Category: edito

  • Populaire et déterminé

    Populaire et déterminé

    Avant même que les centaines de cortèges s’élancent partout en France ce jeudi 18 septembre à l’appel d’une intersyndicale soudée pour la justice sociale et fiscale et contre les projets d’austérité du énième gouvernement de la Macronie, le monde du travail a d’ores et déjà gagné les cœurs et les têtes.

    Selon un sondage rendu public mercredi par Elabe pour BFMTV, 56% des Français « soutiennent » l’appel de l’intersyndicale.

    Une large majorité (66%) estime aussi que la politique du nouveau Premier ministre sera « dans la continuité de celle menée par
    les gouvernements précédents d’Emmanuel Macron
    ». Le mot de « rupture » avancé par Sébastien Lecornu ne fait pas illusion, pas plus que son auteur n’a convaincu les représentants de gauche qu’il a reçu mercredi à Matignon.

    Changer de cap

    Les Français veulent du changement dans leur vie et un cap clair. Cela passe par de bons salaires, de bons emplois, de bons services publics et une fiscalité juste avec la taxation des ultra-riches. Bref, ils exigent que l’orientation politique menée depuis huit ans par Emmanuel Macron s’arrête et que notamment l’inique réforme des retraites soit abrogée.

    les professions intermédiaires sont d’ailleurs 64% à soutenir la mobilisation du mouvement social, et 60% des employés et ouvriers également. Nombre de ces travailleurs seront soit en grève soit en manifestation.

    Face à la puissance de ce mouvement, le gouvernement démissionnaire et minoritaire, panique. Signe de sa fébrilité, le déploiement des forces de l’ordre est à un niveau inégalé alors qu’il est désormais éclatant que le rapport de force est du côté des travailleurs, rassemblés dans un élan populaire et déterminé.

  • Lecornu dans le corner

    Lecornu dans le corner

    Le niveau de mobilisation monte, monte, monte, monte… Même les chiffres prévisionnels qui filtrent du ministère de l’Intérieur connaissent une augmentation exponentielle. Peu après la mobilisation du 10 septembre qui avait réuni 200 000 personnes selon la police, les estimations pour la journée à l’appel de l’intersyndicale ce jeudi montaient à 400 000. Hier elles ont doublé à 800 000 personnes attendues.

    C’est dans ce contexte que les responsables des partis de gauche, à l’exception de la FI, vont rencontrer Sébastien Lecornu pour lui dire tout le mal qu’ils pensent du budget en forme de potion amère concocté par son prédécesseur.

    Ils préviennent à l’unisson : les mêmes causes produiront les mêmes effets. Autrement dit : la « rupture » annoncée par le nouvel hôte de Matignon ne peut pas être un slogan qui dissimule mal le recyclage des orientations du précédent gouvernement.

    Abandon de la réforme des retraites

    Difficile pourtant d’attendre autre chose d’un macroniste fervent et fidèle qui, du fait de sa proximité avec le président de la République a eu son ticket d’entrée dans chaque gouvernement depuis 8 ans.

    Raison de plus pour accroître la pression dans les institutions comme dans la rue pour faire entendre l’exigence de progrès social, de justice fiscale et réponse au défi écologique.

    Sébastien Lecornu est dans le corner, il n’en sortira pas sans concession significative à commencer par l’abandon de la réforme des retraites, minoritaire dans les urnes et dans l’opinion.

  • La rupture c’est dans la rue que ça se passe

    La rupture c’est dans la rue que ça se passe

    Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu dit vouloir incarner une « rupture ». Audacieux pour un macroniste de la première heure qui figure depuis 8 ans dans tous les gouvernements. Pour l’heure, il s’avère disposé à rompre avec des mesures non encore adoptées comme la suppression des deux jours fériés envisagée par François Bayrou ou avec des dispositions symboliques comme les avantages accordés aux anciens membres du gouvernement.

    Rien qui ne rompe réellement avec le fond de la politique libérale menée depuis la première élection du président de la République. C’est la raison pour laquelle la CGT lui a rappelé ce lundi où se situaient les vraies ruptures attendues par le monde du travail. D’abord l’abrogation de la réforme des retraites qui est minoritaire dans l’opinion comme à l’Assemblée nationale, ensuite l’augmentation des salaires et des pensions, au contraire de l’année blanche prônée par le gouvernement démissionnaire.

    Des preuves

    Sébastien Lecornu, consulte, prend des notes… Il doit désormais agir s’il ne veut pas rejoindre la liste des Premiers ministres éjectés. On dit souvent que l’amour c’est bien mais que les preuves d’amour c’est mieux. C’est finalement pareil avec la rupture. Il ne suffit pas d’en parler, il faut des preuves tangibles.

    Le Premier ministre ne semble pas disposé à en apporter spontanément. C’est par le rapport de force que ces ruptures seront obtenues, quel que soit l’hôte de Matignon.

    En cela, la réussite de la journée du 18 septembre sera d’une importance déterminante.

  • Deuxième round

    Deuxième round

    Face à un adversaire qui fait comme si rien ne s’était passé le 10 septembre et qui espère qu’un tour de passe-passe à Matignon suffira à calmer les colères, le rendez-vous donné par une intersyndicale unie jeudi 18 est capital.

    Car la situation a changé depuis cet été, quand l’appel à la mobilisation avait été lancé. Le premier succès national du mouvement « Bloquons tout » mercredi dernier a fait monter la pression et montrer que les revendications liées à la justice sociale, sur l’horrible réforme des retraites par exemple, et à l’opposition à la destruction des services publics étaient encore dans bien des têtes.
    S’il n’a pas ressemblé au mouvement des Gilets jaunes de 2018, ce mercredi 10 septembre a montré que le monde du travail était mobilisé, mais aussi, beaucoup de jeunes que le monde ultralibéral et l’avenir qui leur est proposé révulsent.

    Coaguler les refus

    À 18 mois de la fin du mandat d’Emmanuel Macron et alors que le pays s’enfonce dans une crise politique majeure que les gouvernements qui se succèdent font tout pour transformer en crise financière prélude à l’ultime potion néolibérale qu’ils comptent faire avaler de force aux Français, ces mobilisations montrent que le refus de ce monde sans règle est majoritaire. Reste au mouvement social à coaguler ces refus et de montrer que des espérances sont possibles. Face à la fuite en avant du « bloc central », la détermination et la mobilisation qui seront montrées jeudi imposeront les questions sociales dans le débat politique. C’est tout l’enjeu de ce second round, même si d’autres seront ensuite nécessaires.

  • « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »

    « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »

    Vivre bien de son travail et être au service des usagers : les travailleurs du secteur de l’énergie, en grève depuis le 2 septembre, notamment à Marseille, conjuguent défense des salaires et du pouvoir d’achat. Un combat essentiel alors que, comme l’a révélé
    le Secours populaire, 39% des Français ont du mal à payer leur facture d’électricité.

    Cette lutte, déterminée et joyeuse, pétrie de générosité et de solidarité, les énergéticiens l’inscrivent dans la durée, au moins jusqu’au 18 septembre. Une journée où l’ensemble des syndicats appellent à
    la grève, dans les entreprises et les services publics, et aux manifestations dans la rue.

    Provocation

    Une date décidée après l’annonce, au mitan de l’été, d’un budget 2026 frappé du sceau de l’austérité : quelque 44 milliards d’euros d’économies à trouver au prétexte d’une dette insoutenable selon l’ex-Premier ministre François Bayrou, remplacé cette semaine par un macroniste pur jus, Sébastien Lecornu, ex-ministre des armées.

    Cette antienne de la dette est une provocation inouïe pour les travailleurs et leurs représentants. Elle est aussi l’illustration de l’échec cuisant de la politique pro-business d’Emmanuel Macron. Car l’assèchement des budgets publics et, par conséquent
    le creusement de la dette publique, sont
    le direct des cadeaux fiscaux faramineux aux possédants, au détriment des travailleurs.

    En réponse,
    le mouvement social, méprisé par la macronie, exige la justice sociale, la justice fiscale et veut faire plier ce pouvoir minoritaire. Il incarne parmi les plus beaux vers de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. »

  • Réagir

    Réagir

    Hasard du calendrier, la présentation du baromètre annuel de la pauvreté du Secours populaire sonne comme une confirmation des angoisses exprimées la veille, mercredi, durant les mobilisations contre l’austérité voulue par le gouvernement qui ont largement rassemblé. Un baromètre qui illustre le gap entre la vie décrite par le gouvernement et celle vécue par la population.

    À la rhétorique de gouvernements qui n’ont de cesse de pointer le soi-disant manque de productivité des Français, la nécessité de travailler plus et plus longtemps, de ne pas être exigeants au niveau des salaires… les chiffres du baromètre sonnent comme un démenti cinglant. Des chiffres qui montrent que travailler ne protège plus. Que très nombreux sont ceux à avoir peur de basculer. Que jeunes, vieux, salariés, chômeurs… que tout le monde est concerné. Et, terrible, des gens qui avouent une « honte » qui s’ajoute à la peur.

    Ni peur, ni honte

    Cette honte doit changer de camp. La honte est sur ceux qui refusent de regarder la situation en face en se cachant derrière un pseudo-discours « de vérité » pour continuer à développer une société inégalitaire et pour tenter de faire encore plus payer ce qui payent déjà trop. Comme le prouve le choix d’un énième Premier ministre identique. D’où l’importance des mobilisations en cours.

    La journée de mardi était une première salve à la réussite réjouissante. La prochaine date du 18 septembre à l’appel d’une intersyndicale extrêmement mobilisée (lire page suivante) au complet doit être dans toutes les têtes.

  • La rupture est dans la rue

    La rupture est dans la rue

    Des centaines de manifestations, occupations de ronds-points, piquets de grève dans les entreprises publiques et privées, blocages de collèges, lycées et universités, pacifiques et responsables dans leur écrasante majorité, ont donné le coup d’envoi, partout en France et massivement dans notre région, de l’irruption dans le débat public de la question sociale et de l’exigence d’une réponse à la hauteur : la justice sociale après huit ans de politique macroniste, honnie et impopulaire tant son caractère ultra-libéral a appauvri les ménages.

    Huit années terribles pour le monde du travail et la cohésion de la société. La réforme inique des retraites, passée en force au mépris de son rejet par les Français, demeure l’acte le plus sombre d’une politique du chaos tournée vers les plus aisés et contre les citoyens.

    Rompre avec la régression sociale

    Mais la macronie a-t-elle entendu ? Nous pouvons sérieusement en douter avec la nomination à Matignon de Sébastien Lecornu, ministre balayé comme François Bayrou après le refus de la confiance, le 8 septembre.

    Le nouveau Premier ministre n’a pas eu un mot, ce mercredi, pour les mobilisations populaires. Il a néanmoins déclaré qu’« il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond. » S’il n’a pas été plus loquace, la rue, elle, lui a envoyé un message limpide : « Oui » pour rompre avec cette politique de régression sociale que Sébastien Lecornu soutient depuis 2017. Sa nomination a donné du carburant au mouvement social qui entend s’inscrire dans la durée. Aujourd’hui, la rupture est dans la rue.

  • Tout (dé)bloquer

    Tout (dé)bloquer

    Dans notre région, comme dans le reste du pays, c’est un jour de colère qui s’annonce aujourd’hui. Colère provoquée par la mal-vie, l’injustice sociale, le budget d’austérité présenté par François Bayrou.

    Depuis l’appel à « tout bloquer » lancé sur les réseaux sociaux de manière spontanée, la situation a considérablement évolué. D’abord,
    les partis de gauche ont unanimement appelé à soutenir le mouvement. Ensuite, la CGT s’est aussi positionnée en faveur de cette date de mobilisation et l’intersyndicale a appelé également à l’action le 18 septembre. Enfin, et ce n’est pas rien, le gouvernement de François Bayrou a été largement balayé lors du vote de confiance à l’Assemblée nationale.

    Nicolas qui paie, comme ses collègues, ses voisins, a un pouvoir : faire grève

    La crise institutionnelle, politique et sociale est telle, que le pays est déjà bloqué. Dès lors, l’enjeu pour celles et ceux qui descendront dans la rue, aujourd’hui, est de trouver une issue à cette situation dont est responsable le président de la République et l’intransigeance libérale de son camp. En nommant Sébastien Lecornu, c’est lui qui achève de bloquer
    le pays.

    Le monde du travail doit reprendre la main.

    « Nicolas qui paie », cette figure fictive agitée par les populistes sur les réseaux sociaux, a un pouvoir qui découle de son travail : faire grève. Avec son collège Ahmed qui paye et sa voisine Rachel qui paie, ils peuvent tout changer, et en refusant la division et en prenant conscience de leur force par l’action collective qui peut tout (dé)bloquer.

  • La clef

    La clef

    La chute du gouvernement Bayrou était certaine, mais le refus de lui accorder
    la confiance a été encore plus large que prévu.

    Des députés indépendants et non-inscrits se sont joints aux oppositions clairement identifiées. Camouflet pour le président des LR, Bruno Retailleau, seuls 27 députés de son parti sur 49 ont voté pour
    la confiance au gouvernement auquel
    il appartient.

    Le niveau de crise politique est encore monté d’une marche. Dans le même temps,
    le président de
    la République annonce qu’il nommera « dans
    les tout prochains
    jours » le nouveau Premier ministre.

    Difficile de l’imaginer appeler à Matignon une personnalité qui ne serait pas issue d’un « socle commun » de plus en plus rabougri. Et pourtant, depuis
    la dissolution qu’il a lui-même décidée, c’est le Nouveau front populaire qui a remporté le plus grand nombre de sièges.

    Objectifs simples et clairs

    Les blocages,
    les hésitations,
    les divisions des gauches ne se résoudront pas
    en chambre.

    La clef réside dans
    la capacité du monde
    du travail à se mettre
    en mouvement sur
    des objectifs simples
    et clairs : le refus
    d’un budget d’austérité, l’abrogation de
    la réforme des retraites, la hausse des salaires et des pensions, la justice fiscale et le renouveau industriel.

    La journée de mobilisation du 10 septembre puis celle qui est initiée par l’intersyndicale le 18 septembre doivent être des grands moments de convergence populaire pour construire un rapport de force qui rende inéluctable un changement de politique.

  • Changement de cap

    Changement de cap

    Quelle sera la feuille
    de route du prochain Premier ministre d’Emmanuel Macron ? Certes, les députés
    ne se sont pas encore prononcés lors du vote
    de « confiance » sollicité par François Bayrou
    lui-même. Il n’y a aujourd’hui guère de doute sur le résultat du scrutin. Le Premier ministre a voulu se ménager une porte
    de sortie la moins déshonorante possible après avoir voulu prescrire une saignée
    à tous les Français.
    Une potion amère de 44 milliards d’euros
    « d’économies » à tous
    les étages, reposant
    avant tout sur les classes populaires et moyennes, des sans-emploi aux retraités en passant par les salariés bien sûr.

    La surdité
    de Macron

    À grands coups de rabots sur les budgets ministériels, la dépense publique, les aides à la personne, les soins, les retraites, la fameuse
    « année blanche », sans aucune revalorisation, sans oublier les deux jours fériés supprimés ou l’augmentation des restes à charge pour les actes médicaux… Aussi improbable qu’injuste.

    Quand « en même temps », les entreprises
    du CAC 40 battent, année après année, des records de bénéfices. Et si l’extrême droite tente de surfer sur la « colère » des citoyens, elle n’en remet pas pour autant en question les fondements de cette politique libérale, dont elle est tout aussi complice.

    L’entêtement d’un Emmanuel Macron, sa surdité à l’exaspération maintes fois exprimée dans la rue, des Gilets jaunes aux opposants
    à la réforme des retraites, devient véritablement dangereuse pour notre démocratie. Un vrai changement de cap est aujourd’hui vital et il
    ne pourra venir que
    de la gauche.