Category: economie

  • À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    Aujourd’hui, à l’angle du boulevard du Capitaine-Gèze et de l’avenue des Aygalades, le site n’est encore qu’une friche. Mais d’ici au troisième trimestre 2029, un mégacampus dédié à l’intelligence artificielle (IA) doit voir le jour sur ce terrain de deux hectares.

    Tel est le projet porté par Unitel Group et son président, l’entrepreneur Kevin Polizzi. Baptisé Théodora, ce « village de l’IA appliquée », implanté au cœur des quartiers nord, accueillera plusieurs bâtiments dédiés aux entreprises et à la formation, ainsi que plus de 4 600m² d’hébergements.

    Avec plus de 110 millions d’euros d’investissements privés, dont 7% consacrés à la recherche et développement, le projet se veut davantage tourné vers l’innovation que vers l’immobilier. Unitel finalise d’ailleurs l’acquisition d’autres parcelles et prévoit de publier la méthode de construction du campus dans un livret en « open source ». « On ne fait pas de l’immobilier, l’objectif est de construire un kit pour permettre à un territoire de se transformer et rester dans la course », confie Kevin Polizzi.

    Pour justifier son ambition, le chef d’entreprise rappelle que « d’ici 2030, les projections indiquent que le marché de l’IA représentera plus de 1 800 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’échelle mondiale ». Des travaux doivent également être réalisés afin de relier le campus aux câbles sous-marins qui arrivent à Marseille, faisant de la cité phocéenne le sixième hub numérique mondial. Une situation stratégique encore largement sous-exploitée, selon l’entrepreneur.

    « Il faut réinventer

    le lieu de travail »

    Avec ce projet, Kevin Polizzi entend également « réinventer le lieu de travail » à travers plusieurs axes. Évidemment, l’IA occupera une place centrale, autant en ce qui concerne la formation proposée sur le campus que les emplois et entreprises qui y seront implantés. « Théodora » mise aussi sur l’accessibilité sans voiture, avec la proximité du tramway, du métro et de plusieurs lignes de bus. « Les transports ne doivent pas être une contrainte, mais un accompagnement pour les étudiants », souligne Samia Ghali, présidente de la RTM, lors de son discours. La forte modularité des bâtiments doit également permettre de « faire face à n’importe quelle crise sans avoir à repartir de zéro avec un nouveau projet », complète le président d’Unitel.

    Le projet « Théodora » s’articule autour de quatre pôles : les bâtiments A, B et C, qui regrouperont près de 20 000m² de bureaux ; le bâtiment D, dédié « à l’incubation et à la formation autour de l’IA » sur 5 500m² ; la Tour Signal, qui concentrera 4 600m² de logements et différents services ; enfin, un pavillon central accueillera des espaces dédiés à la recherche, au développement et à l’événementiel, au cœur d’un parc de 6 000m². Au total, le campus représentera 35 000m² de surface de plancher.

    Un projet salué par les élus

    Pour Samia Ghali, représentante de la Métropole et présidente de la RTM, « ce projet dispose d’une situation géographique idéale dans les quartiers nord, au sein d’un pôle de transports multimodale important ». Un sentiment partagé par Julien Harounyan, adjoint au maire chargé de l’attractivité économique et du tourisme durable : « C’est un moment symbolique qui dit quelque chose de la confiance que l’on place dans ce territoire. »

    Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence, s’est quant à lui réjoui de « voir l’offre de formation s’étoffer de manière immédiate et concrète à Marseille. C’est une étape importante pour la ville et pour sa jeunesse, surtout celle des quartiers nord ». Isabelle Campagnola-Savon, présidente d’Euroméditerranée, s’est pour sa part intéressée à « ce qu’on va pouvoir construire autour de ce projet », en affirmant que « c’est à Gèze que se joue une partie de l’avenir de la ville ».

    Un projet largement salué par les élus locaux, mais qui ne fait pas pour autant disparaître les interrogations liées à l’impact environnemental de l’intelligence artificielle et des data centers nécessaires à son fonctionnement, à l’image du méga data center envisagé sur l’ancienne friche industrielle Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement.

  • Châteauneuf-le-Rouge : une nouvelle récompense pour le Fournil du village

    Châteauneuf-le-Rouge : une nouvelle récompense pour le Fournil du village

    C’est une distinction de plus pour Franck et Céline, les gérants de la boulangerie-pâtisserie de ce village du Pays d’Aix. En effet, cette nouvelle récompense vient s’ajouter à celles qu’ils ont reçues pour consacrer l’excellence de leur production dans les catégories meilleur croissant, meilleure baguette tradition et meilleur Colombier. « Toute l’équipe est très fière de cette nouvelle victoire », ont réagi les gérants. Leur secret ? Un flan crémeux, constellé de grains de vanille, et une pâte croustillante. Situé place Auguste-Baret, le Fournil de Châteauneuf-le-Rouge est ouvert du lundi au samedi de 6h à 19h.

  • Une économie régionale sous pression mais résiliente

    Une économie régionale sous pression mais résiliente

    Denis Lauretou, directeur régional de la Banque de France en Paca, ainsi que Valérie Roux, directrice régionale de l’Insee, ont animé, mardi matin, la conférence de presse automnale de la Banque de France.

    Après avoir opéré un éclairage sur la conjoncture économique et budgétaire à l’échelle nationale, un focus a été effectué sur la situation dans la région.

    Géopolitique et canicule

    La hausse du prix du pétrole a été évoquée à plusieurs reprises au cours de la conférence, en raison de la situation au Moyen-Orient. Si les chocs pétroliers des années 1970 étaient plus importants et plus pérennes que celui en cours, « le pouvoir d’achat en produits pétroliers est nettement plus dégradé aujourd’hui que pendant les années 1970. Entraînant ainsi un impact sur les ménages bien plus important, surtout sur les plus modestes », précise l’Insee. Ce dernier a également observé les conséquences économiques de la canicule, à travers le secteur de l’agriculture : « La baisse de rendement agricole coûterait ainsi 0,1 point de croissance annuelle à l’économie française, là où les projections indiquent une croissance de 0,4% en France, sur l’année 2026 ».

    En région Paca, la Banque de France observe « un niveau d’activité et d’emploi légèrement meilleur qu’à l’échelle nationale, avec un secteur tertiaire marchand performant sur le long terme, même si le taux de chômage continue de grimper, atteignant 8,3% au deuxième trimestre 2026 ». Du côté des entreprises, « l’enjeu à retenir est la croissance. Notre rôle sera alors de les accompagner au mieux dans cette direction », complète Éloïse Lecouturier, cheffe du département des entreprises à la Banque de France Paca.

  • Au Vélodrome, TotalEnergies défend sa stratégie

    Au Vélodrome, TotalEnergies défend sa stratégie

    Lors de la conférence à laquelle la directrice France de TotalEnergies a participé, les échanges ont tourné autour de la réindustrialisation et des défis auxquels le secteur de l’énergie est confronté. Interrogée sur l’annonce de la libération de stocks stratégiques de gazole par Sébastien Lecornu, mercredi soir, la directrice France de Total a affirmé que « le gouvernement cherche à soutenir, à travers cette mesure, le pouvoir d’achat des Français ».

    Elle n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler la politique de blocage des prix mise en place par Total : « Nous l’avons fait aussi avec le blocage des prix à la pompe. » Malgré tout, la flambée des prix du carburant engendre encore des difficultés financières pour de nombreux foyers. La directrice reconnaît d’ailleurs cet écueil : « Depuis le début du mois de septembre, il y a eu une baisse de la consommation d’énergie, qui est en partie subie. Étant donné les prix du carburant, certaines personnes ne peuvent plus faire le plein de leur voiture. »

    Bénéfices records

    Une réaction qui paraît en décalage avec les bénéfices historiques enregistrés par le groupe TotalEnergies depuis le début d’année. L’entreprise a réalisé pas moins de 11,2 milliards de dollars de profits au premier semestre, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de crise énergétique. De quoi rappeler la proposition du secrétaire national du PCF et candidat à la présidentielle, Fabien Roussel, de nationaliser TotalEnergies afin de « protéger le pouvoir d’achat des ménages face à la crise énergétique », en réduisant drastiquement le prix du carburant tout en réorientant la stratégie de l’entreprise vers des « objectifs écologiques ».

  • Trophées Toulon Provence Méditerranée : l’excellence du territoire sous les projecteurs

    Trophées Toulon Provence Méditerranée : l’excellence du territoire sous les projecteurs

    « C’est un condensé d’excellence, d’innovation et d’audace », déclare en préambule la présidente de la Métropole toulonnaise, avant que ne soient décernées les étoiles aux lauréats 2026 des Trophées TPM. Ils célèbrent chaque année les acteurs économiques, culturels, industriels, gastronomiques, sportifs et solidaires du territoire. Et de poursuivre : « Vous nous rendez très fiers : vous formez ce tissu économique local dont chaque brin compte, un écosystème vertueux et dynamique. »

    L’occasion de mettre en avant « un territoire solide, fertile, qui offre en plus une qualité de vie précieuse ». Mais aussi l’une des compétences de la collectivité qui est d’accompagner le développement des filières d’excellence et d’avenir. Josée Massi a rappelé au passage « les opportunités que va présenter la construction du futur porte-avions France-Libre », comme levier pour l’emploi notamment. Et a salué le rapprochement opéré entre l’enseignement et les acteurs économiques « qui renforce les compétences locales et donne envie de rester sur la métropole ».

    Pour construire l’avenir

    La présidente de TPM est revenue également sur « les pépites agricoles » en insistant sur l’importance qui doit être accordée à l’économie en circuit court.

    Et de conclure : « Notre avenir se construit ensemble en s’appuyant sur les talents, les savoir-faire, avec l’ambition de faire de Toulon-Provence-Méditerranée un territoire plus attractif, plus solidaire, durable où chacune et chacun peut vivre, étudier, travailler, entreprendre et s’épanouir. »

    Dans la catégorie économie circulaire et développement durable, l’étoile a été remise à Dylan Casasnovas, de Plastic & Fils basé au Pradet, un studio de design qui est spécialisé dans le recyclage des déchets et dans la production de mobiliers et d’objets. « Le process est assez simple, on récupère les déchets ici, au local, pour les refondre sous forme de plaques. » Une matière première qui permet à la société de développer des objets ou du mobilier d’intérieur comme d’extérieur.

    Dans la catégorie sport et santé, c’est Erwan Jauffroy, l’athlète toulonnais qui vient de réaliser cet été, la traversée de la Manche en foil, à qui il est revenu le privilège de remettre le prix au docteur Jean-Jacques Raymond, le responsable du service de médecine et de traumatologie du sport de l’hôpital de Sainte-Musse. Une unité qui s’inscrit dans une mission de service public visant à rendre accessibles des soins spécialisés aux sportifs de tous niveaux (professionnels ou amateurs), en proposant un parcours de soins complet. Avec un projet spécifique de prise en charge de la commotion cérébrale.

    Encore une belle moisson de talents récompensés cette année.

  • La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    « Nous sommes dans un contexte agricole exigeant, a rappelé Christel Gagliardo, la présidente de la FDSEA des Hautes-Alpes ce jeudi lors de la rentrée syndicale. Enjeux climatiques, réglementations toujours plus complexes, situation financière dégradée… Tout se cumule ! Plus que jamais, nous avons besoin d’échanger ». Le préfet Philippe Bailbé, la députée Marie-José Allemand (PS) et des représentants du conseil départemental ont participé à la réunion, aux côtés de la dizaine de membres du syndicat libéral et de membres du syndicat Jeunes Agriculteurs.

    Deux membres du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) étaient aussi présents pour discuter du premier point à l’ordre du jour : la prévention du risque incendie. « Avec le changement climatique, notre métier change, a introduit Grégory Favier, chef de centre. Lors des feux de moissons, qui démarrent très rapidement, les premiers intervenants, c’est vous, les agriculteurs ! » Les pompiers ont proposé de « former » les exploitants aux bonnes pratiques : « Car des petits gestes, comme ajuster la trajectoire en fonction du vent ou de la pente, peuvent limiter les dégâts ». Le Sdis aimerait former un partenariat avec les agriculteurs en cas d’incendie, comme il le fait déjà avec les fédérations de chasseurs. « L’idée est d’avoir trois interlocuteurs en cas de feux, pour ainsi être organisés et assurer la sécurité de tous », a expliqué Pierre-Emmanuel Feit. Il propose aussi aux agriculteurs de recenser leur matériel susceptible d’aider lors des incendies, comme les tonnes à lisier qui peuvent acheminer de l’eau. « On sait que vous avez d’autres choses à faire, admet le préfet. Mais en cas de crise majeure, comme on en a eu cet été, on a besoin de toutes les bonnes volontés. »

    Le sujet des réserves multi-usage d’eau (aussi appelées mégabassines), dont le développement est fortement souhaité par le syndicat, est ensuite venu sur la table. « Le problème, c’est que c’est très long à mettre en place, explique la présidente. Les dispositifs existant ne représentent pas la réalité du terrain. » Tous les participants sont d’accord sur un point : pour pouvoir en financer, et au passage en assurer l’acceptabilité sociale, il faut partager ces projets avec d’autres acteurs économiques. Comme les collectivités, ou les stations de ski, « qui ont davantage de moyens ». « Si l’on veut garantir une alimentation en eau tout au long de l’année, on n’a pas le choix, estime le Philippe Bailbé. Ces retenues d’eau sont indispensables. » Toujours sur l’eau, la question de la priorisation des usages en cas de sécheresse a été abordée : « Il faudrait que celui qui arrose sa pelouse arrête un peu avant que nous soyons contraints de cesser d’irriguer notre maïs ! », a lancé Christel Gagliardo.

    Sur les enjeux de transmission des fermes, de plus en plus urgentes car de nombreux exploitants vont partir à la retraite dans les prochaines années, la présidente a présenté un dispositif régional qu’elle espère voir émerger dans le département, Terre Adonis. La structure accompagne financièrement un porteur de projet, et lui vend ensuite la ferme au bout de quinze ans maximum. « Contrairement à l’association Terre de liens, qui ne permet pas aux agriculteurs de devenir propriétaires et ne se destine qu’à la filière bio, a-t-elle précisé. Nous, on veut que l’agriculteur soit libre ! »

    Agathe Di Lenardo

  • Le projet de relance de Fibre Excellence suscite l’intérêt

    Le projet de relance de Fibre Excellence suscite l’intérêt

    L’idée, c’est de fabriquer « des types de pâtes à papier différents destinés à d’autres marchés, comme le fibrociment, les produits d’isolation électrique ou tout ce qui est destiné à la ouate de cellulose », explique Jean-Michel Bulinge, délégué CGT du site de Tarascon. De quoi envisager le retour à l’emploi des 270 salariés laissés sur le carreau en juillet. Voire, de créer d’autres emplois, grâce au volet « diversification ».

    Ce projet de reprise de l’activité bâti durant des semaines par les ex-salariés, l’UD CGT avec l’appui de consultants externes a encore d’autres atouts : de meilleurs rendements, des coûts de production à la baisse à inscrire au bénéfice de l’entreprise. Le dossier présenté aux pouvoirs publics lors d’un tour de table à la communauté d’agglo d’Arles vendredi 2 octobre s’appuie en effet sur une diversification de la production. Il implique la création d’une filière de valorisation des déchets. « L’idée c’est de recycler des déchets de bois, des palettes, des cagettes ».

    Depuis la fermeture du site, la filière bois « n’a pas de solution sur les régions Rhône Alpes, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur pour traiter tous nos résidus » s’est inquiétée Nathalie Triboulet, la présidente du syndicat qui représente 5 000 emplois. À Fos-sur-Mer, « l’incinérateur EveRé est saturé. On doit exporter nos déchets valorisables, déplore encore Jean-Michel Bulinge. Des acteurs locaux et des partenaires nationaux ont déjà fait connaître leur intérêt pour notre projet ».

    Ne pas laisser pourrir

    Si la Région Sud ne s’est pas montrée fermée et a proposé son accompagnement, elle ne s’est pas engagée et ne s’est « pas interdit toutes les autres pistes pour faire vivre ces 35 ha idéalement situés avec un quai neuf de déchargement sur le Rhône » avait relativisé Cyril Juglaret, président de la commission des appels d’offres. CMA-CGM, Total et d’autres partenaires de la Région ont d’autres visées que la continuité de l’activité papetière.

    Et le temps presse. Les salariés craignent que le démantèlement ne soit déjà à l’œuvre sur le site, bien qu’il ait été placé sous la responsabilité de l’Ademe sur décision préfectorale. Des signes inquiétants ont été constatés : « Des valeurs inhabituelles de matières en suspension à la sortie de la station d’épuration de l’usine de pâte à papier à Tarascon ». Ils ont relevé, samedi 3 octobre, « en 24h, des valeurs de 400mg/L alors que la norme est de 35mg/L et quand nous avons quitté le site ces valeurs étaient de 28mg/L », explique le syndicaliste, qui demande la présence de salariés du site pour surveiller les écrans.

  • À la pompe, entre déception et colère

    À la pompe, entre déception et colère

    Dans cette station Total du boulevard Sakakini (5e), en ce matin du 8 octobre, les voitures défilent… Comme le compteur du prix du plein à la pompe. L’annonce, la veille, du Premier ministre de puiser 10 millions de barils dans les stocks stratégiques pour baisser le coût du litre de gazole de 12 à 18 centimes, ne convainc pas vraiment.

    « On va voir déjà s’ils le font », lance Assiata. Habitante du 15e arrondissement, elle a absolument besoin de sa voiture pour « déposer les enfants » et se rendre à son travail à l’hôpital de la Timone, à quelques encablures. En transports en commun, elle perdrait trop de temps affirme-t-elle. À 2,25 euros le litre dans cette station « où on vient aussi parce que c’est le moins cher », le plein de sa petite citadine lui revient tout de même à 75 euros. « Je n’attends pas que le réservoir soit vide, pour payer moins d’un coup », précise la jeune femme. Avec son petit salaire elle doit « tout calculer » raconte-t-elle et essaie de se cantonner à un plein par mois, quand elle le peut.

    Plutôt augmenter

    les salaires

    À la pompe d’à côté, David ne cache pas sa colère. « Mais 12 centimes, ça ne sert à rien et il faudrait que cela concerne tous les carburants », estime-t-il. « C’est un truc de fou, c’est pas normal. Alors qu’on sait très bien, qu’ils prennent 1 euro voire plus de 1,20 euro de taxes », s’indigne ce salarié, au volant d’un camion frigorifique. Pour sa voiture personnelle, il a fait le choix du diesel, parce qu’à l’époque « ça coûtait moins cher et maintenant c’est l’essence qui vaut plus le coup ». Désormais un plein pour lui, « c’est 180 euros », assure-t-il. Et il n’a pas les moyens d’en acheter une autre. Selon lui, il faudrait plutôt augmenter les salaires, « de 1 000 euros au moins pour qu’on vive un peu ».

    Agent de sécurité, Ameziane roule à l’éthanol avec la voiture du travail, « quand il y en a, sinon c’est du sans-plomb » mais son véhicule personnel, « c’est du diesel », indique-t-il. Alors il a pris « une carte chez Total », pour réduire la facture. Pour s’en sortir, il évite également « les déplacements inutiles », prend le métro, rogne sur les loisirs des enfants même s’il essaie de leur proposer une à deux sorties par mois au moins. « Ce n’est plus comme avant, on a du mal simplement à vivre », témoigne-t-il. Alors, il fait de moins en moins le plein. « Dans la voiture, je mets 40 euros, ça fait même pas une moitié de réservoir », confie-t-il.

    Devant lui, Sabri, artisan marseillais, assure lui avoir perdu au bas mot 30% de chiffre d’affaires. « Qu’est-ce que vous voulez, on n’a pas le choix, il faut bien qu’on travaille » explique-t-il, mi-résigné, mi-agacé. Avant de s’en prendre au gouvernement dont « il ne faut pas attendre de miracles ».

    Il s’inquiète : « L’avenir ne s’annonce pas beau. » Et finit par faire le lien avec la répression du mouvement lycéen. « Ils sont dégoûtants ! L’argent, il faut le mettre pour l’éducation, pour l’avenir, pour les enfants », assène-t-il. Et de rappeler : « Quand c’était les Gilets jaunes qui ont mis le pays à feu et à sang, qu’il y avait le Rassemblement national, hein, personne a rien dit. »

  • [Occitanie] Le bloc communal régional plutôt bien doté en effectifs

    [Occitanie] Le bloc communal régional plutôt bien doté en effectifs

    Suivant ce qu’en feront les décideurs, c’est une étude qui peut soit solidifier les services publics soit prétexter des politiques d’austérité.

    En Occitanie, la Chambre régionale des comptes (CRC) publie une étude qui dresse le panorama de l’état des effectifs de la fonction publique territoriale du bloc communal (communes et intercommunalités). Après examen de 251 entités représentatives sur la période 2019-2024, l’Occitanie pointe au 4e rang des régions les mieux dotées avec une moyenne de 31,9 agents pour 1 000 habitants contre un ratio de 28,4/1 000 en France. Ces 160 000 agents représentent 6,5 milliards d’euros de dépenses publiques (+18,9% de masse salariale portée par les intercommunalités), soit 3% du PIB occitan et 37% des dépenses de fonctionnement.

    Est-ce un effet post-Covid ? Toujours est-il qu’entre 2020 et 2021, le nombre d’agents publics locaux a augmenté de 10,4%, quasi le double de la moyenne de l’Hexagone (5,3%). La présidente de la CRC, Valérie Renet, y voit 5 causes majeures. D’abord « l’accroissement démographique (+3%) qui accroît le besoin en services publics mais n’explique qu’une partie de la hausse des effectifs (+6%) ». Ensuite, la nature de l’économie touristique (présentielle) de l’Occitanie. « Toutes les régions du littoral ont des tendances similaires. » Mais aussi le niveau de pauvreté élevé, la densité urbaine et enfin le degré de mutualisation intercommunale. « Le tissu local est très fragmenté avec beaucoup de petites communes, ce qui multiplie les agents. »

    Pistes d’économies

    Ce constat signifie-t-il qu’il y a trop de fonctionnaires municipaux ? Pas forcément. Car l’étude montre que l’essentiel de la poussée concerne les contractuels sur des emplois permanents (+66,4%), alors que le nombre de titulaires a reculé de 2%. Au point que les agents non titulaires représentent un quart des effectifs communaux.

    L’option de dégraisser le mammouth est un choix politique qu’il n’appartient pas à la CRC de trancher. « On n’est pas des ayatollahs des réductions d’effectifs. On veut de l’efficience, que le service soit rendu. » Or, l’étude n’apporte aucun élément sur la qualité du service. La CRC donne des marges de manœuvre possibles. D’abord mutualiser les services des 4 453 communes
    et 161 intercommunalités
    (-14 000 emplois (!) ; 485 ME d’économies). « Il ne s’agit pas de rayer des villages de la carte mais de les regrouper », argumente le magistrat Nicolas Parneix. Ensuite veiller au respect des 1 607 heures annuelles légales de travail (110 ME d’économies). Enfin, lutter contre l’absentéisme qui coûte 280 ME par an. Autant de pistes qui vont dans le sens d’une vision comptable. À condition que le service rendu soit au rendez-vous, on est aussi en droit d’assumer que le service public ait un coût.

  • L’Italie (re)prend possession de la Cité des Papes pour dix jours

    L’Italie (re)prend possession de la Cité des Papes pour dix jours

    Une 10e édition de la semaine italienne d’Avignon qui respire encore la « Dolce Vita ». De ce mercredi 7 octobre jusqu’au dimanche 18 octobre, la Cité des Papes retrouve à travers une ribambelle d’événements l’accent de nos voisins.

    « Une histoire qui prend tout son sens dans une ville dont les liens avec l’Italie plongent profondément dans le passé », explique la municipalité dans un communiqué de presse. Toute la ville sera ainsi investie, de la place du Palais des Papes aux musées en passant par l’Opéra. Les liens historiques entre Cité des Papes et pays à la botte seront notamment rappelés.

    En premier lieu avec la visite « La petite Italie dans la cité des Papes », proposée les 8 et 10 octobre afin de remonter le fil « d’une présence italienne ancienne, depuis l’installation de la papauté au XIVe siècle jusqu’aux migrations de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ». Mais aussi une exposition au musée Angladon, une programmation spéciale au cinéma Le Vox sur les grands noms italiens du grand écran ou encore un concert le 17 octobre à la collégiale Saint-Didier.

    Un village italien au cœur de la ville

    Une relation valorisée également à travers le patrimoine, le spectacle vivant, la gastronomie ou encore l’artisanat. Avec dans un premier temps le traditionnel « Villaggio Italiano » ou village italien. Un marché à ciel ouvert sur la place du Palais des Papes où l’on va retrouver une vingtaine d’artisans et producteurs venus directement de l’autre côté des Alpes. Charcuteries, fromages, pâtisseries, truffes, olives, pâtes fraîches, objets en verre de Murano, masques vénitiens, céramiques… La liste de ce que l’on y retrouve est longue. Le tout en musique au rythme des Pasta Divas, quatuor acoustique qui revisite les grandes chansons italiennes.

    « Car c’est peut-être cela, au fond, la Semaine italienne : une invitation à franchir les Alpes sans quitter Avignon et, le temps de quelques jours, à donner à notre ville un sublime air d’Italie », lance le maire d’Avignon (DVD), Olivier Galzi.

    Programme détaillé sur : avignon.fr