Category: economie

  • L’Ardear conteste la suppression d’une aide de 100 000 euros de la Région Sud

    L’Ardear conteste la suppression d’une aide de 100 000 euros de la Région Sud

    « On a trois salariés sur la sellette, dont deux sûrement mis au chômage en septembre. Des dossiers en cours ne pourront potentiellement pas aboutir. C’est compliqué », se désole Charles-Henri Tavernier, président de l’Ardear, un réseau associatif qui œuvre dans l’installation en agriculture paysanne et agroécologique depuis plus de vingt ans.

    En cause, la suppression d’une subvention de 100 000 euros versée à l’association par la Région Sud depuis 2008. « On n’a pas eu de discussion avec la Région. Béatrice Martin [vice-présidente en charge de l’agriculture, Ndlr] nous a simplement envoyé une lettre en disant qu’elle avait décidé de son propre chef de mettre l’installation et la transmission uniquement dans les mains des chambres d’agriculture. On est un peu surpris du manque de concertation », exprime ce vigneron des Hautes-Alpes. Dans cette lettre, adressée au président de l’Ardear, le 27 avril, l’élue explique les raisons de cette décision : « Cette politique volontariste s’inscrit dans un cadre budgétaire extrêmement contraint. »

    Depuis sa création, le réseau associatif indique avoir accompagné plus de 1 000 installations, soit un tiers des porteurs de projet de la région. « On nous parle toujours du renouvellement des générations d’agriculture, ils font le contraire de ce qu’il faudrait faire », estime Charles-Henri Tavernier. Dans un communiqué, daté du 24 juillet, l’Ardear demande à la Région Sud de « revenir sur cette décision et de maintenir son soutien financier ». La Région n’a pas encore répondu à nos sollicitations à ce sujet.

  • La filière éolienne se structure, le projet DEOS se clarifie à Fos-sur-Mer

    La filière éolienne se structure, le projet DEOS se clarifie à Fos-sur-Mer

    Lors du bilan du premier semestre du Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM), le 10 juillet, Hervé Martel avait prévenu : « L’éolien est une filière qui se structure, avec un jeu d’acteurs privés, français et internationaux, et un marché qui se clarifie au fil des décisions. (…) Ils y voient clair sur leur marché, on y voit clair sur nos subventions, on signe un contrat et on démarre [le projet DEOS, Développement de l’éolien offshore, Ndlr]. » Deux jours plus tard, l’institution portuaire clôturait son appel à manifestation pour trouver preneur, via une convention d’occupation temporaire, du foncier de 30 ha dans ses bassins ouest pour lancer l’aménagement de la plateforme début 2028.

    BW Ideol (concepteur de la fondation flottante en béton Damping Pool) et NGE (4e groupe français de BTP) annoncent s’être associés pour déposer leur candidature. L’accord signé prévoit un partenariat à parts égales dans Fos3F, qui vise à développer une ligne de fabrication en série dimensionnée pour produire environ 30 flotteurs par an, soit une capacité annuelle d’environ 500 MW. L’an dernier, 126 millions d’euros de financements publics avaient été sécurisés pour ce projet à 200 millions d’euros.

    Un moment clé

    Le président de BW Ideol souligne : « C’est une réponse souveraine aux besoins de la transition énergétique : des fondations conçues et fabriquées en France, à partir de matériaux sourcés localement, avec plus de 1 300 emplois directs à la clé pour le territoire. » Il rappelle : « Ce partenariat concrétise la création d’une nouvelle filière industrielle de fabrication en série de fondations flottantes, au moment où l’État lance avec l’AO10 le plus important appel d’offres jamais engagé pour l’éolien en mer. » L’attribution de l’appel d’offres, qui porte à plus de 5 GW le développement cumulé de l’éolien flottant en France dont 3,7 GW sur la façade méditerranéenne, devrait être connue d’ici le premier trimestre 2027.

    L’AO6, lui, a été remporté par Ocean Winds et Éoliennes Méditerranée Grand Large pour une capacité totale de 500 MW. La plateforme DEOS respecte son calendrier.

    Au total, 330 millions d’euros seront investis sur la zone Fos 3XL pour proposer une infrastructure, « un élément de la solution logistique » à l’opérateur choisi. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a d’ores et déjà annoncé le concours de l’Ademe à hauteur de 82,3 millions d’euros. « On travaille à d’autres financements, notamment européens », avait précisé le président du directoire le 10 juillet.

  • [C’est l’été] Olivier Rolland, vigneron : « Je suis un homme de projet »

    [C’est l’été] Olivier Rolland, vigneron : « Je suis un homme de projet »

    Au pied du château des Baux-de-Provence, c’est moi. Ce sont mes vignes », lance taquin Olivier Rolland. Poursuivant « le mas Sainte-Berthe appartenait à mes grands-parents arlésiens qui l’avaient acheté en 1951. Un peu de vigne, beaucoup d’abricotiers et quelques oliviers, et la volonté d’agrandir la partie viticole ». Dès 1955, c’est chose faite, l’aïeul plante sur 25 hectares principalement du grenache et carignan et construit sa cave. « Il réalise son premier millésime, 21 ans plus tard. Cette année en 2026, on va fêter le 50e millésime. » Une longue histoire de passation de flambeau en famille pour atteindre les 41 hectares de vignes et 10 hectares d’oliviers. Le grand-père passe la main en 1980, la grand-mère en 2000, la mère en 2020, et Olivier reprend les choses en main en 2021.

    « Mes enfants ayant grandi, mon rêve s’est transformé en projet. J’avais 50 ans, je retourne à l’école à l’université du vin à Suze-la-Rousse dans la Drome. Sur place aux Baux, j’avais une équipe qui était là pour certains depuis 30 ans, je me suis beaucoup appuyé sur eux au début. Aujourd’hui ça fonctionne, je suis animé par le plaisir que ça me procure. Le partage est mon moteur. » Depuis 2025, élu président de l’AOP Baux-de-Provence, cet ancien directeur de système d’information bancaire reconnaît volontiers que ses revenus n’ont rien à voir. « Aujourd’hui je vis plus simplement. J’ai bien gagné ma vie avant, ça m’a donné les moyens de faire ce que je voulais. Avant je fabriquais du capital pour pouvoir investir dans mon rêve d’enfant. »

    Faire un beau produit accessible

    Cette ancienne vie, lui a donné le luxe de pouvoir cultiver ses 45 parcelles au cas par cas s’ouvrant ainsi un éventail des possibles. « Je fais un beau produit avec une vigne de cépage carignan qui a 60 ans dans laquelle il manque un pied sur deux. Je ne vais pas l’arracher, je la renouvelle tranquillement. » Une démarche qui prend beaucoup de temps et d’argent, ce qu’Olivier reconnaît volontiers : « Il faut le faire sur quelques parcelles, des petits îlots. »

    Vigneron est un métier solitaire, Olivier essaie de le faire autrement. Au caveau par exemple, pour aller à la rencontre des clients, ou bien organiser des dégustations. Plus rare, il fait ses assemblages avec le caviste et l’œnologue conseil. Et l’avoue : « Même si un mélange me plaît beaucoup, si je ne suis pas suivi, je renonce. »

    Le mas Sainte-Berthe propose à la vente 13 vins différents en bouteille soit 4 rouges, 2 rosés et 3 blancs. « 80% de mon vin se vend en bouteille et 60% à la propriété. Pas de vrac mais quelques bag in box, pour ne pas frustrer les fidèles. » Avec un caveau ouvert, 7 jours sur 7, pas de mystère, le retour client est quotidien. « C’est très gratifiant », avoue le passionné sourire aux lèvres.

    Si la majorité des clients sont Français, les étrangers qui se baladent dans les Alpilles sont aussi présents… Belges, Allemands. Face à la baisse de la consommation nationale, Olivier n’est pas très inquiet. « Notre appellation n’a fait que progresser depuis 30 ans. Nous avons l’appellation Bio depuis 2023. Les prix sont raisonnables soit entre 10 et 20 euros pour 80% de la cave. Les clients se font plaisir. »

    Un homme de projet

    « Je suis un homme de projet permanent. La nuit, le jour… », avoue Olivier en riant. Il complète : « Reprendre un domaine à 50 ans, ce n’est pas rien. Surtout quand ce n’est pas la formation initiale. J’aime pas la routine. » Quand on évoque le meilleur souvenir de cette nouvelle vie, spontanément Olivier répond : « Ma troisième vendange parce que je l’ai faite quasiment tout seul. Au début, j’étais assisté. Là j’ai fait mes premiers pas comme un enfant et j’ai réussi à gagner la confiance de mon équipe. » Pourtant son regard s’assombrit rapidement : « J’aurai dû le faire 10 ans avant. J’ai rencontré un professionnel qui m’a confié avoir mis 10 ans à comprendre le vin. J’ai eu un flash, j’aurai alors 60 ans. Combien de récoltes me restera-t-il à faire ? » En viticulture, on fait une récolte par an, si on se manque quelle que soit la raison, le rendez-vous c’est l’année d’après. À l’échelle d’une vie, on parle de 40 vendanges, et le passionné déduis qu’il lui en reste 15 ou 20. « C’est là, où les années d’expérience valent 10. En même temps ça fabrique un autre rapport au temps. Je réfléchis quatre fois avant d’agir. » Un ange passe. Il reprend : « Mais à la fin, moi je me régale. »

    Mas Sainte-Berthe

  • L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    Record de fréquentation d’un côté, trou financier de l’autre : l’aéroport de Nîmes-Garons cultive un paradoxe qui commence à peser lourd. Avec 259 000 passagers en 2024, la plateforme avait retrouvé son meilleur niveau depuis vingt-cinq ans. Loin, pourtant, des 400 000 voyageurs promis pour 2028 par le délégataire Edeis lors de la signature de la délégation de service public (DSP) en 2022. Et en 2025, la fréquentation a même légèrement reculé, à 245 552 passagers.

    Sur le plan comptable, la note est salée. Le rapport annuel d’Edeis affiche un résultat net négatif de 1,17 million d’euros en 2024, contre un excédent de 349 000 euros l’année précédente. Une provision exceptionnelle de 872 000 euros, liée à un vieux contentieux sur des autorisations d’occupation temporaires, gonfle l’ardoise. Mais même sans elle, le trou atteint près de 300 000 euros. Six lignes sont aujourd’hui exploitées, presque toutes par Ryanair, quasi seul maître à bord depuis le fiasco de la compagnie Odyssey l’an dernier, qui a annulé l’ensemble de ses vols.

    Élu à la tête de Nîmes Métropole en avril, Vincent Bouget (PCF) a hérité d’un dossier explosif. Devant le conseil communautaire fin juin, l’édile n’a pas mâché ses mots : « Les ambitions affichées lors de la signature de la DSP et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd’hui loin d’être atteints. » Un contentieux qui pourrait, selon le contrat, déclencher de premières pénalités financières dès cette année.

    Coopérer

    plutôt que rivaliser ?

    Reste que pour Vincent Bouget, le trafic commercial n’est pas l’essentiel. « Le cœur du réacteur, c’est la sécurité civile », a-t-il tranché début juillet, rappelant le rôle de la base aérienne où sont entretenus les Canadair, avec quatre nouveaux appareils attendus d’ici 2032. Un statut de hub européen de la sécurité civile que Nîmes ambitionne depuis 2017, mais que Chypre pourrait bien lui souffler : la Commission européenne y prépare une plateforme régionale de lutte contre les incendies, confirmée en juin par la commissaire Hadja Lahbib. « S’il faut aller à Bruxelles avec Carole Delga pour que le hub européen soit bien ici, nous irons », promet le président d’agglo.

    Sur le volet commercial, la question d’une coopération avec les aéroports voisins refait surface. En septembre 2025, alors dans l’opposition, Vincent Bouget plaidait déjà pour une autre voie que la rivalité : « Rien ne peut s’envisager sans coopération avec les aéroports voisins, dont Montpellier. » Une ligne bien différente de celle défendue quelques mois plus tôt par son prédécesseur Franck Proust, qui menaçait ouvertement de « se tourner vers Marseille » face à ce qu’il jugeait être le manque d’ouverture de Montpellier.

    Aujourd’hui, l’opposition LR, par la voix de Franck Proust, avance un autre scénario : une reprise temporaire de l’aéroport en régie publique si Edeis venait à se désengager. Une piste que la majorité de gauche n’a, à ce stade, ni confirmée ni écartée. Après deux rendez-vous décisifs fin juin, avec le préfet du Gard puis le délégataire, Vincent Bouget maintient la prudence : « On travaille pour trouver une solution et sortir par le haut. » Le cap devra être fixé avant l’échéance de la DSP, fin 2028. Au-delà des désaccords, une question politique demeure : combien d’argent public faut-il mobiliser pour préserver cette vitrine aérienne, et pour quel service rendu au territoire ? Le débat ne pourra se limiter à une guerre de clochers : l’avenir de 850 salariés et de 200 élèves-pilotes est aussi en jeu.

  • [Occitanie] Au mois de juin, la chaleur a refroidi les visiteurs

    [Occitanie] Au mois de juin, la chaleur a refroidi les visiteurs

    Annulations, réservations tardives, reports de séjours… La canicule historique et précoce du mois de juin a bien affecté le secteur touristique en Occitanie. C’est ce que démontre la note de conjoncture touristique publiée le 10 juillet par l’Agence d’attractivité et de développement d’Occitanie (AD’OCC). Le document met en lumière plusieurs tendances qui peuvent se résumer par un chiffre marquant : 55% des professionnels de la région ont eu la perception d’une activité touristique « dégradée » au mois de juin. Seuls 45% l’ont jugée « satisfaisante », soit un net retrait de 16 points par rapport à juin 2025. Il s’agit d’un des plus bas niveaux enregistrés depuis deux ans.

    Il faut dire que juin 2026 a été touché par un épisode caniculaire d’exception, le hissant au rang de mois le plus chaud jamais enregistré en France (+3,8 °C par rapport à la normale), avec une canicule précoce, durable et particulièrement intense, du 17 au 30 juin. À cette période, l’Occitanie figurait alors parmi les régions les plus exposées, avec des anomalies atteignant +6 à +8 °C sur l’intérieur des terres, et 8 nuits tropicales consécutives relevées à Toulouse à partir du 20 juin. Difficilement supportables, ces températures extrêmes ont impacté l’ensemble du secteur touristique avec trois conséquences principales : des annulations de séjours, une baisse de la fréquentation (notamment sur les activités et la restauration) et même quelques fermetures partielles pour les établissements non adaptés.

    « La canicule a impacté fortement l’activité de ce mois de juin et l’annonce d’une nouvelle vague de chaleur à la suite a entraîné des annulations de séjours pour le mois de juillet », rapporte ainsi un exploitant de camping en zone rurale, interrogé par l’Agence AD’OCC. Un avis partagé également du côté du littoral, où un professionnel des activités de loisirs constate lui aussi une conjoncture très difficile, « avec pas mal d’annulations de groupes dues au prix du carburant et à la canicule ».

    Un contexte particulier

    La modification des comportements au mois de juin en Occitanie ne s’explique toutefois pas uniquement par les fortes chaleurs. Les professionnels du secteur identifient deux autres facteurs complémentaires, à savoir la hausse des prix du carburant et la baisse du pouvoir d’achat des Français. « Les réservations avaient bien démarré en début d’année, et ça s’est complètement effondré à la suite du conflit [au Moyen Orient, Ndlr.] et de l’augmentation exponentielle des carburants », constatait ainsi le propriétaire d’un gîte rural au mois de juin.

    Il faut aussi noter que le calendrier était également moins favorable que celui de 2025, puisque le week-end de Pentecôte, qui s’était déroulé les 8 et 9 juin l’année dernière, a basculé cette année au mois de mai. C’est ce qui explique qu’en juin 2026, toutes clientèles et tous modes d’hébergement confondus, la fréquentation touristique en Occitanie a légèrement reculé par rapport à juin 2025 en termes de nuitées touristiques. Cependant, à l’échelle de la période mai-juin, la fréquentation touristique de la région demeurerait globalement stable.

    Dans le détail, après un mois de mai positif pour le secteur des hébergements locatifs en plateforme, avec une progression des nuits réservées de 6% par rapport à 2025, la fréquentation enregistrée en juin a nettement fléchi, avec des réservations en baisse de 10% par rapport à l’an dernier. L’activité des hôteliers semble avoir mieux résisté que les autres, avec un taux de satisfaction de 57%, tandis que les campings affichent le niveau le plus bas du secteur (seuls 39% de satisfaits). Les perspectives de réservation pour les mois suivants restent également orientées à la baisse. Ainsi, la part des professionnels qui jugent leur niveau des réservations « encourageant » est en net retrait par rapport à 2025 pour les mois de juillet (44% ;
    -11 points), d’août (48% ;
    -12 points) et septembre (36% ; -10 points). La part des avis les plus inquiets, soit « pas du tout encourageant », s’approche quant à elle des 20%.

    Si le bilan AD’OCC de l’activité touristique du mois de juillet ne sera publié qu’au début du mois d’août, tout porte à croire que les craintes des professionnels étaient fondées et que ces tendances pourraient être confirmées par les vagues de chaleur successives du mois de juillet. En attendant, au-delà de l’inquiétude, ces tendances rendent l’activité des professionnels plus difficile à organiser et à anticiper.

  • Tourisme et canicules : ce n’est que le début !

    Tourisme et canicules : ce n’est que le début !

    « Mesurer pour comprendre. » Telle est la mission de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En ces temps de canicules à répétition, il est temps de remettre en lumière une étude choc* de l’Insee Occitanie. Rendue publique le 19 novembre 2024, elle porte un titre brûlant d’actualité : « En Occitanie, les trois-quarts de l’offre touristique seront exposés à de fortes chaleurs en 2050 », c’est-à-dire à partir de 30°C et au-delà. Autrement dit, « 72% des lits des hébergements collectifs de la région sont situés dans des zones où les températures élevées seront les plus fréquentes à l’horizon 2050 avec plus de 35 journées où les températures dépasseront 30° C ou plus de 50 nuits tropicales par an » ; une nuit tropicale étant « une nuit où la température ne descend pas en dessous de 20°C ». L’étude de l’Insee parue il y a près de 4 ans, doit permettre aux professionnels du tourisme, aux services de l’État et aux collectivités locales de s’engager fortement sur le chemin de l’adaptation et l’atténuation d’un phénomène structurel : le réchauffement climatique. Sinon, le risque est de voir s’effriter un des piliers de l’économie régionale qui, au plus fort de l’été, génère jusqu’à 180 000 emplois, soit 7% de l’emploi marchand régional.

    L’autrice et l’auteur de l’analyse de l’Insee, Séverine Bertrand et François Hild, rappellent qu’en Occitanie « les étés 2022 et 2023 ont été marqués par des températures dépassant régulièrement les 35° C (voire 40° C) dans plusieurs départements, des niveaux rarement atteints autrefois » ; ajoutant que « les simulations climatiques les plus récentes confirment que ces phénomènes s’accentueront au cours des 25 prochaines années ». Résultat, l’Occitanie « est une des régions de France métropolitaine qui seront les plus exposées à des épisodes fréquents de fortes chaleurs, à la fois diurnes et nocturne ». L’étude de l’Insee a suivi l’évolution de la fréquence des journées de fortes chaleurs et des nuits tropicales pour la période 1976-2025 et aux horizons 2030 et 2050. L’accélération est impressionnante : sur la période 1976-2005, 2% seulement du territoire régional était concerné par les fortes chaleurs fréquentes, notamment dans l’Hérault et le Gard. Dans 4 ans, en 2030, ce sera 12% de l’Occitanie et dans 24 ans, en 2050, 50% de la surface régionale sera concernée ! Les touristes optent déjà pour des destinations au climat plus clément, notamment le littoral atlantique et du nord. Au printemps 2026, l’Insee a publié une analyse** montrant l’évolution des habitudes des vacanciers entre 2012 et 2024, sous l’impact du dérèglement climatique. « Dans ce contexte, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques augmente moins fortement en Occitanie qu’au niveau national. En Occitanie, la concentration de la fréquentation touristique en juillet et en août tend à s’atténuer au profit d’un développement du tourisme au printemps, notamment en mai. » Une évolution portée par l’hôtellerie de plein air, « majoritairement sur le littoral méditerranéen ». Un bouleversement de la saisonnalité qui va exiger des adaptations structurelles de l’économie du tourisme.

    *Insee Analyses Occitanie, n°157, novembre 2024. **Insee Analyses Occitanie  168, mars 2026.

    CHIFFRES

    17,5

    millions de touristes ont été accueillis en 2023 dans les hébergements collectifs marchands d’Occitanie (hôtels, campings, résidences de tourisme, villages vacances) totalisant 55,2 millions de nuitées, soit 12% des nuitées de France métropolitaine.

    2e

    région de France pour la fréquentation des campings, l’Occitanie s’est hissée en 2025 au 3e rang des régions pour la fréquentation touristique, derrière l’Île de France et la Nouvelle-Aquitaine et devant Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    125 000

    emplois en moyenne par an sont générés par le tourisme en Occitanie. Cela représente 7% de l’emploi marchand de la région. Au cœur de l’été, le secteur emploie jusqu’à 180 000 travailleurs.

  • Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Ils ne lâcheront rien. Après Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, les salariés de Fibre Excellence de l’usine de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, ont débuté, jeudi, l’occupation de leur site « à durée indéterminée ». « Notre mobilisation se poursuivra aussi longtemps que la situation l’exigera, jusqu’à ce que de véritables réponses soient apportées », prévient la Filpac CGT Fibre Excellence Provence, dans un communiqué.

    Les travailleurs du groupe de pâte à papier placé en redressement judiciaire, en avril dernier, entendent ainsi maintenir la pression avant l’examen lundi, par le tribunal de commerce de Toulouse, de l’offre de reprise portée par le financier Matthieu Pigasse. Ce projet est le seul qui garantissait la reprise de la totalité des salariés, soit 660 personnes, auxquels s’ajoutent les 228 de la papeterie de la Chapelle-Darblay – dont Fibre Excellence est repreneur – et plus de 10 000 emplois indirects. Sur les banderoles déployées sur les sites, le ton est accusateur : « Macron va-t-il tuer 10 000 emplois ? », interrogent les protestataires.

    « Quels sont les engagements de l’État pour rééquilibrer le marché du bois et garantir la viabilité du projet de reprise ? », écrivent dans un courrier adressé au couple exécutif Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, et les numéros un de la CGT, Sophie Binet, de la CFDT, Marylise Léon, et de FO, Frédéric Souillot. Ces derniers se sont prononcés en faveur du projet du banquier d’affaires dit « de gauche » avec Combat Holding.

    Mais le gouvernement se montre très critique. Interrogé lors de l’ultime séance de questions au gouvernement, mardi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, estime que « l’offre de reprise (…), à ce stade, n’est pas au niveau parce qu’elle demande une aide supplémentaire de l’État ». Si l’on suit les calculs du locataire de Bercy, l’État, qui a déjà engagé plus de 90 millions d’euros dans le sauvetage du groupe et se dit prêt à ajouter 100 millions d’euros supplémentaires, devrait mettre 100 millions d’euros de plus pour suivre le plan de Matthieu Pigasse. Tandis que ce dernier alignerait « cinq misérables millions d’euros », dixit le ministre, « ça me rappelle non pas Robin des bois, mais le shérif de Nottingham qui fait des actions avec l’argent des autres », tacle-t-il. Sur franceinfo ce jeudi matin, il accuse le patron auquel on prête des ambitions élyséennes de « faire de la politique sur le dos des salariés ».

    Le temps presse. L’État doit se positionner et vite. « S’il y a liquidation, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas sur la disparition de près de 80% de la capacité française de production de pâte marchande, de 660 emplois directs, de plusieurs milliers d’emplois indirects et d’un outil industriel stratégique qu’il sera pratiquement impossible de reconstruire », préviennent les syndicats et les collectivités.

  • Juliette, 24 ans, a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence

    Juliette, 24 ans, a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence

    « Je me dis tous les jours “heureusement que je l’ai repris”, parce que beaucoup de routiers me remercient car ils avaient peur que le dernier relais routier du département disparaisse » : à seulement 24 ans, Juliette Corcione a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence, situé à Villeneuve, sur la route des Alpes. « La route des Alpes est encore très fréquentée par les routiers. Les entreprises de pommes, d’amandes, de lavande ont besoin de transporteurs », explique-t-elle. En reprenant le relais, Juliette a également redonné vie au village de Villeneuve, vidé de ses commerces. « Il n’y a plus grand-chose, tout a fermé », regrette-t-elle.

    Une équipe 100% féminine

    Dans un milieu très masculin, l’équipe composée par Juliette est 100% féminine : deux serveuses, une cuisinière, une plongeuse et sa mère, co-gérante. « Le monde des routiers et celui de la restauration sont très masculins. J’ai déjà travaillé dans des restaurants où j’étais la seule femme. En cuisine, c’est rude. C’est la première fois que j’ai une équipe 100% féminine », se réjouit l’ancienne cuisinière, tout en chantonnant un air de Barbie Girl avec l’une de ses serveuses.

    « Quand on m’a proposé de racheter, je n’avais pas conscience de l’ampleur que cela prendrait de reprendre ce restaurant, confie la nouvelle gérante. Avant de le reprendre, je ne savais pas que c’était le dernier relais routier du département. Ceux de Montfort, Mallemoisson, Sisteron ont tous fermé car il y a moins de routiers, ils ont moins de pouvoir d’achat pour manger au restaurant, certains partent à la retraite et ne sont pas remplacés, et l’autoroute fait énormément de mal. »

    C’est pour cette raison que Juliette a été « obligée de développer autre chose à côté » : elle a pour projet d’ouvrir prochainement une guinguette à côté du relais pour diversifier son public, les routiers se faisant de plus en plus rares. « On est en train d’aplatir le terrain du parc à côté. Dans l’esprit routier, on va récupérer une remorque de camion pour créer une cuisine toute équipée à l’intérieur pour faire guinguette, tapas, burger, salade, avec une identité propre, totalement différente du relais, pour amener une autre clientèle », détaille Juliette.

    « C’est un des métiers les plus difficiles physiquement et mentalement. Les gens se croient tout permis, certains parlent mal aux serveuses et veulent nous apprendre le métier parce que nous sommes des femmes », déplore la jeune gérante. En plus du sexisme, la jeune femme a également parfois subi des remarques dues à son âge, 24 ans. « Quand j’étais encore en cuisine, un routier a demandé à mon patron si je n’allais pas l’intoxiquer parce que j’étais jeune », se rappelle Juliette.

    Les routiers arrivent généralement entre 17h et 20h, peuvent prendre une douche et dormir sur le parking dans leur camion. Le relais peut accueillir une vingtaine de remorques.

    3 100 RN 96, 04180 Villeneuve. Ouvert de 6h à 15h, puis de 18h
    à 22h.

  • Un « sommelier de poche » développé grâce à une IA

    Un « sommelier de poche » développé grâce à une IA

    Laurent Vagharchak, créateur de cette intelligence artificielle (IA), est parti d’un constat simple : « La plupart des gens ne sont pas experts, ni même initiés en vin, mais aiment en boire. Malheureusement, souvent, le commun des mortels se heurte à la centaine voir le millier de références disponibles, et repart les mains vides ou avec un vin choisi au hasard. »

    Selon lui, 73% des clients se disent « perdus » face au rayon vins. Pour résoudre ce problème, cet ancien restaurateur a eu une idée : proposer une application aux grandes surfaces, magasins spécialisés ou restaurants. « Dans l’exemple d’une grande surface, vous avez de petites languettes dans les rayons, il suffit soit de scanner un QR code, soit de faire un contact avec votre téléphone, comme pour payer. Ensuite, une page web arrive directement sur le téléphone du client, et, à partir de là, un parcours est mis en place. En une quinzaine de secondes, il permet de suggérer le bon vin selon les préférences, un accord avec un plat, ou une occasion. »

    Nommé Leboncru.app, cet outil s’appuie sur plus de 265 000 références. Cette base œnologique comprend cépages, régions, profils aromatiques et accords mets-vins. Le tout est croisé en temps réel avec l’assortiment effectif du point de vente et ses prix réels. Chaque recommandation est proposée sur trois paliers de prix, avec un argumentaire rédigé, comme le ferait un sommelier. « Une fois le choix du client fait, l’IA peut même le guider dans le rayon via un plan 2D ou 3D pour mettre la main sur la référence », ajoute l’Aubagnais.

    À partir de la semaine prochaine, la borne devrait même proposer des idées de recettes à accorder avec les vins, ou à composer autour d’un ingrédient.

  • Les ports de Beyrouth et Marseille partenaires

    Les ports de Beyrouth et Marseille partenaires

    « Ici, l’identité méditerranéenne est une réalité », vante Christophe Castaner, président du Conseil de surveillance du Grand port maritime de Marseille (GPMM). Il accueillait, ce mardi 21 juillet, le ministre libanais des Transports, Fayez Rasamny, et son homologue français, Philippe Tabarot, venus signer le renouvellement d’une étroite coopération entre le port de Marseille et celui de Beyrouth, déjà engagée en 2022.

    Sous les pieds de la délégation, une photographie des installations portuaires des bassins Est et Ouest aide les visiteurs à se repérer. Pas moins de 75 millions de tonnes de trafic de marchandises en 2025, développement de l’activité croisière avec 2,5 millions de visiteurs, investissement dans des projets de décarbonation, hub logistique… La direction du port trace à grands traits l’état des lieux à un ministre libanais très attentif. Nommé en janvier 2025 sur proposition du Parti socialiste progressiste, ce dernier est aussi un homme d’affaires, PDG de Rymco, une entreprise leader dans le secteur automobile au Liban.

    Explorer de nouveaux corridors d’échange

    Il est venu chercher des savoir-faire et des débouchés économiques pour un site en pleine reconstruction, six ans après l’explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise le 4 août 2020 et fait plus de 220 morts et 7 000 blessés. En cause, un incendie dans un entrepôt stockant 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium. Le tout dans un pays touché de plein fouet par la guerre au Moyen-Orient. Interrogé sur l’état des infrastructures portuaires, Fayez Rasamny assure : « On a fait beaucoup de changements », insistant sur l’embauche de gens compétents quand l’accident est imputé à « des erreurs humaines et plusieurs autres choses ». « La signature de cette convention marque une nouvelle étape. Au-delà d’un simple accord, elle exprime une ambition commune : bâtir un partenariat concret, durable et tourné vers l’avenir », pose le ministre libanais.

    Et de rappeler l’objectif : « Faire du port de Beyrouth un port plus moderne, plus performant, plus transparent et pleinement intégré aux grands réseaux et au commerce international. » Il insiste sur son souhait de « développer des échanges commerciaux » et « explorer les opportunités offertes par les nouveaux corridors économiques reliant le Moyen-Orient, la Méditerranée et l’Europe, notamment dans le cadre des initiatives comme l’IMEC [Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe, Ndlr.] ». Bref, « être prêt pour le futur ».

    Ce partenariat avec Marseille reste aussi diplomatique. « Personne ne doute que le sujet n’est pas seulement celui de la stabilité libanaise, parce qu’il n’y a pas d’instabilité au Liban sans une instabilité beaucoup plus large de l’ensemble de la Méditerranée orientale », estime Christophe Castaner. Le ministre des transports français enfonce le clou. « Depuis le début du conflit au Proche et au Moyen-Orient, la France se tient une nouvelle fois aux côtés du gouvernement libanais pour soutenir les forces armées libanaises, avec notamment l’envoi de véhicules de transports blindés pour répondre aux besoins de populations déplacées », a précisé Philippe Tabarot. Et de porter le message d’Emmanuel Macron, qui a assuré que « la France continuera à apporter son soutien aux efforts déterminés des autorités libanaises pour garantir la souveraineté de l’État, le seul à même d’assurer la stabilité, l’intégrité territoriale du Liban et de répondre aux besoins des populations ». Un cessez-le-feu « robuste et durable » étant « à ce titre indispensable ».