Category: edito

  • Ne pas déchirer le tissu associatif

    Ne pas déchirer le tissu associatif

    Septembre rime avec rentrée et fêtes des associations dans
    les communes. C’est l’occasion pour les bénévoles de rencontrer
    le grand public et de proposer une mosaïque d’activités et d’engagements. Mais derrière les sourires qui accueillent le public sur les stands, une vive inquiétude perce. Et pour cause. Comme le souligne la fédération des maisons de la jeunesse et de la culture, « entre 2005 et 2020 la part des subventions publiques a baissé de 41% dans le budget des associations au profit de logiques marchandes ».

    Après 2020, la tendance ne s’est pas inversée mais confirmée. Les collectivités locales ont été prises à la gorge par la crise énergétique, les conséquences de la Covid et le tour de vis budgétaire du gouvernement. Même situation chez les associations.

    Le pass Sport sacrifié

    Au sein de ces structures, indispensables pour la vie en société et la cohésion sociale, ce sont les bénévoles qui assurent l’essentiel du fonctionnement. Outre que ces derniers prennent de l’âge, les réformes antisociales, à l’instar de l’allongement de l’âge de départ à la retraite, fragilisent cet équilibre déjà précaire.

    D’autres mesures s’attaquent au tissu associatif à l’instar de
    la révision honteuse du pass Sport, désormais supprimé pour les enfants âgés de 6 à 13 ans. Cette aide aux familles, d’un montant de 50 euros par enfant, était pourtant essentielle pour nombre de foyers aux revenus modestes. Les associations sportives sont vent debout et dénoncent ce grave recul.

    En dépit des mauvais coups, les associations restent déterminées à jouer leur rôle citoyen dans la cité.

    Allez les rencontrer !

  • Une honte pour la République

    Une honte pour la République

    « Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne ». Victor Hugo écrit ces vers après la visite d’un bagne pour dire combien l’éducation est fondamentale. Quels hommes deviendront les jeunes détenus de la prison pour mineurs de Marseille ? Quels enseignements leur est-il délivré dans ce lieu où leur dignité est bafouée et l’éducation réduite au minimum ? Dans un pays miné par une surpopulation carcérale, insupportable, le sort des détenus les plus vulnérables ne semble pas compter.

    La prison, lieu de privation de liberté, est devenue lieu de privations des droits élémentaires. Il faut le coup de semonce de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, pour découvrir l’incurie de la prison pour mineurs à Marseille.

    Secret des geôles

    Le ministre en sursis de la Justice, Gérald Darmanin, pourtant coutumier de visites sur le Vieux-Port, a-t-il accouru pour voir de ses propres yeux la réalité ? Non. Le sujet n’est pas médiatiquement flatteur.

    La visite du sénateur écologiste des Bouches-du-Rhône, Guy Benarroche, a le grand mérite de dire qu’en République, nul arbitraire, nulle violence ne peuvent être exercés dans le secret des geôles. L’ordonnance sur la justice des mineurs de 1945 a posé le principe historique de la primauté de l’éducation pour les mineurs délinquants. Elle n’a eu de cesse d’être attaquée par la droite et l’extrême droite. Ce principe est pourtant le seul chemin pour répondre à la délinquance juvénile. Les centres pénitentiaires pour mineurs ont-ils leur place dans notre société ? Ils sont, en fait, une honte pour la République.

  • Premières étincelles !

    Premières étincelles !

    Les mauvais coups du gouvernement arrivent très souvent dans la torpeur de l’été. Depuis le 1er août, la TVA sur le coût de l’abonnement
    à l’électricité et au gaz a ainsi bondi de 5,5 % à 20% ! La TVA, impôt
    le plus injuste, frappe les Français les plus modestes en priorité. Des familles déjà écrasées par des factures d’énergie insoutenables, sauf à se priver par ailleurs.

    Cette injustice, les agents des industries électriques et gazières, la dénonce avec force et le retour à une TVA à 5,5 % fait partie de leurs revendications alors qu’ils entament, ce jeudi, leur troisième journée de grève. Agir pour arracher un juste prix, c’est agir pour le droit à l’énergie. Les dizaines de milliers d’agents en grève, singulièrement dans notre région,
    se battent également pour leurs salaires. Comment admettre que ces professions soient dévalorisées ?
    Les salaires des énergéticiens qui débutent dans le métier sont de 9% en dessous du salaire minimum. Ils font donc partie des travailleurs pauvres. Indécent.

    Coup d’envoi

    Ces deux maux : des factures injustement élevées pour les usagers et des salaires indécents pour les agents, alimentent une colère légitime d’autant plus forte que les entreprises font des bénéfices.

    Avec ce mouvement,
    les énergéticiens donnent le coup d’envoi d’une rentrée sociale électrique sur fond de crise politique majeure. Car parmi les autres mauvais coups de l’été, il y a aussi le projet de budget Bayrou et ses 44 milliards de coupes. Si le Premier ministre va certainement être renversé
    le 8 septembre, la colère ne va pas se tarir tant l’aspiration à la justice sociale est forte.

  • L’effroi au cœur de Marseille

    L’effroi au cœur de Marseille

    C’est un sentiment d’effroi qui a enserré le cœur de Marseille ce mardi après-midi, face à la folie meurtrière d’un homme muni de couteaux et d’une matraque.

    Si son passage à l’acte semble lié à son éviction d’un hôtel pour loyers impayés, cet homme s’en est ensuite pris à d’autres victimes au hasard. Fort heureusement, les policiers nationaux présents sur place l’ont stoppé dans son périple sanguinaire. Sans cela, le bilan aurait très certainement été beaucoup plus lourd.

    Pas besoin de polémiques

    Présent dans la soirée à Marseille, Bruno Retailleau a évoqué de manière générale la lutte contre « l’immigration clandestine ». L’auteur des faits, de nationalité tunisienne, était pourtant en situation régulière. Son comportement erratique avait en revanche été repéré à Sète où il aurait proféré des propos antisémites devant une mosquée. Des faits signalés par le préfet de l’Hérault sans qu’ils ne donnent lieu à sanction.

    Un peu à la manière de François Bayrou qui dénonce la dette générée par son camp politique, Bruno Retailleau a regretté l’insécurité et le laxisme en tant que… ministre de l’Intérieur.

    Marseille comme notre pays n’ont pas besoin de vaines polémiques mais d’un service public de la sécurité qui s’appuie sur des forces de police, formées, en nombre suffisant et en confiance avec la population. Mais aussi de prévention et d’une réelle prise en charge de la santé mentale dans notre société.

    Tout cela coûte de l’argent, nécessite de la justice fiscale. Tout cela est absolument incompatible avec le budget d’austérité présenté par le gouvernement.

  • En classe !

    En classe !

    Cette fois, c’est sûr : c’est la rentrée pour tous. Du fait des violents orages annoncés, les élèves des Bouches-du-Rhône et du Var ont eu un jour de répit en plus par rapport aux jeunes vauclusiens. Si la situation cataclysmique redoutée n’a pas eu lieu, mieux vaut, en la matière, un excès de prudence que d’insouciance.

    Quoi qu’il en soit, les péripéties météorologiques ne feront pas oublier les difficultés auxquelles est confrontée l’école républicaine. À Marseille, le retard pris pendant un quart de siècle d’abandon est progressivement rattrapé au niveau des écoles primaires. C’est indéniablement positif pour les petits marseillais. Mais dans la cité phocéenne comme dans le reste du sud de la France, de l’école primaire jusqu’au lycée, la crise de vocation parmi les professeurs, l’accroissement des inégalités scolaires, la concurrence des établissements privés subventionnés, les suppressions de classes, les non-remplacements de postes, pèsent lourdement sur le service public d’éducation.

    Changer de politique

    Pourtant c’est l’avenir collectif de la France qui se joue à l’école. L’Éducation nationale mérite mieux que les revirements incessants infligés par des gouvernements successifs. Leur seule cohérence réside dans un même mépris pour la vocation essentielle de l’école républicaine : former des citoyens émancipés.

    Après la chute du gouvernement Bayrou, il faudra nommer le septième ministre que l’Éducation nationale aura connu en trois ans. Ce n’est pas le moindre des enjeux de la période qui s’ouvre et qui appelle un changement de politique dans le sens du progrès.

  • L’info massacrée

    L’info massacrée

    « Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza par l’armée israélienne, il n’y aura bientôt plus personne pour vous informer. » Aujourd’hui, lundi 1er septembre, plus de 150 médias, dont votre journal, répartis sur une cinquantaine de pays, affichent à leur Une ce message terrible. La Marseillaise fait partie de ces médias partenaires de cette initiative mondiale inédite impulsée par Reporters sans frontières (RSF).

    Médias du monde entier

    Nous le faisons en nous associant à des médias du monde entier pour dire stop au massacre de nos consœurs et confrères dans la bande de Gaza : Mediapart (France), Disclose (France), The Independent (Royaume Uni) + 972 Magazine (Israël/Palestine), Local Call (Israël), Frankfurter Rundschau (Allemagne), RTVE (Espagne), L’Humanité (France), Le Desk (Maroc), Photon Media (Hong Kong), La Voix du Centre (Cameroun), Guinée Matin (Guinée), RTE (Irlande), L’Orient Le Jour (Liban), Media Today (Corée du Sud)…

    Le droit d’informer est bafoué par les attaques subies par les journalistes palestiniens qui chroniquent l’enfer vécu par la population gazaouie. Ce droit est piétiné également car depuis octobre 2023, tous les autres journalistes, y compris les journalistes israéliens qui font un travail remarquable (Haaretz notamment), sont dans l’impossibilité de se rendre dans la bande de Gaza. Interdits par
    le gouvernement Netanyahu et par l’armée.

    Ce précédent, gravissime pose avec force
    la nécessité d’avoir une information fiable et pluraliste sur toutes
    les zones de conflits dans le monde.

  • Des raisins de plus en plus précoces

    Des raisins de plus en plus précoces

    Les viticulteurs sont des vigies du changement climatique et des acteurs en première ligne de l’embrasement de la planète. Dans l’Aude, une grande partie du vignoble est partie en fumée et été et les vignes épargnées portent un raisin au goût de cendres impossible à récolter. Sans être en proie au même drame, la majorité des viticulteurs doivent faire face à la précocité des vendanges. Dans notre région, qui a connu des épisodes caniculaires majeurs, ce bouleversement démontre combien le réchauffement de la planète impacte cette activité humaine millénaire mais aussi la géographie et nos paysages. De plus en plus difficiles, les vendanges vont pourtant proposer de bons vins et un excellent millésime 2025. Mais un autre problème, de taille, met en grandes difficultés la profession.

    Climat et taxes Trump inquiètent

    Car outre le climat, qui nécessite d’adapter les cépages pour proposer des vins buvables, la politique agressive du président des États-Unis, Donald Trump, met en péril l’avenir de nombreux professionnels. Les taxes à l’exportation vont priver les viticulteurs d’un marché. Le phénomène du recul de la consommation de vin, au profit d’autres alcools, travaille aussi la profession. Mais la passion est toujours vivace en dépit des obstacles. En Provence, les exploitations sont à échelle humaine et la question, centrale, des conditions de travail des saisonniers dans les vignes, est désormais posée au grand jour par les syndicats.

    Une action indispensable pour dénoncer et mettre fin aux situations d’exploitation des travailleurs sans qui aucune récolte n’est possible.

  • L’école, à l’os, exige un budget à la hauteur

    L’école, à l’os, exige un budget à la hauteur

    La rentrée scolaire de 12 millions d’élèves, le 1er septembre, risque de passer au second plan après l’annonce surprise de François Bayrou, d’engager la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale, le lundi 8 septembre. Minoritaire, le locataire de l’Élysée a donc choisi de dramatiser son départ, inéluctable. Le Premier ministre n’a pas attendu une motion de censure qui viendrait sanctionner le futur budget d’austérité pour 2026 et préfère se faire hara-kiri. Mais cet écran de fumée, symptomatique d’une crise politique majeure depuis la dissolution ubuesque de juin 2024, ne doit pas masquer les enjeux concrets de cette rentrée.

    L’enjeu du budget

    « Avec ou sans François Bayrou, avec ou sans Élisabeth Borne [ministre de l’Éducation], l’enjeu principal, c’est le budget. C’est vraiment ce qui va guider nos mobilisations et nos interventions les prochaines semaines », martèle le Snes-FSU. Pour le syndicat, le budget proposé, en tout cas « la logique budgétaire pour l’Éducation nationale », est « à rebours des besoins du service public d’éducation ». Des craintes fondées : en 2018, en dépit d’une hausse de la démographie scolaire de +8 029 élèves dans le second degré, 8 865 postes ont été supprimés, soit l’équivalent de 197 collèges, a calculé le syndicat, y voyant le symbole de la politique d’Emmanuel Macron depuis 2027. Aucun effort budgétaire significatif n’a été réalisé contrairement à l’affichage du gouvernement : en 2025, la hausse de 1,95 milliard, s’est limitée à +0,48% du budget de l’Éducation nationale une fois corrigé de l’inflation. De plus, avec pas moins de six ministres depuis le début du second quinquennat, la communauté éducative est aussi très lasse d’être si peu considérée.

  • Refuser l’escalade guerrière

    Refuser l’escalade guerrière

    Les dirigeants français et allemands se retrouvent aujourd’hui
    à Toulon pour aborder ensemble les sujets de défense.

    Dans nos deux pays, ce sont les forces politiques traditionnellement les plus atlantistes qui sont au pouvoir. Avec le nouveau mandat de Donald Trump, les voilà orphelines du grand frère états-unien, privées de leur logiciel de gestion du monde.

    Pire, les dirigeants européens semblent désormais chercher à contourner la tutelle
    de l’Otan, bras armé de la puissance américaine en Europe depuis l’après-guerre, non pas pour regagner en souveraineté et en capacité d’action, mais pour surenchérir dans les logiques guerrières, notamment sur le dossier ukrainien.

    Moteur de paix

    S’agissant du Proche-Orient, nos deux pays affichent en revanche une impuissance à peser sur le cours des événements. Les annonces de suspension des ventes d’armes européennes au gouvernement d’extrême droite israélien sont bien tardives au regard
    de la situation.

    Parce que la France
    et l’Allemagne sont deux pays à qui l’histoire a enseigné la nécessité d’empêcher les horreurs de la guerre, elles doivent aujourd’hui devenir un moteur de paix en Europe et dans
    le monde, des nations libres, souveraines et associées, déterminées
    à faire prévaloir les logiques diplomatiques et le co-développement.

    Pour cela, il y a besoin de défenses nationales émancipées de l’Otan et d’un cap pour assurer la sécurité collective et la paix.

    Ce n’est pas le moindre des enjeux de la période en France, où le gouvernement Bayrou devra bientôt partir.

  • Sortir du jour sans fin macroniste

    Sortir du jour sans fin macroniste

    C’est une question de jours : François Bayrou va partir. Rejeté par la représentation nationale, battant des records d’impopularité dans les enquêtes d’opinion, le joker d’Emmanuel Macron a fait son temps.

    La suite reste incertaine. Assistera-t-on à un nouveau jeu de dupes du président de la République ?

    Il n’est pas envisageable de laisser se poursuivre plus longtemps le jour sans fin macroniste commencé depuis le résultat des élections législatives qui ont fait suite à la dissolution.

    Les Français ne supporteront pas de nouvelles semaines de consultations durant lesquelles le Premier ministre battu resterait en poste pour finalement nommer un nouveau représentant d’une même politique. Ce fut le cas avec Attal, avec Barnier, le chef de l’État imagine-t-il rééditer le même scenario avec Bayrou le temps de désigner l’un de ses fidèles, Lecornu par exemple, comme le prédisent déjà les pythies du macronisme ?

    Changer de politique

    Il est temps de sortir de ce jour sans fin qui s’étire en dépit du verdict des urnes, des enquêtes d’opinion et des dégâts infligés aux finances publiques. Puisqu’Emmanuel Macron semble ne pas vouloir recourir à la dissolution, qu’il confie Matignon à un représentant du camp progresssiste, arrivé en tête des législatives. Sans majorité claire, les partis de gauche avaient promis de ne pas recourir au 49.3 pour gouverner, et la FI, consciente que sa présence dans un gouvernement susciterait un rejet majoritaire, s’était même engagée à un soutien sans participation.

    Une chose est certaine : la situation ne pourra déboucher sur une issue de progrès sans un puissant mouvement populaire exigeant non seulement un changement de Premier ministre, mais surtout un changement de politique.