Category: edito

  • Agir pour une paix juste et durable

    Agir pour une paix juste et durable

    La paix pourra-t-elle advenir un jour au Proche-Orient ? Tant de sang, tant de larmes ont coulé que le désespoir s’étend un peu plus chaque jour dans les peuples palestinien et israélien et, au-delà, dans le reste du globe.

    Pour signer la paix, il faut être deux. Les terroristes islamistes du Hamas et l’extrême droite raciste israélienne n’y parviendront pas. Les peuples palestinien et israélien ne sont pas condamnés à vivre sous l’emprise du pire.

    Nelson Mandela palestinien

    Marwan Barghouti, élu député à deux reprises, est une figure porteuse d’un projet de réalisation des droits nationaux des Palestiniens, d’inspiration laïque et démocratique. Souvent comparé, y compris dans la presse israélienne, à Nelson Mandela, qui avait été lui aussi considéré comme un terroriste et emprisonné durant de longues années, il pourrait incarner un chemin de rassemblement et de paix pour son peuple.

    Côté israélien, même si le massacre antisémite du 7 octobre a renforcé le camp de l’extrémisme, des voix démocrates et progressistes n’ont jamais cessé de se faire entendre pour appeler à la résolution du conflit en commençant par une trêve.

    Mais l’absence de guerre ouverte n’est pas la paix. La situation tragique dans laquelle sont plongées les populations civiles de Gaza, où 73 000 morts ont été dénombrés, et de Cisjordanie, en témoigne.

    Créer les conditions d’une fin durable du conflit, c’est fonder la paix sur la justice, le droit international et garantir à ces deux peuples, deux États.

  • Un ministre sous pression

    Un ministre sous pression

    Gérald Darmanin présente sa réforme de la justice criminelle aujourd’hui à l’Assemblée nationale.

    Elle est contestée un peu partout dans notre région, comme dans le reste du pays, par les professionnels de la Justice. Mais pas seulement : alors que ce texte devait étendre la procédure du plaider-coupable à des crimes alors qu’elle est aujourd’hui limitée à certains délits, les députés ont rejeté la mesure en commission, le 10 juin, obligeant le ministre à revoir sa copie et à reconnaître qu’il n’y avait « pas de majorité à l’Assemblée nationale » sur ce point.

    L’austérité est un poison qui tue

    Simultanément, la tragique affaire Lyhanna a soulevé un véritable sentiment de révolte dans la population vis-à-vis d’une Justice incapable de protéger les enfants des violeurs et des assassins.

    La décision du garde des Sceaux de sanctionner une magistrate comme victime expiatoire de cette faillite du système judiciaire a achevé de creuser un fossé de défiance entre les juges et leur ministre.

    Quant à sa circulaire ordonnant aux procureurs généraux
    le réexamen de 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles sur mineurs, elle est apparue aux Français comme déconnectée des moyens réellement mis à disposition de l’institution judiciaire.

    Plus que jamais depuis qu’il participe à un gouvernement de l’ère Macron, Gérald Darmanin est sous pression.

    Certains réclament sa démission, mais plus que d’un changement de ministre, c’est d’un changement de politique qu’a besoin notre Justice. L’austérité est un poison qui tue.

  • Un été de plomb

    Un été de plomb

    L’été est aussi cruel que l’hiver pour les sans-abri. 960 d’entre eux sont décédés l’an passé, selon le décompte -non exhaustif- réalisé par l’association Morts dans la rue, auprès des associations, collectivités et structures d’entraide. Il y en a déjà 260 depuis le début de l’année.
    Deux autres à Argenteuil, mercredi, un autre encore, jeudi, retrouvé mort dans un square à Angers, et encore un autre à Nantes… Une hécatombe silencieuse pendant les longues journées d’été étouffantes. Et ils ne sont pas les seuls à tomber, il y a aussi les mal-logés, plus de 4 millions de personnes, qui « donnent la priorité au loyer » quitte à se priver de repas… Ceux à qui le ministre du Logement voudrait refourguer les bouilloires thermiques, comme il l’a très sérieusement annoncé cette semaine, en pleine canicule.

    Lorsque le cynisme le dispute à l’indécence, il semble difficile
    d’en appeler à l’État, au gouvernement et à ses représentants, pour répondre à l’urgence vitale que constituent les vagues de chaleur pour les plus démunis. Et pourtant.

    Des villes pas ou peu adaptées

    Ce danger permanent tient d’un bilan d’étape : malgré les efforts de villes comme Marseille, qui a fait de l’accès à l’eau dans l’espace public et de la création d’îlots de fraîcheur des priorités, les communes restent encore pas ou peu adaptées aux crises climatiques après des décennies de bétonisation intensive.

    C’est aussi le constat d’une société qui laisse sur le bord de la route des millions de citoyens, et dont la survie dépend souvent de l’action de bénévoles dont les structures sont elles-mêmes menacées par
    les plans d’austérité successifs. Et les étés de plomb se succèdent.

  • Autonomie

    Autonomie

    Pas de programmes militaires ou civils sans technologie, ni de technologie sans recherche : c’est la philosophie qui, dans la France exsangue d’après-guerre, a motivé le ministre communiste de l’Armement Charles Tillon à créer par décret en mai 1946 l’Office national d’études et de recherches aérospatiales : l’ONERA, le bras armé technologique de l’État en matière aérospatial.

    Aujourd’hui, acteur incontournable de la décarbonation de l’aviation, il mêle une recherche à la fois civile et militaire et affiche des jolis succès dans de nombreux domaines et dispose de moyens d’essais uniques au monde qui lui ont permis d’être au cœur de la filière aéronautique française, européenne et internationale. Des succès reconnus qui lui valent régulièrement d’être qualifié de « pépite » même si ses laboratoires sont assez peu connus du grand public.

    Bataille pour les financements publics

    Et pourtant. Son quotidien est celui de bataille pour ses financements publics. Certes, son budget est élevé et dépasse les 330 millions d’euros mais pour moitié seulement de crédits publics. Crédits publics qui comme pour l’ensemble de la recherche sont passés sous les fourches caudines de la réforme générale des politiques publiques. D’autant que, domaine oblige où sévissent les industriels (Safran, Thales, Airbus), l’organisme public de recherche est incité à développer la recherche… de ressources propres via des contrats passés avec le privé. Ce en quoi il excelle. Une bonne nouvelle ? N’est-ce pas les fonds publics qui permettent de lancer des initiatives précieuses à l’heure où les menaces sur la paix invitent notre pays à s’assurer de capacité de protection et de décision en toute autonomie ?

  • Ça chauffe aussi sur le terrain social

    Ça chauffe aussi sur le terrain social

    Tandis que les caméras sont braquées sur le thermomètre qui ne cesse de monter, la température sociale s’élève, elle aussi, dans notre région.

    À l’appel de la CGT, des travailleuses et travailleurs ont convergé sur le Port de Marseille pour sonner l’alarme. Selon l’organisation syndicale 30 000 emplois sont menacés dans les Bouches-du-Rhône dans divers secteurs d’activité qui subissent l’austérité de l’État et les logiques de profit immédiat du patronat.

    Les dossiers chauds ne manquent pas : Fibre excellence, Arcelor, CPMM, Kem One, les inquiétudes sont là aussi dans les services publics, à la Métropole Aix-Marseille-Provence, à La Poste, à la SNCF, dans les hôpitaux ou encore dans le monde associatif…

    Intérêts du monde du travail

    À cela s’ajoute la criminalisation croissante de l’action syndicale. L’occasion pour la CGT de réaffirmer sa solidarité avec Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du grand port maritime qui a fait appel de sa condamnation en première instance sur la gestion du CSE qu’il dénonce comme « politique ».

    Les participants à ce grand rassemblement ne se sont pas contentés de protester, ils ont aussi développé leur vision de la décarbonation de l’industrie, des relocalisations, des investissements nécessaires dans les services publics.

    Leur voix mérite d’être entendue. C’est celle du monde du travail conscient de ses intérêts.

    Les pouvoirs publics mais aussi les responsables patronaux, s’ils n’entendent pas ces propositions, doivent au moins produire des actes pour répondre à l’alerte sur l’emploi. À défaut, le climat social risque de gravement s’échauffer.

  • Un Mondial La Marseillaise aux ambitions et aux visages renouvelés

    Un Mondial La Marseillaise aux ambitions et aux visages renouvelés

    Cette année le Mondial a 65 ans et deux nouveaux visages sont là pour l’incarner. Il y a d’abord Maryan Barthelemy, le nouveau directeur des événements du groupe La Marseillaise, une figure bien connue de la planète boules pour sa passion et ses qualités d’organisateur mais aussi Gilles Picard, le nouveau président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque, professionnel de l’événementiel reconnu à l’échelle internationale.

    Avec leur arrivée, aux côtés de l’indispensable équipe de bénévoles, le Mondial La Marseillaise monte une nouvelle marche dans sa belle histoire et affirme de nouvelles ambitions à Marseille et au-delà.

    Cette année marque les 90 ans du Front populaire et des congés payés. Un anniversaire qui entre en résonance avec les fondamentaux du Mondial : le sport, les loisirs et la détente pour toutes et tous.

    Merci aux bénévoles

    Oui, depuis sa fondation cet événement est intrinsèquement populaire et républicain. Le Mondial c’est la Liberté : il est ouvert à tous. Mais c’est aussi l’Égalité : les amateurs concourent au même titre que les champions. C’est enfin la Fraternité : des joueurs des quatre coins du monde s’y côtoient.

    Pour réussir à l’organiser, les équipes de La Marseillaise ont déployé toute leur énergie. Merci, tout particulièrement, aux bénévoles sans qui ce rendez-vous planétaire n’existerait pas.

    En plus de l’Officiel du Mondial, magazine collector réalisé par notre rédaction, chaque jour de la compétition, La Marseillaise sera le journal du Mondial avec un détachable spécialement dédié à l’événement pour ne rien perdre des jeux sur les terrains comme de l’ambiance dans les allées du parc Borély.

    Nous avons hâte de vous y retrouver.

  • Investir aussi dans l’humain

    Investir aussi dans l’humain

    Le nouveau Samu zonal inauguré ce mardi à Marseille est une excellente nouvelle. Ces locaux sont enfin au niveau du deuxième Samu de France et de son activité impressionnante : 1 000 000 d’appels et 40 000 départs en intervention sont recensés chaque année. Des chiffres en constante augmentation.

    L’opération a été réalisée grâce à l’État qui a mis 17 millions d’euros sur la table dans le cadre du plan Marseille en grand mais aussi grâce au soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur à hauteur de 6 millions d’euros même si les infrastructures de santé ne relèvent pas directement de ses compétences.

    Le résultat est un véritable coup de jeune pour le service public de santé.

    Guérir de l’austérité

    C’est un outil d’intérêt général qui couvre l’ensemble du territoire régional, en première ligne dans les situations d’urgence médicale comme nous pouvons en connaître notamment avec les fortes chaleurs qui pèsent durement sur les personnes les plus fragiles.

    Cette réalisation, aussi utile qu’elle puisse être, ne doit pas pour autant faire oublier l’importance d’investir avant tout sur l’humain.

    L’hôpital public est dans une situation d’extrême urgence de ce point de vue, et ce ne sont pas les inflexions données depuis la crise covid avec le Ségur de la Santé, qui permettront de le remettre sur pied.

    De nombreux recrutements, des hausses de rémunération demeurent prioritaires pour redresser notre système de soin. Et pour cela, l’État ne pourra pas compter sur l’appui de collectivités qu’il ponctionne d’ailleurs abondamment.

    C’est de l’austérité qu’il faut guérir.

  • Pour une France qui fait Bloch

    Pour une France qui fait Bloch

    L’historien et résistant, victime des lois antisémites et de la barbarie nazie, entre ce mardi au Panthéon, aux côtés de son épouse Simonne Vidal.

    Après la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian avec le groupe de l’affiche rouge, c’est une nouvelle figure de la Résistance qui intègre ce temple républicain. Un homme d’histoire qui entre dans l’Histoire de la Nation.

    Marc Bloch était un patriote profondément opposé aux nationalismes et aux dérives meurtrières qu’ils portent en germes.

    Sa vie comme sa mort sont des symboles.

    Marc Bloch était tout ce que les nazis et leurs complices de Vichy haïssaient : issu d’une famille juive d’Alsace, érudit, républicain dans l’âme, Résistant à leur folie barbare. Ils l’ont torturé puis assassiné.

    L’entrée de Marc Bloch au Panthéon résonne avec les enjeux de notre temps

    Marc Bloch était tout ce que la France fait de mieux.

    Une France qui est capable de faire Bloch, c’est une France fidèle à l’idéal républicain, en mesure de promouvoir des femmes et des hommes quelle que soit leur origine, leurs croyances réelles ou supposées.

    Sa panthéonisation résonne avec les enjeux de notre temps.

    Face aux semeurs de haine, aux héritiers de Pétain, aux falsificateurs de l’histoire, face à tous les racismes, antisémitismes, discriminations… la France d’aujourd’hui doit faire bloc. Et faire vivre en actes les principes républicains comme l’héritage
    de la Résistance.

  • Pas un bulletin météo

    Pas un bulletin météo

    La Provence entre en épisode caniculaire. Des pointes à 40° sont annoncées, des records de températures aussi bien la nuit que le jour… Nul bulletin météo dans ces informations mais l’occasion de rappeler les impacts qu’ont ces hausses de températures liées au réchauffement climatique. Elles provoquent des décès au travail comme ce jeune couvreur de 19 ans mort d’hyperthermie dans la Drôme. La canicule tue aussi au quotidien. L’an dernier la Région Sud avait été la plus frappée par la mortalité attribuable à la chaleur. Si les plus de 75 ans sont les plus touchés, les personnes fragiles sont aussi dans la rue. La canicule est enfin synonyme de risques incendie accru ou de saturation des Urgences.

    Adaptation ?

    Les scientifiques martèlent que le dérèglement climatique va provoquer des canicules toujours plus fréquentes et intenses. On le constate déjà. Et pourtant, l’adaptation qui permettrait de dépasser les mesures improvisées dans l’urgence n’est pas au rendez-vous. Il y a bien un plan national et des ministres pour se féliciter régulièrement des progrès de la France. Mais dans les faits, le fonds vert qui permet de soutenir les collectivités territoriales pour la transition écologique a été divisé par deux entre 2024 et 2026 et est à nouveau menacé d’une coupe franche de 162,5 millions d’euros. Le Haut conseil pour le climat répète que différer les investissements entraînera une augmentation des coûts à long terme mais manifestement le gouvernement n’en a cure. Imaginer que c’est parce que ce sont les travailleurs et les plus fragiles qui en payent le coût le plus élevé serait paranoïaque ?

  • Soif de conquêtes

    Soif de conquêtes

    Dans un paysage politique dévasté par le présidentialisme et une société en proie à la crise de l’engagement, le congrès du PCF fait figure d’ovni. Confronter des idées, échanger des expériences, écrire un projet à plusieurs dizaines de milliers de mains, agir en « intellectuel collectif », c’est relever un défi démocratique considérable.

    Parmi ces militants, jeunes ou expérimentés, issus du monde du travail et de la création, des quartiers populaires, s’exprime une soif de conquêtes sociales, écologiques et démocratiques nouvelles.

    Il sera beaucoup question dans les débats des prochaines échéances électorales et de l’exigence de barrer la route à l’extrême droite mais aussi du projet de société apte à mettre cette menace durablement à distance. Un projet d’émancipation humaine fondé sur la mise en commun.

    Une lumière que d’autres n’ont pas

    Les communistes proposent des solutions immédiates mais aussi voir loin, mener la bataille culturelle pour ouvrir un chemin d’avenir à une humanité qui crève des inégalités, de l’injustice, de l’exploitation et des effets de la course folle au profit sur l’ensemble du vivant et de notre planète.

    Pour y parvenir, les congressistes discuteront des moyens de regagner en influence. On ne gouverne pas la France de la même manière avec un PCF à 5% ou à 20% prophétisait Yvon Gattaz alors patron des patrons.

    Les militants communistes rassemblés ce week-end ne travaillent pas pour eux-mêmes, ils veulent contribuer à rassembler toutes celles et tous ceux qui ont intérêt à ne plus laisser aux puissants la mainmise sur leurs vies là où tant d’autres sèment la division.

    C’est peut-être pour cela que Richard Bohringer disait que « les communistes ont dans l’œil une lumière que les autres n’ont pas. »