Category: politique

  • Pour sa rentrée, Marc Pena déjà tourné vers 2027

    Pour sa rentrée, Marc Pena déjà tourné vers 2027

    À l’aube de l’examen du dernier budget du mandat, c’est à Septèmes-les-Vallons que le député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, Marc Pena, a tenu à faire sa rentrée politique, « une ville qui vote toujours à gauche aux municipales, et j’entends qu’elle vote à gauche à d’autres élections », justifiait-il dans un sourire.

    Dans cette rentrée marquée par les mobilisations sociales, il appelle le gouvernement à entendre la colère des lycéens, « plutôt que d’y répondre par la répression ». « Lorsqu’ils réclament des professeurs, ce n’est pas parce qu’ils ne veulent rien faire du matin au soir ! » ironise-t-il. S’il condamne les violences, il souligne que ces jeunes mobilisés « ont une conscience aiguë que leurs parents triment et ne trouvent pas toujours de quoi subvenir aux besoins de leur famille ».

    Cette rentrée politique est aussi l’occasion pour lui de jouer depuis Septèmes-les-Vallons le match retour du dernier conseil municipal aixois. « Madame Joissains n’est pas toujours calme », ironise-t-il. Tandis que la maire (UDI) d’Aix disait être prête à quitter la Métropole, le député réplique : « Oui, il faut réformer la Métropole, mais il ne faut pas la défaire à tout prix ».

    Saluant la victoire de la gauche unie aux sénatoriales, disant sa fierté de la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes, il alerte sur le budget dont l’examen va commencer, « une véritable provocation ». « Pour l’instant, nous n’allons pas transiger sur les lignes rouges, annonce-t-il. Si ce sont les classes populaires, les classes moyennes qui portent l’essentiel de l’effort pour le pays, ce sera sans nous ! »

    Défendre l’union

    Mais surtout, il a le regard tourné vers les échéances de 2027, face à la menace de l’extrême droite. « Les propos de Jordan Bardella, même s’ils ont dix ans, sont les propos qui structurent le RN depuis sa construction », attaque-t-il. Certain que les anciens ministres macronistes seront sanctionnés par les électeurs, lui qui s’affichait auprès d’Olivier Faure à Marseille assure qu’il peut « y avoir une gauche républicaine, sociale, parlementaire, responsable tout en étant sur ses fondamentaux extrêmement exigeante qui peut encore séduire ».

    Il l’assure, il reste « un défenseur continu de l’union de la gauche », celle de la gauche qui lui « est chère », dans laquelle il ne cite pas les insoumis. « Ce qui se joue devant nous est bien plus important que nos différences », l’appuie l’adjoint PS marseillais Yannick Ohanessian. « C’est à nous, les militants de base, de faire remonter les choses pour qu’au plus haut on ait les conditions de créer une véritable union », défend aussi le maire (PCF) de Septèmes, André Molino. « Jamais on n’aurait pensé que cette circonscription soit à gauche, reconnaît de son côté Marc Pena, au moment d’aborder les législatives. Je suis persuadé qu’elle peut le rester et que l’on sera au rendez-vous. » Comme une annonce de candidature.

  • La communauté d’énergie locale de Vitrolles monte en puissance

    La communauté d’énergie locale de Vitrolles monte en puissance

    C’est une initiative unique en France. Unique « par son ampleur » et par le fait qu’elle soit « portée par une collectivité locale pour les administrés et les entreprises de son territoire », assurent Alice Gaubert et Donald François, de SerenySun.

    Dix-huit mois après la signature de concession entre la Ville de Vitrolles et le groupement dont l’entreprise fait partie, aux côtés de Watteos, la communauté d’énergie locale en autoconsommation collective « Notre énergie Vitrolles » est pleinement opérationnelle.

    Sept centrales photovoltaïques en service sur des bâtiments communaux alimentent 70 participants : des équipements publics, une trentaine de familles et une première entreprise locale réparties autour de trois boucles. Une quatrième boucle est en passe d’être terminée. Une fois les six centrales supplémentaires actuellement en chantier achevées, 2,2MWc seront installés, soit plus d’un tiers de la puissance cible du projet, dont le maire (PS) Loïc Gachon rappelle l’enjeu : « Produire localement une électricité qui bénéficie directement au territoire. »

    Avec des économies à la clé : « On s’engage à avoir un tarif inférieur au tarif réglementé, affirme Alice Gaubert. Par rapport au tarif bleu du mois d’août, le nôtre est inférieur de plus de 7%. » La communauté propose surtout un « bouclier face aux aléas de demain », souligne Donald François. En intégrant « Notre énergie Vitrolles », les particuliers « sécurisent » environ un tiers de leur facture d’électricité. Demain, « Notre énergie Vitrolles » envisage d’intégrer une logique aussi de rachat des excédents des petits producteurs, autrement dit des particuliers qui ont un toit solarisé. « Quitte à faire le même tarif de rachat qu’EDF, autant qu’on soit dans un ensemble collectif local », explique Loïc Gachon.

  • La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    À gauche, il y a deux manières d’analyser les résultats des sénatoriales dont l’officialisation en préfecture de l’Hérault aura été laborieuse, dimanche 27 septembre, en raison de la mystérieuse disparition du procès-verbal du 11e bureau.

    La première lecture, c’est de se dire qu’avec la réélection d’Hussein Bourgi (PS) et l’accession de Julie Frêche (PS) au palais du Luxembourg, la liste d’union PS/PCF/Place Publique a réussi son coup. Difficile de dire autre chose au vu des 793 voix recueillies sur 2710 votants (2730 inscrits) alors que PS et PCF n’en avaient obtenu que 561 et 84 en partant séparés en 2020. Pour le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), c’est la preuve que « la très belle dynamique de rassemblement de la gauche unie avec le PCF et Place publique » a porté ses fruits.

    De même que le travail de terrain mené depuis 2020 par H. Bourgi. Lequel a tout de suite salué Julie Frêche comme la « première femme socialiste élue au Sénat dans l’Hérault ». « Je serai la sénatrice de tous les territoires : urbains, ruraux, du littoral, de la montagne », a tenté de rassurer l’élue Montpelliéraine qui va devoir laisser son poste de vice-présidente à la Métropole.

    Revers pour K. Mesquida

    La seconde manière de lire le scrutin, c’est se souvenir que la gauche héraultaise comptait trois sénateurs (Hussein Bourgi, Christian Bilhac et Henri Cabanel) et n’en a plus que deux. La faute à la division. Car les 5 autres listes de gauche ont toutes échoué. En dépit d’un faible nombre d’élus locaux, Les Écologistes d’Agnès Gizard-Carlin (49 voix) et les Insoumis d’Alexia Laforge (119 voix) ont préféré se compter plutôt que s’entendre. Même échec au Département de l’Hérault, où la dissidence de la divers gauche (DVG) Audrey Imbert (147 voix) a empêché l’élection d’Aurélien Manenc (DVG, 275 voix), infligeant au passage un revers au président Kléber Mesquida (La Convention) présent sur sa liste. Quant à l’élue régionale Florence Brutus (PRG, 139 voix), elle n’a pas capitalisé sur l’héritage de Christian Bilhac.

    Le prix de la division est identique à droite (5 listes dont Nouvelle Énergie de Malik Hamadache, 164 voix) qui ne conserve qu’un député et tente de se réinventer. Exit le sénateur Jean-Pierre Grand (Horizons, 145 voix), victime de son départ des Républicains (en échec avec Alain Berthet, 129 suffrages) et de la perte de Castelnau-le-Lez. À bientôt 76 ans, le gaulliste a lui-même annoncé sa retraite politique à Hérault Tribune. « Je regarderai la politique depuis mon poste de télévision ». Après maintes tentatives, l’entrepreneur Joseph Francis (DVD, 427 voix) a enfin gagné un scrutin sur son nom, sans l’UDI. « Une nouvelle page de la droite et du centre est en train d’être écrite.
    Je serai le sénateur de la ruralité
      », a promis… le Montpelliérain.

    Le corollaire de ce double constat, c’est que le RN a tiré les marrons du feu. Certes, grâce à la prise d’Agde et surtout la fragilisation du plafond de verre, le RN obtient quasi trois fois plus de voix (328) qu’en 2020 (118). Mais sans la division des forces républicaines, jamais Manon Bouquin n’aurait pu se faufiler au Sénat.

  • Une farandole festive à Avignon après avoir chassé Charles Maurras

    Une farandole festive à Avignon après avoir chassé Charles Maurras

    Sur la place Pie d’Avignon, alors que la nuit tombe et que les lampadaires s’allument ce vendredi 2 octobre en début de soirée, des chants en provençal transpercent le brouhaha des bars. Une centaine de personnes célèbrent la déprogrammation de la lecture d’un texte de l’auteur d’extrême droite Charles Maurras, qui était initialement prévue au même moment à la bibliothèque municipale Ceccano, à quelques centaines de mètres.

    L’association organisatrice de la Semaine provençale avait décidé, mardi 29 septembre, de déprogrammer la lecture, après une demande du maire (DVD) Olivier Galzi, qui s’est dit « favorable au retrait » de l’auteur, « compte tenu de son profil ».

    Pour l’occasion, un événement a été organisé afin de célébrer « la langue d’oc, sa riche histoire et l’immense héritage humaniste et millénaire de sa poésie sans frontières », pousse un collectif constitué de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) Avignon Orange Carpentras, la librairie Youpi !, le Mrap et la CGT Spectacle. Plusieurs prises de parole se sont succédé, entrecoupées de chansons jouées par La Conf du pouet. « Cette mobilisation a payé. Mais si nous sommes réunis, c’est aussi parce que le combat ne s’arrête pas là », lance Fabienne Haloui, présidente de la LDH.

    Grâce à la mobilisation

    Comme la LDH le rappelle, le retrait de la lecture « a été rendu possible grâce à la mobilisation de nombreux citoyens, universitaires et des organisations ». Très rapidement après l’annonce du programme, la librairie avignonnaise Youpi ! avait alerté sur la présence d’un texte de l’auteur antisémite et pétainiste. Par la suite, la LDH, la Libre Pensée 84, Place Publique 84 ou encore La France insoumise Vaucluse étaient montés au créneau afin de réclamer son retrait. « Je suis plongé dans un abîme de perplexité qu’on en vienne à banaliser des auteurs d’extrême droite en 2026 », abonde Guillaume Gourgues, Avignonnais et maître de conférences en science politique à Lyon.

  • Les députés poursuivent l’examen de la loi intégrale

    Les députés poursuivent l’examen de la loi intégrale

    Cent neuf. C’est le nombre de féminicides perpétrés depuis le début de l’année 2026 en France, selon le collectif NousToutes. Le 27 septembre dernier, au Havre, une femme de 70 ans a été tuée par son conjoint à coups d’haltères. Ce dernier a appelé lui-même la police. Sa victime avait déjà porté plainte contre lui 14 ans plus tôt.

    C’est dans ce contexte, mais aussi celui de l’onde de choc provoquée par le viol et le meurtre de la petite Lyhanna, la soumission chimique et les viols répétés subit par Gisèle Pélicot perpétrés par son mari et des dizaines d’hommes, l’affaire Le Scouarnec, ancien chirurgien reconnu coupable de viols et d’agressions sexuelles sur 299 victimes, que l’Assemblée nationale a débuté, jeudi dans l’hémicycle, l’examen de la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes, soutenue par plus de 240 députés issus de huit groupes politiques différents.

    Violences économiques

    et administratives

    Composé de 70 articles, son objectif est de s’attaquer à la chaîne des violences. La rapporteure socialiste Cécile Thiébaud-Martinez en est la rapporteure. Sur l’article premier qui vise à définir les violences sexistes et sexuelles et intrafamiliales, les députés ont voté, vendredi, contre l’avis du gouvernement, pour l’ajout de la notion de violences économiques, parmi lesquelles le non-versement de la pension alimentaire, des cas de vol ou d’extorsion. « Une vraie violence pour les femmes », commente la députée socialiste Colette Capdevielle, rappelant qu’« en France, une pension alimentaire sur trois n’est pas payée ». Cette définition a donc été élargie, et vu l’ajout d’une mention aux thérapies de conversion.

    La députée communiste Elsa Faucillon a retiré son amendement sur les « violences administratives » qu’elle entend proposer plus tard dans la discussion : « On le voit à la fois pour les femmes étrangères, mais pas seulement ; le fait de confisquer des papiers, comme des titres de séjours, sont des violences administratives qui peuvent s’inscrire à la fois dans le cadre d’un contrôle coercitif, mais également comme un espace d’emprise de cumulation de violences ».

    Création d’une haute autorité indépendante

    Puis, dans un hémicycle clairsemé, les députés ont adopté dans l’après-midi l’article 2, qui entérine la création d’une instance indépendante chargée d’évaluer l’application et l’efficacité des mesures de lutte contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales. Cette haute autorité sera composée « de parlementaires, de magistrats, d’experts, de chercheurs, de représentants d’associations et des collectivités territoriales », et publiera annuellement un rapport sur le nombre de féminicides en France, et celui des infanticides, mais aussi des décès de mineurs « consécutifs à des violences ». C’est l’une des 140 recommandations portées par la coalition féministe et enfantiste, qui regroupe plus de 300 associations.

    La députée du groupe écologiste et social, Clémentine Autain, interroge le gouvernement sur le budget alloué à cette haute autorité et son indépendance. La ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, agacée par les nombreuses interpellations en ce sens, assure : « J’ai déjà précisé qu’à partir du moment où la loi serait votée à l’Assemblée nationale, toute l’étude d’impact serait livrée avec l’évaluation budgétaire associée. » Dont acte.

  • Le bras de fer continue pour la présidence d’Euromed

    Le bras de fer continue pour la présidence d’Euromed

    L’élection de la conseillère régionale (Hor.) Isabelle Campagnola-Savon à la tête de l’établissement public d’aménagement Euroméditerranée, le 25 septembre 2025, ne passe toujours pas pour la municipalité marseillaise. En ouverture du conseil d’administration, ce jeudi après-midi, les représentants de la Ville sont montés d’un cran en réclamant sa mise en retrait conservatoire. En cause, le cumul de sa responsabilité avec sa nouvelle profession d’agent immobilier, lancée en mai dernier comme le révélait alors La Marseillaise (notre édition du 22/05). De quoi alimenter un risque de conflit d’intérêts, selon la municipalité. Celle-ci a donc saisi le préfet, qui à son tour s’est tourné vers la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Face au refus de la présidente de se mettre en retrait de ses responsabilités, les élus municipaux refusent désormais de prendre part aux votes. « En attente d’éléments confirmant la capacité légale de la présidente de concilier activité professionnelle et direction de l’établissement public, nous n’avons pas de garantie nécessaire », explique-t-on dans l’entourage du maire. « J’avais évidemment questionné les services juridiques », répète une nouvelle fois Isabelle Campagnola-Savon, qui dit prendre « toutes les mesures » pour éviter le moindre conflit d’intérêts. Ainsi, elle se refuse à travailler avec les promoteurs, dans le périmètre de l’opération d’intérêt national et ne prend aucune vente dans le tertiaire. « J’ai été élue pour quatre ans, je ne vais pas me dérober, assume-t-elle. Rien ne m’oblige à cette mise en retrait. »

  • Robin Prétot dénonce la stratégie des petits pas de l’Afpa

    Robin Prétot dénonce la stratégie des petits pas de l’Afpa

    La Ville d’Istres enchaîne les bras de fer. Après avoir obtenu l’abandon du projet d’incinérateur porté par Suez, la majorité se mobilise à propos de La Poste. Le maire Robin Prétot (LR) l’a annoncé lors du conseil municipal : le bureau ne fermera pas. « Ses horaires sont adaptés en raison de la fréquentation et du besoin de recentrer les moyens », explique-t-il après avoir échangé avec la responsable locale. Une maigre victoire pour l’élu, qui y voit la même « stratégie des petits pas » à l’œuvre que du côté de l’Afpa, qui a annoncé un plan de restructuration.

    En Paca, 67 suppressions de postes pour 36 créations, adossées à un plan de départs volontaires, sont envisagées. À Istres, la totalité des formations qualifiantes dispensées par le centre serait rapatriée vers Marseille. « On nous explique que les plateaux techniques vont déménager d’ici deux ou trois ans, mais qu’il y aura toujours de l’accompagnement, s’agace le maire. On a l’impression que c’est la stratégie des petits pas, qui conduit petit à petit à fermer les différents locaux pour des économies d’échelle. » Et de prévenir : « Qu’ils ne s’imaginent pas qu’ils vendront ce dernier lot à un promoteur pour y faire des immeubles. Je m’y opposerai fortement ».

    Une petite victoire à noter : la majorité a voté un avenant au bail passé avec la société chargée d’implanter une station radio-électrique chemin du Bord de voie ouest. L’antenne relais, qui devait faire 24 m de haut, inquiétait les riverains. Le programme a donc été révisé : la hauteur est réduite à 16 m et le pylône en forme d’arbre est abandonné « en raison de son empreinte carbone », annonce Jocelyn Planelles, adjoint délégué à l’urbanisme.

  • [Maj] Le maire de Marseille appelle au calme face aux agressions et dégradations

    [Maj] Le maire de Marseille appelle au calme face aux agressions et dégradations

    Face aux nombreuses agressions et dégradations, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan a dénoncé ce jeudi matin les «violences inacceptables, incendies et agressions subies par les professeurs, les pompiers, les journalistes, les Marseillais, qu’aucune cause ne peut justifier». Il appelle donc « à l’apaisement de chacun, et à retrouver le chemin d’une expression démocratique des revendications» en indiquant que la Ville «se tient aux côtés de ceux qui défendent le service public et l’avenir de nos jeunes, pas de ceux qui cassent, incendient et violentent».

    Selon nos informations, un professeur du lycée professionnel Le Chatelier, dans le 3e arrondissement de Marseille, a été blessé par un jet de pavé, comme le confirme la préfecture de police qui dit prendre tous les faits très au sérieux et invite à déposer plainte. Le maire (PS) du secteur Anthony Krehmeier a apporté son soutien au personnel. «Je soutiens les revendications et le droit des lycéens à se mobiliser, mais rien ne justifie la violence», écrit-il.

    Le rectorat de son côté a infirmé l’information selon laquelle les équipes de direction du lycée Victor-Hugo (3e arr.) ont été aspergées d’essence, précisant qu’elles avaient été éclaboussées lorsque des individus ont tenté d’en verser dans des conteneurs. De source policière, on évoque une quarantaine d’interpellations en fin de matinée, un chiffre susceptible d’évoluer.

    Le réseau de la RTM a été entièrement suspendu en fin de matinée suite à des agressions d’agents. Un camion des marins-pompiers a aussi été incendié et des uniformes dérobés. Le bataillon est intervenu sur 45 feux dans la ville à 12h15.

    La CGT 13 en défense des lycéens

    «Le mouvement lycéen se transforme en chaos urbain», écrit pour sa part la présidente (DVD) du conseil départemental Martine Vassal qui «appelle à la plus grande fermeté» et accuse la France insoumise de souffler «sur les braises». Dans un communiqué, le conseil régional comptabilise 39 lycées touchés par des violences entre le 28 et le 30 septembre. «Ce n’est pas de la contestation, c’est de la délinquance. Ceux qui brûlent nos lycées attaquent la République», dénonce la Région qui réclame l’identification immédiate et des poursuites «contre chaque casseur». La collectivité propose à la justice «10 000 heures de travaux d’intérêts généraux» et assure aussi que «les députés La France Insoumise portent une responsabilité lourde dans ce chaos».

    L’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle de son côté que «leur mobilisation met en lumière les conséquences de choix politiques qui affaiblissent depuis des années l’Éducation nationale». «Dans plusieurs établissements, des directions maintiennent les cours et demandent aux personnels de signaler les élèves absent·es alors que des lycéens font entendre leurs revendications et que des gaz lacrymogènes sont utilisés jusque dans l’enceinte des lycées. Comment peut-on prétendre assurer normalement les cours dans de telles conditions ?» interroge l’union départementale qui appelle à se tenir au côté de la jeunesse et «contribuer collectivement à sa protection».

  • La gauche reste mobilisée pour la Poste à la Rouvière

    La gauche reste mobilisée pour la Poste à la Rouvière

    Deux jours après la forte mobilisation des usagers du bureau de la Rouvière (notre édition du 28/09), les responsables de la Poste ont été reçus, ce lundi, en maire de secteur. De quoi permettre à la maire RN des 9-10, Éléonore Bez, de crier victoire à travers un communiqué : « La Poste m’assure vouloir garder une présence à la Rouvière. » Mais elle confirme qu’il y a bien un projet de « transformation » et indique qu’elle organisera une réunion de concertation avec « l’ensemble des acteurs concernés », « afin de trouver une solution satisfaisante pour les habitants », avec des modalités discutées avec le syndic.

    Si le conseiller départemental (DVD) Sylvain di Giovanni crie lui aussi victoire, le syndicat Sud PTT alerte sur un « double discours inquiétant » et une transformation en point relais de ce bureau, avec la disparition des activités bancaires, de conseil et de certaines opérations postales : « La mairie connaissait pertinemment le projet funeste de la Poste et au terme d’une parfaite inertie, prise dans ses contradictions, voilà qu’elle tente de redorer son blason. »

    « La réponse ne peut pas être de remplacer progressivement un service complet par une offre minimale », dénonce la conseillère municipale (DVG) déléguée à l’accès aux services publics, Katia Yakoubi, qui cible un « communiqué de presse mensonger » d’Eléonore Bez. En demandant qu’habitants, représentants syndicaux, associations soient pleinement associés aux discussions.

    La section PCF du 9e pointe de son côté une « trahison » de la maire RN de secteur, qui « ne nous surprend pas », et promet de rester mobilisée pour que le bureau ne se transforme pas en simple point relais. « Ce n’est que pure spéculation », se contente de répondre l’intéressée. La Poste, sollicitée, n’a pas donné suite.

  • [Entretien] Chloé Barbey, MJCF : « Nous sommes à bout et essayons de faire passer un message fort »

    [Entretien] Chloé Barbey, MJCF : « Nous sommes à bout et essayons de faire passer un message fort »

    La Marseillaise : D’où vient le mouvement des lycéens et quelles revendications portez-vous ?

    Chloé Barbey : Dès l’été, avec l’annonce de la grève de la fonction publique et la mobilisation des fonctionnaires, qui a eu lieu mardi, nous avions décidé de suivre ce mouvement au MJCF. Dès la rentrée, nous tractions et appelions à bloquer les lycées pour cette mobilisation du 29 septembre. Aujourd’hui, la colère s’exprime suite à toutes les réformes macronistes et face à l’état de l’Éducation nationale. Être 35 par classe dans toutes les classes, ce n’est pas possible ! La recommandation, c’est autour de 25 élèves. Il y a le problème des professeurs non remplacés, tout comme celui des assistants d’éducation (AED) et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Il y a aussi la question de l’état des bâtiments des établissements. Au lycée Fourcade à Gardanne, par exemple, notre cantine est beaucoup trop petite. On se retrouve à avoir une heure pour manger, mais nous n’avons pas le temps : entre la queue et le temps que les gens sortent et rentrent… Ce jeudi matin, on bloquait le lycée Valabre, toujours à Gardanne. Et les lycéens parlaient de leur internat, qui est tellement insalubre qu’ils n’en pouvaient plus.

    Ces conditions d’apprentissage pèsent-elles dans la vie quotidienne ?

    C.B. : Imaginez un cours de deux heures de philosophie, de 16h à 18h, quand on est 35 ou 40 dans la classe… C’est dur ! Quand un prof n’est pas remplacé, que ça dure des semaines ou des mois, comment on fait pour le bac ? En réalité, on se rend compte que tout est donné aux établissements privés, les subventions notamment. Tous nos ministres viennent du privé. Parcoursup privilégie le privé. Et le privé, quand on n’a pas les moyens, on n’y va pas. Moi, le privé ne m’intéresse pas, je crois en l’éducation publique.

    In fine, ce sont les mesures austéritaires qui ont touché l’Éducation nationale que
    vous dénoncez
     ?

    C.B. : Oui. Par exemple, il y a cette réforme du bac où l’on doit choisir des spécialisations très tôt. Et quand on n’a pas certaines spécialisations, comme les maths, beaucoup de filières deviennent inaccessibles. Et c’est compliqué de se dire qu’en 1re, il faut savoir exactement ce que l’on veut faire et qu’on ne pourra pas changer d’avis. Petits, nous avons vu les Gilets jaunes puis les mobilisations pour la retraite. Déjà au collège, ça m’inquiétait. On voit que ça ne va pas mieux. Notre mouvement découle un peu de tout ça. Aujourd’hui, les lycées ne fonctionnent plus.

    Il y a eu des débordements autour des blocus ce jeudi, notamment
    à Marseille. Quel est votre regard sur ces évènements
     ?

    C.B. : Le mouvement partait d’un bon fond. Dans beaucoup d’endroits, les lycées ont été bloqués « comme il faut » et sans problème. Je pense qu’il y a une part de médiatisation : rapidement, beaucoup de médias ont voulu orienter les débats sur les violences plutôt que sur nos revendications. Et dès le début, le gouvernement a expliqué qu’il ne laisserait rien passer. Ça a attisé la colère. Il ne faut pas tomber dans le piège de ne plus parler des revendications. Il faut aussi parler de la répression, des violences policières contre les lycéens. Utiliser des armes contre des mineurs… Il ne faut pas abuser. Dans beaucoup d’endroits, les blocages sont pacifiques et ça n’a pas empêché des violences de la part des forces de l’ordre. Ce n’est pas un hasard s’il y a une démonstration de force du pouvoir et une diabolisation de la jeunesse le jour où le gouvernement présente son budget. Oui, il y a eu des débordements et des choses qui auraient dû être évités. Mais nous ne sommes pas juste des lycéens qui ont la flemme d’aller en cours. Nous sommes à bout, nous essayons de faire passer un message fort.