Category: economie

  • Vitrolles : la CGT craint la fin du tri courrier à la plateforme de La Poste

    Vitrolles : la CGT craint la fin du tri courrier à la plateforme de La Poste

    Le courrier des Marseillais ira à Montpellier avant de revenir à Marseille ! », s’insurge Sabrina Manca, élue CGT et salariée de La Poste qui travaille à la plateforme industrielle de courrier Marseille Provence, à Vitrolles (PIC). Son organisation tire, ce mardi, la sonnette d’alarme sur un projet de transformation présenté durant l’été aux salariés du site. La plateforme, qui gère le courrier de l’ensemble des Bouches-du-Rhône et au-delà, devrait devenir une plateforme multi-flux, et donc accueillir des colis.

    Mais cette transformation est en réalité vue comme une « fermeture de la PIC qui ne dit pas son nom » selon la CGT. « Le tri du courrier des Bouches-du-Rhône ira sur la PIC de Montpellier, et le tri du courrier des Alpes, qu’on fait depuis 10 ans, ira à Toulon », déplore Sabrina Manca. Avant de développer : « La direction va vider le centre des machines de tri courrier ». Si le conditionnel reste de mise puisqu’on ne parle encore que d’un « projet », reste que c’est très concret pour les plusieurs dizaines de salariés potentiellement impactés par cette transformation. « On nous a présenté, en juillet, une étude sur le sujet mais sans plus de précisions. La seule chose qu’on sait, c’est qu’on va faire beaucoup de colis, chose qu’on fait très peu actuellement », développe l’élue syndicale. Et forcément, le transfert du flux de courrier bucco-rhodanien de Vitrolles à Montpellier ne passe pas pour son organisation syndicale. « On va récupérer le courrier de Marseille, il passera en transit par la PIC de Vitrolles, puis ira à Montpellier avant de revenir ! », abonde Karim Bouzana, délégué CGT. Un « non-sens logistique, industriel et écologique » pour les représentants syndicaux, qui pointent également l’afflux de camions à venir. « La Poste pourrait tout à fait cumuler colis et courrier. Mais elle décide plutôt de fermer le seul site de tri de courrier des Bouches-du-Rhône », martèle-t-il.

    « Réaffirmer l’importance du site »

    La CGT soulève aussi des conséquences pour l’emploi des salariés de la PIC Vitrolles et des changements drastiques à venir. Le tout, sur fond de contrat avec Amazon et des travaux d’ampleur. « On va virer le courrier et mettre des machines pour les colis ! Le contrat avec Amazon stipulerait qu’on devra garantir une livraison à J+1, c’est-à-dire le lendemain de la commande », poursuit Karim Bouzana. En clair, « une réorganisation totale, avec de nouvelles contraintes ». Selon lui, la nouvelle plateforme de La Poste devrait être opérationnelle « en 2028 » et estime à plusieurs dizaines de salariés concernés par « de la mobilité forcée ».

    Contactée, La Poste ne confirme évidemment pas une « fermeture », ni un contrat avec Amazon, mais évoque bien le lancement « d’une étude technique pour définir les évolutions possibles de sa plateforme industrielle courrier de Vitrolles ». Une étude qui « s’inscrit dans une volonté de s’adapter à la baisse des volumes de courrier, à l’augmentation de l’activité colis et au développement des services de logistique ». Avant de conclure : « Cette étude, qui démarrera dès la rentrée de septembre 2025 et s’étalera sur plusieurs mois, réaffirme l’importance du site de Vitrolles, stratégique pour La Poste en région Paca ».

  • Martigues : Provence Studios prépare des visites pour découvrir les coulisses du cinéma

    Martigues : Provence Studios prépare des visites pour découvrir les coulisses du cinéma

    La Marseillaise : Combien de tournages avez-vous accueillis l’année dernière ?

    Olivier Marchetti : Ce qu’on peut dire c’est que 2024 et 2025 n’ont pas été des années très bonnes, il y a eu une grosse baisse des tournages depuis 2023 liée à tout un tas de raisons : la grève des scénaristes américains a perturbé les choses, la convention entre les producteurs et Canal+ a mis du temps à être ratifié donc énormément de projets ont été décalés et la conjoncture économique globale fait que beaucoup de projets ont été reportés ou annulés. On voit l’état de la filière à l’embauche des intermittents : avant on avait une pénurie, là c’est eux qui nous téléphonent pour avoir du boulot. Et ce n’est pas qu’en France, en Europe et aux États-Unis c’est pareil. Je reviens de Los Angeles, il y a zéro tournage parce que c’est trop cher, qu’il n’y a pas d’aide… La production en France a diminué ces deux dernières années, mais 2026 s’annonce beaucoup mieux. On a de belles perspectives.

    Comment faire pour attirer les productions ?

    O.M. : Le marché est devenu réellement mondial. Il faut savoir que les productions françaises et internationales ont des aides pour produire, ces aides ne sont pas des subventions mais une restitution de ce qu’ils dépensent sur de la TVA par exemple. Le crédit d’impôt en France était assez compétitif à l’époque, mais il ne s’est pas modernisé à la différence de l’Espagne ou de l’Italie, ce qui l’a beaucoup dévalué. Aujourd’hui, en France, ce ne sont que les salaires des techniciens français qui sont pris en charge, le casting et les techniciens étrangers ne rentrent pas dans l’assiette. Donc les producteurs américains, quand ils ont un gros casting et un gros réalisateur, préfèrent aller en Italie ou en Espagne parce que ça leur coûte moins cher. Il faudrait augmenter cette assiette en France.

    Est-ce qu’on a une idée des retombées économiques de la filière pour le Pays de Martigues ?

    O.M. : The Serpent Queen, qui a été tourné à Martigues mais aussi dans les Pays de la Loire, était un tournage à 80 millions de dollars sur six mois. La production a dépensé 2,5 millions d’euros d’hôtel dans la région. C’est colossal. Ces retombées-là, les salaires, les taxis, les restaurants, la consommation, sont directes, mais il y a aussi les retombées indirectes qui sont plus difficiles à chiffrer. La Nouvelle-Zélande a fait une enquête pour évaluer ce montant : après Le Seigneur des anneaux, le tourisme a pris 50%. À Martigues, on peut citer l’exemple de Camping Paradis. Énormément de gens positionnent la commune grâce à cette série, sans compter les visites organisées dans les décors par l’Office de tourisme.

    De votre côté, un partenariat avec l’Office de tourisme est-il envisagé pour organiser des visites des studios ?

    O.M. : Oui. On a énormément de demandes. On ouvrait jusqu’ici pour les Journées du patrimoine, cette année ce ne sera pas possible car elles tombent en même temps que la foire de Marseille où nous tiendrons un stand. En revanche on crée des visites pour venir voir nos studios, ce sera fin 2025 début 2026. Quand j’ai créé Provence Studios je n’avais pas conscience de l’intérêt que pourraient porter les habitants du territoire et les touristes au fonctionnement de nos lieux de tournage.

  • Emploi : pourquoi les ruptures conventionnelles explosent en Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Emploi : pourquoi les ruptures conventionnelles explosent en Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Les ruptures conventionnelles plus plébiscitées que jamais en Provence. C’est ce qui ressort des derniers chiffres de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) de la Région Paca. Sur le seul 1er trimestre de cette année, on ne décompte pas moins de 26 484 ruptures. À titre de comparaison, 55 498 demandes étaient homologuées, au total, sur l’année 2023… Une progression fulgurante qui fait écho aux chiffres nationaux, puisqu’elles passent de 440 000 en 2019 à 514 000 en 2024. Et qui explique, peut-être, pourquoi patronat et gouvernement tendent à s’attaquer à ce dispositif, instauré sous la présidence de Nicolas Sarkozy, en 2008, et qui permet la rupture d’un contrat de travail, d’un commun accord entre le salarié et le patron.

    Pour rappel, ces ruptures conventionnelles donnent accès aux allocations chômage et à une indemnité. Les organisations syndicales ont longtemps pointé ce dispositif comme un moyen de procéder à des licenciements déguisés pour l’employeur. Mais Astrid Panosyan-Bouvet, la ministre du Travail, a dénoncé, dans les colonnes de Capital, à la mi-juillet, des « démissions déguisées en rupture conventionnelle » et pointe des « abus ou dévoiement du principe ». Des propos à mettre en parallèle de ceux du président du Medef, Patrick Martin, quelques jours plus tard. Ce dernier dénonce « des comportements déviants » et appelle à « corriger le dispositif sans fondamentalement le remettre en cause ».

    En tout cas, les Provençaux sont friands de la rupture conventionnelle. Depuis 2014, la région est constamment au-dessus de la moyenne nationale. Et pour cause : on en décompte plus de 12 000 dans les Bouches-du-Rhône au 1er trimestre, 4 700 dans le Var et 2 645 dans le Vaucluse. Dans le détail, c’est le secteur du tourisme qui concentre le gros des ruptures conventionnelles, avec plus de 4 000 ruptures sur la même période, puis vient le BTP, avec plus de 2 500. Une tendance qui se confirme si l’on se penche du côté des entrées à France Travail dans la région. Au 2e trimestre 2025, les ruptures conventionnelles représentent une part importante des inscriptions d’ex-salariés en tant que demandeur d’emploi (catégorie A, B et C).

    Loin devant les démissions

    Au nombre de 3 990, elles sont bien loin devant les 1 740 démissions, mais aussi 740 licenciements économiques et les 2 870 autres types de licenciements qu’on dénombre en Paca. En revanche, les ruptures conventionnelles sont moitié moins que les fins de contrats classiques, au nombre de 8 170. De là à dire qu’elles remplacent les démissions comme le sous-entend la ministre ? Pas vraiment. Si la tendance récente est forte dans la région, elle ne se retrouve pas au niveau national. Au 1er trimestre 2025, 128 000 ruptures conventionnelles ont été signées, en France métropolitaine, selon les calculs de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques). Loin derrière les 239 700 licenciements recensés sur la même période et les 492 900 démissions. Ce qu’on constate, par contre, c’est que l’évolution des licenciements économiques et des ruptures conventionnelles se croisent depuis l’apparition de ces dernières. En avril 2009, un an après la mise en place du dispositif, on décomptait plus de 71 000 licenciements économiques par trimestre, quand les ruptures conventionnelles ne concernaient que 43 000 salariés. Trois ans plus tard, en avril 2011, les chiffres s’inversent presque : le nombre de ruptures atteint presque les 70 000, quand les licenciements économiques avoisinent les 27 000. L’inversion des écarts est frappante si l’on revient au 1er trimestre de cette année, où les licenciements économiques s’élèvent à 18 000 face aux 128 000 ruptures…

    D’après des chiffres de France Travail révélés par Les Échos, le dispositif a coûté dix milliards d’euros en 2024, soit plus d’un quart des dépenses de l’assurance-chômage. D’où la petite musique patronale contre l’indemnisation de ces ruptures, toujours à l’affût d’une opportunité de dépecer le modèle social français.