Category: edito

  • L’espoir renaît

    L’espoir renaît

    L’ambiance a changé sur les sites de Fibre Excellence de Tarascon et de Saint-Gaudens, avec l’arrivée de Matthieu Pigasse dans le dossier de reprise qui sera examiné le 6 juillet par le tribunal de commerce de Toulouse.

    Et pour cause : annoncée ce mercredi par La Marseillaise, l’intérêt manifesté par le banquier d’affaires pour l’avenir des deux usines change la donne. Près de 600 emplois sont en jeu, mais c’est aussi de souveraineté industrielle en matière de papier et de cohérence de toute une filière qu’il s’agit.

    Le rôle des Régions Occitanie et Sud, a été déterminant pour éviter la catastrophe en portant le sujet politiquement, mais aussi en annonçant un soutien financier très significatif. Un juste écho à la mobilisation des salariés et à l’enjeu du dossier.

    Rôle de l’État dans l’économie

    Mais l’avenir industriel peut-il reposer sur la seule initiative privée et la bonne volonté des collectivités ?

    Le cas Fibre Excellence révèle un grand absent : l’État. C’est pourtant de lui que dépend le dénouement définitif du dossier.

    En effet, pour assurer la pérennité du projet qui sera présenté dans trois semaines au tribunal de commerce, l’État est attendu sur la revalorisation du prix d’achat de l’électricité produite en marge de l’activité de fabrication de pâte à papier, mais aussi sur la structuration de l’approvisionnement en bois de toute la filière.

    Pour sortir l’avenir industriel du chaos du marché, l’État doit pleinement jouer son rôle.

    À Fibre Excellence, l’espoir renaît. Reste à le rendre concret et contagieux !

  • Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent

    Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent

    Esprit du général es-tu là ? À droite, l’écho de sa voix semble de plus en plus difficile à percevoir. Entre ralliement à l’Europe supranationale et libérale, opportunisme et hommages en forme de profanation reçus de la part de l’extrême droite héritière de Vichy, l’héritage de Charles de Gaulle est mis à mal.

    Pour sa part, La Marseillaise a un rapport ambivalent avec de Gaulle. Sans doute parce que cette figure fondamentale de la vie politique française a eu plusieurs visages. À la Une du premier numéro clandestin de notre journal, une citation du général, à la Une du premier numéro officiel, c’est cette fois un portrait du grand homme. Il incarne alors le refus du défaitisme, de la trahison pétainiste et l’unité de la Résistance dont l’ossature est composée de gaullistes et de communistes. La Marseillaise, combattra ensuite avec la dernière énergie, l’homme de droite, la Ve République et le pouvoir personnel, mais c’est une autre histoire.

    Boussoles

    Qu’il existe aujourd’hui une droite républicaine, claire vis-à-vis de l’extrême droite, est essentiel au jeu démocratique.

    Alors qu’une année d’élection présidentielle lourde de dangers se profile, droite et gauche doivent retrouver chacune leur boussole pour mieux s’affronter sur leur projet de société. C’est la meilleure manière d’écarter du centre du jeu politique l’extrême droite revancharde, haineuse et antirépublicaine. Oui, dans notre pays « on l’a déjà essayé » et les stigmates infligés par sa barbarie ne sont toujours pas refermés.

    « Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent », disait avec justesse Lucie Aubrac. Au futur, aussi, sans hésitation !

  • Combattre vraiment le narcotrafic

    Combattre vraiment le narcotrafic

    Face au narcotrafic et à ses conséquences dramatiques, de nouveaux moyens policiers et judiciaires sont mis en œuvre. Ils produisent de premiers résultats. On l’a vu avec les procès retentissants de plusieurs responsables de la DZ mafia ou celui du chef du clan Yoda. On le constate aussi avec l’évolution des trafics qui, sous la pression, se réorganisent.

    Moins de points de deal au vu et au su de tous, plus de livraisons discrètes. Mais aussi de plus en plus de cocaïne qui, malgré les ravages qu’elle provoque, se « démocratise ».

    Cela dit quelque chose de notre société, massivement confrontée aux addictions aussi bien qu’au recours aux antidépresseurs. Comme si tout était bon pour la fuir tant elle est peu désirable.

    Simplisme

    Les pouvoirs publics rappellent régulièrement la responsabilité des acheteurs de drogues. « S’il n’y avait pas de consommateurs, il n’y aura pas de trafic », expliquent à l’unisson ministres, préfets et procureurs. Oui, c’est une évidence. Mais c’est aussi sans doute un peu court.

    S’il n’y avait pas de frontières-passoires, il n’y aurait pas autant de drogue à écouler sur le territoire. S’il n’y avait pas eu la suppression de la police de proximité, des quartiers entiers n’auraient pas été livrés aux dealers. S’il n’y avait pas de détresse psychologique, les clients seraient moins nombreux. S’il n’y avait pas tant de misère sociale, il n’y aurait pas autant de chair à canon pour les têtes de réseaux mafieux.

    Pour faire combattre vraiment le narcotrafic, ce sont sur tous ces leviers qu’il est nécessaire d’agir.

  • Les maîtres d’un monde à feu et à sang

    Les maîtres d’un monde à feu et à sang

    Les dirigeants du G7
    se réunissent à Evian jusqu’à ce mercredi, autour du président
    des États-Unis Donald Trump, devenu le principal facteur d’instabilité du monde.

    Ce groupe informel, formé depuis les années 1970 par les pays les plus riches et les plus influents du monde, est devenu un cénacle de puissances économiques déclinantes aux intérêts divergents.

    Conçu par les États-Unis comme un outil de d’influence sur le plan économique comme l’Otan l’est sur le plan militaire, le G7 est à bout de souffle.

    L’imprévisible hôte de la maison blanche est venu parader après la conclusion d’un accord avec le régime iranien des Mollahs après la guerre qu’il a déclenché avec son allié israélien, mais sans consulter ses partenaires du G7.

    Cadre inopérant

    Une opération qui aura profondément déstabilisé l’économie mondiale avec la fermeture du détroit d’Ormuz et pesé lourdement sur les conditions d’existence du peuple iranien, tout en renforçant le régime théocratique qui l’opprime.

    Après avoir agressé le Venezuela, menacé d’annexion le Groenland puis le Canada et étranglé le peuple cubain, Donald Trump considère que le maintien de la « paix » avec l’Iran n’a pas besoin de ses alliés, à qui il reproche de ne pas s’être engagés à ses côtés.

    Dans ces conditions, le G7 est-il devenu le club des maîtres du monde d’un monde à feu et à sang ? Sans la Chine, l’Inde ou encore le Brésil, ce cadre est inopérant et même contraire à l’intérêt des peuples.

    Les voix qui s’expriment dans notre région comme dans le reste du monde pour faire prévaloir le multilatéralisme, la paix, le progrès social sont dans le vrai.

  • Ânerie ne prend qu’un n…

    Ânerie ne prend qu’un n…

    Le transparent ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a l’art d’enfoncer les portes ouvertes : « Les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le Bac », a-t-il asséné en mai dans un entretien au Figaro au moment
    de la publication de sa circulaire pour la rentrée 2026-2027. L’ancien directeur général de l’enseignement scolaire a pour mantra la supposée « baisse du niveau » ;
    un discours décliniste mâtiné d’élitisme alors que des suppressions massives d’heures
    de cours sont encore programmées ainsi
    que de nombreuses suppressions de classes dans le premier degré.

    En agitant le niveau
    de l’orthographe pour obtenir le Bac, alors que l’épreuve de philosophie se déroule ce lundi 15 juin, le dernier ministre macroniste
    de l’Éducation, diffuse
    un écran de fumée pour masquer les véritables enjeux éducatifs.

    Enseignants jetés en pâture

    Il jette aussi en pâture les enseignants, incapables à ses yeux d’apprendre à lire et à écrire correctement à leurs élèves. Surtout, il individualise le parcours scolaire selon l’idéologie de la méritocratie plutôt que de se pencher sur les conditions matérielles et sociales des usagers de l’école, enfants et parents compris. Il faut toute
    une société pour élever un enfant. Or la compétition entre établissements, les contournements de la carte scolaire, la baisse (celle-ci est vraie)
    du niveau de vie
    des familles ont des conséquences délétères sur la scolarité des enfants. Mais de cela,
    le sixième ministre de l’Éducation nationale d’Emmanuel Macron, n’en a cure et convoque la science des ânes pour masquer la médiocrité
    de sa politique.

  • Connaître le passé pour saisir le présent

    Connaître le passé pour saisir le présent

    Visites, ateliers, chantiers, conférences… Les Journées européennes de l’archéologie proposent un éventail d’événements ce week-end, partout en France et singulièrement dans notre région pour mettre cette discipline et ses découvertes les plus récentes à la portée du public.

    Gratuites, les animations s’adressent à tous. Les professionnels et amateurs éclairés accompagnent les visiteurs dans leurs explorations du passé, du plus ancien à nos jours. Placées sous l’égide du ministère de la Culture, ces journées sont pilotées par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Un outil public fort de 2 000 agents. Ce service public met à jour, lors de tous les chantiers, publics ou privés, les traces de notre histoire, les analyse et les conserve.

    « Repères communs »

    Son président, le professeur Dominique Garcia, donne une merveilleuse définition du but de l’archéologie. « L’archéologie ne parle pas seulement du passé : elle nourrit notre présent en offrant des repères communs, dans le temps long et dans l’espace européen. » Des repères communs. Merci au président de l’Inrap ! Car en ces temps de stigmatisation de l’autre par les mouvements réactionnaires européens, populistes et d’extrême droite, ce message est de salubrité publique. Les discours de haine font leur miel de l’ignorance. En mettant à portée de tous les connaissances archéologiques, c’est aussi notre histoire commune qui est nourrie. C’est tout l’intérêt de ces journées européennes de l’archéologie.

  • Plan la Métropole en petit

    Plan la Métropole en petit

    La Chambre régionale des comptes a rendu sa copie tant attendue sur l’avenir budgétaire de la Métropole Aix-Marseille-Provence.

    118 millions de coupes claires dans le budget de la collectivité pour « équilibrer » ses comptes.

    Une nouvelle fois le choix de la potion amère de l’austérité est présenté comme étant le seul possible. Une orientation en contradiction avec l’ambition affichée du plan Marseille en grand et ses effets. Les besoins de financements de la Métropole résident notamment dans la nécessité d’assurer le fonctionnement des équipements de transports construits grâce à ce plan.

    D’autres choix sont possibles

    L’État devrait donc accompagner la Métropole Aix-Marseille-Provence pour trouver des pistes de recettes supplémentaires. Il pourrait augmenter le versement mobilité, cette taxe versée par les entreprises pour financer les transports publics. Il pourrait aussi décider de mettre à contribution les propriétaires de biens immobiliers en rehaussant un peu la taxe foncière.

    Au lieu de cela, la Chambre régionale des comptes préconise de s’en prendre à la dotation de solidarité communautaire et donc aux ressources de la ville de Marseille.

    Tout un symbole.

    Le préfet suivra-t-il ces préconisations marquées par des logiques comptables de courte vue déconnectées des besoins du territoire et de ses habitants ?

    L’État ferait alors le choix de passer du plan Marseille en grand au plan la Métropole Aix-Marseille-Provence en petit.

  • La Coupe du pire

    La Coupe du pire

    Le coup d’envoi ce soir de la 23e Coupe du monde de football (masculine) a d’ores et déjà un goût très amer. La « fête » planétaire est fondamentalement gâchée par l’exclusion de l’arbitre international somalien, Omar Abdulkadir Artan, du sol étasunien. Un acte raciste décidé par l’administration suprémaciste de Donald Trump. On aura beau se concentrer sur nos petites lucarnes pour admirer et encourager nos équipes favorites, cette injure à l’Afrique et à l’égalité entre tous les pays et les humains, ne passe pas. Ne doit pas passer. C’est pourtant passé sans aucun problème pour la FIFA et son président, le boursouflé Gianni Infantino qui pour s’endormir ne compte pas les ballons mais les dollars, par millions. L’alliance du fric et du racisme ce n’est pas le football que l’on aime, populaire et fraternel. Comment apprécier le spectacle dans les conditions de ce Mondial ?

    Berlin 1936, États-Unis 2026…

    En restant lucides et aux aguets face à ce qui va se jouer, sur et hors des terrains. En sachant aussi que parmi les 48 équipes en lice pour la première fois cette année, nombreuses partent avec des handicaps, parmi lesquels celui d’être les représentantes de petites nations, mal accueillies. Le sport et singulièrement le football ne sont pas hors-sol. Ils sont le reflet de leur époque, de leur siècle. Le football est instrumentalisé par les pays lauréats à l’instar de la Russie en 2018, du Qatar en 2022… Et des États-Unis de Trump cette année.

    Le visage actuel offert par les États-Unis n’est pas sans rappeler l’utilisation des Jeux olympiques pour ripoliner l’image, en 1936, du national-socialisme qui séduisit patronat et bourgeoisie. Nous connaissons ce qu’il en fut. À nous tous de résister, balle au pied !

  • Le signal d’alarme tiré à la SNCF

    Le signal d’alarme tiré à la SNCF

    C’est une mobilisation à la hauteur de la gravité de la situation et de l’état d’urgence au sein de l’entreprise publique SNCF. Aujourd’hui, les cheminotes et cheminots sont en grève de 24 heures à l’appel de l’ensemble des fédérations syndicales : la CGT Cheminots, l’Unsa Ferroviaire, SUD Rail et la CFDT Cheminots. Du jamais vu depuis la fin de l’année 2024.

    Ce mouvement sera massivement suivi d’après les remontées du terrain. Sans préjuger de la suite, la colère de « ceux qui font le fer » pourrait encore s’exprimer si le PDG de la SNCF, l’ancien Premier ministre Jean Castex, ne revient pas à la table des négociations avec des engagements concrets. Dont l’arrêt immédiat des réorganisations en série et un moratoire sur celles-ci. C’est la principale revendication de l’intersyndicale. Elle est cardinale car le démantèlement du service public ferroviaire a des conséquences délétères sur les travailleurs et les usagers du train. Les créations de filiales, la destruction de fret SNCF, atomisent l’unicité de la SNCF.

    Perte de sens

    La plus dramatique des conséquences est la perte de sens du métier, la disparition de collectifs de travail. Depuis le début de l’année 13 cheminots ont mis fin à leurs jours. L’un d’eux s’est jeté sous un TER dans l’Hérault, le 27 avril. Deux suicides ont eu lieu depuis. Il faut arrêter le massacre.

    Pour les usagers, la politique ferroviaire est illisible et le maintien d’un maillage fin des territoires avec des réouvertures et créations de lignes doit être une priorité. Pour cela, il faut des cheminots et travailler avec les collectivités locales, notamment les Régions.

    En tirant le signal d’alarme, les cheminots défendent le service public ferroviaire.

  • Des enfants, pas des numéros

    Des enfants, pas des numéros

    L’émotion légitime soulevée par la mort tragique de la jeune Lyhanna s’est exprimée hier soir dans toutes les villes de la région.

    Au-delà de la colère face à la faillite de l’institution judiciaire dans cette affaire reconnue par le garde des Sceaux lui-même, ces rassemblements ont exigé des mesures d’urgence pour la protection de l’enfance.

    Alors que de nombreuses associations, députés et citoyens réclament une « loi intégrale » de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, Gérald Darmanin a estimé que « ce n’est pas une nouvelle loi (…) qui aurait changé quelque chose » dans ce drame, pas davantage que « des moyens supplémentaires ».

    Une société qui ne sait pas protéger ses enfants

    Un discours fataliste, inaudible pour les manifestants qui dénoncent une forme de paralysie des pouvoirs publics à propos de la protection de l’enfance, que ce soit dans les familles ou dans les foyers de l’aide sociale à l’enfance. Depuis la mise en place de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), et ses rapports de 2023 et 2025, peu de choses ont changé sur le terrain.

    Pourtant ce sont des plus fragiles, des vies humaines dont il est question. Des vies d’enfants qui ne pourront jamais être réduites à des numéros de dossier dans une République qui proclame l’égalité en droits et la dignité de tous.

    Une société qui ne sait pas protéger ses enfants est une société qu’il faut impérativement révolutionner.