Category: economie

  • Les élus locaux d’Occitanie font bloc pour défendre le thermalisme

    Les élus locaux d’Occitanie font bloc pour défendre le thermalisme

    Plusieurs centaines d’habitants et de curistes se sont retrouvés en fin de matinée devant les thermes de Balaruc-les-Bains. Ils répondaient à l’appel « #DeboutPourNosCures », lancé sur les réseaux sociaux par la Spleth, la société gestionnaire des thermes et dont la commune est actionnaire majoritaire (lire ci-dessus). À la tribune, entouré de son équipe municipale, le maire (PS) de Balaruc, Christophe Rioust, a défendu le bien-fondé des soins délivrés dans les équipements thermaux. Le président (PS) de l’intercommunalité Sète Agglopôle Méditerranée, Loïc Linares, est allé dans son sens : « Quelques millions d’économie, en enlevant les bénéfices du thermalisme, vont handicaper demain la Sécurité sociale. » Les autres maires, conseillers régionaux et parlementaires présents ont tour à tour fustigé une « médecine à deux vitesses » et un « plan social » dans le secteur du thermalisme.

    Le sénateur (PS) Hussein Bourgi a dit vouloir rencontrer la préfète de l’Hérault ainsi que l’Agence régionale de santé (ARS). Il a suggéré que les conseils municipaux votent des motions pour le maintien du remboursement. Il a aussi annoncé une démarche conjointe avec d’autres sénateurs. Le député (LFI) Sylvain Carrière envisage de faire de même à l’Assemblée nationale. Marie Costa, la maire (DVD) de la ville thermale d’Amélie-les-Bains-Palalda (Pyrénées-Orientales), et présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, a évoqué la pétition qu’elle a postée sur Change.org et intitulée « Le thermalisme, poumon socio-économique de nos territoires ». Le texte a déjà recueilli plus de 50 000 signatures.

  • [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    Si les commerçants ont pu faire part de leurs demandes après avoir vu leurs magasins pillés, voire détruits, en marge des manifestations, le président de la CCI appelle chacun à ses responsabilités au nom aussi, de la survie du centre-ville marseillais.

    La Marseillaise : Que retenez-vous de la rencontre avec le président de la République, ce lundi ? Êtes-vous satisfait ?

    Jean-Luc Chauvin : Nous sommes la ville de France la plus touchée avec 528 commerces dégradés, 331 sinistrés, 118 pillés. Cela veut dire qu’il n’y a plus de stock et que tout a été détruit dans la boutique parfois même incendiée. Une barbarie totale. Chaque samedi fermé, c’est 2% de chiffre d’affaires annuel perdu. Et le chiffre d’affaires d’un commerçant entre novembre et décembre, c’est 40% de celui de l’année. Il y a aussi eu des conséquences sur l’hôtellerie. Le fait que le président de la République lui-même soit là, c’est un signe positif, important pour les commerçants. Ils ont pu dire au président et aux ministres présents à la fois tout leur désarroi, tout leur découragement et leur inquiétude.

    Qu’avez-vous demandé ?

    J.-L.C. : On a pu faire passer un certain nombre de demandes essentielles. La première, c’est que les commerçants sont des gens qui investissent, qui prennent des crédits, qui sont en caution personnelle. C’est de l’emploi, de la richesse, des taxes, des impôts. Ils ont besoin de sécurité, d’être défendu par l’État. J’ai fortement insisté pour éviter qu’on arrive à des solutions où un certain nombre d’entre eux se sentant abandonnés, pensent à s’auto-organiser. On a bien vu ce week-end avec un parcours différent, avec un encadrement des forces de l’ordre différent aussi, qu’on a eu que sept commerces cassés. Sur les aides à redémarrer, le fonds national est sorti hier, c’est très bien. On a aussi évoqué avec le président de la République un sujet qu’il n’avait pas dans son spectre, les commerces qui n’ont pas été cassés mais qui sont dans le périmètre concerné. À Marseille, cela représente quatre rues, de la préfecture, à la Canebière, la Chambre de commerce et jusqu’au Centre-Bourse. Là, trois commerces sur cinq sont cassés et ceux qui ne le sont pas, ont eu peur. Et quand ils ouvrent, ils font zéro chiffre d’affaires. J’ai proposé des mesures de chômage partiel, à 100% dans les périmètres où il y a eu les couvre-feux, et que les commerces non pillés puissent aussi bénéficier du prêt à taux zéro de BPIFrance [Banque publique d’investissement] à 50 000 euros. D’autres comme notamment Bernard Marty, en tant que président de l’UMIH [Union des métiers et des industries de l’hôtellerie], et vice-président de la Chambre, ont demandé à ce que cela soit adapté à la capacité de remboursement de l’entreprise.

    Pour autant, comprenez-vous qu’il y ait des revendications ?

    J.-L.C. : Que les gens veuillent manifester, c’est tout à fait normal, c’est leur droit, c’est pas le sujet. Par contre, ce n’est pas admissible, comme malheureusement c’est le cas aujourd’hui, que des manifestations soient infiltrées par des casseurs, des pillards, et par, probablement, des personnes qui veulent en découdre avec les autorités, les forces de l’ordre et les services publics, au détriment même de revendications légitimes des manifestants. On ne peut plus continuer à manifester comme avant, peut-être faut-il adapter la façon de faire. Il faut que les manifestations puissent avoir lieu, mais pas au milieu des commerces, parce que ça casse tout.

    Comment voyez-vous la suite ?

    J.-L.C. : On a très, très peur pour ce samedi, c’est une fête compliquée parce que c’est une fête avec des masques, avec du sang… On a moins d’inquiétude sur le 5 novembre, parce qu’on sait que les manifestations organisées par les syndicats sont gérées, comme ils l’ont fait samedi. J’ai bien expliqué au président de la République qu’il fallait aussi de l’animation pour faire revenir les gens en ville, mais ils ne le feront que lorsqu’ils seront rassurés. Et que, pour cela, il fallait régler le problème de la grogne sociale et des lycéens. Il faut une issue politique et que chacun prenne ses responsabilités, individuellement et collectivement. Que les gens qui manifestent soient aussi coopératifs. Si on veut sauver nos commerces, il va falloir qu’on fasse un effort, peut-être consommer. Peut-être, au lieu d’aller acheter trois produits à 10 euros sur un site ou une plateforme chinoise, acheter un produit à 30 euros chez un commerçant français…

  • Un géant de l’aéronautique embarque dans le Frégate F-100

    Un géant de l’aéronautique embarque dans le Frégate F-100

    Après Airbus, Latécoère et Helibravo Aviação, la société Hynaero, porteuse du projet de nouveau Canadair français Frégate F-100, a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec l’entreprise aéronautique italienne Leonardo, le 23 octobre Cette coopération se fera autour « du développement et de la production de composants structuraux aéronautiques majeurs » pour le programme Frégate F-100 de bombardier d’eau assemblé sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres et dont le premier vol d’essai est prévu en 2030.

    « Fort de son expertise reconnue et solidement établie dans les secteurs de l’aéronautique et des structures aéronautiques, Leonardo pourrait bénéficier du statut de fournisseur de premier rang pour la production de structures principales, telles que le fuselage et/ou les ailes », ambitionne Hynaero.

    « Opportunités d’export »

    Le programme Frégate F-100 « pourrait bénéficier de la complémentarité des compétences et des capacités des deux partenaires dans plusieurs domaines potentiels, notamment la conception, la fabrication, les essais de validation des structures aéronautiques, l’ingénierie, la certification, les essais, l’industrialisation, la maintenabilité, ainsi que la conception et la réalisation de systèmes », développe Hynaero dans son communiqué.

    « Leonardo dispose également d’un savoir-faire de longue date, en constante expansion, dans les domaines de la gestion des situations d’urgence aériennes et de la lutte contre les incendies. Cette expertise lui confère des capacités uniques et complémentaires pour contribuer à la lutte contre les feux à l’échelle mondiale », d’après l’entreprise aéronautique française.

    Dans la même perspective que lors de la signature du protocole d’accord avec le constructeur d’hélicoptères Helibravo Aviação, Hynaero escompte que « cette collaboration pourrait également soutenir la promotion du programme en Italie et permettre de saisir des opportunités à l’export », en tant que programme à « écosystème européen » qu’annonçait le PDG, David Pincet, en mars dernier. L’entreprise est déjà forte de plusieurs lettres d’intentions de différents acteurs pour 27 appareils, dont 16 pour la Sécurité civile française. Le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi a d’ailleurs sommé l’État de mandater la Direction générale de l’Armement afin d’accélérer la mise en service de l’appareil, espérée dans le meilleur des cas pour 2032.

  • À Saint-Martin-de-Crau, les entreprises comptent leurs pertes après les intempéries

    À Saint-Martin-de-Crau, les entreprises comptent leurs pertes après les intempéries

    Le trait brunâtre présent sur tous les murs de cette entreprise saint-martinoise ne laisse aucun doute sur le niveau que l’eau a atteint, la semaine dernière : presque un mètre. La moisissure s’est développée par endroits, malgré les déshumidificateurs industriels déployés dans les locaux. ça et là, de petites caisses de documents ou de câbles jonchent le sol. Un moindre mal comparé aux armoires d’automates industriels en fabrication qui ont été perdues dans l’entreprise Master Systèmes, visitée par le préfet, Jacques Witkowski, mardi.

    « Vous aviez de l’eau jusque-là », indique à hauteur de hanches Stéphane Paglia, cogérant de l’entreprise et président de la Chambre de commerce et d’industrie du pays d’Arles. Les dégâts sont encore en cours de chiffrage, contrairement à ceux de leurs voisins orthoprothésistes et de leurs 17 salariés. « Les archives et l’informatique ne sont pas touchés, mais la production est à l’arrêt avec 200 000 euros de machines à remplacer », explique Julien Renaudot, gérant de Podo orthèse de la Crau. Mais le pire est à venir, après le nettoyage. Outre les machines « introuvables », le gérant déplore « 75 000 euros de marchandise perdue » dont il attend de savoir si l’assurance rembourse au prix de vente ou de revient.

    La préfecture en médiateur des assurances

    « On s’attend à devoir bosser deux semaines gratuitement. On est en mode survie là, l’iceberg trésorerie fond et on veut juste reprendre le boulot », conclut Julien Renaudot. « Si vous avez besoin d’une médiation avec l’assurance, on est là pour ça », lui répond le préfet Jacques Witkowski. Le haut fonctionnaire explique, lors de la visite, que les services de l’État sont « votre point d’entrée pour l’étalement des dettes fiscales et sociales, de même que l’étalement bancaire en lien avec la Banque de France ». Le préfet complète en indiquant que l’arrêté de catastrophe naturelle doit être « pris dans les 24 heures ».

    Interrogé sur la fiabilité des assurances, Jacques Witkowski se veut rassurant : « La Caisse nationale de réassurance est un élément central dans la gestion de crise qui permet aux assurés de faciliter le paiement. » Bien qu’il s’agisse de contrats privés, «  il peut apparaître des litiges ou contestations sur lesquelles nous pouvons intervenir ».

    La CCI du pays d’Arles a ainsi programmé un rendez-vous dédié aux entreprises touchées. « Cela permettra d’expliquer tous les dispositifs qui existent », y compris « une aide psychologique », détaille Stéphane Paglia. Comme un « guichet unique pour que l’activité économique reprenne le dessus sur les événements », d’après la maire Séverine Dellanegra (SE), dans « l’idée de faire du sur-mesure et de réunir tous ceux qui peuvent apporter des réponses dans leur champ de compétence », selon le conseiller régional Cyril Juglaret (LR). Le rendez-vous est donné à la CCI du pays d’Arles jeudi à 18h.

  • À Sisteron, le recrutement d’un médecin libéral confié à un cabinet

    À Sisteron, le recrutement d’un médecin libéral confié à un cabinet

    Suite au départ de plusieurs praticiens, les conseillers municipaux ont voté lundi pour le lancement d’une procédure de recrutement d’un médecin généraliste libéral. Confiée à un cabinet de recrutement, cette mission « vise à renforcer l’accès aux soins à Sisteron dans un contexte de fortes tensions sur la démographie médicale », a expliqué Géraldine Taix, adjointe déléguée à la santé. La commune est placée en zone d’intervention prioritaire par l’ARS depuis 2022. De plus, « les départs récents et à venir de praticiens risquent de porter à près de 2 900 le nombre d’habitants sans médecin traitant. Afin de répondre à cette urgence, la municipalité propose de recourir au cabinet spécialisé P&P Conseil, rémunéré uniquement en cas de recrutement effectif, tout en poursuivant d’autres pistes comme l’accueil de docteurs juniors », a précisé l’adjointe.

    Une médecin généraliste avait quitté son cabinet en 2025, et le médecin devant la remplacer n’avait pas pu obtenir les autorisations administratives pour s’installer à Sisteron, rappelle la mairie. Un autre médecin généraliste de la maison de santé vient d’annoncer qu’il partirait à la retraite le 1er janvier. « Du fait de ces départs, la situation de l’offre médicale à Sisteron est de nouveau sous forte tension », constate la mairie.

    « Pendant la campagne, on avait soulevé l’idée des médecins salariés, donc on vous invite à explorer cette piste-là aussi », a suggéré Olivier Jourdan, conseiller municipal d’opposition de la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron ! « Si le médecin libéral quitte Sisteron avant un certain délai, le prestataire doit, à ses frais, relancer la mission pour retrouver quelqu’un », précise-t-il au lendemain du conseil municipal.

    « C’est une dérive qu’il y a depuis quelques années. Comme l’État n’assure plus ses missions de services publics et d’accès aux soins de la population, on voit de plus en plus de mairies qui se mêlent et qui prennent de l’argent de la municipalité pour aller vers la santé, alors qu’à la base, ce n’est pas leur rôle. C’est peut-être de l’argent qui n’ira pas à l’école ou dans d’autres domaines qui dépendent de la mairie », regrette de son côté Cédric Volait, responsable de la CGT Santé 04.

    Au total, « huit médecins généralistes ont été recrutés, dont quatre directement par la commune et quatre via des cabinets spécialisés. Le coût total des recrutements réalisés par des cabinets spécialisés sur 8 ans est de 45 000 euros », a précisé Géraldine Taix.

    Pendant le conseil municipal, Olivier Jourdan a aussi questionné le maire sur la récente fermeture de plusieurs commerces du centre-ville de Sisteron. Une boulangerie, les deux pâtissiers et le magasin de producteurs ont fermé récemment et d’autres fermetures ont eu lieu dans les mois précédents, explique-t-il. « C’est effectivement un sujet important qui mérite que nous l’abordions avec lucidité, sans pour autant tirer des conclusions hâtives », lui a répondu Jean-Pierre Templier (DVD).

  • Avec Edeis, l’aéroport de Vaucluse va connaître un nouveau pilote

    Avec Edeis, l’aéroport de Vaucluse va connaître un nouveau pilote

    Après plus de 50 ans passés aux commandes de l’aéroport d’Avignon, la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84) s’apprête à passer le manche au groupe Edeis. Ainsi en a décidé la Région, propriétaire du site depuis 2007. Dans le huis clos de sa commission permanente vendredi dernier, la collectivité a confié pour 10 ans sa délégation de service public (DSP) à Edeis à compter du 1er juin 2027.

    Une issue loin d’être une surprise. À deux reprises en séance depuis un an, Renaud Muselier, alors président (Ren.) de la Région s’était agacé des difficultés internes de la CCI 84, placée deux fois sous tutelle en l’espace de six mois. « Il faut traiter les problèmes de gouvernance avant le problème de vision », martelait-il en avril, manifestant aussi sa volonté de se rapprocher d’Olivier Galzi. Si le maire (DVD) d’Avignon n’a aucun pouvoir décisionnaire quant au choix de la DSP, le contact avec le nouveau délégataire sera aisé, Olivier Galzi ayant été vice-président d’Edeis jusqu’à il y a un an et demi.

    Spécialisé dans l’ingénierie et le développement d’infrastructures aux côtés des collectivités, Edeis gère déjà 22 aéroports dont ceux de Nîmes et Aix-en-Provence. Le groupe, qui devra reprendre les 32 salariés, aura la délicate mission de dégager du profit avec l’aéroport qui, sur un budget annuel de 4,5 millions d’euros, bénéficie de subvention d’équilibre de la Région pour combler le déficit (encore 1,2 million d’euros cette année). Et ce malgré un chiffre d’affaires en hausse de 16% en 2025, et 64 133 mouvements enregistrés l’an dernier (année record sur la DSP), tout type d’aviation confondus.

    La délibération votée et ses quelque 370 pages d’annexes précisent l’intention d’Edeis pour parvenir à ses fins. Avec une note de 82,13/100, la commission de DSP de la Région a jugé l’offre de « bonne qualité » pour répondre notamment aux 3 orientations autour du développement de l’aviation d’affaires, du développement domanial [locations commerciales sur l’emprise de l’aéroport] et de préservation de l’environnement. Le futur gestionnaire mise sur son « partenariat avec ExecuJet, l’un des leaders mondiaux des services d’assistance en escale pour l’aviation d’affaires ».

    La Région ne veut plus combler le déficit

    Financièrement, la Région « assure qu’aucune compensation financière [de sa part] n’est prévue pour équilibrer le compte d’exploitation prévisionnel ». Elle espère même, sur la durée du contrat, percevoir 2,7 millions d’euros de redevances.

    Edeis n’était pas seul à concourir. Une offre, proche du délégataire actuel, a été déposée par Sealar. Un consortium de CCI spécialisé dans la gestion d’aéroports – principalement en Bretagne et Normandie – mais dont le dossier a été considéré comme « irrégulier » par la Région, ne respectant pas « les conditions et caractéristiques minimales indiquées dans les documents de la consultation ». Contactée, la CCI 84 renvoie pour l’heure vers Sealar. Sollicité, Jean-Luc Chauvin, président de Sealar et de la CCI Aix-Marseille, n’a pas donné suite. La société nous a succinctement répondu ne pas avoir encore « été notifiée officiellement par la Région, nous n’avons donc pas de commentaire à faire ». Quant à Edeis, une première communication est attendue dans les prochains jours.

  • 800 000 euros de la Région Occitanie pour soutenir les chalutiers

    800 000 euros de la Région Occitanie pour soutenir les chalutiers

    « Je connais les difficultés que vous traversez et je mesure votre inquiétude face au manque de visibilité sur votre avenir. Entre le prix du carburant, les contraintes réglementaires, la raréfaction de certaines ressources et les conséquences du changement climatique, c’est tout un secteur qui est aujourd’hui fragilisé », a déclaré la présidente de Région Carole Delga le 13 octobre, à l’occasion d’une rencontre organisée « avec une large représentation régionale de pêcheurs pour échanger sur leurs difficultés et construire avec eux des réponses concrètes ».

    En septembre, les pêcheurs de Méditerranée ont mené un mouvement de grève d’ampleur et bloqué plusieurs ports et dépôts pétroliers pour protester, notamment, contre la flambée du prix du gazole et les contraintes réglementaires. Face à ces difficultés immédiates, la Région a décidé de mobiliser « une nouvelle enveloppe d’urgence de 800 000 euros pour soutenir la flottille chalutière », indique la présidente socialiste. Répartie entre les navires « proportionnellement au nombre d’équivalents temps plein (ETP) à bord », cette aide sera soumise au vote des élus régionaux en novembre, « pour une mise en œuvre dès cette année ». Désireuse de « porter l’enveloppe totale de cette aide à 1,2M d’euros », la Région « sollicitera à ce titre les autres collectivités du littoral afin qu’elles contribuent à cet effort collectif pour maintenir l’emploi à bord des navires ».

    Un plan de résilience

    pour préparer l’avenir

    Cette annonce s’ajoute à une aide « exceptionnelle » de 500 000 euros débloquée par la Région et les collectivités partenaires à destination des pêcheurs en étangs, « particulièrement touchés par les effets de la canicule marine ». La Région a par ailleurs également prévu de renforcer les indemnités d’arrêt temporaire des chalutiers en 2027, en allouant 1M€d’euros de fonds européens FEAMPA, gérés par la collectivité. « Les aides pourront ainsi être bonifiées de 30% », assure-t-elle.

    Au-delà de ces mesures d’urgence, la Région prépare « un plan de résilience de la pêche en Occitanie », qui sera soumis au vote le 19 novembre. Il doit notamment soutenir la transition énergétique des navires, réduire leur consommation de carburant, accompagner la restructuration des criées et renforcer les connaissances scientifiques sur les écosystèmes et le changement climatique. La valorisation des produits de la pêche régionale et le renouvellement des générations sont également annoncés comme des priorités.

  • À Marseille, un guichet pour accompagner les commerçants

    À Marseille, un guichet pour accompagner les commerçants

    De nombreux commerces du centre-ville de Marseille ont été affectés par des débordements et pillages qui ont eu lieu en marge de la manifestation du 17 octobre. « Nous avons recensé 317 commerces sinistrés au cours de la semaine. Parmi eux, 213 ont subi des dégâts, 17 ont été partiellement pillés et 115 totalement pillés », affirme Francis Coulomb, directeur de l’appui aux entreprises à la CCIAMP.

    Face à ce lourd constat, la CCI a organisé, ce vendredi, un guichet ouvert aux commerçants, où un large panel d’institutions était réuni, à la Bourse. Avec la volonté de « faire en sorte qu’en une ou deux heures, les sinistrés puissent voir l’ensemble des acteurs », ajoute Francis Coulomb. Des services de l’État comme l’Urssaf ou la direction de la finance publique, la fédération des assureurs, la Banque de France ou encore des avocats du barreau de Marseille étaient présents pour centraliser les démarches, orienter et conseiller.

    Choc et désarroi

    Du côté des commerçants, certains sont encore très marqués par ce qu’ils ont vécu il y a une semaine. Pauline est opticienne indépendante et sa boutique du centre-ville a été « totalement saccagée et dépouillée », décrit-elle avec beaucoup d’émotion. « Si on arrête, on n’a plus de revenus. C’est dur de retrouver du sens maintenant », avoue la commerçante, encore dans le flou. Le bilan est également très lourd pour Paul et sa brasserie, Le Vendôme : « On nous a brisé la vitre et tout saccagé à l’intérieur. Il nous reste encore la machine à café, donc on s’est promis de rester ouvert pour essayer de continuer à faire vivre le centre-ville, mais l’ambiance est morose dans le quartier. Notre activité a diminué de presque 70% et j’ai dix employés que je vais avoir beaucoup de mal à payer. Je viens donc me renseigner pour savoir ce qui est possible en termes de chômage technique. »

    Certains commerces moins touchés sont tout de même présents. « Je n’ai pas eu de sinistres, à part le rideau métallique, mais je suis très fortement impacté. Je travaille avec des magasins des rues de Rome et Paradis qui se sont fait piller, donc je n’ai plus de clients », explique le gérant de la boutique Josy Couture, qui propose des retouches de vêtements.

    Une cellule psychologique a également été ouverte pour accueillir les commerçants, qui ont, pour certains, été confrontés de près aux scènes de pillage.

    L’accueil se poursuit sur rendez-vous lundi, mardi et mercredi. Prise de rendez-vous : urgence-entreprise@cciamp.com

  • La Région Sud veut « faire un pas » sur la ligne THT

    La Région Sud veut « faire un pas » sur la ligne THT

    Le conseil régional ce vendredi a été l’occasion pour la collectivité de continuer à dérouler sa feuille de route économique, en augmentant le plafond de son fonds d’investissement « souverain », qui passe de 2 à 5 millions d’euros, afin de soutenir les entreprises stratégiques en particulier dans le secteur de la défense. Et en approuvant à son tour le principe d’une opération d’intérêt national (OIN) pour aménager le foncier nécessaire à la réindustrialisation du golfe de Fos. À l’extrême droite, l’Aixois Jean-Louis Geiger (RN) tique : « Oui à la réindustrialisation de Fos, mais pas à n’importe quel prix ». Il cible directement l’installation de la ligne très haute tension nécessaire pour alimenter les projets industriels, et soumise à enquête publique à partir du 9 novembre. « On ne va pas d’un côté se battre pour faire venir les entreprises et de l’autre côté se tirer une balle dans le pied, cette énergie nous en avons besoin pour toute la région », réplique la présidente (Hor.) de la commission entreprises, Isabelle Campagnola-Savon. Face aux oppositions en Crau et Camargue, elle promet : « Nous allons faire en sorte de faire un pas en avant, pour que chacun se dise qu’il a été entendu ».

    « Nous travaillons sur le terrain pour trouver des solutions qui satisfassent tout le monde, nous allons concilier ces enjeux », assure elle aussi la conseillère régionale (DVD) Anne-Claudius Petit. Christophe Madrolle (UCE) de son côté tacle l’imposture du RN sur ces enjeux : « Quand on est souverainiste, on vote pour les énergies renouvelables », lance-t-il.

  • [Intempéries] Les agriculteurs du Pays d’Arles en peine face aux pertes subies

    [Intempéries] Les agriculteurs du Pays d’Arles en peine face aux pertes subies

    Dans l’arrière-cour du Mas Castelet, en périphérie du hameau de Moulès à l’est d’Arles, la motopompe de la Ville tourne en continu pour tenter de résorber ce qui ressemble désormais à un étang au milieu des champs. Le canal de Craponne, qui délimite la propriété de celle située en face, en constitue l’exutoire. « Sur 2 ou 3 km c’est pareil », déplore la première adjointe (DVD) d’Arles, Mandy Graillon, en montrant l’étendue d’eau qui longe le canal de Craponne au ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

    Si la majeure partie du territoire arlésien est revenue à la normale après les intempéries, certains secteurs, comme Moulès, Raphèle, Mas-Thibert ou encore le Vigueirat, restaient en difficulté vendredi.

    Mais les difficultés ne font que commencer pour le monde agricole. La première adjointe mentionne « 2 700 hectares de riz et luzerne perdus », alors que le foin manque déjà pour l’élevage. Un facteur de « colère » du secteur, déjà « en tension face à la ligne THT », selon l’élue. À cela, le ministre rappelle qu’il existe des dispositifs de solidarité qui seront mobilisés « rapidement et en diligence avec la chambre d’agriculture ». La rapidité est essentielle pour Antonia Allard, adjointe de quartier et éleveuse de toros conviée à la séquence. « Il faut nous entendre quand on dit qu’on n’y arrivera pas. »

    Le Département réunit

    les agriculteurs lundi

    Le ministre Mathieu Lefèvre indique avoir « conscience de la perte de rendement » et renvoie aux fonds de réarmement agricole, de la compétence des préfets. Là encore, le ministre insiste sur l’imminence de la reconnaissance de catastrophe naturelle, la semaine prochaine, qui permettra aux acteurs privés de déclencher leur demande d’indemnisation.

    De son côté, la présidente du Département, Martine Vassal (DVD), annonce réunir les agriculteurs, la semaine prochaine, au vu « des pertes sèches comme ici en Camargue, pour voir comment les aider ». Le Département précise, dans un communiqué, que de nouvelles mesures seront annoncées lundi matin en ce sens. « Nous devons agir avec la chambre d’agriculture, les organisations professionnelles et l’État. Le Département prendra sa part d’effort de solidarité », développe la présidente.

    De la même manière, la Région Paca a annoncé mobiliser un fonds régional d’urgence de 5 millions d’euros pour « rétablir les transports, aider les communes à remettre en état leurs équipements et permettre aux agriculteurs comme aux entreprises de se relever », selon le président de Région, François de Canson (DVD), de passage à Arles dans la journée de vendredi.