Category: economie

  • La ligne très haute tension de Fos en réponse à une forte demande

    La ligne très haute tension de Fos en réponse à une forte demande

    « On est reparti en légère hausse. » Ce jeudi, dans le siège régional de RTE (Réseau de transport d’électricité) à Marseille, Gilles Odone, délégué de RTE en Méditerranée, entend rester « factuel » lors de la présentation du bilan électrique de la région Sud pour l’année passée. « La consommation est de l’ordre de 39,3 TWh [térawattheure, Nldr.], c’est 1,4% de plus qu’en 2024 », campe-t-il. Une consommation à mettre au regard de la production régionale : 17,3 TWh. « On représente un peu moins de 10% de la consommation nationale mais on ne représente que 3,2% de la production nationale », résume Gilles Odone. Lequel rappelle les particularités locales : « La production hydraulique [via les barrages par exemple, Ndlr.] c’est le premier moyen de production de la région (…) environ 40% de l’électricité consommée vient d’en dehors de la région. »

    Un bilan qui amène l’acteur à assurer que « les conditions sont réunies pour accélérer l’électrification ». Comprenez par là, le passage au tout électrique et la décarbonation de l’industrie. Et c’est justement pour ses projections vers l’avenir que l’acteur est attendu au tournant, puisque porteur du projet de construction de ligne très haute tension (THT) de 400 000 volts entre Jonquières (Gard) et Fos-sur-Mer en vue de cette décarbonation. « La ligne THT est aujourd’hui en instruction », élude Gilles Odone, sans rentrer dans les détails. Concrètement, RTE avance un premier chiffre illustrant les exigences à venir : « Les besoins en électricité de l’ensemble de la région sont évalués à environ 4 000 MW [Megawatt, Nldr.] à l’horizon 2030. » Et un autre qui montre aussi l’ampleur des sollicitations : « On a reçu plus de 6 000 MW de demandes de raccordement, c’est l’équivalent de la consommation actuelle de la région. »

    « Même sans Carbon… »

    Cette demande exponentielle s’explique par deux facteurs : « Il y a des besoins diffus, liés à l’électrification du pays : raccordement de bornes électriques, des navires à quai dans les ports, installation de pompes à chaleur… Il y a aussi les industriels, par exemple sur la zone de Fos, qui vont se décarboner, car ils n’ont pas le choix. » Mais la décarbonation sur le pourtour de l’Étang de Berre reste au stade de la lettre d’intention pour l’heure. Et les projets structurants de son électrification sont en suspens, voire pire comme avec l’exemple de l’usine géante de panneaux solaires, Carbon, qui a été abandonnée. « Il n’y en a pas beaucoup qui ont des décisions d’investissements », reconnaît Gilles Odone. Mais pas d’inquiétude du gestionnaire du réseau : « Même sans Carbon, on est au-delà de 6 000 MW de demandes. Nos infrastructures doivent être robustes. » D’autant que géographiquement, c’est bien cette zone qui concentre les besoins à venir : « Sur les 6 000 MW de demandes de raccordement, les deux tiers concernent la zone de Fos-sur-Mer. » Et même dans le pire des scénarios, où l’électrification des industries se ferait a minima, RTE assure qu’un renforcement des infrastructures serait quand même nécessaire : « Il y aura des sujets à résoudre. » Il cite notamment la question de la production hydraulique au regard du changement climatique. Autre argument : Sur les 4 000 MW estimés, environ 20% vient des « besoins diffus » qui sont eux aussi grandissants. En bref : « La structure du réseau très haute tension du Sud-Est n’est plus adaptée à cette hausse des consommations. »

  • Les centres-villes alpins vidés d’habitants et de commerces

    Les centres-villes alpins vidés d’habitants et de commerces

    Devant le manque de commerces et la désertification des centres-villes, de nombreux Bas-Alpins vont jusqu’à Marseille, Aix ou Plan de Campagne pour faire les magasins et trouver une offre satisfaisante. « Quasiment tous les élus ont mis au cœur de leur programme la redynamisation des centres-villes, parce que c’est une nécessité », avance Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce.

    « Digne est plus en souffrance que d’autres communes du département. Les indicateurs ne sont pas bons, il y a un taux de vacance commerciale à 24%. La moyenne nationale est entre 11 et 12%. Donc, à Digne, on a un taux de vacance deux fois supérieur à la moyenne nationale, c’est préoccupant », regrette-t-il.

    « La redynamisation et la revitalisation du centre-ville, c’est le cœur de notre mandat », lance Myriam Sereno, adjointe au maire de Digne déléguée au commerce. « On a eu plusieurs fermetures de magasins importants qui ramenaient du monde, et du coup on a perdu en dynamisme », explique-t-elle. Elle-même ancienne commerçante, elle a perdu 15% de son chiffre d’affaires quand Camaïeu a fermé. « Il y avait des promotions tout le temps. Les gens venaient pour ça. »

    Manager de commerces et parkings gratuits

    Jean-Pierre Pradalier décrit « une spirale négative avec des commerces qui ferment, à partir de là, votre centre-ville est moins attractif, et comme il est moins attractif, les gens viennent moins. Et comme les gens viennent moins, les commerces vendent moins, etc. C’est un cercle vicieux ».

    Lors d’une table ronde sur la dynamisation des centres-villes organisée dans le cadre de l’assemblée générale de la CCI jeudi, le maire de Barcelonnette a également décrit un centre-ville en difficulté : « on a une vraie capacité commerciale historique qui est en train de péricliter », a-t-il regretté. 50% des commerçants ne parviennent pas à transmettre leur commerce quand ils souhaitent prendre leur retraite, selon Jean-Pierre Pradalier. « Une fois le rideau baissé, il faut se bagarrer pour rouvrir. »

    Les élus ont également insisté sur l’importance d’avoir un manager de commerces, qui permet de recenser les locaux vacants et d’aller chercher des repreneurs. Une autre problématique importante pour dynamiser les centres-villes est le stationnement, dans un département où la voiture est inévitable. « Dans des villes comme les nôtres, on ne peut pas chasser totalement la voiture des centres-villes », avance Jean-Pierre Pradalier.

    La ville de Manosque a elle réussi à faire baisser son taux de vacance commerciale de 22% à moins de 10% entre 2020 et 2026, grâce à une manageuse de commerces, au développement de parkings avec trois heures gratuites et à la requalification du centre-ville. La première adjointe a insisté sur la nécessité d’une concertation avec les commerçants pour éviter qu’ils ne souffrent trop des travaux.

  • Des parlementaires au chevet des cœurs de ville

    Des parlementaires au chevet des cœurs de ville

    Sur la rue de la République, célèbre pour ses façades haussmanniennes, les devantures flambant neuves côtoient les rideaux tirés et les locaux vides. Sur cette artère importante du 1er arrondissement de Marseille, le problème de la vacance commerciale est particulièrement prégnant. C’est la raison pour laquelle le député (PS) des Bouches-du-Rhône, Laurent Lhardit, a décidé d’y faire une audition décentralisée dans le cadre d’un rapport parlementaire sur l’avenir des commerces de proximité.

    « Sur la rue de la République, on a un taux de vacance de 25 % d’après nos estimations », affirme Corneille Fondjo, dirigeant de quatre agences immobilières dans le centre de Marseille et membre de l’association des commerçants de la rue de la République. Un taux largement au-dessus du niveau national, qui est de 14 % et de Marseille qui est de 20 %. Accompagné de son co rapporteur, le député (LR) de Haute-Loire, Jean-Pierre Vigier, Laurent Lhardit a échangé avec les commerçants aux sujets de leurs problématiques.

    5 000 euros par mois

    Si certains évoquent la crise économique, la concurrence d’internet ou des locaux parfois vétustes, tous sont unanimes : leur principal souci est les loyers trop élevés. Mehdi Bouzghaia a ouvert son salon Le barbier de Marseille en 2019 sur la rue. « Notre activité fonctionne bien, mais on a envie de partir tellement on paye cher », se désole le gérant. Même son de cloche dans la boutique Cloclo et Chacha, qui vend jouets et objets de puériculture. Gaelle Genaud a ouvert sa boutique il y a un an et paye 5 000 euros par mois pour 130 m2 : « Au début, j’avais la trésorerie, mais j’ai eu un dégât des eaux et ça a tout foutu en l’air. J’ai des dettes envers l’ancien bailleur maintenant, et je ne sais pas comme on va s’arranger avec le nouveau ». Tout comme Medhi Bouzghaia, elle fait partie des boutiques dont le bailleur a changé (cf encadré).

    Des problématiques de loyers trop élevés qui viennent de l’achat de plus en plus fréquent de locaux par des holdings foncières, dont la rue de la République en a été le triste exemple. « Ces foncières n’achètent que pour spéculer, donc ils font monter les loyers. Et lorsque les locataires ne payent pas ça ne les dérange pas, puisqu’ils défiscalent », se désole le député des Bouches-du-Rhône. Le plafonnement des loyers serait l’une des recommandations des parlementaires pour protéger les commerces de proximité.

    Diversité commerciale

    Une manière de permettre à plus de commerçants de s’installer et ainsi recréer une synergie entre les boutiques. « Les commerces attirent les commerces. Rue de la République, comme il y a beaucoup de locaux vides [notamment à cause des prix] on ne flâne pas dans cette rue donc c’est plus compliqué », explique la gérante de la boutique de puériculture. Pour Jean-Pierre Vigier, la diversité des commerces est également essentielle afin de revitaliser efficacement le centre-ville. L’importance de l’implantation de services publics tout comme une plus grande équité fiscale contre les plateformes de commerce en ligne seront également des pistes de réflexion. Le rapport devrait être présenté devant la commission des affaires économiques en juillet pour tenter de faire rebattre le cœur des villes.

    Un nouveau propriétaire de rue de la République

    Fin du mois d’avril dernier, l’entreprise lyonnaise Régie du commerce, a racheté 129 boutiques de la Rue de la République à l’entreprise Commerces de la République. Le nouveau bailleur est notamment spécialisé dans le rachat de centres commerciaux avec un fort taux de vacance qu’il redynamise en baissant les loyers. Rebecca Bernadi, adjointe (PM) au maire de Marseille en charge du commerce affirme que « son discours est plutôt rassurant ». Les commerçants touchés par le changement de bailleur espèrent trouver un propriétaire plus à l’écoute de leurs problématiques et qui réduira leur loyer afin de redynamiser cette emblématique rue.

  • À Béziers, une rocade de 15 km pour fluidifier la circulation

    À Béziers, une rocade de 15 km pour fluidifier la circulation

    Ça roule mieux à Béziers et ce n’est pas grâce à Robert Ménard. Si les automobilistes sont moins pris dans les bouchons et que les riverains sont moins gênés par le bruit ou la pollution en ville, c’est le Département de l’Hérault qu’il faut remercier.

    Vendredi 22 mai, le président Kléber Mesquida (DVG) a inauguré le rond-point de l’Ardide (coût 14 millions d’euros). Avec une route élargie en deux fois deux voies et son dénivelé, le nouveau giratoire et ses deux ponts permettent de franchir la rivière le Lirou et de séparer les flux de la route de Saint-Pons-de-Thomières et du centre-ville de Béziers. « Cela permet d’améliorer le point noir de ce carrefour en le désenclavant », se félicite Philippe Vidal.

    Le vice-président socialiste sait aussi qu’il s’agit du point quasi final aux grands travaux de la rocade de Béziers. Débutés en 2010, ils ont tour à tour permis l’aménagement des échangeurs de la Minervoise avec la route de Montady (2010), de la route de Narbonne (2013), de la Crouzette (2022), de la Devèze (2023). Mais aussi le passage en deux fois deux voies et la création du carrefour de la Montagnette (2014), de la rocade nord (2019) et enfin les dénivellations des ronds-points Vincent-Badie (2015) ou Edgar-Faure (2018).

    La suite des travaux

    Plus de 15 ans de travaux avec une route élargie, 12 ponts, 3 giratoires surélevés pour un total de 99 millions d’euros investis dans l’intérêt général. « En ville, cela permet de limiter les nuisances et de fluidifier le trafic. Sur la rocade, on est passé de 18 000 véhicules par jour à 50 000. Sans cette prise de décision politique il y a 15 ans, la ville de Béziers serait congestionnée », assure Philippe Vidal.

    Si le chantier initial est achevé avec cette rocade biterroise de 15 km, le Département veut aller plus loin et boucler la boucle. « L’essentiel est fait mais pour permettre le passage de la deux fois deux voies jusqu’à l’échangeur ouest de l’A9, on a besoin d’agrandir certains ouvrages d’art (notamment 4 ponts : celui de la SNCF, de la Minervoise, du Canal du Midi et de la route de Narbonne) ». La prochaine étape concernera le rond-point de la Méditerranée (au niveau de Cers) afin, là encore, de fluidifier le trafic. Le calendrier de ces travaux additionnels, dont l’avancée dépendra de l’état des finances du Département, n’a pas encore été défini.

  • Le climat international ralentit le tourisme

    Le climat international ralentit le tourisme

    Selon la récente enquête publiée par l’agence d’attractivité et de développement d’Occitanie (Ad’Occ), « 59% des professionnels du tourisme déclarent constater un impact des tensions internationales sur leur activité, dont 98% jugés négatif. »

    Ces impacts concerneraient une baisse des demandes et des réservations, un printemps plus calme que prévu, une fréquentation en recul et un manque de visibilité sur la saison estivale. En cause, le climat international tendu qui freine les dynamiques du secteur, notamment dans la restauration et les commerces et services.

    L’inquiétude est partagée par tous les univers de destination interrogés (campagne, urbain, littoral et montagne) : 58% des professionnels du tourisme de ces zones ressentent l’impact des tensions internationales sur leur activité touristique actuelle ou à venir.

    Ralentissement des habitudes

    « Les résultats de cette enquête ne traduisent pas un décrochage massif de l’activité touristique mais plutôt un climat d’attentisme généralisé », précise l’agence Ad’Occ. Le principal signal observé repose sur un ralentissement des prises de décision, une montée des réservations de dernière minute et surtout un manque de visibilité pour les professionnels.

    Ce ralentissement serait dû à une hésitation plus grande des clients habituels, qui arbitrent davantage leurs dépenses. « Dans ce contexte, les prochaines semaines seront déterminantes pour confirmer ou non les tendances observées et mesurer leur impact sur la saison estivale », conclut l’agence Ad’Occ.

    « Pour les mois à venir, les professionnels affichent une prudence marquée : 66% jugent les réservations “peu ou pas encourageantes”, tant pour les ponts du mois de mai que pour la période juillet-août », précise l’organisme. Les plus inquiets sont les gérants d’hôtels (51%) et de gîtes d’étape et refuges (46%).

    Selon l’enquête, la hausse des prix généraux, l’envolée des prix du carburant, la baisse du pouvoir d’achat et le coût des déplacements restent les facteurs principaux de cette dynamique.

  • [Entretien] Maxime Tommasini : « Près de 40% de la population marseillaise est d’origine italienne »

    [Entretien] Maxime Tommasini : « Près de 40% de la population marseillaise est d’origine italienne »

    La Marseillaise : Que représente pour vous votre élection et quelles sont vos priorités ?

    Maxime Tommasini : Cette confiance m’honore et m’oblige. Notre objectif, plus que de développer le commerce, est de créer de l’emploi et de la croissance, autant du côté italien que du côté français. Aujourd’hui, les projets européens prennent une place de plus en plus importante, notamment sur l’entrepreneuriat féminin. C’est un axe que j’ai souhaité développer, avec des programmes de mentorat et de coopération entre plusieurs pays du bassin méditerranéen dans le cadre du projet She Empower. En tout ce sont 140 entrepreneuses qu’on souhaite accompagner. C’est une nouvelle ère qui commence.

    De quelle manière vous financez-vous ?

    M.T. : Nous sommes une association loi 1901 et, contrairement à ce que l’on croit souvent, nous sommes très faiblement subventionnés par l’Italie. Notre région consulaire s’étend du Var jusqu’à La Rochelle, en passant par l’Occitanie et la Corse. C’est complexe à gérer, mais cela reflète le dynamisme et le potentiel de ces territoires. Bien que nous soyons la troisième chambre la plus dynamique, nous nous autofinançons à 90% en vendant des services, un peu comme une agence de conseil.

    Comment expliquer le lien entre Marseille et l’Italie ?

    M.T. : Près de 40% de la population marseillaise est d’origine italienne. Ce lien se retrouve naturellement à la Foire de Marseille, mais aussi dans des projets comme l’AOC Cassis et l’œnotourisme. Nous cherchons également à pérenniser la liaison aérienne Marseille-Rome, qui ouvre cet été.

    Entretien réalisé par Macha Ryzhova Guichard

  • Pour « casser le mythe » autour des data centers

    Pour « casser le mythe » autour des data centers

    Hautement protégé, le site n’ouvre que rarement ses portes. Ce jeudi, dirigeants d’entreprises et acteurs publics se sont retrouvés autour de TDF, qui les a exceptionnellement accueillis dans son data center du Réaltor à l’occasion de l’inauguration de son extension. Implanté sur un site historique classé, le lieu permettait dès 1933 l’émission d’ondes FM puis télévisuelles, avant que l’ère numérique ne le convertisse en data center. D’ici juillet, ces 300 mètres carrés supplémentaires seront entièrement dédiés au stockage de données pour un même client. « Un de nos enjeux est d’expliquer aux collectivités locales, démythifier les data centers, rassurer, sur le fait que nous faisons petit, que nous ne puisons pas de ressourcés, nous ne sommes pas énergivores… », résume Rémi de Montgolfier, directeur Edge Datacenter – TDF. Encore vide, cet espace se greffe au reste du site, qui prévoit déjà une seconde extension d’ici l’année 2027. Mais au rendez-vous de cette journée, ce sont surtout les enjeux de souveraineté et de résilience « des infrastructures » et la « performance industrielle » qui ont été débattues, au cours d’une table ronde et d’un échange entre acteurs. Concrètement, il « faut casser le mythe » autour des data centers, résumait Michaël Reffay, délégué général France Data Center, qui appelle à « faire de la France une terre d’accueil des data centers, qu’ils soient petits ou grands ». Celui du Réaltor, dit de proximité, reste la « spécialité » de TDF France. « Les data centers de proximité sont une réponse à un enjeu de résilience, estime Karim El Naggar, directeur général TDF. Quand les capacités sont concentrées à un seul endroit, le système est possiblement un peu plus fragile, là où les data centers de proximité peuvent prendre le relais des grands clouds ou des infrastructures. » Quand les acteurs publics locaux y voient une opportunité de créer de l’emploi, d’impulser l’attractivité économique. « Les data centers sont un pôle d’attractivité pour les entreprises (…), estime Bernard Kleynhoff, président de la commission développement économique et digital de la Région. Les principaux opposants de ce développement, qui voudraient qu’on revienne sur certains sujets, à l’âge de pierre, sont heureux lorsque nos entreprises embauchent leurs enfants. » Les data centers, qui connaissent des oppositions, venant notamment des riverains et militants écologistes, « sont nécessaires, si l’on veut poursuivre le développement économique de notre pays et des acteurs privés et publics qui en font partie. Pour nous la question n’est pas tant de savoir s’il faut arrêter de construire des data centers mais savoir comment l’on peut les construire de façon durable, écologiquement plus acceptable… », conclut Karim El Naggar.

  • La cité phocéenne devient la capitale du Made In France

    La cité phocéenne devient la capitale du Made In France

    « Le 11 juin, Marseille sera la capitale du Made In France. » Olivier Robert, fondateur de Sacré Français qui organise depuis trois ans les rencontres du Made in France, se réjouit que l’événement prenne place à Marseille, à la Friche de la Belle de Mai (3e). De 9h à 17h le 11 juin, des conférences et un village de plus de 40 exposants permettront de mettre à l’honneur le fameux « made in France ».

    Après the Camp à Aix-en-Provence et le Couvent à Marseille, c’est à la friche de la belle de mai que s’installeront les ambassadeurs de la fabrication française. Un nouveau lieu plus grand, pour accueillir un nombre croissant de participants et lourd de sens, puisque c’est dans une ancienne cartoucherie que les intervenants aborderont les thèmes de la réindustrialisation et des relocalisations.

    « Avec ces rencontres, c’est les victoires du made in France que nous voulons mettre en avant, explique le fondateur des Sacrés Français. Car on peut encore fabriquer en France et on peut en être fier », insiste-t-il. L’objectif de cet événement est de montrer que fabriquer en France est encore possible. Un rendez-vous pour mettre la lumière sur les entreprises qui font ce choix, donner des clés à celles qui voudraient le faire et permettre aux partenaires de se rencontrer.

    Région Sud bien présente

    Si c’est la France entière qui se retrouvera le 11 juin, la Région Sud est tout de même bien représentée, avec notamment le label « Fabriqué à Marseille », lancé par la municipalité il y a 3 ans. Pour l’organisateur, c’était une évidence de venir à Marseille. « D’abord pour montrer qu’il n’y a pas que Paris, et aussi parce que Marseille c’est la 2e ville de France, et c’est un lieu où ça bouge pas mal. »

    Un événement très soutenu par la Ville de Marseille qui y voit un moyen de faire rayonner la ville et le territoire avec. « Cela permet de faire de la ville un catalyseur pour mettre en avant les richesses françaises et marseillaises », se félicite Julien Harounyan, adjoint (Madmars) au maire en charge de l’attractivité économique. Pour l’élu, c’est également un moyen : « De faire en sorte de construire une économie d’attractivité économique pour les Marseillais et pas seulement au service du territoire national. »

    Une initiative également soutenue par la chambre de commerce et de l’industrie d’Aix Marseille. « Notre but c’est de soutenir les entreprises locales, mais aussi de pousser le consommateur à consommer local », insiste Jocelyn Meire, membre de la CCI.

    Plus d’informations sur sacré-français.com

  • [Entretien] Sauveur Cavataio : « On subit de plus en plus de faillites d’entreprises du BTP »

    [Entretien] Sauveur Cavataio : « On subit de plus en plus de faillites d’entreprises du BTP »

    La Marseillaise : Comment cette hausse des prix impacte votre activité ?

    Sauveur Cavataio : Le carburant, c’est un peu l’oxygène du BTP. Quand les prix s’envolent, ce sont nos chantiers, nos entreprises et nos territoires qui suffoquent. Le secteur dépend 100% du carburant pour les engins, les camions, les rotations de matériaux, les déplacements des équipes. Quand une entreprise consomme entre 5 000 et 20 000 litres de carburant par mois vous imaginez la hausse des coûts quand il y a une augmentation. Et puis ça impacte également certains matériaux dérivés du pétrole, comme l’asphalte ou pour l’étanchéité. Comment voulez-vous répondre au marché public quand vous savez que d’une semaine à l’autre les prix peuvent varier de 20 à 30 centimes ?

    Quelles en sont les conséquences ?

    S.C. : Les entreprises suffoquent. Car depuis 2021 [et la guerre en Ukraine], nous avons compensé ces augmentations, pour ne pas répercuter les prix sur nos clients. Mais aujourd’hui, on a des marges qui sont divisées par deux. Et la conséquence concrète, c’est des chantiers en retard ou même abandonnés.

    L’état a annoncé des aides pour le secteur. Est-ce suffisant ?

    S.C. : Le dispositif, auparavant réservé aux très petites structures, est élargi à des entreprises de jusqu’à 50 salariés. Ce qui est bien, mais largement insuffisant. Ce que l’on recherche, c’est la stabilité, pour savoir comment on se projette pour demain. Parce que malheureusement, aujourd’hui, on subit de plus en plus de faillites d’entreprises du BTP. Et le bâtiment est un poids lourd de l’économie avec entre 60 et 80 000 recrutements par an en France et le premier secteur économique des Bouches-du-Rhône. Et si on veut augmenter les salaires, ce qui est normal vu l’augmentation du coût de la vie, il faut bien que nos prix de base, soient augmentés.

    Propos recueillis par Eva Janus

  • [Prix des carburants] Dans les Alpes, les trajets siphonnent le porte-monnaie

    [Prix des carburants] Dans les Alpes, les trajets siphonnent le porte-monnaie

    « On ne se demande vraiment si c’est rentable d’aller bosser », soupire Julien, commercial. Ce mercredi matin, il vient faire son plein à la station-service Total du Relay de Puymaure. En ville, on remarque sans peine que l’affluence est plus importante dans les stations Total, les seules à maintenir le prix de l’essence à moins de 2 euros le litre.

    « Je fais La Saulce-Gap chaque jour, donc 20 km aller et retour, explique Julien. Jusque-là, j’en avais pour environ 150 euros par mois, maintenant c’est plus de 200. » Il n’est pas éligible aux aides de l’État, notamment la prime « grands rouleurs » pour les professionnels qui font plus de 30 km par jour, car il touche plus que le revenu fiscal annuel de référence, qui doit être inférieur ou égal à 16 880 euros. « J’ai le sentiment qu’on nous pousse vers l’électrique, déplore-t-il. Comme on nous a poussés vers le diesel pendant des années avant ça. » Pour les professionnels des Hautes-Alpes, un territoire enclavé où la voiture est souvent indispensable, la hausse du prix du carburant oblige à rogner sur d’autres dépenses. « Mon mari est métallurgiste, il part de La Bâtie-Montsaléon, dépose notre fille à Serres et va à La-Roche-des-Arnauds chaque matin, rapporte Julia. On n’est pas éligibles aux aides, on n’est pas les plus touchés, on gagne correctement notre vie, mais ça limite tout de même les trajets. Les week-ends chez ma famille à Lyon, qu’on faisait tous les mois, on a tiré un trait dessus. »

    Pour les agriculteurs, nombreux sur le département, certains mécanismes déjà mis en place soulagent l’effort financier à faire. « On peut se faire rembourser la TVA sur le carburant agricole l’année suivante, ce qui nous aide pas mal, explique Mathieu, éleveur bovin dans le Champsaur. Mais on fait plus attention quand même, on limite le plus possible les allers-retours entre nos différents terrains. »

    Beaucoup ne sont pas éligibles aux aides

    Toutefois, la plupart des professions intermédiaires, qui utilisent la voiture au quotidien, ne sont pas éligibles ou peu enthousiasmées par les aides proposées par l’État comme le chèque « grands rouleurs » ou les aides à l’achat d’un véhicule électrique. « Dans mon service, ceux qui ne viennent pas de Gap font de l’autopartage, sinon c’est trop cher, et le plafond de revenu pour bénéficier de l’aide est trop bas », atteste Laura, aide-soignante. Comme pour beaucoup de professionnels, elle dépend de la volonté de son employeur de mettre en place des aides. « Pas mal d’entre nous qui vivent à Gap ont bénéficié de l’aide de la Ville pour acquérir un vélo électrique, mais, pour les autres ça ne change rien », ajoute-t-elle.

    A.F.