Category: economie

  • Un tramway jusqu’à l’aéroport sans doute mais, pas jusqu’à la mer

    Un tramway jusqu’à l’aéroport sans doute mais, pas jusqu’à la mer

    Historique. » Lundi 14 septembre, au moment de signer avec ses homologues de la Ville de Mauguio-Carnon (Pierre-Martin Chazot, DVD) et de l’Agglo du Pays de l’Or (Stéphan Rossignol, LR), le protocole d’intention en vue de relier en transports en commun l’aéroport* de Fréjorgues à la Métropole de Montpellier, le mot est lâché par le président Michaël Delafosse (PS). Et il n’est pas galvaudé. Qui se souvient des guerres politiciennes du temps de Georges Frêche sait que les relations entre ces deux territoires voisins ont toujours été fraîches pour ne pas dire glaciales.

    Mais entre la Métropole et l’Agglo aux couleurs politiques opposées, les eaux se réchauffent depuis l’arrivée de M. Delafosse en 2020. « Nous avons un dialogue apaisé. Nous dépassons nos différences pour montrer aux citoyens que nous faisons face. Nous ne sommes plus deux territoires face à face mais côte à côte dans l’intérêt général », positive Stéphan Rossignol, président de l’Agglo du Pays de l’Or. « Respect, dialogue, compréhension. Avec Mauguio nos échanges sont excellents », confirme M. Delafosse.

    L’engagement ne sort pas de nulle part. Dans le cadre du projet de Service express régional métropolitain (Serm) piloté par l’État, la desserte de l’aéroport était intégrée depuis juin dernier avec l’approbation de la Région Occitanie. Le protocole d’intention est une étape de plus dans le marathon administratif qui s’ouvre : études préalables, environnementales, enquête publique…

    « Calendrier raisonnable »

    « L’État nous demande de mettre toutes les options sur la table… », insiste M. Delafosse. Pas de calendrier précis, mais un « délai raisonnable » que S. Rossignol fixe idéalement avant la fin du mandat municipal (2032 ou 2033). « Mais les études réservent parfois des surprises, il faut tenir compte des aléas. »

    Si un prolongement de la ligne 1 de tramway depuis la gare TGV Sud de France ou même des liaisons en bus seront nécessairement étudiés, le scénario qui tient la corde est celui d’une extension vers l’aéroport de la ligne 3 du tramway depuis le terminus à Pérols, nouveau lieu de dépôt de la TaM. Un chantier que M. Delafosse évalue à 70 millions d’euros. Reste à connaître la clé de financement. Pour cela, le soutien de l’État semble indispensable.

    Pour l’élu PS, relier l’aéroport aux gares est une évidence autant pour les voyageurs (contraints aux navettes ou aux taxis) que pour l’essor de la zone économique adjacente au tarmac. Le président du directoire de l’aéroport y voit lui aussi une opportunité de développer la plateforme qui vise à terme 2,5 millions de passagers annuels contre 1,8 aujourd’hui. « C’est une merveilleuse nouvelle, on va finir par devenir l’aéroport de l’Est de l’Occitanie », se félicite Emmanuel Brehmer quand bien même les parkings sont une source de revenus non négligeable pour l’aéroport. « Le but est de réduire le trafic de voitures, pas de l’éliminer. Les taxis vont continuer à travailler », désamorce M. Delafosse.

    Les acteurs du monde politico-économique sont donc unanimes. En revanche, ceux qui espéraient la fin de l’ineptie qui voit les rails du tramway s’arrêter à 1km de la mer, seront déçus. « Ni Carnon ni Palavas ni La Grande-Motte ne sont candidats pour accueillir le tramway jusqu’à la plage. C’est un engagement de campagne, il n’y a pas d’ambiguïté », coupe court Pierre-Martin Chazot (DVD). S. Rossignol (LR) abonde. « C’est un sujet clos. On a un dispositif de transports [des navettes en bus] à améliorer pour l’accès à la mer ». Officiellement, le coût de cette opération via le tramway (150 millions d’euros) est jugé « inenvisageable ». En réalité, ce sont les populations des quartiers populaires qui continuent d’effrayer les maires de droite du littoral.

    * Situé sur la commune
    de Mauguio-Carnon.

    « Pas candidat pour accueillir le tram jusqu’à la plage »

  • Le prix à la pompe carburant du débat public

    Le prix à la pompe carburant du débat public

    Loin de la « totale mobilisation » promise par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, ce mercredi, face à la flambée du prix des carburants, le ministère de l’économie annonçait aux distributeurs, vendredi dernier, son opposition à toute mesure générale, du plafonnement des prix à la baisse des taxes en passant par un élargissement des aides. « La situation des finances publiques ne nous semble pas permettre ce type de mesures », justifiait Bercy, se limitant à son enveloppe de 1,4 milliard d’euros.

    Ces mesures ont pourtant été prises dans d’autres pays européens. Ainsi, au mois de mars dernier, la Croatie et la Hongrie avaient mis en place un plafonnement des prix, à 1,50 euro le litre d’essence, avec un ajustement tous les sept jours pour la première, tandis que la seconde a levé la mesure au mois de juin. L’Espagne, de son côté, avait activé au même moment un plan d’aide de 5 milliards d’euros, avec une baisse de 30 centimes des taxes sur les carburants, remplacé depuis le mois de juillet par un dispositif d’aides. La Grèce, quant à elle, avait mis en place un plafond sur les marges bénéficiaires et des aides pour 3 millions de ménages.

    « État d’urgence »

    « J’appelle à l’état d’urgence énergétique », lançait le candidat du PCF, Fabien Roussel, ce mercredi matin sur les ondes de BFM. Il propose ainsi une baisse immédiate de plus de 40 centimes du prix à la pompe, en supprimant les certificats d’économie d’énergie et en abaissant la TVA. Surtout, à l’occasion de la Fête de l’Humanité, Fabien Roussel a mis sur la table une « nationalisation-sanction » de Total, qui « font leurs profits sur la guerre » et appelait à la mobilisation, à l’occupation des ronds-points. Rappelant que dans les Outremers, c’est l’état qui fixe les prix. À gauche, les insoumis défendent un blocage immédiat des prix et des marges des raffineurs, avec une durée de trois mois proposée à travers une proposition de loi au mois de mars. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, se tournait quant à lui vers des aides ciblées élargies et l’utilisation des réserves stratégiques. À droite, Gabriel Attal (Renaissance) en reste aux dispositifs ciblés, refusant toute baisse des taxes. Bruno Retailleau (LR) se limite à la suppression des certificats d’énergie pour diminuer le prix au litre « de 15 à 17 centimes ».

  • L’essence met les travailleurs à sec

    L’essence met les travailleurs à sec

    Jusqu’où s’arrêtera la hausse des prix de l’essence ? Depuis le début du conflit en Iran, les tarifs à la pompe n’en finissent plus de monter, jusqu’à dépasser les 2,30 euros le litre, en moyenne nationale, pour le gazole. À tel point qu’Emmanuel Macron a demandé, ce mercredi, « à son gouvernement la totale mobilisation sur l’approvisionnement et sur la maîtrise des prix », sur fond de risques de pénurie. De son côté, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, demande au Premier ministre une table ronde sur le pouvoir d’achat. Il faut dire que la situation devient intenable pour les travailleurs…

     Gaëlle, infirmière libérale à Peypin

    Quotidiennement en déplacement du fait de sa profession, Gaëlle Cannat, infirmière libérale, roule en moyenne « 150 km par jour ». « C’est un enfer. Cela fait des mois que l’on stresse quand on va à la pompe », dénonce celle qui est également la présidente du collectif « Infirmiers libéraux en colère ». Avec une voiture essence de 40 litres, le plein qu’elle a fait ce mercredi matin « a dépassé les 80 euros ». « J’en suis au point de dire à ma fille que je ne viendrai pas la récupérer en voiture à la fin des cours », déplore-t-elle. Il faut dire que l’équation s’avère plus que complexe pour elle : « Je prends l’exemple d’une injection sur un patient : elle rapporte 7,25 euros, avec les charges, il me reste 3 euros dans la poche. Maintenant, il faut enlever le coût de l’essence… » À la fin, il ne reste plus grand-chose. « Plus l’essence augmente, moins nous gagnons », résume-t-elle. Elle pointe surtout la conséquence pour les patients : « De moins en moins d’infirmiers libéraux veulent aller dans les zones intermédiaires, rurales. Il y a des patients qui se retrouvent isolés car nous avons de plus en plus de mal pour certains déplacements ».

     Nathan, technicien dans la pétrochimie à Lavéra

    « On commence à en être au point où la voiture représente un trou dans le budget. À 620 euros par mois, le budget devient très conséquent », s’agace Nathan, technicien supérieur de maintenance dans une raffinerie de l’Étang de Berre. Habitant de Saint-Martin-de-Crau, il « n’a pas d’autre choix que de prendre la voiture » pour aller au travail en l’absence de « liaisons en bus ou en train aux horaires adaptés ». Résultat : il est à « facilement une centaine d’euros par semaine de carburant ». Sa situation résume le quotidien de beaucoup de travailleurs : « J’ai récemment changé de voiture pour baisser la consommation de carburant, c’était un critère. Mais elle est achetée à crédit, avec 220 euros que je rembourse tous les mois ».

     Jordan, agriculteur

    de Vaucluse

    « Nos trésoreries sont déjà assez basses à cause de la sécheresse et des rendements plus faibles. Donc, le coût du gasoil pèse encore plus », déplore Jordan Charransol, le président des Jeunes agriculteurs 84. Une profession qui accuse le coup face à la montée du fuel : « Par exemple, le plein d’une cuve de 1 000 litres coûte environ 800 euros de plus qu’il y a quelques années. Avec les moissons puis les vendanges, on passe une cuve en un mois. » Et de dénoncer l’inaction macroniste : « Le gouvernement a mis en place un abattement de 15 centimes par litre, mais le problème, c’est que cette aide n’est toujours pas arrivée depuis juin. Au lieu d’être exempté dès le départ, on doit faire plein de paperasse. On sort de l’argent pour essayer d’être remboursé. »

     Hervé, pêcheur à Carro

    Ancien chalutier, aujourd’hui marin-pêcheur à Carro, quartier bien connu de Martigues, Hervé Gout-Vernier dresse un constat sans appel sur l’impact de la hausse des prix du gazole : « On est en danger de mort ! » Avant de développer : « Le plus compliqué, c’est pour les chalutiers. À 2 000 litres par jour pour 1,20 euro le litre de gasoil au Grau-du-Roi, il faut pêcher 2 400 euros de poisson par jour juste pour se rembourser ». Sans compter sur « les paiements des salaires et la comptabilité ». Même constat pour les plus petits pêcheurs qui ne sont pas à bord de chalutiers, comme lui : « C’est le même problème pour les fileyeurs. On consomme moins, mais il y a aussi le coût du matériel… »

     Marc, plombier

    à Saint-Zacharie

    À Saint-Zacharie, Marc, 54 ans, dirige une entreprise de plomberie avec un salarié. À eux deux, ils parcourent près de 40 000 km par an. Difficile, pourtant, pour cette société qui réalise des dépannages chez des particuliers, mais intervient surtout dans des cliniques, de se passer de la voiture. De Marseille à Toulon, en passant par Miramas et avec un gazole à plus de 2,30 euros le litre, la facture hebdomadaire de carburant approche les 700 euros par mois et par véhicule. « C’est plus simple peut-être pour ceux qui passent une journée sur chantier. Mais quoi qu’il en soit, on subit, on n’a pas le choix », note, fataliste, l’artisan. La hausse du prix des carburants pèse directement sur ses coûts de fonctionnement et dans un secteur où la concurrence est forte et où les clients surveillent leur budget, chaque centime compte. « Ça a des répercussions sur les tarifs que l’on pratique pour nos clients, mais on rogne surtout sur notre bénéfice », conclut-il.

    CHIFFRES

    11,2

    En milliards d’euros, les bénéfices engrangés par Total au premier semestre 2026, une augmentation de 72% sur fond d’explosion des prix.

    +43,6%

    L’évolution en un an du prix du gazole, qui atteint 2,35 euros par litre, à trois centimes du record du mois d’avril, quand l’essence (SP95-E10) atteint un niveau historique de 2,15 euros par litre.

    10,6%

    Des ménages propriétaires d’une voiture ont dépensé, en 2021, plus d’un mois de leurs revenus annuels en carburant, selon une étude de l’Insee publiée le 8 septembre. Ils sont 9,5% dans la Métropole Aix-Marseille, 11% dans le Grand Avignon et 13,8% pour Provence Alpes agglomération.

  • La Grande braderie d’Avignon revient après un été compliqué pour les commerçants

    La Grande braderie d’Avignon revient après un été compliqué pour les commerçants

    La Grande braderie, « l’un des temps forts de la rentrée commerciale avignonnaise », reprend ses droits en Cité des Papes de ce jeudi 17 au dimanche 20 septembre. Quatre journées pendant lesquelles les 1 800 commerçants du centre-ville sont invités à disposer leurs marchandises, à prix réduits pour l’occasion, sur la voie piétonne.

    Un événement organisé, comme chaque année, pendant les Journées du patrimoine, où une cinquantaine d’animations sont proposées, « car cela attire du monde et on profite de ces dates importantes », assure Corinne Chatriot, première adjointe au maire d’Avignon, chargée de la dynamique commerciale. Avec également « une ambition collective qui est de faire du plateau piéton un véritable moteur de fréquentation et de vitalité commerciale ».

    Vacance commerciale

    Une importance d’autant plus forte que la Ville lutte contre la vacance des locaux commerciaux. « On est en train de faire un état des lieux », assure l’élue. Dernièrement, c’est l’enseigne Foot Locker qui a annoncé se séparer de ses locaux en intra-muros. Tandis qu’avec les canicules successives, « la fréquentation a été compliquée », concède Corinne Chatriot, elle-même à la tête d’une boutique de vêtements entre les remparts. « Donc c’est effectivement attendu car c’est souvent un succès, d’autant qu’il devrait faire beau. Il y a plein de choses à améliorer et un travail va être effectué à ce propos », poursuit la première adjointe.

  • L’association d’entreprises des Chalus fait sa rentrée à Forcalquier

    L’association d’entreprises des Chalus fait sa rentrée à Forcalquier

    Les entreprises de l’association des Chalus ont mis en avant les problématiques qui leur tenaient à cœur lors de leur réunion de rentrée, vendredi. Certains adhérents ont par exemple exprimé leurs craintes concernant le projet d’extension de la zone d’activité, redoutant que des concurrents viennent s’y installer. Thomas Cherbakow, conseiller municipal de Forcalquier et vice-président de la communauté de communes en charge des finances, les a rassurés en affirmant que cela ne serait pas le cas. La directrice de la crèche s’est également inquiétée de la gestion des déchets, expliquant devoir rentrer chez elle avec sa poubelle de couches, faute de place.

    L’association d’entreprises a également décidé de travailler conjointement avec les commerçants du centre-ville pour organiser des animations ensemble. L’association a profité de cette réunion de rentrée pour présenter son nouveau bureau : Jean-Michel Grès, ferronnier et ancien candidat DVG aux municipales, président ; Thomas Evrard, directeur des opérations de la chocolaterie, secrétaire ; et Christine Anterote, gérante du garage Peugeot et ancienne présidente de l’association, trésorière. « L’objectif est de lancer une nouvelle dynamique, après la démission brutale de l’ancienne présidente qui a été suivie d’un gros flottement », explique Thomas Evrard.

    La CCI met à disposition de l’association une chargée de mission parcs d’activités, Yasmina Kara, qui les aide à s’organiser. Le prochain atelier de l’association sera sur le thème de l’autoconsommation collective, en présence d’Enedis.

  • « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup »

    « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup »

    Ce vendredi matin, au marché, tout le monde constate une hausse du prix des fruits et légumes sur les étals.

    « C’est surtout le prix des tomates qui a augmenté », observe une habituée âgée d’une soixantaine d’années. Cette Marseillaise poursuit en affirmant, selon elle, que « cette année, tout est plus cher et de moins bonne qualité, les fruits sont plus petits ». Une situation qui a modifié les habitudes de cette cliente, qui se tourne désormais en partie vers des grandes surfaces.

    Un primeur confie avoir « honte »

    Un autre client, d’une trentaine d’années, pointe quant à lui le prix des salades : « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup ». Malgré cela, il continue d’acheter ses fruits et légumes sur le marché : « Je viens ici parce que je veux soutenir les producteurs locaux qui sont aussi impactés par l’augmentation des prix. Ça ne me dérange pas de mettre la main à la poche. De toute manière, on n’a pas le choix que d’acheter des légumes ».

    Un vendeur présent sur le marché du Prado, à Marseille, confirme que les clients ont constaté une hausse des prix : « Au départ, les gens ne comprenaient pas, mais en leur expliquant les raisons, ils s’y sont faits. » Le marchand confie avoir « honte de vendre des légumes à ces prix ». Jamais ce vendeur du marché du Prado n’avait affiché des tarifs aussi élevés au kilo, selon lui : « 10 euros les brocolis, 6,90 euros les pêches, j’ai jamais vendu aussi cher ».

    Malgré tout, la fréquentation du marché ne semble pas avoir diminué, la solidarité des clients ayant sans doute pris le dessus face à la hausse prix.

  • À la découverte du patrimoine des Salins à Hyères

    À la découverte du patrimoine des Salins à Hyères

    Ce week-end le public a répondu présent et en nombre à la nouvelle édition de la Fête du sel et profité des expositions, ateliers, spectacles et animations qui leur étaient gratuitement destinés. Histoire entre autres d’entamer un voyage dans le temps et l’espace à la découverte d’une ressource naturelle qui a marqué de son empreinte le territoire : les salins de Hyères.

    L’ancien site de production salinière sur lequel la manifestation était montée est aujourd’hui devenu espace naturel remarquable. Et le Salin des Pesquiers, exceptionnellement ouvert à la visite, continue de jouer tout son rôle dans la préservation de la biodiversité mais aussi de la mémoire, du savoir-faire des sauniers et d’une part de l’histoire de la ville. Plus de vingt stands scientifiques ont animé cette année encore les prairies de la Fabrique pour sensibiliser les visiteurs. Et plus largement à la protection de l’environnement en mettant tout particulièrement l’accent sur la fragilité du milieu marin. Les équipes du Conservatoire du littoral, du Parc national de Port-Cros et de nombreuses associations comme Chercheurs en herbe et Naturoscope ont ainsi pu répondre aux interrogations des participants. De quoi les inciter à s’engager dans ce combat ou du moins à faire que chacun agisse à son échelle de manière un peu plus écoresponsable.

    Savoir-faire et mémoire ouvrière

    Parce que, bien évidemment, derrière le caractère festif de l’événement se joue une ambition bien plus profonde. Que ce soit celle de faire prendre conscience des enjeux écologiques mais aussi de faire connaître une histoire vieille de plus de mille ans. Une épopée qui raconte l’extraction du sel, cet « or blanc », cultivé depuis l’Antiquité par les habitants d’Olbia, la cité grecque installée sur le littoral hyérois qui réunit toutes les conditions nécessaires à la production de sel avec ses lagunes peu profondes, sa riche exposition au soleil et aux vents.

    Au fil des siècles, ce littoral a progressivement été aménagé pour optimiser l’évaporation de l’eau de mer et donc augmenter la production. Avec un âge d’or au Moyen-Âge. Le sel s’élevant au rang de ressource stratégique, indispensable pour conserver les aliments et donc une marchandise précieuse dans les échanges méditerranéens. Cette activité va donc contribuer directement à la prospérité de la ville de Hyières. Les lieux témoignent aussi d’une riche mémoire ouvrière pour peu qu’on prenne la peine de s’intéresser à cette main-d’œuvre souvent immigrée venant de l’autre côté des Alpes pour, au XIXe siècle, apporter leur force de travail et effectuer des tâches d’une grande pénibilité.

    Culture hors les murs

    Le cortège officiel mené par le vice-président de la Métropole, Gilles Vincent et la maire de Hyères Véronique Bernardini (SE) vient de s’arrêter devant le stand où sont entre autres exposés des clichés montrant les ouvriers du sel à l’ouvrage. L’occasion de glisser à l’oreille de l’adjoint de la Cité des Palmier, Éric Agosta que, la manifestation illustre l’un des concepts d’extension du domaine de la culture hors les murs qu’il se plaît à défendre.

    L’histoire de la ville et de ses habitants comme son avenir face aux immenses défis qui nous attendent, qu’ils soient climatiques, environnementaux, politiques ou sociétaux font en effet aussi le sel de la vie. Comme l’ont démontré ces nombreux participants avides de connaissances, de beauté et du plaisir de se retrouver. Que ce soit pour partager une œuvre, comme cette sculpture née de la cristallisation, ou le projet de lendemains plus vertueux.

  • Dans les Hautes-Alpes : une rencontre sur la transmission agricole

    Dans les Hautes-Alpes : une rencontre sur la transmission agricole

    À l’heure où le nombre de fermes diminue partout en France, comment assurer la transmission ? La question a animé, vendredi 11, le café-transmission à Guillestre. Organisée par l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural des Hautes-Alpes (Adear 05), la coopérative foncière Terres en Guil et le Parc naturel régional du Queyras, la rencontre s’est concentrée sur le territoire du Guillestrois-Queyras.

    « Pour nous, un territoire qui vit, c’est un territoire avec beaucoup de paysans », a introduit Fanny, agricultrice et bénévole à l’Adear. Autour de la table, plus d’une vingtaine de personnes ont pu échanger. Parmi elles, des exploitants agricoles encore en activité, une paysanne ayant récemment transmis sa ferme à son fils, mais surtout beaucoup de jeunes, encore en formation où à la recherche d’une ferme à reprendre.

    107 agriculteurs actifs

    La rencontre a débuté par une présentation de Tiphaine Combaz, étudiante en master 2 de géographie et aménagement de la montagne, qui a réalisé un stage de six mois à l’Adear. Au cours de sa mission elle a réalisé un repérage des futurs cédants agricoles du territoire, et identifié les potentiels freins à la transmission. « En France, 50% des agriculteurs vont partir à la retraite dans les 10 prochaines années. Sans repreneurs, le nombre d’exploitations agricoles continuera de diminuer », plante la jeune femme. La communauté de communes du Guillestrois-Queyras n’est pas épargnée.

    L’étudiante y a recensé 107 agriculteurs actifs, dont 54 « futurs cédants ». Elle a pu rencontrer 36 d’entre eux, dont plusieurs n’avaient pas pensé à l’avenir de leur ferme. Elle a distingué trois freins principaux à la transmission. À commencer par un frein économique : « Le coût de rachat est généralement trop important pour une personne seule, explique-t-elle. Il y a aussi souvent une surévaluation financière de l’exploitation agricole, nourrie par l’attachement émotionnel du cédant et par la volonté de sécuriser sa retraite ». Viennent ensuite des freins administratifs, mais aussi des freins sociaux et émotionnels. « Il y a souvent une proximité directe entre la ferme et le logement, et ce n’est pas simple de trouver où se loger dans le coin », dit Tiphaine Combaz. Une porteuse de projet, tout juste sortie de formation, qui prévoit de s’installer à plusieurs, confirme : « Comment on se loge, à cinq, en ne gagnant même pas le Smic ? » Il y a aussi une difficulté à se projeter dans un futur à la retraite ou d’arrêter un métier-passion. « Certains attendent qu’un membre de la famille puisse reprendre, car transmettre la ferme est pour eux un devoir mémoriel », poursuit l’étudiante. D’autres ne vont pas forcément avoir confiance en un repreneur non issu du milieu agricole ou du milieu familial. Quoi qu’il en soit, un processus de transmission est relativement long, entre trois et six ans, le temps d’échanger, de définir son projet et de le concrétiser. Au total, elle a estimé à 25 le nombre de fermes sans repreneurs dans les 20 ans à venir dans le Guillestrois-Queyras.

    Les participants ont ensuite pu partager leurs questionnements et leurs témoignages. « Moi, je n’ai pas eu de problème à tourner la page », assure une ancienne paysanne qui avait pu notamment anticiper la question du logement. « C’est aussi notre rôle, en tant qu’élus, de sécuriser l’agriculture de demain, estime Jean-François Baudin, conseiller municipal à Guillestre, pour aller vers une autonomie alimentaire sur le territoire ». « Et assurer une alimentation de qualité », conclut un maraîcher.

  • La viticulture provençale au défi du climat

    La viticulture provençale au défi du climat

    « Les vendanges avancent d’année en année. En 2026, on a commencé le 19 août, du jamais vu. Si je regarde bien en deux ans, on a avancé d’une semaine la récolte » détaille Didier Pauriol, président du vignoble du Roy René, une des plus grosses caves de la Provence viticole. Avec des vendanges qui s’étalent sur 5 semaines, tout le personnel s’active dans la cave qui emploie 18 salariés. « Nous produisons environ 70 000 hectolitres de vins par an, avec une centaine de coopérateurs pour 900 hectares de vignes » poursuit le responsable. Un vin labellisé en appellation d’origine contrôlée (AOP) et indication géographique protégée (IGP) dont 90% de la commercialisation se fait en rosé. Les rouges et blancs se partagent les 10% du marché restant. La coopérative est dynamique et n’a pas hésité à investir 5 millions d’euros dans un nouveau chai de 700 m² dédié à la vinification pour rentrer le plus vite possible une récolte de plus en plus précoce. « Parce que notre production est essentiellement rosé avec un degré d’alcool inférieur à 13 degrés. Il nous faut rentrer un raisin pas trop chargé en sucre, c’est une contrainte supplémentaire. Avec la chaleur qui dure, les cépages mûrissent plus vite, heureusement nous avons un terroir hétérogène qui étale un peu les arrivées » explique Didier Pauriol qui a inauguré le nouveau bâtiment en juin 2025. Autre bonne nouvelle, la cave était vide, soit la récolte dernière vendue « grâce à un directeur et une équipe commerciale dynamique ».

    Cette récolte s’annonce bonne qualitativement et quantitativement. « Des pluies au bon moment cet hiver, une floraison rapide en mai grâce à une période chaude, et pas d’attaque sévère de mildiou ou d’oïdium » résume le président. Le vignoble bénéficie d’un avantage de poids, l’eau du canal de Provence qui permet l’irrigation des vignes au goutte-à-goutte.

    Faire face à la grêle, plus fréquente hors saison hivernale est aussi un fait nouveau. Là encore, le vignoble du Roy René a su s’adapter. « L’association Prévigrêle nous informe des jours à risques. Et nous avons des générateurs que nous activons pour l’éviter ou diminuer la taille des grêlons » expose le président. Il poursuit : « Prouvé ou pas, depuis que nous avons les générateurs, nous n’avons pas eu de souci. Nous mettons en place des outils pour lutter contre ».

    Marchés en chute

    Au vu du dérèglement climatique, le raisonnement voudrait que des cépages nouveaux plus résistants soient plantés. Le président répond spontanément : « La vigne, c’est pas des carottes, on s’adapte pas d’une année sur l’autre ». À ses côtés Raphaël Steff, viticulteur coopérateur, membre du conseil d’administration de la cave, explicite : « Quand on plante une vigne, c’est pour 25 ou 30 ans. Ce sont des investissements qui sont lourds. Le rendement n’est pas immédiat ». Mais la plus grosse inquiétude demeure l’état du marché. Leur vin est vendu principalement en vrac à l’export, pour 50% aux États-Unis et Grande Bretagne, mais aussi Allemagne, Belgique, Suède, Brésil, Australie… « Comme toute la Provence, nous avons perdu des marchés sur le rosé à cause des hausses des taxes. En trois ans, on a perdu un tiers des volumes sur les États-Unis » ne cache pas le président. À cela s’ajoute une tendance générale de baisse de la consommation. « Le vin fait partie intégrante de la culture française. On n’est pas beaucoup aidé comme produit de terroir. Les politiques ne parlent jamais de nous de façon positive » soupire Didier Pauriol. Et de lâcher : « Nos coopérateurs sont à la limite des coûts de production. Ils n’arrivent pas, en sus, à s’investir toujours davantage pour faire de l’œnotourisme ». Il réfléchit et ajoute : « On est mis en concurrence avec des voitures, ou des avions. C’était le cas pour la première taxe Trump en retour d’une taxe sur l’aéronautique, et c’est nous qui avons trinqué. On joue le rôle du fusible, ça nous fait énormément de mal ».

    Perte de 50% du chiffre d’affaires

    Les deux viticulteurs échangent des regards et tombent d’accord. « Il faut que les politiques nous aident, pas forcément financièrement mais par des choix qui ne viennent pas s’opposer à notre production. » Raphaël Steff témoigne à titre personnel : « On a tout vendu à la cave, mais il a fallu faire des concessions. J’ai perdu 50% de mon chiffre d’affaires en trois ans. Si on a des crédits, on y arrive plus. À la fin des vendanges, j’arrête mon exploitation pour aller vers une autre activité… qui n’a rien à voir avec l’agriculture ». Implacable.

  • Hautes-Alpes : une fréquentation solide cet été mais des dépenses en recul

    Hautes-Alpes : une fréquentation solide cet été mais des dépenses en recul

    Après un été chargé, les restaurants et les boutiques qui s’animent durant la saison estivale peuvent souffler. La saison touche à sa fin et l’Agence de développement des Hautes-Alpes en a dressé le bilan.

    « La fréquentation reste globalement solide, avec près de 2 millions de visiteurs accueillis », note-t-elle. Le taux d’occupation des hébergements touristiques accuse un très léger recul de 1% par rapport 2025, « une première depuis 2015 ». Au total, de juin à septembre, il s’établit à plus de 40%.

    Contraintes climatiques

    « Après un mois de juin en retrait, juillet affiche des niveaux de fréquentation modestes, mais en progression pour les territoires ayant misé sur les grands événements et les clientèles internationales », affirme l’Agence de développement. Le passage du Tour de France, dans le Champsaur et le Gapençais, a très certainement joué un rôle. Sans surprise, le mois d’août a été porté par les traditionnels pics de fréquentation, avec notamment un taux d’occupation de 84% lors de la semaine du 15 août. Quant à l’arrière-saison, elle s’annonce dans la continuité de celle de 2025.

    Malgré ces chiffres, les touristes ont moins consommé. Les professionnels font largement état d’une baisse des dépenses, que ce soit pour les loisirs, l’alimentation, la restauration ou les commerces : « Dans un contexte de pouvoir d’achat contraint, les visiteurs semblent davantage arbitrer leurs dépenses. »

    Les conditions climatiques « parfois difficiles » ont aussi perturbé la saison : canicules, restrictions de baignade à cause des cyanobactéries, coulées
    de boue dans le Grand Briançonnais ou encore incendies dans le Pays des Écrins… « Des événements qui rappellent combien l’activité touristique de montagne reste sensible aux conditions naturelles et climatiques. »

    « Il faut sans doute tempérer la course au “toujours plus”, conclut Yvan Chaix, directeur de l’Agence. Ces dix dernières années, l’offre estivale s’est considérablement étoffée. C’est une richesse, mais cela peut aussi fragiliser la rentabilité de certains acteurs et, à terme, déstabiliser le modèle économique. Il faut savoir trouver un juste équilibre. »

    Agathe Di Lenardo