Le siège sénatorial des Alpes-de-Haute-Provence reste à gauche. Un succès pour Jean-Yves Roux, le parlementaire sortant apparenté Parti radical de gauche (PRG), qui marque aussi l’échec de sa principale adversaire, Stéphanie Colombero, candidate (DVD) de la majorité départementale. Bien en dessous des performances espérées, elle n’a finalement obtenu que 21,9% des voix, soit 122 voix contre 334 pour son adversaire élu. « Ce succès est aussi l’échec de la candidature de droite portée par la présidente du Conseil départemental [DVD], Éliane Bareille et par Camille Galtier, maire [DVD] de Manosque et président de Durance-Luberon-Verdon Agglomération, qui pensaient avec celle-ci contribuer à conforter la majorité sénatoriale (vraisemblablement fragilisée) de droite et du centre, partenaire du macronisme, au Palais du Luxembourg », note en ce sens Daniel Séjourné, responsable PRG des Alpes-de-Haute-Provence. Les communistes du département, qui assurent « saluer » cette réélection et l’accueillir comme un « soulagement (…) dans un contexte national et régional contrasté », disent aussi observer « un désaveu politique clair d’une partie importante des grands électeurs à l’égard des positions politiques portées ». « Nous y voyons notamment l’expression des difficultés et de la colère des élus locaux face aux politiques d’austérité qui frappent leurs collectivités, et dont cette candidate et certains de ses proches apparaissent comme l’un des relais », poursuit la fédération dans un communiqué. La présidente du Département s’est, elle, dispensée sur cette sous-performance : « Je félicite Jean-Yves Roux pour sa réélection et lui souhaite pleine réussite dans la poursuite de son mandat. Je salue le score de Stéphanie Colombero, qui arrive en deuxième position face à un candidat sortant très présent », a-t-elle sobrement commenté.
Category: politique
-
![[Sénatoriales] La gauche promet d’entrer en résistance contre le RN](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/58d46b9175912a2934b3a23b65ac216a.jpg)
[Sénatoriales] La gauche promet d’entrer en résistance contre le RN
Avec 15 membres revendiqués dès dimanche soir après les élections sénatoriales, le parti lepéniste et ses alliés ciottistes de l’Union des droites pour la République (UDR) siégeront ensemble dans l’hémicycle. Même si elle quintuple son nombre d’élus, l’extrême droite restera très minoritaire à la chambre haute : les Républicains (LR) et leurs alliés centristes conservent une nette mainmise sur l’institution, avec respectivement environ 125 et 60 sénateurs (sur 348), en attendant les affiliations définitives au sein des groupes. Mais l’apparition de ce groupe parlementaire donnera au RN du temps de parole sanctuarisé sur chaque débat, des moyens financiers supplémentaires ou encore un espace réservé à ses textes. Le RN devrait également obtenir des postes clés au sein du bureau, la plus haute instance de la Haute assemblée, où la répartition dépend des rapports de force.
Le président du Sénat Gérard Larcher a semblé fermer la porte à l’hypothèse de priver les élus d’extrême droite de postes clés, promettant de « permettre à chaque groupe d’exercer pleinement ses droits ». « Nous avons une certaine forme de responsabilité, donc il n’y aura pas de complaisance », a pour sa part prévenu le patron des centristes Hervé Marseille. À gauche, ce fait politique fait réagir : le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner a promis d’entrer « en résistance idéologique et politique ». Probable future présidente du groupe écologiste, Mélanie Vogel a, elle, appelé à l’instauration d’un « cordon sanitaire » vis-à-vis de ce groupe. « C’est le dernier moment pour créer un sursaut démocratique », s’alarme l’élue, appelant à « ne pas collaborer avec eux, ne pas voter pour eux, ne rien signer avec eux ». Dans un communiqué, la présidente du groupe communiste et ultramarin promet : « nous combattrons politiquement leurs choix. Face aux colères, au sentiment d’abandon et aux fractures qui traversent notre pays, notre responsabilité est de faire vivre une autre réponse : celle de l’égalité de la solidarité, des services publics et de la démocratie », pousse Cécile Cukierman.
« Ma crainte, c’est que ce groupe tire la droite vers des positions d’extrême droite », s’inquiète l’écologiste Yannick Jadot. Patrick Kanner craint de voir LR « jouer la lepénisation des esprits ». Gérard Larcher a promis que le Sénat resterait « un contre-pouvoir indispensable en démocratie ». « Si Gérard Larcher prononce ce mot, c’est bien parce qu’une des hypothèses sera de devenir dans quelques mois un véritable contre-pouvoir » en cas d’élection de Marine Le Pen à l’Élysée, estime Claude Malhuret (Horizons).
-
![[Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/5b1942478d997bf2cc0250d90abde561.jpg)
[Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer
Dimanche à 20h, dans la foulée de la validation du résultat de l’élection sénatoriale, Renaud Muselier a signé sa lettre de démission de la présidence de Région qu’il occupe depuis 2016. C’est Christian Estrosi qui assure l’intérim jusqu’à la plénière convoquée le 12 octobre pour élire le nouveau président et son exécutif.
Son choix pour lui succéder est connu. Le désormais ex-président espère « donner les clés de cette honorable maison » à François De Canson « un maire respecté et un élu local reconnu qui sera un président compétent ». Lui, reste conseiller régional spécial avec des prérogatives sur les fonds européens, les JO d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.
Mais Renaud Muselier a beau avoir le cuir politique cabossé par les campagnes électorales, « cette victoire » lui laisse « un goût amer dans la bouche ». Il s’en est fallu d’une trentaine de voix, celles qui ont manqué à la réélection du sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, pour que le président de la Région passe à côté du Sénat.
Si « la gauche et les écologistes sont redevenus la première force politique » en nombre de voix comme le rappelle la sénatrice sortante (PS) Marie-Arlette Carlotti réélue avec Jérémy Bacchi (PCF) et Guy Benarroche (EELV), le siège de Jean-Noël Guérini échu à Mireille Jouve après sa condamnation, est tombé dans les mains du Rassemblement national. Le parti d’extrême droite décroche deux sénateurs : Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi. Un siège revient à la sénatrice (LR) sortante Valérie Boyer, et deux à la Liste Devesa – Muselier qui portait les couleurs officielles de la droite et du centre droit.
« Ce n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. Avec tout ce qu’on a pu faire pour l’aménagement de nos communes et de notre territoire, c’est intéressant comme renvoi d’ascenseur, ça mène à beaucoup d’humilité », ironise l’ex-président de région qui lors de son entrée en campagne début juillet tablait sur quatre sièges. « Sans la division organisée par Mme Boyer et M. Granier, on aurait gagné un siège supplémentaire, c’est bien dommage. Si il y a défaite, c’est la défaite de l’addition », regrette celui qui associe toutefois l’élection de la candidate LR dissidente à son bilan.
L’inquiétude Retailleau« Les appartenances politiques ne s’effacent pas au soir d’une élection », ne tardera pas à lui répondre cette dernière rappelant qu’elle sera la seule à siéger au sein du groupe Les Républicains. « Présenter ce résultat comme l’élection de trois sénateurs de droite ne doit pas masquer une réalité. Renaud Muselier appartient à Renaissance, Brigitte Devésa à l’UDI et sont tous deux macronistes ».
Ce résultat décevant, Renaud Muselier le met aussi sur le compte d’une campagne « violente » où rien ne lui a été épargné, évoquant des « fausses affaires » reprises avec « des titres à la une » par la presse, des « tracts anonymes », des « soi-disant menaces » et des « trahisons nationales ». Car la rancœur vis-à-vis de Bruno Retailleau, le président Les Républicains, pointe vite. « Vous avez un chef de parti qui part contre son parti, contre la décision de sa commission d’investiture, contre sa parole donnée… C’est pas banal pour quelqu’un qui veut être président de la République. Ça devient compliqué et ça m’inquiète », reprend le nouveau sénateur. « Nous étions partis avec trois sièges, nous les conservons malgré la division mais le total de voix est clair : unis nous avions ce 4e siège voilà pour la triste conclusion : la division a toujours un prix et ce prix est un sénateur RN de plus dans les Bouches-du-Rhône. »
Au palais du Luxembourg où il siégera « dans la majorité sénatoriale » sans préciser quel groupe, Renaud Muselier promet d’être focus sur la métropole, la loi SRU, la fiscalité et les finances des collectivités, le budget du pays mettant sur la même ligne la reconnaissance faciale et la cyber sécurité, et l’unité à la présidentielle. « Uni, on gagne. On l’a prouvé aux Régionales et on vient de le prouver dans un sens comme dans l’autre aux Sénatoriales. La division entraîne la défaite ». Un défi pour 2027.
-
![[Entretien exclusif] Jean-Louis Masson : « Je me réjouis qu’un Varois puisse présider la Région »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/23cd91393e424ff8e8b233faa4854823.jpg)
[Entretien exclusif] Jean-Louis Masson : « Je me réjouis qu’un Varois puisse présider la Région »
La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous des sénatoriales dans le Var et au-delà ?
Jean-Louis Masson : C’est l’essence même du Sénat que d’être l’émanation des collectivités locales. Les sénatoriales sont donc le reflet des municipales. Le mode de scrutin est singulier puisqu’il n’est pas le même partout et qu’il est complexe lorsqu’il est à la proportionnelle. Dès lors au plan national comme au plan local, les résultats sont conformes à ce qui pouvait être attendu. La droite et le centre sont restés majoritaires dans les mairies. Ils le resteront donc au Sénat. Le RN et LFI qui ont connu quelques succès électoraux aux municipales vont voir un groupe pour le premier et deux sénateurs pour le second. Dans le Var, la liste LR remporte la victoire des suffrages avec 40% des voix. En tant que président de la fédération LR 83, je félicite nos deux élus : Françoise Dumont qui voit son mandat renouvelé et Christian Simon, un maire de premier plan, qui va enrichir le Sénat de son expérience importante d’élu local.
Renaud Muselier a annoncé
qu’à la suite de ce scrutin, il passerait la main à François de Canson. Vous vous étiez opposés par le passé, a-t-il votre soutien ?J.-L.M. : Nous avons plus souvent été ensemble qu’opposés. Je suis président du Département, le fait qu’un Varois puisse accéder à la présidence de la Région, je m’en réjouis.
Après un été très douloureux dans le Var, vous appelez à sortir de la conception forêt-musée ? Qu’entendez-vous par là ?
J.-L.M. : Je ne crois pas à la protection de l’environnement en y excluant l’activité humaine. La vision dogmatique de la protection environnementale a montré ses limites voire sa dangerosité cet été lors des incendies. Je revendique de pouvoir protéger les personnes et les massifs forestiers avec une autre approche. Je considère que nos forêts doivent être gérées, dans le respect de ce que nous connaissons de la nature certes, mais gérées. Cela veut dire par exemple que les procédures d’exception qui permettent de lutter plus efficacement contre un incendie doivent également être valables en tant que règles de prévention des incendies.
Comment le Département peut-il aider à l’adaptation au changement climatique ?
J.-L.M. : Pour ne pas faire un long catalogue, je retiens deux sujets. D’abord, nous lançons une démarche d’ampleur concernant les énergies renouvelables notamment solaire. Par ailleurs, s’agissant de la rénovation ou de la construction de nos bâtiments publics, nous mettons l’accent sur la sobriété énergétique.
Au-delà des particuliers et des collégiens, les agriculteurs et notamment les viticulteurs sont également touchés.
J.-L.M. : Ils sont parfaitement conscients des enjeux. Ils sont force de proposition. En matière de gestion de l’eau, leur approche est lucide et responsable. Au sujet de l’adaptation des cultures, il en va de même. Je me félicite régulièrement de la coopération des agriculteurs varois pour tous les sujets environnementaux.
Le pouvoir d’achat des Français est durement comprimé par l’envolée des prix des carburants. Quel est votre message en direction de l’État et que peut un Département comme le Var pour rendre du pouvoir d’achat à ses habitants ?
J.-L.M. : L’attention que nous portons à ce sujet est constante, pic des prix du carburant ou pas. C’est ainsi que nous avons choisi et que nous nous sommes tenus à la modération tarifaire en ce qui concerne la restauration scolaire.
Vous avez récemment inauguré des « logements inclusifs » à destination des personnes handicapées. En quoi consistent-ils ?
J.-L.M. : Il ne faut pas ajouter l’isolement au handicap, c’est pourquoi, ces lieux de vie proposent des espaces partagés qui invitent les résidents à plus de moments en commun.
L’année prochaine a lieu l’élection présidentielle. La victoire de l’extrême droite est-elle inéluctable ? À droite et au centre, nombreux sont les candidats. Quel est le vôtre ?
J.-L.M. : Je n’aime pas la politique-fiction ni ramener la politique aux spéculations qui relèvent du jeu de hasard. Nous savons tous qu’aucune campagne ne se déroule comme il est raisonnable de l’envisager plusieurs mois à l’avance. Dès lors aujourd’hui, rien n’est inéluctable. Nous ne connaissons même pas encore ni la totalité des candidats ni même ceux qui vont concourir jusqu’au bout. À date, mon parti a un candidat, par conséquent la question ne se pose pas à moi.
-

Débat houleux à Aix-en-Provence autour d’un budget municipal dans le flou
Nous en sommes au troisième temps de notre valse financière à quatre temps. Une valse, puisque nous sommes dans un tourbillon financier », imageait Dominique Augey, adjointe aux Finances, qui présentait au conseil municipal le vote du budget supplémentaire. Comprenez, l’étape entre le vote du budget primitif, voté en début d’année, qui permet une mise à jour de celui-ci et la clôture des comptes. « On a à peu près six mois pour le faire », rappelait l’élue. Ce lundi, en ouverture de ce conseil municipal, c’est un budget supplémentaire d’un peu plus de 25 millions d’euros, incluant plusieurs « variations de dépense » qui a été égrené. En toile de fond, une situation budgétaire tendue. Avec notamment les 144 millions que la Métropole doit trouver pour boucler son budget 2027 et un coup de hache dans les dotations globales de fonctionnement (DGF), allouées par l’État aux collectivités territoriales. Si le budget supplémentaire prenait en compte une baisse de 500 000 euros, pour la Ville, de la DGF, ce sont finalement 613 000 euros de plus. À cela s’ajoute une perte estimée de 1,4 million d’euros si la dotation de solidarité communautaire (DSC) venait à être sabrée – scénario proposé par Nicolas Isnard et rejeté par les conseillers métropolitains lors du vote du 10 septembre dernier – 4,5 millions d’euros si les attributions de compensation (AC) venait à être sabrées – soit la solution proposée par le Préfet. Si aucune des solutions n’est retenue, « cela impliquerait de trouver les 53 millions d’euros manquants dans des économies nouvelles ».
Si le scénario d’une baisse d’1,4 million d’euros était retenu, la majorité annonce « mettre en place un processus assurantiel qui nous permette d’encaisser un choc financier et sanctuariser un certain nombre de dépenses ». Et d’un autre côté, un travail des services pour mettre en place un « effort de rationalisation (…) ce n’est pas un budget de pénurie ! » tient à assurer l’adjointe. Un ensemble de mesures économiques à hauteur de 1,475 million d’euros « sur les budgets existants ». Côté RN, Jean-Louis Geiger s’empresse de rappeler que son groupe, comme celui de la majorité, a voté la proposition portée par Nicolas Isnard. A contrario de ses « collègues socialistes ». Du côté de l’opposition de gauche, le ton monte.
« Irresponsables ! »« Vous êtes le facteur de mesdames Augey et Joissains. Vous êtes ses supplétifs, ceux qui ont voté avec eux à la Métropole une proposition qui était intenable », répond Marc Pena (PS). Le chef de file du groupe d’opposition de gauche campe sur ses positions. Son refus de vote le 10 septembre ? « Ça ne veut pas dire qu’on donne la main à l’état (…) ça veut dire qu’on réfléchit ensemble aux solutions possibles dans cette Métropole », poursuit l’élu, qui voudrait rouvrir le débat pour dessiner un « pôle métropolitain revu (…) ou alors il y aura le constat d’un échec (…) c’était ça, le sens de nos votes », rétorque Marc Pena, remonté à l’idée que les élus aixois soient accusés d’avoir « tiré contre leur camp ». Ce à quoi Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix, après avoir réexpliqué son vote pour une mesure qui « aurait permis de commencer à compenser les subventions qui ne pourront être versées aux associations », bondit : « Vous avez été irresponsables ! Vous vous êtes battus pour des intérêts politiciens et non politiques au niveau de ce vote ! Et c’est ce que je vous reproche ! » Un débat qui ne manquera pas de rebondir à la Métropole.
-

Refus de marier : Robert Ménard risque 5 ans de prison
Sous prétexte que le droit lui semble aller à l’encontre du « bon sens », un maire peut-il s’autoriser à ne pas appliquer la loi ?
C’est ce que prétend Robert Ménard qui comparaît mercredi 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour avoir refusé, le 7 juillet 2023, de célébrer le mariage de la Française Eva Marty et de Mustapha Belkacemi (finalement mariés en Algérie le 7 juillet 2026). Alors sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), le jeune Algérien avait été arrêté 13 jours plus tard sur ordre du préfet « bulldozer » de l’époque, Hugues Moutouh, puis expulsé vers Oran.
Un effet domino qui provoquera le dépôt d’une plainte par Eva Marty contre le maire de Béziers. Pour avoir laissé libre cours à son idéologie d’extrême droite, Robert Ménard encourt dans les textes 5 ans de prison, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité. Car en droit français, le mariage est un droit fondamental, consacré notamment par l’article 12 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Une procédure d’OQTF n’interdit en rien le mariage.
Pas un mariage blancLe seul cas dans pour lequel un édile est autorisé à refuser de célébrer une union est le mariage blanc. Un maire soupçonneux doit alors saisir le procureur de la République. Ce qui a été fait, ce dernier écartant la thèse d’un mariage blanc et accordant son feu vert à l’union (le 16 juin 2023) qui devait donc être célébrée par le maire en tant qu’officier d’état civil pour le compte de l’État.
À 7 mois de la présidentielle dans un contexte de montée des idées d’extrême droite, cette décision de justice sera scrutée de près. Se sachant dans l’illégalité pour son refus d’appliquer la loi, Robert Ménard a depuis cherché à se victimiser en politisant le dossier. Tout en revendiquant son « acte de désobéissance », il évoque une législation « aberrante » et en a même appelé au soutien du président de la République, Emmanuel Macron. Devant son refus, le patron des Républicains, Bruno Retailleau, et David Lisnard (NE), président de l’Association des maires de France (AMF), sont cités à comparaître comme témoins en faveur de Ménard.
Dans l’Hérault, plusieurs maires, dont certains non encartés, ont assuré leur soutien à Robert Ménard. Si celui-ci a refusé, le 18 février 2025, lors d’une procédure de plaider-coupable, la peine (inconnue) proposée par le procureur, c’est probablement pour s’offrir une nouvelle tribune politique au tribunal.
Toute décision perçue comme favorable au maire de Béziers créerait un précédent et aurait des répercussions sociétales avec un risque de discriminations en raison de l’origine, la religion, l’orientation sexuelle… Jusqu’ici, en l’absence de mariage blanc, la jurisprudence est constante. Aucun maire récalcitrant (Hautmont, Bourg-lès-Valence…) n’a obtenu gain de cause. Ils ont été sommés de célébrer l’union. À Chessy, Olivier Bourgeot, condamné, a démissionné. Quant à la « clause de conscience » évoquée par d’autres (à Bollène, Arcangues…) contre le mariage homosexuel, elle a toujours été rejetée par la Justice.
-

David Lapendry, candidat aux présidentielles pour porter l’inclusion en politique à La-Valette-du-Var
Il n’en est pas à son coup d’essai. Déjà candidat à la présidentielle de 2022, David Lapendry, figure bien connue de la gauche dans le bassin toulonnais, réitère l’expérience en 2027. Une idée qui avait germé en 2012. Encarté au Parti socialiste, il avait annoncé vouloir participer à la primaire. « Je pensais naïvement que ça s’adressait à tous les adhérents, alors que dans les faits, c’était seulement aux têtes d’affiche. Je me suis fait retoquer », ressasse-t-il. Il s’était alors mis en retrait du militantisme jusqu’en 2017.
« On m’a invisibilisé »Il rejoint alors Génération.s Var, où il fait de la lutte contre la pauvreté son leitmotiv, notamment en ce qui concerne les personnes porteuses de handicap, étant lui-même atteint du syndrome de Little, paralysie cérébrale qui affecte ses capacités motrices. « Vivre avec une aide aux adultes handicapés (AAH) est compliqué. Le revenu universel défendu par Génération.s m’a séduit », souligne-t-il. Il fait alors part à son parti de sa volonté de se présenter à la présidentielle 2022. Mais là encore, ça ne passe pas : « N’importe qui peut se présenter à la présidentielle en théorie, mais concrètement non. Je pensais que le parti allait m’aider, mais on m’a totalement invisibilisé », dénonce-t-il. Il claque la porte, poursuit sa campagne seul, mais échoue à recueillir les signatures nécessaires à sa candidature.
Convaincu par des membres de la section varoise de Génération.s, il y revient en 2023, et en devient le co-coordinateur fin 2024. Un an plus tard, il évoque à nouveau l’idée de se présenter pour 2027. Là encore, il n‘obtient pas le soutien du parti. « Je pensais que ça allait être différent car j’étais mieux intégré. À un certain moment, on m’a demandé de taire ma candidature. J’ai été très peu écouté au sein de la gauche du Var. J’ai trouvé cela très humiliant, c’est pour cela que je vais démissionner », annonce-t-il.
Qu’importe : David Lapendry va poursuivre son combat, bien conscient qu’il n’a toutefois aucune chance d’être élu. « Je veux surtout montrer qu’une personne porteuse de handicap est tout aussi légitime de se présenter », affirme-t-il. Sans renier une petite part de rêve : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ! »
-
![[Sénatoriales] Dans l’Hérault et le Gard, l’union de la gauche résiste](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/ba08ff3bbe9b1f16b3b9609ba212a41c.jpg)
[Sénatoriales] Dans l’Hérault et le Gard, l’union de la gauche résiste
Dans le département du Gard, alors que la liste d’union de la gauche conduite par le sortant Denis Bouad (PS) pouvait remporter le troisième siège en lice et ainsi faire élire la communiste Cathy Chaulet, elle n’arrive finalement qu’en deuxième position avec 32,16%, soit 596 voix. Elle fait moins bien qu’en 2020 et les 35,7% obtenus (663 voix) malgré la victoire de la gauche à Nîmes aux dernières élections municipales. La division aura été fatale avec notamment la candidature de la conseillère départementale Carole Bergeri (164 voix, 8,2%) et de l’insoumis Jean-Baptiste Thibaud (65 voix, 3,3%).
C’est donc la liste d’union les Républicains avec le centre qui arrive en tête. Le sortant Laurent Burgoa (LR) totalise 601 voix (36,19%) et est réélu. In fine, la candidature dissidente à gauche de Bergeri offre le troisième siège au RN. Sylvie Josserand (RN) obtient en effet 493 voix et siégera donc au Palais du Luxembourg. Dans le département de l’Hérault, si le PS perd un siège par rapport à 2020, (là aussi à cause de la division avec les listes concurrentes de Laurence Brutus et Audrey Imbert), la liste d’union de la gauche arrive tout de même en tête avec près de 30% et le sénateur socialiste Hussein Bourgi est réélu. Sa colistière Julie Frêche va faire son entrée au Sénat. En revanche, la droite perd son unique siège avec la défaite de la liste conduite par Jean-Pierre Grand (Horizons). Ce troisième siège tombe dans l’escarcelle de l’homme d’affaires Joseph Francis. L’extrême droite RN rafle le 4e siège dans l’Hérault et sa représentante, Manon Bouquin, est élue.
-
![[Sénatoriales] Jean-Michel Arnaud largement reconduit dans les Hautes-Alpes](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/1aaa9a6a7174e9f245e1d9c851244a6c.jpg)
[Sénatoriales] Jean-Michel Arnaud largement reconduit dans les Hautes-Alpes
Jean-Michel Arnaud (Les Centristes) renouvèle son mandat de sénateur avec comme suppléante Christine Maximin. Élu dès le premier tour avec 77,5 % des suffrages exprimés, il a dépassé de loin ses adversaires. Jean-François Baudin, Écologiste soutenu par le PS et le PC, a recueilli 11,1% des suffrages exprimés. Jérôme Sainte-Marie (RN) a reçu 6,7% des suffrages exprimés et Michel Pons (LFI) 4,6%. « Ce soutien massif est le reflet de notre travail, a réagi le sénateur. Nous continuerons d’agir sur l’adaptation au changement climatique, la problématique des logements et la réussite des Jeux olympiques 2030 ».
-
![[Sénatoriales] Les Républicains perdent un siège, le RN confirme sa montée en puissance dans le Var](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/fa0f9b4d7012618015ab1e1423078786.jpg)
[Sénatoriales] Les Républicains perdent un siège, le RN confirme sa montée en puissance dans le Var
C’était le scénario redouté, mais qu’il semblait pratiquement impossible d’empêcher. Renforcée par les dernières élections municipales, la liste RN menée par Frank Giletti apparaissait en mesure d’obtenir deux sièges. Seule une dispersion des voix, eu égard à la présence de deux autres listes d’extrême droite, laissait espérer une issue différente, mais il n’en fut rien. Le (désormais ex) député de la 6e circonscription du Var et Carine Leroy, adjointe de David Rachline à Fréjus, accèdent au Palais du Luxembourg.
Un de ces deux strapontins a été obtenu au détriment des Républicains. Arrivée en tête (39,6% des suffrages, contre 30,2 pour le RN), la liste conduite par la seule sortante à se représenter, Françoise Dumont, réélue en compagnie du maire de La Crau Christian Simon, perd un siège. « C’est un très beau score. Le contexte de 2026 n’est pas celui de 2020, avec 11 listes et le RN qui a remporté des communes », relativisait la cheffe de file LR, qui refuse de voir ce nouveau succès électoral du RN comme une bascule : « Absolument pas. Je considère qu’avec plus de 900 voix, on résiste quand même pas mal. »
La gauche trop loinL’autre a été pris à la gauche, qui perd son seul siège. La liste d’union (Écologistes, PP, PS) de Michel Gros arrive 4e (8% des voix). Celles d’Aurélien Lacour (LFI, 0,9%) et de Sylvie Vinceneux (PCF, 0,8%) n’obtiennent que des miettes. « Une union n’aurait servi à rien », constate cette dernière, résignée : « C’était pareil aux législatives, même si on était moins loin. Le Var vire à l’extrême droite, il faut voir comment changer ça, arriver à parler aux gens. » La secrétaire départementale du PCF regrette toutefois que des élus « désemparés, en colère », se tournent vers le RN, « responsable d’un amendement qui prive les collectivités de 6 milliards d’euros. Ils vont avoir un groupe au Sénat, on s’appuiera sur ce qu’ils font pour montrer leur vrai visage. »
![[Sénatoriales] Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale affaiblie par un faible score](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/6165bcd55d5b3a32ffc5e9aaeb0648b6.webp)