Category: edito

  • Lecornu, le Premier ministre qui fait pschitt

    Lecornu, le Premier ministre qui fait pschitt

    Le Premier ministre sans gouvernement, sans majorité, sans idées nouvelles et encore moins de ruptures avec la politique macroniste crépusculaire, prendrait-il, en prime, les Français pour des imbéciles ? Alors que la proposition de taxer enfin les plus riches est archi populaire dans l’opinion, Sébastien Lecornu a fermé la porte à tout changement dans la politique fiscale actuelle y compris à la marge pour réduire les inégalités criantes et indécentes. Hors de question pour l’homme lige d’Emmanuel Macron de déplaire à ses comparses du « socle commun » de la droite classique et du centre droit et aussi au patronat, vent debout contre toute inflexion de la politique pro-business de l’exécutif. À écouter le président du Medef Patrick Martin, la taxe Zucman, pourtant peu renversante et de nature sociale-démocrate, serait « une forme de spoliation ». Rappelons qu’il s’agirait de taxer les 1 800 foyers les plus riches de 2% seulement !

    Droit vers la censure

    Depuis samedi, le Medef est soulagé : dans un entretien au journal Le Parisien, le locataire de Matignon a fait tomber le masque. Des ruptures étaient annoncées ? Ce n’était que des éléments de langage. Il n’y aura pas plus de taxe sur les plus riches que de suspension de la réforme inique des retraites. Le Premier ministre, impuissant à rallier une majorité, se déporte sur le Parlement pour le budget 2026. Une hypocrisie de plus. Pour ramener tout ce beau linge à la raison, le mouvement social s’engage dans un véritable bras de fer et la journée du 2 octobre est décisive. Politiquement acculé, Lecornu ne restera certainement pas très longtemps à Matignon et va droit vers la censure.

  • Commerce, signe de Paix

    Commerce, signe de Paix

    C’est une très vénérable institution qui célèbre son centenaire. La foire internationale de Marseille charrie avec elle les souvenirs des décennies passées, les promesses d’un ailleurs à portée de main durant quelques jours, et des merveilles technologiques et industrielles à découvrir les yeux écarquillés. Édition après édition,
    elle a été le fer de lance régional de la démocratisation des produits de consommation, des célèbres « frigidaires », dont le nom est passé dans le langage commun, à l’ameublement moderne. Sans oublier la gouaille des bateleurs, ces vendeurs à la voix forte et claire, qui emballe aussi vite le badaud que le produit.

    Des défis
    à relever

    La manifestation doit aujourd’hui relever le défi de la mondialisation des échanges et de la vente en ligne pour être le grand étal du « made in Marseille », en mettant en avant les producteurs et industriels de la région et les aider à rencontrer le public. être une véritable vitrine du savoir-faire local, une orientation pleinement assumée en cette année hautement symbolique. Mais la foire, c’est aussi une fenêtre grande ouverte sur le monde et en particulier le bassin méditerranéen. Marseille, « porte du Sud » tient pour tradition ancestrale, de ses 2 600 ans d’histoire, d’être un port ouvert aux échanges, à l’accueil et à la fraternité que les liens commerciaux ont toujours concrétisés. Signe qu’une paix stable et durable s’est progressivement installée. Et l’événement nous rappelle immanquablement l’impérieuse nécessité d’en appeler à la paix au Proche-orient.

  • Soulever l’espoir

    Soulever l’espoir

    « Résistance n’est qu’espérance » écrivait le poète René Char, le capitaine Alexandre du maquis de Céreste. Cette Résistance dont
    le programme, Les jours heureux, a posé les bases d’une société sans guerre et avec des droits nouveaux, dont la Sécurité sociale, se conjugue toujours au présent. Le mouvement social qui se met en route cet automne est l’héritier de ce combat pour la dignité et la justice sociale. Alors que la société bouillonne de colères, l’objectif de l’intersyndicale est de transformer ces colères en mobilisation et en espoir. Un seul chemin pour cela : le nombre et l’unité du monde du travail pour faire plier un Premier ministre missionné par Emmanuel Macron pour poursuivre la même politique.

    Guerre idéologique

    Une politique de cadeaux fiscaux – 211 milliards d’aides publiques aux entreprises -, qui voit s’enrichir à vitesse supersonique les grandes fortunes au détriment des salaires, des pensions, des allocations, des services publics. Cette inégalité se voit de plus en plus et le patronat a bien compris le danger. Conséquence, il a entamé une guerre idéologique avec le soutien de la droite classique et de l’extrême droite. À son crépuscule le pouvoir macroniste a démontré qu’il était incapable de répondre à la question sociale autrement qu’en la niant et/ou en la réprimant.

    L’intersyndicale sonne l’heure de la Résistance avec dans sa musette des propositions concrètes et crédibles pour augmenter les salaires, développer les services publics, financer les retraites, la Sécurité sociale etc. De quoi soulever l’espoir.

  • Octobre rouge de colères

    Octobre rouge de colères

    Sébastien Lecornu qui se présentait comme un Premier ministre
    de « rupture » lors de sa nomination, semble confirmer, comme son parcours le laissait pressentir, qu’il est avant tout un Premier ministre de la continuité macroniste.

    Il a reçu ce mercredi l’intersyndicale, qui lui avait lancé un ultimatum, en présence de ministres du gouvernement… Bayrou, sans apporter « aucune réponse claire » aux responsables syndicaux.

    Logiquement, c’est donc une nouvelle journée d’action qui se profile le 2 octobre pour permettre l’expression des mille mécontentements qui traversent le monde du travail : réforme des retraites, baisse du pouvoir d’achat, niveau des salaires et des pensions, casse de l’industrie, injustice sociale, plans de licenciements, dégradation des services publics…

    Huile sur le feu

    Reconnaissant sa « fragilité », Sébastien Lecornu constate l’évidence mais n’en tire aucune conclusion de nature à infléchir la politique économique et sociale menée depuis 8 ans.

    De son côté le Medef, s’oppose à toute mesure de justice fiscale et tiendra meeting le 13 octobre sur ce thème. Une manière d’ajouter un peu plus d’huile sur le feu.

    Le nouveau Premier ministre comme le patronat ne laissent guère d’autres choix que de préparer des mobilisations massives dans tous les secteurs afin d’engager un rapport de force au niveau de l’exigence de changement qui existe dans le pays.

    Aucune avancée, aucun déblocage de la situation ne tombera du ciel. C’est un octobre rouge de colères qui se prépare.

  • Le social donne le tempo !

    Le social donne le tempo !

    Les nouveaux sans-culottes font-ils peur aux privilégiés du XXIe siècle ? Le grand patronat et son représentant en chef, le président du Medef, Patrick Martin, tremblent au point d’aller jusqu’à adopter le vocabulaire syndical. « Le patron des patrons » a annoncé, mardi, « un énorme meeting dans les prochains jours ». Au centre de leur effroi, l’idée d’une taxation des hauts revenus des ultra-riches qui infuse de plus en plus dans la société tant les inégalités se sont creusées ces trente dernières années et se sont singulièrement accélérées sous la présidence Macron.

    Faire triompher l’égalité fiscale

    Pour mémoire, rappelons que la proposition de taxe « Zucman » qui fait s’évanouir les milliardaires, (du nom de l’économiste Gabriel Zucman), concernerait uniquement 1 800 foyers fiscaux. Ceux-là mêmes qui paient, en proportion, moitié moins d’impôts que le contribuable moyen.
    Ils seraient taxés à 2% seulement. C’est dire combien l’avidité n’a pas de limite pour s’émouvoir pour si peu ! Sauf qu’au-delà du pourcentage,
    c’est l’idée même de faire triompher l’égalité fiscale et la justice sociale qui insupportent ces libéraux perfusés aux aides publiques : 211 milliards par an, sans contrôle ni contrepartie en emplois et/ou en investissements, comme l’a révélé un rapport du Sénat.

    Ce matin, après
    le succès de la journée du 18 septembre toutes
    les organisations syndicales vont proposer au Premier ministre
    une feuille de route pour relancer un pays à l’arrêt sur le plan des salaires, des investissements
    et des services publics
    et lui proposer d’aller chercher l’argent là où
    il s’accumule. Ces propositions seront-elles entendues ? En tout cas, c’est le social qui donne
    le tempo du débat public.

  • Des symboles et des actes

    Des symboles et des actes

    La reconnaissance de l’État palestinien bien que tardive, résonne dans le monde comme un signal majeur. Elle vient réparer une injustice de plusieurs décennies : les Palestiniens ont le droit d’avoir un État.

    C’est une défaite pour tous ceux qui leur dénient ce droit et pire, qui nient leur humanité en étant responsables ou complices des atrocités que les institutions internationales qualifient de génocide à Gaza.

    Néanmoins, au-delà du symbole, rendu possible par la France et plusieurs de ses alliés, ce sont des actes qui sont nécessaires pour faire taire les armes, secourir la population civile et faire respecter le droit international.

    Dans la société israélienne, traumatisée par le 7 octobre, l’extrême droite messianique et suprémaciste a marqué des points mais des forces nombreuses souhaitent l’arrêt du carnage et une solution à deux États.

    Solidarité entre les peuples

    Cette solution, urgente s’il en est, passe par l’arrêt de la guerre à Gaza et la décolonisation des territoires occupés. Pour cela, la communauté internationale a un rôle indispensable à jouer, la solidarité des sociétés civiles et la diplomatie décentralisée aussi.

    En choisissant ce jour pour sceller son jumelage avec Bethléem, Marseille a su dépasser les polémiques inutiles sur le pavoisement des mairies. Bien sûr le symbole est important, mais dans une situation aussi dramatique que celle du Proche-Orient ce sont là aussi les actes de coopération qui comptent. « Actibus immensis urbs fulget Massiliensis », oui sans nul doute, avec cette décision, « Marseille resplendit par ses hauts faits ».

  • Répondre à l’urgence

    Répondre à l’urgence

    C’est un cap historique que s’apprête à franchir la France en reconnaissant officiellement l’État de Palestine, à l’ONU. Ce geste, longtemps espéré, représente certes un symbole. Mais pas seulement. Il manifeste la volonté de relancer un processus de paix agonisant et d’affirmer le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

    Malgré les vives critiques, venues d’Israël et de son allié inconditionnel américain notamment, la France n’est pas isolée : neuf autres pays, dont le Royaume-Uni ou la Belgique, reconnaîtront aussi l’État de Palestine. Cette démarche « s’inscrit dans un plan de paix complet pour la région », a considéré Emmanuel Macron.

    Face à l’impasse diplomatique, à la violence qui ravage Gaza et à l’enlisement du conflit, la France rappelle que la solution à deux États reste la voie crédible vers une paix juste et durable.

    Une position constante

    Cette initiative s’inscrit dans une tradition diplomatique constante. Dès les années 1960, le général de Gaulle posait les bases d’une politique française indépendante, appelant à la coexistence de deux États, israélien et palestinien, vivant côte à côté dans des frontières sûres et reconnues. Comme le prévoit le plan de partage de l’ONU, voté en 1947, avec la voix de la France.

    Reconnaître la Palestine, c’est rejeter l’amalgame entre un peuple et le Hamas. C’est aussi répondre à l’urgence. Chaque jour qui passe rend la perspective d’un État palestinien plus lointaine. Cette reconnaissance n’est, cependant, pas une finalité. Alors que la Journée internationale
    de la paix vient d’être célébrée, la communauté internationale doit se mobiliser pour que le droit prime sur la force.

  • Le plus grand des combats

    Le plus grand des combats

    Dimanche sonne la journée mondiale de la paix. Une de plus depuis 1981, année où elle a été créée par l’ONU. Une de plus alors que chaque année, le nombre de conflits augmente dans le monde, que chaque année « détrône » la précédente et que plus de 10% de la population de la planète est exposée à la guerre. Une de plus dans un monde instable et violent, où de plus en plus de chefs d’État inconséquents, avides et soumis au pouvoir de l’argent sont aux manettes. Une de plus dans un monde où, encore une fois, la course à l’armement tire une économie devenue mortifère.

    Force aux fragiles troupes pacifistes

    Mais cette édition 2025 sera singulière. Parce qu’elle arrive la veille de la reconnaissance annoncée de l’État palestinien par la France et que cela impose de regarder en face l’horreur de ce qui se passe à Gaza. Parce que l’indignation face au génocide des Palestiniens va donner de la force aux fragiles troupes pacifistes qui peinent tant à faire comprendre que la paix est le plus grand des combats.

    Dans les dernières manifestations contre
    le gouvernement, les drapeaux palestiniens ont toujours flotté. Que l’énergie qui a émaillé ces cortèges traverse les rassemblements pour la paix. Que l’exigence de justice soit aussi forte. Que le lien entre conquête sociale et besoin de paix soit tissé. Que les rapports entre va-t-en-guerre et oppression capitaliste soient compris. Que le courage des femmes qui se battent serve d’étendard et trace un chemin derrière lequel une masse s’engouffre.

  • Le plus grand des combats

    Dimanche sonne la journée mondiale de la paix. Une de plus depuis 1981, année où elle a été créée par l’ONU. Une de plus alors que chaque année, le nombre de conflits augmente dans le monde, que chaque année « détrône » la précédente et que plus de 10% de la population de la planète est exposée à la guerre. Une de plus dans un monde instable et violent, où de plus en plus de chefs d’État inconséquents, avides et soumis au pouvoir de l’argent sont aux manettes. Une de plus dans un monde où, encore une fois, la course à l’armement tire une économie devenue mortifère.

    Force aux fragiles troupes pacifistes

    Mais cette édition 2025 sera singulière. Parce qu’elle arrive la veille de la reconnaissance annoncée de l’État palestinien par la France et que cela impose de regarder en face l’horreur de ce qui se passe à Gaza. Parce que l’indignation face au génocide des Palestiniens va donner de la force aux fragiles troupes pacifistes qui peinent tant à faire comprendre que la paix est le plus grand des combats.

    Dans les dernières manifestations contre
    le gouvernement, les drapeaux palestiniens ont toujours flotté. Que l’énergie qui a émaillé ces cortèges traverse les rassemblements pour la paix. Que l’exigence de justice soit aussi forte. Que le lien entre conquête sociale et besoin de paix soit tissé. Que les rapports entre va-t-en-guerre et oppression capitaliste soient compris. Que le courage des femmes qui se battent serve d’étendard et trace un chemin derrière lequel une masse s’engouffre.

  • Mettre KO l’austérité

    Mettre KO l’austérité

    La journée d’hier est sans appel. Mouvement social : 1, Lecornu : 0.

    Alors que le nouveau Premier ministre n’est parvenu à convaincre que les partisans du gouvernement renversé, l’intersyndicale, elle, a démultiplié les capacités de mobilisation de la journée « bloquons tout » du 10 septembre.

    Dans les rues, c’est de la colère qui s’est exprimée avec force à l’égard de l’austérité, de l’injustice sociale, du déni de démocratie mais aussi de la joie d’être ensemble et de l’envie de construire un avenir meilleur.

    Premier ministre seul

    La volonté répressive affichée par le ministre démissionnaire de l’Intérieur n’aura pas découragé les manifestants. Et les cortèges encadrés par l’intersyndicale ont permis à toutes et tous de défiler dans la sérénité, démontrant à ceux qui en doutent, l’importance et l’efficacité des organisations pour faire vivre la démocratie sociale.

    Face à un Premier ministre dépourvu de majorité, de gouvernement et de popularité, le mouvement social n’a jamais été en si grande position de force depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

    Si le chef de l’État et le double de lui-même qu’il a nommé à Matignon s’obstinent dans le libéralisme et la poursuite des choix politiques à l’œuvre depuis trop longtemps, le mouvement s’amplifiera encore.

    Il faut rompre avec la réforme anti-démocratique des retraites, avec l’asphyxie des services publics, et les bas salaires.

    Sébastien Lecornu semble s’y refuser, alors qu’il déclare forfait.

    Le monde du travail est prêt à mettre KO l’austérité.