Category: politique

  • La politique du quotidien en débat au conseil municipal d’Istres

    La politique du quotidien en débat au conseil municipal d’Istres

    « Nous assistons à un changement de politique », estime le conseiller municipal d’opposition David Gibaud (PCF) à la lecture de l’ordre du jour du conseil municipal de ce jeudi soir. Avec 33 délibérations au menu, cela apparaît « étonnamment léger » pour l’élu.

    Particulièrement après présentation publique de l’audit financier demandé par le maire (LR) Robin Prétot (La Marseillaise du 29 septembre). « J’avais demandé à ce qu’il soit présenté au conseil municipal avant le public, car il mérite débat », regrette l’élu d’opposition. « Le ton alarmiste avec lequel il a été annoncé ne reflète pas tout à fait la réalité, il n’a pas été pointé de problème de gestion et le ton a changé », fait-il remarquer. Le changement de politique prédit par Éric Gibaud va se traduire par « des choix politiques desquels il ne sera pas possible de se cacher derrière l’ancien mandat ».

    Parmi les points à l’ordre du jour figurent la création d’une crèche privée pour le compte du ministère des Armées, une convention entre la Ville et le foyer du collège Savary pour recevoir dons et subventions pour financier les voyages scolaires, ainsi qu’un débat sur la complémentaire santé (mutuelle) des agents communaux.

    « On ne va pas beaucoup s’opposer, surtout quand des mesures semblent aller dans le bon sens comme la crèche des armées », commente David Gibaud. Mais des questions persistent : « Est-ce que ce qui est envisagé pour la complémentaire des agents suit les augmentations de tarif des mutuelles ? » souligne-t-il notamment, craignant du reste « la réduction de la participation aux voyages scolaires et les budgets des associations, qui devront soit arrêter soit facturer plus cher les licences de foot ou de basket ». Le débat est ouvert ce soir.

  • Perquisitions dans les 13-14 et chez le bailleur Provence Métropole Logement

    Perquisitions dans les 13-14 et chez le bailleur Provence Métropole Logement

    C’est par communiqué de presse ce mercredi soir que la mairie de secteur des 13e et 14e arrondissements annonce qu’une perquisition a été réalisée mardi dans ses locaux par l’office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Le même jour, les enquêteurs perquisitionnaient également les bureaux du bailleur social Provence métropole logement (PML, ex-HMP). Dans le viseur, l’attribution de logements sociaux « sur une période antérieure à mars 2026 », indique la mairie de secteur remportée par Tina Biard-Sansonetti (DVG) lors des dernières municipales.

    « La mairie de secteur se tient à l’entière disposition de la justice pour apporter l’ensemble des éléments nécessaires afin que toute la lumière soit faite et que la mairie des 13e et 14e arrondissements puisse poursuivre sereinement ses engagements de transparence en faveur du logement social auprès des habitantes et des habitants », communique celle-ci. Sollicitée, la nouvelle présidente (PCF) du bailleur métropolitain, Audrey Garino, confirme la perquisition au siège de l’institution. « L’office se tient à l’entière disposition de la justice dans le cadre de l’enquête menée », indique-t-elle auprès de La Marseillaise.

    De leur côté, l’ancienne maire (DVD) du secteur Marion Bareille et l’ancienne présidente (LR) de Provence Métropole Logement, Solange Biaggi, en responsabilité au moment des faits examinés, n’ont pas donné suite.

    Ironie du sort, ces opérations ont été suivies, ce mercredi, par de nouvelles perquisitions au siège de 13 Habitat, le bailleur social du conseil départemental, comme le révèlent nos confrères de Marsactu. En cause, les conditions d’attributions de logement par l’ex-présidente (SE) Nora Preziosi.

  • Le conseil municipal d’Aubagne demande le maintien de la gratuité

    Le conseil municipal d’Aubagne demande le maintien de la gratuité

    Les places manquent ce mercredi soir dans l’espace des Libertés d’Aubagne. Six jours après l’annonce par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, de la suppression de toutes les gratuités des transports, le conseil municipal de la ville a voté un vœu solennel lui demandant de renoncer à ce choix. Un vœu qui « condamne avec la plus grande fermeté la décision unilatérale » et « exige le gel immédiat et le retrait sans condition de ce projet d’assujettissement tarifaire ». Y sont jointes les plus de 10 000 signatures récoltées en seulement quatre jours sur la pétition lancée par la municipalité pour défendre la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, ainsi que la demande d’une table ronde institutionnelle réunissant l’exécutif métropolitain, les douze maires du pays d’Aubagne et de l’Étoile ainsi que les représentants du tissu économique et des usagers.

    « Mandat impératif »

    « Il y a quelques jours à peine, par une déclaration unilatérale, sans le moindre débat avec les exécutifs communaux ni les représentants des usagers, le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard, a fait savoir qu’il entendait supprimer la gratuité des transports, résume le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari dès l’ouverture du conseil. D’un simple trait de plume, il voulait supprimer dix-huit années d’une conquête sociale, environnementale et humaine qui faisait l’honneur de notre territoire. » Face à cette « menace directe et sans précédent [qui] pèse sur la vie quotidienne de nos 42 000 concitoyens et les 100 000 habitants de notre bassin de vie », l’édile avait démissionné immédiatement de la présidence de la commission métropolitaine des transports, comme il l’annonçait à La Marseillaise. « Ce ne sont pas des tickets de transports que la Métropole veut réintroduire, mais un péage sur la vie quotidienne », dénonce-t-il. Et d’écarter les uns après les autres les arguments du président de la Métropole. Face à un coût estimé inférieur à 2 millions d’euros, « le gain net serait dérisoire », la billettique pesant jusqu’à 40% des recettes. D’autant plus que la gratuité était déjà assumée par le conseil de territoire. Il refuse également qu’un principe d’égalité juridique nivelle vers le bas l’accès aux transports, face à des tarifs déjà hétérogènes. Et pointe la double peine pour les employeurs qui devront payer la moitié des abonnements en perdant l’attractivité apportée par la gratuité. Surtout, il salue la « déferlante » des signatures sur la pétition lancée par la municipalité, « un mandat impératif du peuple d’Aubagne » et tend la main à l’opposition après la lettre écrite par l’ancien maire (LR) de la ville Gérard Gazay au président de la Métropole, refusant la fin de la gratuité.

    Peine perdue. Celui-ci s’emmêle les pinceaux en reprochant au maire d’avoir voté contre le budget métropolitain, quand celui-ci s’opposait aux coupes dans la dotation de solidarité communautaire. Et reproche à son successeur de ne pas avoir été informé plus tôt de la décision du président de la Métropole. « Défendre Aubagne ce n’est pas seulement protester, c’est négocier », lance-t-il sous les huées. En indiquant ne pas prendre part au vote sur le vœu solennel, selon l’habitude de son groupe. « Monsieur Gazay, les Aubagnais jugeront », réplique Jean-Pierre Squillari.

  • Les déchets et leur gestion font débat au conseil municipal de Fos-sur-Mer

    Les déchets et leur gestion font débat au conseil municipal de Fos-sur-Mer

    Chaque tonne de déchets incinérée à Fos-sur-Mer reviendra à la commune sous forme de taxe à hauteur de deux euros. C’est le taux maximum autorisé par la loi que le conseil municipal de ce mercredi soir a décidé de fixer à la taxe sur les déchets incinérés à partir du 1er janvier prochain.

    Les deux dernières années, ce sont près de 372 000 tonnes qui sont passées dans l’incinérateur de Fos-sur-Mer. Avec plus de 740 000 euros de retombées potentielles, le conseiller municipal d’opposition Nicolas Féraud (PCF) propose « que cette recette serve à la santé des Fosséens, pour payer en partie un centre de santé avec des médecins salariés ». « Beaucoup de Fosséens cherchent un médecin traitant, la santé n’est pas un marché mais un service public que cette taxe permettrait d’assurer », poursuit-il.

    En outre, l’élu demandait si l’incinérateur industriel Solamat-Merex pouvait être concerné par cette taxe. « Nous avons étudié la question et cet incinérateur est exclu du dispositif car il ne s’agit pas de déchets ménagers », indique le maire extrême droite, soutenu par le RN, Philippe Maurizot. L’édile « ne sait pas si on a le droit » d’utiliser les recettes selon la proposition, mais affirme que « ces sous rentrent dans le budget et nous travaillons sur les problèmes de santé ».

    Qui a la compétence ?

    L’opposant Jean Fayolle (DVC) soulève un autre versant de la gestion des déchets à Fos : « Ne coûterait-il pas moins cher d’incinérer nos déchets plutôt que de les enfouir chez les autres ? » Le maire estime que « ça coûte plus cher de les enfouir à Pierrefeu-du-Var avec le transport que de les incinérer ». Et pointe que « ce qu’on reproche aux Marseillais on le fait ailleurs, la question mérite d’être étudiée d’un point de vue moral et financier ».

    Affirmant qu’il y a des réserves foncières autour de l’incinérateur, Philippe Maurizot s’inquiète du « bruit qui court d’une extension, vu que l’incinérateur est à pleine capacité, ça peut se retourner contre nous ». « Quoi qu’il en soit ça ne se fera pas sans passage par le conseil municipal ou même par référendum », assure l’édile. Mais Nathalie Hetsch (PP) y voit un écueil. « Les déchets sont une compétence métropolitaine et la Ville ne peut pas décider seule », objecte-t-elle. L’élue soulève que « nous sommes mal classés en termes de production de déchets. La collecte sélective est une chose mais il faudrait négocier le porte-à-porte dans notre ville à 90% pavillonnaire ».

    À cela, Philippe Maurizot répond « apprendre que nous étions mauvais élèves, on est là depuis 6 mois donc on ne peut pas le porter ». Du reste, « la Métropole, j’y siège, et ce que fait une loi une autre peut la défaire, à nous de le porter », conclut l’édile sans plus développer. La délibération a été adoptée.

  • Dans le Sud, le troupeau des « brebis galeuses » du RN

    Dans le Sud, le troupeau des « brebis galeuses » du RN

    Les « brebis galeuses », le terme est surexploité par le Rassemblement national dès qu’il est question de justifier les prises de paroles, écrits de ses partisans et cadres à caractère raciste, antisémite, de haine envers les musulmans, la communauté LGBT+, l’IVG… et la liste est longue. Dans ce domaine, la Provence se distingue par son lot de personnages particulièrement haineux qui pourraient former à eux seuls un troupeau.

    Ainsi, Frédéric Boccaletti, pourrait en faire partie. Ancien membre d’Égalité et Réconciliation, mouvement d’Alain Soral, proche de Jean-Marie Le Pen, admirateur de Charles Maurras le désormais maire de Six-Fours a tenu dans les années 90 une librairie nommée Anthinéa à Toulon, ville voisine. Commerce dans lequel l’élu d’extrême droite vendait des ouvrages négationnistes et antisémites. Dans sa course victorieuse à la mairie, il a emporté Alain Trillat, compagnon de longue date. Désormais conseiller municipal, délégué aux cérémonies patriotiques, aux anciens combattants et correspondant défense, ce dernier avait été épinglé par Libération pour avoir republié sur Facebook des contenus à la gloire du maréchal Pétain.

    En mars dernier, La Marseillaise révélait que Lucas Conill, l’un des colistiers du candidat RN déchu à la mairie de Gardanne Bruno Priouret, s’affichait bras suffisamment tendu pour que l’on détecte un salut fasciste sur une photo publiée sur son propre compte Facebook. À Gap, la parole se joint aux gestes lorsque Yannick Magnier, candidat sur la liste lepéniste portée par Raphaël Leroux chante, dans une vidéo exhumée par Le Media et l’association Rec (Résistons ensemble contre la cyber-haine) : « la balade des sales rebeus », « les chambres à gaz c’était le bon temps » mais surtout « je suis un nazi », « heil Hitler ». Le parquet de Gap a ouvert une enquête à son encontre pour « provocation à la haine raciale », « injure publique en raison de l’origine » et « apologie de crime contre l’Humanité ».

    Que dire de l’élue d’opposition RN à la mairie d’Avignon Anne-Sophie Rigault, épinglée par le collectif No Pasaran pour avoir mené campagne avec des proches du groupuscule antisémite Amitié et Action française, scission du mouvement royaliste.

  • La Ville de Briançon acte la vente du fort des Têtes

    La Ville de Briançon acte la vente du fort des Têtes

    « Une séance historique » : ce sont les mots utilisés par Arnaud Murgia (DVD), le maire de Briançon, pour qualifier la séance du conseil municipal de ce mercredi 30 septembre. Pour cause, le rachat du fort des Têtes et sa cession à la Solideo, la société publique en charge des aménagements des Jeux olympiques 2030, qui prévoit de le transformer en village olympique, ont été actés. Un projet qui inquiète le groupe d’opposition de gauche Briançon territoire vivant, mais aussi plus d’une centaine de citoyens réunis dans le collectif Non au village olympique au fort des Têtes de Briançon : plusieurs dizaines d’entre eux ont fait le déplacement à la mairie pour montrer leur mécontentement face au vote. Une pétition a été lancée et récolte déjà plus de 8 000 signatures.

    Le fort Vauban, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, doit être acheté à l’état pour 242 000 euros. La Ville va ensuite céder cinq bâtiments à la Solideo pour près de 47 000 euros. « Depuis des années, les élus ont cherché des solutions pour sauver ce patrimoine, a rappelé le maire avant la délibération. C’est une chance unique de le réhabiliter » La Solideo se chargera des travaux de restauration des bâtiments. Les remparts resteront à la charge de la Ville, qui sera « bénéficiaire de subventions d’un montant jamais connu ici ».

    Création de logements sociaux

    Au-delà de sauver le bâti, le projet prévoit de répondre à un besoin criant à Briançon : la création de logements sociaux. Le village olympique permettra d’accueillir près de 1 000 athlètes pendant les Jeux. La Solideo devrait ensuite céder les bâtiments au promoteur immobilier privé Linkcity, une filiale du groupe Bouygues.

    Au total, 72 logements sociaux et en accession sociale à la propriété seront disponibles au plus tard en janvier 2031. « C’était ma promesse : que l’héritage du village olympique réponde aux à l’intérêt général des habitants », a insisté Arnaud Murgia. De plus, une résidence hôtelière, des équipements de services et des places de stationnement pour les futurs habitants devraient y voir le jour.

    « Les JO font beaucoup parler, a renchéri Stéphane Régnier du groupe d’opposition Briançon Territoire Vivant. Les associations qui s’y opposent reçoivent de plus en plus de soutien. Entendez notre population et ralentissez ! Les Jeux peuvent donner de beaux projets, mais seulement si vous intégrez les citoyens. »

    « Au lieu de susciter un engouement chez les habitants, on a des incertitudes sur le coût final, les délais et cette promesse d’héritage, a poursuivi Maxime Brousse du même groupe d’opposition. Nous avons besoin d’engagements fermes pour rassurer les Briançonnais et restaurer la confiance. »

    Agathe Di Lenardo

  • À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    À Toulon, une nouvelle organisation pour les conseils de secteur

    C’est un élément peu connu des habitants, et pourtant obligatoire dans toutes les communes de plus de 80 000 habitants depuis 2002. Instance consultatives et participatives, ni organes exécutifs, ni réunions d’information, les conseils de secteur ont été conçus à Porto Alegre, au Brésil, dès 1989, pour favoriser la justice sociale. Exportés au début des années 2000 en Europe et en France, ils ont vocation à créer du dialogue entre élus et citoyens. Ils offrent à ces derniers la possibilité de s’impliquer dans leur vie de quartier, en proposant et débattant des projets. « De la même façon que nous demandons aux enfants de rêver leur cour de récréation, nous invitons les Toulonnais à imaginer leur quartier », illustre la maire de Toulon Josée Massi.

    Cette dernière a désiré repenser intégralement la constitution de cet outil. Dès avril, elle a chargé son adjointe à la démocratie de proximité, Corinne Jouve, de tabler là-dessus. Premier changement : un redécoupage des secteurs, passés de dix à cinq (nord-ouest, nord-est, ouest, centre et sud), avec des quartiers « regroupés par cohérence de projets mais aussi par rapport aux besoins spécifiques des habitants », détaille la maire de Toulon.

    Un budget de « plusieurs millions d’euros »

    Un appel citoyen a ensuite été lancé. 807 habitants, associations et commerçants y ont répondu. Les conseils ont ensuite été déterminés par tirage au sort, chacun d’eux étant dirigé par un adjoint de secteur, avec, en leur sein, un élu (y compris d’opposition), un habitant, un membre d’un comité d’intérêt local (CIL) et un représentant associatif ou commerçant.

    Ils démarreront leur mission dès janvier, et ce jusqu’à la fin du mandat municipal en cours, et se réuniront a minima deux fois par an, en janvier et en juin. Leur fonctionnement sera régi par une charte. « Chaque membre s’engage à œuvrer pour et dans l’intérêt général de la ville, du quartier et de ses habitants. Il doit faire preuve de civisme, d’exemplarité et d’assiduité », explique Corinne Jouve. Les conseils de secteur disposeront d’un budget global de « plusieurs millions d’euros » sur la durée du mandat, afin « de réaliser des projets proposés et débattus au cours des séances de travail annuelles après études de faisabilité technique, juridique et financière », ajoute l’adjointe à la démocratie de proximité.

  • Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Depuis Madrid, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a dénoncé des propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a intimé aux « responsables politiques » du RN de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Immédiatement, l’intéressé a répliqué. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a cinglé Jordan Bardella sur X.

    Emmanuel Macron s’était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait 1 221 morts. Il n’avait, en revanche, pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 à Paris par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, arguant que son « rôle » était « de continuer à préserver dans cette période l’unité du pays et de ne jamais renvoyer dos à dos les uns et les autres ». Jordan Bardella s’est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement d’extrême droite israélien, pour participer à une conférence contre l’antisémitisme.

    Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste « formellement » en être l’auteur. Emmanuel Macron a également déploré « la violence langagière » de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à l’encontre de Mediapart. Une telle violence « conduit toujours après à une escalade et, même quand c’est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c’est le respect », a réagi Emmanuel Macron. La veille Marine Le Pen a conseillé au site d’investigation de revêtir son « costard en Kevlar », la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d’une « violence sidérante », a dénoncé Mediapart.

    Mais la macronie depuis son accession au pouvoir a contribué à l’intensification de ces attaques envers les médias. N’est-ce pas Emmanuel Macron lui-même qui en 2018, après les révélations autour de l’affaire Benalla, chargeait « une presse qui ne cherche plus la vérité ». Des médias qui, selon le chef de l’État chercheraient à se substituer au « pouvoir judiciaire » ? Une rhétorique reprise par la droite en la personne de Nicolas Sarkozy – pour ne citer que lui – à l’extrême droite.

    Philippe et Braun-Pivet

    se réveillent

    Il s’agit d’une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d’autres candidats se sont également engouffrés mercredi. « Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses », a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux « brebis galeuses » que le RN se félicite d’exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale (lire ci-dessous). Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

    Autre figure à s’insurger, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu, comme il s’en enorgueillit, « le bouclier de la communauté juive ». Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour négationnisme, elle a évoqué « les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste ».

    Et pourtant, c’est bien à l’issue d’un arrangement tacite avec le RN que le bloc central a pu faire réélire Yaël Braun-Pivet à la tête de l’hémicycle. En échange, les élus d’extrême droite ont obtenu des postes clés au palais Bourbon, dont deux vice-présidences. Réagissant à l’affaire, le sénateur communiste Ian Brossat insiste sur X : « tous les imbéciles qui ont donné des brevets de respectabilité au RN devraient mourir de honte ». Ils sont nombreux.

  • Une élue alerte le conseil sur l’abattage d’arbres à Aiglun

    Une élue alerte le conseil sur l’abattage d’arbres à Aiglun

    Une élue d’Aiglun a alerté mercredi soir, à la fin du conseil communautaire de Provence Alpes Agglomération, sur l’abattage d’arbres la semaine dernière le long de la RN85, dans le cadre du chantier de confortement des berges de la Bléone, qui doit durer jusqu’à fin novembre. « Il y a beaucoup d’émotion chez les habitants d’Aiglun concernant ces abattages d’arbres. Il en reste encore quelques-uns, mais on a très peur qu’ils passent aussi à l’abattage très prochainement », a regretté Claude Bouliou, deuxième adjointe au maire, se disant « très sollicitée par les habitants sur ces points-là » et demandant si ces abattages relevaient de l’agglomération ou de la Dirmed. « Ces travaux sont portés par la Dirmed, la direction des routes. Ils font suite aux inondations de 2019 qui avaient mis en péril la RN85 », lui a répondu Claude Fiaert, sixième vice-président de Provence Alpes Agglomération. « Il a été demandé de laisser le plus de place possible à la rivière. C’est ce qui explique l’abattage des arbres », a-t-il avancé, promettant que « des plantations seront faites par la suite ».

    Un déménagement

    de l’abattoir ?

    Les élus ont par ailleurs acté le rapport annuel de l’abattoir vieillissant de Digne, avec une « légère progression de l’activité » et une « hausse de 1% du tonnage par rapport à 2024 », a rapporté Bruno Acciaï, vice-président de l’agglomération délégué à l’agroalimentaire. « Son utilité dépasse largement notre agglomération, puisque 70% des volumes proviennent de clients extérieurs », a-t-il rappelé. Mais « la vétusté des installations, qui entraîne des hausses de charges importantes, nous appelle à préparer l’avenir ». C’est pour cela que l’agglomération a lancé une étude « pour préciser les besoins et les possibilités de modernisation de cet équipement ». L’intercommunalité espère surtout partager la charge financière de cet abattoir « avec les autres territoires utilisateurs ». « Il n’est pas normal que l’on assure le déficit tout seuls », a lancé le vice-président. Questionné par le conseiller d’opposition Pascal Rovere concernant un potentiel changement de lieu de cet équipement, le président de l’agglomération Julien Di Benedetto a répondu que « pour le moment, l’abattoir a de belles années devant lui sur le site qu’il connaît ». « Le département du Var représente 20% du tonnage », a-t-il ajouté.

    Le vice-président délégué aux déchets, Max Eymard, a finalement présenté le rapport d’activité du service de gestion des déchets pour l’année 2025. La quantité d’ordures ménagères résiduelles a baissé de 15% par rapport à 2024, et « le taux de tri est passé de 22,53% à 26,97% », s’est réjoui le maire des Mées. Il reste cependant « encore une marge de progression importante » : « près de 6 938 tonnes pourraient éviter l’enfouissement ».

  • Au Sénat, Renaud Muselier se cherche un siège d’équilibriste

    Au Sénat, Renaud Muselier se cherche un siège d’équilibriste

    Dans quel groupe siégera Renaud Muselier au palais du Luxembourg ? C’est l’inconnue de cette rentrée sénatoriale dans les Bouches-du-Rhône. Élu sur la liste de Brigitte Devésa, la sénatrice (UDI) sortante qui va rejoindre les bancs de l’Union centriste, l’ex-président (REN) de la Région Sud réserve son choix.

    « Je siégerai dans la majorité sénatoriale comme promis, et voterai pour élire mon ami Gérard Larcher à la présidence du Sénat, avec qui j’étais au gouvernement de Jacques Chirac. Le choix des groupes sera fait lundi, et j’échange actuellement avec les groupes », se contentait-il de répondre à la veille de la rentrée de la haute assemblée.

    Ce jeudi 1er octobre débute une séquence décisive dans l’organisation du Sénat qui, pour sa première séance, élira son président avant de procéder à la mise en place de ses instances. Les nouveaux élus auront jusqu’au 5 octobre pour choisir le groupe politique dans lequel ils siégeront. Un choix qui conditionne leur représentation dans les commissions, leur temps de parole et leurs responsabilités parlementaires.

    Le groupe macroniste dans la majorité ?

    Renaud Muselier plaide pour « un candidat unique » à la présidentielle et a encore répété lundi, sur cette base, sa volonté de soutenir celui capable de réunir la droite et le centre quitte à lâcher Gabriel Attal au profil d’Edouard Philippe. Une posture qui pourrait rejaillir sur son positionnement à la Chambre haute.

    Car même si sa démission de la présidence de Région lui a fait perdre son statut de membre de droit du bureau exécutif national de Renaissance, la logique veut qu’il rejoigne les macronistes réunis au Sénat dans le Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI). Sauf que selon nos informations, la participation du groupe RDPI à la majorité de Gérard Larcher n’était pas encore actée mercredi.

    Le grand écart paraît impossible pour Renaud Muselier, qui pourrait dans ce cas se réfugier chez Les Indépendants – République et Territoires (LIRT), groupe composé de nombreux élus proches d’Horizons, parti d’Edouard Philippe. LIRT fera partie de la majorité sénatoriale et plusieurs de ces élus avaient salué son élection comme un des leurs. Une voix de secours pour Renaud Muselier que l’on voit mal siéger avec son ancienne famille, Les Républicains, où sera confortablement installée la sénatrice (LR) dissidente, Valérie Boyer, réélue avec le soutien de Bruno Retailleau, son président.

    À gauche, sans surprise, Jérémy Bacchi (PCF) retrouvera le groupe communiste CRCE-K, Marie-Arlette Carlotti (PS), le groupe Socialiste, écologiste et républicain, et Guy Benarroche (EELV) celui des écologistes. Les deux sénateurs d’extrême droite rejoindront eux le groupe Rassemblement national, formé avec leurs alliés.