Category: politique

  • Robin Prétot dénonce la stratégie des petits pas de l’Afpa

    Robin Prétot dénonce la stratégie des petits pas de l’Afpa

    La Ville d’Istres enchaîne les bras de fer. Après avoir obtenu l’abandon du projet d’incinérateur porté par Suez, la majorité se mobilise à propos de La Poste. Le maire Robin Prétot (LR) l’a annoncé lors du conseil municipal : le bureau ne fermera pas. « Ses horaires sont adaptés en raison de la fréquentation et du besoin de recentrer les moyens », explique-t-il après avoir échangé avec la responsable locale. Une maigre victoire pour l’élu, qui y voit la même « stratégie des petits pas » à l’œuvre que du côté de l’Afpa, qui a annoncé un plan de restructuration.

    En Paca, 67 suppressions de postes pour 36 créations, adossées à un plan de départs volontaires, sont envisagées. À Istres, la totalité des formations qualifiantes dispensées par le centre serait rapatriée vers Marseille. « On nous explique que les plateaux techniques vont déménager d’ici deux ou trois ans, mais qu’il y aura toujours de l’accompagnement, s’agace le maire. On a l’impression que c’est la stratégie des petits pas, qui conduit petit à petit à fermer les différents locaux pour des économies d’échelle. » Et de prévenir : « Qu’ils ne s’imaginent pas qu’ils vendront ce dernier lot à un promoteur pour y faire des immeubles. Je m’y opposerai fortement ».

    Une petite victoire à noter : la majorité a voté un avenant au bail passé avec la société chargée d’implanter une station radio-électrique chemin du Bord de voie ouest. L’antenne relais, qui devait faire 24 m de haut, inquiétait les riverains. Le programme a donc été révisé : la hauteur est réduite à 16 m et le pylône en forme d’arbre est abandonné « en raison de son empreinte carbone », annonce Jocelyn Planelles, adjoint délégué à l’urbanisme.

  • [Maj] Le maire de Marseille appelle au calme face aux agressions et dégradations

    [Maj] Le maire de Marseille appelle au calme face aux agressions et dégradations

    Face aux nombreuses agressions et dégradations, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan a dénoncé ce jeudi matin les «violences inacceptables, incendies et agressions subies par les professeurs, les pompiers, les journalistes, les Marseillais, qu’aucune cause ne peut justifier». Il appelle donc « à l’apaisement de chacun, et à retrouver le chemin d’une expression démocratique des revendications» en indiquant que la Ville «se tient aux côtés de ceux qui défendent le service public et l’avenir de nos jeunes, pas de ceux qui cassent, incendient et violentent».

    Selon nos informations, un professeur du lycée professionnel Le Chatelier, dans le 3e arrondissement de Marseille, a été blessé par un jet de pavé, comme le confirme la préfecture de police qui dit prendre tous les faits très au sérieux et invite à déposer plainte. Le maire (PS) du secteur Anthony Krehmeier a apporté son soutien au personnel. «Je soutiens les revendications et le droit des lycéens à se mobiliser, mais rien ne justifie la violence», écrit-il.

    Le rectorat de son côté a infirmé l’information selon laquelle les équipes de direction du lycée Victor-Hugo (3e arr.) ont été aspergées d’essence, précisant qu’elles avaient été éclaboussées lorsque des individus ont tenté d’en verser dans des conteneurs. De source policière, on évoque une quarantaine d’interpellations en fin de matinée, un chiffre susceptible d’évoluer.

    Le réseau de la RTM a été entièrement suspendu en fin de matinée suite à des agressions d’agents. Un camion des marins-pompiers a aussi été incendié et des uniformes dérobés. Le bataillon est intervenu sur 45 feux dans la ville à 12h15.

    La CGT 13 en défense des lycéens

    «Le mouvement lycéen se transforme en chaos urbain», écrit pour sa part la présidente (DVD) du conseil départemental Martine Vassal qui «appelle à la plus grande fermeté» et accuse la France insoumise de souffler «sur les braises». Dans un communiqué, le conseil régional comptabilise 39 lycées touchés par des violences entre le 28 et le 30 septembre. «Ce n’est pas de la contestation, c’est de la délinquance. Ceux qui brûlent nos lycées attaquent la République», dénonce la Région qui réclame l’identification immédiate et des poursuites «contre chaque casseur». La collectivité propose à la justice «10 000 heures de travaux d’intérêts généraux» et assure aussi que «les députés La France Insoumise portent une responsabilité lourde dans ce chaos».

    L’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle de son côté que «leur mobilisation met en lumière les conséquences de choix politiques qui affaiblissent depuis des années l’Éducation nationale». «Dans plusieurs établissements, des directions maintiennent les cours et demandent aux personnels de signaler les élèves absent·es alors que des lycéens font entendre leurs revendications et que des gaz lacrymogènes sont utilisés jusque dans l’enceinte des lycées. Comment peut-on prétendre assurer normalement les cours dans de telles conditions ?» interroge l’union départementale qui appelle à se tenir au côté de la jeunesse et «contribuer collectivement à sa protection».

  • La gauche reste mobilisée pour la Poste à la Rouvière

    La gauche reste mobilisée pour la Poste à la Rouvière

    Deux jours après la forte mobilisation des usagers du bureau de la Rouvière (notre édition du 28/09), les responsables de la Poste ont été reçus, ce lundi, en maire de secteur. De quoi permettre à la maire RN des 9-10, Éléonore Bez, de crier victoire à travers un communiqué : « La Poste m’assure vouloir garder une présence à la Rouvière. » Mais elle confirme qu’il y a bien un projet de « transformation » et indique qu’elle organisera une réunion de concertation avec « l’ensemble des acteurs concernés », « afin de trouver une solution satisfaisante pour les habitants », avec des modalités discutées avec le syndic.

    Si le conseiller départemental (DVD) Sylvain di Giovanni crie lui aussi victoire, le syndicat Sud PTT alerte sur un « double discours inquiétant » et une transformation en point relais de ce bureau, avec la disparition des activités bancaires, de conseil et de certaines opérations postales : « La mairie connaissait pertinemment le projet funeste de la Poste et au terme d’une parfaite inertie, prise dans ses contradictions, voilà qu’elle tente de redorer son blason. »

    « La réponse ne peut pas être de remplacer progressivement un service complet par une offre minimale », dénonce la conseillère municipale (DVG) déléguée à l’accès aux services publics, Katia Yakoubi, qui cible un « communiqué de presse mensonger » d’Eléonore Bez. En demandant qu’habitants, représentants syndicaux, associations soient pleinement associés aux discussions.

    La section PCF du 9e pointe de son côté une « trahison » de la maire RN de secteur, qui « ne nous surprend pas », et promet de rester mobilisée pour que le bureau ne se transforme pas en simple point relais. « Ce n’est que pure spéculation », se contente de répondre l’intéressée. La Poste, sollicitée, n’a pas donné suite.

  • [Entretien] Chloé Barbey, MJCF : « Nous sommes à bout et essayons de faire passer un message fort »

    [Entretien] Chloé Barbey, MJCF : « Nous sommes à bout et essayons de faire passer un message fort »

    La Marseillaise : D’où vient le mouvement des lycéens et quelles revendications portez-vous ?

    Chloé Barbey : Dès l’été, avec l’annonce de la grève de la fonction publique et la mobilisation des fonctionnaires, qui a eu lieu mardi, nous avions décidé de suivre ce mouvement au MJCF. Dès la rentrée, nous tractions et appelions à bloquer les lycées pour cette mobilisation du 29 septembre. Aujourd’hui, la colère s’exprime suite à toutes les réformes macronistes et face à l’état de l’Éducation nationale. Être 35 par classe dans toutes les classes, ce n’est pas possible ! La recommandation, c’est autour de 25 élèves. Il y a le problème des professeurs non remplacés, tout comme celui des assistants d’éducation (AED) et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Il y a aussi la question de l’état des bâtiments des établissements. Au lycée Fourcade à Gardanne, par exemple, notre cantine est beaucoup trop petite. On se retrouve à avoir une heure pour manger, mais nous n’avons pas le temps : entre la queue et le temps que les gens sortent et rentrent… Ce jeudi matin, on bloquait le lycée Valabre, toujours à Gardanne. Et les lycéens parlaient de leur internat, qui est tellement insalubre qu’ils n’en pouvaient plus.

    Ces conditions d’apprentissage pèsent-elles dans la vie quotidienne ?

    C.B. : Imaginez un cours de deux heures de philosophie, de 16h à 18h, quand on est 35 ou 40 dans la classe… C’est dur ! Quand un prof n’est pas remplacé, que ça dure des semaines ou des mois, comment on fait pour le bac ? En réalité, on se rend compte que tout est donné aux établissements privés, les subventions notamment. Tous nos ministres viennent du privé. Parcoursup privilégie le privé. Et le privé, quand on n’a pas les moyens, on n’y va pas. Moi, le privé ne m’intéresse pas, je crois en l’éducation publique.

    In fine, ce sont les mesures austéritaires qui ont touché l’Éducation nationale que
    vous dénoncez
     ?

    C.B. : Oui. Par exemple, il y a cette réforme du bac où l’on doit choisir des spécialisations très tôt. Et quand on n’a pas certaines spécialisations, comme les maths, beaucoup de filières deviennent inaccessibles. Et c’est compliqué de se dire qu’en 1re, il faut savoir exactement ce que l’on veut faire et qu’on ne pourra pas changer d’avis. Petits, nous avons vu les Gilets jaunes puis les mobilisations pour la retraite. Déjà au collège, ça m’inquiétait. On voit que ça ne va pas mieux. Notre mouvement découle un peu de tout ça. Aujourd’hui, les lycées ne fonctionnent plus.

    Il y a eu des débordements autour des blocus ce jeudi, notamment
    à Marseille. Quel est votre regard sur ces évènements
     ?

    C.B. : Le mouvement partait d’un bon fond. Dans beaucoup d’endroits, les lycées ont été bloqués « comme il faut » et sans problème. Je pense qu’il y a une part de médiatisation : rapidement, beaucoup de médias ont voulu orienter les débats sur les violences plutôt que sur nos revendications. Et dès le début, le gouvernement a expliqué qu’il ne laisserait rien passer. Ça a attisé la colère. Il ne faut pas tomber dans le piège de ne plus parler des revendications. Il faut aussi parler de la répression, des violences policières contre les lycéens. Utiliser des armes contre des mineurs… Il ne faut pas abuser. Dans beaucoup d’endroits, les blocages sont pacifiques et ça n’a pas empêché des violences de la part des forces de l’ordre. Ce n’est pas un hasard s’il y a une démonstration de force du pouvoir et une diabolisation de la jeunesse le jour où le gouvernement présente son budget. Oui, il y a eu des débordements et des choses qui auraient dû être évités. Mais nous ne sommes pas juste des lycéens qui ont la flemme d’aller en cours. Nous sommes à bout, nous essayons de faire passer un message fort.

  • Sans surprise, le budget, s’il passe, sera austéritaire

    Sans surprise, le budget, s’il passe, sera austéritaire

    « Pyromane », c’est ainsi que le gouvernement est qualifié par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le sénateur communiste Ian Brossat. Et pour cause : le projet de budget présenté ce jeudi en Conseil des ministres puis à la presse, prévoit un « effort » affiché de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public de 5,4% à 5% du PIB. Dans le détail c’est « 43 milliards d’euros de mesures de redressement » des finances publiques auxquelles s’ajoutent « la montée en charge de mesures de redressement prises en 2026 » et « antérieurement », amenant l’ensemble à « 54 milliards d’euros » l’an prochain.

    « C’est un effort important », concède le ministre de l’Économie Roland Lescure. « Il n’y a pas, dans ce budget, de hausse générale d’impôts », promet pour sa part le ministre des Comptes publics David Amiel. Puis, avant d’assurer que « nous avons l’une des Sécurités sociales les plus généreuses du monde, et c’est normal », il annonce deux milliards d’euros d’économie. Les retraités feront partie des plus impactés car l’exécutif propose que les pensions supérieures à 1 260 euros ne soient plus indexées intégralement sur l’inflation. Mais aussi de ramener à 3 000 euros le plafond de l’abattement fiscal de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient nos aînés (contre 4 439 euros actuellement).

    Le baiser de la mort

    Alors que la fonction publique a manifesté ce mardi contre le gel du point d’indice, le gouvernement confirme la mesure. La revalorisation des APL est également gelée. L’aide publique au développement (APD) se voit entaillée de 1,85 milliard d’euros. L’écologie et l’agriculture ont, à ce stade, été épargnées par les coupes. Les crédits alloués à la sécurité augmentent de 600 millions d’euros pour atteindre 25,4 milliards d’euros.

    Le PCF compare le chef de gouvernement au président d’extrême droite argentin Javier Milei, actuellement en France : « 54 milliards d’euros de casse sociale : voilà le budget à la tronçonneuse annoncé par Sébastien Lecornu pour 2027. (…) Il faudrait payer toujours plus pour vivre toujours moins bien. Pendant ce temps, les grandes entreprises bénéficient de 2,5 milliards d’euros de contribution en moins. Les niches fiscales sont protégées et les actionnaires se gavent. Refusons ce massacre social. »

    A contrario, l’extrême droite elle, se félicite du plan dévoilé : « Deux nouvelles victoires ! Depuis que j’ai lancé ces combats contre les gabegies de France Travail et de l’aide publique au développement à vos côtés, nous avons contraint le gouvernement à baisser ces dépenses », glousse l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo. Le baiser de la mort pour la macronie.

    « Ce budget est une provocation, rien ne tend la main aux socialistes alors que le gouvernement et le Premier ministre nous a envoyé une lettre il y a peu de temps nous appelant à un compromis », fait valoir Estelle Mercier, députée PS cheffe de file sur le budget de l’État pour son groupe. Reste à savoir qui de l’opposition acceptera de s’allier à l’exécutif pour faire passer ce budget aux mesures inflammables à seulement quelques mois de l’élection présidentielle. Ou si le gouvernement activera le sempiternel article 49.3.

    Nicolas Isnard monte au créneau

    « L’addition est trop lourde » : le constat unanime des élus rassemblés au Congrès de France Urbaine, l’association regroupant les Métropoles et grandes Villes de France, qui s’est tenu jeudi à Paris en même temps que la présentation du projet de budget par le gouvernement. Parmi eux, Nicolas Isnard, président de la Métropole Aix-Marseille Provence, a clamé : « L’heure est grave pour les Métropoles de France. Nous sommes plusieurs institutions à avoir été placées financièrement dans le rouge par un État ruiné qui redistribue un argent dont il ne dispose pas ! » Et de demander « que les territoires industriels comme le nôtre soient mieux protégés. Participer à l’effort national me paraît normal mais à condition que l’on nous donne les moyens de nous réformer en profondeur ».

  • La future mutuelle municipale annoncée pour janvier

    La future mutuelle municipale annoncée pour janvier

    « En début d’année prochaine, nous pourrons proposer une couverture médicale de qualité pour des Marseillais qui, trop souvent encore, n’ont pas les moyens de se soigner correctement », annonce le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. Ce jeudi a été publié par la municipalité l’appel à manifestation d’intérêt qui doit permettre de sélectionner, d’ici le mois de janvier, l’opérateur qui portera la future mutuelle municipale. Un engagement pris lors de la dernière campagne.

    « L’objectif est de chercher une mutuelle capable de proposer une offre pour permettre aux Marseillais, surtout à ceux qui ont des revenus moyens ou modestes, de souscrire à une complémentaire santé de qualité, avec des tarifs négociés », résume le conseiller municipal (PCF) chargé du dossier, Ibrahim M’ze. En négociant à l’échelle de la ville, la municipalité tente ainsi d’obtenir un tarif plus avantageux, tout en garantissant une couverture de qualité, avec trois niveaux de protection proposés. « Les villes qui ont déjà mis en place des mutuelles communales nous parlent d’économies qui peuvent varier entre 200 et 300 euros sur l’année, évoque l’élu communiste. Nous sommes dans un contexte où le coût de la vie pèse sur les budgets, où les gens sont pris à la gorge avec les tarifs de l’essence, du logement de l’alimentation et où le prix d’une complémentaire santé devient rapidement un frein. »

    C’est particulièrement vrai à Marseille. Alors que plus de 200 000 personnes bénéficient déjà d’une complémentaire santé solidaire, un habitant sur cinq n’a aucune complémentaire santé. Soit quelque 181 530 Marseillais, dont plus de 56 000 dans les quartiers Nord et 60 000 dans les cinq premiers arrondissements. Parmi eux, 6 618 ne sont pas couverts alors qu’ils souffrent d’une affectation longue durée, avec les soins nécessaires.

    Accès aux droits

    « La Sécurité sociale est loin de rembourser toutes les dépenses de santé, et ce reste à charge est un puissant frein à l’accès aux soins, aux dépistages, aux activités qui peuvent prévenir le développement des maladies », explique l’adjoint (PCF) à la santé, Anthony Gonçalves. Ainsi, la mutuelle communale cible particulièrement ceux qui ne bénéficient pas de la couverture de leur employeur : retraités, indépendants, privés d’emplois, étudiants. Qu’ils vivent à Marseille ou y travaillent, et sans questionnaire sur leur état de santé qui ferait augmenter les prix en fonction de leur situation. Au-delà du remboursement des soins, le cahier des charges inclut des démarches de prévention, d’activités physiques, de dépistage, « une vision plus large de la santé », résume l’adjoint. Parmi les obligations figure aussi l’accès au droit, pour permettre à ceux qui y ont droit d’accompagner à la complémentaire santé solidaire, mais aussi l’ouverture de permanences au plus près des territoires. « Que cela fasse partie d’un grand élan solidaire pour améliorer la santé publique », résume Anthony Gonçalves.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Marie Batoux

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Marie Batoux

    Discriminations, égalité femme-homme, droit à l’IVG…

    À vous la parole ⬇️

  • À Montpellier, Robert Ménard fait de son procès une tribune politique

    À Montpellier, Robert Ménard fait de son procès une tribune politique

    Même la pluie n’aime pas les fachos ! » Mercredi 30 septembre, les torrents d’eau qui tombaient devant le tribunal judiciaire de Montpellier n’ont pas douché la détermination des manifestants venus huer Robert Ménard pour son refus, le 7 juillet 2023, de marier la Française Eva Marty à Mustapha Belkacemi, sous prétexte que l’Algérien était alors sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF).

    Avec l’alerte rouge, la pluie battante était-elle annonciatrice d’une audience fleuve qui allait dépasser les bornes ? Toujours est-il qu’elle dura 9 heures dans un climat électrique, 9 heures à l’issue desquelles le procureur a requis une simple amende de 7 500 euros, la peine bien plus lourde prévue par le Code pénal ayant pour lui une « valeur symbolique ». Ménard dont « l’intention coupable est éclatante », n’en a pas moins commis une « infraction caractérisée » au droit « en connaissance de cause ». « Les faits sont établis, reconnus voire revendiqués ». Contrairement aux allégations de la défense, « il n’y a aucune contradiction entre les normes légales. Le maire n’avait aucune marge d’appréciation. Sans empêchement du Parquet, un maire ne peut refuser de célébrer un mariage », insiste Thierry Lescouarc’h.

    Or, en dépit du forcing du maire d’extrême droite auprès du ministère, du sous-préfet et du Parquet pour faire expulser Mustapha Belkacemi avant le mariage (il le sera 13 jours après la cérémonie annulée, sans respect de ses droits selon les parties civiles), les soupçons de mariage blanc (seule entrave possible) avaient été écartés par le procureur de l’époque.

    En dépit des mises en garde de ses services municipaux, Ménard s’est entêté et fait le « choix personnel », en « reprenant la main sur l’adjoint d’astreinte », d’annuler la cérémonie. Un « coup médiatique prémédité » selon les avocats des associations parties civiles (LDH, SOS Racisme, Amoureux au ban public…). Car ce 7 juillet 2023, la presse avait été conviée par le maire d’extrême droite pour assister à une « humiliation publique » selon l’avocate d’Eva Marty, qui accuse Robert Ménard d’avoir orchestré et « dissimulé un traquenard  ».

    « Sale arabe, bougnoule ! »

    Avec son compagnon et ses invités, Eva Marty se souvient avoir été coincée dans la cour de l’hôtel de Ville, devant les portes closes de la salle des mariages. « Une alarme s’est déclenchée, les couloirs étaient bondés. Des gens nous insultaient ». « Racaille, sale arabe, bougnoule. Rentre chez toi en Algérie ! », rapporte le Canard enchaîné. Ménard apparaît et porte le coup de grâce. Comme il s’en était vanté la veille dans une interview au Figaro et le matin même en recevant au débotté Eva Marty en mairie, le mariage n’aura pas lieu. C’est en robe de mariée que la victime déposera plainte l’après-midi.

    Depuis 3 ans, Eva Marty multiplie les allers-retours en Algérie avec ses enfants pour voir son mari avec qui elle a pu se marier le 14 juillet 2026 près Oran, ville native de… Robert Ménard. Elle décrit son « traumatisme ». « J’étais une personne lambda et me suis retrouvée objet d’un débat national, d’une instrumentalisation. Mustapha a été accusé à tort de viol. On ne traite pas les gens comme cela. »

    Une « situation ubuesque »

    À la barre, le maire d’extrême droite n’exprime aucun remords tout en prétendant qu’il n’y a rien de personnel. « Je n’ai rien contre Madame Marty. Ça aurait été un Chinois, j’aurais fait la même chose ». L’accusation le conteste si bien qu’une requalification pénale a été demandée, en plaidant la « discrimination ». Pour le prouver, les mots de Ménard dans l’interview au Figaro sont notamment exhumés. « Il est Algérien. 6 ans plus jeune qu’elle, déjà mère de trois enfants. Elle ne travaille pas, elle vit des aides sociales. Ça sent le mariage blanc à plein nez ! » Un véritable « bingo de la discrimination » pour le conseil d’Amoureux au ban public.

    Mais de droit, il fut finalement peu question à l’audience. Ménard et ses avocats prenant soin de politiser le procès. Comme il n’a cessé de le faire sur les plateaux de Cnews ou BFM TV, le maire estime avoir été « écartelé entre deux obligations contradictoires ». Devoir marier en tant qu’officier d’état civil et assurer la sécurité en tant qu’officier de police judiciaire. Devant « ce truc de fou », cette « situation ubuesque » et « conscient des risques », Robert Ménard dit avoir choisi « l’intérêt collectif contre l’intérêt individuel ». Car à ses yeux, l’OQTF qui aurait dû être appliquée par le préfet signifie qu’il existait forcément une menace à l’ordre public.

    Cités à la barre pour témoigner, trois grands élus de droite – le sénateur Stéphane Demilly (UDI), l’ex-ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau (LR) et le président de l’Association des maires de France (AMF) David Lisnard (Nouvelle Énergie) – voleront au secours de Robert Ménard.

    Dans une salle majoritairement acquise à l’édile d’extrême droite, en présence de maires de droite (Baillargues, Saint-Brès…) ou du député RN Aurélien Lopez-Liguori, Stéphane Demilly fait valoir qu’il a déposé une proposition de loi adoptée au Sénat. « 75% des Français la soutiennent », affirme le sénateur. Le texte, pas encore voté à l’Assemblée nationale et donc hypothétique, stipule « qu’il faudra être en situation régulière pour être marié ». Dans tous les cas, une loi n’est pas rétroactive.

    Retailleau, Lisnard et Demilly au secours

    Derrière lui, Bruno Retailleau apporte son « éclairage ». Ménard a dû « composer avec sa conscience ». Il aurait été « pris en tenailles dans une sorte d’injonctions contradictoires » entre « la liberté du mariage et le séjour irrégulier ». « Célébrer le mariage aurait participé à faire annuler l’OQTF », estime l’ex-ministre de l’Intérieur. Voilà pourquoi ce candidat à la Présidentielle veut changer la loi pour que, sur ce point, la France déroge, comme le Danemark, à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH). La priorité de Bruno Retailleau étant la « lutte stricte contre l’immigration illégale ». Que Mustapha soit entré légalement en France à 16 ans dans le cadre d’un regroupement familial, y ait fait ses études avant d’y travailler et que son titre de séjour ne soit pas renouvelé, ne pèse pas lourd à ses yeux… Enfin, David Lisnard argumente que les maires sont de plus en plus amenés à « prendre des décisions dans l’urgence » dans des « dilemmes cornéliens ». À l’image de la loi SRU et de celle sur le zéro artificialisation des sols, lui aussi évoque des « injonctions contradictoires » comme alibi.

    Autant de soutiens à visée politique plus que juridique – Stéphane Demilly confondant la loi avec un acte administratif que constitue l’OQTF – que les avocats des parties civiles ont tenté de discréditer. « Vous n’avez pas eu accès au dossier, vous ne connaissez pas les parties, vous n’étiez pas là le jour du mariage. Vous n’êtes témoins de rien du tout. Que faites-vous ici ? »

    Le « bon sens » plaidé

    Chaque témoin gardera son calme au contraire de Robert Ménard. Celui-ci qualifie volontiers Mustapha Belkacemi de « clandestin » sans connaître l’objet de son OQTF mais perd son sang-froid quand, au vu des trois mentions à son propre casier judiciaire, les avocats de la partie adverse lui demandent s’il se considère comme un « délinquant multirécidiviste » qui « menacerait l’ordre public ». « C’est une saloperie de dire ça. J’ai passé 25 ans à défendre les droits à Reporters sans frontières. Je porte cette condamnation* comme une légion d’honneur ». Et plus tard en vociférant : « Non mais vous vous foutez de moi ? »

    Pour tenter de minimiser l’infraction plus ou moins assumée par Robert Ménard – « Je savais que c’était illégal mais c’est légitime. Si le cas se reproduisait, je ferais pareil. J’ai défendu mes convictions comme d’autres avant moi ont pris des risques » – ses avocats invoquent dans leur plaidoirie de relaxe une notion chère à l’extrême droite : le « bon sens ». « Les maires ont le bon sens et l’intérêt général chevillé au corps ». Un argument opportun balayé par l’avocat de SOS racisme. Comme ses trois confrères, il réclame des dommages et intérêts. « Le bon sens, tout le monde croit en avoir, c’est dangereux. Il ne figure dans aucun article du Code pénal. Ici, on juge le droit ». Le délibéré sera rendu le 1er décembre.

    * Pour avoir occupé l’office de tourisme de Tunisie sous Benali.

  • Renaud Muselier siègera dans le groupe Union centriste

    Renaud Muselier siègera dans le groupe Union centriste

    Fin du suspense. Vingt ans après avoir quitté l’assemblée nationale où il siégeait sur les bancs de l’UMP, Renaud Muselier ne siégera finalement pas dans le groupe RDPI où se retrouvent la plupart des sénateurs Renaissance même s’il conserve sa carte au sein du parti présidentiel.

    Élu sénateur des Bouches-du-Rhône dimanche, il a choisi de rejoindre les rangs du groupe de l’Union centriste et indépendants (UCI) au Palais du Luxembourg. Un groupe présidé par Hervé Marseille, dont le nom n’est pas sans résonance pour l’ancien président de la Région Sud.

    Il a annoncé son choix ce jeudi, peu avant la séance de rentrée de la chambre basse, chez nos confrères de Public Sénat, en rappelant son souhait de s’inscrire dans la majorité sénatoriale conduite par Gérard Larcher (LR). A cette heure, le groupe macroniste RDPI n’a toujours pas acté sa participation à la majorité sénatoriale, même s’il devrait s’y retrouver.

    Soutenu lors des sénatoriales par une coalition rassemblant Renaissance, l’UDI et Les Républicains, l’ancien député et ancien secrétaire d’État entend ainsi conserver une position transpartisane au Sénat.

  • Le PCF appelle à se rassembler à Vauvert le 3 octobre

    Le PCF appelle à se rassembler à Vauvert le 3 octobre

    Le Parti communiste veut aller ferrailler avec l’extrême droite sur ses terres. « L’enjeu, c’est de pousser l’extrême droite dans ses retranchements. Le but, c’est d’interpeller l’extrême droite, d’aller sur son terrain et de lui demander  : qu’est-ce que vous en dites du droit à l’avortement ? », explique Saliha Boussedra, qui gère l’organisation de l’événement avec l’Assemblée des femmes du PCF du Gard.

    Car la philosophe, spécialiste de Marx et du féminisme, rappelle que l’extrême droite au pouvoir s’attaque systématiquement aux droits des femmes. Les exemples internationaux avec Donald Trump aux États-Unis, Javier Milei en Argentine ou même Giorgia Meloni en Italie continuent de le prouver. « En France, on voit qu’il y a eu la suppression des subventions au Planning familial de Carpentras dès que le RN a été élu. S’il y a bien un mot que l’extrême droite déteste, c’est celui d’égalité. On va donc à Vauvert pour rappeler la lutte pour les droits fondamentaux à laquelle l’extrême droite est toujours la première à s’attaquer, par principe. Elle ne parle jamais de développement des maternités de proximité ou d’ouverture de centres de santé sexuelle. Et elle est contre l’éducation à la vie affective et sexuelle, la fameuse Evars », énumère Saliha Boussedra. C’est donc pour toutes ces raisons que le PCF appelle à manifester samedi 3 octobre (11h) place de la Contamine. Toutes les organisations de gauche, progressistes et républicaines, sont invitées à participer.

    « Menace d’accès au droit »

    La militante communiste souhaite aussi insister sur la menace qui pèse sur l’accès à l’avortement à cause des budgets contraints, car partout où le RN passe, les budgets des associations sont sabrés : « Au vu du contexte actuel et des coupes dans les budgets, l’extrême droite n’a même plus besoin de dire qu’elle est contre l’avortement. Elle a juste à couper des subventions. C’est comme cela qu’elle empêche une association qui œuvre auprès des femmes pour l’accès au droit. L’extrême droite a plein de leviers pour s’opposer à l’IVG. Elle peut aussi financer des campagnes de désinformation et de culpabilisation. La question de l’IVG nécessite des moyens, des lieux où le pratiquer, des centres de santé sexuelle, de l’éducation et de l’information ».

    Après les élections municipales et les victoires de plusieurs candidats du Rassemblement national dans le Gard (Beaucaire, Vauvert, Bagnols-sur-Cèze), la commission féministe du PCF a décidé de maintenir une veille sur les décisions de ces nouveaux élus. L’objectif sera d’immédiatement alerter la population si des reculs contre le droit des femmes sont décidés.