et idéaliste. Il y a quand même des prises de conscience. En France, le fait qu’on avance sur l’interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans, quand on voit tous les effets néfastes sur notre jeunesse en termes d’isolement et de santé mentale, est un bon premier signe bien qu’insuffisant.

    En quoi est-ce un danger pour la démocratie ?

    A.B. : Les enjeux démocratiques sont importants et de deux ordres. Le premier, c’est l’utilisation des outils numériques à des fins d’ingérence étrangère, de manipulation électorale, de cybercriminalité. En 2024, 80% des élections qui ont eu lieu dans le monde ont été impactées par l’intelligence artificielle avec des manipulations à grande échelle dans le cadre des réseaux sociaux. Le second enjeu, c’est par rapport à la philosophie des géants du numérique eux-mêmes, qui ne veulent qu’une chose : que nous soyons isolés devant nos écrans. Ils honnissent toute forme de solidarité, de collectif. Si vous êtes plusieurs en train de discuter sur une terrasse de café, vous n’êtes pas devant votre écran d’ordinateur. Tout est fait à travers l’économie de l’attention pour que vous soyez toujours plus devant vos écrans pour alimenter leur caisse à profit. Mais au-delà de ça, ils portent aussi une philosophie politique. Par exemple, Mark Zuckerberg [fondateur de Facebook] ou Elon Musk [propriétaire d’X], sont des libertariens. Ils portent en étendard la liberté individuelle avant toute autre considération, y compris avant la démocratie. Ils sont contre toute forme d’État-nation et luttent contre toutes les régulations qu’on peut leur imposer. Donc, c’est vertigineux, extrêmement effrayant. Cela participe d’un mouvement antidémocratique. Parce que demain, des vidéos seront montées de toutes pièces et vous n’allez plus distinguer le vrai du faux. Et dans une démocratie, en période électorale, ça peut amener à des comportements extrêmement violents.

  • Fête de la Marseillaise : la culture de paix à l’honneur sur les plages du Mourillon

    Fête de la Marseillaise : la culture de paix à l’honneur sur les plages du Mourillon

    Cette année encore c’est sur le parking des plages du Mourillon que votre journal de lutte et de classe invite le public à venir faire la fête mais aussi débattre et s’informer auprès des acteurs de la vie politique et syndicale qui mènent toute l’année sur le terrain et dans nos colonnes la bataille des idées et défendent le monde du travail. Nul doute qu’après la grande bagarre des municipales qui a permis de sauver Toulon des griffes de l’extrême droite mais a vu tomber, ne serait-ce que dans la métropole, La Seyne, La Valette et Six-Fours dans son giron, les sujets ne vont pas manquer. D’autant que dans quelques mois va avoir lieu l’élection présidentielle de tous les dangers.

    Un rendez-vous qui va mettre en avant le monde du travail sous le feu d’une politique austéritaire mais aussi la solidarité et la fraternité, ici comme ailleurs à l’international. Le thème crucial de la paix sera d’ailleurs mis au premier plan avec sur scène le président de notre journal et directeur éditorial Léo Purguette qui va animer le débat entre Vincent Boulet, dirigeant du Parti de la gauche européenne et responsable du secteur européen du PCF et le secrétaire de l’Union départementale CGT du Var Richard Roméo-Giberti. Là encore, dans un moment où les interventions militaires illégales se multiplient à travers le monde causant mort et destruction, et que l’on cherche à imposer une économie de guerre au détriment des services publics et du progrès social, les échanges avec les participants ne devraient pas manquer. Et pourquoi pas des idées émerger pour mener une contre-offensive progressiste contre la militarisation des esprits.

    « On est assez content d’y participer puisque ça s’inscrit dans tout un processus qu’on a initié dès le mois de mai 2023 avec un débat au congrès de l’UD intitulé Paix, internationalisme et désarmement », déclare le patron de la CGT varoise. Et de poursuivre : « Et parler de paix dans cette période brûlante, je crois que ça nous honore. »

    Il y sera question de Pôle public de Défense et de la nécessité de « bâtir l’autonomie stratégique européenne avec une politique non pas de confrontation de blocs mais une logique de sécurité collective », comme le développera Vincent Boulet.

    Bref, notre titre va tout au long de la journée continuer à jouer en direct son rôle. Parce que comme le dit si bien André De Ubeda (PCF), l’ancien conseiller municipal d’opposition de Toulon en Commun toujours mobilisé pour plus de justice sociale dans le Port du Levant : « La Marseillaise c’est la résistance lors de sa création et aujourd’hui plus que jamais. Le journal est un repère pour ne pas dire un phare pour les progressistes et un aiguillon pour l’autre presse. » Un journal, insiste le secrétaire départemental de la fédération communiste Pierre Daspre, « qui donne la parole aux travailleurs en lutte, aux militants politiques, syndicaux et associatifs et qui fonctionne comme une caisse de résonance pour tous ceux avec qui nous menons des combats communs. »

    Encore une journée de fête et de lutte joyeuse.

  • Gilles Vincent réélu présidentdu Sittomat

    Gilles Vincent réélu présidentdu Sittomat

    Le nouveau comité syndical du Syndicat intercommunal de transport et de traitement des ordures ménagères de l’aire toulonnaise (Sittomat) s’est réuni mercredi pour la première fois. Cette séance a permis d’élire le président, le maire de Saint-Mandrier, Gilles Vincent, qui rempile pour un nouveau mandat. À ses côtés figurent cinq vice-présidents :

    – Ange Musso (Métropole TPM)

    – Franck Bertoncini (Sud Sainte-Baume)

    – Thomas Dombry (communauté de communes Golfe de Saint-Tropez)

    – Patrick Martinelli (Méditerranée Portes des Maures)

    – Jean-Luc Vitrant (Vallée du Gapeau)

  • À Miramas, l’Union locale CGT invite Meriem Laribi pour son deuxième livre

    À Miramas, l’Union locale CGT invite Meriem Laribi pour son deuxième livre

    «J’ai décidé d’écrire ce deuxième livre comme un plaidoyer contre la solution à deux états. » C’est de cette manière que la journaliste indépendante Meriem Laribi motive l’écriture de son deuxième livre, Palestine, le droit à l’existence (Éditions critiques, 128 pages). À l’occasion de sa sortie, l’écrivaine collaboratrice du Monde Diplomatique, d’Orient XXI et de Politis, est invitée par l’Union locale CGT de Miramas, ce vendredi soir.

    Meriem Laribi pose une question épineuse : « Comment est-il possible de mettre en place une solution à deux états alors que le projet sioniste ne l’envisage pas ? ». Elle parle d’un projet qu’elle juge « colonial, raciste et suprémaciste ». « On ne peut pas envisager une décolonisation à moitié », affirme-t-elle, renvoyant à une histoire autant personnelle que partagée. « Je suis née et j’ai grandi en Algérie. On ne pourrait pas imaginer un État algérien et français en Algérie », compare-t-elle. La question centrale, selon l’autrice, est de « laisser les dominés trouver leurs solutions », à condition « d’inverser le rapport de force » et de « libérer tous les prisonniers politiques ».

    « Contre la guerre »

    L’Union locale CGT propose cette initiative car « les premières victimes de la guerre sont des gens de notre classe, les travailleurs », selon Jérémy Zucchelli, secrétaire de l’UL. « La CGT est internationaliste, contre la guerre et le colonialisme », ajoute le responsable, autant pour Gaza que Cuba. Il insiste sur le fait que « faire la guerre ailleurs nous impacte ici, où on détruit nos services publics et on nous fait travailler plus longtemps ».

    Le rendez-vous est donné à 18h30, ce vendredi, au local de la CGT des cheminots de Miramas, 15 rue Voltaire.

  • À Toulon, la gauche intègre la commission finances et celle des services publics

    À Toulon, la gauche intègre la commission finances et celle des services publics

    Après l’approbation des procès-verbaux des deux dernières séances, celle d’hier s’est concentrée sur l’élection des membres des commissions dans lesquelles se construisent souvent les orientations en termes d’urbanisme, de transports, de logement, de finances, de transition écologique ou de développement économique de la collectivité, avant leur adoption en conseil métropolitain de Toulon-Provence-Méditerranée (TPM).

    Dès lors, la présence de l’opposition en leur sein ne relève pas d’un simple équilibre symbolique, mais garantit le pluralisme démocratique et fournit aux élus un précieux regard en amont des dossiers afin de préparer leurs interventions publiques, d’exprimer leurs réserves ou de demander des renseignements complémentaires.

    La présidente de la Métropole, Josée Massi (SE), dans un souci de transparence, a plus que jouer le jeu des équilibres politiques dans les listes constituées. Et la gauche, réduite à la portion congrue dans cette assemblée, avec un seul élu – le conseiller municipal d’opposition de La Seyne, Stéphane Sacco (GRS) –, a ainsi pu accéder à la stratégique commission finances ainsi qu’à celle concernant les services publics locaux.

    L’élu du groupe Alternative progressiste a confié sa satisfaction d’avoir vu sa candidature retenue à deux reprises : « D’être présent à la commission finances permet de voir en amont tous les projets qui vont sortir. Elle donne une visibilité complète sur l’ensemble des autres commissions. » Et de poursuivre : « C’est important pour nous, opposition de gauche, parce que ça va nous permettre d’avoir un aperçu de tout ce qui va se passer pour notre ville de La Seyne-sur-Mer et d’essayer de porter la voix de La Seyne qui pâtit de la victoire de l’extrême droite à sa tête. »

    Pluralisme démocratique

    Avoir un regard sur les projets alors qu’ils sont en phase d’étude, donc avant leur présentation officielle, donne en effet accès aux informations et la possibilité de poser des questions, de demander des précisions et d’alerter, le cas échéant, sur certains risques ou incohérences.

    À noter également l’élection de la présidente de TPM comme représentante de la collectivité au conseil d’administration de la Société de la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur. L’occasion pour le 11e vice-président, Grégory Audibert, de rappeler que la Métropole toulonnaise « promeut le développement des transports en commun et des modes alternatifs à l’usage de l’autosolisme ».

    À ce titre, elle soutient le projet Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA), qui a notamment pour objectif, sur notre territoire, d’améliorer le cadencement des trains du quotidien au quart d’heure pour le RER toulonnais. Pour mémoire, l’établissement public Société nouvelle Provence Côte d’Azur a été créé pour gérer les financements des collectivités territoriales et des groupements de collectivités territoriales.

    Le vice-président de TPM et maire de Saint-Mandrier Gilles, Vincent (LR), va, lui, représenter la collectivité au sein du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), mais aussi au sein de l’Association nationale des élus littoraux (Anel) et de l’Agence régionale de la biodiversité et de l’environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur. Une élection qui va ravir l’Association de protection de l’environnement de Saint-Mandrier (APE) et France nature environnement, qui ne cessent de dénoncer, entre autres, le réensablement des plages de la commune, au mépris du Code de l’environnement et des banquettes de posidonies.

    Le conseil métropolitain a également approuvé la révision dite « allégée » du Plan local d’urbanisme de la commune de Hyères. Elle porte sur un projet agrotouristique dans le lieu-dit Sainte-Eulalie, situé au nord-est de la commune, à proximité du massif des Maures et de la vallée des Borrels.

    Ce projet implique notamment la création d’un secteur de taille et de capacité d’accueil limité (Stecal), qui permet la construction en zones A et N et offre ainsi la possibilité aux exploitations agricoles de se développer. À suivre.

    La séance s’est déroulée sans interventions des élus RN. Il devrait en être tout autrement, ce vendredi matin, au conseil municipal de Toulon.