Category: politique

  • [Université d’été ] Olivier Faure (PS) veut une « révolution interne »

    [Université d’été ] Olivier Faure (PS) veut une « révolution interne »

    À sept mois des élections municipales et un an et demi des élections présidentielles, le Parti socialiste tente de passer outre les divisions pour préparer au mieux ces élections. Entre Raphaël Glucksmann (Place publique) et le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, le PS veut (re)devenir le barycentre de la gauche. Et quoi de mieux que l’université d’été à Blois pour le réaffirmer ?

    « Le PS est au centre de tout ce qui s’agrège en ce moment à gauche avec notamment les unitaires. On espère arriver à faire bouger certains qui sont contre l’union à gauche parce qu’aujourd’hui, Glucksmann et Mélenchon, c’est le même combat. Les deux ne veulent pas l’union la plus large, mais c’est normal dans le calendrier actuel. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est qu’on a un PS qui, malgré les turbulences, continue d’avoir une dynamique unitaire », explique Basile Imbert, le nouveau chef de file du PS alésien.

    « Une doctrine socialiste du XXIe siècle »

    Si, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le programme et les invités n’étaient pas encore connus, plusieurs grandes dynamiques vont marquer le Campus socialiste comme la lutte contre l’extrême droite, le budget de la nation 2026 et la défense des services publics.

    Les Socialistes vont également échanger sur la méthode pour parvenir à devenir plus efficaces pour les prochaines échéances électorales. « Olivier Faure lance une révolution interne où nous allons vraiment plancher sur la réforme des statuts, sur notre façon de travailler, sur le fonctionnement du PS pour dépoussiérer davantage la vieille maison. L’idée c’est de faire la révolution du PS en dix mois », confirme Basile Imbert qui se rendra à Blois avec une vingtaine de Gardois. Aujourd’hui, c’est la députée européenne originaire du Gard Chloé Ridel, élue au bureau national, qui planche à l’élaboration du programme présidentiel de 2027. « L’idée c’est de porter enfin une doctrine socialiste au XXIe siècle », conclut le jeune socialiste.

    La présidente PS de la Région, Carole Delga réitérera de son côté ses Rencontres de la gauche à Bram dans l’Aude le 27 septembre.

  • Pierre Brandon, l’esprit de Résistance

    Pierre Brandon, l’esprit de Résistance

    Pierre Brandon, né à Tunis en juin 1915, avocat, résistant communiste, responsable du Front national de lutte pour la Libération de la France a eu mille vies.

    Certains l’ont rencontré avec ses camarades des brigades internationales de la guerre d’Espagne photographiant pour un journal des visages douloureux du camp de concentration d’Argelès, d’autres l’ont connu chef cuisinier d’un grand restaurant, coiffé d’une toque blanche, d’autres encore sont venus déposer des armes ou retirer des tracts et des armes à son épicerie, curieusement située en face du Palais de Justice de Toulouse et qui n’était qu’un important relais patriotique ; quelques-uns ont travaillé avec lui, lorsqu’il était docker à Bordeaux, ou comptable aux abattoirs ; il a manié la truelle sur des chantiers du bâtiment de Haute-Garonne et la mitrailleuse du résistant dans le Sud de la France. Nommé « Balzac » dans la clandestinité, responsable du Front national de lutte pour la Libération de la France, Pierre Brandon en est le représentant au Comité interdépartemental institué par le Gouvernement provisoire à la Libération. Redevenu avocat après la guerre, il est resté fidèle à ses convictions jusqu’à la fin de sa vie, en 2003.

    C’est à lui que l’on doit la création de La Marseillaise mais aussi le journal de la Résistance de Martigues, Le Patriote Martiguais, une publication disparue après la guerre mais aussi du Patriote Niçois, devenu depuis sa création l’hebdomadaire des Alpes-Maritimes, Le Patriote Côte d’Azur.

    À la recherche d’un moyen d’impression en 1943, c’est lui qui parvient à convaincre un imprimeur aixois, Eugène Tournel par l’entremise du Dr Paul Paret, médecin communiste qui avait fourni un faux certificat pour que le fils Tournel échappe au STO.

    Fin 1943, le premier numéro clandestin de La Marseillaise sort dans la nuit brune de l’occupation nazie, rue Bédarrides à Aix-en-Provence.

    Pierre Brandon rapporte dans ses mémoires la sensation qu’il a ressenti en tant cette toute première Marseillaise entre ses mains : « La voilà, je m’arrête de penser, de respirer, d’écrire. Je ne suis que joie, joie, joie ! Je la tiens avec amour, gratitude et fierté. C’est ma Marseillaise ! J’imagine un agent de la Gestapo à Marseille. Crevant de rage et de trouble à l’idée de ce que ses chefs vont lui dire. Et la gueule du préfet de Pétain ? Il me semble que désormais j’aurais moins peur de mourir entre leurs mains. Je me dirai : les salauds, je leur ai foutu La Marseillaise dans la gueule ».

    « Les salauds,
    je leur ai foutu La Marseillaise dans
    la gueule »

  • L’arc progressiste fait front contre l’imposture historique

    L’arc progressiste fait front contre l’imposture historique

    Face au coup politique du maire LR de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier, l’indignation dépasse largement la seule sphère communiste. Dans le camp progressiste la condamnation comme on l’a vu tout au long de la semaine est unanime. Personne n’est dupe des réelles motivations de l’édile très droitier qui a parrainé Marine Le Pen en février 2022 à l’élection présidentielle. « Sans la soutenir », se défendait-il aussitôt.

    « Nous ne pouvons pas accepter la réécriture de l’histoire et le parallèle fait par cette municipalité », souligne sans détour Michel Albenga, pour la fédération varoise du Parti socialiste. Pour le responsable politique, il est « impossible d’oublier tous ceux qui partageant cet idéal, qui se voulait universel et libérateur, ont payé de leur vie le combat contre le nazisme ». Et de poursuivre : « Nous ne pouvons oublier que le Parti communiste français et ses militantes et militants ont participé activement à la résistance intérieure pendant la Seconde Guerre mondiale. » Des propos sans équivoque suivi d’un appel à la mobilisation pour rappeler aussi à tous ceux qui cultivent l’amnésie collective « l’apport du PCF après la Libération ; notamment dans le cadre du Conseil national de la Résistance, et les progrès sociaux qui s’en sont suivis pour les citoyennes et citoyens de notre pays ». Tout est dit. Et pas par des communistes, cette fois.

    Le président de la Ligue des droits de l’homme de la section de Toulon-La Seyne, Roland Biache, met tout aussi clairement les points sur les « i ». Et précise : « Autant une journée contre les totalitarismes, tous confondus, ne pose pas de problème majeur, autant aborder la question du communisme ici, en occultant complètement la dimension de la résistance communiste, est une insulte à l’Histoire, une façon de la réécrire qui est scandaleuse. ». Et ce d’autant plus, insiste-t-il, que « cela rajoute un facteur de division dans notre société déjà un peu fracturée, alors qu’il faut refaire du lien. » Pour le militant associatif, « il y a suffisamment de dangers ! »

    Et de poursuivre : « Il oublie la collaboration des bons français avec les nazis, ça n’a pas de sens sur le plan historique, je le répète. Et c’est même une malhonnêteté intellectuelle, une falsification de l’histoire. » Il ne s’agit pas pour autant, pour la LDH, d’oublier ce qui s’est passé au Goulag. « Mais faire l’amalgame avec ce qui se passe en France et viser les communistes français, c’est aller au-devant du Rassemblement national et des idées d’extrême droite », prévient-il.

    Même son de cloche avec Daniel Saadoun (Les Écologistes) pour qui « tout cela est complètement aberrant, surtout à Saint-Raphaël ». « Ça dénote une méconnaissance totale de la situation locale puisqu’ici nombre de rues portent le nom de résistants communistes qui se sont battus pour la libération de la ville », s’insurge-t-il.

    Sur la forme, pour Emmanuelle Cocusse (Les Écologistes) élue d’opposition à Saint-Raphaël, c’est aussi grave. Avec « un manque total de respect de l’institution, c’est-à-dire du conseil municipal » : « Il va nous demander de voter à 11h30 la délibération portant sur la stèle qui sera déposée à 18h ; les journalistes et polémistes de CNews, qu’il présente comme des historiens, seront déjà en route » ; s’indigne-t-elle.

    Stéphane Sacco, le coordinateur régional de gauche républicaine et socialiste, résume : « Encore une fois la droite montre sa capacité à faire de l’œil à l’électorat du RN. Le maire de Saint-Raphaël bafoue les valeurs républicaines élémentaires et le respect des opinions politiques de chacun. Cela nous laisse présager du niveau des campagnes pour les municipales 2026. » En effet.