Category: economie

  • À Avignon, le resto de la CCI en redressement judiciaire

    À Avignon, le resto de la CCI en redressement judiciaire

    « On est peut-être plus de 300 aujourd’hui, qu’est-ce qu’on peut souhaiter ? Que l’on soit 300 tous les jours. » En décembre 2024, tout sourire, Gilbert Marcelli, président de la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), témoigne de son optimisme lors de l’inauguration du Quai des saveurs. Des propos qui, aujourd’hui, prennent une amère saveur : le restaurant, géré par la CCI, a en effet été placé en redressement judiciaire le 7 mai, révèle L’Écho du mardi. Le tribunal des affaires économiques d’Avignon mentionne que le Quai des saveurs s’est déclaré en cessation de paiements le 24 avril.

    Sur place, ce mercredi midi, la directrice d’exploitation Sophie Ledoux, s’est refusée à tout commentaire, confirmant simplement l’information, mais aussi le départ, à la fin du mois, du jeune chef, Saïd Soumaila. Ce dernier, primé aux Worldskills et formé à l’école hôtelière d’Avignon, était l’une des figures de proue du projet. Le second de cuisine, Naël Tamghart, également formé à l’école hôtelière avignonnaise, distingué en septembre dernier aux Worldskills, avait déjà quitté les rangs fin 2025. La structure compte sept salariés, aujourd’hui dans l’expectative.

    Les yeux plus gros que

    le ventre ?

    Précisons que le Quai des saveurs est loin d’avoir baissé le rideau et reste ouvert, du mardi au samedi. Malgré un emplacement idéal, en sortie de gare en face de l’entrée des remparts, une capacité de 60 couverts et une terrasse de 100 m2, le restaurant bistronomique, ayant pour vocation le savoir-faire et les produits locaux, n’a jamais su trouver un public suffisant. La CCI a-t-elle donc eu les yeux plus gros que le ventre pour ce projet dont les travaux ont nécessité 1,3 million d’euros ? La question est criante à l’heure où la CCI a été mise sous tutelle, fin janvier, suite à une crise de gouvernance. Et dont le sujet Quai de saveurs, pourtant initialement largement approuvé en interne, est remonté parmi les griefs de gestion. Le fait que la CCI se positionne pour gérer cet établissement avait fait grincer des dents parmi les restaurateurs locaux ou bien encore la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises).

    D’après L’Echo du mardi, le restaurant affiche un passif d’un million d’euros que la tutelle actuellement en place à la CCI – dans l’attente d’élections du 29 juin au 10 juillet – ne peut éponger. La chambre avait été retenue pour gérer ce restaurant vitrine à la suite d’un appel à projets lancé par la SNCF.

  • [Entretien] Gaby Charroux : « J’interpelle le président pour protéger nos industries »

    [Entretien] Gaby Charroux : « J’interpelle le président pour protéger nos industries »

    Le projet Carbon de giga-usine de panneaux solaires à Fos-sur-Mer, avec les 3 000 emplois promis, est abandonné par son porteur, qui dénonce l’absence de protectionnisme de l’Europe sur ses marchés. Le vice-président de la Métropole chargé du développement industriel, réagit.

    La Marseillaise : Comment accueillez-vous cette nouvelle de l’abandon du projet Carbon ?

    Gaby Charroux : C’est un coup de massue. Ce projet suscitait des espoirs énormes dans les perspectives de développement industriel. Ma crainte est de voir, peu à peu, tout le monde reculer et que tout soit abandonné. Certains s’en réjouiront peut-être, mais la situation est plus que délicate. Il ne faudrait pas que d’autres entreprises ou projets soient affaiblis. Je pense notamment à Marcegaglia, qui a des industriels à sa tête, avec des préoccupations industrielles, à la différence de financiers.

    Pensez-vous à une remise en cause du contournement autoroutier de Port-de-Bouc ?

    G.C. : Celui de Port-de-Bouc, comme la liaison Fos-Salon, j’espère qu’ils n’auront pas de plomb dans l’aile. Le dynamisme apporté par ces nouvelles entreprises a montré une nouvelle considération de notre territoire, une quasi-presqu’île avec un seul chemin pour accéder à la zone industrialo-portuaire. C’est pour ça que le contournement autoroutier a été envisagé. J’espère qu’il n’y aura pas de recul, pour l’instant et définitivement. Ce serait un renoncement terrible pour le territoire, mais aussi pour la France.

    Les porteurs du projet dénoncent la politique libérale de l’Europe et ses nombreux accords de libre-échange. Est-ce le cœur du problème ?

    G.C. : On nous présentait cette entreprise comme un fleuron, qui allait montrer la puissance de la France face à la concurrence internationale. Je suis quand même surpris que des libéraux parlent comme ça. Ces acteurs veulent l’exclusivité, le contrôle et l’argent public. C’est comme si un pizzaïolo s’installait à Jonquières et se plaignait de ne pas pouvoir travailler à cause de la concurrence. Ma foi, c’est un marché concurrentiel qu’ils ont choisi !

    Alors, on laisse faire ?

    G.C. : Parlons franchement : si on nationalise Arcelor Mittal alors, oui, il faut protéger son marché. Aujourd’hui, on est dans un monde concurrentiel, tant que les lois sont celles du marché, on aurait tort de s’apitoyer. Il ne faudrait pas faire les chevaliers blancs quand cette façon de faire nous met dans le mur. Je remarque quand même que l’Europe se défend moins bien que les États-Unis ou la Chine sur le plan économique.

    L’État a-t-il encore un rôle à jouer pour défendre son industrie existante et en projet ?

    G.C. : L’Opération d’intérêt national sur la zone se cantonne à l’industrie et la mobilité, c’est une question d’indépendance nationale et je compte sur le rôle prépondérant de l’État et sur son influence européenne. C’est lui qui doit défendre cette position. Je pense justement interpeller le président de la République à ce sujet. Nous, sur le plan local, ne pouvons pas grand-chose face aux va-et-vient de l’Union européenne. Il faut rappeler que le rôle de l’état a été déterminant dans ces sujets. Lors de sa visite en 2023, le président déclarait que, pour la décarbonation et le maintien de l’industrie existante, il fallait pouvoir disposer de source d’énergie indispensable – l’électricité – pour ce faire. Je pense à l’indispensable ligne Très haute tension, la THT, même si je regrette l’absence de recherche de solution alternative pour préserver le patrimoine exceptionnel de Camargue.

    Quid de l’attractivité du territoire après un tel rétropédalage ?

    G.C. : La question de l’attractivité dont on se glorifie est soumise à des critères qui nous dépassent largement, que ce soit la commune, la Métropole, le Département ou la Région. La preuve en est avec Carbon : ils parlent de l’Europe. Ça se joue ailleurs.

    Entretien réalisé par Antonin Maja

  • Après Carbon, la transition dans l’ombre

    Après Carbon, la transition dans l’ombre

    Cela devait être le plus grand site d’assemblage de panneaux photovoltaïques d’Europe, un symbole de souveraineté industrielle et de transition écologique. L’annonce, ce mardi, de l’abandon du projet de giga-usine Carbon, à Fos-sur-Mer, est donc un séisme dans le grand chantier de la décarbonation de la zone industrialo-portuaire. « Faute de perspectives suffisamment établies pour engager les ressources additionnelles requises, nous avons pris la décision d’arrêter le projet », explique la start-up lyonnaise. Enterrant la perspective d’une production de 10 millions de panneaux photovoltaïques par an, avec 3 000 emplois directs à la clé.

    « C’est forcément une déception quand on investit sur un projet riche pour le territoire en termes économiques, d’emplois et de perspectives », reconnaît la présidente (Hor.) de la commission entreprises de la Région Sud, Isabelle Campagnola-Savon, qui marque sa surprise face à cette annonce. « C’est un mauvais signal », s’inquiète de son côté la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille, quand le président du Syndicat des énergies renouvelables, Jules Nyssen, alerte sur « un signal catastrophique qui traduit toute la difficulté à constituer des filières stratégiques en Europe ».

    La CGT alertait déjà

    Le tapis rouge avait pourtant été déroulé pour accueillir le projet qualifié, en juillet 2024, d’intérêt national majeur. Au moins 70 millions d’euros de subventions des collectivités et 100 millions d’euros de l’état devaient arroser la start-up, soit l’essentiel des financements qu’elle avait sécurisés. Parmi les 4 millions votés par la Région Sud, 1,5 million sont définitivement perdus. Les particuliers qui avaient investi dans le financement participatif du projet, à hauteur de 2,5 millions d’euros, perdent aussi toute leur mise.

    « Malgré l’affirmation, dès 2023, d’une volonté politique de l’Union européenne de réindustrialiser et de relocaliser la chaîne de valeur photovoltaïque, la concrétisation de ces ambitions progresse très lentement », dénonce la société Carbon pour expliquer son échec. En ciblant le libre-échangisme européen : le règlement sur l’accélérateur industriel, adopté au mois de mars dernier, élargissait le « Made in Europe » aux pays bénéficiant d’accords de libre-échange, comme la Turquie, l’Inde, le Vietnam, sans préférence européenne jusqu’en 2030.

    « C’est une erreur manifeste de leur part, ils ont des comptes à rendre sur l’argent investi », tonne l’un des secrétaires de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, Pascal Galéoté. La CGT 13 avait déjà alerté la CCI au mois d’avril. « Nous avions des références en termes de compétitivité sur ce qui s’est passé en Allemagne pour cette filière, nous avions plutôt le sentiment que ce projet venait capter des finances publiques », pointe le responsable syndical. Face à ces projets privés largement subventionnés avant de déposer le bilan, il insiste : « L’état a intérêt à prendre ses responsabilités dans le cadre des projets de transition. »

    « Nous avons tellement d’autres projets prévus qui ont avancé de manière sereine », temporise Isabelle Campagnola-Savon. Alors que 20 milliards d’investissements ont été annoncés sur la zone, « nous savions très bien que tout ne pourrait pas se faire, mais nous ne perdons pas d’emplois ». « Cette décision ne remet pas en cause la dynamique engagée sur la zone industrialo-portuaire », assure aussi le Grand port maritime de Marseille, qui explique le travail réalisé pour préparer le site de 45 hectares « contribue à renforcer notre capacité à accueillir d’autres projets industriels ». Ce qui n’empêche pas la CCI d’appeler à une réunion « afin de tirer collectivement les enseignements d’une situation qui ne doit plus se reproduire ».

    Cette annonce intervient alors que les nuages s’accumulent autour des activités de KemOne dans la chimie, d’ArcelorMittal dans l’acier. « Nous risquons d’avoir des suppressions d’emplois conséquentes », alerte Pascal Galéoté, tandis que la CGT 13 appelle à se mobiliser, ce jeudi, devant le Medef. Parmi les nouveaux projets, l’incertitude persiste sur le projet Deos de construction de flotteurs d’éoliennes et le conseil municipal d’extrême droite de Fos s’est prononcé contre le projet de production de biocarburants Elyse. « La transition écologique doit s’appuyer sur les filières historiques », insiste le secrétaire de la CGT. Quand le ministère de l’économie, malgré l’échec de Carbon, n’en démord pas : « L’atteinte d’une souveraineté industrielle sur le photovoltaïque reste possible. » Pourvu que le libre-marché ne décide pas.

    Il y a trois ans, le précédent Quechen

    L’abandon de la giga-usine de Carbon rappelle celui du fabricant de pneus verts Quechen, en 2023 : malgré 6 millions d’euros de subventions, le groupe chinois, qui promettait 130 emplois à Fos, avait renoncé, faute de terrain. Une « humiliation », évoquait le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. « On ne peut pas le comparer », modère Isabelle Campagnola-Savon. Plus récemment, la centrale solaire géante HyVence pour produire de l’hydrogène vert sur les étangs de saumure de Fos a été abandonnée, en 2024, et le projet de production de carburants renouvelables Hynovera, à Gardanne, a suivi fin 2025, à chaque fois face à la fronde des riverains.

  • Après la chute de Sibell, les chips d’Allauch en danger

    Après la chute de Sibell, les chips d’Allauch en danger

    Allez, c’est du gras. Mais on essaie d’être le plus authentique possible. Les pommes de terre et l’huile oléagineuse sont françaises », lançait Patrick Llerena, lauréat du prix de la commune, en 2022. Labellisé par deux fois « fabriqué à Allauch », le paquet de chips transparent estampillé du logo du moulin et des collines est connu et apprécié par bon nombre pour son ancrage local et son goût authentique, de l’avis de tous. Une belle histoire de reprise familiale.

    Aujourd’hui c’est l’entreprise et ses neuf salariés qui sont toujours dans l’attente d’un repreneur, deux mois après l’annonce de la liquidation. Selon nos confrères de La Provence, le maire Lionel de Cala se dit prêt « à accompagner la famille en espérant une reprise de l’activité prochaine ».

    Authentique ou chimique

    Comme un mauvais scénario dans une région où l’apéro est un véritable art de vivre, les chips Sibell, fabriquées à Aubagne, avaient elles aussi tiré le rideau en août 2022, après un redressement judiciaire laissant 149 salariés sur le carreau. L’augmentation du prix des matières premières, notamment l’huile de tournesol, avait été évoquée alors pour expliquer la faillite de l’entreprise.

    À la vue des rayons de chips chez les distributeurs, on ne peut que s’interroger. Barbecue, chèvre au piment d’Espelette, poulet braisé ou fromage du Jura : les saveurs prendront-elles le pas sur l’authentique ? Les chips d’Allauch pourront-elles résister à l’attrait des produits ultra-transformés, pourtant régulièrement pointés du doigt par les organismes de santé ?

  • Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Les vins de Cassis, ce sont dix domaines familiaux et 220 hectares pour une production annuelle environnant un million de bouteilles. Après avoir célébré le vin à l’occasion des 90 ans de l’appellation, Lisa Genovesi ouvre, ce mardi 19 mai, les portes du domaine familial. Lors de l’échange, le savoir-faire local est mis en avant. « Les vins de Cassis, c’est une communauté d’une nouvelle génération de vignerons soudés », explique Lisa Genovesi.

    La viticultrice définit son vin comme « un produit de terroir gourmand ». Aux côtés des autres domaines, les dix domaines œuvrent à promouvoir un savoir-faire caractéristique de la région. « Terre, mer et vin ont toujours été liés sur ce territoire », raconte-t-elle. Selon Lisa Genovesi et ses collègues, le vin est aussi un « levier de promotion d’une culture provençale ». Les vignerons promeuvent « les danses folkloriques et l’usage de la langue provençale » dans la région.

    Malgré la crise du secteur à l’échelle nationale, Lisa Genovesi affirme : « On s’en sort, on va ni mal, ni bien. Puis chacun sa stratégie, soit on fait avec, soit on s’adapte. » La principale problématique de la région proviendrait des variations climatiques intenses, de la baisse de consommation et de la maladie de la flavescence dorée. Les échanges sont restés assez vagues sur les problématiques propres au territoire, bien qu’Hervé Garnier mentionne certains arrachages qu’il considère comme « un véritable échec ».

    « 136 000 euros alloués

    au secteur »

    Dans un contexte en crise où la consommation a baissé de 3% selon l’élu, il n’est pas question de changer les habitudes. « Afin de conserver l’appellation, on respecte un cahier des charges très strict. On veut garder l’essence de notre produit et on n’a jamais cédé sur l’identité de notre appellation », insiste la viticultrice.

    Une prise de position permise grâce au soutien incontestable du Département. Hervé Granier, déléguée à la viticulture, réaffirme ce lien : « On veut soutenir les viticulteurs. Au total, ce sont 136 000 euros alloués au secteur. »

  • L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    Nous avons pris la décision d’arrêter le projet. » La promesse de 3 000 emplois directs dans une grande usine de panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer, faite par la startup Carbon en 2022, s’est officiellement envolée, ce mardi, avec la publication d’un communiqué de l’entreprise sur ses réseaux sociaux, après plusieurs mois de rumeurs persistantes.

    L’entreprise met en cause la politique européenne de libre-échange. « Un projet d’une telle ampleur exige l’existence d’un marché spécifiquement dédié aux acteurs européens et soutenu par les États membres », affirme-t-elle, en référence à son objectif de production de 5 GW de cellules d’ici 2027.

    Made in Europe… en Inde ?

    Plus précisément, Carbon pointe « l’absence de préférence pour une production photovoltaïque européenne malgré l’affirmation d’une volonté de relocaliser la chaîne de valeur dès 2023 ». Une dynamique confirmée par la loi sur l’accélérateur industriel (IAA), voté par la Commission européenne en mars dernier, qui « élargit le périmètre du Made in Europe à l’ensemble des pays disposant d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne, incluant potentiellement la Turquie, le Vietnam ou encore l’Inde », repoussant à 2030 une éventuelle préférence européenne.

    C’est dans ce contexte que Carbon jette l’éponge, arguant de « l’absence de visibilité » et de « divergences persistantes entre les États membres » pour créer un marché protecteur, ainsi que l’impossibilité de sécuriser les financements du projet. 100 millions d’euros d’aides publiques avaient été débloqués par l’État via France 2030, ainsi que 70 millions d’euros supplémentaires par la Région Sud et la Métropole.

  • Les organisations économiques avec Olivier Galzi pour la LEO

    Les organisations économiques avec Olivier Galzi pour la LEO

    Un « pack territorial », comme le qualifie le premier édile, afin de poursuivre « une priorité absolue pour l’attractivité, la compétitivité et le développement du bassin de vie avignonnais », explique le Grand Avignon dans un communiqué de presse. « Après l’union politique, l’union économique derrière un projet crucial pour notre territoire ! », se félicite le maire de la Cité des Papes sur ses réseaux sociaux. « L’État doit impérativement se saisir du projet des tranches 2 et 3, majeures pour l’économie locale, l’attractivité et le développement du territoire », assure la CPME de Vaucluse.

  • Vaucluse : un peu moins de touristes en 2025

    Vaucluse : un peu moins de touristes en 2025

    Une légère baisse de la fréquentation touristique en 2025 mais pas d’inquiétudes. C’est en tout cas ce qui ressort du bilan touristique dressé par l’agence départementale Vaucluse Provence Attractivité qui fait état de 21,3 millions de nuitées l’an dernier, soit 4% de moins que l’exercice précédent.

    Ce qui « démontre la solidité » du tourisme local, assure l’organisme après une année 2024 « exceptionnelle » sans en dire plus. Car ces chiffres restent « à un niveau élevé » et « traduisent la résilience du Vaucluse, qui continue de séduire visiteurs français et étrangers » dans « un contexte national et international marqué par des incertitudes économiques et géopolitiques ». Et au-delà des nuits passées sur le territoire, le document, qui s’est appuyé sur des données de l’Insee, le dispositif basé sur la téléphonie mobile Flux Vision Tourisme ou encore les dispositifs d’observation des hébergements locatifs de Lighthouse, fait état de 1,6 milliard d’euros de retombées économiques et 12 000 emplois locaux.

    Une clientèle qui est assez diversifiée avec 43% de nuitées qui ont été réalisées par des étrangers. Si ce sont en majorité des visiteurs européens, les Allemands et les Belges en tête, les Américains ont investi massivement le Vaucluse en 2025 et représentent 9% des nuitées des étrangers sur le territoire. Tandis que pour les touristes français, ces derniers viennent en majorité de Paris, des Bouches-du-Rhône et du Rhône, « fidèles au territoire comme les années précédentes », glisse Vaucluse Provence Attractivité. Le Département figure notamment à la 17e position des destinations estivales des habitants de la capitale « derrière les destinations de bord de mer de Sud-Paca et de Nouvelle-Aquitaine », poursuit l’organisme. Mais cette présence française a, comme pour quasiment tous les autres paramètres, légèrement reculé en 2025.

    Un début d’année satisfaisant

    Les zones les plus prisées sont elles aussi identifiées par Vaucluse Provence Attractivité. Et ce n’est pas le Grand Avignon, pourtant porté par ses monuments comme le Palais des Papes, qui figure en première position malgré 6,1 millions de visiteurs, dont aussi la moitié de la clientèle internationale du Département. C’est en effet le Luberon qui reste toujours très attractif et reste en tête avec également 6,2 millions de nuitées et également une forte présence étrangère avec 46%. Une zone qui reste « un incontournable grâce à ses villages perchés, ses marchés provençaux et ses sites naturels préservés », précise-t-on. Suit enfin le nord, autour du Mont Ventoux, avec 5,7 millions de nuitées et qui se caractérise par « une fréquentation étalée sur l’année, notamment au printemps et à l’automne grâce aux sports de nature dont le vélo ou la rando ». Suit la vallée du Rhône, à savoir autour d’Orange et Châteauneuf-du-Pape avec 15% de ces réservations mais qui attire plutôt des touristes français.

    Et les premiers chiffres pour 2026 montrent pour l’heure une légère baisse similaire à celle constatée l’an passé mais qui reste « proche de 2025 et donc satisfaisante », estime Vaucluse Provence Attractivité, sollicitée par La Marseillaise. Et un peu plus accentuée chez les visiteurs français, ce qui « s’explique plus par le calendrier scolaire que par la crise d’Ormuz », assure-t-on.

  • À Malaucène, l’agglo maintient sa volonté d’exproprier les papeteries

    À Malaucène, l’agglo maintient sa volonté d’exproprier les papeteries

    Depuis plus de deux ans et le rachat en coopérative des anciennes papeteries de Malaucène, le projet de reconversion va d’embûches en embûches. Pour rappel, ce site de 33 hectares est à l’abandon depuis 2009 et la fermeture des papeteries après cinq siècles d’activité. Après des projets contestés et avortés de villas de luxe, des citoyens réunis au sein de la Scic la Fabrique du Ventoux ont racheté le site. Avec la volonté d’y implanter de multiples activités (zone artisanale, tiers lieu, logements, salle de spectacles, gîtes, terrains sportifs).

    Sauf que sur la partie dite haute du site, à la sortie de Malaucène sur la route du Ventoux, la Cove (communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin) a un tout autre dessein : l’implantation d’une zone artisanale, ardemment défendue par le maire, Frédéric Tenon. Lors de la mandature précédente, l’agglo avait engagé à marche forcée son projet, lançant concertation publique et dépôt de dossier auprès de l’autorité environnementale. En juillet dernier, la préfecture avait même pris un arrêté pour autoriser l’accès au site aux « agents de la Cove ainsi qu’aux entreprises mandatées par ses soins pour réaliser des études ».

    La Cove augmente son offre d’achat

    Quelques mois plus tôt, François Paillusseau, président de la Fabrique du Ventoux, dénonçait « une logique d’affrontement ». Des procédures judiciaires ont été engagées contre un arrêté municipal interdisant l’accès total aux papeteries ou l’impossibilité de se raccorder à l’eau ou l’électricité. « Il y a un deux poids deux mesures car dans le même temps, une compétition de trial est autorisée par la préfecture ou, pas plus tard que ce lundi, des militaires se sont présentés sur le site pour s’entraîner assurant avoir eu l’autorisation de la mairie », s’exaspère Alexandrine Meynaud, membre du conseil coopératif de la Fabrique du Ventoux, chargée des relations extérieures. Fin avril, un nouvel arrêté préfectoral vient suspendre le fonds de dotation pour la reconversion des papeteries, pour absence « de comptes annuels et de rapports d’activité ». « C’est rien de dramatique, on a entre-temps fourni les documents », démine Alexandrine Meynaud alors que l’État a, en parallèle, accordé 860 000 euros de fonds pour la relance de friche industrielle.

    C’est dans ce contexte que lundi dernier, trois représentants de la Fabrique du Ventoux ont été reçus par Alain Constant, nouveau président (SE) de la Cove, en présence aussi du maire de Malaucène. « Cela faisait deux ans et demi qu’on demandait à être reçus », apprécie Alexandrine Meynaud. Le passé professionnel d’Alain Constant au sein des papeteries a sûrement compté. « J’y ai travaillé pendant 22 ans jusqu’à être responsable des services techniques, confirme-t-il. Mais les souvenirs et mon histoire personnelle, il faut savoir les mettre de côté et raisonner dans l’intérêt général. » Et dans l’esprit de celui qui est aussi maire de Bédoin, cela s’inscrit dans les pas du mandat précédent. « L’approche globale n’est pas la même mais le besoin concernant les artisans est partagé », campe Alain Constant.

    Sauf que les propriétaires militent pour implanter cette zone sur la partie basse. « Les coopérateurs ne sont pas battus pendant dix ans contre des villas de luxe dans le vallon du Groseau pour se retrouver avec une zone artisanale et l’agrandissement des hangars de 40%, martèle Alexandrine Meynaud. On se fonde sur notre victoire à la cour administrative d’appel qui dit que le vallon est un paysage remarquable dans lequel on ne peut rien construire. C’est notre cheval de bataille. On veut bien travailler avec la Cove sur un projet de reconversion du vallon du Groseau dans la mesure où on ne construit pas de nouvelles structures. »

    Lors de la réunion, une nouvelle proposition d’achat à l’amiable a été formulée à 310 000 euros contre 285 000 euros auparavant. « On va étudier l’offre mais on n’agit pas pour de la spéculation immobilière », prévient Alexandrine Meynaud. Mais la Cove reste bien décidée à avancer. « On est partis pour exproprier mais ce n’est pas parce que la procédure est engagée qu’un rapprochement est exclu, assure Alain Constant. On est à l’écoute pour améliorer notre projet qui est réaliste et financé, où la Cove restera propriétaire. » Le président reconnaît « l’ajout d’une construction à la marge, mais il n’y aura pas d’imperméabilisation supplémentaire ». Des géomètres doivent intervenir en juin pour du bornage, une enquête publique pourrait ensuite démarrer avant la fin de l’année.

  • Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Le bar Pigment au 237, corniche Kennedy (7e) persiste depuis septembre dernier à ouvrir un rooftop non autorisé mais très médiatisé sur les réseaux sociaux à l’approche de la saison estivale. Une dizaine de copropriétaires et riverains ont saisi la justice et les élus sur la persistance de cette exploitation illicite.

    Les plaintes s’amoncellent auprès des élus et des services et jusqu’au procureur de la République. « La clientèle et le personnel empruntent les parties communes, couloir et les escaliers de la copropriété. On a vu des clients pénétrer dans nos cours et jardins. Un week-end, plus de 40 personnes occupaient simultanément le rooftop », dénonce le collectif. Au-delà des nuisances engendrées, les enjeux de sécurité publique sont prégnants : quid de la résistance d’un toit non conçu pour supporter les charges d’un public important, l’absence d’issues de secours signalées, de dispositifs anti-incendie et ce « service de douches » proposé à la clientèle ?

    « On a toutes les autorisations nécessaires de la Ville et de la Préfecture sinon vous vous doutez bien qu’on n’ouvrirait pas », répond crânement Benjamin Honnorat, le gérant joint vendredi. « Je montre tous les documents à la police municipale quand elle est appelée chaque semaine par les voisins et ça se passe très bien. Il n’y a aucun sujet », coupe-t-il.

    « L’accueil de public est strictement interdit »

    L’exploitant, locataire du bar au rez-de-chaussée, n’a en réalité demandé aucune autorisation d’urbanisme pour démolir deux cabanons sur le toit, retirer deux puits de lumière, poser des garde-corps et procéder à un changement d’usage privatif en exploitation commerciale. Dès l’ouverture en septembre, le service de l’urbanisme a dressé un PV d’infraction et saisi le Parquet. Le bar « Pigment » n’a pas davantage d’autorisation de la commission communale de sécurité pour utiliser ce toit en extension du bar. Il a été mis en demeure par la Ville dès le 25 septembre 2025 qui lui a signifié « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». Après un avis défavorable le 9 décembre à sa demande de mise en conformité « en raison d’un défaut d’accessibilité », le bar a déposé une nouvelle demande qui est à l’instruction. « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit », lui a signifié en caractère gras et souligné la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai notifié par la police municipale cette semaine. Il fait suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur Sophie Camard inquiète d’un « effet d’entraînement » sur d’autres exploitants. « L’exploitant engage sa responsabilité pénale en cas d’ouverture au public » a nous a précisé hier la Ville.

    « C’est une terrasse privée d’appartement ouverte au grand public sans autorisation. L’accès se fait par les parties communes d’un immeuble d’habitation bourgeoise. Le règlement de copropriété n’autorise pas d’activités commerciales ou professionnelles dans les étages », résume l’avocate du syndicat des copropriétaires, Me Hinde Kalai qui affute une assignation en référé.